{"id":976,"date":"2015-04-14T11:53:58","date_gmt":"2015-04-14T10:53:58","guid":{"rendered":"http:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/?p=976"},"modified":"2022-06-07T23:06:35","modified_gmt":"2022-06-07T21:06:35","slug":"patrimoine-hiphop-villetaneuse-93","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/2015\/04\/14\/patrimoine-hiphop-villetaneuse-93\/","title":{"rendered":"Patrimoine hip-hop,  irruption d\u2019un espace du commun et po\u00e9tique de la lutte  (Villetaneuse &#8211; 93)"},"content":{"rendered":"<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_83 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-transparent ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/2015\/04\/14\/patrimoine-hiphop-villetaneuse-93\/#Le_patrimoine_est_moins_la_conservation_du_passe_que_la_construction_de_lavenir\" >Le patrimoine est moins la conservation du pass\u00e9 que la construction de l\u2019avenir<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/2015\/04\/14\/patrimoine-hiphop-villetaneuse-93\/#La_question_est_moins_ce_qui_fait_patrimoine_que_ceux_qui_font_patrimoine\" >La question est moins ce qui fait patrimoine que ceux qui font patrimoine<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/2015\/04\/14\/patrimoine-hiphop-villetaneuse-93\/#Reappropriation_de_lespace_public_ou_lIrruption_dun_espace_du_commun\" >R\u00e9appropriation de l\u2019espace public ou l\u2019Irruption d\u2019un espace du commun<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/2015\/04\/14\/patrimoine-hiphop-villetaneuse-93\/#Un_art_revendique_du_bricolage\" >Un art revendiqu\u00e9 du bricolage<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/2015\/04\/14\/patrimoine-hiphop-villetaneuse-93\/#Une_poetique_de_la_lutte\" >Une po\u00e9tique de la lutte<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/2015\/04\/14\/patrimoine-hiphop-villetaneuse-93\/#Ensemble_du_programme\" >Ensemble du programme :<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-7\" href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/2015\/04\/14\/patrimoine-hiphop-villetaneuse-93\/#Projet_Traces_Memoire_et_Transmission\" >Projet Traces, M\u00e9moire et Transmission<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<p>Performance\/d\u00e9bat avec la compagnie Elolongu\u00e8 et le slameur Loubaki<a href=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/11062327_884906788235166_999377927293853018_n.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-1314\" src=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/11062327_884906788235166_999377927293853018_n-200x300.jpg\" alt=\"11062327_884906788235166_999377927293853018_n\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/11062327_884906788235166_999377927293853018_n-200x300.jpg 200w, https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/11062327_884906788235166_999377927293853018_n-300x450.jpg 300w, https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/11062327_884906788235166_999377927293853018_n.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><\/p>\n<p>vendredi 17 avril &#8211; 19h &#8211; H\u00f4tel de ville de Villetaneuse (93430)<\/p>\n<p>Depuis 35 ans le patrimoine hip-hop constitue un bien commun permettant de faire soci\u00e9t\u00e9 ensemble \u00e0 travers notre diversit\u00e9, nos compl\u00e9mentarit\u00e9s et la transmission entre g\u00e9n\u00e9rations. La reconnaissance de ces formes mat\u00e9rielles et immat\u00e9rielles, sociales et culturelles est une mani\u00e8re d\u2019assurer une transition et d\u2019ouvrir un champ du possible.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_patrimoine_est_moins_la_conservation_du_passe_que_la_construction_de_lavenir\"><\/span>Le patrimoine est moins la conservation du pass\u00e9 que la construction de l\u2019avenir<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<blockquote><p>Le patrimoine n\u2019est pas une affaire de sp\u00e9cialistes, mais d\u2019acteurs populaires, pas de techniciens, mais d\u2019usagers, pas de gouvernants, mais de populations.\u00a0Entre la g\u00e9ographie industrielle du XIXe si\u00e8cle et les nouveaux p\u00f4les d\u2019attraction \u00e9conomiques du XXIe si\u00e8cle en quoi se dessine aujourd\u2019hui une nouvelle g\u00e9ographie sociale o\u00f9 les jeunes se r\u00e9approprient le sens de cette histoire tout en interrogeant la mani\u00e8re dont se compose et est gouvern\u00e9 le territoire\u00a0?<\/p><\/blockquote>\n<p>Personne ne viendra contester que la r\u00e9volution de 1789 est non seulement un fait historique, mais constitue un patrimoine commun qui permet aujourd\u2019hui de continuer \u00e0 revendiquer une citoyennet\u00e9. Ce patrimoine immat\u00e9riel repr\u00e9sente des ressources collectives r\u00e9elles comme h\u00e9ritage commun<\/p>\n<p>Le hip-hop a initi\u00e9 des pratiques qui sont devenues un bien commun qui concerne tous ceux, notamment dans les couches populaires, qui veulent promouvoir un mieux vivre ensemble, garder une ma\u00eetrise d\u2019usage de son environnement, et prennent conscience que cette exp\u00e9rience influence le cours de notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le hip-hop contribue donc tout autant \u00e0 un patrimoine culturel qui est le fruit d\u2019une r\u00e9ponse \u00e0 des conditions de vie, l\u2019expression \u00e0 la fois d\u2019une irruption dans l\u2019espace public t\u00e9moignant d\u2019une \u00e9poque, mais aussi une construction collective qui traverse les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 travers des valeurs, des pratiques, des modes de vie, des savoirs permettant plusieurs d\u00e9cennies apr\u00e8s \u00e0 des jeunes qui n\u2019\u00e9taient pas n\u00e9s au d\u00e9but des 80 de se d\u00e9finir comme acteur et auteur de cette histoire.<\/p>\n<p>L\u2019origine ne se tourne pas vers l\u2019arri\u00e8re, c\u2019est une identit\u00e9 qui se place devant nous et se construit un peu plus chaque jour. Ce qui nous d\u00e9finit, ce n\u2019est pas le fait d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0issu de\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0d\u2019aller vers\u00a0\u00bb, entre \u00ab\u00a0l\u2019identit\u00e9 racine\u00a0\u00bb de notre appartenance et \u00ab\u00a0l\u2019identit\u00e9 relation\u00a0\u00bb de notre diversit\u00e9.<\/p>\n<p>Le patrimoine ne pose donc pas des enjeux p\u00e9riph\u00e9riques, il est au contraire au c\u0153ur des questions d\u00e9mocratiques. Le monde marchandis\u00e9 a tendance \u00e0 couper ses liens en nous submergeant d\u2019une production sans sens d\u2019objets, d\u2019images, de comportements. La fonction du patrimoine justement est de redonner du sens \u00e0 ces objets, ces lieux, ces pratiques en les reliant dans un r\u00e9cit collectif, en facilitant \u00e0 travers une reconnaissance, une transmission, une capacit\u00e9 d\u2019agir. En cela tout objet, lieu, pratique peut constituer un patrimoine mat\u00e9riel, immat\u00e9riel ou symbolique.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"La_question_est_moins_ce_qui_fait_patrimoine_que_ceux_qui_font_patrimoine\"><\/span>La question est moins ce qui fait patrimoine que ceux qui font patrimoine<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<blockquote><p>L\u2019acc\u00e8s au patrimoine est un droit humain fondamental ins\u00e9parable d\u2019une \u00e9mancipation sociale dans un mouvement du bas vers le haut.<\/p><\/blockquote>\n<p>La valeur du patrimoine culturel d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 ne se situe pas au niveau de l\u2019objet du patrimoine, mais de la personne qui en b\u00e9n\u00e9ficie. La pluralit\u00e9 de la jeunesse et ses potentialit\u00e9s novatrices sont les meilleurs t\u00e9moignages d\u2019un patrimoine qui n\u2019est pas con\u00e7u comme une fin en soi, mais comme une ressource utile.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas un hasard si la Seine-Saint-Denis qui est un des d\u00e9partements les plus jeunes de France a \u00e9t\u00e9 aussi\u00a0un des plus importants foyers de l\u2019\u00e9mergence hip-hop qui valorise en retour les quartiers populaires par l\u2019histoire collective de ses habitants, ses lieux d\u2019appropriation, la diversit\u00e9 de ses pratiques culturelles. Cette richesse patrimoniale contredit les visions mis\u00e9rabilistes appos\u00e9es de l\u2019ext\u00e9rieur en proposant un autre regard sur la ville.<\/p>\n<p>Toute personne a droit de participer au patrimoine et est invit\u00e9e \u00e0 sa valorisation en tant que ressource de d\u00e9veloppement durable et de qualit\u00e9 de la vie. Ces biens communs repr\u00e9sentent un enjeu que chacun peut revendiquer.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Reappropriation_de_lespace_public_ou_lIrruption_dun_espace_du_commun\"><\/span>R\u00e9appropriation de l\u2019espace public ou l\u2019Irruption d\u2019un espace du commun<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0\u00c0 travers les espaces du commun se d\u00e9finit un art de vivre. L\u2019\u00e9conomie de vie consiste \u00e0 faire le plus possible avec et le moins possible contre les \u00e9nergies en place. Cela s&rsquo;applique aux gestes quotidiens dans tous les domaines d&rsquo;action. La notion de r\u00e9sistance trouve son extension possible \u00e0 tous les niveaux. Ce faisant il convient de se tenir en permanence en alerte afin de ne pas se trouver emport\u00e9 par le flux consum\u00e9riste\u00a0\u00bb. (\u00ab\u00a0Les jardins de r\u00e9sistance\u00a0\u00bb de Gilles Cl\u00e9ment, jardinier, paysagiste, \u00e9cologue et \u00e9crivain).<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019expression artistique permet de changer de point de vue sur ce qui nous para\u00eet familier. En explorant les ressources d\u2019un lieu parfois jug\u00e9 insignifiant, nous ouvrons des espaces-temps, peut-\u00eatre \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, mais o\u00f9 l&rsquo;on s\u2019autorise \u00e0 penser et agir autrement en brisant les repr\u00e9sentations \u00e9tablies\u2026<\/p>\n<p>Le hip-hop a permis ainsi de revaloriser la dimension d\u2019espaces publics en espace du commun. Le bas des cages d\u2019escalier, les dalles des centres commerciaux et d\u2019\u00e9tablissements publics, les gares et croisements de r\u00e9seaux de transport, les terrains vagues, friches industrielles et autres zones non attribu\u00e9es, tous ces espaces sont venus autant de lieux d\u2019exp\u00e9rience collective, de rencontres et d\u2019\u00e9changes, d\u2019exp\u00e9rimentations et de transdisciplinarit\u00e9s. C\u2019est un acte fondamental d\u2019appropriation de son espace vital qui permet de recomposer l\u2019unicit\u00e9 de son parcours de vie.<\/p>\n<p>Ces \u00e9cosyst\u00e8mes urbains sont les v\u00e9ritables biens communs, ceux du partage non-marchand, des ressources n\u00e9cessaires et de l\u2019interd\u00e9pendance des personnes.<\/p>\n<p>C\u2019est cela qui fait culture et fait que la culture participe de ces biens communs au m\u00eame titre que l\u2019eau ou l\u2019air et permet de r\u00e9sister aux formes de r\u00e9cup\u00e9ration, instrumentalisation, sectorisation, marchandisation qui repr\u00e9sente autant de segmentation du tissu urbain et des groupes humains.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Un_art_revendique_du_bricolage\"><\/span>Un art revendiqu\u00e9 du bricolage<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Puisque tu n&rsquo;as rien, tu vas faire quelque chose de magnifique. L&rsquo;art est au coin de la rue, il suffit d&rsquo;avoir des yeux de po\u00e8te\u00a0\u00bb (Bodan Litnianski,Thiebaut, Bonjour aux promeneurs\u00a0! Sur les chemins de l\u2019art brut, 1996).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je vis et je cr\u00e9e \u00e0 partir des d\u00e9chets, \u00e0 partir de rien. La nuit je suis prince et le jour mendiant\u00a0\u00bb (Chromo, art brut, 1985)<\/p><\/blockquote>\n<p>Il s\u2019agit de prendre les mat\u00e9riaux l\u00e0 o\u00f9 ils sont\u00a0: son propre corps, son environnement, des morceaux de ville. Le bricolage peut \u00eatre aussi un art, bien qu\u2019inachev\u00e9 et d\u00e9pendant des contingences du moment. C\u2019est ce qu\u2019indiquent le savoir-\u00eatre et le savoir-faire hip-hop, celui de la survie de ceux qui n\u2019ont rien au d\u00e9part et de ce rien font un capital culturel.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de cet aspect utilitaire, le bricolage d\u00e9crit aussi le processus qui compose de nouvelles formes esth\u00e9tiques \u00e0 travers la confrontation \u00e0 une mati\u00e8re qui comme le b\u00e9ton des cit\u00e9s parfois r\u00e9siste. \u00c0 la diff\u00e9rence d\u2019un enseignement acad\u00e9mique qui part d\u2019une forme d\u00e9j\u00e0 construite et d\u2019un sens pr\u00e9\u00e9tabli, ici c\u2019est l\u2019assemblage de mat\u00e9riaux qui nous enseigne sur le sens que prennent ces formes sociales et culturelles. Ainsi les pratiques hip-hop ont \u00e9labor\u00e9 un nouveau vocabulaire esth\u00e9tique qui permet de d\u00e9crypter notre soci\u00e9t\u00e9 contemporaine. Il n\u2019y a pas d\u2019interm\u00e9diaire entre le concepteur et l\u2019utilisateur, le cr\u00e9ateur et le public redonnant ainsi \u00e0 la culture son r\u00f4le vivant et politique. Les bricoleurs font de leur v\u00e9cu une \u0153uvre, il refuse de s\u00e9parer l\u2019art de la vie<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas sans raison que l\u2019art du bricolage est associ\u00e9 \u00e0 l\u2019esprit de la combine fait d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 et de ruse. Le bricolage fait partie de ce braconnage culturel, d\u00e9busquant la cr\u00e9ation dans la banalit\u00e9 de la vie quotidienne. C\u2019est un art du d\u00e9tournement et de la r\u00e9appropriation \u00e0 l\u2019origine de toute \u00e9mergence culturelle. Certains de ces mouvements comme le hip-hop sont devenus plan\u00e9taires tout en restant populaires dans le sens o\u00f9 chacun peut se le r\u00e9approprier de mani\u00e8re autodidacte en bricolant sa propre culture et sa propre exp\u00e9rience.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Une_poetique_de_la_lutte\"><\/span>Une po\u00e9tique de la lutte<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<blockquote><p>Sous la garde des g\u00e9ants, j\u2019ai plac\u00e9 l\u2019\u00e9pop\u00e9e des humbles, courb\u00e9 sur les cimes (Ferdinand cheval, inscription sur la fa\u00e7ade du palais id\u00e9al).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il se peut que, sur les ruines de la culture, une cr\u00e9ation d\u2019art renaisse, orpheline, populaire, \u00e9trang\u00e8re \u00e0 tout circuit institu\u00e9 et \u00e0 toute d\u00e9finition sociale, fonci\u00e8rement anarchiste, intense, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, d\u00e9grev\u00e9e de toute id\u00e9e de g\u00e9nie personnel, de prestige, de sp\u00e9cialisation, d\u2019appartenance ou d\u2019exclusion, de clivage entre la production et la consommation. Ce serait la ruine de toute valeur et l\u2019av\u00e8nement de l\u2019 \u201chomme du commun\u201d, d\u2019un homme sans mod\u00e8les, radicalement irrespectueux et par cons\u00e9quent cr\u00e9ateur\u00a0\u00bb (Michel Th\u00e9voz, L\u2019Art Brut, 1975).<\/p><\/blockquote>\n<p>Conna\u00eetre et se reconna\u00eetre, relier, transformer, r\u00e9sister\u2026 Ces modes d\u2019existence participent tout autant au patrimoine commun. Ces zones de lutte se d\u00e9placent avec les formes d&rsquo;exploitations, d&rsquo;un capitalisme industriel vers un capitalisme cognitif, de la subordination au travail vers le contr\u00f4le du corps, des affects, des d\u00e9placements.<\/p>\n<p>Entre insertion forc\u00e9e dans le monde du travail et pr\u00e9carit\u00e9 de moyens de subsistance r\u00e9duits \u00e0 l\u2019aide sociale, quelle marge de libert\u00e9, d\u2019autonomie, de solidarit\u00e9, d\u2019\u00e9mancipation, de cr\u00e9ativit\u00e9\u00a0? Entre mod\u00e8le lib\u00e9ral et libertaire y a-t-il une mani\u00e8re de s\u2019approprier ses espaces de vie dans un temps choisi articul\u00e9 \u00e0 nos besoins, organis\u00e9 selon nos crit\u00e8res et dans une vis\u00e9e de valorisation collective\u00a0? C\u2019est bien au patrimoine d\u2019ouvrir ce champ du possible.<\/p>\n<p>Les conflits du monde industriel du dernier si\u00e8cle ont permis de replacer la question humaine au centre de l\u2019\u00e9conomie. Depuis les ann\u00e9es 70 et ce que l\u2019on appelle \u00ab\u00a0la crise\u00a0\u00bb, les quartiers populaires sont pass\u00e9s du creuset culturel au lieu du bannissement et les logiques techniciennes rel\u00e8guent un peu plus l\u2019humain des processus de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>L\u2019art hip-hop est entr\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 par effraction pour se loger un peu partout dans les interstices et faire de nouveau ces quartiers\u00a0 des lieux d\u2019une expression universelle d\u2019\u00e9mancipation. C\u2019est dans ce sens que l\u2019on peut entendre \u00ab\u00a0cultures urbaines\u00a0\u00bb, car la ville depuis la naissance des grandes cit\u00e9s du Moyen \u00c2ge \u00e0 travers les diff\u00e9rentes migrations constitue l\u2019espace o\u00f9 les individus peuvent s\u2019affranchir du joug de la servitude.<\/p>\n<p>La banlieue n\u2019est plus le lieu du ban. Exil\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur l\u2019art outsider devient central en retournant les plis de la ville. En d\u00e9veloppant une intelligence sociale dans le lien entre le sensible et l\u2019intelligible, il nous renvoie \u00e0 l\u2019urgence de cr\u00e9er par tous les moyens imaginables. Agir sur le monde est un acte de cr\u00e9ation, c\u2019est aussi une mani\u00e8re de le comprendre et de r\u00e9affirmer son existence, non plus en tant qu\u2019objet, mais surjet de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Sur le terreau des anciennes luttes ouvri\u00e8res, des logiques autonomes et solidaires d\u00e9construisent et reconstruisent ce patrimoine commun. Chacun peut \u00eatre ce travailleur de la culture gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9tamorphose du commun en cr\u00e9ation singuli\u00e8re et trouver ainsi r\u00e9ponse \u00e0 ses attentes \u00e0 travers des formes d\u2019expressions universelles.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Ensemble_du_programme\"><\/span>Ensemble du programme :<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>\u2022 18h30 : accueil.<\/p>\n<p>\u2022 19h : visite de l&rsquo;exposition \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/fabrikart.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Fabrik&rsquo;Art<\/a>\u00a0\u00bb *<\/p>\n<p>\u2022 19h30 : performance de slam et de danse par la compagnie Elolongu\u00e9.<\/p>\n<p>\u2022 19h45 : table ronde avec Hugues Baziin, chercheur ind\u00e9pendant en sciences sociales, sp\u00e9cialiste du hip hop.<\/p>\n<p>* Premier concours de Street art industriel de Plaine Commune : Au total, dans les 9 villes de Plaine Commune, ce sont 80 jeunes qui ont laiss\u00e9 libre court \u00e0 leur imagination \u00e0 travers des graffitis sur des plaques en inox d&rsquo;\u00e9changeur thermique&#8230; Ils ont appris les techniques du graffiti pour d\u00e9tourner un objet industriel, une plaque en inox d\u2019\u00e9changeur thermique, et en faire une \u0153uvre d\u2019art<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Projet_Traces_Memoire_et_Transmission\"><\/span>Projet Traces, M\u00e9moire et Transmission<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>La compagnie Elolongu\u00e8 ouvre le propos sur la m\u00e9moire des corps, du mouvement mais aussi des habitants, sur ce qui constitue notre patrimoine commun. Car le hip-hop n&rsquo;a cess\u00e9 de laisser son empreinte sur les villes et quartiers depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 80, contribuant ainsi \u00e0 fa\u00e7onner les espaces de la ville, d\u2019hier et de demain. Ainsi la danse et le slam pourra vous permettre de vous rencontrer, et de r\u00e9inventer \u00e0 votre style hip hop les transformations urbaines de votre ville.<\/p>\n<p>La transmission du mouvement, la transcription de vos paroles, de votre ressenti sur les changements de la ville. Quel est ce patrimoine commun entre les cultures urbaines ? Qu\u2019est-ce qu\u2019on l\u2019on souhaite transmettre \u00e0 travers son parcours individuel, de g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 g\u00e9n\u00e9ration, entre Villetaneusiens de diff\u00e9rents quartiers ? La compagnie et sa directrice artistique Marguerite Mboul\u00e9 vous attend \u00e0 ses ateliers pour partager cela.<\/p>\n<p>Contact : <a href=\"mailto:cielolongue@yahoo.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cie Elolongu\u00e9<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Performance\/d\u00e9bat avec la compagnie Elolongu\u00e8 et le slameur Loubaki vendredi 17 avril &#8211; 19h &#8211; H\u00f4tel de ville de Villetaneuse (93430) Depuis 35 ans le patrimoine hip-hop constitue un bien commun permettant de faire soci\u00e9t\u00e9 ensemble \u00e0 travers notre diversit\u00e9, nos compl\u00e9mentarit\u00e9s et la transmission entre g\u00e9n\u00e9rations. La reconnaissance de ces &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1314,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false,"_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[2,3],"tags":[16,22,25,29,30,41,44,48,50,53,54,56,69,75,76,81,84,85,87,92,95],"class_list":["post-976","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-intervention","tag-banlieue","tag-centre","tag-citoyennete","tag-cultures-urbaines","tag-danse","tag-espace-public","tag-expression-artistique","tag-graffiti","tag-hip-hop","tag-innovation-sociale","tag-insertion","tag-jeunesse","tag-patrimoine","tag-quartier","tag-rap","tag-rue","tag-sciences-sociales","tag-slam","tag-territoire","tag-transmission","tag-ville"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/11062327_884906788235166_999377927293853018_n.jpg","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2QGRI-fK","jetpack_sharing_enabled":true,"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/976","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=976"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/976\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3123,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/976\/revisions\/3123"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1314"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=976"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=976"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/hugues-bazin\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=976"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}