Émancipation collective et transformation sociale

fracture desprit
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http://recherche-action.fr/emancipation-transformation/
Il y a une quinzaine d’années se développait le réseau de recherche-action qui allait former le Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action (LISRA). Ces espaces de rencontres et de croisements d’expériences donna lieu en 2005 à un premier dossier dans la revue les Cahiers de l’Action de l’Injep : Espaces populaires de création culturelle : enjeux d’une recherche-action situationnelle. Nous préfigurions déjà la nécessité de reconnaître des « espaces intermédiaires de l’existence » qui questionnent notre rapport au travail et repositionne notre implication socioprofessionnelle. Nous disions également que c’est par la pratique d’espaces « interstitiels » ou de « tiers espace » que se dégage une force instituante : elle structure et reconfigure nos manières de faire collectif, de construire un territoire partagé et de gérer des ressources du commun, de développer une analyse critique des rapports sociaux et de concevoir autrement un développement. Se dessine en toile de fond la possibilité de reconnaître une science citoyenne au cœur des enjeux sociaux qui s’appuie sur ses propres critères de validation et d’expertises parce que la mieux à même de travailler sur une complexité humaine qui constitue son lot quotidien.

Certains des acteurs-chercheurs de l’époque rejoints par d’autres proposent aujourd’hui dans un nouveau dossier des Cahiers de l’action de décrire ce cheminement à travers des « espaces d’émancipation collective et de transformation sociale ». Le dossier lui-même se comprend comme un programme de recherche-action expérimentant de nouveaux espaces puisqu’une des étapes de son écriture collective s’incarnera par l’organisation le 16 octobre d’un forum débat à la Maison des sciences de l’homme Paris-Nord en partenariat avec l’Injep. Il se poursuivra en 2018 autour de la publication du dossier par de nouvelles initiatives. Il ne s’agit pas simplement de compiler un certain nombre d’expériences dites « innovantes » ou « singulières » mais de contribuer à échafauder de nouveaux référentiels amenant à penser la réalité autrement et par conséquent agir sur elle.

En effet, la prise en compte d’un développement endogène des territoires soucieux des personnes et de leur environnement se heurte à la difficulté de forger de nouveaux cadres de pensée et d’action susceptibles de prendre en compte ces processus. Le programme de recherche-action confirme la nécessité de produire une connaissance croisant savoir profane issu de l’expérience, savoir technicien issu des corps de métier et savoir scientifique issu de l’analyse conceptuelle des situations. Le principe de notre laboratoire social est alors de jouer le rôle d’interface en créant les conditions d’une recherche collaborative entre des dynamiques émergeant des territoires « sous le radar des observatoires officiels » et des organismes de recherche susceptibles de soutenir la production d’une connaissance issue de l’expérimentation sociale. C’est dans ce sens que se conçoit notre partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord et notre implication dans d’autres collectifs inter-partenaires et inter-disciplinaires comme celui des recherches participatives et en croisement des savoirs avec des personnes en situation de pauvreté.