Artistes, acteurs culturels : sous l’emprise ou dans l’invention des territoires ? (Les Adrets – 38)

10176055_549947818452109_1083863751_nRencontres culturelles obliques

« Arpenter, penser, fabriquer »

4 et 5 juillet 2014

Village des Adrets  (Près de Grenoble)

Terreau

Depuis 20 ans, Scènes Obliques investit et invente des « espaces » culturels singuliers avec le souci de porter la création artistique au plus près des gens.

Par la mise en chantier du Festival de l’Arpenteur (spectacle vivant et littératures sur les pentes du massif de Belledonne, Isère, France, depuis 18 ans) ainsi que du projet CAIRNS (Rencontres internationales de proximité, résidences d’artistes, 12 pays invités depuis 6 ans), la structure est aujourd’hui repérée comme un pôle laboratoire innovant sur les problématiques impliquant culture et territoire.

Avec le désir de ne pas figer la réflexion mais bien au contraire, de la mettre en abime en l’inscrivant elle-même dans une logique d’expérimentation et de processus, Scènes Obliques propose en juillet 2014 un temps de rencontres culturelles internationales sous-titrées : « arpenter, penser, fabriquer».

Durant ce temps, il s’agira de susciter le croisement inédit de paroles mais aussi de se mettre en friction avec la réalité d’un paysage de travail et d’expérimentation, donné en l’occurrence par les montagnes du massif de Belledonne. Leur parcours, les lieux d’observation et de rencontre ainsi gagnés par de courtes marches collectives ne manqueront pas de nourrir une réflexion de fond sur la place de l’artiste en ces lieux et plus généralement, dans la société des hommes.

Faire trace fera partie de la règle du jeu de ces rencontres. Les interventions seront retranscrites et publiées mais au-delà, l’espace numérique autorisera l’incrémentation collective et partageable d’un blog déjà nourri par le premier opus de ces rencontres en 2012.

Matériau

Thème :  « Artistes, acteurs culturels : sous l’emprise ou dans l’invention des territoires ? »

Sur des territoires – dans l’acception la plus large du terme – de plus en plus préoccupés par une efficience du projet culturel, et ce avec parfois une indéniable finesse d’approche sur la notion d’efficience (forte charge qualitative dans les dispositifs d’évaluation, immixtion réfléchie des valeurs humaines, accueil des complexités spatiales), les postures de l’artiste et de l’acteur culturel font apparaître de nouveaux questionnements.

Car, paradoxalement, la compréhension fouillée des enjeux de territoire, l’exigence des processus mis en œuvre pour en approcher la nature et tenter de les définir, le développement d’expertises de toutes sortes, ne resserrent-ils pas exagérément pour les acteurs – tous domaines confondus – le champ d’initiative ?

S’agissant d’art et de culture, aires auxquelles création et innovation sont profondément inhérentes, l’affirmation de l’identité et du projet générique de territoire est-il toujours compatible avec la libre initiative et indispensable inventivité des acteurs ? La donnée territoire, envisagée comme un préalable, ne crée-t-elle pas un périmètre à transgresser, afin qu’artistes et opérateurs culturels ne soient pas seulement en devoir d’insérer à la queue d’un processus, un pesant de sensible et de créativité ?

Le projet de territoire, dans sa conception même, dans son élaboration, dans sa possible co-construction avec les habitants n’a-t-il pas à gagner d’une approche artistique dont la puissance de complicité et l’efficience résideraient avant tout dans sa capacité à s’en protéger, revendiquant son caractère exogène et libre ?

L’emprise des territoires

Vendredi 4 juillet

Par la force de leurs singularités et des représentations qu’ils suscitent, par le chaos dont ils sont parfois victimes, conflits, menaces environnementales…, mais aussi par l’élan que leur confère parfois une évolution politique à l’œuvre, les territoires peuvent constituer des paradigmes forts, dont l’approche, en tant qu’artiste ou acteur culturel, peut être de nature à infléchir, contraindre, des univers esthétiques. Cette emprise n’agit-elle que comme un facteur limitatif ou peut-elle constituer un stimulus créatif ? Est-elle en mesure de générer pour les acteurs d’autres stratégies d’appropriation et de coprésence ? Avec quelles conséquences pour le territoire lui-même, responsables, habitants ?

Intervenants :

Modération générale des rencontres : Hugues Bazin (sociologue)

Matinée :

Antoine Choplin (auteur, directeur Scènes Obliques) Introduction aux Rencontres – Les territoires : une invitation à dépasser les frontières?, Elisa Dumay (directrice De l’aire) Le territoire, vecteur d’oxygénation et de déplacement des postures artistiques, Omid Hashemi (artiste performeur et universitaire iranien) Nouveaux territoires pour l’art contemporain : Iran, Occident, approches comparées, réceptions mutuelles, Fred Sancère (directeur Derrière le hublot) Le pas de côté qui change le point de vue – l’ancrage/l’ailleurs, culture/éducation populaire, projet Greeters

Après-midi, en marche dans le paysage :

Bruno Caraguel (sociologue, directeur Fédération des Alpages de l’Isère), Lobsang Chonzor (artiste tibétain) Préserver sa culture et son art en exil

Inventeurs d’espaces

Samedi 5 juillet

Il est parfois inhérent à l’approche de certains artistes ou acteurs culturels d’affirmer une approche s’affranchissant – pour partie au moins – des inductions du territoire de travail. Les concepts proposés dessinent alors inévitablement, avec l’appui de référents exogènes, des espaces autres, bousculant au passage les logiques à l’œuvre. Ces processus sont-ils susceptibles d’acquérir, par leur développement au sein du territoire, une pertinence ? Ce qu’ils questionnent peut-il être un moteur pour la réflexion, les représentations, les perspectives ? La création d’espaces virtuels au moyen de l’outil technologique peut-il constituer une métaphore résonante, voire interagir avec nos représentations de l’espace physique ?

Intervenants :

Matinée :

Hugues Bazin (sociologue) les arpenteurs ouvreurs d’espaces, pour une écologie du tiers espace, Mathurin Gasparini (Comédien, directeur Groupe Tonne) « Accompagner artistiquement les rotations de surfaces, se mettre au service de bouleversements géotechniques majeurs à l’échelle d’un territoire », Benoit Meneboo (plasticien, Co-directeur La Chambre d’eau) Au delà des bornes : Etre attentif au monde et en rêver. De l’expérience artistique à la mise en énergie de la Chambre d’eau, Abraham Poincheval (artiste performeur) Au cœur du cœur de ce pays

Après-midi:

Bouillonnements numériques avec Sigrid Coggins (plasticienne)Une œuvre dans tous ses états !
Le numérique au service  de l’exploration des frontières : du regard à l’œuvre, le regard à l’œuvre, Boris Du Boullay (cinéaste, web artiste)  L’instabilité numérique, territoire de création ?

Les Intervenants

  • Hugues Bazin : Hugues Bazin est chercheur e sciences sociales et animateur du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action. Son travail, porté par une conscience politique aiguë, explore les sphères non explicites, les tiers-espaces de l’existence au sein desquels se développe une activité humaine innommée, transversale, disposée aux complexités, aux porosités, souvent collective, inventive, résistante.
  • Boris Du Boullay : Cinéaste, Boris du Boullay explore l’écriture du cinéma dans des formes expérimentales. Il partage son temps entre le cinéma, la création numérique, l’enseignement et la recherche.
  • Bruno Caraguel
  • Lobzang Chonzor : Né de l’exil, Lobsang reçoit de la part de ses parents et de maîtres tibétains, l’héritage d’une culture ancestrale, de ses danses et de ses chants. Adulte, il décide ainsi de dédier sa vie à l’Art vivant et à travers sa démarche artistique, de porter son pays de cœur et de sang : le Tibet. Il est installé en France depuis 2008
  • Antoine Choplin : Antoine Choplin partage son temps entre l’écriture et l’agitation culturelle. Dans le cadre de l’association Scènes Obliques qu’il a fondée en 1992, il s’attache à suggérer de nouveaux modes de rencontres autour de la culture vivante. Il anime notamment le festival de l’Arpenteur à l’aplomb des cimes du massif de Belledonne (Isère). Il est l’auteur d’une quinzaine de publications, poésie, récits, romans.
  • Sigrid Coggins : Née à Grenoble d’un père américain et d’une mère française, elle travaille sur nos espaces utopiques et oniriques, la quête de soi à travers la relation à l’autre et l’exploration de notre capacité au bonheur et à l’enchantement du monde… Elle privilégie des outils autour des nouvelles technologies: vidéo, photographie, installation, création sonore ou langages picturaux.
  • Elisa Dumay : Après un DESS Direction de Projets culturels, Elisa lance en 2002, l’association de médiation et de production artistique De l’aire avec laquelle elle imagine des actions coopératives et créatives au service du cadre de vie, de l’aménagement urbain et du renouvellement des politiques publiques, intégrant la participation des élus, des populations, des usagers d’un territoire.
  • Mathurin Gasparini : Après avoir travaillé de nombreuses années avec la Cie Les Justins (déambulation pyrotechnique) et La Petite Compagnie (musique balkanik-Jazz-Punk), ainsi que ponctuellement avec les compagnies Transe Express, Begat Théâtre, Pire que Debout, Hic et Nunc, il intègre la Fai Ar (formation Avancée Itinérante aux Arts de la Rue) en 2009 et crée le Groupe ToNNe en 2011.
  • Omid Hashemi : Né à Téhéran en 1986 et installé à Paris depuis 2006, il est à la recherche d’un art Visuel-Plastique qui communique en direct avec son public et où l’artiste utilise son corps comme « Garant du Réel ». Il utilise pour cela divers média : L’Art-Performance, la Photo-Performance, la Vidéo-Art, l’Installation etc.
  • Benoit Ménéboo : Il développe des recherches plastiques autour d’installations photographiques, vidéographiques et sonores, en interaction avec des architectures spécifiques. Elles sont une exploration de nos perceptions politiques, culturelles et collectives de la mutation des formes paysagères. Il est également le directeur artistique de La Chambre d’eau depuis sa fondation en 2001.
  • Abraham Poincheval : Artiste plasticien, il définit volontiers sa pratique artistique par deux phrases génériques : « immergeons nous à présent » et « l’exercice a été profitable ».  A travers la présentation de deux projets « Dans la peau de L’ours » qui consistait à vivre dans un ours naturalisé durant 13 jours et  « le jour de la nuit » un projet en cours qui consiste à éclairer une partie de paysage en intensifiant la lumière émise par la lune, il tentera d’élucider ce qui, pour lui, fait territoire.
  • Fred Sancère : Sensible à tout ce qui se passe à Capdenac (sa ville natale en Aveyron) et dans sa région, il a développé en 1996 Derrière Le Hublot : un projet artistique et culturel « pur produit de l’éducation populaire » dont il est le directeur. L’imagination et l’expérimentation qui y président contribuent à fabriquer, in situ et in vivo, de l’histoire partagée et de la culture multiple.

Infos pratiques

  • Date limite d’inscription  : 16 juin
  • Renseignement et inscription :
  • Le village, parc de la mairie – 38190 Les Adrets – 04 76 71 16 48
  • scenes.obliques@free.fr – http://scenes.obliques.free.fr

Modalités de participation

  • La participation aux rencontres est gratuite. Les repas et l’hébergement seront à la charge de chacun. Un tarif réduit sera mis en place pour les spectacles du soir.
  • Lieu d’accueil : Les rencontres auront lieu dans le village des Adrets.
  • Modalités de participation : La participation aux rencontres est gratuite. Les repas et l’hébergement seront à la charge de chacun. Un tarif réduit sera mis en place pour les spectacles du soir.
  • Hébergement : Des hébergements seront possibles sur place pour ceux qui le souhaitent.
  • Repas : Il sera possible de manger au Bivouac, lieu de vie et de restauration du festival ou à La Marmite campanaise, café-resto de proximité, situé place de l’église.
  •  Accès : En voiture : La commune des Adrets se situe à 30 minutes de Grenoble. Depuis la gare : Une navette sera mise en place entre la gare de Grenoble et Les Adrets. Depuis l’aéroport de Lyon : une navette dessert toutes les heures la gare de Grenoble.

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