{"id":23,"date":"2017-04-07T13:37:08","date_gmt":"2017-04-07T11:37:08","guid":{"rendered":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/?p=23"},"modified":"2017-04-07T13:37:08","modified_gmt":"2017-04-07T11:37:08","slug":"les-tiers-lieux-espaces-demergence-et-de-creativite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/2017\/04\/07\/les-tiers-lieux-espaces-demergence-et-de-creativite\/","title":{"rendered":"Les tiers-lieux, espaces d\u2019\u00e9mergence et de cr\u00e9ativit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right\"><em>Article r\u00e9dig\u00e9 par Christine Bala\u00ef, dans le cadre de l\u2019\u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par le Laboratoire LISE du CNAM pour la ville de Paris, \u00ab\u00a0Pratiques culturelles \u00e0 l\u2019horizon 2030\u00a0\u00bb, 2012<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Au croisement du territoire r\u00e9el et du virtuel, de nouveaux lieux \u00e9mergent ou d\u2019anciens lieux sont r\u00e9investis. Ces lieux tiers en facilitant la rencontre, le partage, la collaboration, la fertilisation crois\u00e9e entre \u00a0diff\u00e9rents publics, sont des vecteurs potentiels de\u00a0cr\u00e9ativit\u00e9, d&rsquo;\u00e9mergence de nouveaux possibles et\u00a0d\u2019innovation. Ils supposent la mise en place de nouvelles m\u00e9diations adapt\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\"><strong>La notion de tiers-lieux<\/strong><\/h2>\n<p>C&rsquo;est le sociologue Americain Ray Oldenburg qui a introduit en 1989 la notion de tiers-lieux. Oldenburg s&rsquo;int\u00e9ressait \u00e0 la naissance de nouveaux lieux, interm\u00e9diaires entre le domicile et le travail et adapt\u00e9s \u00e0 un style de vie urbain, individualis\u00e9 et mobile. \u00ab Les \u00ab tiers-lieux \u00bb se d\u00e9veloppent dans le monde entier. Ni priv\u00e9s, ni publics, ils composent une solution hybride entre espace personnel et espace ouvert, domicile et travail, convivialit\u00e9 et concentration. Les tiers-lieux r\u00e9unissent un certain nombre de conditions permettant les rencontres informelles et favorisant la cr\u00e9ativit\u00e9 des interactions sociales, notamment \u00e0 travers l\u2019ouverture, la flexibilit\u00e9, la viabilit\u00e9, la convivialit\u00e9 et l\u2019accessibilit\u00e9. Les amis occasionnels, les habitants d\u2019un quartier, les professionnels d\u2019un secteur, peuvent s\u2019y retrouver et en faire le noyau de leur communaut\u00e9. Parmi les utilisateurs r\u00e9guliers, la conversation est le centre des activit\u00e9s et l\u2019humeur est d\u00e9tendue. Les rencontres informelles et famili\u00e8res dans ces lieux n\u2019ont pas \u00e0 \u00eatre planifi\u00e9es entre les individus qui s\u2019y croisent et s\u2019y retrouvent. Ce sont des lieux dits \u00ab de passage \u00bb qui attribuent un sens nouveau \u00e0 l\u2019espace et \u00e0 la culture \u00e0 travers les communaut\u00e9s qui se forment et se rassemblent, des r\u00e9seaux qui se tissent et grandissent autour des usages que l\u2019on en fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Dans ce cadre, le \u00ab caf\u00e9 du coin \u00bb, le bar connect\u00e9, le squat d\u2019artiste ou le centre culturel en tant qu\u2019espaces publics servant de point informel de rencontre, peuvent devenir des tiers-lieux selon l\u2019usage qu\u2019en font les individus qui les animent, occupent et visitent. Plus qu\u2019une simple caract\u00e9ristique spatiale, les tiers-lieux sont donc en grande partie le produit des relations humaines, des interactions cr\u00e9atives et des modes d\u2019organisation sociale et professionnelle dominant les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines.<\/p>\n<p>Chaque \u00abtiers-lieu\u00bb a sa sp\u00e9cificit\u00e9, son fonctionnement, son mode de financement, mais tous favorisent la cr\u00e9ativit\u00e9, l\u2019initiative et le partage \u00bb (Design des politiques publiques, La 27e R\u00e9gion, p77). On assiste actuellement \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nombre croissant de ces tiers-lieux. Leur fonction se formalise, se professionnalise et parfois se sp\u00e9cialise.<\/p>\n<p>Ainsi les espaces de coworking destin\u00e9s aux travailleurs nomades et aux entrepreneurs en qu\u00eate d\u2019un bureau occasionnel ou d\u2019un lieu de rencontre r\u00e9pondent-ils \u00e0 cette logique.<br \/>\n\u00ab\u00a0Les co-working space\u00a0\u00bb sont des tiers lieux sp\u00e9cifiques. S\u2019inscrivant dans la \u00abmythologie\u00bb californienne, ils permettent, selon des modalit\u00e9s diverses, aux acteurs du num\u00e9rique, mais pas uniquement, d\u2019\u00e9voluer professionnellement dans un cadre stabilis\u00e9 au carrefour des comp\u00e9tences, des savoir-faire et des communaut\u00e9s de pratique. C\u2019est \u00e0 travers quatre dimensions principales que la notion de \u00ab co-working space \u00bb peut se d\u00e9finir :<\/p>\n<ol>\n<li>Economique, une capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer du revenu,<\/li>\n<li>Socioprofessionnelle, un lieu de r\u00e9f\u00e9rence o\u00f9 les professionnels d\u2019un m\u00eame domaine peuvent se rencontrer, \u00e9changer et travailler,<\/li>\n<li>Culturelle, un lieu o\u00f9 certains principes et certaines valeurs d\u2019ouverture, de partage sont mis en avant. Un lieu qui produit un mouvement, ayant une aura d\u00e9passant ses propres fronti\u00e8res de pouvoir d\u2019action,<\/li>\n<li>Territoriale et spatiale, un lieu inscrit sur un territoire, connect\u00e9 \u00e0 son tissu qui encadre, encourage et acc\u00e9l\u00e8re les processus dit de \u00abs\u00e9rendipit\u00e9\u00bb en favorisant les rencontres hasardeuses et non-lin\u00e9aires.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le brassage de comp\u00e9tences, de sensibilit\u00e9s et de point de vue diff\u00e9rents que permettent ces espaces constitue un terreau propice \u00e0 la naissance d\u2019id\u00e9es nouvelles. La classe cr\u00e9ative est attir\u00e9e par ces lieux de vie favorables au ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019\u00e9mergence dont elle renforce le dynamisme et l\u2019attractivit\u00e9 cr\u00e9ant ainsi un cercle vertueux favorable \u00e0 l\u2019innovation, aux partenariats et aux synergies. De la m\u00eame mani\u00e8re les membres des r\u00e9seaux sociaux retrouvent dans ces lieux physiques un pendant naturel \u00e0 leur espace virtuel.<\/p>\n<p>A Paris, <strong>la Cantine <\/strong>a fait office de pionni\u00e8re en proposant au d\u00e9but 2008 un espace de travail collaboratif en r\u00e9seau. Elle a pour vocation de cr\u00e9er un environnement propice au fourmillement d\u2019id\u00e9es dans une atmosph\u00e8re de libert\u00e9 et de cr\u00e9ativit\u00e9. Ouvert d\u00e9but 2008 dans le 2\u00b0 arrondissement \u00e0 Paris par l\u2019association Silicon Sentier, associ\u00e9e \u00e0 la Fing, cet espace d&rsquo;innovation, de travail et de rencontres ne d\u00e9semplit pas depuis. 15582 visites, 600 personnes uniques par semaine, plus de 500 \u00e9v\u00e9nements, 318 coworkers, au moins 30 000 caf\u00e9s, 35 personnes uniques par m2\/an&#8230; Entrepreneurs, d\u00e9veloppeurs, freelance, seniors et jeunes de startup, chercheurs, politiques, artistes, tous habitants temporaires, ont investi cet espace. . On cherche ici \u00e0 favoriser le d\u00e9veloppement de projets, de logiciels, de blogs et de toute innovation li\u00e9e aux technologies du num\u00e9rique en faisant se croiser des mondes diff\u00e9rents travaillant dans des lieux \u00e9clat\u00e9s. La Cantine est \u00e0 la fois un lieu de r\u00e9seautage, d\u2019apprentissage, de d\u00e9bats et de \u201cfrottement\u201d permettant de cr\u00e9er des dynamiques collectives, de structurer des communaut\u00e9s, en agr\u00e9geant divers acteurs sur des projets communs et collaboratifs, de cr\u00e9er de la valeur. Comme l\u2019indique St\u00e9phane Vincent, responsable du programme de la 27\u00b0 R\u00e9gion h\u00e9berg\u00e9 \u00e0 la Cantine, \u201cce qui marche dans la fabrique de l\u2019innovation, c\u2019est tout ce qui rel\u00e8ve de la cr\u00e9ativit\u00e9, de l\u2019irrationnel, du d\u00e9sir et de l&rsquo;interdisciplinarit\u00e9. La Cantine est un espace \u00e0 faire de l\u2019impr\u00e9vu, qui ne touche pas seulement la fili\u00e8re num\u00e9rique, mais est aussi un lieu d&rsquo;innovation sociale\u201d. Et pour Denis Pansu, animateur du Carrefour des Possibles, \u201cla culture d&rsquo;innovation doit \u00eatre partag\u00e9e. Au moment o\u00f9 les mod\u00e8les \u00e9conomiques s&rsquo;effondrent, le d\u00e9veloppement \u00e9conomique doit se faire avec les citoyens, les consommateurs\u201d. Ces nouvelles mani\u00e8res d\u2019envisager l\u2019innovation et la cr\u00e9ativit\u00e9 constituent une tendance de fond venue des \u00c9tats-Unis et qui se propage en Europe.<\/p>\n<p>Les tiers-lieux ne sont pas cependant limit\u00e9s aux cr\u00e9atifs impr\u00e9gn\u00e9s de nouvelles technologies. Ils se d\u00e9veloppent aussi dans d\u2019autres milieux : professionnels, sociaux, culturels&#8230;<\/p>\n<p><strong>La Ruche<\/strong> est une initiative parisienne comparable \u00e0 la Cantine mais dont l\u2019activit\u00e9 est centr\u00e9e sur le d\u00e9veloppement durable et l\u2019entrepreneuriat social. Cet espace de coworking met en avant la collaboration et l\u2019\u00e9change d\u2019id\u00e9es, de probl\u00e8mes et de solutions autour de l\u2019innovation sociale et environnementale. La Ruche est ouverte \u00e0 toute personne proposant une r\u00e9ponse innovante \u00e0 un d\u00e9fi social ou \u00e9cologique, sa vision \u00e9tant de concilier \u00e9conomie et d\u00e9veloppement humain.<\/p>\n<p>Toujours \u00e0 Paris, le secteur culturel a aussi ses tiers lieux. Patrick Genoux cite <strong>le 104<\/strong> dans son article sur les tiers lieux. \u00ab Ouvert \u00e0 tous les arts, cet espace (de cr\u00e9ation et de production artistique dans le 19\u00b0arrdt) compose un ensemble architectural in\u00e9dit o\u00f9 l\u2019art vient \u00e0 la rencontre de ses diff\u00e9rents publics. Cette orientation forte impulse des modes de fabrication, de production et de visibilit\u00e9 r\u00e9solument nouveaux. Le 104 accueille \u00e9galement une p\u00e9pini\u00e8re de jeunes entreprises qui situent leur action au carrefour de l\u2019innovation technologique et de la cr\u00e9ation \u00bb, www.incubateur104.org. Plus r\u00e9solument innovant que le 104 qui a notamment du mal \u00e0 s\u2019inscrire dans le quartier, <strong>le 100<\/strong>, dans le 12\u00b0 arrondissement, est un lieu ouvert d\u00e9di\u00e9 aux arts plastiques (mais pas uniquement) et ouvert \u00e0 tous, professionnels et amateurs, pour un co\u00fbt tr\u00e8s modeste. L\u2019ambition de ses directeurs est d\u2019essaimer, chaque arrondissement devant, selon eux, disposer d\u2019un lieu de ce type au m\u00eame titre que d\u2019une piscine ou d\u2019une biblioth\u00e8que municipale.<\/p>\n<p>Dans le domaine social, le programme \u00ab Plus longue la vie \u00bb, engag\u00e9 par la Fondation Internet Nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (Fing) sur le vieillissement de la population et les relations interg\u00e9n\u00e9rationnelles \u00e0 l\u2019heure du num\u00e9rique, a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 retenir la notion de Tiers lieu : lieu de discussion, de socialisation, de d\u00e9couverte o\u00f9 les gens peuvent se rencontrer, ou se d\u00e9veloppent des animations locales en fonction des besoins des personnes, qui favorise les rencontres interg\u00e9n\u00e9rationnelles et valorise les personnes \u00e2g\u00e9es, en mettant en avant la cr\u00e9ativit\u00e9 des seniors. <strong>La Maison ouverte<\/strong>, ouverte en 2003 et 2009 dans le 14e puis dans le 12e arrondissement parisien en est une illustration type. La Maison ouverte se veut un nouveau lieu de vivre ensemble, qui lutte contre la stigmatisation des personnes \u00e2g\u00e9es. Mise en application du design dans le domaine social, elle d\u00e9veloppe autour des personnes \u00e2g\u00e9es et leurs proches une dynamique collective et sociale entre les g\u00e9n\u00e9rations tous en d\u00e9veloppant la dimension culturelle et en favorisant l\u2019\u00e9panouissement et la cr\u00e9ativit\u00e9 individuelle des personnes. Lieu ouvert sans fonctionnement pr\u00e9\u00e9tabli, il choisit d\u2019ancrer son action \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du quartier, par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019espaces d\u2019accueil et d\u2019activit\u00e9s ouverts \u00e0 tous les publics et non seulement aux personnes \u00e2g\u00e9es. Ferm\u00e9 provisoirement en l\u2019absence de mod\u00e8le \u00e9conomique, l\u2019espace \u00e0 venir int\u00e8grera la dimension des nouvelles technologies.<\/p>\n<p>En France les tiers-lieux se d\u00e9veloppent \u00e9galement en province comme <strong>les Caf\u00e9s de Pays<\/strong> de l\u2019Yonne, <strong>Les Salles<\/strong> dans la Loire ou la <strong>Bo[a]te<\/strong> \u00e0 Marseille. La profusion de ces tiers-lieux a \u00e9t\u00e9 si importante ces derni\u00e8res ann\u00e9es que l\u2019association <strong>Bureauwiki<\/strong> a d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er un guide mondial des espaces de coworking (en cours d\u2019\u00e9laboration de fa\u00e7on coop\u00e9rative).<\/p>\n<h2><strong>Les probl\u00e9matiques soulev\u00e9es<\/strong><\/h2>\n<p>Lieux ouverts, marqu\u00e9s par une culture d\u2019\u00e9change, de partage et la convivialit\u00e9, les tiers lieux favorisent la cr\u00e9ativit\u00e9, la culture de l\u2019innovation et le vivre ensemble selon leur sp\u00e9cificit\u00e9 (co-working place, lieux culturels, \u00ab Maisons \u00bb). Ils ont une dimension culturelle forte \u00e0 la fois num\u00e9rique, sociale et d\u2019innovation. Cette culture reste toutefois aujourd\u2019hui in\u00e9galement partag\u00e9e. D\u00e8s lors, l\u2019enjeu est de cr\u00e9er les conditions de d\u00e9veloppement et de maillage de ces lieux sur l\u2019ensemble du territoire, et leur acc\u00e8s par l\u2019ensemble de la population.<\/p>\n<p>L\u2019esprit de partage, d\u2019\u00e9change, de convivialit\u00e9 et de vie communautaire \u00bb caract\u00e9rise le mouvement des coworking space. \u00ab Le co-working est consid\u00e9r\u00e9 (\u2026) comme un mouvement socioculturel dans lequel la collaboration est le lien structurant de la communaut\u00e9. Une notion d\u2019intelligence collective apparait dans ces espaces, la communaut\u00e9 des coworkers formant des petites \u00e9quipes d\u2019ind\u00e9pendants se r\u00e9unissant autour d\u2019un projet collaboratif. Ainsi la collaboration n\u2019est pas uniquement une fin en soi mais un mode d\u2019organisation intrins\u00e8quement li\u00e9 \u00e0 ces types de lieu. L\u2019aspect culturel se manifeste dans les espaces de co-working aussi par l\u2019influence des communaut\u00e9s de l\u2019open source et par l\u2019assimilation de la \u00ab culture du libre \u00bb par les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations \u00bb. Nouveau type de lieu cristallisant et rendant visible les valeurs de la \u00ab culture digitale \u00bb, La Cantine est empreinte d\u2019une dimension culturelle technologique forte sans pour autant r\u00e9server son acc\u00e8s aux seuls \u00abtechnophiles\u00bb. Comme l\u2019indique St\u00e9phane Vincent, responsable du programme de la 27\u00b0 R\u00e9gion h\u00e9berg\u00e9 \u00e0 la Cantine, <em>\u201cce qui marche dans la fabrique de l\u2019innovation, c\u2019est tout ce qui rel\u00e8ve de la cr\u00e9ativit\u00e9, de l\u2019irrationnel, du d\u00e9sir et de l&rsquo;interdisciplinarit\u00e9. La Cantine est un espace \u00e0 faire de l\u2019impr\u00e9vu, qui ne touche pas seulement la fili\u00e8re num\u00e9rique, mais est aussi un lieu d&rsquo;innovation sociale\u201d.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019animation sous-jacente au lieu est fondamentale. Elle s\u2019appuie sur une \u00e9quipe d\u2019animation d\u00e9di\u00e9e et une diversit\u00e9 de formats d\u2019animation (conf\u00e9rence, ateliers de travail, Barcamp, petit-d\u00e9jeuner d\u00e9bat, etc.). Ces modes d\u2019animation doivent favoriser la transversalit\u00e9 des acteurs, le brassage des r\u00e9seaux et des communaut\u00e9s d\u2019acteurs, de fili\u00e8res professionnelles, l\u2019identification des innovations et tendances technologiques, la rencontre avec les \u00ab end\u2013 users \u00bb, etc.), un accompagnement personnalis\u00e9 des porteurs de projet, une programmation de contenus de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Des lieux comme la Cantine, s\u2019ils sont ouverts \u00e0 toute population, concernent avant tout les couches cr\u00e9atives mais seulement marginalement les autres couches de la population. La culture num\u00e9rique mise au service de l\u2019innovation sociale et du vivre ensemble reste peu d\u00e9velopp\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme l\u2019indique Hubert Guillaud, d\u2019<em>Internet Actu<\/em>, \u00ab <em>La fracture num\u00e9rique se r\u00e9duit au niveau des populations les plus r\u00e9fractaires. On parle beaucoup des \u00ab\u00a0Digital Native\u00a0\u00bb, mais les jeunes utilisent l\u2019internet sans vraiment le ma\u00eetriser. La question de l\u2019alphab\u00e9tisation par rapport au num\u00e9rique reste enti\u00e8re. Il n\u2019y a plus de fracture num\u00e9rique avec le mobile. Avec les smartphones demain, les gens auront une connexion permanente au web, mais les outils ne feront pas tout, la diff\u00e9renciation se fera sur le contenu. Les fractures sociales sous-jacentes perdureront s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019action. Cela pose la question de la politique culturelle : O\u00f9 est la politique culturelle, la politique publique num\u00e9rique ? En France, on privil\u00e9gie l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique, mais on ne voit pas la ligne de fond. Le dernier plan num\u00e9rique d\u2019\u00e9ducation concerne l\u2019informatisation des coll\u00e8ges<\/em> \u00bb.<br \/>\n<em>\u00ab La question de la m\u00e9diation est essentielle, cela est loin d\u2019\u00eatre facile<\/em> \u00bb rappelle Hubert Guillaud. \u00ab <em>C\u2019est une question d\u2019Education populaire. Le num\u00e9rique est un levier suppl\u00e9mentaire pour l\u2019\u00e9ducation populaire, un outil pr\u00e9texte, une fa\u00e7on de d\u00e9passer les choses ancr\u00e9es \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Cela redonne toute sa place pour r\u00e9investir d\u2019anciens lieux dans une dynamique de tiers lieux (ou en cr\u00e9er de nouveaux) : espaces publics num\u00e9riques (EPN), biblioth\u00e8ques, centres culturels, espaces sociaux, maisons de quartiers, cybercaf\u00e9s sociaux, etc. constituent des lieux de rencontres, d\u2019\u00e9ducation populaire, de projets pour inventer de nouvelles pratiques, permettre la fertilisation crois\u00e9e au service de l\u2019innovation et\/ou du vivre ensemble, en s\u2019appuyant sur le num\u00e9rique comme vecteur de connaissance et de collaboration.<\/p>\n<p><strong>La Maison Populaire de Montreuil<\/strong> s\u2019inscrit dans une telle dynamique. Pour Jocelyne Qu\u00e9laud responsable multim\u00e9dia <em>\u00ab La Maison pop de Montreuil, c\u2019est une association d\u2019\u00e9ducation populaire, au sens originel du terme. C\u2019est un lieu o\u00f9 on va retrouver la pluridisciplinarit\u00e9, avec plus d\u2019une centaine d\u2019ateliers annuels\u00a0\u00bb. <\/em>Il y a \u00e9galement de la diffusion culturelle : des arts visuels, cela fonctionne comme un laboratoire avec un commissaire diff\u00e9rent chaque ann\u00e9e qui fait trois propositions. Cela permet parfois aux artistes de cr\u00e9er des \u0153uvres sp\u00e9cifiques\u00a0\u00bb ou encore de la musique avec des concerts, des rencontres. \u00ab\u00a0<em>Vendredi il y a eu une soir\u00e9e superbe qui m\u00ealait des professionnels et des amateurs avec un croisement des disciplines. C\u2019\u00e9tait interg\u00e9n\u00e9rationnel, \u00e7a s\u2019est cl\u00f4tur\u00e9 par un concert avec des jeunes de 11-13 ans. Avant il y avait des ateliers d\u2019ukul\u00e9l\u00e9, de chants du monde. On travaille vraiment sur cette notion d\u2019interg\u00e9n\u00e9rationnel et de croisement de cultures. C\u2019est de la trans-culture\u00a0\u00bb.<\/em> Le multim\u00e9dia a toujours fait partie de l\u2019association. Ce principe a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent. Il y a eu des d\u00e9bats autour de quelles sont les images de demain ? En 1998, Annie Agopian a mont\u00e9 un dossier pour ouvrir l\u2019espace multim\u00e9dia dans cet esprit : arriver \u00e0 croiser des choses pour susciter des d\u00e9sirs. Le dossier a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 et c\u2019est l\u00e0 que je suis arriv\u00e9e. La Maison Pop \u00e0 la base, c\u2019est de la transdisciplinarit\u00e9. Beaucoup d\u2019enseignants se plaignent de ne pas avoir de lieu pluridisciplinaire, ne serait-ce qu\u2019au niveau des universit\u00e9s qui sont sp\u00e9cialis\u00e9es. Comment g\u00e9n\u00e9rer des croisements ? \u00bb \u00ab Le potentiel est donc bien non seulement dans le num\u00e9rique mais dans la rencontre et l&rsquo;action. Dans ce contexte, l&rsquo;enjeu est d&rsquo;une part de garantir un lieu d&rsquo;\u00e9change d\u00e9di\u00e9 au lien social entre habitants et acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile, et d&rsquo;autre part de marier la dimension num\u00e9rique avec la capacit\u00e9 de se rencontrer vraiment pour produire du \u00ab\u00a0vivre ensemble\u00a0\u00bb. affirme ainsi Hugues Aubin, charg\u00e9 de mission TIC \u00e0 la Ville de Rennes.<\/p>\n<p>Pour Fran\u00e7ois Seyden de <strong>l\u2019association Parlez Cit\u00e9<\/strong>, \u00ab <em>Il y a un concept que j\u2019ai envie de d\u00e9velopper : le cybercaf\u00e9 citoyen. L\u2019id\u00e9e, c\u2019est qu\u2019on est dans un lieu de rencontre mais on peut aussi produire du contenu parce qu\u2019on a tous les outils. C\u2019est le principe d\u2019une \u00e9quipe de r\u00e9daction dans un lieu citoyen. Dans les caf\u00e9 philos, les gens viennent \u00e9couter. Moi, je propose un lieu o\u00f9 on vient d\u00e9battre et diffuser quelque chose \u00e0 partir du d\u00e9bat \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Pour Maurice Benhayoun, responsable de la D\u00e9l\u00e9gation aux usages de l\u2019internet, \u00a0\u00ab <em>Le prochain d\u00e9fi est de traiter correctement le rapport avec la banlieue. Si on veut montrer qu\u2019on est \u00e0 la pointe de la question, c\u2019est le grand pari du Paris \u00e0 venir. On peut le traiter en repensant la fertilit\u00e9 des banlieues\u00a0\u00bb. <\/em>Et de pr\u00e9coniser un certain nombre de pistes<em> : \u00ab\u00a0notamment reconstruire le r\u00e9seau de MJC, lieu toujours ouvert o\u00f9 on peut toujours entrer. Aujourd\u2019hui, les probl\u00e8mes se cristallisent sur les cages d\u2019escalier, parce que les jeunes n\u2019ont pas de lieu o\u00f9 aller, pas de salle de jeu, pas de lieu de rencontre l\u00e9gitime. Les salles de sport sont efficaces, elles sont d\u2019abord un lieu de rencontre. A Champigny, le commissariat est au centre de la Cit\u00e9<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la multiplication des lieux favorisant la rencontre et la cr\u00e9ativit\u00e9 c\u2019est bien la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau \u00ab vivre ensemble \u00bb dont il s\u2019agit. Les \u00ab tiers lieux \u00bb apparaissent alors comme des dispositifs cl\u00e9 en compl\u00e9mentarit\u00e9 avec les r\u00e9seaux sociaux de proximit\u00e9 afin de favoriser la solidarit\u00e9 de proximit\u00e9.<\/p>\n<p>Inaugur\u00e9e par Xavier Darcos, Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarit\u00e9 et de la Ville<em>, <\/em><strong>la Maison des Voisins,<\/strong> implant\u00e9e dans le 17\u00e8me arrondissement de Paris, est le premier espace d\u00e9di\u00e9 au d\u00e9veloppement des solidarit\u00e9s de voisinage et \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration du climat social dans les immeubles ou les lotissements. Lieu de rencontre, la Maison des Voisins doit permettre de cr\u00e9er une dynamique positive entre les habitants, qui deviennent acteurs \u00e0 part enti\u00e8re de tous les projets du quartier. \u00a0\u00bb Avec la Maison des Voisins, nous voulons stimuler les solidarit\u00e9s de proximit\u00e9 en mettant \u00e0 la disposition des habitants des outils simples et efficaces pour d\u00e9velopper des liens de proximit\u00e9, se former, partager des id\u00e9es d\u2019action, des exp\u00e9riences\u2026 \u00bb d\u00e9clare Atanase P\u00e9rifan, Pr\u00e9sident de l&rsquo;association <em>\u00ab\u00a0Voisins Solidaires\u00a0\u00bb<\/em> et cr\u00e9ateur de la F\u00eate des Voisins. La premi\u00e8re maison-pilote a ouvert ses portes au 1bis, rue Descombes 75017 Paris. L&rsquo;association Voisins Solidaires pr\u00e9voit d&rsquo;ouvrir 10 nouvelles Maisons des Voisins d&rsquo;ici fin 2010 un peu partout en France en partenariat avec les mairies, les bailleurs sociaux\u2026 Elle envisage par ailleurs de croiser les maisons des voisins avec les r\u00e9seaux sociaux de mise en relation entre habitants. Des contacts sont en cours avec Charles Verdugo, responsable de ma-residence.fr, et avec Nathan Stern, fondateur de Peuplade et de Voisin\u2019Age.<\/p>\n<p>Dans une vision prospective imagin\u00e9e dans le cadre du <strong>programme \u00ab Plus longue la vie \u00bb<\/strong>, le sc\u00e9nario du MAGASIN redonne aux espaces de grande distribution, la chaleur et la convivialit\u00e9 des march\u00e9s, en imaginant un espace coop\u00e9ratif entre grande distribution et ressources locales. Le MAGASIN est un espace d\u00e9di\u00e9 au ravitaillement sous toutes ses formes : services de portage de repas, associations de cuisiniers amateurs, wiki territorial des producteurs locaux, locaux disponibles pour une serre agricole partag\u00e9e\u2026 Qu\u2019il soit positionn\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie des villes, ou en milieu rural, le dispositif cr\u00e9e un \u00ab\u00a0\u00e9co-syst\u00e8me\u00a0\u00bb, dynamisant la vie sociale, recr\u00e9ant du lien et une \u00e9thique solidaire et durable autour des activit\u00e9s de consommation. Le dispositif FIL D\u2019ARIANE propose un r\u00e9seau de ressources mat\u00e9rielles et humaines pour favoriser le maintien \u00e0 domicile et les opportunit\u00e9s d\u2019entraides entre les habitants. On y retrouve les patients, mais aussi leurs proches (les \u00ab personnes relais \u00bb), les soignants \u00e0 domicile, les associations, les groupes b\u00e9n\u00e9voles. Au centre du dispositif Fil d\u2019Ariane (cit\u00e9 pour les r\u00e9seaux sociaux) une ANNEXE h\u00e9berge les professionnels de sant\u00e9 et favorise l\u2019\u00e9change de paroles et la coordination des acteurs en \u00e9vitant le pi\u00e8ge d\u2019une relation de soin d\u00e9shumanis\u00e9e.<\/p>\n<h2><strong>Le renouveau des Espaces publics num\u00e9riques<\/strong><\/h2>\n<p>N\u00e9s il y a presque 15 ans pour lutter en faveur de l\u2019e-inclusion, les lieux d&rsquo;acc\u00e8s public \u00e0 Internet sont aujourd\u2019hui plusieurs milliers sur toute la France.<\/p>\n<p>En Ile-de-France, Sur les huit d\u00e9partements qui constituent le territoire r\u00e9gional, deux d\u2019entre eux ont mis en place une politique volontariste de d\u00e9veloppement d\u2019espaces publics num\u00e9riques sur leur territoire : Paris et l\u2019Essonne et de fa\u00e7on moindre les Yvelines. Une dizaine de collectivit\u00e9s locales ont une coordination territoriale et, \u00e0 ces personnes, viennent s\u2019ajouter les r\u00e9seaux nationaux ou m\u00e9tiers qui ont \u00e9galement une coordination et animation r\u00e9gionale. Il s\u2019agit aujourd\u2019hui principalement des Cyber-base anim\u00e9 par la Caisse des D\u00e9p\u00f4ts et Consignations, des Point Cyb initi\u00e9s par le Minist\u00e8re de la Jeunesse et des Sports, ou encore de r\u00e9seaux comme celui de la F\u00e9d\u00e9ration des Centres Sociaux Parisiens\u2026 435 espaces publics num\u00e9riques (EPN) ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s sur le territoire francilien par Artesi Ile-de-France. La plupart des EPN sont d\u00e9sormais int\u00e9gr\u00e9s dans une structure existante ayant ses propres activit\u00e9s et publics, comme des biblioth\u00e8ques ou m\u00e9diath\u00e8ques, des centres sociaux ou maisons de quartier\u2026 L\u2019objectif pour Artesi-Ile-de France \u00ab <em>est de travailler \u00e0 un maillage territorial coh\u00e9rent avec une vis\u00e9e d\u2019\u00e9quit\u00e9 territoriale pour l\u2019acc\u00e8s accompagn\u00e9 \u00e0 Internet et au multim\u00e9dia<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>En France, la ville de Brest a pouss\u00e9 le plus loin cette politique en cr\u00e9ant un maillage terrritorial dense de PAPI (point d\u2019acc\u00e8s public \u00e0 internet) int\u00e9gr\u00e9s dans des lieux ordinaires de proximit\u00e9 et impliquant les acteurs de la cit\u00e9 dans l\u2019accompagnement des usages.<br \/>\nUne r\u00e9sidence, concernant l\u2019avenir des espaces publics num\u00e9riques, men\u00e9e en R\u00e9gion PACA dans le cadre du programme de la 27\u00b0 R\u00e9gion (laboratoire d\u2019innovation publique des R\u00e9gions de France), a montr\u00e9 que l&rsquo;EPN incarne aujourd\u2019hui une approche moderne de la m\u00e9diation et de l&rsquo;espace public \u00ab\u00a0nouvelle g\u00e9n\u00e9ration\u00a0\u00bb. Il peut s&rsquo;y produire des choses qu&rsquo;on ne voit pas forc\u00e9ment dans les espaces publics traditionnels, \u00e0 l&rsquo;accueil des mairies, au sein des organismes de formation. Comme le dit Michel Briand, maire-adjoint \u00e0 Brest en charge du num\u00e9rique <em>\u00ab\u00a0nous ne sommes plus seulement dans un \u00e9quipement destin\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9carts, mais dans la palette des usages invent\u00e9s par un ensemble d&rsquo;habitants et d&rsquo;acteurs du quartier, d\u00e8s lors que les animateurs ont su d\u00e9velopper une attitude d&rsquo;attention aux personnes et aux usages potentiels\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>La r\u00e9sidence men\u00e9e dans le cadre de la 27\u00b0 R\u00e9gion a permis de r\u00e9v\u00e9ler, que les EPN ont depuis longtemps franchi le stade de simples lieux d&rsquo;acc\u00e8s pour devenir des espaces de production et d&rsquo;invention ; des lieux ouverts o\u00f9 se construisent des pratiques de m\u00e9diation nouvelles, et o\u00f9 s&rsquo;inventent des r\u00e9ponses concr\u00e8tes \u00e0 la recherche d&#8217;emploi et au d\u00e9veloppement d&rsquo;activit\u00e9s. Il est sans doute possible d&rsquo;encourager les EPN non seulement \u00e0 inventer des services, mais \u00e0 les co-concevoir avec les utilisateurs, les EPN jouant le r\u00f4le de laboratoire de nouveaux services.<\/p>\n<h2><strong>\u00a0<\/strong><strong>Des tiers lieux au service de l\u2019innovation sociale et culturelle<\/strong><\/h2>\n<p>A Nantes, l\u2019association <strong>PiNG<\/strong> pr\u00e9figure ce type de lieu, au service de l\u2019innovation sociale et culturelle pour tous : association-ressource et p\u00e9pini\u00e8re de projets innovants, PiNG conseille, accompagne et impulse des initiatives qui permettent d\u2019identifier, d\u2019exp\u00e9rimenter et d\u2019\u00e9valuer les usages sociaux et culturels li\u00e9s au multim\u00e9dia. A travers ses activit\u00e9s PING\u00a0 valorise la dimension culturelle des pratiques num\u00e9riques, \u00e0 la fois comme outils d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la culture et aux savoirs, outils d\u2019expression et de cr\u00e9ation, outils de mutualisation et de coop\u00e9ration.<\/p>\n<p>Pour Maurice Benhayoun, il faut aller plus loin : \u00ab <em>Il faut cr\u00e9er des lieux de r\u00e9flexion \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Cit\u00e9, cr\u00e9er des microsoci\u00e9t\u00e9s sur des bases politiques qu\u2019on conna\u00eet. Cr\u00e9er des lieux o\u00f9 les habitants ont une vraie raison de se situer o\u00f9 on les aide \u00e0 cr\u00e9er leur futur, d\u00e9velopper des activit\u00e9s. Cr\u00e9er des p\u00f4les de d\u00e9veloppement urbain. Rester ouvert. La r\u00e9ponse n\u2019est pas dans l\u2019industrie. Si la question sociale est prioritaire, l\u2019industrie est secondaire. Il faut faire des p\u00f4les d\u2019innovation sociale, \u00e0 l\u2019exemple des p\u00f4les de comp\u00e9titivit\u00e9. Susceptible de g\u00e9n\u00e9rer un vrai savoir et une vraie richesse. Il faut cr\u00e9er un p\u00f4le de comp\u00e9titivit\u00e9 d\u2019innovation sociale. Il y a des besoins, un potentiel de mise en \u0153uvre, il faut donner aux gens les moyens de construire ce dont ils ont besoin<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Longtemps consid\u00e9r\u00e9e de fa\u00e7on marginale et avec des moyens chichement accord\u00e9s, l\u2019innovation sociale retrouve quelques lettres de noblesse avec le num\u00e9rique dans un contexte de crise qui appelle \u00e0 la r\u00e9invention sociale. C\u2019est dans cette perspective qu\u2019il faut consid\u00e9rer le projet <em>Liens<\/em>. Une fa\u00e7on d\u2019impliquer activement la population et les structures associatives et de quartier dans la construction du \u00ab vivre ensemble \u00bb pourrait \u00eatre d\u2019encourager le d\u00e9veloppement d\u2019universit\u00e9s populaires, tout en favorisant le croisement entre culture populaire et culture num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Depuis Janvier 2009 un groupe de recherche compos\u00e9 d\u2019habitants de la ville de Ris-Orangis s\u2019est constitu\u00e9 pour r\u00e9fl\u00e9chir au concept d\u2019universit\u00e9 populaire. R\u00e9unie \u00e0 <strong>la MJC de Ris-Orangis<\/strong>, la d\u00e9marche est accompagn\u00e9e depuis le commencement par un philosophe, Miguel Benasayag, qui a une exp\u00e9rience int\u00e9ressante de cr\u00e9ation d\u2019universit\u00e9 populaire depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es dans diff\u00e9rents pays (France, Argentine, Italie, Belgique, Bolivie, etc.). Afin de redonner aux femmes et aux hommes de la puissance d&rsquo;agir dans un monde envahi par le n\u00e9gatif, l\u2019objectif des <strong>\u00ab Universit\u00e9 populaire-laboratoire social \u00bb<\/strong> (UPLS) est de construire des savoirs concrets qui \u00e9mergent de situations concr\u00e8tes v\u00e9cues par les personnes rencontr\u00e9es (travail, \u00e9cole, transport, h\u00f4pital, prisons, luttes de sans papiers, etc.) et de recueillir, en un territoire donn\u00e9, ce que Foucault a nomm\u00e9 les \u00ab savoirs assujettis \u00bb, savoirs locaux et territorialis\u00e9s \u00e0 partir desquels les personnes concern\u00e9es pourront formuler des hypoth\u00e8ses th\u00e9oriques et pratiques afin de se r\u00e9approprier leur vie. Le dispositif des UPLS permet ainsi de rechercher et de proposer des r\u00e9ponses collectives et pratiques aux dysfonctionnements d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 trop marqu\u00e9e par l\u2019id\u00e9ologie n\u00e9olib\u00e9rale. Cette universit\u00e9 est dite \u00ab populaire \u00bb parce qu&rsquo;elle a vocation \u00e0 \u00eatre la plus large possible, \u00e0 d\u00e9velopper son champ d&rsquo;action dans un grand p\u00e9rim\u00e8tre, celui des habitants d&rsquo;un quartier, par exemple, comme c&rsquo;est le cas dans l&rsquo;exp\u00e9rience qui commence \u00e0 \u00eatre men\u00e9e par la MJC de Ris-Orangis.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article r\u00e9dig\u00e9 par Christine Bala\u00ef, dans le cadre de l\u2019\u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par le Laboratoire LISE du CNAM pour la ville de Paris, \u00ab\u00a0Pratiques culturelles \u00e0 l\u2019horizon 2030\u00a0\u00bb, 2012 Au croisement du territoire r\u00e9el et du virtuel, de nouveaux lieux \u00e9mergent ou d\u2019anciens lieux sont r\u00e9investis. Ces lieux tiers en facilitant la rencontre, le partage, la &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/2017\/04\/07\/les-tiers-lieux-espaces-demergence-et-de-creativite\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Les tiers-lieux, espaces d\u2019\u00e9mergence et de cr\u00e9ativit\u00e9&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":45,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-23","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8eU1p-n","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/users\/45"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23\/revisions\/25"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/recherche-action.fr\/tierslieunomade\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}