{"id":46,"date":"2011-05-27T15:31:11","date_gmt":"2011-05-27T14:31:11","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.recherche-action.fr\/l1consolable\/?p=46"},"modified":"2011-05-27T15:31:11","modified_gmt":"2011-05-27T14:31:11","slug":"de-labsurdite-des-parkour-parks","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/recherche-action.fr\/l1consolable\/2011\/05\/27\/de-labsurdite-des-parkour-parks\/","title":{"rendered":"De l&rsquo;absurdit\u00e9 des parkour-parks"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"text-decoration: underline\"><strong><\/strong><\/span><\/span>Cette d\u00e9monstration aura l&rsquo;avantage de se contenter de peu de mots dans la mesure o\u00f9 les arguments qui la motivent rel\u00e8vent davantage du bon sens que d&rsquo;un quelconque d\u00e9bat intellectuel.<\/p>\n<p>En effet, pour constater l&rsquo;incompatibilit\u00e9 des parkour-parks avec la pratique du parkour, il suffit de se ref\u00e9rer \u00e0 la d\u00e9finition de ce dernier.<\/p>\n<p><strong>1-D\u00e9finition du parkour<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Le parkour, c&rsquo;est l&rsquo;art de se d\u00e9placer, aussi bien dans le milieu urbain que dans le milieu naturel, et c&rsquo;est se servir en fait de toutes les constructions ou les obstacles <\/em><em><span style=\"text-decoration: underline\">qui ne sont pas pr\u00e9vus pour \u00e0 la base<\/span><\/em>\u00a0\u00bb (David Belle, fondateur du parkour)<\/p>\n<p><strong>2-Voie de cons\u00e9quence<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le monde est un terrain de jeux\u00a0\u00bb, disait David Belle. Si le monde est un terrain de jeux, nul besoin d&rsquo;en construire! Tout est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, partout autour. Encore faut-il savoir regarder autour de soi.<\/p>\n<p>Se servir de tout ce qui n&rsquo;est pas pr\u00e9vu pour \u00e0 la base. Ce n&rsquo;est pas l\u00e0 un point de d\u00e9tail de la d\u00e9finition, mais bien son coeur, ce qui caract\u00e9rise cette pratique, c&rsquo;en est l&rsquo;essence. Aussi, le d\u00e9bat de savoir si un tel pr\u00e9f\u00e8re pratiquer sur les parkour-parks plut\u00f4t qu&rsquo;avec ce qui l&rsquo;entoure est \u00e0 replacer dans son contexte: il ne s&rsquo;agit pas l\u00e0 d&rsquo;une voie, d&rsquo;une mani\u00e8re de pratiquer qu&rsquo;on pourrait opposer \u00e0 une autre, d&rsquo;une \u00ab\u00a0\u00e9cole\u00a0\u00bb; non, il s&rsquo;agit tout bonnement d&rsquo;une autre activit\u00e9. Celui qui pratique sur un parkour-park ne pratique de fait pas le parkour. Il ne le peut pas parce que les mots qui d\u00e9finissent cette pratique l&rsquo;en excluent avec la plus grande fermet\u00e9. Il n&rsquo;y a pas de possibilit\u00e9 de d\u00e9rogation \u00e0 cette r\u00e8gle: le parkour, c&rsquo;est se d\u00e9placer avec ce qui vous entoure et n&rsquo;est pas pr\u00e9vu pour. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce travail de recherche, de cr\u00e9ativit\u00e9, d&rsquo;imagination, et d&rsquo;adaptation qui fait l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la discipline. Il y a l\u00e0 une diff\u00e9rence fondamentale d&rsquo;avec le skateboard qui, \u00e0 la base, ne revendique pas dans sa d\u00e9finition propre l&rsquo;usage exclusif des structures non-d\u00e9di\u00e9es. Aussi, les skateparks peuvent \u00eatre des lieux de pratique, d&rsquo;apprentissage et de perfectionnement des mouvements, de rencontre avec les autres pratiquants. Il en va tout autrement du cas du parkour. Le mot \u00ab\u00a0parkour\u00a0\u00bb d\u00e9finissant l&rsquo;activit\u00e9 qui prend pour objet de se d\u00e9placer avec toutes les structures qui ne sont pas pr\u00e9vues pour, il ne peut y avoir <em>pratique du parkour<\/em> sur une structure d\u00e9di\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette question n&rsquo;est donc pas en d\u00e9bat; elle trouve sa r\u00e9ponse dans la d\u00e9finition m\u00eame de la pratique qu&rsquo;elle questionne. C&rsquo;est pourquoi le rejet pur et simple des parkour-parks ne rel\u00e8ve en aucun cas de l&rsquo;adoption d&rsquo;une position extr\u00eamiste, mais du pur bon sens. On vise \u00e0 mettre en conformit\u00e9 th\u00e9orie et pratique, les deux se d\u00e9finissant r\u00e9ciproquement: la th\u00e9orie d\u00e9finit le pratique par les mots, la pratique la th\u00e9orie par les actes. A partir du moment o\u00f9, au sujet d&rsquo;une m\u00eame chose, les mots disent une chose, et les actes en disent une autre, il y a perte du sens. Or c&rsquo;est bien le sens qui pr\u00e9c\u00e8de les moyens, pas le contraire. On ne se demande pas ce qu&rsquo;on va faire d&rsquo;un parkour-park une fois qu&rsquo;on en a construit un; on se demande plut\u00f4t pr\u00e9alablement s&rsquo;il est utile et pertinent d&rsquo;en construire un. Mais ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y en a maintenant quelques-uns qu&rsquo;il faut se sentir oblig\u00e9s de les utiliser. Au contraire, il faut garder le sens de la pratique, et, nous l&rsquo;avons vu, cela passe par le fait de s&rsquo;adapter \u00e0 un environnement qu&rsquo;on n&rsquo;a pas choisi et qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 b\u00e2ti pour qu&rsquo;on s&rsquo;y d\u00e9place de cette fa\u00e7on. C&rsquo;est l\u00e0 que r\u00e9side le \u00ab\u00a0challenge\u00a0\u00bb. C&rsquo;est donc de d\u00e9sertion, et rien d&rsquo;autre, dont nous avons besoin; il faut massivement d\u00e9serter les parkour-parks et autres structures d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la pratique du parkour, et s&rsquo;opposer le plus fermement du monde \u00e0 la construction de nouveaux lieux de ce type. Il ne fait aucun doute que les parkour-parks tomberont en d\u00e9su\u00e9tude avant l&rsquo;essence du parkour. Parce que c&rsquo;est dans l&rsquo;essence qu&rsquo;est le sens, et pas ailleurs.<\/p>\n<p><strong>3-Mauvaises excuses<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">*Il n&rsquo;y a rien pour pratiquer l\u00e0 o\u00f9 j&rsquo;habite.<\/span><\/p>\n<p>Vu sous cet angle, c&rsquo;est s\u00fbr, \u00e7a commence mal. Il y a toujours tout ce qu&rsquo;il faut autour de soi pour pratiquer. Dans la mesure o\u00f9 le parkour est l&rsquo;art de se d\u00e9placer dans un environnement donn\u00e9 (g\u00e9n\u00e9ralement le sien propre), et donc, dans un premier temps, de s&rsquo;y adapter, quel qu&rsquo;il soit.<\/p>\n<p>Aussi, celui qui n&rsquo;a pas de murs n&rsquo;est pas d\u00e9pourvu, il doit simplement apprendre \u00e0 se d\u00e9placer avec ce qu&rsquo;il a, chercher l&rsquo;harmonie, l&rsquo;ad\u00e9quation, entre les techniques qu&rsquo;il d\u00e9veloppe et les objets auxquels elles s&rsquo;appliquent. Cela peut tr\u00e8s bien \u00eatre des buttes de terre et des racines, comme dans ces vieilles vid\u00e9os de Teige Matthews-Palmer (Angleterre).<\/p>\n<p>Ensuite, les gens ont souvent autour d&rsquo;eux bien plus de choses qu&rsquo;il ne croient \u2013 ou qu&rsquo;ils ne voient-. Le probl\u00e8me r\u00e9side g\u00e9n\u00e9ralement dans une paresse imaginative, dans un cruel manque d&rsquo;imagination et de cr\u00e9ativit\u00e9, et parfois m\u00eame simplement d&rsquo;attention.<\/p>\n<p>Dans un premier temps, il faut apprendre \u00e0 regarder autour de soi. Cela, le parkour nous l&rsquo;enseigne peu \u00e0 peu, au fil des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans un deuxi\u00e8me temps, il faut savoir \u00eatre patient, et prendre le temps de contempler ce qui nous environne. Combien de fois ai-je entendu des traceurs me dire: \u00ab\u00a0Bon, on change de spot?!\u00a0\u00bb 5 minutes apr\u00e8s \u00eatre arriv\u00e9s sur le spot en question. Pourtant, je me souviens avoir pass\u00e9 des journ\u00e9es enti\u00e8res, des semaines, parfois des mois sur un seul spot, \u00e0 chercher la moindre chose, le moindre saut qui m&rsquo;aurait \u00e9chapp\u00e9, la moindre possibilit\u00e9 inexploit\u00e9e, le moindre chemin inexplor\u00e9. Et c&rsquo;est de cette fa\u00e7on, je crois, qu&rsquo;on aiguise son regard, lequel est indispensable pour pouvoir voir ce que l&rsquo;on se cache \u00e0 soi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Dans un troisi\u00e8me temps, il faut faire travailler son imaginaire. Il faut s&rsquo;attarder, chercher, se poser, r\u00e9fl\u00e9chir&#8230;avant d&rsquo;essayer, et, peut-\u00eatre, de trouver. Il faut chercher toutes les choses qui nous entourent et que nous n&rsquo;aurions pas encore vues. Il faut chercher toutes les possibilit\u00e9es cach\u00e9es dont ces choses pourraient disposer. En faire l&rsquo;inventaire. Il faut inventer de nouveaux usages aux m\u00eames choses, et de nouveaux chemins aux m\u00eames lieux. C&rsquo;est un peu \u00e7a, le parkour.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">*Il vaut mieux pratiquer en int\u00e9rieur et\/ou sur des structures d\u00e9di\u00e9es car c&rsquo;est plus s\u00e9curis\u00e9.<\/span><\/p>\n<p>C&rsquo;est fondamentalement faux. Le parkour a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 dehors, sur les murs des banlieues parisiennes. C&rsquo;est l\u00e0 que les techniques sont n\u00e9es, qu&rsquo;elles se sont perfectionn\u00e9es, et ont ensuite \u00e9t\u00e9 transmises. Ceux qui bougent depuis plus de 20 ans sur les murs de ces villes sont aujourd&rsquo;hui encore, \u00e0 presque 40 ans, en parfaite sant\u00e9, et, pour la plupart, pratiquent toujours.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y pas de corr\u00e9lation entre ext\u00e9rieur et dangerosit\u00e9, pas plus qu&rsquo;entre structure d\u00e9di\u00e9e et s\u00e9curit\u00e9. Le parkour est, du fait du cadre dans lequel il est n\u00e9 et continue \u00e0 \u00eatre pratiqu\u00e9, une discipline du corps et de l&rsquo;esprit qui exige \u00e0 la fois de bien se conna\u00eetre, de bien conna\u00eetre son corps et ses capacit\u00e9s, ses potentialit\u00e9s, ainsi que ses limites, et \u00e0 la fois de bien conna\u00eetre l&rsquo;environnement dans lequel on \u00e9volue, de v\u00e9rifier la pr\u00e9sence de voitures avant de traverser une rue en courant (ce qui ne s&rsquo;applique d&rsquo;ailleurs pas qu&rsquo;au parkour), de v\u00e9rifier syst\u00e9matiquement la solidit\u00e9 d&rsquo;un obstacle avant d&rsquo;y sauter, d&rsquo;en conna\u00eetre la texture, de savoir si \u00e7a glisse, ou au contraire si \u00e7a rappe, s&rsquo;il y a des bouts de verre sur la surface d&rsquo;aterrissage, etc. Mais le parkour exige aussi, et pour les m\u00eames raisons, un apprentissage tr\u00e8s progressif et tr\u00e8s lent, par \u00e9tapes successives, et dans lequel les techniques dont est pas encore suffisamment s\u00fbr sont travaill\u00e9es dans des conditions de s\u00e9curit\u00e9 maximales (pas de hauteur, pas de mat\u00e9riau glissant, pas de pluie, pas de nuit, pas de saut dans une configuration dangereuse), et r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des centaines, des milliers de fois, avant d&rsquo;\u00eatre, un jour, consid\u00e9r\u00e9es comme acquises, et pouvant d\u00e8s lors \u00eatre utilis\u00e9es de mani\u00e8re plus intuitive. Il faut bien savoir distinguer entre risque et danger.<\/p>\n<p>Une situation \u00e0 risque est une situation dans laquelle il y a un certain nombre de probabilit\u00e9s pour qu&rsquo;on \u00e9choue.<\/p>\n<p>Une situation dangereuse est une situation dans laquelle la configuration des lieux ou du saut pourrait rendre l&rsquo;\u00e9chec potentiellement mortel, ou du moins tr\u00e8s dangereux.<\/p>\n<p>Ainsi, il y a des situations dans lesquelles on peut se permettre de rater un saut, o\u00f9 l&rsquo;on sait que \u00e7a n&rsquo;aura pas d&rsquo;incidence sur notre corps, o\u00f9 l&rsquo;on ne peut pas se faire mal. C&rsquo;est dans ces situations-l\u00e0 qu&rsquo;un pratiquant travaille les techniques qu&rsquo;il ne ma\u00eetrise pas encore.<\/p>\n<p>Et puis, il y a des situations dans lesquelles on sait qu&rsquo;un \u00e9chec pourrait nous \u00eatre fatal, mais o\u00f9 l&rsquo;on sait aussi qu&rsquo;il y a une probabilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9chec \u00e9gale \u00e0 z\u00e9ro, parce qu&rsquo;on conna\u00eet parfaitement et le lieu, et son corps, et la technique qu&rsquo;on utilise, et qu&rsquo;on l&rsquo;applique \u00e0 une distance dont on sait qu&rsquo;on qu&rsquo;elle se trouve en-dessous de ce que nos capacit\u00e9s nous autorisent \u00e0 faire.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9sumer, on peut tol\u00e9rer le risque l\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;y a pas de danger, et tol\u00e9rer le danger l\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;y a pas de risque, mais jamais les deux dans une m\u00eame situation.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est tout cela qui, appliqu\u00e9 avec s\u00e9rieux et au quotidien, cr\u00e9e des conditions de s\u00e9curit\u00e9 plus efficaces que n&rsquo;importe quel filet de rattrapage ou matelas. La pr\u00e9sence de ces derniers nous pousserait \u00e0 \u00e9xecuter des mouvements que nous ne ma\u00eetrisons pas, simplement parce qu&rsquo;on sait qu&rsquo;on pourra se rattraper ou qu&rsquo;il y a un matelas en-dessous, bref \u00e0 sous-estimer le danger qui, certes minor\u00e9, existe toujours en int\u00e9rieur, m\u00eame avec des matelas, et d&rsquo;autant plus que nous le prenons d&rsquo;autant moins en compte. Alors que lorsqu&rsquo;on sait qu&rsquo;il n&rsquo;y a ni matelas ni filet de s\u00e9curit\u00e9, ni personne pour nous rattraper, on ne se donne pas le droit \u00e0 l&rsquo;erreur sur l&rsquo;analyse qu&rsquo;on fait de la situation, et on n&rsquo;\u00e9xecute un saut risqu\u00e9 que parce qu&rsquo;il est sans danger, et un saut dangereux que parce qu&rsquo;il sans risque. En ce sens, il n&rsquo;y a pas meilleure s\u00e9curit\u00e9 qu&rsquo;une parfaite connaissance de soi et de son environnement, doubl\u00e9e d&rsquo;une analyse pr\u00e9cise et juste sur les situations rencontr\u00e9es. Ce n&rsquo;est pas de matelas ou de structures d\u00e9di\u00e9es qu&rsquo;a besoin le traceur pour s&rsquo;entra\u00eener en s\u00e9curit\u00e9, mais de patience et de sagesse.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">*C&rsquo;est nous qui avons con\u00e7u le lieu, du coup il y a plein de choses \u00e0 faire, c&rsquo;est g\u00e9nial!<\/span><\/p>\n<p>C&rsquo;est g\u00e9nial, mais \u00e7a n&rsquo;est pas du parkour. C&rsquo;est une activit\u00e9 autre qui fait certes usage d&rsquo;un certain nombre des techniques de base du parkour. Mais les structures auxquelles elles sont appliqu\u00e9es n&rsquo;ont rien d&rsquo;un environnement all\u00e9atoire ou hasardeux, rien qui ne demande quelque facult\u00e9 d&rsquo;adaptation que ce soit, rien qui ne fasse fonctionner l&rsquo;imagination et la recherche cr\u00e9ative propres au parkour, rien qui ne ressemble de pr\u00e8s ou de loin \u00e0 quelque chose <em>qui ne serait pas pr\u00e9vu pour \u00e0 la base<\/em>. Aussi, ce peut \u00eatre \u00ab\u00a0g\u00e9nial\u00a0\u00bb pour cette autre activit\u00e9 alors pratiqu\u00e9e, mais il n&rsquo;en demeure pas moins que pour le parkour, c&rsquo;est aussi inutile qu&rsquo;inutilisable.<\/p>\n<p>Quant au fait que le lieu ait \u00e9t\u00e9 con\u00e7u en partenariat avec des traceurs, voire par eux seuls, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que se trouve le probl\u00e8me. Si c&rsquo;est nous qui concevons les lieux d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la pratique du parkour qui est la notre, on tombe alors dans la pire des d\u00e9rives: non seulement nous pratiquons sur des structures con\u00e7ues pour (ce qui pose un probl\u00e8me insoluble par rapport \u00e0 la d\u00e9finition de la pratique), mais en plus nous sommes \u00e0 l&rsquo;origine de leur conception (ce qui op\u00e8re un renversement des termes impossible \u00e0 assumer: nous ne nous adaptons plus \u00e0 ce qui nous environne, mais adaptons ce qui nous environne aux techniques dont on fait usage). Nous ne saurions nous trouver plus \u00e9loign\u00e9s que cela de la philosophie sur laquelle la pratique du parkour s&rsquo;appuie, de ce qui en \u00e9nonce les fondements et l&rsquo;essence.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\">*Je m&rsquo;entra\u00eene quasiment tout le temps en ville, mais de temps en temps le parkour-park (ou le gymnase), c&rsquo;est pratique pour travailler certains mouvements.<\/span><\/p>\n<p>Ce qu&rsquo;il y a autour de nous, que ce soit en ville ou en milieu naturel, est largement suffisant \u00e0 travailler tous les mouvements dont nous avons besoin \u2013 puisque c&rsquo;est sur cet environnement donn\u00e9 que s&rsquo;appuie l&rsquo;\u00e9laboration et la modification des techniques de mani\u00e8re \u00e0 les y adapter -. Autrement dit, si nous n&rsquo;avons vraiment pas, dans notre environnement, de saut de bras m\u00eame hauteur par exemple, ce n&rsquo;est pas un probl\u00e8me que nous ne ma\u00eetrisions pas cette technique puisqu&rsquo;elle nous serait parfaitement inutile dans <em>notre environnement<\/em>. Et si nous devions un jour \u00e9voluer dans un environnement diff\u00e9rent o\u00f9 cette technique se montrerait utile, voire indispensable, et bien alors nous pourrions nous y entra\u00eener pour l&rsquo;apprendre et la perfectionner. Mais nul besoin de savoir nager sur une plan\u00e8te o\u00f9 il n&rsquo;y a pas d&rsquo;eau. En tous cas, ce n&rsquo;est pas le propos du parkour que de ma\u00eetriser de mani\u00e8re exhaustive le plus grand nombre de techniques possibles, mais bien de savoir se d\u00e9placer dans l&rsquo;environnement qui nous est donn\u00e9, et donc d&rsquo;adapter les techniques et les mouvements dont nous faisons usage aux structures auxquelles elles s&rsquo;appliquent. Un peu \u00e0 la mani\u00e8re des animaux en d\u00e9finitive. Apprendre \u00e0 faire un passe-muraille serait bien inutile dans un endroit o\u00f9 il n&rsquo;y aurait de toutes fa\u00e7ons pas de murs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette d\u00e9monstration aura l&rsquo;avantage de se contenter de peu de mots dans la mesure o\u00f9 les arguments qui la motivent rel\u00e8vent davantage du bon sens que d&rsquo;un quelconque d\u00e9bat intellectuel. 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