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Questions fréquentes (FAQ)

A propos de la plate-Forme recherche-action.fr

  1. Quels sont les objectifs de la plate-forme ?
  2. Quels sont les sites de la plate-forme ?
  3. Comment participer à la plate-forme ?
  4. Comment sais-je que je suis en « recherche-action » ?
  5. Comment bénéficier d’un soutien personnalisé ?
  6. Est-ce que je peux proposer mon propre support coopératif (site internet) ?

La recherche-action et son époque

  1. La recherche-action n’est-elle pas un outil daté, en quoi est-ce encore aujourd’hui une réponse pertinente ?
  2. Quels sont les secteurs d’activités et les problématiques concernées par la recherche-action ?
  3. Comment répondre à la complexité des situations contemporaines ?

La recherche-action et l'engagement

  1. Tout le monde peut-il faire de la recherche-action ou faut-il être chercheur professionnel ?
  2. Faut-il une formation particulière ou spécialisée ?
  3. En quoi les acteurs sur le terrain peuvent-ils trouver un intérêt à la recherche-action ?
  4. Comment l’engagement en recherche-action peut-il être reconnu professionnellement ?

Le déroulement d’une recherche-action

  1. Comment débuter une recherche-action ?
  2. Comment dégager une problématique de travail ?
  3. Qu’est-ce qu’un « chercheur collectif » ?
  4. Quand et comment peut-on estimer une recherche-action « réussie » ?

La recherche-action et la science

  1. Est-ce un peu plus de la recherche que de l’action ou un peu plus de l’action que de la recherche ?
  2. Quelle est la posture de « l’acteur-chercheur » ?
  3. La recherche-action est-elle une vraie science ou simplement une méthodologie d’action ?

A propos de la plate-Forme recherche-action.fr

  1. Q. Quels sont les objectifs de la plate-forme ?
  2. Le domaine recherche-action.fr est conçu comme un support de travail coopératif à distance. Cette plate-forme a donc pour objectif de faciliter la mise en relation des personnes qui entament ou développent une démarche en recherche-action. Elle offre à la fois des ressources pour approfondir cette démarche et des outils pour expérimenter des projets. Elle mise sur la créativité dont chacun est porteur. Chacun peut prendre une place dans ce processus de travail individuel et collectif et devenir lui-même un élément de cette plate-forme en gérant son propre support. Cela est rendu possible grâce aux évolutions technologiques apportées par Internet ces dernières années et au caractère des programmes informatiques qui supportent la plate-forme : ils appartiennent au domaine libre (licence publique) et sont donc totalement modulables,  adaptables, évolutifs. En effet, chaque site est géré par un programme autonome. La plate-forme peut alors se développer souplement et correspondre au plus près des situations contemporaines. Cette extrême modularité n’empêche pas une rigueur d’ensemble. La plate-forme propose cette cohérence en réunissant ces éléments afin de favoriser une synergie entre eux.

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  3. Q. Quels sont les sites de la plate-forme ?
  4. Le domaine « recherche-action.fr » est composé d’un portail qui ouvre sur des sous-domaines du type « site.recherche-action.fr ». Chacun correspondant à des fonctions et des besoins spécifiques. La plate-forme pourra s’enrichir d’autant de sites nécessaires suivant les propositions des coopérateurs à la plate-forme.

    • Le portail, comme son nom l’indique est l’entrée dans le domaine recherche-action.fr. Il propose une introduction à la démarche et oriente sur les différents supports de travail.
    • Le site « Biblio-RA » (biblio.recherche-action.fr) est un centre de documentation électronique dédié à la recherche-action.
    • Le site « Ressources-RA » (ressource.recherche-action.fr) offre un support d’écriture collaborative en sciences sociales
    • Le site « Réseau-RA » (reseau.recherche-action.fr) est le support d’échanges et d’information des acteurs en recherche-action
    • Le site « Blog R-A » permet la réalisation de son site personnel ou collectif

    Ce ne sont que les principaux supports, beaucoup d’autres fonctionnalités sont à découvrir au détour de votre navigation. Remarque : les services sont normalement intégrés au portail, il suffit d'utiliser la barre de menus sous le titre "Portail Recherche-action", mais vous pouvez aussi y accéder comme site indépendant en utilisant la barre de commande "Accès direct aux sites" en haut à droite sur la page d'accueil.

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  5. Q. Comment participer à la plate-forme ?
  6. Pour participer, il faut déjà se reconnaître dans la philosophie générale incarnée par la charte. Elle énonce un certain nombre de principes fondamentaux : coopération, production « open-source », libre association, « paroles en acte ».

    « On ne peut trouver que si l’on a conscience de ce que l’on cherche ». On peut d'autant mieux profiter de la plate-forme que l'on est impliqué dans une démarche de recherche-action. Il est possible bien sûr de visiter les sites en simple « touriste », pour s’informer. Mais il reste difficile de comprendre et profiter de la richesse fonctionnelle si on ne ressent pas soi-même la nécessité d’une recherche personnelle qui peut par ailleurs se traduire dans un cadre professionnel avec des problématiques transversales. Tout l’intérêt de la plate-forme est de croiser votre démarche avec d’autres.

    Ensuite, chaque site possède ses propres conditions de participation relatives à ses objectifs et son mode de fonctionnement. D’un point de vue technique, le fait de s’inscrire sur un site ne vous ouvre pas accès aux autres sites. Chaque site constitue une entité autonome.

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  7. Q. Comment sais-je que je suis en « recherche-action » ?
  8. La recherche-action n’est ni une doctrine, ni une méthodologie. Elle ne peut donc s’enseigner en tant que tel dans les livres ou les écoles, même si il existe des livres et des formations traitant de la recherche-action C’est donc avant tout par la pratique, l’expérimentation et surtout la rencontre et les échanges avec d’autres personnes partageant les mêmes préoccupations et le même mode d’implication que l’on prend conscience de sa démarche. C'est le but de la la plate-forme qui offre par ailleurs des ressources documentaires pour poser les premiers points de repère : l’introduction générale du portail, le forum du site Réseau R-A, le centre de documentation électronique Biblio R-A.

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  9. Q. Comment bénéficier d’un soutien personnalisé ?
  10. La plupart des sites participatifs de la plate-forme offrent une possibilité d’entraide entre les coopérateurs, vous pouvez trouver dans ce cadre des réponses à vos questions, déjà en proposant des initiatives et en apportant vos propres contributions. Effectivement, N’espérez pas d’être aidé si vous n’apportez pas en retour des éléments enrichissants pour la plate-forme. Nul besoin d’être « expert » pour cela, essayez simplement d’être le plus juste et le plus précis possible dans votre questionnement et la présentation de votre expérience.

    Par rapport à une demande spécifique, vous pouvez également utiliser le formulaire général de contact (en haut à droite de l’entête du portail). Cependant, vérifier avant que vous n’avez pas trouvé la réponse en prenant le temps d’une pratique effective de la plate-forme.

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  11. Q. Est-ce que je peux proposer mon propre support coopératif (site internet) ?
  12. Oui vous pouvez intégrer facilement la plate forme car son architecture est modulaire. Elle est conçue pour se construire et se transformer au fur et à mesure des apports et des besoins des uns et des autres.

    Vous pouvez déjà utiliser le support de blogs mutualisés « Blogs R-A » pour créer votre site sans connaissances informatiques particulières et ainsi proposer de partager votre projet. Évidemment, si vous possédez en plus des connaissances en programmation informatique, cela ne gâche rien ! Nous pouvons étudier d’autres formules, seule l’imagination nous limite !

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La recherche-action et son époque

  1. Q. La recherche-action n’est-elle pas un outil daté, en quoi est-ce encore aujourd’hui une réponse pertinente ?
  2. Le terme recherche-action est souvent renvoyé aux années 70, une époque où les sociétés étaient agitées par des mutations importantes et où les corps professionnels, particulièrement ceux de l’éducation, de la santé, du travail social, cherchaient des réponses alternatives aux pratiques institutionnelles. Cette connotation « alternatif » ou « éduc pop » est parfois perçue comme appartenant au passé…

    Rappelons premièrement que la recherche-action est plus ancienne. Elle est issue de la seconde Guerre mondiale (années 40/50). Des chercheurs progressistes aspiraient à une autre vision du monde où les sciences humaines et sociales pouvaient jouer un rôle. Il existe donc plusieurs générations de chercheurs en recherche-action. S’il y a des fondateurs, il n’y a pas de « maître à penser » mais des mouvements scientifiques de consciences qui s’approprient cet héritage collectif pour répondre aux questions de leur époque comme nous le faisons aujourd’hui.

    Le principe de recherche-action se conjugue toujours au pluriel, réactualisé par différents acteurs contemporains. La recherche-action n’est pas une simple méthodologie (comme un outil qui se transmet de génération en génération) mais un processus qui forge ses propres outils, il n’y a pas de vieillissement prématuré mais une reconstruction permanente.

    La recherche-action est toujours pertinente dans les moments de profondes transformations lorsque les repères habituels sont bouleversés. Elle ne craint pas une approche de la complexité utilisant le mode de l’expérimentation : quand le monde n’est plus pensable, la recherche-action apparaît alors comme mode intelligible et évident de le penser autrement.

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  3. Q. Quels sont les secteurs d’activités et les problématiques concernées par la recherche-action ?
  4. Il n’y a pas a priori de domaines et de problématiques qui échappent à la recherche-action. La faisabilité n’est pas une question de contenu mais de processus. Elle ne peut émaner que d’acteurs en mouvement, dans la conscience d’un état de recherche. À la différence de la science dite « positive », toute la force de la recherche-action réside dans son potentiel de développement et de transformation.

    C’est pour cette raison que les problématiques touchant au développement humain et social sont particulièrement concernées (éducation, santé, éducation populaire, travail social, économie solidaire, coopération Nord-Sud, etc.).

    Il est donc aussi logique que les acteurs qui animent la recherche-action partagent également les mêmes valeurs : l'esprit de coopération et de responsabilité sociale, de démocratie participative, de reconnaissance des droits individuels et culturels…

    La recherche-action ne craint pas de répondre à des problèmes sociaux, d’étudier la complexité des dynamiques sociales et d\'expérimenter dans la vie réelle.

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  5. Q. Comment répondre à la complexité des situations contemporaines ?
  6. La recherche-action s’oppose à la parcellisation des actions et des savoirs, à l’ordre hiérarchique des compétences, à la verticalité des programmes et à la linéarité des projets. Elle peut se comprendre ici comme une « science radicale ». C’est une radicalité scientifique dans le sens où la prise en compte de la complexité exige dans notre manière de penser et d’agir une rupture épistémologique et existentielle.

    Cette intelligence des situations opère effectivement un changement radical qui peut provoquer des conflits ou des rapports de forces. Non seulement, cela n’est pas négatif, mais c’est inséparable à l’exercice de la citoyenneté, à la régulation des rapports sociaux et à une refondation d’un cadre commun aux modes de participation à la société.

    La complexité et d’une certaine manière le chaos sont des principes fondamentaux de la vie, du mouvement et de la démocratie. Un simplisme poussé à l’extrême et une idée particulière de l’ordre conduisent à un emprisonnement des forces vives et, dans leur version idéologique, au fascisme.

    La recherche-action est une science de la complexité, ce qui ne veut pas dire que son abord est compliqué. La complexité qualifie la manière dont nous prenons en compte les situations humaines. Nous les comprenons comme des systèmes dynamiques. À la différence de la démarche analytique classique qui sépare les éléments d’une situation, nous estimons que la connaissance des situations implique une compréhension globale qui s’affine progressivement par approximations (série d’évaluations approchées) et expérimentations.
    Les acteurs sur le terrain posent naturellement une cohérence dans leur manière d’appréhender leurs situations de vie. Ils adoptent logiquement une approche de la complexité.

     

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La recherche-action et l'engagement

  1. Q. Tout le monde peut-il faire de la recherche-action ou faut-il être chercheur professionnel ?
  2. Par facilité ou abus de langage, on appelle parfois à contre-sens « recherche-action », une étude de terrain impliquant quelques acteurs. Participer à une action et y réfléchir n’est pas suffisant pour prétendre être en recherche-action s’il n’y a pas en même temps un travail sur soi et une exigence de produire une connaissance par définition généralisable et accessible à tous.

    La recherche-action répond donc à des critères scientifiques mais ce n’est pas une science académique qui tire sa légitimité dans la séparation du « scientifique » et du « profane ». Tous les praticiens, professionnels spécialisés dans un champ d’activité, ou acteurs "autochtones» au sein des situations de travail collective peuvent accéder à un statut de chercheur quand ils s'en donnent effectivement les moyens. A partir d'un tel choix, ils seraient appelés, nécessairement, à changer de posture intellectuelle et pratique pour pouvoir le réaliser.

    Mais cela ne veut pas dire que la recherche-action est destinée à la seule corporation scientifique où le chercheur « officiel » est le seul capable de décoder la réalité dont le commun des mortels ne peut percevoir la structure. Dans un travail en situation, les problématiques et leurs résolutions émergent dans une mise en relation collective horizontale et inter-disciplinaire. Acteurs, chercheurs et autres protagonistes croisent leurs regards et leurs compétences. Ils ont à trouver le terrain de recherche-action qui reflète les besoins de chacun et produise un changement pour tous.

    Puisque la connaissance n’est pas le produit d’une étude sur la réalité, mais la conséquence d’une transformation de la réalité, il n’y a pas de chercheur qui arrive sur le « terrain » pour faire une étude. Il ne s’agit pas d’apporter un savoir et un outillage prédéterminés comme le ferait l’« expert » ou le « consultant » . La réponse existe dans des situations à construire collectivement.

    Un chercheur extérieur peut y jouer un rôle d’impulseur, de facilitateur, d’évaluateur pour une mise en espace public d’un problème, mais ce sont tous les acteurs en situation et en temps réel qui sont porteurs de la recherche-action : ils posent le cadre et la problématique de travail, les outils d’expérimentation et de vérification.

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  3. Q. Faut-il une formation particulière ou spécialisée ?
  4. Nous pensons en recherche-action que les solutions ne sont pas plus du domaine de « l’expert » que la connaissance est la chasse gardée du « savant ». Pour ces mêmes raisons, il n’y a pas de techniciens en recherche-action qui procurent un savoir techniciste. Il n’y a donc pas de formation spécialisée en recherche-action. C’est une méta formation en ce qu’elle apprend à apprendre. Il n’y a donc pas de spécialiste en recherche-action ni de profils d’acteurs types susceptibles d’y participer.

    La recherche-action demande avant tout une certaine sensibilité et intelligence des situations, une envie de connaissance. L’intelligence n’est pas uniquement « intellectuelle », elle est aussi pragmatique dans cette manière aiguë de percevoir la réalité et dans la conscience de son positionnement  dans la société. Elle pose un rapport entre le sensible et l’intelligible, le populaire et le scientifique, la réflexion et la pratique.

    Modifier la réalité sociale afin de la connaître, est sans doute le principe fondamental qui procure à la recherche-action sa force et son originalité. Elle permet d’atteindre, dans la finesse des situations créées un niveau de conscience et de connaissance qui ne pourrait pas être obtenu autrement.

    C’est en cela une approche complète et nous parlons alors de « recherche-action intégrale » pour la distinguer de déclinaisons plus ou moins édulcorées telles que les recherches dites « participatives », « empiriques » ou « diagnostiques ».

    Elle essaie d’atteindre la profondeur des causes dans une mise en lien globale de tous les aspects d’un engagement individuel et social : « Le problème est que nos valeurs, nos objectifs et l'objectivité ne sont nulle part plus intimement mêlés et plus importants due dans la recherche-action. »

     Tout en répondant aux exigences rigoureuses dans la production de connaissance, elle implique un changement des conditions de vie et un haut niveau d’enjeux pour les acteurs impliqués.

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  5. Q. En quoi les acteurs sur le terrain peuvent-ils trouver un intérêt à la recherche-action ?
  6. La recherche-action ne fait pas du conseil en stratégie ou de la méthodologie de projet. Elle n’apporte pas de réponse clef en main et n’offre pas de solutions opérationnelles immédiates.

    Des acteurs adhèrent à ce processus, parce qu’ils sont eux-mêmes dans un mouvement réflexif de questionnement. Ils pensent à juste titre par ce procédé améliorer leurs actions.  Ces deux motivations en recherche-action ne sont effectivement pas opposées mais intimement liées : avoir un projet de connaissance (retrait réflexif) et résoudre un problème concret (engagement en situation). L’optimisation stratégique de l’action sert ici une conscience d’acteurs situés dans un déroulement historique d’un changement et réciproquement.

    La recherche-action apparaît intéressante, voir indispensable lorsque l’on est confronté à un problème que les modes d’approches classiques ne peuvent résoudre. Il est alors nécessaire de refonder la manière de penser nos situations et nos pratiques. En tant que mouvement de conscience, cette refondation ne peut se limiter comme nous le disions à une technique professionnelle, elle implique l’intégralité de l’individu dans ses différents niveaux d’implication (nous parlons alors de « recherche-action intégrale »).

    C’est un mouvement qui nécessite du temps car nous pouvons subir un rapport de domination ou vivre une situation bloquée sans pour autant les percevoir en tant que tels (c’est même le principe de l’aliénation). Cela commence donc par la capacité de nommer (avec ses propres mots) et d’expertiser ses propres situations.

    Si la recherche-action occupe un temps long (3 à 5 ans minimum), cela ne veut pas dire qu’il faut attendre tout ce temps pour tirer bénéfice de la recherche-action. D’une part, parce que la recherche-action possède des moments concrets d’expérimentation, ensuite chacun doit pouvoir réinvestir les acquis de la recherche-action au sein de son espace de travail habituel. Là aussi l’espace de travail en recherche-action peut aider chacun à négocier cette articulation.

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  7. Q. Comment l’engagement en recherche-action peut-il être reconnu professionnellement ?
  8. Les personnes qui développent un travail par la recherche-action ont souvent une grande expérience de terrain, une compétence approfondie dans différents domaines professionnels, sans obligatoirement avoir la reconnaissance institutionnelle ou universitaire correspondante.

    La recherche-action n’est pas une catégorie professionnelle ou universitaire. Il n’existe pas de diplôme « en » recherche-action mais des diplômes « par » la recherche-action tels que les études supérieures (BAC+4) du Diplôme des Hautes Études en Pratiques Sociales (DHEPS).

    Le plus difficile est de pouvoir poursuivre un engagement sur le terrain et entamer des études relativement lourdes. Nous retrouvons la dichotomie classique entre recherche et action que tout notre environnement prédispose.

    Souvent ceux qui reprennent des études quittent leur champ professionnel, le réinvestissent rarement et leur savoir ne profite pas à un développement régional. Ce qui contribue à un appauvrissement de l’action en milieu populaire, le non-renouvellement des cadres populaires, l’absence de mouvements capables de redéfinir les rapports sociaux.

    La création d’espaces ressources en recherche-action est une autre manière de valider par les pairs engagés dans le même processus, les cursus « in vivo », dans le contexte même où s’exercent les expérimentations. Il s’agit d’intégrer recherche-action, formation et développement dans un même espace de travail où les mobilités socioprofessionnelles prennent place dans une cohérence globale.

    À côté des validations universitaires du type DHEPS, d’autres formes intermédiaires de reconnaissance peuvent se concevoir en termes de validation des acquis, diplômant ou non. Ces validations peuvent prendre l’aspect de modules spécifiques basés sur des parcours d’autoformation.

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Le déroulement d’une recherche-action

  1. Q. Comment débuter une recherche-action ?
  2. La recherche-action commence toujours par une insatisfaction profonde, un questionnement qui ne trouve pas de réponses dans les savoirs classiques, l’intuition que des processus fondamentaux se jouent même si nous ne pouvons pas encore les définir ni même les percevoir, une attente, un désir d’aller plus loin…

    Il faut qu’il y ait cette mise en œuvre initiale d’une démarche de recherche au sens large, même si l’œuvre se dessine en creux et prend la forme d’une énigme (c’est le propre de chaque œuvre). La recherche-action ne peut s’appuyer que sur une démarche libre et volontaire. Seulement cette prise de recul ne doit pas être vécue de manière schizophrénique comme un détachement de la réalité. Les niveaux d’implications entre réflexivité et opérationalité ne s’opposent pas mais s’inscrivent dans un rapport au temps différent.

    La mise en place d’un espace d’échanges entre les acteurs concernés par un même champ problématique vient aider une entrée en recherche-action car il est difficile de faire seul le point surtout lorsque l’on est happé par les impératifs du quotidien. Cet espace de travail doit permettre de se poser dans un échange réflexif en dehors du caractère instrumental et utilitariste de l’investissement professionnel.

    Pour que des personnes se regroupent un moment donné dans un espace donné, sachant qu’il n’y a pas obligatoirement au début de liens affinitaires sinon la volonté commune de se réunir, il faut que l’intérêt de ce regroupement dépasse la somme des intérêts individuels (non par ce qu’il est « supérieur » mais parce qu’il est autre).

    Cet intérêt « autre » peut être social, culturel, artistique, politique, économique… souvent à la croisée de ces différents domaines. La difficulté réside au début dans une multitude d’attentes émanant d’acteurs à l’histoire culturelle et aux habitudes professionnelles divergentes. Cette diversité socioprofessionnelle et l’éclectisme des sujets abordés ne doivent pas effrayer. Elles sont gage d’ouverture et de richesse même si de prime abord, il est difficile de percevoir un ensemble cohérent.

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  3. Q. Comment dégager une problématique de travail ?
  4. Par décantations successives, il est possible de laisser se déposer le subsidiaire pour qu’apparaisse l’essentiel. Nous appelons ce travail « problématisation ». Il doit pouvoir énoncer les préoccupations de chacun sous la forme d’un problème public, visible et compréhensible par tous, renvoyant à des réponses d’intérêt général.

    Il arrive que la problématique à l’origine des premières réunions ne soit pas finalement retenue. Nous distinguons pour cela les problématiques de travail des problématiques finales. L’apport d’un chercheur peut être utile car il fournit des éléments de problématique déjà expérimentés qui peuvent, comme un jeu de Lego, s’emboîter avec les matériaux de chacun et prendre le sens d’une globalité dans la manière d’aborder les questions.

    La problématique n’émerge pas simplement dans la confrontation des prises de position individuelle mais aussi dans l’observation directe des réalités de terrain. La question n’est pas de voir ce que nous avons sous les yeux mais la manière dont nous le voyons. Nous distinguons en cela la notion d’éclairage à celle d’éclairement. L’éclairage met en valeur d’où part la lumière (points de vue dominant de celui qui étudie), l’éclairement souligne la manière dont est reçue la lumière (comment les processus socioculturels nous éclairent sur notre questionnement). Nous pouvons alors rendre visible une autre réalité des ressources territoriales et nous parlons d’une « autre géographie des relations humaines ».

    La problématique est une plate-forme de rencontre, un référentiel pour ensuite agir sur la réalité, poser des hypothèses et expérimenter des situations qui produiront de nouvelles connaissances, apporteront des réponses et renverront à des enjeux généraux.

    Cette problématisation peut prendre un certain temps pour émerger, un travail de prise de conscience est souvent le préalable. Le chercheur peut là aussi jouer un rôle par une série d’entretiens individuels ou collectifs appelés « feed-back » parce qu’ils retournent en temps réel la connaissance et permettent aux intéressés de travailler sur leur propre production.

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  5. Q. Qu’est-ce qu’un « chercheur collectif » ?
  6. C'est quand le groupe de travail prend en charge totalement ce processus de conscientisation/problématisation et s’approprie — en particulier à travers l’écriture — les moyens de production de la connaissance.

    En attendant que la base soit suffisamment sûre et le processus solidement ancré, il est nécessaire de construire un cadre de travail en rédigeant une charte (valeurs) et un protocole (procédure) pour garantir la stabilité du groupe et le suivi de sa progression. Il risque sinon de se disloquer sous les pressions extérieures (économiques, institutionnelles, idéologiques, etc.) dont les logiques sont souvent contraires au principe de la recherche-action (réciprocité, coopération, non-utilitarisme, disponibilité… ).

    Ensuite il existe de nombreux pièges dans lesquels l’espace de travail peut de bonne foi se laisser enfermer tels que la dérive vers un dispositif d’expertise labélisant les actions ou un groupement corporatiste s’interposant entre les pouvoirs publics et les populations. Il est nécessaire de posséder un cadre de travail clair pour rester en vigilance constante.

    Mais le plus difficile est sûrement de gérer cette fameuse articulation entre action et recherche (voir Q4). La tentation est grande de tomber d’un côté vers le « café philosophique », de l’autre vers l’activisme militant. C’est sur la fine crête de l’expérimentation que le mouvement d’oscillation trouve son équilibre.

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  7. Q. Quand et comment peut-on estimer une recherche-action « réussie » ?
  8. On ne peut pas évaluer la recherche-action comme un projet, l’action n’a pas une finalité opérationnelle mais expérimentale. Il s’agit d’apprendre quelque chose à travers la mise en œuvre d’un processus. Ce processus est bien réel car il modifie en profondeur les manières de raisonner, percevoir, agir, se positionner dans les rapports sociaux, gérer son rapport au monde, etc.

    Il y a donc transformation de situations individuelles ou sociales, production de connaissance, capacité à analyser un contexte et poser des enjeux. Tout ceci confirme qu’une recherche-action porte ses fruits.

    Cela se traduit rarement dans l’immédiat par des actions spectaculaires et des prises de position publique. Et quand des mouvements visibles se produisent, c’est dans un cadre général de développement, où il est difficile d’établir un lien de cause à effet mécanique entre la recherche-action et ce qu’elle provoque (c’est plutôt un lien de réciprocité organique entre production de connaissance et transformation des situations).

    Les acteurs ne se revendiquent pas de la recherche-action, elle n’est pas une idéologie, une organisation ou un dispositif. Quant aux observateurs, ils s’attachent au résultat final, à ce qui est visible, à ce qui valorise leur position. Tout finit donc par écarter du champ de la reconnaissance le principal, le processus fondamental qui permet d’articuler action et recherche dans un même mouvement.

    Ici, l’espace de travail qui se construit autour de la recherche-action prend toute son importance. Il est le seul capable de rendre visibilité et en temps réel le processus.

    Pour cette raison, il est important que tous les acteurs en présence participent à l’ensemble des phases de travail et s’approprient au fur et à mesure les éléments de connaissance produits. Les outils doivent pouvoir être employés de manière consciente, appropriée et systématisée afin d’être le plus proche des résultats et des effets désirés.

    En établissant un même cadre de travail où les acteurs s’accordent sur des critères communs, il est possible de comparer les espaces de recherche-action, d’évaluer les processus en cours et d’engager une généralisation à partir de situations locales.

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La recherche-action et la science

  1. Q. Est-ce un peu plus de la recherche que de l’action ou un peu plus de l’action que de la recherche ?
  2. Tout tend à séparer la recherche de l’action. L’esprit bien cartésien de notre culture ne semble pas pouvoir concevoir l’articulation autrement qu’en termes d’opposition irréductible. Les acteurs reprocheront à la recherche-action de n’être pas assez opérationnelle, les chercheurs de n’être pas assez scientifique. Posé de cette manière, il est en effet impossible de résoudre le problème.

    Le principe de recherche-action ne peut se vérifier que dans les pratiques effectives et les interactions en situation, à l’opposé d’une approche positiviste qui considère les faits sociaux comme des objets extérieurs d’études. L’individu en recherche adopte une posture particulière, il est « impliqué » puisqu’il intervient délibérément sur la réalité et n’en est pas simplement l’observateur détaché et distancié.

    Il n’en demeure pas moins que le chercheur est défini avant tout à partir de son projet de production de connaissance. Le chercheur produit lui-même ses outils conceptuels et méthodologiques mais ces derniers n'atteignent un seuil de scientificité qu'à partir du moment où ils sont devenus transposables, réappropriables par d'autres chercheurs, autrement dit réfutables.

    Or, ce qui est important dans la recherche-action, ce n’est ni la recherche en soi, ni l’action en soi mais le tiret qui les unit. Car pour les unir, il nous faut être un peu plus qu’un acteur ou qu’un chercheur, mais aussi créateur. Cette création se concrétise d’abord par l’ouverture d’un nouvel espace de travail en que chercheur-acteur. C’est une création autant individuelle que sociale. La recherche-action ne nous oblige pas à quitter notre identité socioprofessionnelle, elle permet au contraire de l’enrichir.

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  3. Q. Quelle est la posture de « l’acteur-chercheur » ?
  4. Nous ne parlons pas d’entre-deux (entre recherche et action, chercheur et praticien) mais de situations (espace de travail) qui éclairent différemment des situations humaines. Les personnes ne sont pas alternativement en recherche et en action, dans une bulle virtuelle et dans l’engagement réel, cela deviendrait vite insupportable à gérer ; ils sont dans un processus de travail qui ouvre un espace en coopération avec d’autres, quels que soient leurs qualités et leurs statuts.


    La recherche-action est en premier lieu une disposition avant d’être un dispositif, un état d’esprit avant d’être une méthodologie, un état du mouvement avant d’être une expérimentation. Elle touche en cela toutes les facettes de nos engagements individuels et sociaux. Nous portons cette dimension partout où nous créons ou participons à une nouvelle situation d’échanges, d’expérience.


    La situation est la base de travail de la recherche-action en tant qu’unité de mesure élémentaire de la réalité humaine, proche des manières de vivre et des pratiques, celles que chacun utilise pour comprendre et modifier son rapport au monde. Les situations sont des espaces à la fois concrets et complexes où se déroule une série d’événements, d’actions et d’interactions entre des individus impliqués dans ce même espace. Une situation n’est pas « action » ou « recherche », elle appartient à cette écologie humaine, individuelle et sociale, l’espace du réel où les individus et les groupes définissent leurs positions.

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  5. Q. La recherche-action est-elle une vraie science ou simplement une méthodologie d’action ?
  6. C’est souvent le reproche fait à la recherche-action par les sciences académiques : elle n’est pas une vraie science, à la rigueur une méthodologie de travail au service d’une science « pure » ou « dure ».

    Dans la séparation du savant et du profane, la science académique place l’objectivité dans le principe que la connaissance est produite hors du contexte d’étude, le chercheur n’est pas impliqué par son objet. D’autres approches comme l’analyse institutionnelle ou l’ethnométhodologie, prouvent non seulement qu’une connaissance objective peut être produite en situation localisée, mais que certaines connaissances ne peuvent être obtenues autrement que dans une intervention directe en situation. Tout en maintenant une expérimentation rigoureuse, la recherche-action a sans doute été le plus loin dans ce principe puisqu’elle rend inséparable connaissance et transformation sociale.

    Pourtant, la culture scientifique, particulièrement en France, est plus de tradition académique que pragmatique. C’est également une culture très littéraire qui confère à l’écrit un rôle central. La sociologie se prend d’ailleurs parfois pour un genre littéraire. De même, tout homme public qui aspire à une légitimité intellectuelle pense la trouver dans la reconnaissance académique en écrivant un livre.

    Les fondateurs de la recherche-action pensent autrement. Lewin nous rappelle que  « des recherches qui ne produisent rien d'autre que des livres ne suffisent pas. Cela n'implique en aucune façon que la recherche nécessaire soit moins scientifique ni moins noble que ce qui serait demandé pour la science pure dans le champ des événements sociaux. Je pense que c'est le contraire qui est vrai ».

    Ce n’est pas l’écrit en lui-même qui pose problème. Face au modèle académique du savoir il s’agit de réinventer en permanence un vocabulaire, une grammaire en situation, dans un jeu d’interaction, d’appel réponse, telle une langue populaire qui évolue au rythme des rencontres et des contextes. En travaillant la réalité, le langage de la recherche-action innove en permanence d’autres manières de l’appréhender, de la traduire et de la retranscrire.

    Ainsi, le langage de la recherche-action peut établir un jeu de correspondance entre des situations de vie et une problématique scientifique.

    Pour poursuivre notre analogie, à l’instar des langues populaires qui opèrent par série de collage et de réappropriations des autres racines langagières, la recherche-action doit puiser dans l’ensemble des approches et doctrine scientifique déjà constituée pour construire son propre langage (sciences de l’éducation, de l’action, approches cognitives, psychosociologiques, philosophie de la forme, etc.).

    Pour certains, c’est la preuve que la recherche-action n’est pas une science autonome, mais dépendante des autres. Il n’y a d’ailleurs pas d’« écoles » de la recherche-action ou de « maître à penser » de cette discipline. Pour nous, c’est au contraire le signe d’une richesse évolutive et d’une liberté dans la manière de reconstruire les paradigmes scientifiques pour être au plus près d’une compréhension de la réalité contemporaine.

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