{"id":894,"date":"2014-12-30T10:23:57","date_gmt":"2014-12-30T09:23:57","guid":{"rendered":"http:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/?p=894"},"modified":"2019-08-19T22:29:10","modified_gmt":"2019-08-19T20:29:10","slug":"mobilier-urbain-anti-pauvre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/2014\/12\/30\/mobilier-urbain-anti-pauvre\/","title":{"rendered":"Mobilier urbain anti-pauvre"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">Entre marchandisation et s\u00e9curisation de l\u2019espace<\/p>\n<p>Le mobilier urbain anti-pauvre (et anti-jeune) se multiplie comme l\u2019esth\u00e9tique lisse et saillante d&rsquo;une violence ordonn\u00e9e appel\u00e9e \u00ab design d\u00e9fensif \u00bb. Cela fait plus d&rsquo;une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es que les premiers dispositifs sont apparus en France.<\/p>\n<p>La r\u00e9cente pol\u00e9mique initi\u00e9e par la mairie d\u2019Angoul\u00eame de privatiser des bancs publics en les entourant de grillages n\u2019est que la partie \u00e9merg\u00e9e d\u2019un mouvement de fond qui touche \u00e0 la gestion de l\u2019espace public comme r\u00e9v\u00e9lateur des rapports sociaux d\u2019une soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Les excroissances urbaines de ce mobilier[1] ne s\u2019adressent pas seulement aux clochards bruyants, aux punks \u00e0 chiens itin\u00e9rants, mais \u00e0 tous ceux qui dorment, stationnent, se rassemblent, glissent, jouent et se jouent de ce mobilier et qui n\u2019ont pas d\u2019autres choses de plus int\u00e9ressantes et futiles \u00e0 faire que de parler, se rencontrer, se raconter, s\u2019amuser, bref de jouir et produire une socialit\u00e9 urbaine au pouvoir fortement diversifiant et int\u00e9grateur, mais difficilement r\u00e9cup\u00e9rable dans le circuit marchand.<\/p>\n<p>Si les commer\u00e7ants du centre-ville d\u2019Angoul\u00eame ne veulent plus de ces gueux et ont alert\u00e9 la municipalit\u00e9, ce n\u2019est pas pour rendre la rue plus vivable, mais la rendre plus propre \u00e0 la consommation. En cela, il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence notable, entre l\u2019esth\u00e9tique urbaine lisse et l\u2019esth\u00e9tique t\u00e9l\u00e9visuelle lisse qui veut rendre un peu plus de cerveaux disponibles propres \u00e0 consommer la publicit\u00e9 comme le confiait de mani\u00e8re si d\u00e9sarmante un responsable de cha\u00eene. Finalement, c\u2019est toute l\u2019existence humaine et plus simplement sa force de travail qui n\u2019est accept\u00e9e et acceptable que marchandis\u00e9e et marchandisable[2].<\/p>\n<p>Pour pousser \u00e0 accepter ce glissement depuis quelques d\u00e9cennies, nos diff\u00e9rents gouvernements aimeraient faire croire que seule l\u2019\u00e9conomie nous gouverne. La duperie vient de la pr\u00e9tention \u00e0 nous donner du travail alors que l\u2019int\u00e9r\u00eat industriel r\u00e9side dans ce que l\u2019on fait quand on ne travaille pas. Pour vendre des \u00e9motions par procuration, les espaces de vie sont devenus des enjeux \u00e9conomiques essentiels \u00e0 condition d\u2019en d\u00e9loger la conscience politique, c\u2019est-\u00e0-dire fermer l\u2019espace public. Mais c\u2019est finalement fermer toute la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la vie, elle s\u2019autodig\u00e8re dans une \u00e9conomie anthropophage comme un immense reality show.<\/p>\n<div class=\"jetpack-video-wrapper\"><span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe class=\"youtube-player\" width=\"1200\" height=\"675\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/8QzD-Cn3y2s?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox\"><\/iframe><\/span><\/div>\n<p>L&rsquo;architecture hostile \u00ab anti-stationnement \u00bb non seulement d\u00e9chiquette cette part d\u2019humanit\u00e9 ind\u00e9sirable, celle qui ne se laisse pas consommer et ne consomme pas, mais dans une faim insatiable agit comme un trou noir absorbant toute mati\u00e8re humaine au passage sans distinction de ressources et de couleur. C\u2019est une forme antipatrimoniale qui aspire de l\u2019int\u00e9rieur pour vider de sa substance ce qui fonde la ville, ce patrimoine commun des luttes, des croisements, de la diversit\u00e9 et de l\u2019hospitalit\u00e9.<\/p>\n<p>Des pr\u00e9curseurs comme les graffeurs[3] adeptes du \u00ab graffiti vandale \u00bb avaient d\u00e9j\u00e0 en leur temps d\u00e9cri\u00e9 ce rapport marchand \u00e0 l\u2019espace en soutenant que la r\u00e9pression de leur expression au nom du jugement esth\u00e9tique ne servait que l\u2019esth\u00e9tique lisse des panneaux publicitaires et du marketing officiel. La diff\u00e9rence, c\u2019est que l\u2019on ne paie pas pour voir leurs fresques. Un acte libre et gratuit o\u00f9 \u00ab les murs appartiennent \u00e0 ceux qui les regardent \u00bb ne peut qu\u2019interroger par sa simple existence les conditions politiques d\u2019\u00e9mergence d\u2019un espace public, cela bien avant que la mode du \u00ab Street Art \u00bb vienne lisser cette esth\u00e9tique en r\u00e9bellion recyclable. M\u00eame les policiers new-yorkais de l\u2019\u00e9poque pourtant prescripteurs du dogme de la \u00ab tol\u00e9rance z\u00e9ro \u00bb (qui connut depuis un vif succ\u00e8s mondial) reconnaissaient l\u2019absence de lien entre graffiti et criminalit\u00e9. A contrario, l\u2019initiative r\u00e9cente de la ville de Grenoble de ne pas renouveler le contrat d\u2019affichage publicitaire pour lib\u00e9rer de l\u2019espace public, si elle est une exception qui confirme la r\u00e8gle, pourrait devenir un laboratoire social tr\u00e8s int\u00e9ressant.<\/p>\n<p>Cette alliance objective pour ne pas dire connivence entre s\u00e9curisation de l\u2019espace et marchandisation de l\u2019espace conna\u00eet un nouveau d\u00e9veloppement sous l\u2019\u00e8re num\u00e9rique avec l\u2019emploi syst\u00e9matique de l\u2019\u00ab Analyse des formes de vie \u00bb (pattern of life analysis). Qu\u2019il s\u2019agisse de surveiller la population ou de lui vendre quelque chose, le principe reste le m\u00eame : collecter des donn\u00e9es multiples pour dresser des profils identifiables. Des clics Facebook aux cam\u00e9ras de surveillance, ce qui est important ce n\u2019est plus vous en tant que personne, mais votre profil. Il s\u2019agit de cerner une \u00ab signature \u00bb par vos habitudes, vos trajets, vos conversations, vos liens.<\/p>\n<p>Ces m\u00e9thodes de sch\u00e9matisation gomment les asp\u00e9rit\u00e9s et les singularit\u00e9s individuelles pour dresser des cat\u00e9gories qui deviennent des \u00ab publics cibles \u00bb au profit d\u2019usages commerciaux ou s\u00e9curitaires. Les drones antiterroristes[4] et les programmes fureteurs sur Internet ob\u00e9issent aux m\u00eames algorithmes. Pour tuer ou faire consommer, il faut d\u00e9terminer l\u2019intention avant que l\u2019acte soit commis en comparant votre comportement \u00e0 un sch\u00e9ma type. Votre pattern virtuel vous colle \u00e0 la peau de mani\u00e8re bien r\u00e9elle et \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019avatar de \u00ab Second Life \u00bb, vous ne pouvez pas tourner le bouton pour arr\u00eater la machine. Cette d\u00e9shumanisation par dissociation enl\u00e8ve tout libre arbitre aussi bien pour la victime que pour le bourreau. Ce \u00ab syst\u00e8me technicien \u00bb[5] pr\u00e9c\u00e8de les nouvelles technologies qui sont venues le renforcer. Il s\u2019auto-alimente comme une force de production autonome, une entit\u00e9 sp\u00e9cifique d\u00e9coupl\u00e9e moralement de l\u2019homme et fonctionnant d\u2019autant mieux que l\u2019homme reste ignorant de sa condition. Remarquons que le chiffre \u00ab z\u00e9ro \u00bb s\u2019emploie fr\u00e9quemment pour qualifier des directives ou des dispositifs s\u00e9curitaires : \u00ab z\u00e9ro risque \u00bb, \u00ab tol\u00e9rance z\u00e9ro \u00bb. C\u2019est le propre du langage binaire informatique. Le syst\u00e8me technicien n\u2019est pas contre l\u2019homme ou pour l\u2019homme, il est autre, il est \u00ab z\u00e9ro \u00bb ou \u00ab un \u00bb.<\/p>\n<p>Cette \u00ab police des sch\u00e9mas \u00bb s\u2019applique aux pauvres pour les constituer en cat\u00e9gorie \u00e9jectable de l&rsquo;espace public. Il s\u2019agit de criminaliser leur pr\u00e9sence comme un facteur anxiog\u00e8ne ou pathog\u00e8ne \u00e0 \u00e9radiquer. Cette rh\u00e9torique du \u00ab territoire \u00e0 reconqu\u00e9rir \u00bb s\u2019emploie aussi pour les banlieues afin de justifier la militarisation de la police[6]. La construction sociale (naturalisation) d\u2019une population discrimin\u00e9e par ethnicisation de l\u2019espace fabrique un groupe \u00e0 part pour lequel il devient \u00ab naturel \u00bb qu\u2019il ne poss\u00e8de pas tout \u00e0 fait les m\u00eames droits que la communaut\u00e9 des citoyens[7]. Pour \u00eatre acceptable, le recours syst\u00e9matique \u00e0 la force doit appara\u00eetre comme la violence l\u00e9gitime de l\u2019autorit\u00e9 publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">C\u2019est le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 de racialisation sur lequel se sont appuy\u00e9es les dominations coloniales ou esclavagistes. Pour les priver de toute libert\u00e9 et faire fonctionner les transactions \u00e9conomiques, il \u00e9tait important que l\u2019esclave devienne un mobilier. Loin des fers de fond de cale, de mani\u00e8re plus subtile et cach\u00e9e, le \u00ab design pattern \u00bb du mobilier urbain d\u00e9fensif correspond au \u00ab social pattern \u00bb du pauvre transformer en mobilier que l\u2019on peut ensuite impun\u00e9ment chasser en masse. Cela se traduit en syst\u00e8me technicien par : \u00ab <em>concevoir un mod\u00e8le r\u00e9pondant \u00e0 un probl\u00e8me r\u00e9current <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00ab La gestion technocratique consid\u00e8re les corps comme des objets qui g\u00eanent la r\u00e9gulation des flux.\u2008Les citoyens sont infantilis\u00e9s, agress\u00e9s pas ces dispositifs anti-ergonomiques.\u2008L&rsquo;espace est d\u00e9gradant\/d\u00e9grad\u00e9.\u2008Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;espace public cesse d&rsquo;\u00eatre un espace partag\u00e9.\u2008Ils incarnent les violences du pouvoir \u00bb (Le \u00ab Repos du fakir \u00bb esquisse une typologie du mobilier urbain parisien, <a href=\"http:\/\/www.nepasplier.fr\/pdf\/citoyens-citadins\/observatoire\/editions\/le-repos-du-fakir.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">livret compl\u00e9mentaire<\/a>) :<\/p>\n<div class=\"jetpack-video-wrapper\"><span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe class=\"youtube-player\" width=\"1200\" height=\"675\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Qv3M7FxJqtM?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox\"><\/iframe><\/span><\/div>\n<p style=\"text-align: right;\">Les vendeurs de rue appel\u00e9s \u00ab biffins \u00bb[8], descendant des chiffonniers, dont on pourrait reconna\u00eetre pourtant l\u2019utilit\u00e9 \u00e9conomique en tant que r\u00e9cup\u00e9rateurs vendeurs de nos objets d\u00e9laiss\u00e9s sont chass\u00e9s de nos rues et de nos squares. La comparaison avec les sc\u00e8nes de chasse est d\u2019autant plus frappante que les forces de police sont parfois \u00e9quip\u00e9es de v\u00e9los, motos, chevaux, renfor\u00e7ant du haut de leur monture l\u2019instinct du pr\u00e9dateur face au gibier.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">La chasse \u00e0 l\u2019homme est un rituel qui ne date pas d\u2019hier[9], mais il ne s\u2019agit pas comme au XVIIe si\u00e8cle sous le couvert de l\u2019id\u00e9ologie hygi\u00e9niste de r\u00e9cup\u00e9rer les pauvres dans la rue pour les enfermer \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital G\u00e9n\u00e9ral afin de les mettre de force au travail. Aujourd\u2019hui, la peur des classes dangereuses se traduit par des mesures d\u2019\u00e9loignement dans des territoires non d\u00e9finis, loin tr\u00e8s loin, un nulle part au-del\u00e0 de la ligne d\u2019horizon du pensable afin que nous ne puissions pas d\u00e9noncer les conditions de vie infra-humaines de cette rel\u00e9gation.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Tout processus d\u2019oppression g\u00e9n\u00e8re sa culture de r\u00e9sistance. Les luttes sociales se r\u00e9inventent \u00e0 l\u2019aune du changement radical des rapports de production. Un syst\u00e8me \u00e0 pr\u00e9tention totalitaire poss\u00e8de ses propres failles. La rue, par le fait m\u00eame qu\u2019elle est \u00e0 la fois le d\u00e9but et la fin d\u2019un processus de marchandisation, provoque des tensions. Par exemple, entre des \u00e9mergences insoumises et leur r\u00e9cup\u00e9ration en tendances mainstream se logent des pratiques urbaines cr\u00e9atrices comme nous l\u2019avons remarqu\u00e9 \u00e0 propos du graffiti ou du parkour[10].<\/p>\n<p>Des pratiques d\u2019\u00ab urbain hacking \u00bb appliquent comme son nom l\u2019indique la culture hacker du d\u00e9tournement-r\u00e9appropriation aux \u00e9l\u00e9ments de l\u2019espace urbain comme voie possible d\u2019une auto-fabrication de la ville. Ainsi, au design \u00ab d\u00e9fensif \u00bb technicien s\u2019oppose un design \u00ab Do-It-Yourself \u00bb spontan\u00e9 et brut selon les m\u00e9thodes cr\u00e9atives de r\u00e9cup\u00e9ration et recyclage des mat\u00e9riaux disponibles en formes nouvelles (\u00ab upcycling \u00bb). Quelques installations \u00ab hacktivistes \u00bb :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/lesberges.paris.fr\/agenda\/dn-100-urban-furniture-oliver-shau\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Oliver Schau<\/a> <a href=\"http:\/\/www.florianriviere.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Florian Riviere<\/a> <a href=\"http:\/\/www.raincityhousing.org\/what-we-do\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">RainCity Housing<\/a><\/p>\n<p>C\u2019est une mani\u00e8re de r\u00e9affirmer le caract\u00e8re non-propri\u00e9taire de l\u2019espace public comme espace du commun partageable. Cette approche interventionniste et exp\u00e9rimentale au-del\u00e0 de son caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et bricol\u00e9, si elle est port\u00e9e par ceux qui vivent \u00ab dans \u00bb la rue ou \u00ab de \u00bb la rue peut se traduire en processus d\u2019innovation sociale apportant des r\u00e9ponses concr\u00e8tes et peu on\u00e9reuses, du logement des sans-abris \u00e0 l\u2019\u00e9tal des r\u00e9cup\u00e9rateurs-vendeurs. Des exp\u00e9rimentations de \u00ab Guerrilla Housing \u00bb :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/karlphilips.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Karl Philips<\/a> <a href=\"http:\/\/www.ateliervanlieshout.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Atelier Van Lieshout<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Design d\u2019abri pour les sans-abri :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.designboom.com\/project\/pumpjump\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Jeong-Yun Heo<\/a> <a href=\"http:\/\/www.yankodesign.com\/2007\/02\/15\/urban-shell-shelter-for-homeless-by-agustin-otegui\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Agustin Otegui<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ces mouvements de type \u00ab Guerrilla Housing \u00bb qui exploitent les interstices urbains et juridiques pour instaurer un habitat non-conformiste participent \u00e0 l\u2019ouverture de contre-espaces, qui ne sont pas \u00ab contre \u00bb, mais \u00ab tout-contre \u00bb[11]. Certains forment de v\u00e9ritables \u00e9cosyst\u00e8mes humains pour constituer des archipels comme le r\u00e9seau des tiers-lieux ou des ZAD. Ces espaces autonomes sont propices \u00e0 un nouvel imaginaire instituant[12] une \u00ab architecture fluide \u00bb qui replace l\u2019humain au centre[13] et une \u00ab rue marchande \u00bb[14] qui se base sur une ma\u00eetrise d\u2019usage de l\u2019espace public.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Hugues Bazin<\/p>\n<div class=\"wpfilebase-file-default\" onclick=\"if('undefined' == typeof event.target.href) document.getElementById('wpfb-file-link-1').click();\">\r\n  <div class=\"icon\"><a href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/download\/espaces%20et%20territoires\/2016_Le-mobilier-urbain-anti-pauvres.pdf\" target=\"_blank\" title=\"Download Le Mobilier Urbain Anti-pauvres\"><img decoding=\"async\" align=\"middle\" src=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-includes\/images\/crystal\/document.png\" alt=\"Le Mobilier Urbain Anti-pauvres\" \/><\/a><\/div>\r\n  <div class=\"filetitle\">\r\n    <a href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/download\/espaces%20et%20territoires\/2016_Le-mobilier-urbain-anti-pauvres.pdf\" title=\"Download Le Mobilier Urbain Anti-pauvres\" target=\"_blank\" id=\"wpfb-file-link-1\">Le Mobilier Urbain Anti-pauvres<\/a>\r\n    \r\n    <br \/>\r\n    2016_Le-mobilier-urbain-anti-pauvres.pdf<br \/>\r\n    Version\u00a0:  2016 <br \/>\r\n  <\/div>\r\n  <div class=\"info\">\r\n    1.1 MiB<br \/>\r\n    1358 Downloads<br \/>\r\n    <a href=\"#\" onclick=\"return wpfilebase_filedetails(1);\">D\u00e9tails<\/a>\r\n  <\/div>\r\n  <div class=\"details\" id=\"wpfilebase-filedetails1\" style=\"display: none;\">\r\n  \r\n  <table border=\"0\">\r\n   \r\n   \r\n   <tr><td><strong>Plateformes:<\/strong><\/td><td>Windows 8<\/td><\/tr>\r\n   \r\n   <tr><td><strong>Cat\u00e9gorie:<\/strong><\/td><td>Espaces Et Territoires<\/td><\/tr>\r\n   \r\n   <tr><td><strong>Date:<\/strong><\/td><td>9 mai 2016<\/td><\/tr>\r\n  <\/table>\r\n  <\/div>\r\n <div style=\"clear: both;\"><\/div>\r\n<\/div>\n<p>[1] Des sites recensent cette \u00ab nouvelle architecture \u00bb, piques sur le sol, bancs inclin\u00e9s, fausses plantes d\u00e9coratives pour emp\u00eacher de s&rsquo;asseoir ou se coucher\u2026 : <a href=\"http:\/\/contrelavillehostile.wesign.it\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/contrelavillehostile.wesign.it\/fr <\/a>&#8211; <a href=\"http:\/\/urbanisme-inhumain.tumblr.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/urbanisme-inhumain.tumblr.com\/<\/a> &#8211; <a href=\"http:\/\/www.survivalgroup.org\/anti-site.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.survivalgroup.org\/anti-site.html <\/a>&#8211; <a href=\"http:\/\/unpleasant.pravi.me\/category\/strategies\/reapropriation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/unpleasant.pravi.me\/category\/strategies\/reapropriation\/ <\/a><br \/>\n[2] Bernard Floris, Marin Ledun, <em>La vie marchandise : Du berceau \u00e0 la retraite, le marketing veille sur vous<\/em>, La Tengo, 2013.<br \/>\n[3] Hugues Bazin, \u00ab <a href=\"http:\/\/biblio.recherche-action.fr\/document.php?id=427\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">L\u2019art d\u2019intervenir dans l\u2019espace public<\/a> \u00bb, document \u00e9lectronique, 2005.<br \/>\n[4] Gr\u00e9goire Chamayou, <em>Th\u00e9orie du drone,<\/em> La Fabrique Editions, 2013<br \/>\n[5] Jacques ELLUL,<em> Le Syst\u00e8me technicien<\/em>, Calmann-L\u00e9vy, 1977. \u2013 <em>Le bluff technologique<\/em>, Hachette, 1988 (coll. La force des id\u00e9es).<br \/>\n[6] Didier Fassin, <em>La force de l&rsquo;ordre. Une anthropologie de la police des quartiers,<\/em> Paris, \u00c9ditions du Seuil, 2011. Beno\u00eet Dupont, Fr\u00e9d\u00e9ric Lemieux, <em>La militarisation des appareils policiers<\/em>, Presses Universitaires de Laval, 2005. Hac\u00e8ne Belmessous, <em>Op\u00e9ration Banlieues. Comment l&rsquo;\u00c9tat pr\u00e9pare la guerre urbaine dans les cit\u00e9s fran\u00e7aises<\/em>, La D\u00e9couverte, 2010 (Col : Cahiers Libres).<br \/>\n[7] Lo\u00efc Wacquant, <em>Punir les pauvres. Le nouveau gouvernement de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 sociale,<\/em> Agone, 2004.<br \/>\n[8] Hugues Bazin, \u00ab <a href=\"http:\/\/recherche-action.fr\/ruemarchande\/2013\/11\/11\/les-pecheurs-de-lune\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Les p\u00eacheurs de lune<\/a> \u00bb, document \u00e9lectronique, 2013. Hugues Bazin, St\u00e9phane Rullac, \u00ab Les biffins et leurs espaces marchands : seconde vie des objets et des hommes \u00bb, Informations sociales no182, Paris : CNAF, 2014, pp.68-74<br \/>\n[9] Gr\u00e9goire Chamayou, <em>Les Chasses \u00e0 l\u2019homme,<\/em> La Fabrique \u00e9ditions, 2010.<br \/>\n[10] Hugues Bazin, \u00ab <a href=\"http:\/\/biblio.recherche-action.fr\/document.php?id=632\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Les arpenteurs ouvreurs d\u2019espaces<\/a> \u00bb, revue Arpentages, 2013.<br \/>\n[11] Hugues Bazin, \u00ab <a href=\"http:\/\/biblio.recherche-action.fr\/document.php?id=636\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Les figures du tiers espace : contre-espace, tiers paysage, tiers lieu<\/a> \u00bb, document \u00e9lectronique, 2013.<br \/>\n[12] Cornelius Castoriadis,<em> L&rsquo;Institution imaginaire de la soci\u00e9t\u00e9<\/em>, 1975, Seuil.<br \/>\n[13] Hugues Bazin, \u00ab <a href=\"http:\/\/biblio.recherche-action.fr\/document.php?id=682\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La marchabilit\u00e9 du citoyen arpenteur acteur chercheur, \u00e9cologie des mobilit\u00e9s et architecture fluide<\/a> \u00bb, document \u00e9lectronique, 2014 (A para\u00eetre dans la revue Arpentages)<br \/>\n[14] <a href=\"http:\/\/recherche-action.fr\/ruemarchande\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/recherche-action.fr\/ruemarchande\/<\/a><\/p>\n<ul>\n<li>\n<hr \/>\n<p>Cr\u00e9dit vid\u00e9o : Fabian Brunsing, <a href=\"http:\/\/vimeo.com\/1665301%20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Pay &amp; Sit &#8211; the Private Bench,<\/a> 1&Prime;27, 2008, &#8211; <a href=\"http:\/\/www.arte.tv\/fr\/paris-le-mobilier-anti-sdf\/3032494,CmC=3032528.html%20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Arte Journal, Paris : le mobilier anti-SDF<\/a>, 2&Prime;26, 2010 &#8211; Gilles Pat\u00e9, St\u00e9phane Argillet, <a href=\"http:\/\/www.gilfakir.com\/fakir.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Le repos du fakir<\/a>, 6&Prime;20, Canal Marches 2003<\/li>\n<li>Cr\u00e9dit photos N&amp;B : Paps Tour\u00e9, <a href=\"http:\/\/www.papstoure-photographe.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Homeless<\/a>, 2009 &#8211; photos mobilier anti-site : <a href=\"http:\/\/urbanisme-inhumain.tumblr.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Urbanisme inhumain<\/a> &#8211; <a href=\"http:\/\/www.survivalgroup.org\/anti-site.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Survival group<\/a> &#8211; photos Biffins, ZAD : Hugues Bazin<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre marchandisation et s\u00e9curisation de l\u2019espace Le mobilier urbain anti-pauvre (et anti-jeune) se multiplie comme l\u2019esth\u00e9tique lisse et saillante d&rsquo;une violence ordonn\u00e9e appel\u00e9e \u00ab design d\u00e9fensif \u00bb. Cela fait plus d&rsquo;une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es que les premiers dispositifs sont apparus en France. 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