{"id":666,"date":"1993-01-06T17:13:00","date_gmt":"1993-01-06T16:13:00","guid":{"rendered":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/?p=666"},"modified":"2020-07-06T17:14:12","modified_gmt":"2020-07-06T15:14:12","slug":"no-41-lallemagne-politique-et-travailleur-social","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/1993\/01\/06\/no-41-lallemagne-politique-et-travailleur-social\/","title":{"rendered":"No 41 &#8211; L\u2019Allemagne, politique et travailleur social"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Kamila Benayada et R\u00e9mi Hess sont anthropologues. Ils ont pass\u00e9s beaucoup de temps ces derni\u00e8res ann\u00e9es en \u00ab\u00a0terre germanique\u00a0\u00bb. En septembre dernier, notamment, ils ont \u00e9t\u00e9 choisis par le CNRS pour b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une bourse de la Fondation Robert Bosch qui leur a permis de rencontrer durant un mois des \u00e9quipes de chercheurs en Sciences Humaines d&rsquo;universit\u00e9s ou de laboratoires allemands. Ils nous proposent ici une r\u00e9flexion sur le nouveau contexte social qu&rsquo;entraine la r\u00e9unification allemande.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi Hess<\/strong> : Depuis juin 1991, j&rsquo;ai d\u00e9couvert l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;est. Auparavant, je travaillais exclusivement avec l&rsquo;Ouest dans le cadre de l&rsquo;Office franco-allemand pour la jeunesse o\u00f9 j&rsquo;avais d\u00e9velopp\u00e9 des recherches sur de nombreux th\u00e8mes. J&rsquo;avoue que la semaine que j&rsquo;ai pass\u00e9e en juin1991 dans la r\u00e9gion de Berlin avec des responsables de mouvements de jeunesse et des travailleurs sociaux de l&rsquo;ex-RDA m&rsquo;a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 apprendre l&rsquo;Allemand et \u00e0 m&rsquo;investir sur ce terrain. Pourquoi ? Parce que j&rsquo;ai eu l&rsquo;impression que la r\u00e9unification se faisait de telle mani\u00e8re qu&rsquo;elle allait entra\u00eener des probl\u00e8mes inou\u00efs aux niveaux \u00e9conomique, social et humain qui auraient, \u00e0 long terme, des cons\u00e9quences pour toute l&rsquo;Europe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila Benayada<\/strong> : L&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e9vidente. Les deux \u00e9conomies n&rsquo;avaient jamais \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues comme compl\u00e9mentaires. L&rsquo;Est travaillait pour l&rsquo;URSS, le Comecon. Avec des logiques qui \u00e9taient propres \u00e0 cet ensemble. L&rsquo;Ouest n&rsquo;avait pratiquement besoin de rien dans l&rsquo;industrie lourde est-allemande qui \u00e9tait en perte de vitesse et de toute mani\u00e8re totalement d\u00e9cal\u00e9e au niveau de la productivit\u00e9 industrielle tant au niveau quantitatif que qualitatif. C&rsquo;est l&rsquo;opposition entre l&rsquo;image de la Mercedes et de la Trabant. C&rsquo;est sur le plan agricole qu&rsquo;existaient les \u00e9changes. C&rsquo;est sur ce terrain que l&rsquo;int\u00e9gration est la plus facile m\u00eame si les m\u00e9thodes de production sont vraiment diff\u00e9rentes&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi<\/strong> : Cette opposition \u00e9conomique pouvait donner lieu \u00e0 plusieurs sc\u00e9narios d&rsquo;int\u00e9gration. Celui qui a \u00e9t\u00e9 choisi a \u00e9t\u00e9 le plus dur pour l&rsquo;Est. L&rsquo;Ouest est parti de l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il fallait dissoudre tout le syst\u00e8me institutionnel de l&rsquo;est. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;Histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 qu&rsquo;un pays vote son auto-dissolution au sens o\u00f9 toutes les institutions ant\u00e9rieures disparaissent et sont remplac\u00e9es par d&rsquo;autres venant d&rsquo;ailleurs. Cela a pu arriver suite \u00e0 une d\u00e9faite guerri\u00e8re, mais une telle auto-n\u00e9gation n&rsquo;est jamais survenue en temps de paix.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila<\/strong> : C&rsquo;est tout le syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence que l&rsquo;on a dans la t\u00eate, la transversalit\u00e9, qui doit se dissoudre, qui devient obsol\u00e8te, pour des g\u00e9n\u00e9rations enti\u00e8res&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est une exp\u00e9rience humaine incroyable. Mais on peut se demander si ce mouvement n&rsquo;avait pas d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu au moment de l&rsquo;instauration du communisme qui avait rapidement rendu obsol\u00e8te toutes les valeurs et les visions du monde ant\u00e9rieures.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi<\/strong> : Oui, tu as raison. D&rsquo;ailleurs les questions concr\u00e8tes de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re analysent bien cette question. Car encore avant en 1933, ils avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de changer de vision du monde. Une maison appartenant \u00e0 une famille juive en 1930 qui en avait \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9e en 1933, r\u00e9quisitionn\u00e9e en 1950 par les communistes, \u00e0 qui appartient-elle aujourd&rsquo;hui ? Voil\u00e0 le type de questions que les gens se posent concr\u00e8tement \u00e0 Leipzig par exemple o\u00f9 tout est bloqu\u00e9 parce que l&rsquo;on ne peut pas faire des travaux dans un endroit dont on ignore qui est propri\u00e9taire !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila<\/strong> : Les changements, les passages du nazisme, au communisme, \u00e0 la d\u00e9mocratie occidentale&#8230; repr\u00e9sentent une faiblesse au niveau de la structure identitaire. Mais en m\u00eame temps, on peut se demander si l&rsquo;identit\u00e9 allemande n&rsquo;est pas justement dans cette liquidation r\u00e9guli\u00e8re des syst\u00e8mes de valeurs et leur remplacement int\u00e9gral par un autre syst\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi<\/strong> : Oui. Mais en m\u00eame temps, \u00e0 chaque fois cela passe par la liquidation sociale d&rsquo;une ou deux g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p>Te souviens-tu que l&rsquo;on a entendu un professeur allemand affirmer qu&rsquo;il fallait accepter que tous les allemands de l&rsquo;Est de plus de vingt-cinq ans \u00e9taient foutus, qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien \u00e0 en tirer, qu&rsquo;il fallait leur concevoir un statut d&rsquo;assist\u00e9s, qu&rsquo;ils sont totalement irr\u00e9cup\u00e9rables ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila<\/strong> : Oui. L&rsquo;ironie est que ce sont les allemands de l&rsquo;Est qui ont choisi la dissolution de leur \u00c9tat et qui font les frais de ce choix. Quand il s&rsquo;agissait de choix individuels avant la chute du mur, l&rsquo;\u00e9conomie ouest allemande \u00e9tait capable de les int\u00e9grer imm\u00e9diatement dans la division sociale du travail. On ne se posait absolument pas la question de savoir s&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9form\u00e9s par une \u00e9ducation marxiste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi<\/strong> : On touche l\u00e0 la liaison entre politique et travail social. Il n&rsquo;y aura jamais assez de travailleurs sociaux pour intervenir sur ces populations socialement disqualifi\u00e9es. Personnellement, c&rsquo;est l\u00e0 que je vois la place de la France et des fran\u00e7ais. Personnellement, je n&rsquo;avais pas d&rsquo;amis est-allemands. Mais depuis la chute du mur, j&rsquo;en ai. Je les ai d\u00e9couverts comme des gens \u00ab\u00a0normaux\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour moi, mon amiti\u00e9 pour les allemands de l&rsquo;Ouest n&rsquo;est pas ni\u00e9e par le fait que je rencontre des gens de l&rsquo;Est. Sur le plan professionnel, les sociologues de la jeunesse, des bandes, des banlieues m&rsquo;apparaissent comme ayant fait des \u00e9tudes qui sont toujours int\u00e9ressantes. Les travailleurs sociaux qui s&rsquo;occupaient des loubards est-allemands sont aussi comp\u00e9tents pour intervenir qu&rsquo;avant la chute du mur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils sont aussi op\u00e9rationnels qu&rsquo;un travailleurs social fran\u00e7ais. Du coup, je me demande si le d\u00e9blocage ne pourrait pas venir de France. Par exemple, on manque d&rsquo;instituteurs pour enseigner l&rsquo;Allemand en primaire. Pourquoi ne pas recruter tous les instits Est-Allemands licenci\u00e9s sur crit\u00e8res plus ou moins politiques ? Nous, on se moque qu&rsquo;un instituteur soit communiste ou non. Le marxisme a pris un tel coup dans l&rsquo;aile qu&rsquo;il ne repr\u00e9sente pas un danger pour les valeurs de l&rsquo;Ouest. Mais dans la tradition allemande, celui qui a perdu doit payer. Je trouve tout cela r\u00e9tro, tr\u00e8s dix-neuvi\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila<\/strong> : Il y a des tas de trucs dans ce que tu dis. L&rsquo;id\u00e9e que c&rsquo;est la France, les fran\u00e7ais qui collectivement pourraient exercer la fonction d&rsquo;aide, de travailleur social collectif vis-\u00e0-vis des l&rsquo;Allemagne et des Allemands est marrante. C&rsquo;est une fa\u00e7on de d\u00e9placer sur le macrosocial des pratiques interindividuelles qui n&rsquo;est pas courante. La France a une tr\u00e8s bonne image en Allemagne de l&rsquo;Ouest parce qu&rsquo;elle a permis \u00e0 l&rsquo;Allemagne de retrouver dans la soci\u00e9t\u00e9 internationale une place honorable, mais l&rsquo;intervention dans les affaires allemandes serait tr\u00e8s mal v\u00e9cue.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi<\/strong> : Oui, mais le type d&rsquo;intervention que je pr\u00e9conise serait plut\u00f4t celle du socianalyste qui n&rsquo;intervient qu&rsquo;\u00e0 la demande. Pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes concrets, pr\u00e9cis qui se posent sur le terrain. Si le Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9ducation recrute 1500 instits de l&rsquo;Est, il n&rsquo;intervient pas dans les affaires allemandes. Il joue seulement sur les nouvelles possibilit\u00e9s de l&rsquo;ouverture des fronti\u00e8res europ\u00e9ennes et de la libre circulation des travailleurs. En plus il supprime 1500 ch\u00f4meurs dans les statistiques allemandes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila<\/strong> : Oui, mais le choix est cibl\u00e9. Dans ce cas, il y a politisation du choix. En choisissant des Est-Allemands, le gouvernement fran\u00e7ais montrerait qu&rsquo;il est contre la politique de marginalisation du gouvernement de Bonn et ce choix cibl\u00e9 serait dans les faits une intervention dans les affaires allemandes. Cette initiative ne r\u00e9soudrait pas la question de l&rsquo;int\u00e9gration sur place des allemands de l&rsquo;Est dans la nouvelle Allemagne. C&rsquo;est la priorit\u00e9 pour eux. Ils ne se pr\u00e9occupent pas vraiment de l&rsquo;Europe. Ils veulent d&rsquo;abord \u00eatre Allemands.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi<\/strong> : D&rsquo;accord. Mais en m\u00eame temps, on ne fait pas d&rsquo;omelette sans casser des \u0153ufs. Je suis sur que l&rsquo;on trouverait des gens qui feraient le voyage, m\u00eame provisoire, histoire de se refaire une virginit\u00e9 politique qui leur permettrait ensuite de revenir en Allemagne en ayant une dimension personnelle internationale qui ne serait pas inint\u00e9ressante pour la construction europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila<\/strong>: Il faudrait une banalisation de l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Est qui pourrait se faire par des \u00e9changes entre les lander de l&rsquo;Est et la France. Mais l\u00e0 il faudrait aussi que se mouvement soit relayer par d&rsquo;autres pays que la France.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi<\/strong> : Oui. Cela me semble extr\u00eamement important de concevoir le social sur le plan d&rsquo;une politique europ\u00e9enne. Car je suis persuad\u00e9 que le type de proposition que je fais serait accept\u00e9 par Bonn qui doit bien prendre conscience, apr\u00e8s deux ans d&rsquo;exp\u00e9rimentation, des probl\u00e8mes que pose la marginalisation de 10 ou 12 millions d&rsquo;habitants. La crise politique qui est latente du fait que la virulence des groupes d&rsquo;extr\u00eame droite \u00e0 l&rsquo;Est ennuie autant le droite que la gauche ouest allemande. Il faut donner \u00e0 Bonn des id\u00e9es pour sortir de cette impasse, ne serait-ce qu&rsquo;au niveau des informations t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es. A la t\u00e9l\u00e9, on ne parle plus que des demandeurs d&rsquo;asile et des mouvements qui leur sont hostiles. Ce n&rsquo;est pas enthousiasmant pour aller de (.&rsquo;avant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila<\/strong> : Oui. Que veux-tu dire par enthousiasmant ? Enthousiasmant pour qui ? Pour les allemands de l&rsquo;Est, se faire montrer du doigt comme n\u00e9o-nazis, c&rsquo;est plus que g\u00eanants, mais cela fait partie de la politique ouest allemande qui veut affirmer son appartenance \u00e0 la d\u00e9mocratie et qui rejette toutes les survivances de nazisme dans les esprits ou les pratiques sociales. La d\u00e9nazification est dans la Grundgesetz (loi fondamentale, la constitution). Pour les allemands de l&rsquo;Ouest, c&rsquo;est important d&rsquo;en parler, mais cela devient un peu lourd. Cela prend la forme du d\u00e9ni. Les n\u00e9o-nazis que l&rsquo;on montre sont toujours de l&rsquo;Est comme si l&rsquo;on voulait montrer l&rsquo;\u00e9chec du communisme \u00e0 \u00e9liminer ce type de \u00ab\u00a0pathologie sociale\u00a0\u00bb. D&rsquo;une part montrer l&rsquo;\u00e9chec du communisme et d&rsquo;autre part cela peut servir comme justification de la marginalisation sociale des Allemands de l&rsquo;Est alors qu&rsquo;en fait c&rsquo;est tout ce discours, cette id\u00e9ologie qui induit les r\u00e9voltes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi<\/strong> : En tant que Fran\u00e7ais, habitant Paris ou la province, on peut trouver tout cela bien lointain. En fait, c&rsquo;est \u00e0 nos portes. L&rsquo;Europe se fait. On a beau avoir une petite partie de la France qui se cache les yeux \u00e0 propos de l&rsquo;Europe, l&rsquo;int\u00e9gration europ\u00e9enne est en cours et les probl\u00e8mes allemands sont nos probl\u00e8mes. Ne pas s&rsquo;y int\u00e9resser, c&rsquo;est passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la chance de pouvoir \u00eatre actif dans un processus qui aura des cons\u00e9quences \u00e0 long terme pour tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila<\/strong> : Oui. Il y a aussi cette question de l&rsquo;int\u00e9gration des Allemands de l&rsquo;Est qui ont un statut de population immigr\u00e9e. Leur statut nous concerne. Ce qui est int\u00e9ressant chez les Allemands de l&rsquo;Est, c&rsquo;est que bien qu&rsquo;ils apparaissent \u00e0 ceux de l&rsquo;Ouest comme moins int\u00e9grables que les Turcs, ils sont, pour nous tout de m\u00eame allemands.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9mi <\/strong>: Pour un Fran\u00e7ais qui s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 l&rsquo;Allemagne, on ne voit que le fait qu&rsquo;ils parlent allemand, qu&rsquo;ils connaissent Goethe, qu&rsquo;ils \u00e9coutent du Beethoven, qu&rsquo;ils jouent du piano ou s&rsquo;int\u00e8grent dans n&rsquo;importe quel ch\u0153ur sans probl\u00e8me&#8230;c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils sont porteurs, comme groupe, des vieilles valeurs \u00ab\u00a0bourgeoises\u00a0\u00bb allemandes, bien plus que ceux de l&rsquo;Ouest qui sont pass\u00e9s \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricanisme du fait de la destruction de leurs villes, par exemple. Rien qu&rsquo;au niveau architectural, l&rsquo;Est a gard\u00e9 des villes et des villages avec des maisons du Moyen-\u00c2ge. C&rsquo;est un patrimoine allemand, europ\u00e9en qui ne peut pas \u00eatre ni\u00e9. A la limite, pour un fran\u00e7ais les gens de l&rsquo;Est sont plus allemands que ceux de l&rsquo;Ouest qui sont entr\u00e9s dans une culture internationaliste (ils parlent anglais \u00e0 l&rsquo;Ouest alors qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Est ils \u00e9taient oblig\u00e9s de parler Russe. Cela leur a \u00e9vit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre contamin\u00e9s parla culture de l&rsquo;Hamburger). Tout cela doit \u00eatre pens\u00e9. C&rsquo;est la complexit\u00e9 du r\u00e9el. En tant qu&rsquo;observateurs ext\u00e9rieurs, nous sommes bien plac\u00e9s pour voir des choses qu&rsquo;ils ne voient pas eux, trop pr\u00e8s qu&rsquo;ils sont des choses, des conflits, des clivages id\u00e9ologiques qu&rsquo;ils jugent comme centraux alors que du point de vue de l&rsquo;historicit\u00e9 ce n&rsquo;est pas grand chose&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila<\/strong> : Ce que tu racontes concerne le Fran\u00e7ais inform\u00e9, pas le Fran\u00e7ais moyen. A mon avis, le \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais moyen\u00a0\u00bb voit plut\u00f4t l&rsquo;Allemand de l&rsquo;Est comme un sportif dop\u00e9 que comme un artiste romantique. Mais sur le fond je suis d&rsquo;accord avec toi que les Allemands de l&rsquo;Est repr\u00e9sentent une r\u00e9serve de sens pour la culture allemande qui n&rsquo;est pas pr\u00e8s de s&rsquo;\u00e9puiser. Leur souffrance ne va d&rsquo;ailleurs que renforcer cette tendance \u00e0 retourner aux racines de leur Culture. Faute d&rsquo;avenir, ils vont r\u00e9investir le pass\u00e9, la culture. Les n\u00e9o-nazis le font, mais dans leur qu\u00eate r\u00e9gressive-progressive, ils ne vont pas suffisamment loin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Kamila Benayada et Remi Hess<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kamila Benayada et R\u00e9mi Hess sont anthropologues. Ils ont pass\u00e9s beaucoup de temps ces derni\u00e8res ann\u00e9es en \u00ab\u00a0terre germanique\u00a0\u00bb. 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