{"id":627,"date":"1993-01-01T23:07:00","date_gmt":"1993-01-01T22:07:00","guid":{"rendered":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/?p=627"},"modified":"2020-06-27T18:29:32","modified_gmt":"2020-06-27T16:29:32","slug":"no-41-les-figures-de-letranger","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/1993\/01\/01\/no-41-les-figures-de-letranger\/","title":{"rendered":"No 41 &#8211; Les figures de l\u2019\u00e9tranger"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La figure de l&rsquo;\u00c9tranger appara\u00eet comme un acteur privil\u00e9gi\u00e9 qui r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;\u00e9paisseur et la sensibilit\u00e9 des \u00ab\u00a0couches culturelles\u00a0\u00bb de notre soci\u00e9t\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique des mouvements de population qui s&rsquo;inscrit dans une perspective globale d&rsquo;\u00e9tude des mouvements au sens \u00ab\u00a0physique\u00a0\u00bb : mouvements de capitaux, mouvements de main d&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd&rsquo;hui, \u00e0 mesure que les fronti\u00e8res s&rsquo;ouvrent aux capitaux pour constituer des blocs commerciaux (CEE, Europe de l&rsquo;Est, ASEAN en Asie du sud-est, ALENA en Am\u00e9rique), cette r\u00e9alit\u00e9 est en train de changer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parall\u00e8lement \u00e0 une internationalisation des \u00e9changes \u00e9conomiques et \u00e0 une ouverture des fronti\u00e8res, s&rsquo;op\u00e8re en effet une red\u00e9finition de la citoyennet\u00e9, qui touche au plus pr\u00e8s les populations immigr\u00e9es. C&rsquo;est pourquoi les figures de l&rsquo;\u00e9tranger peuvent nous permettre de redessiner une carte des mouvements de population, qui pose comme fondamentale la question de l&rsquo;insertion et son prolongement, l&rsquo;int\u00e9gration : alors que les fronti\u00e8res se ferment aux nouveaux arrivants, la question de l&rsquo;int\u00e9gration des populations \u00ab\u00a0d\u00e9j\u00e0 l\u00e0\u00a0\u00bb reste enti\u00e8re. Or, pour que l&rsquo;\u00e9tranger r\u00e9ussisse son entr\u00e9e dans la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;accueil, faut-il encore que celle-ci ait la volont\u00e9 de mettre en \u0153uvre des conditions favorables (insertion \u00e9conomique, \u00e9ducation, logement, coop\u00e9ration avec les pays d&rsquo;origine&#8230;).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s avoir \u00e9voqu\u00e9 les modifications de la structure des \u00e9changes \u00e9conomiques dans les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9velopp\u00e9es, nous pr\u00e9senterons la question de l&rsquo;\u00e9tranger telle qu&rsquo;elle est abord\u00e9e dans la sociologie interactionniste. Cet expos\u00e9 devrait nous permettre de faire le lien avec les processus d&rsquo;affiliation culturelle et \u00e9conomique propres \u00e0 toute soci\u00e9t\u00e9, et qui constituent le gage de toute forme d&rsquo;int\u00e9gration.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">LA NOUVELLE DONNE<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les pays industrialis\u00e9s, l&rsquo;immigration de main d&rsquo;\u0153uvre a, on le sait, laiss\u00e9 la place depuis les ann\u00e9es 1960, \u00e0 une immigration de regroupement familial. Mais aujourd&rsquo;hui, les facteurs de migration se sont diversifi\u00e9s et complexifi\u00e9s. Deux types de migration nous semblent caract\u00e9riser les ann\u00e9es 1980, au moins sur le plan qualitatif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&rsquo;une part, une migration de main d&rsquo;\u0153uvre, qui tend \u00e0 se concentrer autour de personnes ayant un haut niveau de comp\u00e9tences. T\u00e9moin de cette tendance, la toute-puissance technocratique, qui dicte aujourd&rsquo;hui les mouvements de capitaux et les mouvements d&rsquo;hommes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&rsquo;autre part, une migration de r\u00e9fugi\u00e9s politiques. C&rsquo;est l&rsquo;importance croissante de celle-ci, qui encourage dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s une modification de la citoyennet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Propre aux ann\u00e9es 1980, ce facteur de migration \u00ab\u00a0refuge\u00a0\u00bb est autant une cons\u00e9quence des bouleversements politiques que connaissent les pays \u00ab\u00a0d\u00e9biteurs\u00a0\u00bb (la migration fonctionnant comme un indice de la situation d\u00e9mocratique du pays : c&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle le \u00ab\u00a0r\u00e9f\u00e9rendum par les pieds\u00a0\u00bb), qu&rsquo;une forme d&rsquo;adaptation des flux migratoires aux politiques d&rsquo;arr\u00eat de l&rsquo;immigration dans les pays industrialis\u00e9s. L&rsquo;ann\u00e9e 1974 marque en France l&rsquo;arr\u00eat des flux migratoires. Les demandes de statut de r\u00e9fugi\u00e9 politique ont depuis lors fortement augment\u00e9, sans que l&rsquo;on assiste pour autant \u00e0 une nette d\u00e9gradation de la situation politique dans les pays d&rsquo;Afrique francophone en tous cas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La demande de statut de r\u00e9fugi\u00e9 politique apparait dans ce contexte comme une solution pour perp\u00e9tuer une logique migratoire qui existait bien avant la fermeture des fronti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La \u00ab\u00a0fonction miroir\u00a0\u00bb de la migration, en sautant les obstacles mis en place parla soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;accueil, continue ainsi d&rsquo;alimenter des mouvements de population qui, mis en place \u00e0 la veille des ind\u00e9pendances, \u00e9taient appel\u00e9s \u00e0 durer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&rsquo;o\u00f9 la red\u00e9finition, en \u00ab\u00a0terre d&rsquo;asile\u00a0\u00bb, du statut de r\u00e9fugi\u00e9 politique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame si, au-del\u00e0 des chiffres, la r\u00e9alit\u00e9 sociologique des mouvements migratoires doit \u00eatre abord\u00e9e, il en est qui parlent d&rsquo;eux-m\u00eames : de 157 000 en 1980, les candidats au statut de r\u00e9fugi\u00e9 politique sont pass\u00e9s \u00e0 400 000 en 1990.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans un article pr\u00e9c\u00e9dent, nous avions abord\u00e9 les migrations africaines dans la situation postcoloniale (\u00ab\u00a0De la savane \u00e0 la ville, les migrations en Afrique de l&rsquo;Ouest\u00a0\u00bb, PEPS, 39). L&rsquo;argument \u00e9tait que les \u00e9tudes d\u00e9mographiques et \u00e9conomiques ne permettaient pas de rendre compte de la migration du point de vue de sa r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par les acteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Reste que, comme le rappelle Samir Amin, \u00ab\u00a0la mobilit\u00e9 des hommes est incomparable \u00e0 la mobilit\u00e9 du capital\u00a0\u00bb (1992).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les accords USA Canada Mexique par exemple, portent sur la libert\u00e9 de circulation des marchandises, alors que tous les jours, des immigrants sont refoul\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re mexicaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme notre m\u00e9diterran\u00e9e, le golfe du Mexique est un lieu majeur de charges migratoires, tant les disparit\u00e9s d\u00e9mo\u00e9conomiques sont flagrantes, tant les affrontements culturels entre le nord et le sud sont grands.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1980, pr\u00e8s du tiers des \u00e9migr\u00e9s \u00e0 travers le monde \u00e9taient originaires des \u00ab\u00a0deux m\u00e9diterran\u00e9es\u00a0\u00bb, celle du Vieux Continent, et celle du Nouveau Monde : 25 millions de l&rsquo;Ancien Continent, monde arabe inclus, et 16 millions de la Cara\u00efbe et du Mexique (G. Simon, 1991).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les dynamiques migratoires qui y sont enclench\u00e9es depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle ne semblent pas sur le point de s&rsquo;arr\u00eater (l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie sont confront\u00e9es \u00e0 leur tour \u00e0 la question br\u00fblante de l&rsquo;immigration).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En m\u00eame temps, des formes d&rsquo;organisation nouvelles chez les populations immigr\u00e9es sont en train de na\u00eetre, comme pour contrer une tendance dominante \u00e0 I&rsquo; \u00ab\u00a0exploitation dans le renoncement \u00a0\u00bb (J.M. Kalfl\u00e8che, 1992). Ces nouvelles formes d&rsquo;organisation doivent \u00eatre vues autant comme des initiatives de coop\u00e9ration avec les pays \u00e0 forte \u00e9migration, que comme des facteurs in\u00e9dits d&rsquo;int\u00e9gration \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;accueil (1)<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">ARGUMENTS POUR L&rsquo;ETRANGER<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre assimilation culturelle et \u00e9conomique, entre int\u00e9gration ici et retour l\u00e0-bas, la figure de l&rsquo;\u00e9tranger nous propose un mod\u00e8le dynamique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Appliqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;immigration (sans que pour autant elle ne s&rsquo;y limite), l&rsquo;int\u00e9gration appara\u00eet en effet un processus, par lequel des communaut\u00e9s immigr\u00e9es s&rsquo;affilient \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;accueil en m\u00eame temps que celle-ci r\u00e9agit (de mani\u00e8re favorable ou non). L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la posture de l&rsquo;\u00e9tranger est justement de questionner les allants de soi de la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;accueil. Le terme m\u00eame d&rsquo;\u00e9tranger, tant dans son sens courant que dans son sens sociologique s&rsquo;oppose radicalement \u00e0 tout ce qui touche \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration. C&rsquo;est pourquoi il permet une mise en perspective globale des processus par lesquels toute forme d&rsquo;int\u00e9gration est possible : la posture de l&rsquo;\u00e9tranger n&rsquo;est pas un point d&rsquo;arriv\u00e9e, elle est un point de d\u00e9part, et un point de d\u00e9part interrogateur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Analyser la figure de l&rsquo;\u00e9tranger, c&rsquo;est donc se placer dans ce cheminement qui m\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration, en passant par l&rsquo;insertion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais si les analyses sociologiques de l&rsquo;\u00e9tranger privil\u00e9gient dans leur probl\u00e9matique les aspects culturels de l&rsquo;insertion, il n&rsquo;y est pas pour autant question d&rsquo;interculturalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant Schutz emploie le terme d&rsquo;ajustement social, il d\u00e9signe moins nous semble til, l&rsquo;existence d&rsquo;une communication interculturelle, que le processus m\u00eame \u00e0 partir duquel toute forme d&rsquo;affiliation de l&rsquo;\u00e9tranger au mod\u00e8le culturel qu&rsquo;il d\u00e9couvre sera possible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La figure de l&rsquo;\u00e9tranger en tant que migrant se pose donc comme typique de toute forme d&rsquo;ajustement social. Elle peut alors s&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 l&rsquo;analyse de toute situation moderne au sens de Stonequist, qui envisageait le fait de vivre dans des contextes sociaux diff\u00e9rents comme une forme d&rsquo;adaptation caract\u00e9ristique de la vie moderne (1961).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il existe un grand nombre d&rsquo;\u00e9tudes reposant sur des donn\u00e9es d\u00e9mographiques et des \u00e9tudes sp\u00e9cifiques des m\u00e9canismes r\u00e9gissant les mouvements migratoires. Toutefois, l&rsquo;attention doit \u00eatre port\u00e9e en ce qui nous concerne, sur les formes d&rsquo;adaptations nouvelles que connaissent les populations issues de la migration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rappelons qu&rsquo;en France, la politique scolaire d&rsquo;int\u00e9gration fonctionne encore suivant le mod\u00e8le r\u00e9publicain d&rsquo;int\u00e9gration \u00e9cole, arm\u00e9e, dans le respect affich\u00e9 des cultures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Stonequist posait donc comme caract\u00e9ristique de la vie moderne le fait de vivre dans des contextes sociaux diff\u00e9rents, ceux-ci engageant autant de processus d&rsquo;ajustement \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 sociale existante que de processus de transformation sociale : l\u00e0 o\u00f9 il y a apprentissage culturel, il y a aussi rencontre, et qui dit rencontre dit transformation, modification, changement.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;ETRANGER DANS LA CITE<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cette forme de sociologie, qui voit en l&rsquo;\u00e9tranger une cl\u00e9, ce n&rsquo;est pas tant le politique qui l&#8217;emporte, que cette \u00ab\u00a0dimension nouvelle\u00a0\u00bb, que les sociologues interactionnistes ont si bien \u00ab\u00a0attrap\u00e9e\u00a0\u00bb : l&rsquo;interaction sociale dans sa dimension autocr\u00e9atrice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fondatrice de l&rsquo;ethnologie urbaine, l&rsquo;Ecole de Chicago posait la ville comme pr\u00e9existante au politique. En ce sens, on ne peut r\u00e9duire la ville aux politiques urbaines. De plus, la sociologie urbaine fait sienne l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle les villes sont des soci\u00e9t\u00e9s avant ou malgr\u00e9 les interventions du gouvernant. Ce faisant, elle privil\u00e9gie la conjoncture sur la structure, le changement sur la reproduction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Robert Park observait dans Race and Culture (1950), que la mobilit\u00e9 et la migration avaient, entre autres effets, celui de s\u00e9culariser les relations autrefois sacr\u00e9es, par un double processus de la\u00efcisation de la soci\u00e9t\u00e9 et d&rsquo;individuation de la personne. Soustrait \u00e0 l&rsquo;intimit\u00e9 d&rsquo;un milieu culturel de tradition qui auparavant l&rsquo;int\u00e9grait \u00e0 un groupe plus large, le migrant modifierait (ou s\u00e9culariserait) en milieu urbain, relations et rituels ant\u00e9rieurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Y a-t-il une sp\u00e9cificit\u00e9 de l&rsquo;urbain, ou la ville n&rsquo;est-elle qu&rsquo;un simple espace d&rsquo;effectuation des rapports sociaux?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d&rsquo;autres termes, la ville est-elle d\u00e9termin\u00e9e, ou est-elle d\u00e9terminante ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A ces questions, la sociologie interactionniste r\u00e9pond par l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;urbanit\u00e9 d\u00e9signe plus le travail de la soci\u00e9t\u00e9 urbaine sur elle-m\u00eame que le r\u00e9sultat d&rsquo;une l\u00e9gislation ou d&rsquo;une administration : la ville est un lieu d&rsquo;\u00e9meutes, de troubles, de turbulences ou d\u00a0\u00bb&lsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0mentalit\u00e9\u00a0\u00bb (Park, Simmel).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment la figure de l&rsquo;\u00e9tranger vient-elle s&rsquo;inscrire dans ce courant interactionniste, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans le \u00ab\u00a0postulat de la primaut\u00e9 de l&rsquo;interaction entre acteurs sociaux sur l&rsquo;identit\u00e9 et les strat\u00e9gies des acteurs\u00a0\u00bb (I. Joseph) ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sociabilit\u00e9, analyse du local, rapports entre vie priv\u00e9e et vie publique, d\u00e9viances, identit\u00e9s : les th\u00e8mes forts de l&rsquo;interactionnisme symbolique sont donc analys\u00e9s sous l&rsquo;angle du caract\u00e8re auto-cr\u00e9atif de l&rsquo;interaction sociale. Dans ce cadre-l\u00e0, comme le note Isaac Joseph, l&rsquo;abandon de la fameuse coupure \u00e9pist\u00e9mologique entre sociologie professionnelle et sociologie profane va de pair avec le r\u00e9tablissement d&rsquo;une rupture entre comportement et personnalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sociologie dominante (T. Parsons aux \u00c9tats-Unis, E. Durkheim en France) posait la coupure \u00e9pist\u00e9mologique entre sociologie professionnelle et sociologie profane comme essentielle \u00e0 la d\u00e9finition de la sociologie comme discipline scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(La sociologie professionnelle s&rsquo;effor\u00e7ait de b\u00e2tir un ensemble d&rsquo;outils m\u00e9thodologiques et conceptuels pour se d\u00e9marquer de la sociologie profane de l&rsquo;homme de la rue et de ce qu&rsquo;on appelle le sens commun). En brisant ce mythe d&rsquo;une \u00ab\u00a0tour d&rsquo;ivoire\u00a0\u00bb scientifique, la sociologie interactionniste r\u00e9habilite le sujet comme un \u00eatre pensant et agissant ind\u00e9pendamment des structures qui le d\u00e9passent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle n&rsquo;est pas une sociologie d\u00e9ductive au sens o\u00f9 elle ne fabrique pas par exemple, une personnalit\u00e9 type (individuelle ou de groupe) \u00e0 partir d&rsquo;un certain nombre de crit\u00e8res fonctionnant comme indicateurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En partant des comportements en situation, l&rsquo;approche interactionniste annihile donc la dichotomie entre sociologie profane et sociologie professionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Accorder le primat des comportements significatifs en situation, partir des comportements en situation plut\u00f4t que des motivations sont donc les pr\u00e9suppos\u00e9s que se donne l&rsquo;interactionnisme symbolique pour analyser le social.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La figure de l&rsquo;Etranger apparait alors comme un acteur privil\u00e9gi\u00e9 qui r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;\u00e9paisseur et la sensibilit\u00e9\/r\u00e9sistance des \u00ab\u00a0couches culturelles\u00a0\u00bb de notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque situation de &lsquo;\u00e9tranger l&rsquo;objet de la plus grande attention. Il lui faut \u00e0 chaque moment rep\u00e9rer les codes culturels qui apparaissent si familiers \u00e0 ses h\u00f4tes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme le dit Schutz, l&rsquo;\u00e9tranger part \u00e0 chaque instant \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;aventure\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est pourquoi le migrant est, en quelque sorte, un expert en red\u00e9finition des situations (I. Joseph). Il est celui qui met \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve l&rsquo;univers du \u00ab\u00a0taken for granted\u00a0\u00bb, de ce que l&rsquo;on prend habituellement pour argent comptant. Cosmopolite, juif, migrant ou marginal, l&rsquo;\u00e9tranger est l&rsquo;analyseur du trivial (2).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans sa non-repr\u00e9sentativit\u00e9 et au-del\u00e0 de cette strate de r\u00e9gularit\u00e9 suppos\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 civile, l&rsquo;\u00e9tranger se pose comme analyseur du syst\u00e8me, partout o\u00f9 les ph\u00e9nom\u00e8nes de reproduction et d&rsquo;habitus posent probl\u00e8me. L&rsquo;\u00e9tranger a perdu le sens du trivial, c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il questionne la soci\u00e9t\u00e9 moderne de fa\u00e7on pertinente.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">LES FIGURES DE L&rsquo;ETRANGER : SIMMEL ET SCHUTZ<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les figures de l&rsquo;\u00e9tranger chez Simmel (1908) et Schutz (1944) sont diff\u00e9rentes dans leur pr\u00e9suppos\u00e9 de d\u00e9part et dans leurs cons\u00e9quences sur la nature des processus de changement social.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Schutz, l&rsquo;\u00e9tranger n&rsquo;est pas, comme chez Simmel, le \u00ab\u00a0voyageur potentiel\u00a0\u00bb, il est le \u00ab\u00a0membre potentiel\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Schutz d\u00e9crit plus une attitude interne de l&rsquo;\u00e9tranger (qui ne saurait par exemple montrer sur une carte d&rsquo;o\u00f9 il vient) en situation de d\u00e9couverte d&rsquo;une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 sociale et culturelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simmel quant \u00e0 lui, adopte une position g\u00e9ographique d&rsquo;ensemble, qui \u00e9tiquette l&rsquo;\u00e9tranger comme un point typique sur une carte, dont l&rsquo;\u00e9chelle est celle du proche et du distant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;\u00e9tranger suscite chez Simmel une \u00e9tude des mouvements, plus que l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;un processus d&rsquo;ajustement social, que Schutz propose dans son \u00ab\u00a0Essai de psychologie sociale\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vues sous la lampe des notions d&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 et de familiarit\u00e9 chez l&rsquo;un, de distance et de proximit\u00e9 chez l&rsquo;autre, les deux positions finissent pourtant par se rejoindre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Simmel<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simmel propose une typification dynamique de l&rsquo;\u00e9tranger. Chez lui, la situation est d\u00e9velopp\u00e9e en termes spatiaux, la mobilit\u00e9 d\u00e9finie comme une position formelle. L&rsquo;\u00e9tranger, c&rsquo;est le \u00ab\u00a0voyageur potentiel\u00a0\u00bb. Simmel voit chez le commer\u00e7ant l&rsquo;exemple typique de l&rsquo;\u00e9tranger, car le commer\u00e7ant vient toujours d&rsquo;ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre distance et proximit\u00e9, Simmel d\u00e9finit donc l&rsquo;\u00e9tranger comme un membre appartenant au groupe, mais pas depuis le d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En tant que \u00ab\u00a0newcomer\u00a0\u00bb, l&rsquo;\u00e9tranger est sans histoire du point de vue du groupe. \u00c0 mesure que son mod\u00e8le d&rsquo;interpr\u00e9tation courant devient caduc, il fait l&rsquo;exp\u00e9rience de la relativit\u00e9 de sa \u00ab\u00a0pens\u00e9e ordinaire\u00a0\u00bb. Ne partageant pas les pr\u00e9suppos\u00e9s fondamentaux, il doit questionner tous les allants de soi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En tant que membre potentiel, il est \u00e0 la recherche de ce statut qu&rsquo;offre le mod\u00e8le culturel, et qui permet de l&rsquo;interpr\u00e9ter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec l&rsquo;\u00e9tranger note Simmel, le sentiment d&rsquo;appartenance s&rsquo;effectue avec le groupe selon des caract\u00e9ristiques plus g\u00e9n\u00e9rales, qui d\u00e9notent une nature plus abstraite des rapports.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simmel reconnait une forme d&rsquo;objectivit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger dans cette combinaison particuli\u00e8re de distance et de proximit\u00e9 : l&rsquo;\u00e9tranger n&rsquo;appartient pas \u00e0 ce r\u00e9seau si dense d&rsquo;interd\u00e9pendances et de tradition qui forme la soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il d\u00e9couvre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Schutz<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Schutz pose la situation de l&rsquo;\u00e9tranger comme une \u00ab\u00a0situation typique dans laquelle (il)se trouve lorsqu&rsquo;il tente d&rsquo;interpr\u00e9ter le mod\u00e8le culturel d&rsquo;un groupe nouveau et de s&rsquo;orienter \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de celui-ci\u00a0\u00bb (p.217).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En questionnant cette situation d&rsquo;approche qui pr\u00e9c\u00e8de tout ajustement social, il pr\u00e9cise n\u00e9anmoins que la situation sociale exemplaire de l&rsquo;immigr\u00e9 ne limite pas l&rsquo;analyse \u00e0 ce cas particulier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Schutz parle de \u00ab\u00a0recettes\u00a0\u00bb que d\u00e9tiennent les membres d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 pour communiquer dans le mod\u00e8le culturel d&rsquo;appartenance, et que l&rsquo;\u00e9tranger doit sans cesse questionner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il voit l&rsquo;objectivit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tranger dans son attitude critique, qui lui vient plus, pr\u00e9cise-t-il, de son besoin d&rsquo;acqu\u00e9rir une connaissance \u00ab\u00a0de\u00a0\u00bb que de sa propension \u00e0 juger le nouveau groupe selon le mod\u00e8le culturel qu&rsquo;il apporte dans ses bagages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En effet, \u00e0 la diff\u00e9rence des membres du groupe qui d\u00e9tiennent une connaissance interne des processus culturels dans lesquels ils vivent (connaissance \u00ab\u00a0de\u00a0\u00bb), l&rsquo;\u00e9tranger adopte quant \u00e0 lui un mode de connaissance \u00ab\u00a0sur\u00a0\u00bb, qui lui permet de d\u00e9coder ce que les membres consid\u00e8rent comme acquis et n&rsquo;ont donc pas besoin de questionner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour l&rsquo;\u00e9tranger, le mod\u00e8le culturel n&rsquo;est pas une chance objective de succ\u00e8s, il est une pure opportunit\u00e9 subjective. L&rsquo;\u00e9tranger doit tester le mod\u00e8le culturel pour constater que \u00e7a marche aussi pour lui, comme pour tous les membres de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est significatif de noter que Schutz parle d&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 et de familiarit\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re que Simmel parle de distance et de proximit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voyons dans ces deux points de vue qui s&rsquo;entrechoquent une fa\u00e7on \u00e9minemment riche de poser le probl\u00e8me des mouvements sociaux, tant sur le plan spatial que sur le plan social.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Migrations, processus d&rsquo;ajustement social, int\u00e9gration, assimilation, insertion,&#8230; Autant de th\u00e8mes pouvant \u00eatre enrichis par la situation d\u2019analyseur\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quelques critiques sont n\u00e9anmoins \u00e0 formuler<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Parler d&rsquo;assimilation m\u00e9rite quelque pr\u00e9cision. L&rsquo;assimilation culturelle n&rsquo;est pas l&rsquo;assimilation sociale. Si, par exemple, le mod\u00e8le culturel dominant est parfaitement accept\u00e9 chez les noirs am\u00e9ricains, il n&rsquo;en demeure pas moins que ces derniers subissent toujours des discriminations sociales (voire raciales), et \u00e9conomiques. Il faut donc ici encore insister sur cette situation typique de l&rsquo;\u00e9tranger dont parle Schutz, qui pr\u00e9c\u00e8de toute forme d&rsquo;ajustement social. On dira donc que l&rsquo;\u00e9tranger, dans son travail de \u00ab\u00a0d\u00e9codage\u00a0\u00bb du mod\u00e8le culturel qu&rsquo;il d\u00e9couvre, rend possible une situation nouvelle qui pourra le mener l&rsquo;int\u00e9gration. Nous parlerons alors, non plus seulement en termes de distance\/proximit\u00e9 ou de familiarit\u00e9\/\u00e9tranget\u00e9, mais aussi, et cette fois-ci dans une perspective mettant en jeu la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;accueil, de visibilit\u00e9\/invisibilit\u00e9 des codes culturels ; toute soci\u00e9t\u00e9 fonctionnant peu ou prou surie mode du secret, dans la mesure o\u00f9 les proc\u00e9dures de normalit\u00e9 de l&rsquo;interaction ne sont pas \u00ab\u00a0livr\u00e9es clefs en main\u00a0\u00bb \u00e0 ses acteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;La perception du groupe social nouveau par l&rsquo;\u00e9tranger n&rsquo;est pas une entit\u00e9 \u00ab\u00a0r\u00e9elle\u00a0\u00bb lorsque typifi\u00e9e, elle est d\u00e9gag\u00e9e de son contexte : l&rsquo;\u00e9tranger est en situation de formation et d&rsquo;apprentissage accompagn\u00e9, notamment parle r\u00e9seau d&rsquo;appartenance culturelle qu&rsquo;il int\u00e8gre en arrivant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Enfin, il nous semble que si la seconde g\u00e9n\u00e9ration n&rsquo;a rien ou peu de l&rsquo;\u00e9tranger, il reste qu&rsquo;\u00e0 rapprocher la figure de l&rsquo;\u00e9tranger de la notion de membre, nous obtenons une position essentielle pour saisir les mouvements sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La notion de membre, polys\u00e9mique et non moins ethnom\u00e9thodologique (3), devient alors aussi \u00e9clairante que la figure de l&rsquo;\u00e9tranger pour poser la question des contacts culturels et, plus largement, celle de toute situation d&rsquo;apprentissage (4).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jorge de la BARRE, <\/strong>in PEPS 41&Prime;Les figures de l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb, pp. 7-11<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(1) Pour un exemple concret de ces nouvelles formes d&rsquo;organisation, voir l&rsquo;article de Jean-Luc Dumont &amp; Daniel Curbelo, \u00ab\u00a0Travail social en interface, les projets des associations villageoises en France\u00a0\u00bb, PEPS, 39.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(2) Jean-Michel Berthelot inscrit la figure de l&rsquo;\u00e9tranger dans une tradition sociologique qui d\u00e9finit le r\u00f4le de l&rsquo;autre comme fondamental dans la connaissance du social. \u00c0 ce titre, l&rsquo;\u00e9tranger est la figure du XX\u00e8me si\u00e8cle qui nous permet d&rsquo;interroger l&rsquo;arbitraire des mani\u00e8res d&rsquo;\u00eatre et de faire des membres d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9, tout comme le furent en leurs temps, le prol\u00e9taire du XlX\u00e8me si\u00e8cle, ou le sauvage du XVlll\u00e8me (qui revient \u00e0 la mode, en ces temps d&rsquo;anniversaire du cinqui\u00e8me centenaire de la d\u00e9couverte de l&rsquo;Am\u00e9rique).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(3) Pour un expos\u00e9 de la notion de membre en ethnom\u00e9thodologie, voir A. Coulon (1987), L&rsquo;Ethnom\u00e9thodologie, Paris, P.U.F., chp. Ill, p. 43.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(4) Pour une analyse plus fine de ce ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;on ne saurait aborder ici, voir l&rsquo;ouvrage de G. Lapassade (1963), L&rsquo;Entr\u00e9e dans la vie, Paris, 10\/18. Qui se passe \u00e9videmment de toute esp\u00e8ce de commentaire.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h1>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>AMSELLE, J.L., 1976, Les migrations africaines, Paris, Masp\u00e9ro.<\/li><li>BERTHELOT, J.M., 1991, La construction de la sociologie, Paris, PUF.<\/li><li>CICOUREL, A.V., 1983, \u00ab\u00a0Vivre dans deux cultures : l&rsquo;exp\u00e9rience quotidienne des travailleurs migrants\u00a0\u00bb, Vivre entre deux cultures, Paris, UNESCO.<\/li><li>JOSEPH, I., 1982, \u00ab\u00a0L&rsquo;analyse de situation dans le courant interactionniste\u00a0\u00bb, Ethnologie Fran\u00e7aise, XII, 2.<\/li><li>JOSEPH, I., 1984, Le passant consid\u00e9rable, essai sur la dispersion de l&rsquo;espace public, Paris, Librairie des M\u00e9ridiens.<\/li><li>KALFLECHE, J.M., 1992, Jonas Savimbi, une autre voie pour l&rsquo;Afrique, Paris, Crit\u00e9rion.<\/li><li>\u00ab\u00a0Les \u00e9trangers en France\u00a0\u00bb, Le Monde Dossiers et documents, F\u00e9vrier 1992.<\/li><li>\u00ab\u00a0Migrations, La plan\u00e8te en courants\u00a0\u00bb, Lib\u00e9ration, suppl\u00e9ment au 22 Juin 1991.<\/li><li>SCHUTZ, A., 1987, \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9tranger, essai de psychologie sociale\u00a0\u00bb, Le chercheur et le quotidien, Paris, M\u00e9ridiens Klincksieck.<\/li><li>SIMMEL, G., \u00ab\u00a0Digressions sur l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb, in Grafmeyer, Y. &amp; Joseph, I. (Pr\u00e9s.), 1979, L&rsquo;Ecole de Chicago, Naissance de l&rsquo;\u00e9cologie urbaine, Paris, Aubier.<\/li><li>STONEQUIST, E., 1961, The marginal man, a study in culture and personality conflict, New York, Russell &amp; Russell.<\/li><li>THOMAS, W.I., \u00ab\u00a0D\u00e9finir la situation\u00a0\u00bb, in Grafmeyer, Y. &amp; Joseph, I.(Pr\u00e9s.), 1979, L&rsquo;Ecole de Chicago, Naissance de l&rsquo;\u00e9cologie urbaine, Paris, Aubier.<\/li><li>\u00ab\u00a0Un entretien avec Samir Amin\u00a0\u00bb, Le Monde, Mardi 26 Mai 1992.<\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La figure de l&rsquo;\u00c9tranger appara\u00eet comme un acteur privil\u00e9gi\u00e9 qui r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;\u00e9paisseur et la sensibilit\u00e9 des \u00ab\u00a0couches culturelles\u00a0\u00bb de notre soci\u00e9t\u00e9 Il y a une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique des mouvements de population qui s&rsquo;inscrit dans une perspective globale d&rsquo;\u00e9tude des mouvements au sens \u00ab\u00a0physique\u00a0\u00bb : mouvements de capitaux, mouvements de main d&rsquo;\u0153uvre. 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