Épopée hip-hop : quand les acteurs prennent la parole…

Université populaire des acteurs des cultures urbaines mise en place par la recherche-action à travers un collège d’acteurs et des assises annuelles dont la première édition s’est déroulée en 2014 (1).

Sans doute parce que depuis ses origines la forme artistique hip-hop ne peut pas être séparée d’un mouvement social, il est important aujourd’hui plus que jamais de favoriser la construction d’une parole dans l’espace public et d’en décrypter le sens.

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« Nos pratiques apportent une lumière, une distance et un décalage qui éclairent le monde » (Naïm L’1nconsolable).

Les assises de mai 2014, en exposant de manière originale des parcours d’expérience, participent à rendre visible l’état d’un mouvement, le capital social de ses acteurs. Il s’agit de poursuivre ce processus réflexif et collaboratif. On cherche une façon de se rencontrer d’aller les uns vers les autres, on travaille sur nos matériaux communs pour en faire autre chose, une connaissance que l’on peut ensuite réinvestir dans nos champs d’implication. Cela fait écosystème en entrant dans une interdépendance, elle permet de se nourrir mutuellement et faire un pas de côté pour se mettre soi-même en position de recul.À l’inverse de l’académisme, l’intérêt ici est de dépasser les disciplines et les esthétiques pour revenir à l’essentiel, partager cette matière commune de l’expérience à travers cette exploration dans les différents espaces de l’existence. Une diversité de profils s’est exprimée et a provoqué des interactions. Pourquoi un rider irait parler à un beatmaker, un traceur avec un fabricant d’instruments, un danseur avec un acteur, un rappeur avec un jongleur de feu, un graffeur avec un DJ ? En permettant à tout le monde de travailler en commun sur ces propres matériaux, on se permet soi-même de recomposer, affirmer sa propre cohérence, concevoir de nouvelles formes que l’on n’aurait pas pu imaginer autrement.

« Poser les fondements de notre  art, l’intellectualiser, concevoir les outils de transmission, les valider » (Kohndo).

L’intelligence sociale comme mode de résolution des problèmes en fonction des contextes est un exemple de ce que peut produire une intelligence collective. Elle n’est pas l’addition des intelligences individuelles, mais la capacité de les dépasser. Le Hip-Hop a développé cette intelligence à ses débuts et interroge aujourd’hui le milieu artistique et culture, notamment sur les modes de professionnalisation. Comment créer ce « circuit court de l’économie culturelle de l’intelligence » entre les différentes initiatives qui peuvent se croiser dans un aller-retour avec un travail réflexif ? C’est d’une certaine manière poursuivre le cycle de formation-action engagé par l’organisation de ces assises.

 

(1) Table des matières des Actes des assises 2014

  • Imaginer où la parole peut exister sans qu’elle ait à se justifier, universelle et populaire
  • Valoriser et partager le capital social des parcours d’expérience comme bien commun de l’existence
  • Favoriser des dynamiques collaboratives transdisciplinaires pour l’émergence de nouvelles formes
  • Transformer l’essai, la poursuite d’une démarche

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