{"id":650,"date":"1993-01-01T11:11:00","date_gmt":"1993-01-01T10:11:00","guid":{"rendered":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/?p=650"},"modified":"2020-06-30T11:11:51","modified_gmt":"2020-06-30T09:11:51","slug":"no-41-entre-integration-et-retour","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/1993\/01\/01\/no-41-entre-integration-et-retour\/","title":{"rendered":"No 41 &#8211; Entre int\u00e9gration et retour"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L&rsquo;accompagnement social des \u00e9trangers en France, quelle alternative, quelles m\u00e9thodes ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab\u00a0Tout homme ou femme sur cette terre peut se sentir immigr\u00e9, car il a quitt\u00e9 des lieux, des gens, des sensations, un monde, celui de son enfance, qu&rsquo;il ne retrouvera plus jamais\u00a0\u00bb Joseph Brodsky, po\u00e8te russe devenu citoyen am\u00e9ricain<\/p><p>Le retour des immigr\u00e9s dans leur soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;origine est- il pensable ? Mais ne signifie-t-il pas, dans ce cas, \u00e9chec de l&rsquo;int\u00e9gration dans le pays d&rsquo;accueil ? Les deux termes sont-ils irr\u00e9ductibles, ou bien faut-il les comprendre l&rsquo;un et l&rsquo;autre comme les deux faces d&rsquo;une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 ? Ce qui nous inciterait plut\u00f4t \u00e0 \u00e9laborer une conception autre de l&rsquo;accompagnement social des \u00e9trangers r\u00e9sidant en France ?<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9veloppement de l&rsquo;immigration familiale et l&rsquo;arriv\u00e9e progressive, sur le march\u00e9 du travail, des \u00e9pouses et enfants de migrants ont consolid\u00e9, ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, la tendance \u00e0 la stabilisation et \u00e0 l&rsquo;autonomisation du ph\u00e9nom\u00e8ne : installation permanente de communaut\u00e9s, bien qu&rsquo;elles aient \u00e9t\u00e9 durement touch\u00e9es par la crise (1) et malgr\u00e9 les pressions du pouvoir politique et de l&rsquo;opinion publique (licenciements, incitations au retour depuis 77, expulsions jusqu&rsquo;en 81 et apr\u00e8s 85, restriction des groupements familiaux en 84, etc.). Ces mesures pour lutter contre la stabilisation de l&rsquo;immigration ainsi que la vague de x\u00e9nophobie enregistr\u00e9e depuis quelques ann\u00e9es, ont vis\u00e9 tout particuli\u00e8rement les \u00e9trangers originaires des pays du Maghreb et de l&rsquo;Afrique Noire dont les effectifs augmentent, cependant, r\u00e9guli\u00e8rement. (2)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">UNE INTEGRATION PROBLEMATIQUE<\/h2>\n\n\n\n<p>Le nombre d&rsquo;ouvrages et d&rsquo;articles traitant, ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, des populations immigr\u00e9es en France et des difficult\u00e9s qu&rsquo;elles rencontrent (pour trouver du travail, un logement, avoir une scolarit\u00e9 normale etc.) est impressionnant \u00e0 tel point que l&rsquo;on doit se demander si cet apport consid\u00e9rable d&rsquo;informations a permis d&rsquo;y voir plus clair et de mettre en \u0153uvre des solutions ad\u00e9quates. On ne peut, malheureusement, que faire le constat suivant : malgr\u00e9 l&rsquo;effort de sensibilisation aupr\u00e8s de la population d&rsquo;accueil, les difficult\u00e9s demeurent et s&rsquo;aggravent m\u00eame. les informations diffus\u00e9es ont paradoxalement eu pour effet d&rsquo;offrir \u00e0 l&rsquo;opinion publique les immigr\u00e9s comme probl\u00e8me, enfermant ceux-ci dans un cercle vicieux (immigration = probl\u00e8me).<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;accoutumance \u00e0 une telle repr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9ralisante des faits est rapide parce que pratique et l&rsquo;on finit par vivre avec ce \u00ab\u00a0probl\u00e8me\u00a0\u00bb vide de sens et, en quelque sorte, banalis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, la politisation du \u00ab\u00a0probl\u00e8me immigr\u00e9\u00a0\u00bb a contribu\u00e9 \u00e0 donner \u00e0 celui-ci un contenu en le liant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du ch\u00f4mage, de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, de la \u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb en g\u00e9n\u00e9ral et en posant la question de savoir jusqu&rsquo;\u00e0 quel \u00ab\u00a0seuil\u00a0\u00bb les immigr\u00e9s \u00e9taient tol\u00e9rables en France. Une cons\u00e9quence en a \u00e9t\u00e9 le renforcement de leur exclusion en les caract\u00e9risant soit comme relevant d&rsquo;une gestion \u00e0 part et d&rsquo;une assistance sp\u00e9cifique en marge des solidarit\u00e9s sociales, soit comme une menace pour la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise (son \u00e9conomie, ses valeurs).<\/p>\n\n\n\n<p>Entre l&rsquo;euph\u00e9misme (3) qui \u00e9vacue les v\u00e9ritables questions (de droit particuli\u00e8rement) et la caricature qui les d\u00e9signe comme ind\u00e9sirables et de trop dans notre soci\u00e9t\u00e9, les immigr\u00e9s se voient pratiquement contester, aujourd&rsquo;hui, la possibilit\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9elle int\u00e9gration (incitations au retour, tracasseries<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">UN ETAT DE PRECARITE PERMANENT<\/h2>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il convient de souligner ces faits comme graves, il est d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire d&rsquo;en rechercher le sens : le \u00ab\u00a0probl\u00e8me\u00a0\u00bb est-il l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on veut le situer, est-il celui des immigr\u00e9s en France ou, dans la perspective inverse, celui de la France ? Comme l&rsquo;\u00e9crit A. Sayad : \u00ab\u00a0Alors que chaque soci\u00e9t\u00e9 croit traiter des autres et de leurs probl\u00e8mes (&#8230;), alors qu&rsquo;elle feint de \u00ab\u00a0sortir d&rsquo;elle-m\u00eame\u00a0\u00bb, elle ne se pose en r\u00e9alit\u00e9 que les probl\u00e8mes qui sont les siens.\u00a0\u00bb (4)<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le repli communautaire peut ainsi \u00eatre expliqu\u00e9 \u00e0 la fois comme un m\u00e9canisme de d\u00e9fense des immigr\u00e9s contre leur propre angoisse au terme d&rsquo;un itin\u00e9raire qui ne les a men\u00e9s nulle part(5) et contre les agressions dont ils sont l&rsquo;objet de la part d&rsquo;une fraction de la population fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 de la situation immigr\u00e9e doit \u00eatre \u00e9galement d\u00e9crite comme l&rsquo;effet d&rsquo;une \u00ab\u00a0illusion collective\u00a0\u00bb entretenue par tous \u00ab\u00a0d&rsquo;un \u00e9tat qui n&rsquo;est ni provisoire ni permanent, ou, ce qui revient au m\u00eame, d&rsquo;un \u00e9tat qui n&rsquo;est admis, tant\u00f4t comme provisoire (en droit) qu&rsquo;\u00e0 la condition que ce provisoire puisse durer ind\u00e9finiment et, tant\u00f4t, comme d\u00e9finitif (en fait) qu&rsquo;\u00e0 la condition que ce \u00ab\u00a0d\u00e9finitif&rsquo; ne soit jamais \u00e9nonc\u00e9 comme tel\u00a0\u00bb. (6)<\/p>\n\n\n\n<p>Cette double contradiction, a \u00e9t\u00e9, de fait, int\u00e9rioris\u00e9e comme un mod\u00e8le d&rsquo;adaptation (ou d&rsquo;inadaptation, par exemple, la question du logement aujourd&rsquo;hui) offrant du moins un \u00e9quilibre pr\u00e9caire, peu tol\u00e9rable, mais chronique. Cette contradiction, l&rsquo;immigr\u00e9 l&rsquo;a faite sienne et la rationalise. Comment pourrait-il, d&rsquo;ailleurs, faire autrement puisque le paradoxe de son existence m\u00eame est de ne pas avoir de place et pourtant d&rsquo;\u00eatre l\u00e0 ? L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;alternance, dans lequel les immigr\u00e9s se trouvent, ne leur offre, de prime abord, qu&rsquo;une issue : la consolidation de relations communautaires sur la base d&rsquo;une reconstitution de leur culture originale. Cette strat\u00e9gie, outre qu&rsquo;elle leur garantit une certaine s\u00e9curit\u00e9 mat\u00e9rielle et affective, appara\u00eet aussi, parfois, comme une tentative pour r\u00e9aliser (de fa\u00e7on fantasmatique) ce retour impossible \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un espace marginalis\u00e9 et, de ce fait, \u00e9galement en rupture avec la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;origine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">QUELLE ISSUE ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Que dire alors quand s&rsquo;\u00e9labore, se d\u00e9cide un projet de retour au pays ? Quelles sont les causes de ce projet ? une r\u00e9ussite \u00e9conomique permettant de revenir avec un statut social valoris\u00e9, une s\u00e9curit\u00e9 mat\u00e9rielle et financi\u00e8re ou l&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;une int\u00e9gration qui engage une personne \u00e0 partir ?<\/p>\n\n\n\n<p>Partir vivre ailleurs correspond au d\u00e9sir de mieux vivre et, pour justifier ce choix, il faut r\u00e9ussir, (on connait l&rsquo;immigr\u00e9 en vacances charg\u00e9 de cadeaux et donnant l&rsquo;illusion d&rsquo;avoir r\u00e9ussi.). L&rsquo;acte d&rsquo;\u00e9migrer \u00e9quivaut aussi \u00e0 une critique formul\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du pays d&rsquo;origine. L&rsquo;\u00e9migr\u00e9 cherche autre part ce qu&rsquo;il ne peut trouver chez lui ; il part \u00e0 la conqu\u00eate d&rsquo;un mieux r\u00e9el ou id\u00e9alis\u00e9. La fa\u00e7on dont il va \u00eatre accueilli, sa capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation, l&rsquo;image positive ou n\u00e9gative qui lui est renvoy\u00e9 (incompr\u00e9hension, racisme, etc.) va donc jouer sur la dur\u00e9e et la r\u00e9ussite de son implantation<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments rentrent aussi en ligne de compte : l&rsquo;\u00e2ge, le sexe du migrant, sa situation familiale, le temps d&rsquo;immigration, les liens maintenus l\u00e0-bas (concr\u00e9tis\u00e9s par les allers-retours et le sentiment qu&rsquo;on a toujours une place au pays).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est s\u00fbr, c&rsquo;est que le retour reste une \u00e9ventualit\u00e9 permanente, car l&rsquo;attachement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;origine est fort et les conditions de vie difficiles qui leur sont faites am\u00e8nent les immigr\u00e9s \u00e0 d\u00e9sirer ce retour, m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;av\u00e8re irr\u00e9alisable. Dans de nombreux cas, cette perspective est \u00e9voqu\u00e9e dans un avenir plus ou moins lointain et incertain : \u00ab\u00a0quand les enfants auront termin\u00e9 leurs \u00e9tudes\u00a0\u00bb ou bien \u00ab\u00a0\u00e0 la retraite\u00a0\u00bb. On peut se demander avec H. Le Masne, au sujet des immigr\u00e9s Alg\u00e9riens, \u00a0\u00bb s&rsquo;ils ont voulu v\u00e9ritablement formuler des projets de retour, au sens pr\u00e9cis du terme, ou simplement exprimer leur aspiration \u00e0 regagner le Pays\u00a0\u00bb(7)<\/p>\n\n\n\n<p>Raisonner \u00e0 partir de ces deux extr\u00eames n&rsquo;est pas suffisant, il faut consid\u00e9rer les itin\u00e9raires individuels, les attitudes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du pays d&rsquo;origine et du pays d&rsquo;accueil des personnes se situant dans une probl\u00e9matique de retour, sans oublier le contexte \u00e9conomique et socioculturel dans lequel cette probl\u00e9matique s&rsquo;inscrit. En effet, le d\u00e9part du pays d&rsquo;origine implique que l&rsquo;on quitte une communaut\u00e9, des parents, une place reconnue. Ce d\u00e9part est souvent accompagn\u00e9 de culpabilit\u00e9 par rapport \u00e0 ceux qui sont rest\u00e9s, aux proches. Le maintien des liens en particulier avec la famille, le besoin de l&rsquo;aider financi\u00e8rement. Le r\u00f4le de soutien n&rsquo;efface pas toujours ce sentiment d&rsquo;avoir \u00ab\u00a0abandonn\u00e9\u00a0\u00bb les siens. Un projet de retour, s&rsquo;il se r\u00e9alise doit s&rsquo;inscrire dans un cycle, une \u00e9tape de vie.: deux femmes projettent le retour \u00e0 la retraite du mari ou du couple : \u00ab\u00a0Nous attendons notre retraite pour repartir dans notre village o\u00f9 nous avons construit une tr\u00e8s belle maison\u00a0\u00bb(8).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">LES OBSTACLES AU RETOUR<\/h2>\n\n\n\n<p>En outre, le d\u00e9veloppement du sous-d\u00e9veloppement des pays du Tiers-Monde (qui subit actuellement les contrecoups de la crise des nations industrialis\u00e9es dont leur \u00e9conomie est d\u00e9pendante) suscite -selon la logique m\u00eame du d\u00e9veloppement in\u00e9gal-des migrations vers l&rsquo;Europe. Ces pays \u00ab\u00a0de la p\u00e9riph\u00e9rie\u00a0\u00bb se trouvent \u00e9galement dans l&rsquo;incapacit\u00e9 d&rsquo;assumer le retour en nombre de leurs migrants faute d&rsquo;infrastructures locales cr\u00e9atrices d&#8217;emplois. Par ailleurs, le niveau peu \u00e9lev\u00e9 de qualification professionnelle auquel ils ont \u00e9t\u00e9 maintenus, ne permet pas aux travailleurs immigr\u00e9s de se r\u00e9ins\u00e9rer convenablement dans leur soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;origine : c&rsquo;est le cas des Alg\u00e9riens qui devront, s&rsquo;ils rentrent, retrouver un emploi, un logement dans une ville (de paysans, ils sont devenus citadins).<\/p>\n\n\n\n<p>Ils ont \u00e9galement pris \u00ab\u00a0l&rsquo;habitude de la France\u00a0\u00bb, habitudes de consommation et d&rsquo;une certaine libert\u00e9\u00a0\u00bb, gain appr\u00e9ciable par rapport \u00e0 la tradition v\u00e9cue comme contraignante et \u00e0 laquelle ils pensent \u00e9chapper \u00ab\u00a0ici\u00a0\u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, les choses sont plus complexes : leur souci de libert\u00e9 s&rsquo;accommode souvent de la reproduction, au sein de leur communaut\u00e9, des r\u00e8gles les plus rigides de cette tradition, cependant qu&rsquo;ils regrettent que le pays n&rsquo;y soit plus conforme, qu&rsquo;il ait \u00ab\u00a0\u00e9volu\u00e9\u00a0\u00bb. Eux aussi ont chang\u00e9 et ce d\u00e9calage leur fait appara\u00eetre un \u00e9ventuel retour comme une seconde \u00e9migration, une \u00e9preuve qu&rsquo;ils pr\u00e9f\u00e8rent \u00e9viter. Le retour demanderait une nouvelle adaptation. Les difficult\u00e9s \u00e0 se r\u00e9int\u00e9grer vont-elles les mettre dans un statut d&rsquo;\u00e9trang\u00e8re dans leur propre pays ce qui ne peut-\u00eatre que douloureux, car cela peut aller jusqu&rsquo;\u00e0 se sentir nulle part.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il y a les enfants qui ont grandi \u00ab\u00a0ici\u00a0\u00bb et dont la scolarisation constitue un espoir de reconnaissance sociale en France (9) elles ne peuvent envisager le retour qu&rsquo;une fois l&rsquo;\u00e9ducation des enfants termin\u00e9e. L\u00e0 encore on est dans un cycle : \u00a0\u00bb Tous mes enfants et petits-enfants sont ici, comment les laisser ?\u00a0\u00bb (10) Pour un Malien qui nous raconte qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inverse ses enfants sont \u00ab\u00a0l\u00e0-bas\u00a0\u00bb, retourner signifierait renoncer au d\u00e9veloppement de son village (voire de sa r\u00e9gion) qu&rsquo;il finance gr\u00e2ce \u00e0 son salaire d&rsquo;immigr\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;avenir de tous ces enfants qui est en jeu et son \u00ab\u00a0sacrifice\u00a0\u00bb est le prix \u00e0. Payer (11).<\/p>\n\n\n\n<p>La migration comporte la confrontation et l&rsquo;acquisition de nouvelles libert\u00e9s, particuli\u00e8rement en ce qui concerne les femmes. Trois femmes interrog\u00e9es nous ont parl\u00e9 de leur autonomie aujourd&rsquo;hui. Ces acquis qu&rsquo;elles tiennent \u00e0 conserver, elles les perdraient en cas de retour : \u00ab\u00a0si je retournais, j&rsquo;aurais d&rsquo;\u00e9normes difficult\u00e9s d&rsquo;adaptation, on me regarderait et on me jugerait parce que j&rsquo;ai trop chang\u00e9e (&#8230;) Je ne pourrai pas m&rsquo;habituer la mentalit\u00e9 de mon village\u00a0\u00bb(12), ou bien : \u00ab\u00a0Ici je travaille, je gagne ma vie pour moi et mes enfants, au pays, c&rsquo;est la famille qui d\u00e9ciderait tout\u00a0\u00bb(13), ou encore ce sentiment de culpabilit\u00e9 dont nous avons parl\u00e9, mais au second degr\u00e9, celui qui cumule l&rsquo;angoisse d&rsquo;\u00eatre parti et celle de revenir: \u00ab\u00a0A plusieurs reprises, je me suis dit, \u00ab\u00a0je vais revenir !\u00a0\u00bb, mais je n&rsquo;ai pas pu, celui qui part est toujours coupable de quelque chose\u00a0\u00bb(14)<\/p>\n\n\n\n<p>Pour certains le retour est totalement exclu. Arriv\u00e9e en France comme r\u00e9fugi\u00e9e politique et malgr\u00e9 les changements survenus dans son pays, une femme hongroise nous d\u00e9clare : \u00ab\u00a0Je ne peux vivre en Hongrie, il y a trop de mauvais souvenirs\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">QUESTIONS SUR LES ROLES REELS OU POSSIBLE DES TRAVAILLEURS SOCIAUX DANS LE CHAMP DE L&rsquo;IMMIGRATION<\/h2>\n\n\n\n<p>Le travail social a-t-il aujourd&rsquo;hui les moyens d&rsquo;intervenir dans le champ de l&rsquo;immigration ? (suppression du travail social dans les foyers en 1982, position un peu ext\u00e9rieure du SSAE par rapport au terrain, etc.). En outre, certaines communaut\u00e9s ont eux-m\u00eames leurs syst\u00e8mes de r\u00e9gulation et d&rsquo;entraide (Africains, Asiatiques) et, de ce fait, contact et dialogue ne sont pas imm\u00e9diatement r\u00e9alisables. A cela s&rsquo;ajoute une m\u00e9fiance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des travailleurs sociaux parfois per\u00e7us comme agents de contr\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette repr\u00e9sentation est souvent due la position institutionnelle des TS (agents de l&rsquo;\u00c9tat), mais \u00e9galement au fait que les travailleurs sociaux proposent le retour comme la seule solution possible en raison d&rsquo;une situation qu&rsquo;ils jugent peu tol\u00e9rable pour l&rsquo;immigr\u00e9 lui-m\u00eame et peut-\u00eatre aussi pour eux&#8230;(pas d&#8217;emploi, logement pr\u00e9caire, accumulation des handicaps, rejet par la population etc.). Ils ignorent -en voulant seulement \u00eatre op\u00e9rationnels et \u00ab\u00a0rendre service\u00a0\u00bb- qu&rsquo;un retour serait peut-\u00eatre encore plus douloureux pour l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9. Mais il faut surtout souligner que leur institution ne leur donne pas les moyens d&rsquo;accompagner d&rsquo;\u00e9ventuels retours de fa\u00e7on coh\u00e9rente et sens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces conditions la question se pose aussi de savoir comment se positionnent \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la r\u00e9pression polici\u00e8re. C&rsquo;est le probl\u00e8me des TS devant les sans-papiers ou d&rsquo;autres situations mal d\u00e9finies o\u00f9 il existe un vide juridique. Peuvent-ils, doivent-il aller jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 pour \u00eatre \u00e0 m\u00eame de proposer des solutions acceptables ? (15)<\/p>\n\n\n\n<p>Il semble en tout cas manifeste que l&rsquo;action sociale doive d\u00e9velopper son effort pour qu&rsquo;un sens puisse \u00eatre retrouv\u00e9 ; cela consiste, ici, \u00e0 permettre aux immigr\u00e9s de construire une identit\u00e9 nouvelle et de se faire reconna\u00eetre dans cet effort, ce qui correspond, d&rsquo;ailleurs, \u00e0 une d\u00e9finition r\u00e9cente et officielle de l&rsquo;int\u00e9gration (16) Pour cela, un travail r\u00e9el sur les projets personnels ou collectifs des usagers nous semble n\u00e9cessaire (17).<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;y a, en effet, v\u00e9ritablement de retour que comme projet construit avec accompagnement social, ce qui ne peut effectivement se r\u00e9aliser que dans un d\u00e9veloppement \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle locale en France (quartier, immeuble, foyer) et dans la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;origine (quartier, village). Il s&rsquo;agit de suivre, en appui personnalis\u00e9, la r\u00e9insertion \u00e9conomique et sociale de la personne ou du groupe (18) ; \u00e0 ce titre, on pourrait avancer que l&rsquo;action sociale doit de plus en plus quitter le Centre ou le bureau pour se porter sur le terrain.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est de ce type de retour dont il faut parler plus pr\u00e9cis\u00e9ment et \u00e0 la r\u00e9alisation duquel il faut investir davantage, quitte \u00e0 mener des campagnes de sensibilisation et alerter les autorit\u00e9s publiques sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat (social, mais aussi \u00e9conomique) d&rsquo;une telle op\u00e9ration. Le retour \u00e9ventuel d&rsquo;immigr\u00e9s ne peut \u00eatre con\u00e7u et d\u00e9cid\u00e9 que par eux comme projet, ce qui implique qu&rsquo;il se constitue au sein d&rsquo;un r\u00e9seau de partenaires (dont les travailleurs sociaux). C&rsquo;est en ce sens qu&rsquo;il peut \u00eatre dit fiable et faisable et que l&rsquo;action sociale peut se montrer, \u00e0 travers lui, efficace<\/p>\n\n\n\n<p>Un retour qui a un \u00ab\u00a0sens\u00a0\u00bb puisqu&rsquo;en cr\u00e9ant de nouvelles structures, il change les donn\u00e9es du probl\u00e8me. Ce qui d\u00e9montre qu&rsquo;il n&rsquo;y a de retour possible que si l&rsquo;int\u00e9gration est r\u00e9alis\u00e9e au pr\u00e9alable. Si on est sans rep\u00e8re, en recherche d&rsquo;identit\u00e9, sans lien, non seulement on ne peut concevoir et produire un projet coh\u00e9rent, mais on risque fort, en outre, d&rsquo;\u00e9chouer dans sa r\u00e9int\u00e9gration au pays et de se retrouver perdu ; dans un espace hors du social. Le retour n&rsquo;est jamais un moyen de r\u00e9gler une situation impossible, il est une fin, il doit donc avoir un sens.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette probl\u00e9matique de l&rsquo;immigration interroge, comme r\u00e9v\u00e9lateur (19), la profession elle-m\u00eame, ses pratiques \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des immigr\u00e9s comme dans d&rsquo;autres secteurs de la vie sociale. Conduire l&rsquo;int\u00e9gration c&rsquo;est cr\u00e9er du lien social ; sur ce terrain, un d\u00e9fi est lanc\u00e9 aujourd&rsquo;hui aux travailleurs sociaux, leur responsabilit\u00e9 devant l&rsquo;usager est engag\u00e9e, leur professionnalit\u00e9 est en jeu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tecla CAPECCHI B\u00e9atrice CHAILLOUX, Assistantes sociales<br>Jean-Luc DUMONT, sociologue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>De 1975 \u00e0 1982, le taux de ch\u00f4mage des \u00e9trangers passe de 4,6 \u00e0 14% alors que celui du ch\u00f4mage national varie de 3,2 \u00e0 8,7% (source : INSEE).<\/li><li>L&rsquo;exemple alg\u00e9rien est significatif pour montrer que les r\u00e9ductions d&#8217;emplois sont s\u00e9lectivement op\u00e9r\u00e9es, non seulement par secteurs, mais surtout selon l&rsquo;origine culturelle et la nationalit\u00e9 du migrant : le recensement de 82 indique que, depuis 1975, la population alg\u00e9rienne en France s&rsquo;est accrue de 1%, tandis que, dans le m\u00eame temps, le nombre des actifs ayant un emploi r\u00e9gresse de 19%. Par contre, la population portugaise baisse de 1,2% avec une augmentation de 2% des actifs ayant un emploi.<\/li><li>Consistant, par exemple, \u00e0 remplacer \u00ab\u00a0les Arabes\u00a0\u00bb par les \u00ab\u00a0Maghr\u00e9bins\u00a0\u00bb ; le premier terme apparaissant comme une violence (le peuple ainsi d\u00e9sign\u00e9 \u00e9tant souvent confondu avec une \u00ab\u00a0race\u00a0\u00bb). Mais le second terme ne constitue-t-il pas lui aussi une violence puisque, sous un semblant de neutralit\u00e9 et de pudeur, il refuse \u00e0 des hommes toute appartenance \u00e0 une communaut\u00e9 nationale ?<\/li><li>A. Sayad : Les usages sociaux de la culture des immigr\u00e9s, Paris, CIEMM, 1978, p.2.<\/li><li>\u00ab\u00a0Quand j&rsquo;ai compris qu&rsquo;en ayant choisi de venir ici, je m&rsquo;\u00e9tais laiss\u00e9 prendre \u00e0 un pi\u00e8ge, j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 mordre mes doigts jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;os, \u00e0 serrer mes poings dans mes poches et parfois en les ouvrant il y avait des traces d&rsquo;ongles sur mes paumes ; \u00e0 ronger ma chair, \u00e0 sucer mon sang, \u00e0 perdre des kilos ; \u00e0 ne souhaiter plus rien, ne vouloir plus rien. Salive ou grain de sel, c&rsquo;est la m\u00eame chose. Plus aucun sentiment, plus rien , plus rien. Un corps, une t\u00eate, en r\u00e9sonance, en vibrations, des douleurs, souffrances sans but.\u00a0\u00bb Bouziane Zaid : \u00ab\u00a0Ici ou l\u00e0-bas\u00a0\u00bb, in : L&rsquo;immigration maghr\u00e9bine en France, Les temps modernes, n\u00b0 452-453-454, mars-avril-mai, 1984,p. 1793.<\/li><li>A. Sayad : Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un immigr\u00e9 ? Peuples m\u00e9diterran\u00e9ens, n\u00b07, avril-juin 1979, pp. 3-4.<\/li><li>H. Le Masne : Le retour des immigr\u00e9s alg\u00e9riens, O.P.U., CIEM, Alger-Paris, 1982.<\/li><li>Espagnole, 45 ans, mari\u00e9e, sans profession.<\/li><li>Espoir souvent d\u00e9\u00e7u du fait de la marginalisation de ces enfants \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole (et de l&rsquo;\u00e9chec qui s&rsquo;ensuit fr\u00e9quemment) et plus encore, du foss\u00e9 que l&rsquo;\u00e9cole creuse entre parents et enfants.<\/li><li>Hongroise, 56 ans, mari\u00e9e, sans profession.<\/li><li>\u00ab\u00a0Lorsqu&rsquo;on a commenc\u00e9 il faut toujours lutter jusqu&rsquo;\u00e0 notre dernier jour de vie, parce que tous ces projet qu&rsquo;on avait mis en place, moi je vois pas le retour aujourd&rsquo;hui. On a un centre de sant\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 nous, les ressortissants, on a une banque c\u00e9r\u00e9ales ,on a un magasin coop\u00e9ratif, on a des forages qui font vivre le village et tout \u00e7a est pris en charge par les ressortissants et nous, les ressortissants, on s&rsquo;est bien mis dans notre t\u00eate qu&rsquo;il faut toujours continuer et avoir des solutions qui pourront soutenir les projets. On ne d\u00e9sire pas retourner avant de trouver les solutions qui peuvent soutenir les projets commenc\u00e9s l\u00e0-bas, sinon tout \u00e7a sera z\u00e9ro, c&rsquo;est comme si on foutait tout en l&rsquo;air. Alors, nous, notre id\u00e9e c&rsquo;est de d\u00e9velopper le village pour une continuit\u00e9 pour nos enfants pour qu&rsquo;eux, peut-\u00eatre ils restent sur place et vivre l\u00e0-bas au lieu d&rsquo;aller faire l&rsquo;\u00e9migration comme nous. Mais pour nous, le retour, on sait bien si on retourne tout \u00e7a se cassera la gueule. Pour le moment, on voit pas le retour, pour \u00eatre rassur\u00e9, il faudra qu&rsquo;on continue \u00e0 tirer la ceinture ici.(Malien, 40 ans, responsable d&rsquo;une association de d\u00e9veloppement villageois).<\/li><li>Portugaise, 30 ans, mari\u00e9e, gardienne d&rsquo;immeuble.<\/li><li>Malienne, 25 ans, divorc\u00e9e, femme de m\u00e9nage.<\/li><li>D&rsquo;origine italienne, 41 ans, mari\u00e9e, Assistante sociale.<\/li><li>Nous renvoyons sur ce point le lecteur \u00e0 notre article intitul\u00e9 Histoires &lsquo;de vies, m\u00e9moire du social, PEPS, n\u00b038 et \u00e0 la question que nous posons (p. 6) sur la marginalit\u00e9 des TS, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;ouvrage de V. GUIENNE, Le travail social pi\u00e9g\u00e9 ? L&rsquo;Harmattan, 1990<\/li><li>D\u00e9finition adopt\u00e9e par le Haut conseil \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration, La Documentation fran\u00e7aise, 1991. cit\u00e9e in J.L. Dumont et D. Curbelo \u00ab\u00a0Travail social en interface\u00a0\u00bb PEPS n\u00b039, avril-juin 1992, pp.37-41<\/li><li>Cf, dans ce num\u00e9ro les articles sur l&rsquo;exp\u00e9rience du foyer d&rsquo;Alfortville.<\/li><li>Ce qui impliquerait une formation \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence des projets et la constitution d&rsquo;\u00e9quipes pour effectuer des missions dans le pays d&rsquo;origine<\/li><li>Le \u00ab\u00a0probl\u00e8me de l&rsquo;immigration\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas le seul sur lequel on pourrait interpeller les TS ; d&rsquo;autres cat\u00e9gories d&rsquo;usagers requi\u00e8rent une attention particuli\u00e8re, aujourd&rsquo;hui o\u00f9 les questions du ch\u00f4mage, de la marginalit\u00e9, de la d\u00e9linquance, etc. doivent \u00eatre abord\u00e9es autrement que bureaucratiquement ou polici\u00e8rement. Ici le travail (de d\u00e9veloppement) social peut avoir un r\u00f4le consid\u00e9rable \u00e0 jouer.<\/li><\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;accompagnement social des \u00e9trangers en France, quelle alternative, quelles m\u00e9thodes ? \u00ab\u00a0Tout homme ou femme sur cette terre peut se sentir immigr\u00e9, car il a quitt\u00e9 des lieux, des gens, des sensations, un monde, celui de son enfance, qu&rsquo;il ne retrouvera plus jamais\u00a0\u00bb Joseph Brodsky, po\u00e8te russe devenu citoyen am\u00e9ricain Le retour des immigr\u00e9s dans &#8230; <a title=\"No 41 &#8211; Entre int\u00e9gration et retour\" class=\"read-more\" href=\"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/1993\/01\/01\/no-41-entre-integration-et-retour\/\" aria-label=\"En savoir plus sur No 41 &#8211; Entre int\u00e9gration et retour\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":652,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[82,1],"tags":[18],"ppma_author":[47,103,102],"class_list":["post-650","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-no-41-les-figures-de-linsertion","category-non-classe","tag-immigration"],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-content\/uploads\/sites\/21\/2020\/06\/41-9_CAPECCHI_Entre-int\u00e9gration-et-retour.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"authors":[{"term_id":47,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"jean-luc-dumont","display_name":"Jean Luc Dumont","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&r=g","1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""},{"term_id":103,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"beatrice-chailloux","display_name":"B\u00e9atrice Chailloux","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&r=g","1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""},{"term_id":102,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"tecla-capecchi","display_name":"Tecla Capecchi","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&r=g","1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""}],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/650","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=650"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/650\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":651,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/650\/revisions\/651"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/media\/652"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=650"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=650"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=650"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=650"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}