{"id":695,"date":"2021-01-08T17:51:03","date_gmt":"2021-01-08T16:51:03","guid":{"rendered":"http:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/?p=695"},"modified":"2021-01-08T17:59:28","modified_gmt":"2021-01-08T16:59:28","slug":"mouvements-sociaux-a-differentes-reflexions-et-actions-revendicatives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/2021\/01\/08\/mouvements-sociaux-a-differentes-reflexions-et-actions-revendicatives\/","title":{"rendered":"Mouvements sociaux, diff\u00e9rentes r\u00e9flexions et actions revendicatives"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Analyse sociologique des diff\u00e9rents articles publi\u00e9s dans PEPS du 1er au dernier num\u00e9ro, consacr\u00e9s aux Mouvements sociaux <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>1)R\u00e9pertoire des num\u00e9ros ayant des articles consacr\u00e9s aux Mouvements sociaux, \u00e0 diff\u00e9rentes r\u00e9flexions et actions revendicatives avec les ann\u00e9es de publication :<\/p>\n\n\n\n<p>-Num\u00e9ro 1 : D\u00e9centralisation (janvier\/f\u00e9vrier 1983)<br>-Num\u00e9ro 4 : Travail social des professions qui se cherchent (juillet\/ao\u00fbt 1983)<br>-Num\u00e9ro 5 : Le PEPS nouveau est arriv\u00e9 (septembre\/octobre 1983)<br>-Num\u00e9ro 7 : Vieillesse (f\u00e9vrier\/mars 1984)<br>-Num\u00e9ro 8 : Economie sociale (avril\/mai 1984)<br>-Num\u00e9ro 9 : Circonscription\/coordination (\u00e9t\u00e9 1984)<br>-Num\u00e9ro 10 : L\u2019avenir du social (novembre\/d\u00e9cembre 1984)<br>-Num\u00e9ro 12 : Syndicats\/associations : quelles r\u00e9ponses ? (mars\/avril 1985)<br>-Num\u00e9ro 15\/16 : Nouvelles pratiques sociales \u00e9conomiques (hiver 1985 -1986)<br>-Num\u00e9ro 17 : Partis politiques et Travail social (mars\/avril 1986)<br>-Num\u00e9ro 18 : Ca Bouge chez les travailleurs sociaux (janvier\/f\u00e9vrier 1987)<br>-Num\u00e9ro 19 : Soyons cr\u00e9atifs (mars\/avril 1987)<br>-Num\u00e9ro 20 : Travail social-Travail pour la paix (mai\/juin 1987)<br>-Num\u00e9ro 22 : Le d\u00e9veloppement local en milieu rural (novembre\/d\u00e9cembre 1987)<br>-Num\u00e9ro 25 : Travail social et r\u00e9seaux (mai\/juin 1988)<br>-Num\u00e9ro 26 : Lib\u00e9rer les id\u00e9es pour sortir des prisons (septembre\/octobre 1988)<br>-Num\u00e9ro 27 : Enfance en danger ou enfance sans danger (novembre\/d\u00e9cembre 1988)<br>-Num\u00e9ro 28 :Banlieue cent visages (mars\/avril 1989)<br>-Num\u00e9ro 29 : R\u00e9ussite scolaire (\u00e9t\u00e9 1989)<br>-Num\u00e9ro 30 : Travail social et bicentenaire de la R\u00e9volution (septembre\/octobre 1989)<br>-Num\u00e9ro 31 : Malaise dans le Travail social (novembre\/d\u00e9cembre 1989)<br>-Num\u00e9ro 32 : Blues Brothers, fr\u00e8res de banlieues ( Peps info juin 1990)<br>-Num\u00e9ro 33 : Un homme, une voix (Peps info, juillet\/ ao\u00fbt 1990)<br>-Num\u00e9ro 34 : La polyvalence de secteur craque (Peps info, septembre 1990)<br>-Num\u00e9ro 35 bis : Ethnographie du social (Peps info d\u2019octobre 1990)<br>-Num\u00e9ro 36 bis : Etats g\u00e9n\u00e9raux de la prison (Peps info janvier 1991)<br>-Num\u00e9ro 36 : Les cultures de la rue (janvier\/mars 1991)<br>-Num\u00e9ro 37 : Les travailleurs sociaux sont-ils \u00e9puis\u00e9s ? (juillet\/septembre 1991)<br>-Num\u00e9ro 38 : Les travailleurs sociaux doivent-ils disparaitre ? (janvier\/mars 1992)<br>-Num\u00e9ro 39 : Immigration, figure \u00e9clair\u00e9e, regard \u00e9tranger (avril\/juin 1992)<br>-Num\u00e9ro 41 : Les figures de l\u2019insertion (janvier\/mars 1993)<br>-Num\u00e9ro 43 : Assistantes sociales, le Mouvement Concass (juillet\/septembre 1993)<br>-Num\u00e9ro 45 : Les enjeux de la formation (janvier\/mars 1994)<br>-Num\u00e9ro 47 :Le comit\u00e9 : un outil, des hommes (juillet\/septembre 1994)<br>-Num\u00e9ro 48 : Y-a-t-il encore un travailleur social dans le secteur ? (octobre\/d\u00e9cembre 1994)<br>-Num\u00e9ro 49 : Les nouvelles technologies de la communication dans le Travail social (janvier\/mars 1995) -Num\u00e9ro 50 : L\u2019acc\u00e8s au logement (avril\/juin 1995)<\/p>\n\n\n\n<p>2)La cause des mobilisations sociales :<\/p>\n\n\n\n<p>A)La transformation du secteur social dans les ann\u00e9es 80\/90 : le Travail social face \u00e0 l\u2019Intervention sociale : (1) Pour comprendre les diff\u00e9rents article publi\u00e9s dans PEPS, entre 1983 et 1998, consacr\u00e9s aux Mouvements sociaux, il est n\u00e9cessaire de faire un rappel historique sur le d\u00e9veloppement du n\u00e9olib\u00e9ralisme.<br>Le changement de paradigme de 1973 : Deux \u00e9l\u00e9ments majeurs vont \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de ce changement : en septembre 1973, le coup d\u2019Etat organis\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Pinochet au Chili avec le soutien de la CIA, pour \u00e9liminer le gouvernement d\u2019Union populaire d\u2019Allende, permettra une r\u00e9pression maximum, puis en octobre 1973, la guerre du Kippur entre Isra\u00ebl et les pays arabes avoisinants (Egypte, Syrie et Jordanie) provoquent le premier choc p\u00e9trolier.<br>(1)Raymond Curie Le Travail social \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du n\u00e9olib\u00e9ralisme : entre r\u00e9signation et r\u00e9sistance l\u2019Harmattan, 2010.<br>Ces deux \u00e9l\u00e9ments vont permettre aux \u00e9conomistes n\u00e9olib\u00e9raux avec \u00e0 leur t\u00eate Milton Fridman de tester au r\u00e9el leurs th\u00e9ories de d\u00e9r\u00e9gulation totale des march\u00e9s et de remise en cause des protections sociales des Etats. Les actionnaires des grandes multinationales en seront les premiers b\u00e9n\u00e9ficiaires.<br>Le premier laboratoire sera celui du Chili dans le cadre d\u2019une dictature puis ce sera le cas des Etats-Unis de Reagan et le Royaume uni de Thatcher (2). Le mod\u00e8le n\u00e9olib\u00e9ral se propagera dans la plupart des pays du monde apr\u00e8s la rupture de 1991 et la fin du bloc sovi\u00e9tique. En Europe le trait\u00e9 de Maastricht en 1992, permettra la cr\u00e9ation des crit\u00e8res de convergences europ\u00e9ens. La mise en place des normes ISO (organisation des standards internationaux) sera un tournant important.<br>La cons\u00e9quence de la mise en place des politiques n\u00e9olib\u00e9rales se caract\u00e9risera par une concurrence accrue des soci\u00e9t\u00e9s commerciales et industrielles, la mont\u00e9e en puissance des \u00e9tablissements financiers et des agences de notation avec dans le m\u00eame temps une baisse importante du pouvoir de r\u00e9gulation des Etats. C\u2019est ce que l\u2019on appellera le d\u00e9but de la mondialisation que certains \u00e9conomistes altermondialistes pr\u00e9f\u00e8rent appeler globalisation. Petit \u00e0 petit on parlera de la fabrique du sujet n\u00e9olib\u00e9ral avec la mise en concurrence des individus, le d\u00e9veloppement des techniques d\u2019\u00e9valuation, la logique de comp\u00e9tence, l\u2019encouragement \u00e0 l\u2019endettement priv\u00e9 et l\u2019incitation \u00e0 se transformer en capital humain (3).<br>Partout la perspective dominante sera d\u00e9sormais la RCB (Rationalisation des choix budg\u00e9taires) , y compris dans des secteurs qui n\u2019ont pas vocation \u00e0 \u00eatre rentable comme la sant\u00e9, le social, la culture, l\u2019\u00e9ducation et la recherche. L\u2019exc\u00e8s de gestion restructurant, diminuant ou \u00e9liminant les effets b\u00e9n\u00e9fiques du social (4). Pierre Bourdieu (5) expliquait que c\u2019est le tournant de 1992 qui va ent\u00e9riner la rupture commenc\u00e9e en 1973 \u00e0 propos de la remise en cause du r\u00f4le de l\u2019Etat et en marquant la fin de l\u2019Etat providence. Les pays comme la France, vont de plus en plus favoriser la main droite de l\u2019Etat (budget, \u00e9conomie, int\u00e9rieur, arm\u00e9e et affaires \u00e9trang\u00e8res), au d\u00e9triment de la main gauche (\u00e9ducation, social, sant\u00e9, culture, recherche). La cr\u00e9ation de l\u2019OMC (Organisation mondiale du commerce) en 1994, permettra d\u2019avoir une vision globale des \u00e9changes commerciaux avec comme perspective l\u2019AGCS (Accord g\u00e9n\u00e9ral sur les commerces et les services) qui a fait pol\u00e9mique lors du r\u00e9f\u00e9rendum de 2005 sur la constitution europ\u00e9enne.<br>En effet l\u2019application de cet accord incitera petit \u00e0 petit \u00e0 rendre rentable et concurrentiel l\u2019ensemble des commerces mais aussi des services publics et priv\u00e9s.<br>La cons\u00e9quence pour le secteur social sera la croissance de la tension entre deux logiques : celle du Travail social et celle de l\u2019Intervention sociale.<br>Travail social \/ Intervention sociale :<br>Dans les articles de PEPS publi\u00e9s de 1983 \u00e0 1998, on voit petit \u00e0 petit se d\u00e9velopper des interrogations, des constatations et des oppositions au d\u00e9veloppement des politiques n\u00e9olib\u00e9rales, m\u00eame si \u00e0 l\u2019\u00e9poque les travailleurs sociaux ne voyaient pas trop les divergences de fond entre Travail social et Intervention sociale. La plupart travaillait dans les deux secteurs historiques de r\u00e9f\u00e9rence (Le Handicap et la Protection de l\u2019enfance) encore peu impact\u00e9s au d\u00e9but des ann\u00e9es 80.<br>(2)Naomi Klein La strat\u00e9gie du choc Actes Sud, 2008.<br>(3)Roland Gori La folie \u00e9valuation : les nouvelles fabriques de la servitude, Mille et une nuits, 2011.<br>(4)Michel Chauvi\u00e8re Trop de gestion tue le social, La D\u00e9couverte, 2007.<br>(5)Pierre Bourdieu Sur l\u2019Etat. Cours au Coll\u00e8ge de France (1989-1992), Seuil, 2012.<br>Ce n\u2019est qu\u2019en 1984, que Fran\u00e7ois Mitterrand s\u2019aligne sur une politique sociale-lib\u00e9rale, rejoignant ainsi en grande partie, les gouvernements des principaux pays europ\u00e9ens. En 1992, apr\u00e8s Maastricht les sp\u00e9cialistes de l\u2019\u00e9conomie pourront expliquer que le social-lib\u00e9ralisme fran\u00e7ais sera de plus en plus influenc\u00e9 et contraint par le n\u00e9olib\u00e9ralisme mondial.<br>Tout commence vraiment au niveau des changements, dans le secteur de la Politique de la ville et dans celui de l\u2019Insertion.<br>De nouveaux m\u00e9tiers, de nouvelles r\u00e9f\u00e9rences et de nouvelles pratiques vont apparaitre, interpellant et remettant en cause certaines pratiques du Travail social.<br>Petit \u00e0 petit plusieurs crit\u00e8res vont caract\u00e9riser l\u2019Intervention sociale qui s\u2019\u00e9tendra petit \u00e0 petit \u00e0 l\u2019ensemble du Travail social :<br>Le transitoire et le cours terme \u2013 La logique de suivi fractionn\u00e9 &#8211; La relation de service \u2013 La logique de comp\u00e9tence \u2013 La r\u00e9ponse aux sympt\u00f4mes des difficult\u00e9s.<br>Le Travail social classique d\u00e9fendant : Le long terme \u2013 La logique d\u2019accompagnement global- La relation d\u2019aide &#8211; La logique de qualification \u2013 La recherche des causes des difficult\u00e9s.<br>C\u2019est la d\u00e9centralisation d\u2019une part et la loi 2002-2 qui permettront le d\u00e9veloppement de l\u2019Intervention sociale.<br>Les deux logiques existent toujours aujourd\u2019hui, m\u00eame si la premi\u00e8re est d\u00e9terminante pour l\u2019obtention des financements.<br>Les articles publi\u00e9s dans PEPS dans la p\u00e9riode de 1983 \u00e0 1998 montrent ainsi plusieurs niveaux de r\u00e9flexion et d\u2019actions effectu\u00e9s par les travailleurs sociaux.<br>B)Des contestations en r\u00e9action contre des r\u00e9formes n\u00e9olib\u00e9rales qui remettent en cause le sens m\u00eame du Travail social et qui se manifestent dans les pratiques du quotidien :<br>B1)Les cons\u00e9quences de la d\u00e9centralisation et les r\u00e9actions des professionnels du social :<br>-C\u2019est dans le num\u00e9ro 1 de PEPS qu\u2019apparait une premi\u00e8re pr\u00e9sentation de la d\u00e9centralisation, ainsi que deux positions syndicales, celle de la CGT et celle de la CFDT.<br>L\u2019article de Brigitte Trocm\u00e9 qui fait partie du collectif PEPS est intitul\u00e9 \u00ab D\u00e9centralisation : la paille et le grain \u00bb . Il montre une pr\u00e9sentation de la nouvelle r\u00e9partition des comp\u00e9tences territoriales entre la Commune, le D\u00e9partement et la R\u00e9gion. Les comp\u00e9tences les plus \u00e9largies \u00e9tant celles du D\u00e9partement. Trois constats sont faits : la suppression des tutelles de l\u2019Etat, le transfert de l\u2019ex\u00e9cutif aux \u00e9lus du d\u00e9partement et notamment au Pr\u00e9sident du Conseil G\u00e9n\u00e9ral, l\u2019\u00e9largissement des pouvoirs \u00e9conomiques. Dans ce cadre, l\u2019ASE (Aide sociale \u00e0 l\u2019enfance) devient un secteur important du D\u00e9partement.<br>-Les deux positions syndicales des repr\u00e9sentants des F\u00e9d\u00e9rations Sant\u00e9 \/ Education sp\u00e9cialis\u00e9e de la CGT et de la F\u00e9d\u00e9ration Sant\u00e9\/Social CFDT montrent un certain nombre de propositions :<br>Pour la CGT il s\u2019agit de l\u2019interview de Marc Chapiro et de Jean Claude Valette : Les deux repr\u00e9sentants mentionnent \u00e0 la fois des constats et des propositions :<br>-La d\u00e9centralisation va entra\u00eener un probl\u00e8me de moyens financiers mais aussi des disparit\u00e9s au niveau des R\u00e9gions (ressources et politiques).<br>-Il y a la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une planification globale pour que dans toutes les R\u00e9gions, la d\u00e9centralisation puisse s\u2019appliquer de la m\u00eame fa\u00e7on.<br>-Au niveau national, une politique g\u00e9n\u00e9rale sociale doit se baser sur des \u00e9l\u00e9ments statistiques.<br>-Au niveau local, il y a n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en place une s\u00e9rie de concertations entre les diff\u00e9rents acteurs du social pour d\u00e9finir les principaux besoins.<br>-Par ailleurs il faut d\u00e9velopper les CREAI afin qu\u2019ils deviennent les animateurs de la concertation et servent pour affiner les besoins.<br>-N\u00e9cessit\u00e9 aussi d\u2019une repr\u00e9sentativit\u00e9 syndicale dans les d\u00e9bats.<br>-Participation aussi des associations de parents de jeunes handicap\u00e9s.<br>Pour la CFDT, il s\u2019agit des propositions de Fran\u00e7oise S. :<br>Cette repr\u00e9sentante de la F\u00e9d\u00e9ration sugg\u00e8re pour le secteur sant\u00e9\/social :<br>-La mise en place d\u2019une structure l\u00e9g\u00e8re avec une approche globale de l\u2019individu.<br>-La ma\u00eetrise individuelle de la sant\u00e9 (r\u00e9appropriation par les individus de leurs probl\u00e8mes de sant\u00e9)<br>-Mise en place d\u2019un grand service public de sant\u00e9 pour les \u00e9tablissements sanitaires et sociaux.<br>-R\u00e9forme profonde des financements (d\u00e9finition des liens pour le secteur associatif, mise en place d\u2019un syst\u00e8me contractuel entre les \u00e9tablissements sanitaires et sociaux, la S\u00e9curit\u00e9 sociale, les divers financeurs et les pouvoirs publics)<br>-Une vie associative amplifi\u00e9e avec un r\u00f4le accru des professionnels du social.<br>-Les pouvoirs publics doivent \u00e9laborer une politique et des objectifs tout en s\u2019engageant par contrat avec les associations.<br>-A l\u2019inverse, les associations pourraient aussi prendre l\u2019initiative de solliciter une aide publique \u00e0 partir d\u2019un projet.<br>Nous pouvons constater \u00e0 l\u2019\u00e9poque une r\u00e9flexion et des propositions qui ne sont pas vraiment les m\u00eames pour la CGT et la CFDT. Les repr\u00e9sentants de la CGT \u00e9tant plut\u00f4t dans une analyse classique pointant d\u00e9j\u00e0 une insuffisance de moyens avec la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une approche globale nationale de la d\u00e9centralisation et la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9bats locaux.<br>La repr\u00e9sentante de la CFDT, privil\u00e9giant plut\u00f4t une articulation entre un grand service public de la sant\u00e9, une approche globale de l\u2019individu et une r\u00e9appropriation individuelle des personnes vis-\u00e0-vis de leurs probl\u00e8mes de sant\u00e9. Enfin une large place est faite \u00e0 la vie associative avec un r\u00f4le accru des professionnels du social.<br>Dans le num\u00e9ro 31, le sociologue Michel Joubert dans un article consacr\u00e9 \u00e9galement \u00e0 la d\u00e9centralisation, explique quant \u00e0 lui les rapports du Travail social face \u00e0 la d\u00e9centralisation. Il parle alors de la promotion de nouvelles figures de r\u00e9gulation sociale. Pour lui, les diff\u00e9rents intervenants sociaux vont se partager un territoire local (Etat, Organismes d\u00e9concentr\u00e9s, Administrations d\u00e9partementales, Communes et Associations). On assistera ainsi au d\u00e9veloppement des partenariats avec toutes les limites que cela implique, notamment celles qui rel\u00e8vent des replis corporatistes.<br>Un article dans le num\u00e9ro 37 d\u2019Hugues Bazin, (membre du collectif PEPS), revient sur \u00ab La dictature du partenariat \u00bb<br>L\u2019auteur explique qu\u2019apr\u00e8s l\u2019esp\u00e9rance du d\u00e9but des ann\u00e9es 80, les premi\u00e8res mesures de la Politique de la ville et la d\u00e9centralisation, la logique du partenariat a cr\u00e9\u00e9 bien des d\u00e9sillusions. Les logiques partenariales entra\u00eenant diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations.<br>Pour le RMI par exemple, il est demand\u00e9 aux exclus de faire preuve de bonne volont\u00e9 pour s\u2019ins\u00e9rer. On a cr\u00e9\u00e9 ainsi une cat\u00e9gorie de Rmistes. Les partenaires sociaux qui s\u2019en occupent, statuent sur l\u2019acceptabilit\u00e9 des demandes. La logique du partenariat dilue aussi les responsabilit\u00e9s : on ne sait plus qui est responsable de telle ou telle d\u00e9cision, de telle ou telle action. Les travailleurs sociaux sont quant \u00e0 eux gagn\u00e9s par un sentiment d\u2019impuissance. Surcharg\u00e9s par leur travail classique d\u2019un c\u00f4t\u00e9, ils doivent aussi par ailleurs, pr\u00e9voir du temps pour des r\u00e9unions et des projets en partenariat.<br>En ce qui concerne les banlieues, on a vu se d\u00e9velopper tous les dispositifs de la ville et notamment les DSQ (D\u00e9veloppement social de quartier). Les travailleurs sociaux ont du mal \u00e0 se retrouver dans tous ces dispositifs . Le partenariat donne aussi l\u2019illusion de la d\u00e9mocratie et de la concertation. Pourtant l\u2019ouverture d\u2019un espace social reste possible et le Travail social peut retrouver un sens. Le travail en r\u00e9seaux peut permettre cette ouverture. Il s\u2019agit ici de participer r\u00e9ellement \u00e0 des actions, de lib\u00e9rer la parole, de retrouver la m\u00e9moire et de s\u2019approprier un savoir, un savoir \u00eatre et un savoir faire.<br>Nous apprenons dans ces deux derniers articles, \u00e0 la fois des constats et des critiques vis-\u00e0-vis des replis corporatistes des professionnels mais aussi concernant le d\u00e9veloppement des partenariats. Les actions de nouveaux intervenants sociaux avec de nouvelles m\u00e9thodes de travail ont rencontr\u00e9 les logiques plus classiques des travailleurs sociaux. Les premiers ont souvent cru r\u00e9pondre \u00e0 un probl\u00e8me par une seule solution alors que les seconds \u00e9taient plut\u00f4t sur la logique qu\u2019une question, devait d\u00e9boucher sur plusieurs types de r\u00e9ponses. L\u2019engrenage du ch\u00f4mage et de la d\u00e9saffiliation allait entra\u00eener bien des d\u00e9bats et des remises en cause(6)<br>-Un autre article sur la d\u00e9centralisation a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit dans le num\u00e9ro 37 de juillet\/ septembre 1991 :<br>L\u2019article s\u2019intitule \u00ab Le Travail social face \u00e0 la d\u00e9centralisation \u00bb. L\u2019auteur Raymond Curie (membre du collectif PEPS) explique que la d\u00e9centralisation a permis la mise en place de \u00ab La localisation du social \u00bb. A l\u2019\u00e9poque, le sociologue Jean-Pierre Garnier expliquait que le gouvernement avait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00ab Localiser le social plut\u00f4t que de socialiser le local \u00bb dans un article de la revue Espaces et soci\u00e9t\u00e9s (7).<br>L\u2019auteur explique ensuite les principaux dispositifs de La politique de ville. Cependant apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de mise en place de ces dispositifs, le ch\u00f4mage et les probl\u00e8mes sociaux n\u2019ont pas disparu, bien au contraire. Les politiques publiques ont privil\u00e9gi\u00e9 la r\u00e9duction des d\u00e9penses pour les actions men\u00e9es et le gommage des oppositions d\u2019int\u00e9r\u00eats avec la concertation partenariale.<br>Le pouvoir local s\u2019est trouv\u00e9 renforc\u00e9 mais sans avoir les moyens financiers n\u00e9cessaires. Le fractionnement du social a \u00e9t\u00e9 une des cons\u00e9quences avec le repli localis\u00e9 de certaines pratiques sociales. L\u2019article montre que l\u2019on parle de plus en plus de probl\u00e8mes locaux mais beaucoup moins de difficult\u00e9s nationales. Les travailleurs sociaux se sont retrouv\u00e9s devant deux logiques : celle qui conduit \u00e0 l\u2019h\u00e9t\u00e9ronomie des populations et celle qui conduit \u00e0 l\u2019autonomie des populations. L\u2019article montre ensuite qu\u2019il ne peut y avoir de v\u00e9ritables politiques sociales durables sans une orientation cons\u00e9quente nationale.<br>(6)Robert Castel Les m\u00e9tamorphoses de la question sociale, Fayard 1996 et \u00ab Du travail social \u00e0 la gestion sociale du non-travail \u00bb dans Esprit (mars\/avril 1998)<br>(7)Jean-Pierre Garnier \u00ab Localiser le social ou socialiser le local \u00bb article de la revue Espaces et soci\u00e9t\u00e9s n\u00b0 40 (janvier\/juin 1982)<br>Puis l\u2019auteur conclu sur l\u2019importance des aides sociales individuelles pour les populations en difficult\u00e9 mais parall\u00e8lement, il est n\u00e9cessaire que des actions collectives relay\u00e9es par les travailleurs sociaux aient lieu pour faire remonter les revendications. Cependant ces actions ne peuvent pas suffire sans un r\u00e9el changement \u00e9conomique et politique favorisant la solidarit\u00e9 plut\u00f4t que le taux de profit.<br>Dans cet article de 1991, on comprend que le virage social\/lib\u00e9ral a \u00e9t\u00e9 pris. La d\u00e9centralisation, id\u00e9e g\u00e9n\u00e9reuse des ann\u00e9es 70 n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 mise en place avec l\u2019articulation cons\u00e9quente de l\u2019Etat, a finalement servi de relais aux politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 des ann\u00e9es 80\/90.<br>Les politiques nationales ont \u00e9t\u00e9 relativis\u00e9es avec des \u00e9conomies importantes de l\u2019Etat entra\u00eenant des disparit\u00e9s notoires dans les collectivit\u00e9s territoriales. Un exemple avec l\u2019Ecole o\u00f9 d\u00e9sormais la Commune est responsable financi\u00e8rement des \u00e9coles primaires, le D\u00e9partement des coll\u00e8ges, la R\u00e9gion des lyc\u00e9es et l\u2019Etat des universit\u00e9s. Les moyens financiers n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 les m\u00eames suivant la r\u00e9partition g\u00e9ographique. Les subventions pouvant aller du simple au double suivant le niveau financier des collectivit\u00e9s territoriales. Il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame pour le secteur social , notamment pour l\u2019ASE relevant d\u00e9sormais du D\u00e9partement. Les orientations politiques des \u00e9lus associ\u00e9es aux diff\u00e9rences concernant les budgets globaux des Conseils g\u00e9n\u00e9raux ont creus\u00e9 les in\u00e9galit\u00e9s de r\u00e9partition et donc contribu\u00e9 \u00e0 des manques cons\u00e9quents pour faire face au ch\u00f4mage, \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 et aux difficult\u00e9s sociales en g\u00e9n\u00e9ral.<br>B2) Une r\u00e9flexion sur le Service public au sein de l\u2019Education surveill\u00e9e dans PEPS num\u00e9ro 19 (mars\/avril 1987).<br>Il s\u2019agit d\u2019un entretien r\u00e9alis\u00e9 par Patrick Fr\u00e9haut (membre du collectif PEPS) avec le secr\u00e9taire du SNPES (Syndicat national du personnel de l\u2019Education surveill\u00e9e). Le contexte de l\u2019entretien, c\u2019est celui de la nomination de Jacques Chirac comme 1er Ministre il y a quelques mois mais celui des premi\u00e8res coupes budg\u00e9taires dans l\u2019Education surveill\u00e9e (207 suppressions d\u2019emploi et baisse des budgets pour 1987). Le SNPES \u00e0 l\u2019\u00e9poque regroupait 75% du personnel.<br>Jean-Marie Angelini explique qu\u2019une politique r\u00e9pressive et coercitive \u00e9tait en cours et notamment concernant la toxicomanie et le code de la nationalit\u00e9. En ce qui concerne l\u2019Education surveill\u00e9e, on assiste aussi \u00e0 la r\u00e9ouverture des centres ferm\u00e9s mais aussi \u00e0 la mise en place de chantiers de jeunesse qui ne sont que de simples stages traditionnels sans envergure. Le secteur public risque \u00e0 termes de ne plus avoir qu\u2019un r\u00f4le r\u00e9pressif, l\u2019assistance \u00e9ducative \u00e9tant d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e de plus en plus au secteur priv\u00e9. L\u2019Education surveill\u00e9e prendrait ainsi beaucoup moins de mineurs en charge. Son r\u00f4le doit de plus en plus d\u2019un c\u00f4t\u00e9 suivre des situations de libert\u00e9 surveill\u00e9e avec notamment les sursis mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve mais aussi les TIG (travail d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral) mais aussi d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9 assurer le travail dans des gros internats pour isoler des jeunes de leur milieu naturel mais avec des temps de placement moins long qu\u2019auparavant. Enfin au niveau des permanences \u00e9ducatives aupr\u00e8s des tribunaux pour enfants, elles seront regroup\u00e9es avec d\u2019autres services, ce qui va alourdir le travail.<br>Le SNPES continuera donc de se battre pour maintenir une politique de prise en charge \u00e9ducative en terme de pr\u00e9vention et de mandat \u00e9ducatif, tout en d\u00e9non\u00e7ant le tout r\u00e9pressif.<br>B3)La r\u00e9action des Centres de formation au Travail social du Nord :<br>L\u2019article para\u00eet dans le num\u00e9ro 45 (janvier\/mars 1994), il est sign\u00e9 par des repr\u00e9sentants de la Coordination r\u00e9gionale des centres de formation de travailleurs sociaux (Lille). En 1991, la Coordination r\u00e9gionale des centres de formation au Travail social du Nord a men\u00e9 une lutte importante pour maintenir le dispositif de formation. En novembre 1993, la coordination est repartie pour de nouvelles initiatives. La cause \u00e9manait du Conseil g\u00e9n\u00e9ral du Nord, qui annon\u00e7ait sa volont\u00e9 pour le Travail social de remettre en question les Conventions collectives et les h\u00e9bergements sociaux trop co\u00fbteux pour les collectivit\u00e9s territoriales. Il remettait en question aussi un avenant de la CC66, sur le versement d\u2019une prime pour un travail le dimanche et les jours f\u00e9ri\u00e9s.<br>Les Centres de formation se sont alors mobilis\u00e9s, dans ce cadre-l\u00e0, craignant pour leur fonctionnement et leurs orientations. Ils ont rencontr\u00e9 trois fois la DRASS en d\u00e9fendant les points suivants :<br>-maintien de l\u2019existence des Centres de formation en garantissant des objectifs professionnels permettant aux personnes form\u00e9es d\u2019\u00eatre des acteurs sociaux.<br>-droit d\u2019expression des travailleurs sociaux en formation et du personnel des \u00e9coles, dans les instances repr\u00e9sentatives.<br>-droit des moniteurs-\u00e9ducateurs \u00e0 poursuivre ou reprendre une formation d\u2019\u00e9ducateur en respectant leur cursus professionnel.<br>L\u2019article explique ensuite que le Travail a social est confront\u00e9 \u00e0 un changement cons\u00e9quent : avant il s\u2019agissait de travailler en direction des marges de la soci\u00e9t\u00e9 mais avec des espoirs d\u2019insertion, alors qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent l\u2019exclusion s\u2019\u00e9tant d\u00e9multipli\u00e9e, le Travail social est submerg\u00e9 par des demandes auxquelles il r\u00e9pond souvent difficilement et parfois il est dans l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019y r\u00e9pondre r\u00e9ellement. L\u2019Etat quant \u00e0 lui n\u2019a plus int\u00e9r\u00eat \u00e0 poursuivre un vrai travail d\u2019insertion qui s\u2019av\u00e8re de plus en plus co\u00fbteux. Par cons\u00e9quent l\u2019Etat ne souhaite plus d\u00e9velopper les professions sociales (les niveaux de qualification co\u00fbtent trop cher pour les obtenir et leur technicit\u00e9 est trop centr\u00e9e sur l\u2019aide et le service aux personnes en difficult\u00e9). Au gouvernement comme dans les collectivit\u00e9s territoriales, il est plus int\u00e9ressant de former des experts en gestion issus de l\u2019Universit\u00e9 pour g\u00e9rer les budgets de l\u2019exclusion.. En revanche il est important de populariser des actions caritatives pour montrer que des actions existent.<br>Dans les \u00e9coles, les \u00e9quipes p\u00e9dagogiques sont confront\u00e9es quotidiennement \u00e0 toutes les difficult\u00e9s du quotidien et les directions sont englouties par la gestion. En cons\u00e9quence, les professionnels doivent se mobiliser en se posant les questions suivantes : qu\u2019est-ce qui est juste ? et qu\u2019est-ce qui est l\u00e9gitime de faire ?<br>Ce type de r\u00e9action issus de professionnels de Centres de formation en 1994, se reproduira de plus en plus les ann\u00e9es suivantes et \u00e0 l\u2019heure actuelle \u00e9galement. Le constat sur les changements dans le travail a \u00e9t\u00e9 suivi ensuite par le transfert de la gestion budg\u00e9taire des \u00e9coles aux R\u00e9gions en 2005, avec des cons\u00e9quences imm\u00e9diates concernant la baisse des subventions. Il s\u2019est produit ensuite une v\u00e9ritable chasse au march\u00e9 de la Formation continue. Hors ce secteur \u00e9tant limit\u00e9, de nombreuses \u00e9coles se sont retrouv\u00e9es en concurrence et les probl\u00e8mes de fond concernant les budgets n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9solus pour autant. Il s\u2019en est suivi des restrictions de postes de formateurs et d\u2019administratifs, un d\u00e9veloppement des vacations et un cumul de taches pour les professionnels permanents des \u00e9coles qui a affaibli le niveau qualitatif des formations.<br>B4)Une solidarit\u00e9 internationale :<br>Enfin pour finir dans cette partie, il faut noter aussi l\u2019engagement de PEPS pour le relais des solidarit\u00e9s internationales. Dans le num\u00e9ro 25 (mai\/juin 1988) par exemple, il est question d\u2019un article intitul\u00e9 \u00ab Chili, r\u00e9pression et torture des travailleurs sociaux \u00bb. Cet article \u00e9crit par Marcelino Barahona fait \u00e9tat d\u2019un entretien avec Pedro Lopez travailleur social.<br>Tous les ans Amnesty International d\u00e9nonce la violation des droits de l\u2019homme au Chili. Le fascisme chilien torture et fait dispara\u00eetre les opposants \u00e0 la dictature. Apr\u00e8s le coup d\u2019Etat de Pinochet, contre le gouvernement d\u00e9mocratique d\u2019Allende, financ\u00e9 par le d\u00e9partement d\u2019Etat am\u00e9ricain et organis\u00e9 par les services de renseignements de la CIA, les partis de gauche ont \u00e9t\u00e9 interdits (PS, PC, Parti radical Mapu, Gauche chr\u00e9tienne, Ind\u00e9pendants de gauche \u2026)<br>Pedro Lopez t\u00e9moigne de ses trois arrestations et de ses tortures physiques et psychologiques. Il explique que des professionnels de sant\u00e9 collaboraient avec les bourreaux. A sa lib\u00e9ration, il contacte \u00ab Viccaria \u00bb une organisation chr\u00e9tienne qui d\u00e9fend les droits de l\u2019homme. Il a pu alors t\u00e9moigner et d\u00e9noncer ce qu\u2019il a v\u00e9cu. Les Ecoles de Travail social et les Universit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9organis\u00e9es par le gouvernement militaire. Des milliers d\u2019\u00e9tudiants ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s ou arr\u00eat\u00e9s. Les travailleurs sociaux ont connu la r\u00e9pression dans tout le pays. Apr\u00e8s sa lib\u00e9ration, on a tent\u00e9 de l\u2019assassiner dans la rue. Il a port\u00e9 plainte au tribunal et gr\u00e2ce \u00e0 Amnesty International, il a pu quitter le Chili. A son arriv\u00e9e \u00e0 Paris, il s\u2019est soign\u00e9, a fait les d\u00e9marches pour sa carte de r\u00e9fugi\u00e9, apprend le fran\u00e7ais et essaye de s\u2019ins\u00e9rer dans la soci\u00e9t\u00e9. Il explique que la solidarit\u00e9 du peuple fran\u00e7ais est capitale, de m\u00eame que la condamnation du gouvernement chilien par le gouvernement fran\u00e7ais. Par ailleurs il faut continuer d\u2019envoyer des courriers au Chili pour exiger les lib\u00e9rations des prisonniers politiques.<br>A l\u2019issue de cet article, on ne peut que citer \u00e0 nouveau le livre de Naomi Klein La strat\u00e9gie du choc en expliquant que la strat\u00e9gie des n\u00e9olib\u00e9raux am\u00e9ricains a commenc\u00e9 au Chili en 1973. Milton Friedman et les mon\u00e9taristes, via les Chicago boys, avaient besoin d\u2019une dictature pour tester grandeur nature l\u2019application d\u2019une politique n\u00e9olib\u00e9rale avec une r\u00e9duction drastique de l\u2019Etat, sauf pour la r\u00e9pression et le d\u00e9veloppement maximum de la libert\u00e9 de march\u00e9. Les cons\u00e9quences dramatiques pour le Chili ont \u00e9t\u00e9 la disparition de l\u2019Etat social. Quarante sept ans apr\u00e8s, l\u2019Etat chilien a toujours beaucoup de mal \u00e0 se remettre de ces ann\u00e9es de dictature, qui pourtant a disparu depuis longtemps.<br>C)L\u2019incertitude du devenir des professions sociales :<br>-Dans le num\u00e9ro 4, (juillet\/ao\u00fbt 1983) un article de Christian L. (membre du collectif PEPS), intitul\u00e9 \u00ab Le mal d\u2019identit\u00e9 d\u2019une profession mythifi\u00e9e \u00bb revient sur certaines incertitudes.<br>L\u2019auteur montre que l\u2019\u00e9ducateur intervient apr\u00e8s que les parents et les enseignants ont \u00e9chou\u00e9 dans l\u2019\u00e9ducation des jeunes. Il explique aussi qu\u2019on est pass\u00e9 petit \u00e0 petit du statut d\u2019\u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9 au statut d\u2019\u00e9ducateur sp\u00e9cialiste. Par ailleurs, pour lui, le Travail social a des fronti\u00e8res floues situ\u00e9es aux limites du scolaire, du m\u00e9dical et du judiciaire. La professionnalisation est r\u00e9cente. Autrefois on parlait surtout de vocation et de charit\u00e9 avec des r\u00e9f\u00e9rences religieuses : Saint Vincent de Paul \u00e9tant l\u2019anc\u00eatre le plus connu. Cependant, au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, on parle toujours d\u2019engagement dans un m\u00e9tier qui ne peut pas \u00eatre fait par tout le monde.<br>L\u2019auteur \u00e9met ensuite une critique : il pense que les \u00e9ducateurs ont tr\u00e8s peu utilis\u00e9 les m\u00e9dias et notamment l\u2019\u00e9crit. Pourtant l\u2019\u00e9ducateur a sa place dans la soci\u00e9t\u00e9, il doit la faire reconnaitre, au m\u00eame titre que d\u2019autres professions. Sa place ne doit pas \u00eatre marginale.<br>La recherche d\u2019une identit\u00e9 \u00e9tablie, a \u00e9volu\u00e9 avec le temps, mais de nombreuses interrogations demeurent.<br>-Dans le num\u00e9ro 15\/16, (hiver 1985\/1986) un dossier fait \u00e9tat d\u2019un Forum\/ Rassemblement organis\u00e9 en octobre 1985 \u00ab Travailleurs sociaux acteurs de l\u2019avenir du social \u00bb. Ce dossier montre les interrogations des professionnels du social concernant l\u2019avenir du social. Il parle de la crise de l\u2019Etat\/ Providence et par cons\u00e9quent \u00e0 termes du Travail social. Il est question de l\u2019appauvrissement grandissant des populations et la mont\u00e9e de l\u2019intol\u00e9rance mais aussi des cons\u00e9quences de la d\u00e9centralisation. Le dossier interpelle les Travailleurs sociaux : seront-ils de simples ex\u00e9cutants ? Ou non ? Le Forum \u00e9tait organis\u00e9 autour de trois axes : Comment r\u00e9agir face \u00e0 la r\u00e9gression des conditions de vie des populations ? Face \u00e0 la d\u00e9centralisation, quel espace d\u2019autonomie, les travailleurs sociaux peuvent-ils revendiquer ? Quelles strat\u00e9gies communes pour les travailleurs sociaux pour \u00e9tablir une identit\u00e9 propre au Travail social ?<br>D\u2019autres dossiers sont consacr\u00e9s \u00e0 ce th\u00e8me : Num\u00e9ro 10 (novembre\/d\u00e9cembre 1984) : L\u2019avenir du social \u2013 Num\u00e9ro 31 (novembre\/d\u00e9cembre 1989) : Malaise dans le Travail social \u2013 Num\u00e9ro 37 (juillet\/septembre 1991) : Les travailleurs sociaux sont-ils \u00e9puis\u00e9s ? \u2013 Num\u00e9ro 38 (janvier\/mars 1992) : Les travailleurs sociaux doivent-ils dispara\u00eetre ? Num\u00e9ro 48 ( octobre\/d\u00e9cembre 1994) : Y-a-t-il encore un travailleur social dans le secteur ?<br>C\u2019est ainsi que l\u2019on pourra lire dans le num\u00e9ro 10, sous la plume de J.M. Gallet (ES) un article parlant de la nouvelle rationalisation des choix \u00e9ducatifs (RCE). L\u2019auteur \u00e9crit en 1984, bien avant la g\u00e9n\u00e9ralisation de la RCB (rationalisation des choix budg\u00e9taires) en 1992. Il s\u2019interroge sur les nouveaux enjeux du Travail social avec la d\u00e9centralisation, notamment pour les \u00e9ducateurs sp\u00e9cialis\u00e9s. Les imp\u00e9ratifs budg\u00e9taires sont soulign\u00e9s ainsi que les perspectives de coupes sombres au niveau financier pour certains secteurs du social. C\u2019est la rentabilisation du secteur social qui s\u2019annonce.<br>Puis dans le num\u00e9ro 31, l\u2019\u00e9ditorial d\u2019Eric Auger (membre du collectif PEPS) s\u2019intitule \u00ab P\u00e9ril en la demeure \u00bb . Ce dernier s\u2019indigne de lire dans un article du Quotidien de Paris, que le commissariat de police peut \u00eatre qualifi\u00e9 de service social de proximit\u00e9. Il s\u2019interroge aussi sur les d\u00e9limitations du terme travailleur social car on peut aussi bien parler de technicien de la relation, de sp\u00e9cialiste du lien social que de d\u00e9fenseur des exclus et des asociaux. Pour lui, le qualificatif de Travail social ne peut pas \u00eatre \u00e9lastique et les diff\u00e9rences entre policiers et \u00e9ducateurs existent bel et bien. Il est temps que les travailleurs sociaux sortent de leur r\u00e9serve et de leurs querelles de chapelles pour faire remonter les vraies questions et les vrais besoins.<br>Toujours dans le num\u00e9ro 31, plusieurs \u00e9chos du malaise et des mobilisations des travailleurs sociaux apparaissent dans les prises de paroles de syndicalistes et d\u2019un militant du CREM. (Voir le paragraphe sp\u00e9cial dans Echos des luttes).<br>Dans le num\u00e9ro 37, deux \u00e9lues du CHSCT d\u2019une Association de la Protection de l\u2019enfance en R\u00e9gion parisienne \u00e9crivent un article \u00ab Histoire d\u2019une enqu\u00eate \u00bb. C\u2019est en 1987 que leur CHSCT s\u2019int\u00e9resse aux probl\u00e8mes d\u2019\u00e9puisement professionnel. Cet \u00e9puisement est tout d\u2019abord moral. Les professionnels donnent plus qu\u2019ils ne re\u00e7oivent avec tr\u00e8s peu de reconnaissance. Avec le d\u00e9veloppement des nouvelles orientations sociales et la d\u00e9centralisation, la logique de productivit\u00e9 est apparue. On parle de plus en plus de d\u00e9marches contractuelles, d\u2019innovations, d\u2019\u00e9valuations, d\u2019obligations de r\u00e9sultats, de marketing\u2026Par ailleurs une certaine d\u00e9valorisation des anciennes professions du social a vu le jour. L\u2019\u00e9puisement professionnel frappe aussi bien les jeunes que les anciens. La direction g\u00e9n\u00e9rale a r\u00e9pondu aux \u00e9lus qu\u2019il fallait savoir g\u00e9rer sa carri\u00e8re. Le travailleur social doit donc s\u2019adapter \u00e0 de nouvelles pratiques partenariales et contractuelles, tout en continuant ses accompagnements individuels. Les \u00e9lus du CHST, apr\u00e8s plusieurs difficult\u00e9s vont r\u00e9ussir \u00e0 soumettre un questionnaire sur l\u2019\u00e9puisement professionnel \u00e0 l\u2019ensemble des salari\u00e9s. Quarante-cinq pour cent r\u00e9pondront, ce qui correspond \u00e0 127 questionnaires retourn\u00e9s. Puis un chercheur sera charg\u00e9 de d\u00e9crypter ces questionnaires avec un rapport final livr\u00e9 en septembre 1991.<br>Dans le num\u00e9ro 48, un dossier coordonn\u00e9 par Lorette Pierret et Jean-Luc Dumont (membre du collectif PEPS) s\u2019intitule \u00ab Y-a-t-il encore un travailleur social dans le secteur ? \u00bb . Dans l\u2019introduction \u00e0 ce dossier, les deux auteurs s\u2019interrogent s\u2019il faut parler de mutation du Travail social traditionnel et si ce dernier est menac\u00e9 ? Une tension est apparue entre Travail social et Intervention sociale, la 2e semblant appara\u00eetre comme la solution pour \u00e9viter la faillite du secteur social. Ce dossier donne alors la parole \u00e0 8 professionnels faisant partie des m\u00e9tiers traditionnels du social mais \u00e9galement des nouveaux m\u00e9tiers qui sont apparus.<br>Puis un article de Marcel Jaeger (directeur adjoint de l\u2019Ecole de Buc) intitul\u00e9 \u00ab Tournant historique \u00bb, fait appara\u00eetre le questionnement suivant : \u00ab Y-a-t-il l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle professionnalit\u00e9 du social ou plut\u00f4t un r\u00e9ajustement moins radical qu\u2019il n\u2019y para\u00eet ? \u00bb. L\u2019auteur explique que la remise en cause d\u2019une approche trop psychologique dans les accompagnements des \u00e9ducateurs, s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e. Cependant, on constate toujours, que de nombreuses personnes pr\u00e9sentent des probl\u00e9matiques personnelles qui ont besoin d\u2019une approche clinique. L\u2019auteur critique ensuite l\u2019analyse de Jacques Ion (8) qui parle de l\u2019entre-soi des \u00e9ducateurs et du mythe \u00e9ducatif, puis il termine par un nouveau questionnement \u00ab Combien de professionnels exercent dans les secteurs classiques du Travail social et comment repenser leur professionnalit\u00e9 sans pour autant la mod\u00e9liser sur celles des pratiques de la Politique de la ville et des Politiques d\u2019insertion ? \u00bb<br>Jacques Ion (sociologue), toujours dans le m\u00eame num\u00e9ro revient sur le d\u00e9veloppement de l\u2019Intervention sociale. Il explique l\u2019apparition de nouvelles professions issues de l\u2019Universit\u00e9 (g\u00e9ographes, urbanistes, juristes, \u00e9conomistes \u2026) mais aussi de nouveaux petits m\u00e9tiers et du b\u00e9n\u00e9volat (animateurs \u00e0 temps partiels, femmes relais \u2026) souvent issus de l\u2019immigration.<br>Par ailleurs une technocratie s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e avec l\u2019apparition de nouveaux cadres issus des \u00e9coles de gestion, de commerce ou des instituts r\u00e9gionaux d\u2019administration. Les travailleurs sociaux traditionnels sont quant \u00e0 eux le fruit de l\u2019Etat Providence. L\u2019auteur parle ensuite des difficult\u00e9s apparues dans les formations. Pour lui on continue de former, comme dans les ann\u00e9es 70 alors que les probl\u00e9matiques des populations ne sont plus vraiment les m\u00eames depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 80. On peut s\u2019interroger aussi sur les nouveaux dispositifs (Politique de la ville, Insertion\u2026), les travailleurs sociaux ne s\u2019y retrouvent pas. Par ailleurs, selon lui, il y aurait une d\u00e9mission du politique vis-\u00e0-vis du social. Pourtant le Travail social communautaire a exist\u00e9. Les travailleurs sociaux des ann\u00e9es 70 savaient ce qu\u2019ils faisaient , ce qui n\u2019est plus vraiment le cas maintenant, si ce n\u2019est de reproduire des actes routiniers. Pour lui, les formations et les professions sociales doivent pouvoir s\u2019adapter \u00e0 de nouveaux mod\u00e8les et \u00e0 de nouvelles pratiques.<br>Dans ces quatre num\u00e9ros, les questions de l\u2019avenir, du malaise, de l\u2019\u00e9puisement et de la place des travailleurs sociaux sont abord\u00e9es. Les nouvelles orientations politiques du social-lib\u00e9ralisme puis du n\u00e9olib\u00e9ralisme dans le secteur social font appara\u00eetre la logique de la rentabilit\u00e9. De nouveaux mots sont employ\u00e9s (d\u00e9marches contractuelles, projets, innovations, \u00e9valuations, obligations de r\u00e9sultats, marketing \u2026) qui interpellent les professionnels de terrain. Ces derniers, dans un temps de travail qui n\u2019est pas extensible doivent \u00e0 la fois participer \u00e0 des r\u00e9unions et \u00e0 des projets en partenariat tout en continuant des accompagnements individuels. Tous ces changements am\u00e8nent beaucoup d\u2019interrogations chez les travailleurs sociaux (Assistantes sociales et Educateurs sp\u00e9cialis\u00e9s notamment) avec des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019\u00e9puisement professionnel mais aussi parfois des changements de profession. On constate aussi des approches diff\u00e9rentes (articles de Marcel Jaeger et de Jacques Ion) vis-\u00e0-vis des perspectives propos\u00e9es pour les formations et les professions du social dans l\u2019avenir. Dans le premier cas, il s\u2019agit pour les travailleurs sociaux de repenser leurs pratiques sans pour autant les mod\u00e9liser sur celle de l\u2019Intervention sociale. Pour le second cas, les pratiques des travailleurs sociaux doivent pouvoir s\u2019adapter \u00e0 de nouvelles probl\u00e9matiques en tenant compte des apports de l\u2019Intervention sociale. En 2000, Jean No\u00ebl Chopart reviendra sur les mutations du Travail social, effectu\u00e9es dans les ann\u00e9es 80 et 90 (9).<br>(8)Jacques Ion Le Travail social \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du territoire, Privat, 1991.<br>(9)Jean-No\u00ebl Chopart Les mutations du Travail social, Dunod 2000.<br>-Dans le num\u00e9ro 38 de janvier \u00e0 mars 1992, trois articles reviennent sur la p\u00e9rennit\u00e9 ou pas du Travail social mais aussi sur la question des moyens. Mehdi Farzad (membre du collectif PEPS) dans un article intitul\u00e9 \u00ab Les pratiques sociales en milieu scolaire \u00bb en pr\u00e9sentant les entretiens de deux assistants sociaux, s\u2019interroge sur le manque de temps et de moyens de ces professionnels pour r\u00e9aliser leur travail.<br>Victor Girard (Pr\u00e9sident de commission au CTPS) quant \u00e0 lui revient sur les difficult\u00e9s et le manque de moyens des \u00e9ducateurs en Pr\u00e9vention sp\u00e9cialis\u00e9e dans un article intitul\u00e9 \u00ab Pr\u00e9vention sp\u00e9cialis\u00e9e et d\u00e9veloppement local \u00bb.<br>Raymond Curie (membre du collectif PEPS) dans l\u2019article \u00ab R\u00f4le et \u00e9volution du Travail social dans les ann\u00e9es 70\/80 \u00bb s\u2019interroge sur le r\u00f4le du Travail social d\u00e9s l\u2019origine mais aussi sur les termes de contr\u00f4le social et de partenariat social.<br>Dans ces trois articles, on s\u2019aper\u00e7oit que la n\u00e9cessit\u00e9 du Travail social persiste mais que celui-ci ne peut pas \u00eatre p\u00e9rennis\u00e9 si les moyens humains, mat\u00e9riels et financiers ne suivent pas. Les trois articles rejoignent ceux d\u00e9crits pr\u00e9c\u00e9demment en s\u2019interrogeant sur les nouvelles pratiques qui d\u00e9coulent des nouvelles orientations des politiques sociales.<br>-Dans le num\u00e9ro 47 ((juillet \/septembre 1994), Hugues Bazin (membre du collectif PEPS) s\u2019interroge sur l\u2019avenir du Travail social dans un article intitul\u00e9 \u00ab Le Travail social et la crise \u00bb.<br>L\u2019auteur revient sur la distinction entre solidarit\u00e9 nationale ou d\u2019Etat et solidarit\u00e9 sociale ou civile. La premi\u00e8re s\u2019appuie sur la redistribution des richesses, la deuxi\u00e8me sur les r\u00e9seaux de proximit\u00e9. L\u2019Etat capitaliste pendant 30 ans (1945\/1975) s\u2019est accommod\u00e9 de la redistribution des richesses, tant qu\u2019il y a eu la croissance. Le Travail social servant de garde\/fou pour l\u2019encadrement et l\u2019aide des personnes en difficult\u00e9. La crise des professions sociales interviendra en 1968 et au cours des ann\u00e9es 70 avec des remises en cause concernant les r\u00f4les attribu\u00e9s. Les mouvements d\u2019\u00e9ducation populaire aussi seront touch\u00e9s. Avec la crise \u00e9conomique de 1973, le d\u00e9veloppement du ch\u00f4mage et de la pr\u00e9carit\u00e9, l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 maturit\u00e9 des jeunes issus de l\u2019immigration qui revendiquent des droits, les probl\u00e8mes d\u2019urbanisme et d\u2019infrastructure des banlieues, une soci\u00e9t\u00e9 fractionn\u00e9e appara\u00eet. Le Travail social ne peut plus r\u00e9pondre aux multiples difficult\u00e9s sociales pos\u00e9es. Le RMI par exemple, dans la majorit\u00e9 des cas, ne permettra pas r\u00e9ellement les d\u00e9marches d\u2019insertion. Des remises en cause des acquis sociaux vont se d\u00e9velopper dans les ann\u00e9es 90. Des conflits du travail de plus en plus violents appara\u00eetront mais sans d\u00e9bouch\u00e9s. Parall\u00e8lement c\u2019est dans les banlieues et quartiers populaires, que des violences se d\u00e9velopperont aussi, tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9es, mais l\u00e0 aussi sans perspectives. Enfin de nouveaux mouvements militants apparaitront (AC, DAL, CDSL, ASUD, ACT UP\u2026), les associations caritatives agiront de plus en plus aussi comme Les Restaurants du c\u0153ur en se substituant \u00e0 l\u2019Etat. Ce dernier se d\u00e9sengagera progressivement. Des nouveaux rapports s\u2019installeront entre travailleurs sociaux et b\u00e9n\u00e9voles\/ militants avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 des tensions mais aussi des rapprochements parfois d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9. De nouveaux liens sociaux restent donc \u00e0 tisser afin que de nouvelles solidarit\u00e9s soient cr\u00e9er.<br>D)Le rapport au politique des travailleurs sociaux : entre r\u00e9signation et critique sociale :<br>-Dans le num\u00e9ro 17 (mars\/avril 1986), un dossier coordonn\u00e9 par Catherine Boulenger (membre du collectif PEPS) et Alice Billet s\u2019intitule : \u00ab Partis politiques et Travail social \u00bb .<br>Ce dossier a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avant les L\u00e9gislatives de 1986. Un questionnaire permettait d\u2019avoir les avis des repr\u00e9sentants des partis. La LCR, le PSU, les Verts, le CDS et le FN ont re\u00e7u les membres du collectif PEPS, le MRG a r\u00e9pondu par courrier.<br>Chaque repr\u00e9sentant de parti a exprim\u00e9 ses id\u00e9es concernant les politiques sociales mais beaucoup moins vis-\u00e0-vis du r\u00f4le du Travail social. La LCR, le PSU, les Verts et le MRG \u00e9taient les plus ouverts concernant le d\u00e9veloppement de politiques sociales progressistes. La plupart des repr\u00e9sentants connaissaient mal le Travail social. Les grands partis PC, PS, RPR et UDF n\u2019ayant pas re\u00e7u les deux membres de PEPS, les analyses ont \u00e9t\u00e9 faites d\u2019apr\u00e8s une documentation et les \u00e9chos de la presse donnant les orientations de ces partis en mati\u00e8re sociale. Un tableau comparatif a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9, montrant les projets en mati\u00e8re de politiques sociales. Enfin, il faut noter qu\u2019une certaine m\u00e9fiance des \u00e9lus vis-\u00e0-vis du Travail social existe. En effet les professionnels du social font remonter souvent les difficult\u00e9s des populations mais aussi celles qui concernent les manques au niveau organisationnel et budg\u00e9taire, ce qui d\u00e9plait particuli\u00e8rement aux \u00e9lus locaux.<br>-Dans le num\u00e9ro 33 (juillet\/ ao\u00fbt 1990), Mehdi Farzad (membre du collectif PEPS) a \u00e9crit un article intitul\u00e9 \u00ab Un homme, une voix \u00bb. Il exprime ainsi, la position d\u00e9fendue par des travailleurs sociaux engag\u00e9s.<br>Il pose la question Peut-on parler d\u2019int\u00e9gration des immigr\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise sans leur accorder le droit de vote ? L\u2019auteur se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019article 29 de l\u2019Acte constitutionnel du 24 juin 1793 qui disait ceci \u00ab Chaque citoyen a un droit l\u00e9gal de concourir \u00e0 la formation de la loi et \u00e0 la nomination de ses mandataires ou de ses agents ! \u00bb. Il constate que la loi \u00e9tait plus progressiste \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019en 1990. Il trouve particuli\u00e8rement bizarre, le recul du PS lors de la fameuse table ronde sur l\u2019immigration en mai de la m\u00eame ann\u00e9e. Il constate aussi que la France ne peut pas se consid\u00e9rer comme un mod\u00e8le d\u2019avant-garde sur cette question. Il met en garde contre le retour de douloureux souvenirs de l\u2019Histoire de France.<br>D\u2019apr\u00e8s ces deux apports dans la revue, concernant les relations des travailleurs sociaux avec les partis politiques, on peut noter une certaine d\u00e9ception et des critiques, particuli\u00e8rement vis-\u00e0-vis des partis de gauche apr\u00e8s 1981. Les attentes des travailleurs sociaux \u00e9taient tr\u00e8s fortes, tant du point de vue des orientations des politiques sociales qu\u2019au niveau de l\u2019organisation m\u00eame du Travail social. L\u2019effet \u00ab Mai 1981 \u00bb sera vite rattrap\u00e9 par la logique de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire d\u00e8s 1984, puis par l\u2019alignement sur les crit\u00e8res de Maastricht en 1992. Les politiques sociales et le Travail social seront sacrifi\u00e9s \u00e0 la logique de la RCB (Rationalisation des choix budg\u00e9taires) n\u00e9olib\u00e9rale. Le comportement des \u00e9lus locaux, m\u00eame les plus ouverts seront contraints par cette logique implacable mais aussi par des calculs \u00e9lectoraux en ce qui concerne le droit de vote des \u00e9trangers. C\u2019est \u00e0 partir de 1984 que petit \u00e0 petit les positions des professionnels du social \u00e9volueront, soit vers la r\u00e9signation, soit vers la critique et la r\u00e9sistance mais parfois aussi oscilleront entre les deux (10).<br>E)Des collectifs constitu\u00e9s et mobilis\u00e9s sur un th\u00e8me pr\u00e9cis ( \u00e0 l\u2019initiative de professionnels du social ou de collectifs ext\u00e9rieurs au Travail social qui ont int\u00e9gr\u00e9 des professionnels du social en leur sein)<br>-Dans le num\u00e9ro 7 (f\u00e9vrier\/mars 1984) C\u00e9cile une \u00e9ducatrice de la Marche contre le racisme explique son engagement dans le collectif. Le 15 octobre 1983 commen\u00e7ait \u00e0 Marseille une Marche contre le racisme qui fut conduite par un collectif et qui regroupera environ 100 0000 personnes \u00e0 Paris 7 semaines plus tard. A l\u2019origine, des jeunes d\u2019origine immigr\u00e9e issus du quartier des Minguettes \u00e0 V\u00e9nissieux et soutenu par le pr\u00eatre Christian Delorme. C\u2019est la blessure grave d\u2019un des jeunes par un ma\u00eetre-chien mais aussi de nombreux meurtres racistes commis en deux ans qui ont provoqu\u00e9 cette mobilisation. C\u00e9cile en formation d\u2019\u00e9ducatrice \u00e0 l\u2019Education surveill\u00e9e a v\u00e9cu la Marche de l\u2019int\u00e9rieur.<br>(10)Raymond Curie Le Travail social \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du n\u00e9olib\u00e9ralisme, entre r\u00e9signation et r\u00e9sistance, L\u2019Harmattan, 2010.<br>Des jeunes d\u2019origine maghr\u00e9bine et des jeunes de souche fran\u00e7aise vont se rencontrer durant cette Marche et d\u00e9velopper des \u00e9changes culturels. La vie en communaut\u00e9 pendant sept semaines a rencontr\u00e9 certaines tensions mais qui seront vite d\u00e9pass\u00e9es. En tant qu\u2019\u00e9ducatrice, elle a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s disponible pour vivre cet engagement et diverses situations avec les autres jeunes. Elle a pu r\u00e9fl\u00e9chir aussi sur les repr\u00e9sentations r\u00e9ciproques des uns et des autres. Au fil des semaines le soutien de la population, des associations, des syndicats et partis de gauche s\u2019est amplifi\u00e9. Lyon, fut un carrefour important avec 2000 personnes pour un grand d\u00e9fil\u00e9 dans les rues.<br>L\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Paris fut exceptionnelle. Une d\u00e9l\u00e9gation sera re\u00e7ue par Fran\u00e7ois Mitterrand : celui-ci accordera une carte de r\u00e9sident valable 10 ans mais ne s\u2019engagera pas sur d\u2019autres revendications.<br>-Dans le num\u00e9ro 18 (janvier\/f\u00e9vrier 1987) un article intitul\u00e9 \u00ab Ca bouge chez les travailleurs sociaux en formation \u00bb fait \u00e9tat des \u00e9chos li\u00e9s \u00e0 la mobilisation contre le Projet Devaquet.<br>Les Travailleurs sociaux en formation de la R\u00e9gion parisienne se sont organis\u00e9s \u00e0 la suite de l\u2019assassinat de Malik Oussekine en d\u00e9cembre 1986. La quasi-totalit\u00e9 des Ecoles \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9es trois jours apr\u00e8s la mort de l\u2019\u00e9tudiant. Les d\u00e9l\u00e9gations pr\u00e9sentes dans cette Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, se prononcent pour participer \u00e0 la grande manifestation de protestation contre le gouvernement et la violence polici\u00e8re : le mot d\u2019ordre sera \u00ab Plus jamais \u00e7a, non \u00e0 la r\u00e9pression \u00bb. La d\u00e9cision est prise aussi de mettre sur pied une coordination inter-\u00e9coles, car les travailleurs sociaux en formation ont leurs propres revendications. De nombreux \u00e9tudiants en formation seront pr\u00e9sents \u00e0 la manifestation, puis un nouveau weekend sera programm\u00e9 \u00e0 Clermont Ferrand o\u00f9 14 d\u00e9l\u00e9gations d\u2019Ecoles de Travail Social seront pr\u00e9sentes. Les th\u00e8mes suivants ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s : Coordination, r\u00e9mun\u00e9ration, statuts, formations, et politiques sociales actuelles. Ensuite une autre rencontre a eu lieu \u00e0 Parmentier et une autre \u00e9tait pr\u00e9vue en janvier 1987 avec l\u2019\u00e9laboration d\u2019une plate-forme et des actions pr\u00e9vues.<br>-Dans le num\u00e9ro 25, (mai\/juin 1988) un article de Raymond Curie (membre du collectif PEPS) s\u2019intitule \u00ab Mieux vaut penser le changement pour la prison que de changer les pansements p\u00e9nitentiaires \u00bb, il est question du Plan de cinq ans :<br>C\u2019est un Collectif n\u00e9 en Ile de France, il organisait une journ\u00e9e \u00e0 Montrouge le 16 mai 1987. Puis l\u2019article parle aussi d\u2019une Journ\u00e9e d\u2019information sur la prison \u00e0 Orly \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019AOCEP et de la Municipalit\u00e9, le 18 mai 1987. Enfin, il est question aussi de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du Plan de Cinq ans, le 30 janvier 1988. Le Collectif \u00ab Plan de cinq ans \u00bb , regroupait des professionnels du social, et de la justice notamment. Son but \u00e9tait d\u2019informer et de proposer des alternatives \u00e0 la prison, particuli\u00e8rement des peines de substitution, comme les TIG (Travail d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral). Il se pronon\u00e7ait \u00e9galement contre l\u2019incarc\u00e9ration des mineurs.<br>-Dans le num\u00e9ro 30 (septembre\/octobre 1989), le num\u00e9ro est consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019anniversaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. C\u2019est l\u2019ensemble du collectif PEPS qui a contribu\u00e9 \u00e0 sa r\u00e9alisation.<br>Il s\u2019agissait de c\u00e9l\u00e9brer les droits de l\u2019homme et du citoyen mais aussi l\u2019abolition des privil\u00e8ges dans un sens militant. Plusieurs articles refl\u00e8tent l\u2019actualit\u00e9 du Travail social confront\u00e9 aux limites et aux remises en cause des droits de l\u2019homme. La vieillesse, le handicap, la maladie mentale, le ch\u00f4mage, la pr\u00e9carit\u00e9, la toxicomanie, la d\u00e9linquance, la d\u00e9saffiliation et les ruptures familiales \u00e9tant les principales cat\u00e9gories de difficult\u00e9s abord\u00e9es par les travailleurs sociaux en cette fin des ann\u00e9es 80.<br>Dans ce num\u00e9ro on constate que les deux d\u00e9clarations des \u00ab Droits de l\u2019homme et du citoyen \u00bb parues pendant la R\u00e9volution apparaissent, celle de 1789 (qui a \u00e9t\u00e9 reprise par les R\u00e9publiques successives) et celle de 1793 qui \u00e9tait beaucoup plus engag\u00e9e et plus r\u00e9volutionnaire. Le num\u00e9ro fait \u00e9tat des questions coloniales et postcoloniales, mais aussi du traitement de la mis\u00e8re sociale, du droit au travail, du droit des femmes, du droit de vote des immigr\u00e9s, des luttes sociales mais aussi d\u2019\u00e9ducation, de culture et de protection de l\u2019enfance. Ce num\u00e9ro marque \u00e0 bien des \u00e9gards l\u2019orientation politique progressiste de la revue ; les valeurs qui se d\u00e9gagent des articles indiquent un ancrage tr\u00e8s \u00e0 gauche des diff\u00e9rents membre du collectif . Il ne faut pas oublier qu\u2019en cette ann\u00e9e 1989, le gouvernement de Fran\u00e7ois Mitterrand avait comm\u00e9mor\u00e9 le Bicentenaire de la R\u00e9volution aux Champs Elys\u00e9es, sous une forme \u00e9dulcor\u00e9e et r\u00e9formiste, \u00e0 l\u2019inverse des organisations de la gauche radicale avaient organis\u00e9 un anniversaire plus r\u00e9volutionnaire se terminant par un gigantesque concert, place de la Bastille. La symbolique des lieux \u00e9taient flagrantes. PEPS \u00e9tant plus proche des id\u00e9es de la deuxi\u00e8me c\u00e9l\u00e9bration.<br>-Dans le num\u00e9ro 48 (octobre\/d\u00e9cembre 1994), un article est \u00e9crit par des militants du Comit\u00e9 des sans logis (CDSL) et de Droit au logement (DAL) :<br>A l\u2019initiative de DAL cr\u00e9\u00e9 en 1990 \u00e0 Paris, un CDSL regroupant des personnes isol\u00e9es et des familles a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1993. Ces deux collectifs ont re\u00e7u l\u2019aide d\u2019avocats. Des travailleurs sociaux impliqu\u00e9s en parall\u00e8le de leur travail, \u00e0 Paris et en Province ont particip\u00e9 \u00e0 ces deux collectifs.<br>La question du logement a \u00e9t\u00e9 la priorit\u00e9 de ces deux types de collectif, sans oublier le droit \u00e0 la sant\u00e9, le droit au travail et \u00e0 la formation mais aussi le droit \u00e0 la dignit\u00e9 et au respect. Ces deux collectifs rappellent que le droit de r\u00e9quisition existe et peut s\u2019appliquer (il a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 en 1945, en 1954 et en 1962).<br>DAL s\u2019est fait conna\u00eetre par des actions spectaculaires : notamment les occupations d\u2019immeubles vides. D\u00e9sormais les deux collectifs travaillent ensemble avec des relais m\u00e9diatiques. Des personnalit\u00e9s ont soutenu ces actions (L\u2019abb\u00e9 Pierre, le g\u00e9n\u00e9ticien Albert Jacquard, l\u2019\u00e9v\u00eaque Jacques Gaillot, le professeur L\u00e9on Schwartzenberg\u2026). Des regroupements pour des actions unitaires ont eu lieu aussi avec les collectifs AC (Agir contre le ch\u00f4mage). Le 19 d\u00e9cembre 1994, Jacques Chirac annonce sa volont\u00e9 de r\u00e9quisitionner des logements, les luttes commencent par payer. Dans le m\u00eame temps, une Universit\u00e9 populaire \u00ab Droit devant \u00bb s\u2019installe au 7 rue du dragon \u00e0 Paris apr\u00e8s l\u2019occupation des locaux avec la participation d\u2019intellectuels, d\u2019artistes et de scientifiques. Le but est de cr\u00e9er des \u00e9changes sur les droits humanitaires, la citoyennet\u00e9, le savoir et la formation. Le CDSL continue ses actions sur l\u2019hygi\u00e8ne en obtenant \u00e0 Paris la r\u00e9ouverture de plusieurs bains\/douches municipaux. Il s\u2019occupe aussi pour les jeunes de formation et d\u2019insertion. Enfin le CDSL et AC m\u00e8nent des campagnes pour les transports gratuits des ch\u00f4meurs et des pr\u00e9caires.<br>Dans le m\u00eame num\u00e9ro, une lettre ouverte du GRAL (Groupe de r\u00e9flexion et d\u2019action logement) est adress\u00e9e au Ministre du logement pour exiger la r\u00e9quisition de logements vides. Cette association \u00e9mane de travailleurs sociaux et de b\u00e9n\u00e9voles. Ses actions sont men\u00e9es aux c\u00f4t\u00e9s des personnes sans logis et mal log\u00e9es. Un travail de collaboration est organis\u00e9 avec DAL et le CDSL.<br>-Dans le num\u00e9ro 50 (avril\/juin 1995), deux articles \u00e9manent aussi du DAL et du CDSL :<br>Le premier article est r\u00e9dig\u00e9 par Jean-Baptiste Eyraud porte-parole de DAL. Ce dernier explique que le DAL prend racine fin 1986 au plus fort de la sp\u00e9culation immobili\u00e8re \u00e0 Paris mais que sa cr\u00e9ation remonte \u00e0 octobre 1990. Il r\u00e9sume les principales actions men\u00e9es : la lutte contre les expulsions, la constitution de dossiers, l\u2019organisation de la solidarit\u00e9 avec et entre les familles, la formation de militants, les interventions d\u2019urgence, les n\u00e9gociations et les conflits dans les communes de banlieue, la cr\u00e9ation de comit\u00e9s DAL. Plus de 600 familles ont \u00e9t\u00e9 relog\u00e9es, des milliers d\u2019autres maintenues dans leur logement. Des avocats travaillant pour DAL, ont permis des avanc\u00e9es importantes. Le droit de r\u00e9quisition est maintenu comme revendication.<br>Le deuxi\u00e8me article est r\u00e9dig\u00e9 par Jean Yves Cottin membre du CDSL. Ce dernier revient sur l\u2019occupation de la rue du Dragon et sur le tournant op\u00e9r\u00e9 vis-\u00e0-vis des jeunes. En effet des jeunes de 18 \u00e0 25 ans sont venus pour la 1\u00e8re fois exposer leurs probl\u00e8mes. Du fait du ch\u00f4mage et de la crise du logement, ces derniers sont en grandes difficult\u00e9s. Une action a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e en direction du BAS (Bureau d\u2019aide sociale) du 14e arrondissement de Paris avec la pr\u00e9sence de Jacques Gaillot \u00e9v\u00eaque et des m\u00e9dias. La Mairie de Paris accorde un secours d\u2019urgence aux jeunes pr\u00e9sents ainsi qu\u2019un suivi social. Le mois suivant la Mairie du 13e arrondissement est occup\u00e9e avec le soutien d\u2019Albert Jacquard et la commission jeunes d\u2019AC. Un rendez-vous mensuel est d\u00e9sormais pr\u00e9vu.<br>Ensuite, une op\u00e9ration \u00ab Chambres de bonnes \u00bb est pr\u00e9par\u00e9e . C\u2019est un immeuble du 12e arrondissement appartenant \u00e0 la R\u00e9gie immobili\u00e8re de la ville de Paris qui est vis\u00e9. Le 8 mars 1995, une action est men\u00e9e avec le soutien de L\u00e9on Schwartzenberg .<br>L\u2019occupation du 8e \u00e9tage a lieu. Les forces de police sont mobilis\u00e9es et le maire-adjoint au logement de l\u2019arrondissement intervient. Une d\u00e9l\u00e9gation est re\u00e7ue au si\u00e8ge de la RIVP. La Mairie de Paris s\u2019engage \u00e0 louer des chambres de bonnes aux personnes pr\u00e9sent\u00e9es par le CDSL. Quinze familles sont relog\u00e9es, puis apr\u00e8s d\u2019autres actions, une dizaine de petits logements sont attribu\u00e9s, mais peu de jeunes en b\u00e9n\u00e9ficient car les garanties financi\u00e8res sont trop \u00e9lev\u00e9es. Une nouvelle action permettra de reloger 21 jeunes avenu Malesherbes dans des locaux du GAN.<br>Dans ces deux derniers num\u00e9ros, on constate ce que peut \u00eatre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 sociale dans le sens o\u00f9 l\u2019a expliqu\u00e9e Robert Castel (11) et ses cons\u00e9quences.<br>Des travailleurs sociaux en parall\u00e8le de leur travail s\u2019investiront dans diff\u00e9rentes actions men\u00e9es en d\u00e9fense du logement social et contre la pauvret\u00e9. Le ch\u00f4mage, la pr\u00e9carit\u00e9, la sp\u00e9culation immobili\u00e8re entra\u00eenant la crise du logement ont d\u00e9bouch\u00e9 sur le d\u00e9veloppement de la d\u00e9saffiliation.<br>-Enfin dans le num\u00e9ro 49 (janvier\/mars 1995), Herv\u00e9 Haudiquet (\u00e9ducateur) et Dominique Brunet (intervenant dans une \u00e9cole de Travail social) \u00e0 travers un article intitul\u00e9 \u00ab Une nouvelle professionnalit\u00e9, autour de l\u2019acc\u00e8s au droit \u00bb explique les orientations de l\u2019association \u00ab R\u00e9seau pour l\u2019acc\u00e8s au droit et \u00e0 la justice \u00bb.<br>Cette association a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1992, elle regroupe des travailleurs sociaux, des syndicalistes et des militants associatifs. Le but \u00e9tant de ne plus subir le droit en g\u00e9n\u00e9ral. Les principales orientations \u00e9tant : la d\u00e9fense du droit au logement, le droit des \u00e9trangers et faciliter l\u2019accessibilit\u00e9 \u00e0 la justice. Face au lib\u00e9ralisme et \u00e0 ses ravages, la professionnalit\u00e9 des travailleurs sociaux doit \u00e9voluer en mettant le droit au centre des formations et des pratiques sociales. Pour cela la mise en place de pratiques collectives engag\u00e9es est incontournable.<br>Mehdi Farzad (membre du collectif PEPS) dans l\u2019\u00e9ditorial du m\u00eame num\u00e9ro tient des propos similaires en expliquant par exemple l\u2019int\u00e9r\u00eat pour des travailleurs sociaux de participer \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 populaire \u00ab Droit devant \u00bb apr\u00e8s l\u2019occupation de la rue du Dragon \u00e0 Paris. Il regrette que ce soit une minorit\u00e9 d\u2019entre eux qui y participent. Pourtant c\u2019est ce type d\u2019initiative qui permet les \u00e9changes, les rencontres et le travail en commun entre militants associatifs, chercheurs, syndicalistes, militants politiques, artistes et travailleurs sociaux pour la d\u00e9fense de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits.<br>f)Echos des luttes :<br>Dans les premiers num\u00e9ros de PEPS , une rubrique sp\u00e9ciale sera intitul\u00e9e \u00ab Echo des luttes \u00bb, puis ensuite r\u00e9guli\u00e8rement des articles feront le point sur les revendications et mobilisations sociales.<br>(11)Robert Castel L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 sociale, Seuil, 2003.<br>Dans le 1er num\u00e9ro (janvier\/f\u00e9vrier 1983), un article de R\u00e9my Gat\u00e9 qui faisait partie du collectif PEPS fait part de la mobilisation de 11 assistantes sociales en formation \u00e0 l\u2019ISS de Besan\u00e7on. (Cet article sera repris aussi dans le num\u00e9ro 2). Elles ont, particip\u00e9 au Mouvement des travailleurs sociaux en formation de septembre \u00e0 novembre 1981 et suite \u00e0 ce moment ont \u00e9crit un m\u00e9moire collectif. A Besan\u00e7on une autre \u00e9cole faisait partie du mouvement avec une majorit\u00e9 d\u2019ES, l\u2019IFES. L\u2019article s\u2019intitulait \u00ab Travailleurs sociaux en formation : cessation concert\u00e9e d\u2019activit\u00e9 \u00bb, il n\u2019y avait pas encore le titre \u00ab Echos des luttes \u00bb.<br>L\u2019article fait part des deux grandes revendications majoritaires du mouvement national :<br>-A court terme, l\u2019extension et la revalorisation des bourses \u00e9tudiantes<br>-A long terme, un statut de travailleur social en formation<br>Avec 7 semaines de gr\u00e8ve, les revendications des \u00e9tudiantes ont concern\u00e9 aussi le droit d\u2019expression syndical et de r\u00e9union. L\u2019unit\u00e9 du mouvement reposait sur l\u2019id\u00e9e d\u2019un statut commun AS\/ES. Mais petit \u00e0 petit des divergences ont vu le jour \u00e0 Besan\u00e7on comme au niveau national entre les partisans d\u2019un statut de travailleur social en formation et les partisans d\u2019un statut d\u2019\u00e9tudiant boursier.<br>Le comit\u00e9 de gr\u00e8ve, les AG et les commissions vont \u00eatre marqu\u00e9s par l\u2019enjeu d\u2019articuler les revendications nationales avec des revendications locales. Dans les d\u00e9bats, les \u00e9ducateurs en formation \u00e9tant plus habitu\u00e9s \u00e0 la logique du mouvement social vont prendre un certain pouvoir, notamment oratoire. Les \u00e9tudiantes assistantes sociales moins exp\u00e9riment\u00e9es se consacreront surtout au d\u00e9veloppement des revendications locales.<br>Une autre question qui s\u2019est pos\u00e9e dans le mouvement national, c\u2019est l\u2019attitude \u00e0 adopter vis-\u00e0-vis d\u2019un gouvernement de gauche. D\u2019o\u00f9 des positions diff\u00e9rentes, entre les partisans d\u2019un conflit dur et les partisans d\u2019une n\u00e9gociation en douceur.<br>Le mouvement se terminera fin 1981, suite au report dans le temps d\u2019un statut de travailleur social en formation et suite au refus du gouvernement de donner 3500 francs \u00e0 tous les \u00e9tudiants. Au niveau local, des avanc\u00e9es en revanche ont \u00e9t\u00e9 obtenues :<br>-Mise en place d\u2019un processus d\u2019interrogation sur les formations<br>-Droit de r\u00e9unions et d\u2019assembl\u00e9es syndicales au sein de l\u2019ISS<br>-D\u00e9voilement des r\u00e9ticences d\u2019une \u00e9quipe p\u00e9dagogique, \u00e9vitant de se confronter aux \u00e9tudiants gr\u00e9vistes<br>Pour les 11 assistantes sociales en question, l\u2019analyse collective de la gr\u00e8ve a \u00e9t\u00e9 un outil int\u00e9ressant au niveau de la mise en commun des exp\u00e9riences, de la clarification des implications, de l\u2019analyse d\u2019un mouvement collectif et du rep\u00e9rage de l\u2019environnement et de son influence.<br>Ce que l\u2019on peut dire de cette exp\u00e9rience et de cet article avec le recul, c\u2019est qu\u2019en 1981 \/ 1982, les \u00e9tudiants des \u00e9coles de Travail social ont cru \u00e0 une possibilit\u00e9 d\u2019avancement au niveau des revendications avec l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de la gauche. La coordination nationale des travailleurs sociaux en formation r\u00e9clamait avec le soutien de la CFDT et de la CGT : une garantie de ressources \u00e9gale au SMIC. La CFDT \u00e9tant pour la cr\u00e9ation d\u2019un statut de travailleur social en formation , alors que la CGT se pronon\u00e7ait plut\u00f4t pour une indemnit\u00e9 \u00e9tudiante.<br>Le gouvernement a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque faire porter ses efforts financiers sur la qualification des personnels non form\u00e9s et en situation d\u2019emploi. Cependant ce mouvement social des travailleurs sociaux sans pr\u00e9c\u00e9dent depuis 1968, a \u00e9t\u00e9 relay\u00e9 les ann\u00e9es suivantes par d\u2019autres actions. Celles-ci permettront ainsi des avanc\u00e9es au niveau de la r\u00e9\u00e9valuation et de l\u2019extension des bourses \u00e9tudiantes. Il faudra attendre cependant, les ann\u00e9es 2000 pour l\u2019obtention de la gratification durant les p\u00e9riodes de stages mais avec plusieurs restrictions d\u2019o\u00f9 de nouvelles mobilisations.<br>Dans le num\u00e9ro 2 (janvier\/f\u00e9vrier 1983) : un article d\u2019\u00e9claircissement de la CGT est paru suite \u00e0 celui de R\u00e9my Gat\u00e9 dans le num\u00e9ro 1. Puis dans le num\u00e9ro 3 (mars\/avril 1983) \u00e0 la rubrique Echos des luttes, R\u00e9my Gat\u00e9 revient \u00e0 nouveau sur les mobilisations des \u00e9tudiants des \u00e9coles. IL parle d\u2019une mobilisation des \u00e9tudiants\/infirmiers en formation qui a eu lieu le 12 novembre 1982. Il explique aussi que la coordination de 1981 a vu deux logiques en son sein : celle qui d\u00e9fendait le statut de travailleur social en formation et celle qui d\u00e9fendait le statut \u00e9tudiant. Il parle aussi des probl\u00e8mes de turn-over des \u00e9tudiants dans les \u00e9coles, qui ne permettent pas de stabiliser des collectifs pour les mobilisations. Enfin, il s\u2019interroge si les travailleurs sociaux en 1984, seront capables de faire des propositions coh\u00e9rentes au niveau des formations. Dans ce num\u00e9ro 3 aussi, R\u00e9my Gat\u00e9 rencontre une d\u00e9l\u00e9gation du MAS (Mouvement des assistants sociaux) : il explique que le MAS est n\u00e9 le 6 juillet 1982, son r\u00f4le : r\u00e9fl\u00e9chir, agir et d\u00e9fendre. C\u2019est la trilogie du mouvement. C\u2019est \u00e0 la suite du congr\u00e8s de l\u2019ANAS en novembre 1981 que l\u2019id\u00e9e du Mas s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e. Au d\u00e9part certaines personnes du collectif souhaitaient cr\u00e9er un syndicat mais tr\u00e8s vite, les diff\u00e9rents membres \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 syndiqu\u00e9s, c\u2019est autre chose qui est apparu et notamment : faire appara\u00eetre les revendications sp\u00e9cifiques des AS pas assez abord\u00e9es par les syndicats classiques. Au d\u00e9but, il y a eu une vingtaine d\u2019adh\u00e9rents, principalement des jeunes femmes. Petit \u00e0 petit la base s\u2019est \u00e9largie et des antennes en Province ont \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9es, ainsi que l\u2019id\u00e9e de commissions de travail. Le MAS parlait \u00e0 cette \u00e9poque de Nouveau Travailleur Social \u00e0 causes des nouvelles pratiques qui apparaissaient dans le secteur social.<br>Les membres du collectif souhaitaient que le MAS soit un v\u00e9ritable lieu d\u2019\u00e9changes entre AS. A la fin de la rencontre, la d\u00e9l\u00e9gation souhaite garder le contact avec PEPS.<br>Dans le num\u00e9ro 4 (juin\/ao\u00fbt 1983), un article d\u2019\u00e9claircissement du MAS parait pour approfondir l\u2019article paru dans le num\u00e9ro 3 . Un article tr\u00e8s int\u00e9ressant aussi, juste avant l\u2019Echo des luttes parle de la formation des b\u00e9n\u00e9voles.<br>Trois membre du collectif PEPS : Brigitte Trocm\u00e9, Jacqueline Dufresne et Andr\u00e9 Jaunay ont rencontr\u00e9 la pr\u00e9sidente du CEIV (Centre d\u2019\u00e9tudes et d\u2019information sur le volontariat)<br>Les b\u00e9n\u00e9voles sont tout d\u2019abord des militants.<br>C\u2019est ce que souhaite la pr\u00e9sidente Madame Coust\u00e9. Le CEIV veille \u00e0 proposer \u00e0 diff\u00e9rents types de personnes (personnes retrait\u00e9es, personnes isol\u00e9es, personnes veuves\u2026) une formation sur le volontariat, tout en leur donnant le sens de l\u2019engagement, l\u2019int\u00e9r\u00eat du travail en \u00e9quipe et de la vie associative.<br>En aucun cas, les b\u00e9n\u00e9voles ne peuvent prendre la place des professionnels :<br>Le volontariat au contraire, doit favoriser la prise en compte de certains emplois sociaux. Certains postes occup\u00e9s par des b\u00e9n\u00e9voles se sont petit \u00e0 petit professionnalis\u00e9s (Planning familial, Ecole des parents \u2026). La logique du b\u00e9n\u00e9volat comme chez les professionnels du social, c\u2019est que les gens sollicitant des aides puissent \u00e0 termes, se prendre en charge eux-m\u00eames, m\u00eame si ce n\u2019est pas toujours facile, ni possible.<br>Diff\u00e9rents th\u00e8mes dans les formations sont abord\u00e9s :<br>-Sensibilisation au volontariat<br>-Dialogue de l\u2019accueil<br>-Parler en public<br>-Conduire une r\u00e9union<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>G\u00e9rer les finances d\u2019une association.<br>Enfin, une formation destin\u00e9e aux professionnels du social existe aussi : Comment travailler avec les b\u00e9n\u00e9voles ?<br>Le b\u00e9n\u00e9volat est essentiellement constitu\u00e9 de membres issus des classes moyennes :<br>Il s\u2019agit essentiellement de personnes ayant au minimum un niveau d\u2019\u00e9tudes secondaires, des intellectuels pour une partie. Ce sont des citoyens engag\u00e9s.<br>Relations travailleurs sociaux \/ b\u00e9n\u00e9voles :<br>Les relations sont souvent difficiles mais il existe pourtant des relations r\u00e9ussies. Il ne faut pas oublier que les orientations des b\u00e9n\u00e9voles rejoignent bien souvent celles des professionnels.<br>Toujours dans le num\u00e9ro 4, le CAS (Comit\u00e9 d\u2019action syndicale \/ UNEF Ind\u00e9pendante et D\u00e9mocratique de l\u2019Institut Georges Heuyer de Neuilly sur Marne) fait para\u00eetre un article intitul\u00e9 \u00ab A propos de la formation des \u00e9ducateurs \u00bb.<br>Les \u00e9tudiants du CAS souhaitent un rapprochement avec d\u2019autres \u00e9tudiants, d\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e de formuler aussi bien des propositions d\u2019orientations concernant la profession que des propositions concernant la formation, afin d\u2019\u00eatre reconnu comme interlocuteur pour toutes sortes de n\u00e9gociations.<br>Pour le CAS, la formation d\u2019\u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9 se limite trop \u00e0 une formation professionnelle, avec des disciplines majoritairement \u00e0 dominante psychologique. L\u2019\u00e9ducateur se retrouve ainsi sur le terrain, d\u00e9pendant de sp\u00e9cialistes. Il s\u2019agit surtout de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 des individus mais quid du collectif ? Par ailleurs le CAS critique la logique de contr\u00f4le social impos\u00e9 aux travailleurs sociaux. Le CAS estime que l\u2019on peut s\u2019engager sur une autre voie. Certains textes minist\u00e9riels \u00e0 l\u2019heure actuelle (D\u00e9centralisation, ZEP, Int\u00e9gration\u2026) semblent dessiner une ouverture importante, m\u00eame si des interrogations demeurent.<br>Le CAS pense qu\u2019un \u00e9largissement des comp\u00e9tences des \u00e9ducateurs est n\u00e9cessaire afin que ces derniers deviennent des acteurs du d\u00e9veloppement social. Le CAS consid\u00e8re aussi que la formation menant au DEES rel\u00e8ve de la formation initiale. Ensuite il doit y avoir une formation continue, une formation sup\u00e9rieure, et la recherche. Le CAS pense que la formation avec des moyens multiples (UV, stages\u2026) a pour but d\u2019acqu\u00e9rir et de d\u00e9velopper un champ de connaissances. Il se prononce \u00e9galement pour un rapprochement avec l\u2019Universit\u00e9.<br>Dans le num\u00e9ro 4 \u00e9galement, un petit texte de la r\u00e9daction entre deux articles sur les luttes, rappelle que la revue se fait l\u2019\u00e9cho des luttes sociales mais ne peut pas reproduire des tracts entiers de plusieurs pages.<br>Cependant un petit communiqu\u00e9 est int\u00e9gralement reproduit : il s\u2019agit d\u2019un manifeste qui \u00e9mane d\u2019un comit\u00e9 de soutien aux lieux de vie. Les initiateurs du manifeste sont des travailleurs sociaux de Seine Saint Denis. Deux cent personnes l\u2019ont d\u00e9j\u00e0 sign\u00e9 (du secteur social, du secteur psychiatrique et du secteur scolaire) depuis le 15 f\u00e9vrier 1983.<br>Les principaux points du Manifeste \u00e9taient les suivants :<br>-D\u00e9non\u00e7ons une campagne de presse qui vise \u00e0 remettre en cause les lieux de vie, \u00e0 propos de l\u2019affaire du Coral.<br>-Constatons l\u2019\u00e9chec des institutions face \u00e0 de nombreuses situations.<br>-T\u00e9moignons , au travers de la collaboration avec certains lieux de vie, de la qualit\u00e9 de l\u2019accueil et du -bien \u00eatre des jeunes accueillis.<br>Assurons les lieux de vie de notre soutien.<br>-Exigeons des institutions qui confient des jeunes aux lieux de vie, d\u2019assurer leurs responsabilit\u00e9s, notamment au niveau des paiements.<br>-Appelons les travailleurs des secteurs : social, psychiatrique et scolaire \u00e0 exprimer leur soutien \u00e0 l\u2019existence des lieux de vie.<br>Comme on le voit avec ces trois articles (B\u00e9n\u00e9volat \u2013 R\u00e9flexion sur la formation d\u2019\u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9 et D\u00e9fense des lieux de vie) , les articles de PEPS permettaient \u00e0 la fois de faire des articles \u00e0 base d\u2019entretiens comme celui sur le b\u00e9n\u00e9volat mais aussi de donner la parole aux \u00e9tudiants et professionnels de terrain (article du CAS et le manifeste du comit\u00e9 de soutien aux lieux de vie).<br>Bien entendu il y aura aussi des articles \u00e9manant directement des membres du collectif , ainsi que des articles au nom de l\u2019ensemble du collectif. Dans le num\u00e9ro 2, il faut signaler \u00e9galement, une lettre ouverte de Tanguy Laurent du 24\/09\/1982 qui est publi\u00e9e. Ce dernier revient sur la fin de la parution de \u00ab Champ social \u00bb et souhaite que PEPS \u00e9vite l\u2019erreur de ne pas assez faire appel aux lecteurs et aux professionnels de terrain. Il souhaite ainsi, une v\u00e9ritable articulation entre le collectif qui anime la revue et les professionnels de terrain pour la parution des articles.<br>-Un autre article intitul\u00e9 \u00ab Mobilisation contre l\u2019exclusion \u00bb montre une mobilisation de travailleurs sociaux, toujours dans le num\u00e9ro 4.<br>Il s\u2019agit de professionnels (ES, AS) intervenant dans des cit\u00e9s de transit de 3 villes du Val de Marne. Ces cit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 construites entre 1950 et 1980 pour r\u00e9sorber les bidonvilles et l\u2019habitat insalubre de l\u2019\u00e9poque., mais aussi pour accueillir une population immigr\u00e9e. Le probl\u00e8me, c\u2019est que ces cit\u00e9s transitoires ont dur\u00e9 plus longtemps que pr\u00e9vu. Des \u00e9tudes \u00e9labor\u00e9es par plusieurs organismes dans les ann\u00e9es 1981\/1983 ont montr\u00e9 :<br>-que l\u2019habitat n\u2019a jamais jou\u00e9 son r\u00f4le de transit<br>-que ces cit\u00e9s \u00e9taient plut\u00f4t des lieux d\u2019enfermement, g\u00e9n\u00e9rateurs d\u2019exclusion sociale.<br>Pour les professionnels, il y avait une n\u00e9cessit\u00e9 de mener des actions \u00e0 deux niveaux :<br>-horizontal : travail avec les populations en favorisant les \u00e9changes<br>-vertical : en sensibilisant les d\u00e9cideurs. Une association a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e, elle est devenue un outil utile, celle-ci s\u2019appelait \u00ab Alternative aux cit\u00e9s de transit \u00bb.<br>Il s\u2019agissait alors de d\u00e9noncer la politique s\u00e9gr\u00e9gative, de travailler avec tous les groupes, de travailler aussi au d\u00e9veloppement de la vie collective mais aussi de porter le d\u00e9bat devant les diff\u00e9rents protagonistes (Gouvernement, municipalit\u00e9s, associations et syndicats). Des r\u00e9unions et des manifestations ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es. Des contacts ont eu lieu avec d\u2019autres associations et syndicats qui luttent pour l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019habitat social et contre l\u2019exclusion : (CSCV, CSF, ASTI et CFDT notamment. Une interpellation des pouvoirs publics a eu lieu (Municipalit\u00e9s, DASS, Pr\u00e9fecture et Minist\u00e8re de l\u2019urbanisme et du logement.) Enfin une entrevue a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e avec le Charg\u00e9 de missions aupr\u00e8s du Secr\u00e9taire d\u2019Etat aux immigr\u00e9s, en vue de la r\u00e9sorption des cit\u00e9s de transit.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Les autres \u00e9chos des luttes dans les num\u00e9ros suivants :<br>-Dans le num\u00e9ro 7 (f\u00e9vrier\/mars 1984), c\u2019est un communiqu\u00e9 de l\u2019ANED (Association nationale des \u00e9ducateurs DDASS) qui appelle les \u00e9ducateurs en question \u00e0 s\u2019organiser et \u00e0 se mobiliser. Sur les points suivants :<br>-Reconnaissance d\u2019un statut professionnel et juridique dans le code de la sant\u00e9 publique.<br>-Aborder les probl\u00e8mes de fonctionnement comme agents sociaux territoriaux li\u00e9s au nouveau cadre de la d\u00e9centralisation.<br>-D\u00e9velopper des actions de recherche et de r\u00e9flexion.<br>-D\u00e9velopper une d\u00e9marche pour la reconnaissance d\u2019un statut national.<br>-Dans le num\u00e9ro 8 (avril\/ mai 1984) des travailleurs sociaux d\u2019AEMO font \u00e9tat de gros probl\u00e8mes au niveau des frais de d\u00e9placement pour les professionnels travaillant pour la DASS du 92. Un fort m\u00e9contentement concerne la r\u00e9duction des frais de d\u00e9placements. Ils protestent aupr\u00e8s de la DASS en refusant d\u2019effectuer des d\u00e9placements car les remboursements ne sont plus assur\u00e9s. Une gr\u00e8ve est mise en place le 27 janvier 1984.<br>-Dans le num\u00e9ro 9 (\u00e9t\u00e9 1984), une lettre \u00e9mane d\u2019\u00e9tudiantes AS de plusieurs \u00e9coles de la R\u00e9gion parisienne. Elle fait \u00e9tat de la p\u00e9nurie de stages et d\u2019une mobilisation pour faire bouger les choses. Une r\u00e9flexion sur la cause de la p\u00e9nurie est engag\u00e9e, mais aussi des d\u00e9marches aupr\u00e8s des instances et des professionnels concern\u00e9s.<br>-Dans le num\u00e9ro 12 (mars :avril 1985) un collectif de professionnels soutenu par CGT-CFDT-FO et des associations de soutien aux droits des immigr\u00e9s, fait para\u00eetre un article d\u00e9non\u00e7ant la discrimination \u00e0 Paris au niveau des politiques sociales \u00e0 l\u2019encontre des Etrangers et des Fran\u00e7ais pauvres.<br>Cet article d\u00e9nonce la politique de discrimination men\u00e9e par l\u2019Aide sociale \u00e0 Paris. Il fait \u00e9tat aussi de la demande de transmission de listes nominatives de personnes d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re qui sollicitent une aide financi\u00e8re, ainsi que le fichage de la population pauvre de Paris. Il d\u00e9nonce aussi l\u2019obligation de communiquer aussi les titres d\u2019identit\u00e9 \u00e0 la Pr\u00e9fecture de Police.<br>-Dans le num\u00e9ro 13 (\u00e9t\u00e9 1985), Hugues Bazin (membre du collectif PEPS) revient sur cette mobilisation avec des informations recueillies aupr\u00e8s du collectif de travailleurs sociaux. On y apprend que la CNIL a d\u00e9nonc\u00e9 la cr\u00e9ation de fichiers. La note en question a du \u00eatre abrog\u00e9e mais il y avait toujours des photocopies de cartes d\u2019identit\u00e9 de r\u00e9alis\u00e9es.<br>Le collectif a \u00e9galement interpell\u00e9 Jacques Chirac et la Mairie de Paris, avec une d\u00e9l\u00e9gation re\u00e7ue le 13 d\u00e9cembre 1984. Le collectif a appel\u00e9 \u00e0 ne plus faire de photocopies des pi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9. Ensuite le 8 mars 1985, une rencontre a eu lieu au Minist\u00e8re de la Solidarit\u00e9. Le bilan positif de cette mobilisation, fut la cr\u00e9ation d\u2019un collectif solidaire de travailleurs sociaux qui a frein\u00e9 certaines orientations r\u00e9pressives et en a emp\u00each\u00e9 d\u2019autres.<br>-Dans le num\u00e9ro 18 (janvier\/f\u00e9vrier 1987), le collectif des intervenants en toxicomanie de la R\u00e9gion parisienne fait para\u00eetre une p\u00e9tition : cette derni\u00e8re vise \u00e0 r\u00e9unir un maximum de signatures contre le projet de loi Chalandon. Le titre \u00e9tait \u00ab Contre l\u2019enfermement th\u00e9rapeutique \u00e9rig\u00e9 en syst\u00e8me \u00bb. La p\u00e9tition d\u00e9nonce le recours \u00e0 l\u2019incarc\u00e9ration pour les personnes toxicomanes.<br>Elle r\u00e9affirme l\u2019importance de la s\u00e9paration entre le p\u00e9nal et le soin mais aussi la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019\u00e9coute et de l\u2019accompagnement pour les toxicomanes.<br>-Dans le num\u00e9ro 23 (janvier\/f\u00e9vrier 1988), trois \u00e9chos des luttes sont caract\u00e9ristiques de la p\u00e9riode.<br>Le premier intitul\u00e9 \u00ab Quand le pot de terre r\u00e9siste aux coups du pot de fer et gagne la victoire \u00bb. L\u2019information fait \u00e9tat de la d\u00e9cision de la Mairie de Paris, du 29\/12\/1987 levant les mesures r\u00e9pressives \u00e0 l\u2019encontre de trois assistantes sociales qui avaient sign\u00e9 une p\u00e9tition en faveur des familles sinistr\u00e9es \u00e0 la suite d\u2019incendies criminelles dans le 20e arrondissement. C\u2019est la d\u00e9termination de nombreux coll\u00e8gues travailleurs sociaux, agents administratifs, \u00e9lus, comit\u00e9s de soutien mais aussi LDH, CFPS, CFDT, CGT et FO qui a pay\u00e9. Cette mobilisation obligea le Maire de Paris, Jacques Chirac \u00e0 remettre en question la d\u00e9cision arbitraire du Directeur de l\u2019Action sociale, de l\u2019enfance et de la sant\u00e9.<br>Le deuxi\u00e8me \u00e9mane de la revue \u00ab Otages \u00bb dont le si\u00e8ge est \u00e0 Paris, (Revue d\u2019expression pour les d\u00e9tenus), il fait part du soutien \u00e0 un \u00ab Manifeste pour l\u2019am\u00e9lioration de la d\u00e9tention et des conditions de r\u00e9insertion des d\u00e9tenus et ex-d\u00e9tenus \u00bb, avec le Mouvement CRI et le Collectif Minerve. La publication dans PEPS rappelle l\u2019importance de faire conna\u00eetre le Manifeste avant l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle.<br>Enfin le troisi\u00e8me est sign\u00e9 du MFPF (Mouvement fran\u00e7ais pour le planning familial) de Seine-Saint-Denis. L\u2019information indique que ce Mouvement lutte pour les droits des femmes et des couples \u00e0 pouvoir choisir d\u2019avoir ou non un enfant. Ce droit est remis en cause au S\u00e9nat mais aussi dans les discours de Jacques Chirac en 1987. Le MFPF rappelle la diff\u00e9rence entre publicit\u00e9 et information et explique que son travail ne consiste qu\u2019\u00e0 informer mais que ce droit est incontournable. Il appelle \u00e0 soutenir son action et \u00e0 signer des p\u00e9titions.<br>-Dans le num\u00e9ro 25(mai\/juin 1988), deux informations apparaissent :<br>La premi\u00e8re parle de pr\u00e9carit\u00e9 en expliquant qu\u2019en comparant les cartes, entre le vote Le Pen d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et les taux de ch\u00f4mage les plus \u00e9lev\u00e9s de l\u2019autre, cela permet de v\u00e9rifier la propagande qui a \u00e9t\u00e9 faite par le FN vis-\u00e0-vis du manque de travail. Dans ces conditions, il est n\u00e9cessaire que la position des ch\u00f4meurs et des pr\u00e9caires puisse \u00eatre prise en compte. C\u2019est pourquoi le journal ILLICO (si\u00e8ge \u00e0 Paris) cr\u00e9\u00e9 par des associations de ch\u00f4meurs est un moyen d\u2019agir en ce sens. PEPS relaie l\u2019information.<br>La deuxi\u00e8me parle du Mouvement Riposte ( dont le si\u00e8ge est \u00e0 Paris) . Celui-ci a \u00e9dit\u00e9 un Manifeste intitul\u00e9 \u00ab La r\u00e9pression conduit \u00e0 l\u2019arbitraire \u00bb. Ce Manifeste explique que tout le monde a le droit \u00e0 la culture, y compris ceux qui se sont engag\u00e9s dans des impasses. Il s\u2019agit donc de trouver ensemble, des r\u00e9ponses adapt\u00e9es aux situations individuelles des jeunes les plus d\u00e9munis.<br>-Dans le num\u00e9ro 26 (septembre\/octobre 1988), trois organisations qui travaillent en direction des prisons sont pr\u00e9sent\u00e9es : le GRIP (Groupe de r\u00e9flexion et d\u2019information sur la prison), le GENEPI (Groupement national d\u2019enseignement aux personnes incarc\u00e9r\u00e9es) et le CJP (Comit\u00e9 justice prison).<br>Apr\u00e8s le GIP (Groupe information prison) o\u00f9 Michel Foucault s\u2019\u00e9tait investi dans les ann\u00e9es 70 puis le CAP (Comit\u00e9 d\u2019action des prisonniers) avec des personnalit\u00e9s comme Jean Lapeyrie, Serge Livrozet et Jacques Lesage Delahaye, les trois organisations cit\u00e9es plus haut vont cibler davantage leurs interventions.<br>-Le GRIP dont le centre \u00e9tait Lyon, avait pour but d\u2019\u00e9veiller la conscience publique aux situations d\u2019injustice, d\u00e9coulant des failles de l\u2019actuel syst\u00e8me p\u00e9nal et de l\u2019enfermement syst\u00e9matique du justiciable dans des lieux d\u00e9gradants. Son journal \u00e9tait le GRIP, et sortait 5 fois par an. Ce collectif pr\u00e9conisait des mesures de pr\u00e9vention pour contrer les causes de la d\u00e9linquance. Il s\u2019agissait aussi d\u2019intervenir dans les m\u00e9dias, d\u2019interpeller le Gouvernement mais aussi de demander des r\u00e9visions de proc\u00e8s avec le soutien d\u2019autres associations.<br>-Le GENEPI, dont le si\u00e8ge \u00e9tait \u00e0 Paris, rassemblait \u00e0 cette \u00e9poque environ 700 \u00e9tudiants dans 50 groupes locaux. Le but \u00e9tait de participer \u00e0 l\u2019effort public en faveur de la r\u00e9insertion gr\u00e2ce aux contacts entre \u00e9tudiants et monde p\u00e9nitentiaire. Diff\u00e9rentes interventions sont r\u00e9alis\u00e9es (enseignements, formations qualifiantes et informations socioculturelles\u2026)<br>-Le CJP, dont le si\u00e8ge est \u00e0 Genevilliers dans la cit\u00e9 du Luth, dans les locaux de l\u2019ASTI a pour but d\u2019informer toute personne sur ces droits en cas d\u2019arrestation ou en cas de d\u00e9tention mais aussi de savoir choisir un avocat . Son r\u00f4le aussi est de soutenir les familles pour les diff\u00e9rents contacts n\u00e9cessaires \u00e0 prendre vis-\u00e0-vis des personnes emprisonn\u00e9es.<br>-Dans les num\u00e9ros 29, 30 et 31 : Plusieurs articles de Raymond Curie (membre du collectif PEPS), parlent des luttes du CREM (Collectif unitaire de travailleurs sociaux) avec des \u00e9chos des mobilisations durant toute l\u2019ann\u00e9e 1989 (Voir en d\u00e9tails dans le chapitre suivant).<br>-Dans le num\u00e9ro 32(PEPS INFO) de juin 1990, plusieurs \u00e9chos de mobilisations apparaissent : Tout d\u2019abord une information de PEPS \u00e0 propos du Collectif \u00ab Droit de vote \u00bb de la LDH de Paris. Face \u00e0 la mont\u00e9e de l\u2019intol\u00e9rance et du racisme, les travailleurs sociaux doivent s\u2019engager dans un travail de solidarit\u00e9 avec les populations immigr\u00e9es. PEPS fait partie du Collectif \u00ab Droit de vote \u00bb lanc\u00e9 par la LDH. De nombreuses initiatives sont pr\u00e9vues.<br>Une information \u00e9galement sur le CASIF EST. La poursuite des d\u00e9marches s\u2019effectue pour demander l\u2019homologation du DEASS au niveau II. Pour l\u2019instant, seules les AS cheffes ont obtenu gain de cause et sont class\u00e9es dor\u00e9navant dans la cat\u00e9gorie A. Un appel a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 pour la constitution d\u2019un Collectif d\u2019AS d\u2019Ile de France regroupant syndiqu\u00e9(e)es et non-syndiqu\u00e9(e)s.. Les revendications sont les suivantes : Homologation du DEASS \u00e0 Bac plus 3 (Niveau II), avec int\u00e9gration dans la cat\u00e9gorie A \u2013 Refus de la d\u00e9finition donn\u00e9e par le rapporteur de la commission d\u2019homologation. En cons\u00e9quence le CASIF EST appelle \u00e0 la cr\u00e9ation de collectifs d\u00e9partementaux pour porter ces revendications.<br>Un autre \u00e9cho \u00e9mane du num\u00e9ro 32 : il concerne des expulsions de populations immigr\u00e9es. Plusieurs dizaines de familles immigr\u00e9es en situation r\u00e9guli\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9es suite aux incendies du 20e arrondissement de Paris. Depuis elles campent Place de la R\u00e9union. Des manifestations et des soutiens sont organis\u00e9s \u00e0 l\u2019appel du Comit\u00e9 des mal log\u00e9s, soutenu par un Collectif plus large. Le SSP dans le cadre du CRC sant\u00e9-sociaux appelle \u00e0 la solidarit\u00e9 et \u00e0 intervenir aupr\u00e8s de la Mairie de Paris.<br>Une information sur le proc\u00e8s d\u2019Auch apparait aussi : elle fait \u00e9tat de la comparution au tribunal le 3 mars de 4 fonctionnaires dont une assistante sociale, pour non d\u00e9nonciation de crime. Quatre cent personnes sont venus les soutenir car c\u2019est le secret professionnel qui est ici remis en cause.<br>-Dans le num\u00e9ro 33 (PEPS INFO) de juillet\/ao\u00fbt 1990, deux \u00e9chos de mobilisation apparaissent. Tout d\u2019abord celle concernant la Pr\u00e9vention sp\u00e9cialis\u00e9e du Val de Marne. La Pr\u00e9vention sp\u00e9cialis\u00e9e se restructure sous les contraintes de la d\u00e9centralisation. Ses budgets sont remis en cause, le social co\u00fbte trop cher. Le constat effectu\u00e9 fait appara\u00eetre :<br>-la baisse des budgets de nombreux clubs<br>-des postes gel\u00e9s d\u2019\u00e9ducateurs (non-remplac\u00e9s depuis longtemps)<br>-la remise en cause des avantages acquis (exemple pour les mutuelles qui ne doivent plus \u00eatre prises en compte pour une partie par l\u2019employeur)<br>-la restriction des frais de fonctionnement pour les professionnels..<br>Au niveau p\u00e9dagogique aussi, le contr\u00f4le d\u00e9partemental se fait sentir sur les orientations des clubs. Parfois aussi des d\u00e9saccords ont lieu entre d\u00e9partement et municipalit\u00e9s, ce qui fait que les clubs peuvent se retrouver confronter \u00e0 deux orientations diff\u00e9rentes. Cependant dans le Val de Marne, l\u2019ASE a encore des moyens importants, c\u2019est pourquoi les clubs se structurent au sein d\u2019une Union D\u00e9partementale. Celle-ci va d\u00e9sormais si\u00e9ger au Conseil Technique D\u00e9partemental. Par ailleurs elle organisera \u00e0 la rentr\u00e9e un Forum pour m\u00e9diatiser les actions de la Pr\u00e9vention sp\u00e9cialis\u00e9e. Au niveau des salari\u00e9s, une structuration est en cours aussi avec une \u00e9laboration de revendications et la d\u00e9signation de repr\u00e9sentants.<br>Une autre information \u00e9tait intitul\u00e9e \u00ab Mal log\u00e9s, le provisoire dure longtemps \u00bb. Depuis des semaines dans les 18e, 19e et 20e arrondissements de Paris, des centaines de personnes sont \u00e0 la rue. Pourtant le nombre de logements vacants dans la capitale ne cesse d\u2019augmenter d\u2019apr\u00e8s l\u2019INSEE (100 000 logements priv\u00e9s et 30 000 logements publics sont vides). Des travaux sont et vont \u00eatre men\u00e9s pour la r\u00e9novation de logements mais \u00e0 termes ce sont de nouveaux propri\u00e9taires qui s\u2019installent , plus solvables. Un Comit\u00e9 des mal log\u00e9s s\u2019est constitu\u00e9 demandant des relogements dans Paris avec \u00e0 l\u2019appui des manifestations. Des travailleurs sociaux y participent. Des r\u00e9novations peuvent \u00eatre effectu\u00e9es avec ensuite des loyers align\u00e9s sur un bar\u00e8me fixe, aussi bien pour le priv\u00e9 que pour le public.<br>Un communiqu\u00e9 \u00e9mane de M\u00e9moire Fertile : Ce mouvement organise une s\u00e9rie d\u2019actions \u00e0 la rentr\u00e9e : un relais Nord\/ Sud de ville \u00e0 ville, pour r\u00e9pondre \u00e0 la gravit\u00e9 de la situation sociale, pour promouvoir le droit de vote des r\u00e9sidents \u00e9trangers, le droit au logement et au s\u00e9jour des immigr\u00e9s, et exiger une justice contre les crimes racistes.<br>-Dans le num\u00e9ro 34 (PEPS INFO) de septembre 1990, quatre \u00e9chos des mobilisations apparaissent :<br>L\u2019appel des 250 (qui deviendra ensuite Ras le Front) : l\u2019information fait \u00e9tat d\u2019un appel lanc\u00e9 par des personnalit\u00e9s pour organiser unitairement une riposte contre le Front National. Le 1er objectif sera d\u2019organiser une immense manifestation nationale. Le Collectif organise son AG de rentr\u00e9e le samedi 6 octobre 1990 \u00e0 15 heures au cin\u00e9ma La Clef \u00e0 Paris.<br>Le Collectif national contre la double peine souhaite r\u00e9unir toutes les associations et personnes qui veulent lutter contre la double peine (prison puis expulsion du territoire fran\u00e7ais). Un grand meeting aura lieu le 6 octobre 1990 \u00e0 la Bourse du travail \u00e0 Pris.<br>Les Etats g\u00e9n\u00e9raux de la prison : le Plan de cinq ans communique que les Etats g\u00e9n\u00e9raux de la prison auront lieu \u00e0 La Sorbonne le 10 novembre 1990.<br>Le logement des plus d\u00e9favoris\u00e9s : l\u2019IDL 95 a lanc\u00e9 une p\u00e9tition \u00e0 remette au Ministre du logement avec en soutien une manifestation en octobre.<br>-Dans le num\u00e9ro 35 bis (PEPS INFO) d\u2019octobre 1990, deux \u00e9chos de luttes sont signal\u00e9s. Tout d\u2019abord un communiqu\u00e9 de M\u00e9moire Fertile \u00e0 propos de la r\u00e9volte de Vaulx en Velin. Ce communiqu\u00e9 explique que cette r\u00e9volte des jeunes est justifi\u00e9e. C\u2019est le r\u00e9sultat d\u2019une logique d\u2019exclusion sociale, \u00e9conomique, culturelle et politique. Elle fait suite \u00e0 plusieurs faits importants :<br>. le renoncement du gouvernement au droit de vote des \u00e9trangers<br>. la multiplication des cas de double peine<br>. la remise en cause du droit \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 culturelle<br>. la chasse hypocrite aux clandestins<br>. la remise en cause du droit d\u2019asile<br>M\u00e9moire Fertile exige que toute la lumi\u00e8re soit faite sur les derniers \u00e9v\u00e9nements mais exige aussi que tous les proc\u00e8s laxistes des criminels racistes soient revus. Une r\u00e9elle citoyennet\u00e9 avec l\u2019acquisition de l\u2019ensemble des droits de la R\u00e9publique est indispensable.<br>Un autre \u00e9cho fait appara\u00eetre la question du \u00ab Droit de vote \u00bb. Plus d\u2019une centaine de signatures de personnalit\u00e9s pour un parrainage existent. Une rencontre des collectifs est pr\u00e9vue le 12 janvier 1991 \u00e0 l\u2019initiative de la LDH. Une audience a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e aupr\u00e8s du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, par ailleurs des villes se regroupent \u00e0 l\u2019initiative de maires pour cr\u00e9er des conseils municipaux \u00e9trangers associ\u00e9s. Les Collectifs \u00ab J\u2019y suis, j\u2019y vote \u00bb soutiennent ces actions.<br>-Dans le num\u00e9ro 36 bis (PEPS INFO) de janvier 1991, deux \u00e9chos des luttes sont mentionn\u00e9s. Le premier parle des Etats g\u00e9n\u00e9raux de la prison qui ont eu lieu \u00e0 La Sorbonne \u00e0 Paris, les 9 et 10 novembre 1990.<br>Les d\u00e9bats ont port\u00e9 sur deux grands axes :<br>. Le premier concernait les actions \u00e0 mener pour am\u00e9liorer le sort et les conditions des personnes incarc\u00e9r\u00e9es, tout en menant campagne pour \u00e9viter au maximum l\u2019incarc\u00e9ration et en proposant des solutions alternatives.<br>. Le deuxi\u00e8me a \u00e9t\u00e9 de rappeler que la prison doit \u00eatre supprim\u00e9e car ce n\u2019est pas une r\u00e9ponse humaine. Ceux qui sont incarc\u00e9r\u00e9s se marginalisent de plus en plus.<br>L\u2019information fait appara\u00eetre ensuite diverses initiatives sp\u00e9cifiques \u00e0 prendre.<br>Le deuxi\u00e8me \u00e9cho parle du Comit\u00e9 national contre la double peine. (prison et expulsion du territoire). Ce Comit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en juin 1990 par des personnes en instance d\u2019expulsion ; son but est de de lutter contre la double peine. Deux initiatives auront lieu : les 21 et 23 mars 1991. La premi\u00e8re sera r\u00e9alis\u00e9e dans le cadre de la journ\u00e9e internationale contre le racisme et la deuxi\u00e8me sera l\u2019organisation d\u2019une manifestation \u00e0 Paris jusqu\u2019au Minist\u00e8re de la justice.<br>-Dans le num\u00e9ro 37 (juillet\/septembre 1991): l\u2019 article d\u2019Eric Auger et Nelly Gaugain (membres du collectif PEPS) s\u2019intitule \u00ab Assistants sociaux : un m\u00e9tier qu\u2019on casse \u00bb<br>Il faut tout d\u2019abord noter le jeu de mots employ\u00e9 dans le titre : \u00ab Qu\u2019on casse \u00bb en lien avec l\u2019appellation \u00ab Concass \u00bb titre de la coordination des AS \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<br>L\u2019article explique ensuite que depuis le 16 septembre 1991, les assistant(e)s sociaux (ales) sont en gr\u00e8ve reconductible. Une manifestation nationale tr\u00e8s importante a eu lieu le 1er octobre 1991. Trois revendications apparaissaient :<br>-Reconnaissance du dipl\u00f4me d\u2019AS \u00e0 Bac plus 3.<br>-Revalorisation des salaires<br>-Davantage de moyens pour travailler.<br>-Dans le num\u00e9ro 43 (juillet\/septembre 1993), un dossier entier est consacr\u00e9 \u00e0 la coordination des AS et \u00e0 ses revendications : La CONCASS.<br>A l\u2019\u00e9poque en 1991, le temps des coordinations dans les mouvements sociaux \u00e9tait au beau fixe. Le but recherch\u00e9 \u00e9tait d\u2019\u00e9largir les mobilisations pour d\u00e9passer les enjeux et les clivages syndicaux, particuli\u00e8rement pour une profession comme celle des AS, peu syndiqu\u00e9e. En ce qui concerne les revendications, il faut \u00e9galement noter qu\u2019il faudra attendre 30 ans (ce sera le cas en 2021) pour que les dipl\u00f4mes D\u2019AS et d\u2019ES soient reconnus Bac plus 3 et niveau 2 universitaire. Il aura fallu encore plusieurs autres mouvements revendicatifs au sein des professions sociales pour faire aboutir cette demande. Par ailleurs, les salaires progresseront peu et les moyens pour cette profession seront soumis de plus en plus \u00e0 la RCB (Rationalisation des choix budg\u00e9taires) exig\u00e9e par les politiques sociales n\u00e9olib\u00e9rales. Concernant les dipl\u00f4mes, certaines Ecoles de travail Social (Paris et Lyon notamment ) anticiperont la nouvelle loi et d\u00e9s le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 permettront \u00e0 leurs \u00e9tudiants de passer une licence (de sociologie, de sciences de l\u2019\u00e9ducation ou de psychologie) en parall\u00e8le des dipl\u00f4mes d\u2019AS et d\u2019ES, ce qui permettra d\u2019obtenir Bac plus 3).<br>3)Le type de mobilisations sociales : (coordinations, actions syndicales, p\u00e9titions, forums\/d\u00e9bats\u2026)<br>a)Mobilisations fractionn\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral :<br>-Les r\u00e9ponses syndicales et associatives :<br>La position des syndicats en 1989 lors de la mobilisation du CREM :<br>Dans le num\u00e9ro 31 (novembre \/d\u00e9cembre 1989), trois positions syndicales apparaissent : celle du CRC Sant\u00e9 Sociaux (Ile de France), celle du SAASSH et celle de la CFDT Sant\u00e9 Sociaux (Rh\u00f4ne-Alpes) :<br>La position du CRC Sant\u00e9 Sociaux (12) Ile de France, avec Anne Sermot :<br>Le CRC Sant\u00e9 Sociaux s\u2019est construit en 1989, \u00e0 partir de sections CFDT Sant\u00e9 Sociaux exclues par la F\u00e9d\u00e9ration pour cause de soutien aux coordinations infirmi\u00e8res. A l\u2019heure actuelle, nous pouvons faire un constat d\u2019\u00e9clatement des professions sociales mais aussi une demande d\u2019agir ensemble.<br>La mobilisation du secteur social d\u2019avril 1989 a montr\u00e9 l\u2019importance d\u2019un nouveau mode de mobilisation.<br>La d\u00e9centralisation a point\u00e9 la logique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 du gouvernement au niveau des d\u00e9partements. L\u2019Etat se d\u00e9charge de ses pr\u00e9rogatives. Sur le terrain on constate :<br>-un accroissement de la charge de travail pour les travailleurs sociaux (notamment dans la gestion des dossiers RMI)<br>-un manque de moyens en g\u00e9n\u00e9ral , un seul exemple celui de l\u2019Economie sociale.<br>Dans les mobilisations sociales, le CRC constate qu\u2019il n\u2019y a pas eu de d\u00e9rapages corporatistes. Conscient des limites et des impasses syndicales actuelles, le CRC ouvre le d\u00e9bat pour red\u00e9finir un outil syndical adapt\u00e9 aux r\u00e9alit\u00e9s de maintenant.<br>La position du SAASSH (Syndicat autonome des assistant(e)s de service social hospitalier) avec Alain Marchal :<br>Le syndicat est n\u00e9 en 1989, dans le contexte des revendications et mobilisations hospitali\u00e8res. Le SAASSH souhaite pr\u00e9parer le rendez-vous minist\u00e9riel de janvier 1990 pour la refonte du statut d\u2019AS hospitalier. Des revendications cat\u00e9gorielles existent pour un statut clarifi\u00e9. Son but est d\u2019\u00e9tendre l\u2019action syndicale \u00e0 tous(tes) les AS des h\u00f4pitaux et int\u00e9grer le statut du Secteur public. Dans un second temps, il pourra agir aussi au cours de mobilisations, avec d\u2019autres professions sociales. La d\u00e9centralisation devra se mesurer en fonction des r\u00e9sultats de l\u2019efficacit\u00e9 des actions.<br>(12)CRC (Coordonner Rassembler Construire)<br>Les responsabilit\u00e9s des AS \u00e0 l\u2019heure actuelle augment de plus en plus avec des exemples comme le RMI o\u00f9 les mesures prises sont un leurre.<br>Dans l\u2019h\u00f4pital notre autonomie est parfois mal per\u00e7ue. C\u2019est pourquoi nous sommes pr\u00eats a nous associer \u00e0 d\u2019autres personnels hospitaliers pour des mobilisations tout en d\u00e9fendant nos sp\u00e9cificit\u00e9s. Le syndicat se bat pour :<br>-Une augmentation salariale<br>-Une reconnaissance des dipl\u00f4mes bac plus 3<br>-Un acc\u00e8s \u00e0 la cat\u00e9gorie A<br>-Une modification d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la formation (bac ou \u00e9quivalent)<br>La position de la CFDT, via une lettre de la CFDT Sant\u00e9 Sociaux Rh\u00f4ne Alpes, adress\u00e9e aux Conseillers g\u00e9n\u00e9raux employeurs de la DPAS :<br>Le constat est fait que des t\u00e2ches de plus en plus complexes sont demand\u00e9es aux travailleurs sociaux, vis-\u00e0-vis du travail avec les pauvres, les ch\u00f4meurs, les personnes \u00e2g\u00e9es et les personnes en difficult\u00e9s en g\u00e9n\u00e9ral.<br>Les conditions de travail sont inacceptables :<br>-Un probl\u00e8me flagrant de sous-effectif existe. Les postes vacants ne sont plus remplac\u00e9s. Plusieurs Centres m\u00e9dico-sociaux ont ferm\u00e9.<br>-Aucun concours de recrutement n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait depuis des ann\u00e9es.<br>-Une gestion anarchique du personnel a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e.<br>-Un manque consid\u00e9rable de moyens mat\u00e9riels et de fonctionnement sont constat\u00e9s.<br>Le Travail social commence a perdre son sens, il se parcellise avec des t\u00e2ches ponctuelles, assistancielles et juxtapos\u00e9es. Pour le RMI par exemple, l\u2019importance des moyens et du partenariat sont une n\u00e9cessit\u00e9.<br>Une journ\u00e9e d\u2019action a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue le 29 juin 1989 : plusieurs revendications y apparaissaient :<br>-Augmentation des effectifs \u2013 Des moyens mat\u00e9riels et informatiques \u2013 Un statut des personnels territoriaux \u2013 La mise en place d\u2019une commission tripartite pour la question des personnels mis \u00e0 disposition par l\u2019Etat \u2013 R\u00e9union d\u2019un CTP chaque trimestre.<br>La position des syndicats lors de la mobilisation de la CONCASS en 1993 :<br>Dans le num\u00e9ro 43 consacr\u00e9 \u00e0 la CONCASS, un article reproduisant l\u2019intervention de J.C. Valette pour la CGT aux Etats G\u00e9n\u00e9raux des 15 et 16 mai 1993 est publi\u00e9. L\u2019article est intitul\u00e9 \u00ab Pour un renouveau professionnel et syndical \u00bb.<br>La CGT critique le plan d\u2019action du gouvernement, impos\u00e9 en d\u00e9cembre 1991 pour les professions sociales. Il est signal\u00e9 aussi que la CGT a si\u00e9g\u00e9 dans deux commissions mis en place par le gouvernement et le CSTS, elle s\u2019est prononc\u00e9e pour des changements cons\u00e9quents : notamment en critiquant la position du gouvernement Balladur qui priorise l\u2019\u00e9conomie en abaissant le co\u00fbt du travail mais aussi elle d\u00e9fend la logique de service public qui est remise en cause et d\u00e9nonce l\u2019orientation lib\u00e9rale du gouvernement.<br>Par ailleurs la Conf\u00e9d\u00e9ration soutient la r\u00e9flexion de la CONCASS qui priorise le sens donn\u00e9 au travail dans un cadre collectif. Pour la CGT, dor\u00e9navant se pose la question de la convergence commune d\u2019actions des professions sociales, mais peut-\u00eatre aussi en lien avec les professions de sant\u00e9. Il s\u2019agit de construire un Travail social avec une culture commune pour l\u2019avenir.<br>b)Une mobilisation unitaire cependant : l\u2019exemple du CREM : dans 3 num\u00e9ros successifs de PEPS ; des articles concernent une mobilisation sans pr\u00e9c\u00e9dent qui se terminera m\u00eame en novembre 1989 par une mobilisation commune avec la coordination de la Sant\u00e9 : (Num\u00e9ros 29, num\u00e9ro 30 et num\u00e9ro 31)<br>Dans le num\u00e9ro 31 de novembre\/d\u00e9cembre 1989, une interview d\u2019un \u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9 Lionel Lafarguette membre du CREM explique ce mouvement. Il s\u2019agissait d\u2019une coordination regroupant diff\u00e9rentes professions sociales avec des personnes syndiqu\u00e9(e)s et non-syndiqu\u00e9(e)s. Les principales revendications portaient sur une revalorisation des salaires, sur des embauches cons\u00e9quentes, sur des conditions de travail am\u00e9lior\u00e9es et sur une refonte des formations. Le CREM a permis une conscience unitaire et collective. Il a oblig\u00e9 les syndicats a se positionner face \u00e0 lui.<br>Lionel Lafarguette explique que face \u00e0 des demandes sociales de plus en plus grandes, les moyens sont de plus en plus limit\u00e9s. Les Conventions Collectives quant \u00e0 elles ont peu \u00e9volu\u00e9 depuis les ann\u00e9es 60. Il y a \u00e9galement un manque d\u2019unit\u00e9 des programmes de formation, un tronc commun entre diff\u00e9rentes professions s\u2019av\u00e8re indispensable. Les personnes non qualifi\u00e9es (faisant fonction) sont trop nombreuses et la d\u00e9centralisation a impact\u00e9 les prix de journ\u00e9e qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9valu\u00e9s.<br>Face \u00e0 ces probl\u00e8mes, le CREM a \u00e9t\u00e9 un moment de l\u2019histoire des mobilisations sociales dans une optique unitaire.<br>c)Une autre mobilisation importante : La CONCASS (Coordination nationale des collectifs d\u2019assistant(e)s de service social Num\u00e9ro 43 (Juillet\/Septembre 1993)<br>Dans ce num\u00e9ro, au d\u00e9but il est question de la suite du mouvement de gr\u00e8ve de 1991 avec la reconnaissance de la qualification pour les AS et de l\u2019utilit\u00e9 sociale du m\u00e9tier. Par ailleurs, il s\u2019agit aussi de critiquer le fait que le dipl\u00f4me est toujours reconnu au niveau III, que les salaires ne sont pas assez \u00e9lev\u00e9s et que les carri\u00e8res sont sans r\u00e9elles perspectives.<br>Puis il est question des \u00ab Etats g\u00e9n\u00e9raux \u00bb propos\u00e9s par la CONCASS, du 15\/ 16 mai 1993. Diff\u00e9rents points ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s : L\u2019acc\u00e8s au logement, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la sant\u00e9, la quasi disparition de la pr\u00e9vention en mati\u00e8re de Protection de l\u2019Enfance, la question des moyens du Service Social en milieu scolaire, les limites du RMI, la question du droit des personnes avec la g\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019informatique et la question des formations. Enfin plusieurs cas sp\u00e9cifiques ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s, comme celui de Montjoie : la notion de non-assistance \u00e0 personnes en danger a \u00e9t\u00e9 questionn\u00e9e.<br>La CONCASS est ensuite pr\u00e9sent\u00e9e en tant que Mouvement. Il s\u2019agit d\u2019une coordination regroupant des syndiqu\u00e9(e)s, des non-syndiqu\u00e9(e)s et des associatifs.<br>Il s\u2019agit de plusieurs collectifs qui vivent et se mobilisent dans une logique nationale. L\u2019essentiel des revendications port\u00e9es sont celles qui sont cit\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment et issues du mouvement de gr\u00e8ve de 1991.<br>d)Les deux initiatives de PEPS en 1990 et 1991 :<br>A partir de la publication de deux num\u00e9ros sp\u00e9cifiques : le num\u00e9ro 28 de mars\/avril 1989 intitul\u00e9 \u00ab Banlieue cent visages \u00bb et le num\u00e9ro 36 de janvier\/mars 1991 intitul\u00e9 \u00ab Les cultures de la rue \u00bb, deux initiatives engag\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es en reprenant les appellations des deux num\u00e9ros en question.<br>La premi\u00e8re fut une \u00ab Rencontre Nationale \u00bb \u00e0 Longjumeau en mars 1990 et la deuxi\u00e8me un \u00ab Forum \u00bb \u00e0 Paris en octobre 1991. Ces deux temps forts ont montr\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat du collectif PEPS pour donner la parole aux jeunes, aux militants associatifs et aux travailleurs sociaux mais aussi \u00e0 des artistes, \u00e0 des \u00e9lus et \u00e0 des repr\u00e9sentants institutionnels et minist\u00e9riels.<br>Dans les deux num\u00e9ros en question puis ensuite lors des deux rencontres, les rapports entre acteurs associatifs et professionnels du social ont \u00e9t\u00e9 fructueux, sans mettre de c\u00f4t\u00e9 les tensions et certaines incompr\u00e9hensions qui existent de part et d\u2019autre.<br>Le c\u00f4t\u00e9 militant des diff\u00e9rentes actions de terrain qui ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9es lors de ces \u00e9v\u00e9nements a montr\u00e9 un potentiel tr\u00e8s riche au niveau culturel et social. Dans l\u2019\u00e9ditorial du num\u00e9ro 36, Hugues Bazin (membre du collectif PEPS) rappelait que face \u00e0 la fracture profonde de la soci\u00e9t\u00e9 qui \u00e9tait la plus visible dans les quartiers populaires, plusieurs possibilit\u00e9s de changement \u00e9taient \u00e0 prendre en compte :<br>-des outils de transformation de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9taient en cours d\u2019\u00e9laboration dans les banlieues.<br>-que l\u2019un de ces outils \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019expression artistique et culturelle.<br>-qu\u2019il \u00e9tait urgent et vital de tisser des r\u00e9seaux et de renouer les fils du dialogue entre les acteurs de terrain (15\/30 ans notamment) et les professionnels du social sans oublier les \u00e9lus et les repr\u00e9sentants institutionnels et minist\u00e9riels.<br>-enfin que ces liens devaient \u00eatre directs afin de marquer la fin de \u2018l\u2019aristocratie\u2019 de ceux qui parlent \u00ab pour \u00bb ou qui \u00ab font pour \u00bb les autres.<br>Dans son livre \u00ab La culture Hip-Hop \u00bb, Hugues Bazin explique qu\u2019il faut aborder ce type de culture par une approche globale. Il s\u2019agit en effet de bien comprendre le message, ce qui donne aux expressions, leur richesse leur direction et leur sens : \u00ab Ce message est essentiellement moral. Il se base sur les notions de responsabilit\u00e9s, de prises de conscience individuelles et collectives, des valeurs universelles fondamentales \u00bb(13).<br>C\u2019est aux acteurs sociaux et politiques d\u2019en percevoir la pertinence et l\u2019importance. Le premier num\u00e9ro a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec 4 partenaires (PEPS, LPS, STAJ et M\u00e9moire Fertile), la Rencontre Nationale de Longjumeau suivra avec des associations, groupes artistiques et musicaux mais aussi professionnels du social et \u00e9lus de plusieurs r\u00e9gions de France : le groupe Zebda de Toulouse \u00e9tant l\u2019un des groupes les plus connus.<br>Le deuxi\u00e8me num\u00e9ro a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec la participation de plusieurs acteurs des cultures de la rue mais aussi des sociologues et des travailleurs sociaux. Le Forum qui suivra sera anim\u00e9 par des grapheurs, des rappeurs, des associations artistiques, musicales, des sociologues, enseignants et travailleurs sociaux.<br>4)La dur\u00e9e de ces mobilisations sociales : (\u00e9ph\u00e9m\u00e8res ou prolong\u00e9es) :<br>Comme nous venons de le voir, une partie de ces mobilisations a \u00e9t\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, notamment quand il s\u2019agissait de causes bien d\u00e9termin\u00e9es et bien d\u00e9limit\u00e9es (revendications sur les conditions de travail, sur le refus de la baisse des remboursements de frais de d\u00e9placements, sur la contestation de d\u00e9cisions arbitraires ou pour d\u00e9noncer des mesures r\u00e9pressives vis-\u00e0-vis de la toxicomanie, ou \u00e9galement celles concernant les immigr\u00e9s \u00e9trangers et les fran\u00e7ais pauvres \u00e0 Paris\u2026).<br>(13)Hugues Bazin La culture Hip-Hop, Descl\u00e9e de Brouwer, 1997.<br>En revanche on peut consid\u00e9rer que de nombreuses mobilisations se sont renouvel\u00e9es sans cesse et durent encore pour certaines, apr\u00e8s des arr\u00eats plus ou moins longs. Ce fut le cas pour les mouvements de travailleurs sociaux en formation, les diff\u00e9rents mouvements concernant le statut, les salaires et les demandes de moyens des \u00e9ducateurs sp\u00e9cialis\u00e9s et des assistantes sociales. Dans les ann\u00e9es 2000, les mobilisations se sont renouvel\u00e9es avec l\u2019int\u00e9gration des revendications dans le cadre plus global de la d\u00e9fense des conventions collectives. Dans un contexte plus large, des travailleurs sociaux non pas cess\u00e9 non plus de s\u2019impliquer dans diff\u00e9rentes luttes collectives : celles d\u2019AC, de DAL , du CSL notamment. Enfin pendant ces ann\u00e9es 1983\/1995, la participation \u00e0 des actions syndicales bien que restant minoritaires pour les professions sociales n\u2019a pas cess\u00e9. A noter le d\u00e9veloppement dans ces ann\u00e9es-l\u00e0 d\u2019un nouveau syndicat, radicalement ancr\u00e9 \u00e0 gauche : le CRC qui deviendra par la suite SUD sant\u00e9-sociaux. La raison essentielle de cette cr\u00e9ation \u00e9tant la rupture de nombreux militants avec les orientations recentr\u00e9es de la CFDT qui a rompu avec son engagement autogestionnaire des ann\u00e9es 70. Enfin, il faut remarquer \u00e9galement que ce sont surtout les mobilisations des \u00e9ducateurs sp\u00e9cialis\u00e9s et des assistantes sociales qui sont relat\u00e9es, les informations concernant les autres professions sociales apparaissent moins (Conseill\u00e8res en \u00e9conomie sociale et familiale, Educateurs techniques, Moniteur-\u00e9ducateurs, AMP\u2026). D\u2019une part parce que ces professions ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9es en partie avec les autres mobilisations sociales mais aussi parce que les capacit\u00e9s d\u2019organisation de ces professions ont \u00e9t\u00e9 beaucoup plus faibles.<br>5)Les cons\u00e9quences de ces mobilisations (avanc\u00e9es et limites) :<br>a)Les avanc\u00e9es :<br>Dans le num\u00e9ro 30, dans la rubrique \u00ab Echo des luttes \u00bb le 21 octobre 1989 est pr\u00e9sent\u00e9 comme une date importante avec la convergence des luttes sociales et hospitali\u00e8res : Coordination infirmi\u00e8res et Coordination du secteur social (CREM) ensemble devant le Minist\u00e8re \u00e0 Paris, c\u2019est le point fort de toutes ces ann\u00e9es.<br>L\u2019importance des coordinations :<br>Il est incontestable que les diff\u00e9rentes luttes sociales ont \u00e9t\u00e9 largement impact\u00e9es par le renouveau de l\u2019organisation militante via la mise en place des coordinations regroupant personnes syndiqu\u00e9es et non-syndiqu\u00e9es. Ce n\u2019\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois que ce type d\u2019organisation existait. A partir de 1968 dans plusieurs secteurs professionnels des regroupements ont vu le jour, avec des comit\u00e9s de gr\u00e8ve regroupant syndiqu\u00e9(e)s et non syndiqu\u00e9(e)s. Cependant les syndicats \u00e9taient toujours tr\u00e8s influents. Pour le Travail social dans les ann\u00e9es 80, les syndicats \u00e9taient moins pr\u00e9sents et comme nous l\u2019avons vu, parfois pas pr\u00e9sents du tout quand des regroupements corporatifs ont vu le jour. Le CREM a \u00e9t\u00e9 un temps forts ou la plupart des professions sociales ont \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9es. Cette d\u00e9marche unitaire ayant r\u00e9ussi \u00e0 la fin \u00e0 organiser une initiative commune avec le secteur de la Sant\u00e9.<br>On peut consid\u00e9rer aussi que la participation de travailleurs sociaux \u00e0 plusieurs collectifs larges a contribu\u00e9 \u00e0 des avanc\u00e9es, ce fut le cas pour \u00ab Le Plan de cinq ans \u00bb, le \u00ab DAL \u00bb, le \u00ab CDSL \u00bb, La \u00ab Marche contre le racisme de 1983 \u00bb notamment. Des avanc\u00e9es ont vu le jour aussi au niveau local sur des points pr\u00e9cis au niveau de l\u2019organisation du travail et au niveau de la r\u00e9mun\u00e9ration mais aussi pour emp\u00eacher des mesures r\u00e9pressives (voir les exemples cit\u00e9s plus haut).<br>Les initiatives de PEPS \u00ab Banlieue cent visages \u00bb \u00e0 Longjumeau et le \u00ab Forum \u00bb de Paris ont contribu\u00e9 \u00e0 faire connaitre et \u00e0 valoriser les cultures de la rue ainsi que les associations de jeunesse issues des quartiers populaires, notamment aupr\u00e8s des professionnels du social.<br>Dans les ann\u00e9es 2000, plusieurs initiatives militantes reprendront les critiques et les propositions, des travailleurs sociaux, apparues dans les ann\u00e9es 80 et 90, dans le cadre notamment des Etats g\u00e9n\u00e9raux du social. Des cahiers de dol\u00e9ances et de propositions seront largement diffus\u00e9s aux \u00e9lus et aux repr\u00e9sentants politiques (14).<br>Enfin on peut consid\u00e9rer aussi qu\u2019au bout de nombreuses ann\u00e9es de luttes et revendications, une certaine revalorisation des bourses \u00e9tudiantes, l\u2019obtention de la gratification pendant les stages et la reconnaissance \u00e0 Bac plus 3 des dipl\u00f4mes d\u2019ES et d\u2019AS a pu d\u00e9boucher, mais essentiellement dans les ann\u00e9es 2000.<br>b)Les limites :<br>Dans le num\u00e9ro 31, de novembre \/ d\u00e9cembre 1989, intitul\u00e9 \u00ab Malaise dans le Travail social \u00bb , le dossier commence par une introduction montrant les limites des mobilisations dans le secteur. Plusieurs explications en \u00e9taient donn\u00e9es qui persistent encore \u00e0 l\u2019heure actuelle. Aujourd\u2019hui, on pourrait les regrouper en trois th\u00e8mes principaux.<br>-Le probl\u00e8me du fractionnement des luttes : le secteur social est constitu\u00e9 de nombreuses professions sp\u00e9cifiques : une minorit\u00e9 seulement de professionnels dans les ann\u00e9es 80 se reconnaissaient comme travailleurs sociaux, d\u2019o\u00f9 la diversit\u00e9 des luttes sociales. La plupart employaient plut\u00f4t les termes classiques pour d\u00e9signer leurs m\u00e9tiers et n\u2019\u00e9largissaient pas souvent \u00e0 l\u2019ensemble des professions sociales quand il s\u2019agissait de parler de revendications. Mais ce terme de \u00ab Travail social \u00bb a progress\u00e9, il est de plus en plus utilis\u00e9. Le langage syndical utilisant le terme \u00ab Travailleur social \u00bb a \u00e9t\u00e9 repris dans des textes de chercheurs mais aussi dans des textes minist\u00e9riels. On a vu \u00e9galement apparaitre dans les ann\u00e9es 2000, le terme \u00ab Professionnel du social \u00bb. Cependant m\u00eame si le terme est beaucoup plus utilis\u00e9 actuellement, cela ne signifie pas que l\u2019ensemble des professionnels se retrouvent facilement solidaires dans les mobilisations.<br>La m\u00e9connaissance du contr\u00f4le social : De nombreux travailleurs sociaux n\u2019ont pas conscience de leur position dans l\u2019\u00e9chelle sociale, mais surtout du r\u00f4le classique attribu\u00e9 par l\u2019Etat et les Collectivit\u00e9s territoriales face aux personnes et familles en difficult\u00e9s. Pourtant d\u00e9s la fin des ann\u00e9es 60, les premi\u00e8res critiques importantes du contr\u00f4le social se sont d\u00e9velopp\u00e9es, port\u00e9es par des sociologues et des travailleurs sociaux militants. Cette question reste d\u2019actualit\u00e9 : en effet un Travail social qui ne repose que sur des aides ponctuelles individuelles, sans conscientisation et implication des personnes en difficult\u00e9s, ni moyens cons\u00e9quents et sans critique du contr\u00f4le social, est vou\u00e9 souvent \u00e0 l\u2019\u00e9chec. A l\u2019inverse un Travail social qui s\u2019appuie sur des r\u00e9seaux associatifs, des aides individuelles et collectives, en travaillant au d\u00e9veloppement de la conscientisation et implication des personnes, avec des moyens suffisants, tout en se d\u00e9marquant du contr\u00f4le social, peut permettre une meilleure insertion des personnes en question. Cependant, c\u2019est au niveau des orientations sociales, culturelles, \u00e9conomiques et politiques, nationales et internationales que d\u2019autres changements importants sont \u00e0 pr\u00e9voir, sous-peine d\u2019un \u00e9ternel recommencement des pratiques des travailleurs sociaux et sans \u00e9volution r\u00e9elle des populations en difficult\u00e9s..<br>-La question du militantisme dans le secteur a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e aussi : A l\u2019origine de la cr\u00e9ation des professions sociales, mais encore \u00e0 pr\u00e9sent, l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de beaucoup de professionnels repose sur le fait que gr\u00e2ce \u00e0 leur seul travail, ces derniers vont contribuer \u00e0 modifier r\u00e9ellement par des actions individuelles les conditions de vie des personnes accompagn\u00e9es, que ce soit dans le secteur du handicap, de la protection de l\u2019enfance et de l\u2019insertion.<br>(14)Michel Chauvi\u00e8re, Jean-Michel Belorgey et Jacques Ladsous Reconstruire l\u2019action sociale, Dunod, 2006.<br>Cette approche tient ainsi tr\u00e8s peu compte du d\u00e9terminisme social et des actions collectives.<br>Pourtant avec le temps, l\u2019\u00e9volution des r\u00e9flexions progresse, mais de la prise de conscience des r\u00e9alit\u00e9s \u00e0 l\u2019engagement, il y a un pas \u00e0 franchir que beaucoup ne font pas. La culpabilit\u00e9 d\u2019abandonner les personnes accompagn\u00e9es pendant les gr\u00e8ves, la m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des retomb\u00e9es de la part de directions ainsi que les r\u00e9flexes corporatistes, contribuent aux faiblesses de l\u2019engagement militant. C\u2019est pour cela que les actions syndicales, les mobilisations diverses, les gr\u00e8ves ont toujours repos\u00e9 sur des minorit\u00e9s.<br>Conclusion :<br>Apr\u00e8s Champ social, dans les ann\u00e9es 70, la revue PEPS a occup\u00e9 une place importante dans les ann\u00e9es 80 et 90 pour des travailleurs sociaux engag\u00e9s, m\u00eame si ce fut une minorit\u00e9 de professionnels qui ont pu la lire \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Les diff\u00e9rents \u00e9chos des r\u00e9flexions et mobilisations qui existaient dans ces ann\u00e9es l\u00e0 sont encore d\u2019actualit\u00e9 pour une bonne partie aujourd\u2019hui m\u00eame si des modifications du contexte et des nouvelles formes d\u2019actions sont intervenues.<br>En ce qui concerne le n\u00e9olib\u00e9ralisme, le combat des travailleurs sociaux n\u2019a pas chang\u00e9, au contraire, il s\u2019est durci (d\u00e9fenses des conventions collectives, mobilisations contre l\u2019exclusion, contre les expulsions d\u2019immigr\u00e9s sans papiers, soutiens aux mineurs \u00e9trangers, d\u00e9fenses du droit des femmes, actions contre les violences polici\u00e8res et contre le racisme, r\u00e9sistances face aux fusions\/recompositions d\u2019associations, face aux disparitions de services, mais aussi face aux manques dramatiques de moyens humains et financiers\u2026). Il s\u2019agit toujours de minorit\u00e9s de professionnels qui se mobilisent et souvent le dos au mur quand les situations de travail ne sont plus supportables.<br>Cependant \u00e0 l\u2019heure actuelle ces luttes restent toujours fractionn\u00e9es, mais l\u2019exemple r\u00e9cent de 2108\/ 2020 donn\u00e9 par les professionnels de Sant\u00e9 pourrait servir de r\u00e9f\u00e9rence.<br>La crise du n\u00e9olib\u00e9ralisme depuis 2008, ainsi que celle li\u00e9e au coronavirus \u00e0 d\u00e9multiplier les capacit\u00e9s de r\u00e9sistance et d\u2019organisation des personnels de sant\u00e9. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de protestation \u00e0 un haut niveau, l\u2019ann\u00e9e 2020 a vu pour la premi\u00e8re fois un recul des politiques n\u00e9olib\u00e9rales dans ce secteur, particuli\u00e8rement dans celui des H\u00f4pitaux. La tarification \u00e0 l\u2019acte a \u00e9t\u00e9 remis en cause, m\u00eame si la globalit\u00e9 de cette approche n\u2019est pas compl\u00e9tement \u00e9limin\u00e9e. Enfin une certaine hausse des salaires, certes tr\u00e8s insuffisante a \u00e9t\u00e9 obtenue pour le personnel hospitalier. Il reste cependant la question des moyens financiers et mat\u00e9riels de fonctionnement, qui n\u2019est pas r\u00e9gl\u00e9e et toujours la revendication concernant la hausse des salaires.<br>Le fait historique \u00e0 retenir, c\u2019est la mise en place d\u2019un Collectif Inter-H\u00f4pitaux tr\u00e8s puissant, qui a pu d\u00e9cider nationalement et r\u00e9gionalement des actions \u00e0 mener, tout en les m\u00e9diatisant. Il est bien \u00e9vident que le poids du secteur de la Sant\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et du secteur Social de l\u2019autre ne sont pas au m\u00eame niveau. Il n\u2019emp\u00eache que les travailleurs sociaux les plus \u00e9clair\u00e9s pourraient peut-\u00eatre s\u2019inspirer de ce mod\u00e8le, voire envisager un grand Mouvement unitaire Sant\u00e9\/Social comme celui qui avait dur\u00e9 un court moment en 1989. Au niveau politique, comme au niveau social et \u00e9conomique, il est toujours question de rapport de forces et de strat\u00e9gies.<br>La revue PEPS pendant une quinzaine d\u2019ann\u00e9es a essay\u00e9 d\u2019\u00eatre un carrefour o\u00f9 des rencontres et des \u00e9changes entre \u00e9tudiants, professionnels et chercheurs ont pu avoir lieu. Elle a par ailleurs servi de relais pour m\u00e9diatiser de nombreuses actions militantes contestant l\u2019ordre social \u00e9tabli.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Raymond Curie<\/p>\n\n\n\n<p><br>Bibliographie :<br>-Bazin Hugues La culture Hip-Hop, Descl\u00e9e de Brouwer 1997.<br>-Bourdieu Pierre Sur l\u2019Etat. Cours au Coll\u00e8ge de France(1989-1992), Seuil 2012.<br>-Castel Robert Les m\u00e9tamorphoses de la question sociale, Fayard 1996, L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 sociale, Seuil 2003, \u00ab Du travail social \u00e0 la gestion sociale du non-travail \u00bb article de la revue Esprit, (mars\/avril 1998)<br>-Chauvi\u00e8re Michel Trop de gestion tue le social, La D\u00e9couverte 2007.<br>-Chauvi\u00e8re Michel, Jean Michel Belorgey et Jacques Ladsous Reconstruire l\u2019action sociale, Dunod 2006.<br>-Chopart Jean-No\u00ebl Les mutations du Travail social, Dunod 2000.<br>-Curie Raymond Le travail social \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du n\u00e9olib\u00e9ralisme : entre r\u00e9signation et r\u00e9sistance, L\u2019Harmattan 2010.<br>-Garnier Jean-Pierre \u00ab Localiser le social ou socialiser le local \u00bb article de la revue Espaces et soci\u00e9t\u00e9s, num\u00e9ro 40, (janvier\/juin 1982)<br>-Gori Roland La folie \u00e9valuation : les nouvelles fabriques de la servitude, Mille et une nuits 2001.<br>-Ion Jacques Le Travail social \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du territoire, Privat 1991.<br>-Klein Naomi La strat\u00e9gie du choc, Actes Sud 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Analyse sociologique des diff\u00e9rents articles publi\u00e9s dans PEPS du 1er au dernier num\u00e9ro, consacr\u00e9s aux Mouvements sociaux <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[119],"tags":[],"ppma_author":[14],"class_list":["post-695","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyses"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"authors":[{"term_id":14,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"raymond-curie","display_name":"Raymond Curie","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&r=g","1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""}],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/695","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=695"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/695\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":698,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/695\/revisions\/698"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=695"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=695"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=695"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/recherche-action.fr\/revue-peps\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=695"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}