« Une introduction pour le prochain atelier » – par Mélanie Duclos

Mélanie Duclos nous livre une nouvelle « feuille de chou » en forme de notes et de retranscriptions des coups de gueule, des revendications et des réflexions qui ont émergés durant le premier Atelier Biffin. Une introduction au prochain atelier du 21 avril 2017.

Le vendredi 31 mars après-midi s’est déroulé notre premier « atelier biffin ».

L’objectif : créer ensemble un « guide de la biffe » ou « livre des biffins » – le titre est encore ouvert, à définir ensemble – pour faire connaître et reconnaître la biffe et les biffins.

On était une dizaine. On est parti d’une vidéo de l’une d’entre nous, biffine, qui parlait des objets. De ceux qu’elle vendait, qu’elle trouvait, de ceux qu’elle gardait qu’elle ne voulait pas vendre et qu’elle gardait sur son étal comme des porte-bonheur. Des objets qu’on vend mieux selon les lieux, selon les temps, des prix d’objet qui ont baissé ces dernières années.

On est parti comme ça d’un premier thème, les objets ; le but était que d’autres thèmes émergent de nos discussions qui feront tous ensemble finalement notre livre. Et beaucoup d’autres thèmes ont en effet émergé.

On a parlé des prix, des différents objets, du racisme et de la pauvreté, au marché en particulier et dans la France en général, des sans-abri, des sans-papiers.

Y’a eu des coups de gueule :

Contre les policiers : « écraser les biffins avec leurs chevaux, les gazer à coup de bombe, c’est inhumain. On est des êtres humains. Pas des animaux. Pourquoi nous maltraiter ? Et pourquoi nous punir ? Pourquoi punir celui qui travaille honnêtement, qui n’a pas les moyens, qui fait les poubelles la nuit pour pouvoir vendre le jour, pour pouvoir subvenir… »

Contre les politiques d’assistance ou d’immigration :
« Plutôt que nous assister, laissez-nous travailler. »
« La France, Terre d’accueil ? Elle accueille pas, elle accueille plus ! »

Y’a eu des revendications :

Pour une économie juste et populaire : « Nous, notre économie, c’qu’on cherche, c’est pas le profit, c’est gagner sa vie, juste ça, gagner sa vie et en aidant son prochain, ceux qui sont démunis ».

Y’a eu aussi des problèmes internes qu’ont été évoqués : la concurrence entre biffins, les petits prix qui font chuter les plus grands, les vols et l’insécurité.

Puis on a regardé deux autres vidéos sur les thèmes de l’achat/vente.
On a parlé du marchandage et on a beaucoup ri, des techniques des clients et des techniques des marchands, pour deviner si le client veut pas, un peu, beaucoup, acheter. Du plaisir du marchandage, du jeu de la négociation, des discussions qui vont avec.

On a parlé des clients, des trouvailles, des affaires, de l’addiction presque aux objets et au monde du marché, du plaisir d’y venir.

Tous ces thèmes, au fur et à mesure, ont été noté sur des feuilles et accrochés au mur. Et puis, juste à la fin, on a commencé à tisser des liens entre tous ces différents thèmes.

C’est de là qu’aujoud’hui on va partir ensemble.

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