Juin 132018
 

Journée de restitution publique et d’échanges de l’Atelier Campus Condorcet*

22 juin, de 09h15 à 17h00
Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord, salle 414
20 av. George Sand 93210 Saint-Denis, M°12 Front Populaire.

9h30 Ouverture et introduction

Agnès DEBOULET (UMR Lavue, Université Paris 8) — Sébastien JACQUOT (Université Paris 1, EIREST)

SESSION 1. 10H – 11H : L’action publique au prisme des activités populaires et informelle

  • Flaminia PADDEU (Université Paris XIII, PLEIADE) : Cultiver les friches à Detroit. Le rôle des pratiques informelles d’agriculture urbaine en contexte de décroissance
  • Hélène BALAN (UMR ESO, sous réserve), Virginie MILLIOT (U. Paris X Nanterre, LESC) : La peur du capitaliste aux pieds nus

SESSION 2. 11h — 12h30 : Réguler la mécanique de rue ?

  • La mécanique populaire et de rue : enjeux transversaux en Ile de France, A. DEBOULET, S. JACQUOT, M. MORELLE (Paris 1, UMR PRODIG), A. NDIAYE (ARESS/FMSH-Paris).
  • Vers d’autres formes d’organisation et d’économie: l’association des mécanos de Plaine Commune et de mécaniciens en formation à l’Ecole des Projets

Modératrice : Pascale FROMENT (Université Paris 8, LADYSS)

12h30-14h : Buffet-repas

SESSION 3. 14h — 17h : Reconnaissance des savoirs locaux et formalisation des activités :retour d’expériences

(Présentations suivies d’une table ronde)

Recherche-action : deux expériences croisées

  • Hugues BAZIN (Laboratoire d’Innovation sociale), La recherche-action entre production de savoirs et transformation sociale avec les personnes en situation de précarité
  • Anne LESCIEUX-MACOU (Université Populaire et Citoyenne de Roubaix), Transition et quartier populaire : l’expérience de coopérative d’entraide

Initiatives de formalisation mises en regard

  • Dolores SCIORANS (UBA/EHESS, Boursier post-doctoral du CONICET- ICA-FFYL-UBA), L’organisation syndical des travailleurs de l’économie populaire en Argentine : le cas des travailleurs du textile Buenos Aires
  • Anne Claire GARCIA (ville de Saint-Denis), expériences de formalisation à Saint-Denis et Paris
  • Elise HAVARD DIT DUCLOS (collectif Rues Marchandes), une recherche-action avec les récupérateurs vendeurs de rue sur la question de l’économie populaire

Modérateur : Thomas AGUILERA (Sciences Po Rennes)

17.00 Conclusions — perspectives

Contact et inscription : deboulet@gmail.com – sebastien.jacquot@univ-paris1.fr

* Cet atelier vise à interroger les reconfigurations de l’action publique dans les quartiers populaires, induites par des formes d’informalisation et de dérégulation de l’économie, en considérant ensemble activités informelles précaires et activités issues de l’économie dite collaborative (Uber, AirBNB), dans plusieurs communes en banlieue parisienne (Saint-Denis, Aubervilliers, Stains). L’atelier constitue une étape dans la préfiguration d’un projet de recherches comparatiste et international

 Posted by at 14 h 59 min
Sep 292015
 

LE LABORATOIRE D’INNOVATION SOCIALE PAR LA RECHERCHE-ACTION ET LE COLLECTIF

SONT HEUREUX DE VOUS INVITER À UN ATELIER PUBLIC

Écologie urbaine, économie informelle et espaces publics,
les récupérateurs-vendeurs entre précarité de l’innovation et innovation de la précarité

Le vendredi 16 octobre 2015 de 18h à 20h, à la Maison des Acteurs du Paris Durable
21 rue des Blancs-Manteaux 75004 Paris (M° Rambuteau ou Hôtel de Ville)

CaptureLa séance sera introduite par le film « Raconte-moi ta rue marchande » suivi d’un échange avec les membres du collectif « Rues Marchandes » : récupérateurs vendeurs, militant associatifs, économistes, anthropologues, chercheurs en sciences sociales, scénographes, artistes, travailleurs sociaux et autres « bricoleurs de l’impossible ».

L’atelier public sera l’occasion de restituer et débattre en toute simplicité des points d’avancée et d’achoppement de cette recherche-action. Car si l’innovation sociale est une manière de répondre à la précarité et à l’isolement par l’intelligence collective et la mise en partage de biens communs, alors comment peut-on relier cette diversité et ces « tiers espaces » pour qu’ils fassent écosystème au sein de la ville, pour qu’ils posent de nouveaux référentiels ?
Dire que les réponses se trouvent dans les situations les plus précaires et les plus instables n’est pas le moindre des paradoxes au moment des grands rassemblements de décideurs autour du climat et de l’écologie. Constatons que les principaux intéressés, ceux qui depuis longtemps sont confrontés à la réalité socio-économique et explorent les chemins de traverse, sont rarement ceux qui apparaissent comme légitimes et en position de peser sur les orientations futures. Non seulement ils sont ignorés, mais parfois comme les biffins chosifiés et réprimés (1).

Dessin_biffinsDe ce constat, le collectif Rues Marchandes (2) est né d’une approche en recherche-action de l’espace public et de l’économie informelle où les récupérateurs vendeurs et leurs marchés jouent un rôle d’initiateur et d’analyseur. Nous partons du principe que nous avons moins besoin de nouveaux dispositifs d’aide ou de contrôle que d’un nouvel imaginaire instituant. Cela commence par provoquer des liens inédits entre les expériences et les idées, des formes collaboratives transdisciplinaires, des compétences et des savoirs collectifs, une production partagée de connaissances.

(1) Les biffins sont des personnes en grande précarité qui vendent dans la rue des objets qu’on leur a donnée ou qu’ils ont trouvés dans les poubelles. Cette activité leur permet d’avoir des revenus, dits informels en complément de ressources insuffisantes, voire inexistantes. Par leur activité, ils rendent service à d’autres personnes à faible revenu. C’est une façon de s’entraider et de faire vivre la rue d’une façon nouvelle. Ils participent de plus à la chaîne d’un circuit court écologique, donnant une seconde vie aux objets mis au rebut.
(2) Vous pouvez soutenir la démarche ou rejoindre le collectif en adhérent à la charte collaborative.

 Posted by at 13 h 43 min
Avr 152015
 

samedi 18 avril 2015 dès 14h
au Marché Solidaire de Printemps de la Noue – Bagnolet
organisé par l’association Amelior et le Centre Social et Culturel Guy Toffoletti

Cité de la Noue- Métro Gallieni ligne 3, bus 122 arrêt Charles Delescluze ou à pieds par le parc Jean Moulin

Le collectif  RUES MARCHANDES vous invite dans son studio des récits biffins

biffins / marchands-recycleurs / artisans / artistes et écrivains d’un jour / enfants inventifs / sont accueillis avec des boissons et des goûters pour se rencontrer et raconter, écrire ou dessiner leurs expériences de la récupération-vente dans la rue. devant camera ou non, selon les désirs.

Ces témoignages audiovisuels constituent les outils d’une recherche-formation-action initiée par les associations et personnes du réseau « rues marchandes »

14h -16h atelier-rencontre au Marché Solidaire, Cité de la Noues – Bagnolet
16h -18h réunion du réseau Rues Marchandes, Centre social et culturel municipal Guy Toffoletti

 

Centre Social et Culturel Guy Toffoletti 43 Rue Charles Delescluze, 93170 Bagnolet – 01 48 57 48 43
Association Amelior 17 rue Adelaide Lahaye, Bagnolet  – assoamelior@gmail.com –  06 27 89 32 22

 

 Posted by at 21 h 10 min
Sep 252014
 

Recherche-action « Fab Lab École Urbaine »

Atelier recherche action animé par l’association Intermèdes Robinson (91) en partenariat avec le Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action

L’Espace de Vie Sociale Intermèdes Robinson, qui réalise des actions éducatives en milieu ouvert et de développement social communautaire dans les espaces publics d’un quartier « zone sensible », ainsi qu’auprès de familles vivant en habitat précaire (de type bidonville) des communes environnantes (Massy, Chilly-Mazarin, Saulx les Chartreux et Champlan), met en œuvre un projet innovant, dénommé « Institut de Pédagogie Sociale ».

Nous proposons d’ouvrir un espace collaboratif en recherche-action sous la forme d’un atelier populaire (impliquant les personnes directement concernées) et public (espace du commun non-propriétaire) destiné à l’ensemble des acteurs sociaux engagés dans des projets innovants, « hors institution classique ». Les rencontres se dérouleront dans le « tiers lieux » de l’association (1).

Cet atelier a pour objectif de mettre en correspondance et de nourrir trois champs d’implication complémentaires : l’expérimentation, la formation-action, la recherche collaborative :

  • L’expérimentation autour d’actions éducatives à destination de publics qui ne trouvent pas de place dans les établissements et cultures classiques ;
  • La formation-action, coopérative et mutuelle au profit des porteurs de projets et d’actions éducatives « hors institution » ;
  • La recherche collaborative à partir de programme reprenant les problématiques développés et appliquées à la notion de « tiers espace ».

 

L’atelier offre un cadre pour les participants de partager des compétences et des outils et de les réinvestir dans leurs actions respectives dans un mode d’implication partageant une même démarche de recherche-action.

La première séance sera consacrée à présenter cette démarche et confirmer la méthodologie :

  • Un temps réflexif sur sa posture d’acteur chercheur basé sur le parcours d’expérience
  • Un temps d’atelier autour d’une problématique commune pouvant comprendre une implication in situ en rapport avec une expérimentation sur le territoire
  • Un temps (décalé) de restitution sur la forme d’une écriture sur un support collaboratif

Nous envisageons de mettre en oeuvre des cycles de recherche de deux journées consécutive comprenant un temps d’immersion dans un « atelier de rue » et un temps de réflexion/ élaboration avec l’ensemble des acteurs, ouvert aux chercheur en lien avec le LISRA

Une réunion de préparation est organisée en ce sens le jeudi 30 octobre de 12:00 à 14: 00 dans les locaux de l’Institut de Pédagogie Sociale (voir adresse ci dessous)

 

Adresse du lieu : Intermèdes-Robinson, 20 route de Versailles 91160 Champlan (accessible par autoroute A6, bus DM 151 depuis la Porte d’Orléans, RER C « gare de Longjumeau » et RER B, gare de Massy Palaiseau puis bus RATP 199)

 

 

Août 222014
 

Contexte de l’expérimentation

L’association Intermèdes Robinson , créée en 2005 est connue pour développer un programme innovant mais local, à Longjumeau  et communes environnantes (Nord Essonne)

Il s’agit d’un programme d’éducation non formelle ouvert à tous les âges dont la particularité est que toutes les actions se déroulent en dehors des institutions et structures classiques.

(Plus d’informations, sur le site de l’association – référencé en fin de document – et notamment à partir de son rapport d’activité en ligne)

La Pédagogie pratiquée est décrite par ses acteurs comme relevant du courant de la Pédagogie Sociale ;ce courant reprend les principes et pratiques de pédagogues du XXème siècle connus pour leurs innovations éducatives et leur souci de prendre en compte la réalité sociale des bénéficiaires de leurs actions.

A ce titre des dirigeants, mais aussi des acteurs, stagiaires et bénéficiaires de l’association Intermèdes Robinson ont été à l’origine de nombreux textes dont certains ont été publiés (« Des lieux pour habiter le Monde, Chronique Sociale, 2012 ; Pédagogie Sociale, 2011 ; Intervenir auprès des enfants en situation de rue, Chronique Sociale 2014).

Mais la production théorique en lien avec les pratiques développées par l’association Intermèdes Robinson dépasse largement ces seules éditions ; il s’agit également d’articles décrivant les actions réalisées qui ont été particulièrement nombreux et fréquents particulièrement dans la presse spécialisée liée aux milieux du secteur médicosocial ou de l’Ecole. Il s’agit également de courts métrages, clips vidéos, événements, conférences et de l’animation d’un blog sur la plateforme « Recherche Action ».

L’association Intermèdes Robinson est également active dans le domaine de la formation coopérative en étant partie prenante d’un « chantier de Pédagogie Sociale » qui réunit régulièrement depuis plus de 6 ans des acteurs et innovateurs dans le champ de l’éducation non formelle, dans le cadre du mouvement ICEM Pédagogie Freinet.

(Plus d’informations sur le site du mouvement Freinet : http://www.icem-pedagogie-freinet.org/ )

Elle assure également en son nom propre quelques actions de formation à destination des acteurs éducatifs et sociaux souhaitant s’initier aux techniques et fondements de l’intervention « hors institution », dans le cadre du courant de la Pédagogie Sociale.

Par ailleurs, association reconnue par les collectivités et grandes institutions du social (Caisse d’Allocations Familiales) , l’association accueille à l’année de nombreux stagiaires étudiants travailleurs sociaux, en lien avec leurs centres de formation. Les principales formations concernées  sont : Educateur Spécialisé, Educateur de Jeunes enfants , Moniteurs Educateurs , Assistant de service social , étudiants de licences ou masters professionnels, etc.

La particularité de cette association est donc qu’elle allie à la fois une position plutôt marginale et externe dans le champ et le secteur socioéducatif, mais qu’en  même temps, elle bénéficie d’une reconnaissance des institutions et collectivités décisionnaires, pour ce même travail d’innovation.

Cette position ambivalente favorise à la fois les capacités de cette association de porter et communiquer des projets innovants, mais lui confère également un statut et des moyens précaires, qui ne sont pas sans relation avec les conditions de vie majoritaires des groupes auxquels elle s’adresse.

A titre d’exemple de cette situation contrastée, l’association a  obtenu en Juin 2014 un agrément d’Espace de Vie Sociale, octroyé par la CAF 91, mais par contre ses ressources restent tributaires de laide à l’emploi et de subventions sur projets non pérennes à plus de 85%.

Par ailleurs cette association essentiellement locale et de petite taille, trouve tout son sens mais aussi la justification de son action,  par la dimension de la recherche et de l’innovation. C’est en effet au titre que ses actions locales, peuvent trouver à s’appliquer dans d’autres contextes , que certaines institutions (et particulièrement les fondations privées ou collectivités territoriales) peuvent être amenées à la soutenir.

La dimension de l’expérimentation, mais également la diffusion des pratiques en cours recouvrent un enjeu essentiel pour cette association  qui consacre de grands moyens à la communication.

C’est dans ce contexte et, d’un e certaine manière, en continuité et cohérence avec la logique de son développement que l’association a été amenée en septembre 2014 , à présenter et mettre en œuvre un projet qui permet le développement de certains aspects de son activité.

Présentation du projet « Fab Lab école urbaine »

Le projet « Fab Lab Ecole urbaine », également dénommé « école intégrale »  ambitionne de réunir et mener dans un lieu unique des activités d’éducation informelle pour enfants et adultes, des actions de formation professionnelle pour acteurs éducatifs et sociaux et des recherches/actions dans le domaine de la Pédagogie Sociale et du travail éducatif en dehors des institutions.

Le point essentiel de ce projeté st bien entendu la réunion de ces trois activités en un seul lieu et d’une certaine manière, en interaction les unes avec les autres. Il s’agit bien entendu, du point de vue des concepteurs que ces trois dimensions d’activité s’appuient les unes sur les autres, à la fois en termes de moyens matériels et humains, mais aussi en contenus.

Ainsi il est envisagé que les actions de recherche viennent enrichir et guider les actions de formation ; de même les actions éducatives non formelles à destination d’enfants, de jeunes qui ne trouvent plus de réponses à leurs besoins éducatifs et sociaux dans les établissements classiques devraient fournir un terrain de formation pratique et vivante, autant que d’expérimentation et de recherche.

On reconnaît dans cette option que l’on pourrait qualifier «d’holistique » , mais que les initiateurs préfèrent nommer « intégrale » (en s’appuyant sur les réflexions philosophiques de pédagogues « communautariens » et/ ou libertaires, comme Charles Fourier)  un postulat présent dans toutes les actions existantes de l’association, de ne pas séparer les dimension éducatives, d’apprentissage et de relations psychoaffective , dans ses actions.

Par nature,  l’ensemble des activités de l’association depuis de nombreuses années se situe à la frontière de secteurs d’action particulièrement disjoints dans l’espace social ; il s’agit des secteurs de l’éducation populaire, de l’éducation nationale et du Travail Social.

Dans cette même visée, le projet à la base de ce « Fab Lab » matérialise une avancée supplémentaire : il s’agit bien de mettre en pratique, réfléchir et théoriser des modalités d’éducation non formelle à la croisée de ces trois secteurs.

Du fait du cloisonnement existant dans le cadre de l’environnement règlementaire, professionnel et institutionnel entre ces trois secteurs, il est en effet logique qu’une action « intégrale » nécessite la mise en œuvre d’actions de formation « autonomes » prenant en compte la globalité du champ travaillé.

Modalités pratiques de mise en œuvre du projet de la structure

Du fait de la précarité et de la limitation de ses moyens, l’association ne peut développer un tel projet que dans le cadre de ses actions actuelles. Cela suppose donc de transférer la localisation de toutes ces actions dans un même local qui sera loué dans la même ville où se déroulent l’essentiel des interventions de l’association (Longjumeau), en dehors toutefois du quartier populaire grand ensemble d’intervention (aucun local disponible n’y a été trouvé à louer bien que de très nombreux espaces et locaux y soient à l’abandon).

C’est aussi dans le cadre de son budget de fonctionnement ordinaire que ce nouveau projet se développera ce qui limite considérablement les possibilités financières et obligera les promoteurs à se baser principalement sur les moyens existants.

Il faut également observer que l’engagement dans un tel projet sans moyens spécifiques obligera celui ci à se développer dans un contexte de précarité, de difficulté de se projeter dans l’avenir dont i faudra tenir compte des effets sur l’ensemble des acteurs concernés.

Projet de recherche

Sur la base d’un tel projet , la première  action de recherche consistera à suivre le développement du projet lui même te à étudier ses évolutions, ses difficultés et ses éventuelles réussites.

Pour cela, un projet de recherche sera constitué, sur les bases suivantes :

–       Constitution d’une équipe de recherche sous la direction de Laurent Ott et d’un comité de pilotage de la recherche

–       Mise en place d’un protocole de recherche à déterminer

Un chercheur associé, coresponsable de la recherche, extérieur à l’association,  extérieur et (à ce stade) bénévole est recherché.

La formulation sur sujet de recherche / action est essentielle. Il s’agit, en tout état de cause de répondre aux questions  suivante :

  1. existe t il un ensemble de besoins et de demandes , sur un territoire local donné :
    1. d’accompagnement éducatif en dehors des établissements scolaires , ce qui suppose la présence d’enfants , d’adolescents et jeunes adultes non scolarisés
    2. de formation professionnalisante non certifiante et menée à titre volontaire par un ensemble d’acteurs sociaux qui souhaitent une autre formation que celle délivrée, par les centres de formation « classiques » des secteurs de l’Education Nationale, Education Populaire, Travail Social ?
  1. Les réponses à ces besoins d’accompagnement et de formation peuvent ils trouver à s’agencer ensemble dans un même lieu, à partir des mêmes actions de formation ?

Note : il y aurait bien entendu bien d’autres questions essentielles à se poser , par exemple en ce qui concerne la réception de cette expérience par les institutions publiques, le sens donné à cette démarche, différent sans doute selon les acteurs concernés, les effets enfin des actions de formation conduites sur la représentation des pratiques et les pratiques elles mêmes. Cela devrait faire l’objet de recherches ultérieures.

Calendrier prévisionnel de la mise en œuvre de l’action de recherche

 

Premier trimestre 2015 :

Mise en place du Comité de pilotage de la recherche

Rédaction du protocole de recherche

Mise en œuvre des premières investigations

 

Second et troisième trimestre 2015 :

Investigations ; recueil des matériaux

 

Dernier trimestre 2015 :

Analyse des matériaux et diffusion des résultats

 

Lieu de la recherche : locaux de l’association, 22/24 Route de Versailles , 91160 Champlan

 

Renseignements et informations :

Association Intermèdes : http://assoc.intermedes.free.fr

Laurent Ott : 06 61 48 21 98

Août 102014
 
Prise au Gymnase Lovy à Tulle, le 9 août 2014, à l'occasion de l'atelier Contact #1, organisé par les collectifs Coping et Medication Time.

Photo : Adrien Delpeuch (Prise au Gymnase Lovy à Tulle, le 9 août 2014, à l’occasion de l’atelier « Contact » #1, organisé par les collectifs Coping et Medication Time)

 

Nous sommes un certain nombre de personnes, issues de milieux et d’univers différents, avec des vies, des centres d’intérêt et des activités parfois différents, parfois semblables. Nous sommes
travailleurs, salariés, chômeurs, étudiants, branleurs assidus à certaines heures, lutteurs acharnés à
d’autres, un peu des deux le reste du temps.
Nous avons un point commun, celui d’être tous exposés dans des mesures assez similaires à un sentiment de malaise aussi profond qu’insaisissable. Nous avons longtemps contenu ce malaise dans un champ de l’intime, dans un univers privé et particulier qui nous appartenait, comme quelque chose d’isolé et de spécifique, une manière parmi d’autres d’être au monde, une tare marginale qui nous aurait pris comme ça, un jour, comme par magie. Et puis le temps et les rencontres on fait leur travail : nous ne sommes visiblement pas seuls.
Il est stérile et dangereux de penser sa situation particulière sur un mode psychologique, d’aller chercher les réponses en soi, dans son cursus d’expériences personnelles, alors que bien souvent, nos régimes de vie, nos conditions sociales, nos ressentis ne sont que les manifestations localisées et particulières de processus et de phénomènes bien plus larges dans lesquels nous baignons sans vraiment nous en rendre compte. Il ne faut pas se condamner à la solitude péremptoire d’être des « cas ».
Notre désespoir n’est qu’une des infinies facettes d’une misère contorsionniste qui emprunte des détours et invente sans cesse des stratégies pour se faire oublier, pour se rendre impalpable et discrète.
Ce qui se passe, tout simplement, c’est que nous sommes pauvres. Nous sommes au centre d’une entreprise de dépossession généralisée : nous perdons nos moyens. Par moyens, il faut entendre moyens d’action. Nous sommes de moins en moins enclins à agir. La précarité et le chômage, comme nos parents et nos grands-parents souvent, nous enferment chez nous, nous assujettissent à des univers sociaux dont nous ne pouvons plus nous extraire, nous immobilisent, nous rendent prisonniers. Pas les moyens de bouger, d’aller voir ailleurs, pas les moyens de sortir, de s’expatrier. Nous manquons de ressources matérielles, mais aussi de ressources cognitives. Nous n’avons pas les moyens de comprendre. Les choses se complexifient, elles se font de plus en plus abstraites, impénétrables. L’information coule à flots, elle nous transperce, nous traverse, nous submerge sans qu’on en retienne le moindre sens, la moindre connaissance utile. Pleins et vides à la fois, nous sommes démunis.

Et avec la confusion, en nous s’immisce la peur. Le problème est que nous ne contrôlons plus notre environnement, son fonctionnement nous échappe. Nous sommes en situation d’errance, à tâtons dans un univers abscons dont nous avons perdu les clés, les notices, les plans.
L’incompréhension intimide, elle produit de la prostration et du renoncement. Et elle alimente les croyances. Les objets sont terrifiants parce qu’ils ont le dessus sur nous, parce qu’ils nous dépassent, parce qu’on ne parvient pas à reconstituer leur gestation, leur processus de confection et de mise au monde. Le ciel accouche d’eux. C’est ainsi qu’ils se chargent d’une aura, qu’ils deviennent des fétiches, des entités magiques, qu’ils s’animent. C’est une réconciliation progressive avec un mysticisme séculaire, une manière de marcher sur les traces de nos ancêtres, d’invoquer Dieu pour le transposer en chaque chose. Mais c’est un rapport au monde qui est aliénant, qui fait de nous de la pâte molle politique, de la chair à canons électorale, des réservoirs de bêtise à disposition d’une économie qui instrumentalise et exploite nos pulsions, notre peur, notre ignorance.
La peur isole, elle bouche les artères de la communication, de l’échange, elle bloque les voies d’accès à l’autre, elle le rend monstrueux et étranger. Elle nous pousse à nous retirer dans nos espaces privés, dans nos zones de sûreté. Nos phobies chroniques nous rendent fatalement solitaires.
Si tout le monde savait comment fonctionnent les objets dont il use mécaniquement à longueur de jours, qui les conçoit et qui les assemble, quels sont les effets périphériques des leviers qu’il enclenche et agite, quelles trajectoires empruntent les produits qui circulent au coin de sa rue avant de s’installer, innocents et vierges, dans la décor muet de son cadre de vie intime, à qui ils ont apporté la misère et qui ils ont enrichi ; si chacun savait comment ses habitudes de vie, ses réflexes, ses rituels quotidiens s’enracinent dans une histoire, qu’ils sont le produit d’une socialisation et pas un invariant culturel, un absolu, une donnée éternelle, certainement notre société produirait-elle moins de monstres terrifiants et informes, moins de racisme, moins de haine gratuite et incontrôlable.

Il est aisé d’apercevoir l’état de désemparement et de violence subie dans lequel une majeure partie de la population se trouve, dans quel misère nous sommes enlisés, au fin fond de quel trou noir nous nous débattons. Dépression, psychose et alcoolisme généralisé au programme de tout un siècle, tous profils sociaux et toutes générations confondues.
Pourtant, si ce régime de pauvreté ordinaire a la faculté d’immobiliser les individus, de diffuser la complaisance et le renoncement, de figer le monde dans un status quo de moisissure sociale et d’aliénation, il semble aussi produire des stratégies d’adaptation et de subsistance, des méthodes.

Tous les jours, nous apercevons des tentatives, des essais furtifs, des prises de risque. La pauvreté a deux visages. Elle a ce pouvoir puissant de forcer la main, de pousser à l’acte parce qu’elle ne laisse pas le choix. Bien souvent, malheureusement, cette absence de choix se traduit par une soumission totale à l’Emploi et à l’obligation de « gagner son pain ». La nécessité de vivre -« il faut bien manger »-, la récompense et le « mérite » cyniquement octroyés au travailleur pour son effort servent de justification permanente à une existence vide et misérable, à un délaissement sans trêve.
Cependant, il nous a semblé, pour l’expérimenter nous-mêmes dans une certaine mesure, que cette nécessité et cette absence de choix portaient en eux l’éventualité d’un revers moins stérile et moins ruineux, et qu’ils pouvaient même peut-être constituer le point de départ d’un parcours d’émancipation, la source d’une possible autonomie à (re)conquérir.
L’indétermination, le doute, l’instabilité nous exposent parfois à des situations nouvelles, nous poussent à nous frotter à de l’inédit, à expérimenter des gestes, à inventer des contacts. Sur le tas, par dépit. Et puis parfois, progressivement, ces contacts forcés se transforment en expéditions libres, en explorations consenties, en conquêtes délibérées.
Faute de moyens, il faut parfois en inventer, en provoquer. Par chez nous, on a vu des révolutions individuelles s’aménager sur une fin de mois difficile, sur un moteur qui serre, sur un ampli qui crame, sur des parcours refusés, des chemins interdits, des routes barrées, des autoroutes payantes et définitivement bien trop chères. On a vu des gens prendre ce pli de faire les choses eux-mêmes, de confectionner leurs propres outils, d’inventer des abris, de mettre des moyens en commun pour créer du mouvement là où il n’y en avait pas, ou pas comme ils le voulaient, on a vu des espaces s’aménager et prendre forme, des collectifs s’assembler pour réfléchir et imaginer des plans d’action, des recoins sombres prendre soudain vie, des objets et des lieux être détournés de leurs fins initiales pour accueillir des fonctions et des activités nouvelles, des granges et des sous-sols se changer en salles de concert, en ateliers, en chambres d’amis, des institutions et des machines être employées à rebrousse-poil, des stratégies opératoires se mettre en œuvre avec d’autant plus de mesure et de justesse et qu’elles naissaient dans l’urgence et la nécessité. Du véritable savoir se produire, en somme.
Une fois arrivé à bout de résistance, une fois qu’on ne peut plus fuir, qu’on est parvenu à la limite de ses propres retranchements, on est contraint d’aller au devant des choses pour les déconstruire et les démystifier, pour se les approprier. On s’émancipe de la force magique et tutélaire d’un objet dès lors que l’on s’y frotte, dès lors que l’on cesse de se complaire dans l’appréhension et l’intimidation, dès lors que l’on va à son devant pour parvenir à le comprendre, à le saisir.

Et puis l’idée nous est tout de même venue que cette audace, que cette capacité à aller au devant des choses, à se construire des espaces d’autonomie ne devait pas rester un demi-mot, quelque chose de secret et de marginal, qu’on devait à tout prix éviter d’en faire une poésie sociologiste, une esthétique abstraite, de l’étouffer dans une fausse mystique de la « résistance » ou dans la légende vaporeuse et naïve d’un peuple savant malgré lui. Parce qu’on ne changera pas nos vies en se chuchotant des histoires.
Ce sens de l’autonomie, cette disposition vitale à prendre le monde à bout de bras, nous devons en dégager des mesures d’action pragmatiques, nous devons en parler, le revendiquer ; nous devons en diffuser la conscience et l’ériger en fait absolu et définitif.
Le constat doit s’imposer que les temps changent, que nos besoins et nos outils changent, que nous avons à notre portée des moyens d’action nouveaux qu’il s’agit d’appliquer à notre mesure et à nos échelles respectives, de mettre au travail.
Nous devons nous reconstituer une audace politique, une inclinaison à entreprendre, un sens du contact.

Il ne s’agit pas d’invoquer un « bon sens » inné qui se serait assoupi en nous, une faculté « naturelle » de juger bien au premier coup d’œil, une lucidité automatique que nous aurions perdue et qu’il faudrait ranimer. Non, il n’y a pas de bon sens, rien ne va jamais de soi. Tout est à construire, tout est à aménager et c’est un travail fastidieux et de longue haleine.
Il ne s’agit pas non plus de réinventer l’école et de convoquer des précepteurs, des savants, des avertis pour dispenser un savoir, comme si le sens des choses était univoque et les réponses aux problèmes fixes et uniques. Comme si il y avait un savoir et une manière de le produire.
Il s’agit, au contraire, d’apporter des réponses spécifiques à des questions spécifiques, à des problèmes circonstanciés et localisés qui nous appartiennent, à des obstacles qui ne sont ceux de personne d’autre, et surtout des réponses qui émanent d’un travail de recherche que nous pouvons entreprendre et diriger nous-mêmes, sans se laisser dicter un emploi adéquat du monde, sans se voir imposer une histoire absolue et sacrée qu’on écrit à notre place, sans laisser notre bouche être remplie par ce flot de paroles ininterrompues qui ne font sens que pour ceux qui s’emploient à les bafouiller.
Nous sommes les seuls à pouvoir analyser proprement les situations que nous traversons, à prendre des mesures d’action sur nos vies. Nous devons devenir nos propres prescripteurs. Nous ne pouvons plus abandonner nos choix et nos actes aux savants et aux experts, aux médecins, aux sociologues, aux économistes, aux ingénieurs, aux techniciens politiques qui s’improvisent en penseurs privilégiés de nos quotidiens et qui prétendent pouvoir comprendre à notre place.

La recherche est prise dans un étau idéologique entre, d’une part, une conception économiste qui en fait l’instrument fondamental d’un productivisme et d’une croissance industrielle infinis, lové dans l’univers secret et défendu des grandes écoles et de l’ingénierie, et, d’autre part, une tradition intellectuelle qui cristallise la production de savoir dans un écrin sacralisé de « gratuité » et de désintéressement, gardé par une classe complaisante de cadres moyens, de chercheurs universitaires et de professeurs, émissaires d’une connaissance « pure » et sans autre fin qu’elle-même. Deux exercices du savoir qui, dans leur antagonisme apparent, concourent de toute manière à reproduire les structures de pouvoir en place et la répartition sociale des possibilités d’action.

Si toutes les initiatives qui ont prétendu restituer à un quelconque « Peuple » les outils et les clés de son autonomie n’ont finalement réussi qu’à s’user et à pourrir lentement ou bien à devenir des entreprises complètement opposées dans leurs actes à leurs principes initiaux, sans jamais toucher du doigt la substance réelle de la mission salvatrice sont elles s’étaient alors vaniteusement chargées, c’est que, dans cet acte même de « restitution », dans la prétention à offrir, à fournir, à administrer, elles transportaient d’emblée avec elles les relents d’un mépris masqué et l’indisposition formelle d’apprécier à sa juste valeur l’intelligence, pure et simple, de tous ces gens.
Des élans les plus sincères de l’Éducation populaire aux grossiers fétiches de la « Démocratie culturelle » éparpillés dans nos supermarchés et nos salles de classes, il n’y a guère qu’une docte ignorance qui s’est démocratisée, une disposition à déglutir sans jamais rien assimiler du contenu lourd et indigeste qu’on se voit servir sans interruption par une main maternaliste et providentielle.
La « culture populaire », concept-jouet d’un savoir édicté par des institutions dominantes et arme ultime d’une bourgeoisie facilement émue par les fables qu’elle se chuchote à elle-même, n’a jamais été la propriété de ceux qui en sont les détenteurs supposés. Cette culture de romans s’impose comme le prétexte et la justification d’une ascendance éternelle des faiseurs de rêve sur les esprits rêveurs. Et son substrat artificiel ne retombe jamais dans nos gueules asséchées que sous l’état d’une pluie de poussière insipide et informe, comme les restes d’un vieux fruit écrasé par une main trop puissante.

Nous ne sommes les propriétaires que de nos propres mots. Sans un langage qui soit le nôtre, nous sommes condamnés à être parlés par d’autres.

Vivien  (Medication Time / Coping)