{"id":387,"date":"2018-10-03T10:24:50","date_gmt":"2018-10-03T08:24:50","guid":{"rendered":"http:\/\/recherche-action.fr\/jep\/?page_id=387"},"modified":"2019-01-23T16:45:07","modified_gmt":"2019-01-23T15:45:07","slug":"la-problematique","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/recherche-action.fr\/jep\/presentation\/la-problematique\/","title":{"rendered":"La probl\u00e9matique"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour de nouvelles centralit\u00e9s populaires<\/h2>\n\n\n\n<p>Le tiers-secteur ne peut pas se penser comme une alternative s&rsquo;il ne se con\u00e7oit pas d\u00e9j\u00e0 comme levier de transformation sociale interrogeant l&rsquo;ensemble des secteurs de la soci\u00e9t\u00e9, pas simplement le milieu associatif. Quel que soit l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;exp\u00e9rimentations locales s&rsquo;inscrivant dans des logiques d&rsquo;autoproduction, de circuits courts, de d\u00e9mocratie locale, de tiers-lieux vivants, toutes ces initiatives ne resteront que des \u00eelots s\u00e9par\u00e9s du reste de la soci\u00e9t\u00e9 tant que ne sera pas introduite cette possibilit\u00e9 d&rsquo;articuler des tiers-espaces de la pens\u00e9e et de l&rsquo;action, aussi bien dans le milieu associatif que dans les autres milieux socio-\u00e9conomiques. C&rsquo;est ce que nous entendons sous la d\u00e9nomination de \u00ab\u00a0centralit\u00e9 populaire\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire la possibilit\u00e9 pour les acteurs populaires au sens large du terme (ceux qui se d\u00e9finissent dans un rapport de production et cherche \u00e0 orienter le sens \u00e0 travers une strat\u00e9gie et un savoir sur les pratiques), de concevoir et de d\u00e9velopper des configurations \u00e9cosyst\u00e9miques reprenant toutes les dimensions de la vie (rapport au travail, \u00e0 l&rsquo;habitat, \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation, \u00e0 la culture, etc.) dans un \u00e9quilibre coh\u00e9rent d&rsquo;\u00e9changes qui peuvent s&rsquo;inscrire dans une logique marchande, non-marchande ou non mon\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre pr\u00e9conisation principale serait de d\u00e9placer les centralit\u00e9s. Que serait une centralit\u00e9 populaire sur les territoires ? Un autre rapport au travail, diff\u00e9rent des centralit\u00e9s ouvri\u00e8res des ann\u00e9es 70 avec les mairies PC, o\u00f9 il y avait une harmonie entre le rapport au travail, \u00e0 la ville ? Cette coh\u00e9rence ouvri\u00e8re pass\u00e9e n&rsquo;existe plus, mais qu&rsquo;est-ce qui la remplace aujourd\u2019hui? C&rsquo;est l&rsquo;objet du laboratoire social, exp\u00e9rimenter une nouvelle centralit\u00e9. C&rsquo;est le lieu o\u00f9 l\u2019on penserait le rapport au territoire, au travail, au d\u00e9veloppement local.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre d\u00e9marche est au service des associations qui souhaitent redevenir motrices, et retrouver leur r\u00f4le initial d&rsquo;\u00e9ducation populaire, de transformation sociale et de production de savoir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour un positionnement relatif \u00e0 des sc\u00e9narios prospectifs<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous avons fait le constat, \u00e0 travers cette approche globale, de la difficult\u00e9 de sortir des pens\u00e9es d\u2019opposition binaire entre les logiques \u00e9conomiques priv\u00e9es et publiques et les logiques de gouvernance verticale et horizontale. Si l\u2019association a une difficult\u00e9 \u00e0 se penser comme une alternative et donne plut\u00f4t l\u2019impression  de se vivre comme une \u00ab forme subie \u00bb et fa\u00e7onn\u00e9e par les conditions ext\u00e9rieures, cela renvoie sans doute \u00e0 la double contrainte historique entre la formation des r\u00e9seaux associatifs et la professionnalisation du militantisme, double contrainte enfermant les strat\u00e9gies professionnelles et associatives dans des logiques sectorielles.<br> C\u2019est pour cela que nous pensons que les solutions alternatives ne peuvent pas provenir uniquement des ressources internes des secteurs associatifs concern\u00e9s. Il ne s\u2019agit pas \u00e9videmment de renier toute la culture historique et le patrimoine commun notamment incarn\u00e9s par l\u2019histoire de l\u2019\u00e9ducation populaire mais de pouvoir r\u00e9introduire une pens\u00e9e de l\u2019ext\u00e9riorit\u00e9 de cette forme sectorielle pour trouver des alternatives. Autrement dit, l\u2019association ne peut pas se penser comme alternative \u00e0 partir de son champ d\u2019appartenance.<br> La reconfiguration d\u2019une pens\u00e9e et d\u2019une action associative passe par la compr\u00e9hension des probl\u00e8mes qui la traversent comme des supports d\u2019une analyse critique interrogeant les autres champs socioprofessionnels et d\u2019engagement citoyen. C\u2019est dans la possibilit\u00e9 d\u2019intervenir sur ces autres champs que l\u2019association pourrait elle-m\u00eame sortir de l\u2019orni\u00e8re dans laquelle elle semble embourb\u00e9e lorsqu\u2019elle constate ses difficult\u00e9s \u00e0 la fois \u00e9conomiques et de mobilisation de ressources humaines.<br> Ainsi il nous a sembl\u00e9 int\u00e9ressant, au lieu de partir de strat\u00e9gies associatives selon des cadres de pens\u00e9e et d\u2019action d\u00e9j\u00e0 format\u00e9s par les logiques \u00e9conomiques pr\u00e9existantes, d\u2019essayer d\u2019\u00e9chafauder diff\u00e9rents types de sc\u00e9narios qui peuvent croiser l\u2019ensemble des acteurs d\u2019un territoire. Ce sont les sc\u00e9narios de d\u00e9veloppement de la transition, de la m\u00e9tamorphose et de l\u2019effondrement sachant qu\u2019ils peuvent bien \u00e9videmment se combiner dans des situations multiples entre am\u00e9nagement du mod\u00e8le capitaliste lib\u00e9ral dans une logique de d\u00e9veloppement durable, transformation de notre mani\u00e8re de faire soci\u00e9t\u00e9 selon le mod\u00e8le des \u00ab communs \u00bb et d\u00e9prise du syst\u00e8me socio-\u00e9conomique actuel pour recomposer des formes autonomes d\u2019organisation.<br> La proposition de la recherche-action serait ici de croiser les th\u00e9matiques du champ associatif et de la connaissance (gouvernance, activit\u00e9\/travail, territoire, espace de r\u00e9flexivit\u00e9) que nous avons pr\u00e9sent\u00e9es plus haut avec les probl\u00e9matiques transversales de ces sc\u00e9narios pour pouvoir d\u00e9gager des exp\u00e9rimentations sur le territoire r\u00e9gional.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il convient de constater que nous sommes dans une p\u00e9riode de mutation, des mots diff\u00e9rents viennent pour la qualifier et orienter en cons\u00e9quence les strat\u00e9gies. Nous proposons de dessiner trois sc\u00e9narios : la transition, la m\u00e9tamorphose et l\u2019effondrement.<br>\nNotons que ces sc\u00e9narios sont des outils d\u2019analyse critique des rapports socio-\u00e9conomiques, mais ne pr\u00e9tendent pas \u00e0 une vision totalitaire de la soci\u00e9t\u00e9 (il n\u2019y a pas \u00e0 choisir l\u2019un ou l\u2019autre). Ils peuvent se combiner ou se juxtaposer sur un territoire par exemple entre des p\u00f4les d\u2019attractivit\u00e9 (transition) et des zones de d\u00e9prises (effondrement).<\/p>\n\n\n\n<p>Proposer aux associations de travailler autour de ces sc\u00e9narios est une mani\u00e8re de les aider \u00e0 se positionner par rapport \u00e0 leur environnement, leur ext\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La transition<\/h4>\n\n\n\n<p> Dans la transition nous serions plut\u00f4t dans un am\u00e9nagement du mod\u00e8le capitaliste lib\u00e9ral existant qui vise un mieux-\u00eatre social et \u00e0 minimiser les impacts nocifs en mati\u00e8re \u00e9cologique. Nous y retrouvons l\u2019orientation d\u2019un d\u00e9veloppement durable, d\u2019une \u00e9conomie contributive et d\u2019un business social.<br> Nous l\u2019entendons donc comme une transition n\u00e9olib\u00e9rale, une forme d\u2019entrepreneuriat social dans la droite ligne de la logique de march\u00e9, une rencontre entre l\u2019offre et la demande de biens et de services sur une base contractuelle r\u00e9gie par le calcul d\u2019int\u00e9r\u00eat des deux parties prenantes. Il s\u2019agit \u00e9galement de l\u2019av\u00e8nement des partenariats publics\/ priv\u00e9s, et un paradigme bas\u00e9 sur l\u2019engagement individuel.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La m\u00e9tamorphose<\/h4>\n\n\n\n<p> L\u2019id\u00e9e de m\u00e9tamorphose indiquerait que nous sommes dans un changement de nature dans notre mani\u00e8re de faire soci\u00e9t\u00e9 et qu\u2019il faut r\u00e9inventer les mod\u00e8les sociaux, \u00e9conomiques et de gouvernance. Ici se place toute une partie des d\u00e9bats des exp\u00e9rimentations autour des \u00ab communs \u00bb et du \u00ab communalisme \u00bb. Le mouvement des \u00ab tiers lieux \u00bb est assez symptomatique de cette tentative de repositionner le commun comme une forme \u00e9conomique d\u00e9passant l\u2019opposition entre l\u2019\u00e9conomie priv\u00e9e et l\u2019\u00e9conomie publique.<br> Nous entendons donc la m\u00e9tamorphose comme un mode de redistribution selon une gouvernance collective, la production \u00e9tant r\u00e9partie par une autorit\u00e9 coll\u00e9giale (pouvant parfois se substituer \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 centrale) afin d\u2019instaurer une proc\u00e9dure pour les pr\u00e9l\u00e8vements et leur affectation. Ceci peut donc repr\u00e9senter une alternative radicale ou, au contraire, s\u2019articuler entre le social et l\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale dans une posture de production de biens et de services. La m\u00e9tamorphose est li\u00e9e avec le principe de r\u00e9ciprocit\u00e9 : la relation entre des groupes ou des personnes est bas\u00e9e sur la volont\u00e9 de manifester un lien social fortement r\u00e9gi par la complexit\u00e9 des rapports humains mus par des enjeux de pouvoir et de reconnaissance.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">L\u2019effondrement<\/h4>\n\n\n\n<p> L\u2019id\u00e9e d\u2019effondrement pose en premier lieu la question de l&rsquo;autonomie et de l\u2019autogestion par rapport aux formes \u00e9conomiques mondialis\u00e9es conduisant \u00e0 un seuil de non-retour dans l\u2019accroissement des in\u00e9galit\u00e9s, l&rsquo;\u00e9puisement des ressources plan\u00e9taires, la r\u00e9duction de la biodiversit\u00e9 et la s\u00e9gr\u00e9gation territoriale des populations. Le syst\u00e8me provoque alors des zones d&rsquo;effondrement o\u00f9 des formes d\u2019organisations solidaires apparaissent comme mani\u00e8re de d\u00e9passer une logique de survie. Dans ces territoires sans emprise et aupr\u00e8s de ces populations d\u00e9laiss\u00e9es, se croisent des fonctionnements d\u2019autosuffisance dict\u00e9s effectivement par la survie, mais \u00e9galement des explorations dans la recherche d\u2019une autonomie. Cette zone appel\u00e9e \u00ab \u00e9conomie grise \u00bb ou \u00ab \u00e9conomie informelle \u00bb est rarement prise en compte dans la reformulation d\u2019un mod\u00e8le \u00e9conomique ou alors uniquement de mani\u00e8re n\u00e9gative et mis\u00e9rabiliste.<br> Nous entendons l\u2019effondrement comme porteur d\u2019une \u00e9conomie populaire autonome, o\u00f9 l\u2019ensemble des activit\u00e9s \u00e9conomiques et des pratiques sociales d\u00e9velopp\u00e9es par les groupes populaires en vue de garantir, par l\u2019utilisation de leur propre force de travail et des ressources disponibles, la satisfaction des besoins de base, mat\u00e9riels autant qu\u2019immat\u00e9riels.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour de nouvelles centralit\u00e9s populaires Le tiers-secteur ne peut pas se penser comme une alternative s&rsquo;il ne se con\u00e7oit pas d\u00e9j\u00e0 comme levier de transformation sociale interrogeant l&rsquo;ensemble des secteurs de la soci\u00e9t\u00e9, pas simplement le milieu associatif. 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