{"id":634,"date":"1993-01-01T23:47:00","date_gmt":"1993-01-01T22:47:00","guid":{"rendered":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/?p=634"},"modified":"2020-06-27T23:50:57","modified_gmt":"2020-06-27T21:50:57","slug":"no-41-developpement-de-foyers-foyers-de-developpement","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/1993\/01\/01\/no-41-developpement-de-foyers-foyers-de-developpement\/","title":{"rendered":"No 41 &#8211; D\u00e9veloppement de foyers, foyers de d\u00e9veloppement"},"content":{"rendered":"\n<p>Les r\u00e9sidents maliens d&rsquo;un foyer Soundiata a Alfortville cr\u00e9ent une association pour g\u00e9rer une s\u00e9rie de projets avec les acteurs locaux et l&rsquo;Etat. Ils n\u00e9gocient leur r\u00f4le de partenaires \u00e0 part enti\u00e8re dans la conduite de ces projets et dans l&rsquo;espace urbain o\u00f9 s&rsquo;inscrit leur existence quotidienne<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;origine d&rsquo;une d\u00e9marche<\/h1>\n\n\n\n<p>En juin 90, le pr\u00e9c\u00e9dent directeur constate que \u00ab\u00a0&#8230;le foyer, par sa situation et sa population croissante g\u00e9n\u00e8re des \u00e9l\u00e9ments qui ne ressemblent plus aux migrants traditionnellement accueillis\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitants du foyer d&rsquo;Alfortville sont, \u00e0 cette \u00e9poque, confront\u00e9s \u00e0 un probl\u00e8me relativement nouveau : la pr\u00e9sence de squatters et trafiquants de drogue sur leur lieu de r\u00e9sidence. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un groupe de jeunes r\u00e9cemment arriv\u00e9s en France qui se trouvent dans une situation marginale (difficult\u00e9s quanta la r\u00e9gularisation de leur s\u00e9jour, ch\u00f4mage, manque de logement). En outre ces jeunes n&rsquo;ont pas les m\u00eames points de rep\u00e8re que leurs a\u00een\u00e9s. Avoir des lieux o\u00f9 pouvoir exprimer leur diff\u00e9rence, \u00e0 distance de leur communaut\u00e9 sans rompre pour autant avec elle, est pour eux une n\u00e9cessit\u00e9 vitale (cela semblait \u00eatre une des raisons du squat de la salle de t\u00e9l\u00e9vision du sous-sol).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un deuxi\u00e8me temps, des personnes n&rsquo;ayant aucun lien familial avec les r\u00e9sidents se sont jointes \u00e0 ce groupe de jeunes. Parmi eux, des sortants de prison, des expuls\u00e9s d&rsquo;autres foyers et squats parisiens \u00e0 la recherche d&rsquo;un lieu d&rsquo;habitation.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des r\u00e9sidents refoulaient les trafiquants vers la selle du sous- sol. D&rsquo;une part ces personnes, consid\u00e9r\u00e9es comme ind\u00e9sirables, n&rsquo;\u00e9taient pas admises dans les chambres, d&rsquo;autre part la communaut\u00e9 ne parvenait pas \u00e0 rompre radicalement avec elles en leur interdisant l&rsquo;entr\u00e9e du foyer. D\u00e9pass\u00e9s par les \u00e9v\u00e8nements, les r\u00e9sidents n&rsquo;\u00e9taient plus capables d&rsquo;assurer une r\u00e9gulation sociale au sein de l&rsquo;institution. Des cloisonnements entre originaires des diff\u00e9rents villages repr\u00e9sent\u00e9s, des replis individuels et tr\u00e8s peu d&rsquo;\u00e9changes sur les nouveaux probl\u00e8mes rencontr\u00e9s, par crainte de d\u00e9bordements, en furent les sympt\u00f4mes.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Une image qui se d\u00e9t\u00e9riore, un d\u00e9sir de s&rsquo;en sortir<\/h1>\n\n\n\n<p>Simultan\u00e9ment, l&rsquo;image du foyer dans la ville s&rsquo;est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e. Le foyer \u00e9tait devenu un lieu d\u00e9sign\u00e9 comme mena\u00e7ant, stigmatis\u00e9 par les habitants du quartier proche, voire par la population alfortvillaise.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sidents ont tr\u00e8s fortement ressenti cette image n\u00e9gative, renvoy\u00e9e par la ville et par la presse locale<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. Ils ont signal\u00e9, \u00e0 plusieurs reprises, cette situation \u00e0 la SOUNDIATA et attendaient de cet organisme et des forces de police, qu&rsquo;ils proc\u00e8dent \u00e0 l&rsquo;expulsion des personnes ind\u00e9sirables. La SOUNDIATA, quant \u00e0 elle, s&rsquo;est heurt\u00e9e \u00e0 d&rsquo;importantes lenteurs administratives.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre juin et juillet 90, des interventions du commissariat d&rsquo;Alfortville et de la brigade des stup\u00e9fiants du Val de Marne ont lieu, suivies de garde \u00e0 vue et d&#8217;emprisonnement pour certains. La salle de t\u00e9l\u00e9vision est aussit\u00f4t mur\u00e9e par la SOUNDIATA.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces actions ont paru apporter le calme souhait\u00e9, donnant aux r\u00e9sidents une lueur d&rsquo;espoir et r\u00e9tablissant, en partie, la confiance envers l&rsquo;organisme gestionnaire et les forces de police, mais elles ne constituaient, en fait, qu&rsquo;une r\u00e9ponse fragile \u00e0 la situation. En effet, les interventions de la police ne permettaient qu&rsquo;une \u00e9volution provisoire et ne pouvaient r\u00e9soudre, elles seules, tous les probl\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, entre les mois d&rsquo;ao\u00fbt et de novembre 90, la situation redevient difficile : des squatters et trafiquants de drogue recommencent au foyer une escalade de violence (agression d&rsquo;un agent d&rsquo;entretien, vols, actes de vandalisme, occupation du logement de fonction d\u00e9saffect\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p>Il fallait donc mener une action en profondeur permettant de trouver des solutions durables et pour y parvenir, faire un d&rsquo;abord un bilan de la situation.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">N\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un diagnostic social au foyer<\/h1>\n\n\n\n<p>L&rsquo;objectif consistait \u00e0 identifier la r\u00e9alit\u00e9 socioculturelle des populations h\u00e9berg\u00e9es avec leurs difficult\u00e9s de vie et leurs richesses<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>, puis \u00e0 mettre en valeur ces derni\u00e8res en les mobilisant autour d&rsquo;actions concr\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet effet, les r\u00e9sidents du foyer devaient \u00eatre impliqu\u00e9s dans toute \u00e9tude, conception et r\u00e9alisation de projets les concernant, en tenant compte et en associant au maximum les r\u00e9seaux sociaux existants dans le foyer : \u00ab\u00a0L&rsquo;insertion et le d\u00e9veloppement d&rsquo;un foyer ne se r\u00e9alisent pas en vase clos : la pratique partenariale est essentielle comme ferment et catalyseur (&#8230;) L&rsquo;insertion et le d\u00e9veloppement demandent l&rsquo;action participative et innovante des b\u00e9n\u00e9ficiaires ; ils en sont collectivement capables (&#8230;) leur champ d&rsquo;action est habituellement plus large que celui des partenaires officiels : il recouvre les \u00ab\u00a0fr\u00e8res\u00a0\u00bb (surnum\u00e9raires), les familles et le village natal\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de pr\u00e9parer la mise en place d&rsquo;un nouveau dispositif, des rencontres ont lieu, \u00e0 plusieurs reprises, entre le Comit\u00e9 des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, le Conseil des Sages et le directeur du foyer (octobre-d\u00e9cembre 90). A la suite de ces r\u00e9unions de r\u00e9flexion, les participants d\u00e9cident, ensemble, de cr\u00e9er deux groupes de travail :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>une Commission de s\u00e9curit\u00e9<\/li><li>une Commission de r\u00e9flexion sur la vie associative<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Des repr\u00e9sentants de regroupements communautaires et d&rsquo;associations villageoises du foyer sont d\u00e9sign\u00e9s parles r\u00e9sidents pour faire partie de ces groupes. Les premi\u00e8res r\u00e9unions de la commission de r\u00e9flexion se succ\u00e8dent et permettent la r\u00e9alisation du diagnostic social entre janvier et mai 91<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait souligner, par l\u00e0-m\u00eame, la n\u00e9cessit\u00e9 de mener une action sociale de type collectif, celle-ci pouvant s&rsquo;appuyer sur un dispositif permettant un travail de pr\u00e9vention et d&rsquo;animation au sein du foyer<\/p>\n\n\n\n<p>Dispositif d&rsquo;action sociale dans le foyer Ce dispositif devait \u00e9galement associer les r\u00e9sidents et assurer la mise en place d&rsquo;une action sociale selon trois axes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>s\u00e9curit\u00e9 des personnes et des locaux<\/li><li>am\u00e9lioration du climat interne<\/li><li>promotion de l&rsquo;image du foyer dans la ville<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>II s&rsquo;agissait en m\u00eame temps de r\u00e9tablir une r\u00e9gulation sociale interne et d&rsquo;assurer l&rsquo;int\u00e9gration du foyer au niveau local, rompant ainsi avec une sorte d&rsquo;extraterritorialit\u00e9 accrue depuis la fin des ann\u00e9es 70. Il ne fallait pas oublier non plus que si les probl\u00e8mes de toxicomanie et de d\u00e9linquance \u00e9taient apparus, c&rsquo;\u00e9tait aussi \u00e0 cause d&rsquo;une augmentation des handicaps sociaux (ch\u00f4mage, manque de logement, exclusion, perte d&rsquo;identit\u00e9&#8230;) pour une fraction de la population r\u00e9sidente. La d\u00e9marche avait comme r\u00e9f\u00e9rence ce qu&rsquo;on appelle aujourd&rsquo;hui dans le domaine du travail social, les interventions sociales d&rsquo;int\u00e9r\u00eat collectif et le d\u00e9veloppement social<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>, elle se fondait sur les principes suivants :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Ne pas r\u00e9duire l&rsquo;action sociale \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration du confort et du cadre b\u00e2ti, m\u00eame si ces am\u00e9liorations sont n\u00e9cessaires<\/li><li>Pas de r\u00e9ponses toutes faites : plut\u00f4t que d&rsquo;apporter des r\u00e9ponses \u00e0 des besoins signal\u00e9s, \u00e9valuer les probl\u00e8mes des gens concern\u00e9s, mais aussi leurs ressources en termes de savoirs de savoir-faire et de savoir-\u00eatre. C&rsquo;est seulement en favorisant les capacit\u00e9s d&rsquo;expression, d&rsquo;initiative, d&rsquo;organisation d&rsquo;une population, qu&rsquo;une intervention sociale peut, nous semble-t-il, s&rsquo;inscrire dans un processus de changement.<\/li><li>Rompre avec toute logique r\u00e9paratrice ayant l&rsquo;intention d&rsquo;imposer des mod\u00e8les pr\u00e9construits <a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>.<\/li><li>Partir des dynamismes propres aux r\u00e9sidents et provoquer progressivement des ouvertures, notamment au niveau local (associations, travailleurs sociaux, municipalit\u00e9) cherchant \u00e0 cr\u00e9er ou retrouver des liens entre les personnes et \u00e0 op\u00e9rer des d\u00e9cloisonnements au niveau institutionnel.<\/li><li>Trouver des points d&rsquo;articulation entre le domaine de l&rsquo;int\u00e9gration en France et celui du d\u00e9veloppement dans le pays d&rsquo;origine. Ces deux domaines apparaissent compl\u00e9mentaires pour la revitalisation des r\u00e9seaux de solidarit\u00e9s.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9soudre des probl\u00e8mes internes<\/h1>\n\n\n\n<p>Par la suite, la Commission de r\u00e9flexion se transforme progressivement en \u00ab\u00a0Commission de la Vie Associative\u00a0\u00bb (juin 91) et r\u00e9alise plusieurs animations \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du foyer. A partir d&rsquo;octobre, celle-ci d\u00e9cide d&rsquo;\u00e9largir ses activit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du cercle des ressortissants maliens : participation au Forum des associations d&rsquo;Alfortville, Journ\u00e9e Tiers Monde. En 92, la C.V.A., conjointement avec le Conseil des Sages et le Comit\u00e9 des D\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, provoque une, mobilisation encore plus large du foyer.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mobilisation, r\u00e9alis\u00e9e en collaboration avec l&rsquo;organisme gestionnaire, des associations locales, le commissariat, le service des ilotiers et la municipalit\u00e9 d&rsquo;Alfortville, permet enfin la r\u00e9solution des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la drogue (mai-juin 92)<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Op\u00e9rations \u00ab\u00a0foyer portes ouvertes\u00a0\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>La C.V.A. s&rsquo;approprie la totalit\u00e9 du diagnostic et met en place, avec l&rsquo;appui d&rsquo;un r\u00e9seau partenarial, un dispositif provoquant la constitution d&rsquo;autres commissions et groupes de r\u00e9sidents : atelier d&rsquo;\u00e9criture, troupe de musique, \u00e9quipe de football, commission sant\u00e9, tout en dynamisant leurs actions.<\/p>\n\n\n\n<p>En juillet 92, une premi\u00e8re journ\u00e9e portes ouvertes a lieu sous l&rsquo;appellation : \u00ab\u00a0Regards crois\u00e9s sur les r\u00e9alit\u00e9s\u00a0\u00bb. Plus de 80 invit\u00e9s y ont particip\u00e9 (associations locales, travailleurs sociaux, dirigeants d&rsquo;associations, gestionnaires de foyers, chef de projet D.S.U. d&rsquo;Alfortville, repr\u00e9sentants de la municipalit\u00e9, du d\u00e9partement, du clerg\u00e9 local, du Minist\u00e8re des Affaires sociales et de l&rsquo;Int\u00e9gration, du service d&rsquo;ilotiers).<\/p>\n\n\n\n<p>Le but de cette op\u00e9ration \u00e9tait de faire conna\u00eetre les aspects occult\u00e9s de la vie sociale et culturelle des habitants du foyer, pour am\u00e9liorer leur image et retisser des liens avec les autres alfortvillais.<\/p>\n\n\n\n<p>De multiples contacts se poursuivent avec des r\u00e9pr\u00e9sentants de la municipalit\u00e9, des associations locales, des travailleurs sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>En octobre 92, a lieu une deuxi\u00e8me grande action d&rsquo;ouverture : \u00ab\u00a0le Mali si lointain et pourtant si proche\u00a0\u00bb, cette fois dans une salle municipale. Cette journ\u00e9e est organis\u00e9e par la C.V.A. en partenariat avec les associations locales et la participation active de la municipalit\u00e9. Environ 200 personnes, pour la plupart des alfortvillais, y assistent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour l&rsquo;int\u00e9gration du foyer dans les politiques sociales urbaines<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce processus aboutit, en d\u00e9cembre 1992, \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un programme d&rsquo;actions et \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une association franco-malienne de d\u00e9veloppement<a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a> qui inscrit ses projets dans le cadre du d\u00e9veloppement social urbain local et dans la perspective des r\u00e9centes politiques des organismes gestionnaires de foyer (convention C.I.V.-U.N.A.F.O.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Directeur de foyer : des fonctions diff\u00e9rentes pour une autre gestion sociale des foyers<\/h2>\n\n\n\n<p>Le travail social -autre que celui d&rsquo;offrir un toit- a donc toujours \u00e9t\u00e9 aussi l&rsquo;une des missions des directeurs de foyers<a href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>. De plus, comme on peut le constater dans toute forme d&rsquo;h\u00e9bergement \u00e0 caract\u00e8re social, les probl\u00e8mes des r\u00e9sidents se r\u00e9percutent directement sur la gestion de l&rsquo;habitat (accroissement d&rsquo;impay\u00e9s individuels, abandon du b\u00e2ti, vandalisme, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pourquoi, un document officiel de la Soundiata stipule que si le directeur du foyer assume des t\u00e2ches administratives, comptables, techniques li\u00e9es au b\u00e2ti, au suivi du personnel d&rsquo;entretien et de m\u00e9nage, il a \u00e9galement des fonctions d&rsquo;animateur au sein de l&rsquo;\u00e9tablissement<a href=\"#_ftn11\">[11]<\/a> :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab\u00a0Relation avec les r\u00e9sidents<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>information g\u00e9n\u00e9rale aupr\u00e8s des r\u00e9sidents sur l&rsquo;organisation de la vie du foyer et de l&rsquo;environnement.<\/li><li>organisation de r\u00e9unions avec les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du foyer et les r\u00e9sidents<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Actions culturelles :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>assurer et faire assurer la r\u00e9ponse en mati\u00e8re d&rsquo;assistance m\u00e9dicale, sociale, administrative<\/li><li>proposer et accueillir des activit\u00e9s d&rsquo;animation dans le foyer\u00a0\u00bb<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Malheureusement le directeur de foyer, dans la plupart des associations gestionnaires, est souvent d\u00e9bord\u00e9 par des t\u00e2ches administratives et ne peut, en cons\u00e9quence, consacrer suffisamment de temps au social. Il appara\u00eet donc n\u00e9cessaire de r\u00e9viser les fonctions du directeur de foyer, dans la mesure o\u00f9 -\u00e0 Alfortville comme ailleurs-la situation r\u00e9clame des formes d&rsquo;intervention allant au-del\u00e0 de l&rsquo;aide individuelle (remplir des formulaires, donner des informations, orienter au coup par coup) et des contacts intermittents avec les repr\u00e9sentants des r\u00e9sidents.<\/p>\n\n\n\n<p>La mission du directeur de foyer peut se r\u00e9sumer selon deux axes principaux :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>conduire des exp\u00e9riences pilotes pour mettre en coh\u00e9rence r\u00e9alit\u00e9s du terrain, actions men\u00e9es et l&rsquo;esprit du discours institutionnel, afin de contribuer \u00e0 la r\u00e9alisation du \u00ab\u00a0projet social de l&rsquo;association\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>.<\/li><li>d\u00e9velopper des \u00e9changes entre gestionnaires et r\u00e9sidents dans la perspective d&rsquo;une action en partenariat. D&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de responsabiliser les r\u00e9sidents en leur permettant de participer \u00e0 cette gestion en se constituant en commissions ayant un r\u00f4le social dans le foyer (pour la vie associative, la s\u00e9curit\u00e9, la sant\u00e9&#8230;).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ces deux axes sont fortement li\u00e9s l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre et impliquent, nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9, une red\u00e9finition des fonctions du directeur de foyer plut\u00f4t con\u00e7u comme un animateur et un \u00ab\u00a0m\u00e9diateur culturel\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Daniel Curbelo et J.L. Dumont.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> \u00c9l\u00e9ments d&rsquo;informations sur le foyer d&rsquo;Alfortville, rapport de Xavier Souillard, 1990.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> cf l&rsquo;article du Parisien lib\u00e9r\u00e9, \u00e9dition du Val de Marne, 13 mai 1992.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Le diagnostic a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par un ensemble d&rsquo;acteurs locaux avec les moyens suivants :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Construction d&rsquo;une grille d&rsquo;entretien semi-directif<\/li><li>Mise en place d&rsquo;un groupe de travail :\u00a0\u00bbla commission de r\u00e9flexion sur la vie associative\u00a0\u00bb<\/li><li>Animation et enregistrement de r\u00e9unions de ce groupe, analyse, restitution d&rsquo;informations et analyse post\u00e9rieure (une dizaine de r\u00e9unions) -cinq interviews (individus et petits groupes) aupr\u00e8s de membres d&rsquo;associations du foyer<\/li><li>Une quinzaine d&rsquo;interviews exploratoires aupr\u00e8s de dirigeants d&rsquo;associations villageoises et culturelles africaines d&rsquo;autres foyers ont servi \u00e0 m\u00fbrir la r\u00e9flexion<\/li><li>Des \u00e9changes officieux avec des coll\u00e8gues directeurs de foyer et avec des assistantes sociales et membres d&rsquo;associations locales ont aussi fourni de pr\u00e9cieux renseignements.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> M. Fievet (charg\u00e9 de mission, UNAFO) : Actions dans un foyer-dortoir d&rsquo;lle de France, rapport surie foyer d&rsquo;Alfortville, juillet 92.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> cf Daniel Curbelo et Commission de r\u00e9flexion sur la vie associative, \u00ab\u00a0Exploration- diagnostic et bases pour un programme d&rsquo;actions \u00ab\u00a0Alfortville, Juin 91.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Ce type de d\u00e9marche est reconnue dans les op\u00e9rations de DSQ, DSU, ainsi que dans le cadre de l&rsquo;action r\u00e9alis\u00e9e par des services sociaux tels que CCAS, SSAE, Centres sociaux, mais on ne tonnait pas ce genre d&rsquo;intervention au sein des foyers de travailleurs migrants ; il faudrait inventer la notion de \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement social des foyers\u00a0\u00bb int\u00e9grable dans celle de DSU.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> cf D. Curbelo, J.L. Dumont, Travail social en interface, PEPS n\u00b0 39, avril-juin 1992, pp. 37-42.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> cf chapitre \u00ab\u00a0Bilan des actions r\u00e9alis\u00e9es\u00a0\u00bb, in : Rapport sur le foyer Soundiata d&rsquo;Alfortville, jan. 93, pp.38, 39 .<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> Voir le r\u00f4le central qu&rsquo;elle joue (sch\u00e9ma du \u00ab\u00a0dispositif global, in Rapport, op.cit, p.95)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> L&rsquo;article n\u00b02, pr\u00e9cisant les objectifs de l&rsquo;association Soundiata, stipule : \u00ab\u00a0Aider les travailleurs immigr\u00e9s Africains durant leur s\u00e9jour en France en s&rsquo;effor\u00e7ant de r\u00e9pondre \u00e0 leurs besoins les plus urgents en mati\u00e8re de travail, logement, sant\u00e9, alphab\u00e9tisation, promotion sociale et humaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> cf. l&rsquo;article de Xavier Vandr\u00f4me : \u00ab\u00a0Vieillir immigr\u00e9 en foyer\u00a0\u00bb, qui abonde dans notre sens : \u00ab\u00a0PEPS, n\u00b0 41, mars 1994.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> \u00ab\u00a0Le Conseil d&rsquo;Administration de la Soundiata a souhait\u00e9 que le point soit fait sur l&rsquo;ensemble des activit\u00e9s sociales qui se d\u00e9roulent dans les foyers(&#8230;) L&rsquo;objectif est d&rsquo;engager une r\u00e9flexion sur le projet social de l&rsquo;association en compl\u00e9ment de l&rsquo;aide prioritaire que reste le logement des isol\u00e9s en R\u00e9gion parisienne\u00a0\u00bb, Note de service \u00e0 l&rsquo;encadrement du 8\/6\/1988.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> \u00ab\u00a0Le r\u00f4le du directeur de foyer se situe de plus en plus dans celui de la m\u00e9diation entre les r\u00e9sidents et l&rsquo;environnement de proximit\u00e9 \u00e0 partir et avec des personnalit\u00e9s et des organisations locales rep\u00e9r\u00e9es et connues\u00a0\u00bb: M. Fievet, op.cit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les r\u00e9sidents maliens d&rsquo;un foyer Soundiata a Alfortville cr\u00e9ent une association pour g\u00e9rer une s\u00e9rie de projets avec les acteurs locaux et l&rsquo;Etat. Ils n\u00e9gocient leur r\u00f4le de partenaires \u00e0 part enti\u00e8re dans la conduite de ces projets et dans l&rsquo;espace urbain o\u00f9 s&rsquo;inscrit leur existence quotidienne[1]. L&rsquo;origine d&rsquo;une d\u00e9marche En juin 90, le pr\u00e9c\u00e9dent &#8230; <a title=\"No 41 &#8211; D\u00e9veloppement de foyers, foyers de d\u00e9veloppement\" class=\"read-more\" href=\"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/1993\/01\/01\/no-41-developpement-de-foyers-foyers-de-developpement\/\" aria-label=\"En savoir plus sur No 41 &#8211; D\u00e9veloppement de foyers, foyers de d\u00e9veloppement\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[82],"tags":[97,94],"ppma_author":[96,47],"class_list":["post-634","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-no-41-les-figures-de-linsertion","tag-insertion","tag-logement"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"authors":[{"term_id":96,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"daniel-curbelo","display_name":"Daniel Curbelo","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&r=g","1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""},{"term_id":47,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"jean-luc-dumont","display_name":"Jean Luc Dumont","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&r=g","1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""}],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/634","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=634"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/634\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":635,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/634\/revisions\/635"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=634"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=634"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=634"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=634"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}