Juin 132018
 

Invitation à la réunion pour la constitution d’un tiers espace de la recherche et de l’action

22 juin 17h30-19h30 – salle 412 Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord
20 av George Sand, 93210 Saint-Denis – M°12 Front populaire – RER B : La Plaine – Stade de France

L’objectif de cette réunion est de constituer un groupe pluriel identifié dans une démarche de recherche-action en rapport avec les territoires populaires qui subissent les inégalités territoriales et où s’inventent aussi de nouvelles approches du social et de l’économique. Nous appelons cet espace de travail « tiers espace », car il amène à une forme d’hybridation qui est plus que l’addition de la recherche et de l’action, mais la création d’une troisième composante originale.

Pourquoi ouvrir un espace spécifique ?

Bien que les équipes de chercheurs et d’acteurs soient de plus en plus nombreuses à se prévaloir d’une démarche de recherche-action ou d’une recherche en situation à visée transformatrice, il n’existe pas un espace référentiel permettant à ces personnes de collaborer de manière plus permanente au-delà du caractère événementiel de tel colloque ou action. Elles restent donc sectorisées dans leurs champs d’appartenance. Cet isolement nuit au changement des cadres de pensée et d’action. Il s’agit alors de favoriser une démarche transversale coopérative dans la production des savoirs en lien avec des stratégies collectives invitant les décideurs et les opérateurs à pérenniser l’expérimentation sociale. Cet espace incarne d’une certaine manière la ligne « recherche-action » présente comme axe sur la plate-forme de la MSH PN en essayant de répondre aux critères présentés ci-dessous.

Conditions pour l’ouverture d’un tiers espace de la recherche

  • Auto-saisissement : s’il existe déjà des consortiums entre chercheurs et acteurs pour répondre à des appels à projets, il est aussi important en dehors des formes institutionnelles que de « simples » citoyens comme des professionnels puissent se saisir des outils de la recherche, convoquer les compétences au service d’une proposition pour laquelle ils s’auto-missionnent alors que c’est actuellement impossible. En revanche l’espace instituant, d’un laboratoire social, par son accessibilité et son accueil inconditionnel permet à chacun de s’autoriser et de légitimer une pratique d’expertise et de production de savoirs.
  • Croisement des savoirs : il existe peu d’espaces où le savoir pragmatique de l’acteur, technicien du professionnel, scientifique du chercheur se croisent et quand c’est le cas c’est rarement de manière égalitaire, car pris dans les logiques non autonomes. Ce qui explique que la « participation » soit comprise par les principaux intéressés comme une injonction paradoxale. La production d’un savoir conjugué permettrait l’émergence d’une intelligence sociale et d‘un chercheur collectif qui seraient pourtant les plus à même de répondre à la complexité contemporaine.
  • Droit à l’expérimentation : si l’expérimentation est mise en avant dans les programmes comme méthodologie de recherche, celle-ci est difficilement généralisée comme outil de développement approprié par les acteurs. Faire entrer l’expérimentation populaire dans une logique de droit permettrait à celle-ci d’être insérée ensuite dans les politiques publiques en reconnaissant le tiers espace comme maîtrise d’œuvre validée à partir d’une maîtrise d’usage.

Mise en œuvre d’un groupe de travail

Pour mettre en œuvre concrètement ce tiers espace de la recherche de l’action, nous proposons de nous donner quelques objectifs concrets :h

  • Animation d’un atelier trans-sectoriel et transdisciplinaire
  • Rédaction d’un écrit manifeste invitant à un débat public
  • Recherche d’un espace physique pour l’accueil de ces démarches et la mise en place d’un pôle ressource

Invitent à cette réunion…

Bien que cette proposition s’inscrive dans le cadre partenarial de la MSH PN, le tiers espace que nous voulons promouvoir est susceptible d’accueillir toutes démarches en partage sur cette base coopérative posant un référentiel au-delà de son implantation territoriale. Nous appelons dans ce sens toutes les personnes et structures intéressées à participer à cette première réunion de fondation.

  • Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action (LISRA),
  • Association pour la Recherche Coopérative,
  • Alternative Pour des Projets Urbains Ici et à l’International (APPUII),
  • Le LAVUE (UMR 7218 Cnrs)
  • Association Médiation Nomade
  • Unité Mixte de Recherche Innovation
  • …. liste non exhaustive

Inscription

 

 

 

 

 Posted by at 13 h 52 min
Mai 162018
 

Atelier du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action en partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord

Jeudi 31 mai 2018 – MSH Paris Nord- 20 Avenue George Sand, 93210 Saint-Denis
Métro 12 : Front populaire (sortie n°3 Maison des Sciences de l’Homme)
RER B : La Plaine – Stade de France puis bus 139 ou 239 (arrêt Métallurgie) ou 15-20 minutes à pieds depuis le RER B

En recherche-action, il n’existe pas d’un côté des chercheurs-acteurs précaires et de l’autre des recherches avec les populations en situation de précarité. L’analyse critique des chercheurs et la capacité d’agir des acteurs sont liées. Il s’agit d’un même continuum renvoyant à la question de l’autonomie économique dans les formes de production de savoir et de transformation sociale. Durant la matinée, nous aborderons les modèles économiques des associations de recherche. L’après-midi, nous aborderons les pratiques d’économie populaire.

Le but de cette rencontre est de :

  • Dresser des transversalités dans la production des savoirs au-delà de l’analyse sectorielle des pratiques et de valoriser la dimension écosystémique de l’économie de recherche d’un « tiers espace scientifique » et écosystème d’une économie populaire comme autres aménagements et développements des territoires
  • Élaborer des stratégies collectives permettant d’inclure la recherche citoyenne et le droit à l’expérimentation sociale comme modalité de la production de savoirs et d’action publique
  • Mettre en place une plate-forme ressource permettant d’assurer une collecte et un partage sur les travaux de recherche et sur les initiatives, projets et mobilisations touchant les populations et les problématiques concernées.

Nombre de places limitées, inscription obligatoire sur :
http://recherche-action.fr/emancipation-transformation/inscription/
Expérience en recherche-action conseillée, l’atelier sera basé sur l’expérience de chacun et une implication dans le processus collectif

Matinée 9h30-12h30 (salle 414) :les modèles économiques des associations de recherche

Animation / intervention Élodie Ros et Paul-Emile Geoffroy : Financer et organiser la recherche autrement : actualité de la recherche coopérative

Présentation : Nous proposerons successivement d’étudier les solutions de financement et d’organisation déployées par divers acteurs associatifs ou coopératifs en France afin d’étudier la possibilité pour les praticiens de la recherche-action de se diriger vers de tels modèles ou d’élaborer un modèle alternatif, ou hybride. Il sera notamment question des coopératives éphémères, du crédit impôt recherche et des sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC). La présentation se basera sur une enquête menée auprès d’une dizaine de structures de recherche relevant de l’économie sociale et solidaire.

Repas « Auberge espagnole » (salle 413)

Chacun apporte quelque chose en partage pour le repas

Après-midi 14h-17h (salle 413) : Pratiques de l’économie populaire

Animation : Jeann Guien, Élise Havard dit Duclos

Présentation :Cet atelier propose de croiser, grâce à la rencontre de chercheur.e.s-acteur.e.s et des principaux intéressés, différentes pratiques d’économie populaire dans l’espace public. Invisibilisés et trop souvent individualisés par une gestion publique spatiale et superficielle, les vendeur.e.s ambulants, biffin.e.s ou mécanicien.ne.s de rue développent des systèmes socioéconomiques d’échanges inscrits dans la réalité des ressources et des besoins d’un territoire. Loin d’une simple économie de la survie, ces formes d’économie populaire s’inscrivent dans des réseaux structurés, dans une maîtrise d’usage individuelle et collective et dans des formes d’organisation innovantes qui dépassent les cadres institutionnels. Cette rencontre s’inscrit donc dans la volonté de partager ces différents savoirs pratiques et théoriques afin d’explorer les différentes pistes d’expérimentation en termes de reconnaissance de ces formes alternatives de travail et d’une possible formalisation.

Interventions

  • Étude avec les biffins récupérateurs-vendeurs, le marché de Montreuil (Élise Havard dit Duclos)
  • Les vendeurs ambulants du parvis de la Gare à Saint-Denis, l’informalité comme illégalisme ou comme écosystème ? (Emmanuelle Zelez accompagnée de Gabrièle, Mariam, Momo)
  • Les ateliers mécaniques de rues (Sébastien Jacquot)
  • Quand des initiatives citoyennes font économie populaire pour transformer l’Ariane, quartier Nord de Nice : récupération, friperie, échanges de savoirs, jardin partagé … » (Christophe Giroguy)

 

 Posted by at 12 h 22 min
Avr 052018
 

Présentation de la démarche en laboratoire social

Le Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action est actuellement composé d’une trentaine d’acteurs-chercheurs et de chercheurs-acteurs porteurs d’expérimentations sociales dans différentes régions (principalement : Pays de la Loire, Rhône-Alpes, Limousin, Île-de-France, PACA)

Il s’est constitué progressivement à partir des années 2000 dans la rencontre avec ces acteurs désireux d’ouvrir un espace de réflexivité à partir de leur vécu, de prendre leur propre expérience comme matériau de recherche afin de dégager de nouvelles perspectives dans leur rapport au travail, au territoire, aux modes de gouvernance. Ils sont en cela symptomatiques d’une transition de la société à la recherche d’alternatives au modèle de développement et d’engagement social.

La singularité de notre approche derrière la notion de « labo social » est de mettre ces acteurs en position de commanditaires de la recherche, renversant ainsi la proposition leur permettant de n’être pas objets, mais bien sujets de la recherche.

Les opportunités de mise en place d’un laboratoire social sont variées. Il n’émerge pas d’une commande qui vient du haut vers le bas, mais d’une mise en situation collective autour d’une pratique, d’un enjeu, d’une lutte. Ce sont des espaces « instituants » puisqu’ils créent leurs propres normes pour définir leur cadre d’expérience.
Nous cherchons à ce que ces espaces de nature précaire et éphémère s’inscrivent dans une certaine pérennité avec quelques soutiens en provoquant des interfaces avec le milieu institutionnel, notamment à travers des recherches collaboratives (lieu de croisement entre différents acteurs et partenaires de la recherche). L’espace interstitiel n’a donc pas pour vocation de rester en marge, mais de s’inscrire au centre d’une analyse des structures elles-mêmes qu’il s’agisse d’opérateurs comme les structures socioculturelles et d’éducation populaire, de laboratoire universitaire ou des pouvoirs publics. Ce rôle d’interface vise à instaurer un lieu de croisement des savoirs, de rencontres humaines et de légitimation des processus de recherche-action en invitant tous les acteurs concernés à développer une analyse critique des rapports sociaux dans lesquels ils s’inscrivent. C’est ainsi que nous développons actuellement des partenariats avec l’INJEP et la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord.

Le passage du LISRA au statut association 1901 après une décennie de travail en réseau interrégional correspond à cette volonté de poser des passerelles tout en gardant la spécificité d’une approche horizontale décentralisée où chaque acteur-chercheur constitue un point nodal d’accueil, de propositions et de construction. Bien souvent cet acteur-chercheur est lui-même responsable associatif et animateur d’un réseau sur son territoire.

1. Valoriser et légitimer la posture d’acteur chercheur

Nous essayons de faire en sorte que les acteurs trouvent les moyens et la liberté d’ouvrir là où ils sont dans leur cadre professionnel ou militant l’espace d’une réflexivité. Nous avons créé depuis 2002 une plate-forme ressources www.recherche–action.fr incitant à une mise en écriture de ces récits individuels et collectifs. Bien que l’écriture ne soit pas le seul support, elle reste le moyen privilégié pour nourrir ce processus qui se concrétise par des ateliers de recherche-action sur les lieux d’engagement. À côté des plates-formes numériques, nous publions également régulièrement dans des revues sociales ou scientifiques. Nous utilisons tous les supports qui facilitent un travail réflexif et une mise en dialogue entre les expériences. Nous pourrions ainsi parler d’une science de la reliance.

Acteur-chercheur n’étant ni une profession ni un statut, il s’agit de négocier en permanence des espaces qui peuvent jouer le rôle d’interface et valider ces processus et les compétences mobilisées en situation dans des milieux socioprofessionnels qui n’obéissent aux mêmes spatialités et temporalités. Cette interface prend le plus souvent la forme de collectifs autour de problématiques communes et parfois de programme de recherche-action négociés avec les institutions.

Le but est que cette confiance et cette légitimité acquise par les acteurs-chercheurs leur donnent autorité pour négocier au sein de leur engagement socioprofessionnel des espaces de recherche-action invitant leur structure à entrer dans ce processus réflexif et de transformation sociale.

2. Dégager des problématiques susceptibles de poser de nouveaux référentiels sur les mutations actuelles

Tout comme la notion de laboratoire social, les notions de tiers espace, d’espace intermédiaire et d’économie populaire font partie des problématiques forgées dans le creuset des processus de recherche-action. Si ces notions sont reprises par une « classe créative », nous pensons de notre côté que ce sont les classes les plus démunies et ceux qui sont hors système qui sont le plus porteurs d’une créativité amenant à des solutions alternatives profitables pour tous en termes de recherche et développement. Nous sommes vigilants dans ce sens à ce que les plus concernés soient bien au cœur comme co-auteurs du processus.
La production de référentiels communs se vérifie lorsque des acteurs de telle ou telle région que nous ne connaissons pas nous sollicitent parce qu’ils trouvent un lien avec leur propre expérience dans les savoirs issus de la recherche-action. Ils peuvent ainsi utiliser leurs propres mots, construire leur propre vocabulaire, qualifier ou requalifier leurs acquis d’expérience. Il n’y a pas ici d’opposition entre le « local » et le « global » mais transposition par ramification autour de savoirs et de référentiels communs.

Cette manière de procéder en laboratoire social facilite le croisement et la rencontre de profils sociaux et professionnels très différents : diplômés et sans diplôme, ruraux ou urbains, salariés ou indépendants précaires de milieux professionnels variés (artistes, travailleurs sociaux, architectes, animateurs de l’éducation populaire, militants en collectif et autres acteurs non affiliés). Les espaces qui accueillent une telle diversité ne sont pas si fréquents, et cette dimension trans-sectorielle et trans-disciplinaire facilite une approche en termes d’écosystème et de complexité au plus proche de la réalité de la vie sociale contemporaine.

3. Placer la recherche en sciences sociales au cœur de la société comme un des modes d’engagement citoyen

Les savoirs techniciens sectoriels propres aux champs professionnels, académiques ou universitaires ont, par leur approche disciplinaire, du mal à aborder la complexité des situations que nous évoquons, par le fait même de leur division verticale et des enjeux catégoriels internes aux institutions qui les portent.

Nous n’opposons pas ces savoirs, mais cherchons plutôt à les croiser avec le savoir issu des pratiques sociales en indiquant à travers la dimension de laboratoire social que les praticiens de la recherche-action sont eux aussi en mesure de produire un savoir de type scientifique même s’ils n’empruntent pas la voie académique. Peuvent ainsi se croiser de manière fructueuse différentes logiques comme la logique hypothético-déductive (construire son objet pour vérifier ces « hypothèses » sur un terrain) et inductive partant des situations d’implication pour ensuite faciliter une montée en généralité par une problématisation.

Nous avons été amenés à développer dans ce sens des partenariats de recherche avec le groupe « Croisement des savoirs avec les personnes en situation de pauvreté » animé par le mouvement ATD Quart-Monde en partenariat avec le CNAM, le CNRS, le GIS « Démocratie et Participation ». Nous essayons également de créer une plate-forme pour une recherche citoyenne avec les équipes de la MSH Paris Nord, l’INJEP et l’Alliance Sciences Société (ALLISS).

Cependant, bien que les notions de recherche participative, d’empowerment et de community organizing soient reprises aujourd’hui dans le lexique de l’action, parfois comme synonymes de la recherche-action, il existe toujours un fossé abyssal dans la prise en compte des pratiques sociales, notamment dans les territoires délaissés ou « sans emprise ». La mobilisation des ressources de ces acteurs comme production de savoirs si elle n’est pas reconnue, réduit la possibilité de se constituer comme minorités actives, contre-pouvoirs et contre-expertises.

Les principaux champs d’engagement de notre recherche-action

Tous les champs d’implication humaine sont susceptibles d’accueillir un dispositif en laboratoire social. Nous regroupons ici quelques problématiques transversales qui ont constitué des terreaux d’expérimentation.

1. Croisement avec le champ culturel : la créativité populaire

Le travail de la culture est un processus d’émancipation et de transformation structurant en recherche-action. Il ouvre des espaces d’hybridation. Ce n’est donc pas un hasard si des acteurs culturels et artistiques ont contribué fortement à l’expérimentation comme ceux de la culture hip-hop et d’autres pratiques urbaines. Nous avons ainsi participé à une université populaire des cultures urbaines avec l’association Métissage (banlieue parisienne) ou la mise en réflexivité d’un réseau d’acteurs autour de la question des lieux culturels.

À travers les organisations en réseau, il s’agit de légitimer la production de savoirs une « pensée politique de la culture » susceptible d’influencer les politiques publiques. C’est en cela que nous rejoignons et accompagnons des dispositifs à la croisée de l’éducation populaire et de l’action culturelle comme les ateliers résidences : atelier d’écriture de Peuple et Culture à Montpellier, atelier artistique dans les foyers d’Emmaüs, atelier résidences dans les quartiers populaires à Strasbourg, Bordeaux, Amiens, Dunkerque… Rôle de la culture avec les centres sociaux et culturels de Gironde, etc.. Ces recherches-actions interrogent aussi bien les notions de lieux interstitiels comme les friches et les squats, l’instauration de modes de création et de diffusion indépendants renforçant le positon de co-auteur des acteurs, les logiques de développement culturel aussi bien dans les zones à forte densité urbaine comme la Goutte d’Or à Paris que dans la chaîne montagneuse de Belledonne entre Grenoble et Chambéry[2]…

2. Croisement avec le champ de l’éducation populaire : les espaces intermédiaires de l’existence

Les outils de la recherche-action en laboratoire social sont particulièrement pertinents pour mettre en visibilité les trames d’expérience dont les parcours de vie échappent à la validation ou à la codification institutionnelle du milieu des études ou du travail. Le LISRA n’est pas un réseau de projets ou de structures, c’est d’abord cette trame qui s’est tissée dans les espaces de rencontre que nous appelons « tiers espaces ». Un programme appelé « Les enjeux d’une recherche-action situationnelle » en partenariat avec l’Injep de 2002 à 2006 a permis de mettre en récit cette expérience collective et a été édité en 2005 dans un dossier de la revue des Cahiers de l’Action. Il s’est poursuivi par de 2007 à 2009 le programme « Nouvelles professionnalités des acteurs populaires associatifs, les espaces intermédiaires d’innovation sociale » toujours en partenariat avec l’Injep et aussi l’Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Égalité des Chances. Il continua en 2010 et 2011 sous l’intitulé « Pratiques des espaces et innovation sociale » en partenariat cette fois-ci avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord.

Nous préfigurions dès le début des années 2000 dans une société en mutation la nécessité de reconnaître des « espaces intermédiaires de l’existence » qui questionnent notre rapport au travail et repositionne notre implication socioprofessionnelle. Nous disions également que c’est dans la pratique d’espaces « interstitiels » ou de « tiers espaces » que se dégage une force « instituante » amenant à penser la réalité autrement et par conséquent agir sur elle : structurer et reconfigurer nos manières de faire collectif, de faire territoire, partager et gérer des ressources du commun, développer une analyse critique des rapports sociaux et de concevoir autrement un développement, etc.

Nous poursuivons toujours aujourd’hui l’exploration de ces espaces qui pour certains ont pris le label « tiers lieux », tandis que d’autres préfèrent garder leur indépendance vis-à-vis de ces formes de catégorisation en s’affirmant dans une logique de tiers espace comme la « Chimère citoyenne » à Grenoble, ou le lieu de « L’Utopie » dans les quartiers nord de Nice, ou encore se croisent avec des mouvements comme celui de la pédagogie sociale portée par l’association Intermèdes en milieu ouvert aux pieds des immeubles ou dans les bidonvilles Roms dans la région parisienne. L’organisation d’un forum à la MSH Paris Nord en octobre 2017 sur « les espaces d’émancipation collective et de transformation sociale » regroupant une quinzaine d’expériences autour du réseau recherche-action alimentera un nouveau numéro des Cahiers de l’action de l’Injep bouclant ainsi ce cycle d’une quinzaine d’années.

3. Croisement avec le champ socio-économique : l’économie populaire et les modèles économiques alternatifs

La question du rapport au travail et des alternatives économiques dans ces espaces de créativité populaire confrontée à la précarité est devenue une préoccupation centrale dans nos démarches en recherche-action. Cette question porte à la fois sur le domaine d’un développement endogène des territoires et sur les modèles économiques de structuration des acteurs.

C’est ainsi que nous développons depuis quatre ans une recherche-action autour des récupérateurs vendeurs de rue que nous élargissons à travers un collectif appelé « Rues Marchandes » à d’autres pratiques d’une économie qui ne se limite pas à la survie, mais pose la question de la mobilisation des acteurs puisant dans les ressources d’un territoire pour répondre par des services aux besoins du territoire. Nous appelons ce développement endogène « économie populaire », une notion très peu développée dans les pays du Nord, mais beaucoup plus avancée en termes de réflexion et d’expérimentation dans les pays du Sud, notamment en Amérique latine. Nous aimerions ainsi expérimenter le principe de « clusters populaires » qui questionnent selon une autre cohérence partant du « bas », d’une maîtrise d’usage vers une maîtrise d’ouvrage, le domaine de l’économie sociale, de l’entreprenariat social ou de l’innovation sociale.

De même nous interrogeons suivant le même procédé les logiques d’auto-formation et d’auto-fabrication de production des savoirs et des modèles économiques qui en sont porteurs (associations, coopératives d’activités, communalisme, etc.) et allons organiser en mai 2018 un atelier de recherche-action à la Maison des Sciences de l’Homme sur ce thème. Cela rejoint la préoccupation de nombreux acteurs-chercheurs dont certains sont engagés dans des études supérieures de ne pas opter pour une carrière catégorielle classique, mais de s’inscrire dans une démarche de recherche-action utile à la société tout en trouvant un modèle économique indépendant des logiques institutionnelles ou productivistes marchandes.

Laboratoire social au croisement des savoirs
Laboratoire social au croisement des savoirs
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Sep 192017
 

Lundi 16 octobre de 9h à 13h
à l’auditorium de la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord

20 av George Sand 93210 St-Denis la Plaine
RER B La Plaine – Stade de France – M° 12 Front populaire

Les acteurs-chercheurs en réseau avec le Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action sont heureux de vous inviter à un forum public pour partager leurs expériences. Ce forum sera organisé en partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord et l’Institut National de la Jeunesse et l’Éducation Populaire.

Le but de cette rencontre est de permettre aux différents acteurs d’une recherche-action de documenter et de légitimer la posture d’’acteur-chercheur, de valider leur expérience, de dégager leurs propres référentiels en tant qu’outils d’expertise et d’évaluation répondants aux besoins sociétaux.

Le croisement de ces expériences et de ces réflexions alimentera un numéro de la revue « Cahiers de l’Action » de l’INJEP (à paraître au deuxième semestre 2018). Il visera également à ouvrir une réflexion future sur livre blanc des sciences participatives (Prendre au sérieux la société de la connaissance », Alliss, Sciences Sociétés) à la MSH Paris Nord.

 

9h Accueil

9h30 introduction sur la démarche en recherche-action à travers les espaces d’émancipation et de transformation

Quelles sont les conditions d’une autonomie de pensée et d’action? Quelles méthodes validation et valorisation adopter pour que les recherches-actions et les sciences dites « participatives » contribuent effectivement aux processus d’émancipation et de transformation ?
Avec Alain Bertho, MSH – Emmanuel Porte, INJEP – Hugues Bazin, LISRA

10h-13h forum

Les expériences relatées émergent en décalage par rapport aux structures instituées, dans des zones plus ou moins délaissées ou sans emprise, où les acteurs-chercheurs construisent leurs propres référentiels d’analyse et dispositifs d’action, à travers une pratique des espaces. Que nous disent ces expériences ? De quelles mutations, transitions, métamorphoses sont-elles le signe ? Légitimer ces espaces comme autant de laboratoires citoyens d’un processus d’émancipation collective et de transformation sociale est un enjeu que pose ce forum, qui se conçoit alors lui-même comme l’expérimentation d’un espace de partage en recherche-action.

Un autre rapport au travail qui nous travaille

Comment une pratique en « tiers espaces » permet d’interroger notre rapport au travail, les modèles entrepreneuriaux et économiques ?

  • Éducation populaire et action syndicale : S’apprendre, se reconnaître, se décaler (Anne MEYER)
  • Faire des trucs d’Atelier : beaucoup avec pas grand-chose (Anton)
  • Dénouer le travail. L’expérience du Cycle Travail comme autoformation collective (Nicolas Guerrier)
  • Les économies populaires au croisement des savoirs Les ateliers biffins : le programme de recherche-action « Rues Marchandes » (Jeanne Guien, Maëlle Cappello)
  • Passer de l’environnement au milieu, la question de la transformation du rapport à l’espace en Pédagogie sociale (Laurent Ott).

Un autre rapport au territoire qui transforme

Comment le territoire peut-il se transformer en termes d’aménagement et d’écodéveloppement à partir de ses propres ressources d’une pratique au rez-de-chaussée des villes et des campagnes ?

  • De l’imaginaire au réel, lien entre tiers-espace, collectifs et territoire (Christine Balaï)
  • Habiter autrement : des squats comme leçon d’architecture (Arthur Bel)
  • Lieux numériques : entre pratiques populaires et réappropriation locale des technologies, (julien Bellanger)
  • Du bidonville au lieu de vie. La requalification de l’espace à travers les arts politiques et l’éducation populaire (Victoria Zorraquin).
  • Un centre socioculturel embarqué sur une péniche, singularités de l’espace fluvial (Éric Sapin)

Un autre rapport à l’espace qui émancipe

En quoi la pratique de ces espaces sans lieu et sans projet, basés sur l’accueil inconditionnel et la prise en compte de l’environnement, fabrique une culture commune et un cadre autonome de pensée et d’action ?

  • Debout Education Populaire : la fabrique sur la place publique d’un tiers espace dédié au partage des savoirs, au développement de l’esprit critique et la culture du commun – (Camille Arnodin)
  • La chimère citoyenne, Espace ouvert à tous, qui ne propose rien et où tout est possible (Élisabeth Sénégas, Marie Françoise Gondol)
  • Des Tiers-Espaces d’émancipation par l’action (Christophe Giroguy et le collectif des UtopienNEs )
  • « La nuit nous appartient », médiation nomade dans les quartiers populaires (Lakdar Kherfi)
  • Système Bulle. Architecture gonflable et pratiques urbaines expérimentales et engagées. (Simon Cobigo)

 

14h30-18h Atelier de recherche-action

Le forum sera suivi l’après-midi d’un atelier interne au réseau recherche-action qui portera sur les perspectives de cette mise en dialogue d’expériences en termes méthodologiques et stratégiques. Si vous êtes vous-même inscrit dans une démarche recherche-action, il est possible d’y participer sur demande motivée dans la limite des places disponibles, inscription sur le site

télécharger l‘invitation au format PDF.

 Posted by at 23 h 11 min
Nov 232016
 

Cet appel émane d’un séminaire sur « l’épistémologie des recherches participatives et en croisement des savoirs avec des personnes en situation de pauvreté1 ».

L’objectif était de confronter les questions et méthodes portées par différentes équipes ayant réalisé des recherches participatives et en croisement des savoirs 2, afin d’analyser leur validité, leur rigueur et leur pertinence, et donc leur valeur, d’en montrer les enjeux pour la recherche scientifique, la formation universitaire et professionnelle, les interventions sociales et la lutte contre la pauvreté. Continue reading »

 Posted by at 11 h 23 min
Nov 112016
 

Recherches collaboratives, participatives, contributives, impliquées… : si le vocabulaire n’est pas vraiment fixé, les expériences se multiplient, donnant une nouvelle jeunesse aux recherches-actions.

Souvent mal reconnues au regard des critères académiques, ces démarches répondent à un double besoin : celui des chercheurs et celui des acteurs. D’un côté, les disciplines constituées éprouvent leurs limites face aux situations contemporaines, leurs enjeux démocratiques, et face à l’émergence de nouveaux objets. Elles cherchent à les dépasser par l’interdisciplinarité et la mobilisation de partenaires non académiques. De l’autre, les acteurs sociaux, économiques, politiques, institutionnels sont en demande d’un éclairage savant qui intègre et prenne en compte leur propres problématiques et objectifs. Les limites contemporaines de l’institution sont également en jeu : limites avouées dans la capacité à penser des situations, limites dans la capacité à décider et à faire ; limite dans la capacité de représentation politique.

161129_msh

 

Lieu et inscription

MSH Paris Nord – 20 avenue George Sand – 93210 La Plaine Saint-Denis
Métro Ligne 12 – Terminus station Front Populaire, RER B La Plaine – Stade de France

Inscription obligatoire

Programme

9h ouverture par Alain BERTHO

1. Pourquoi de nouveaux paradigmes de recherche ?

Quel contexte politique, social, technologique ? Quels impensés du monde actuel ?

  • Bernard STIEGLER > IRI, université de Compiègne > Disrupion et recherche contributive
  • Sylvain LAZARUS > université Paris 8 > Aujourd’hui, que faire dans le travail d’enquête de l’hypothèse d’une capacité politique des gens ?
  • Marion CARREL > université Lille 3 > Vers une épistémologie post-pauvreté ? Les enjeux du croisement des savoirs entre personnes en situation de pauvreté, praticien.ne.s et chercheur.e.s chez ATD Quart Monde

10h30-11h pause café

2. Les chercheurs interpellés : par qui et pour quoi ?

Qui est prescripteur ? (La puissance publique ? Une entreprise ? Un collectif militant ? Les intéressés eux-mêmes ?) Quels sont les besoins ? Quels vides remplissent-ils ?

  • Hugues BAZIN > LISRA > Quand la commande vient d’ « en-bas » : le principe de laboratoire social au prisme d’une recherche-action avec les récupérateurs vendeurs
  • Patrick BRAOUEZEC  > Président de Plaine Commune > Territoire et recherche-action : une coopération à consolider.
  • Marc LIPINSKI > CNRS >10 ans de partenariats institutions – citoyens pour la recherche et l’innovation (Picri) et après ?

12h30 -14h repas

3. Quels formats de recherche i pour quelles finalités ?

Quelles collaborations ? Pour quels savoirs ? Produit-on du commun ou des usages disjoints ? Quelle finalité critique ou politique de la démarche ? Quels effets sur les disciplines et sur l’action collective ?

  • Francine SAILLANT > université Laval > La recherche dans les milieux communautaires au Québec : jeux de normes et d’éthique
  • Hugues BAZIN / Mélanie DUCLOS / Véronique POUPARD > Plaine Commune > Expérimenter les rues marchandes comme démarche de recherche-action avec les biffins sur Plaine Commune ?
  • Pascal NICOLAS LE STRAT > université Paris 8 > Faire commun en recherche

15h-15h30 pause

  • Jean Michel FOURNIAU > Iffstar > Excellence scientifique et pertinence sociale : deux critères indépendants dans l’évaluation des sciences participatives
  • Mathieu VALDENAIRE > FEJ > Quelles recherches-expérimentations soutenues par le Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse ? Quelle capitalisation ?
  • Agnès DEBOULET > Université Paris 8 > Co-produire du savoir et de l’action : enjeux internationaux des formats coopératifs en milieu urbain (après Habitat III)

Conclusion des discutants de la première partie de la matinée

17h Cocktail

 

 Posted by at 20 h 20 min
Oct 032014
 

Nous avons le plaisir de vous confirmer le séminaire des Fabriques de sociologie du samedi 8 novembre 2014.Ce
séminaire se tiendra désormais un samedi par trimestre.

Le séminaire est centré sur les enjeux épistémologiques, méthodologiques et politiques de nos pratiques de recherche – des pratiques de portée tout à la fois critique (transformation sociale, émancipation…) et contributive (pouvoir d’agir, constitution du commun…). Nous souhaitons reparcourir et réinterpeller collectivement ces enjeux avec l’ambition de mieux les « fonder ». Même si le séminaire porte centralement sur l’engagement de la recherche, il n’est évidemment pas réservé aux seuls chercheur-euse-s.

La séance du 8 novembre se déroulera à l’Université Paris 8,  Saint-Denis, bâtiment C. Salle C022.

Nous vous invitons à consulter la page du séminaire. Nous l’actualiserons régulièrement d’ici la rencontre du 8 novembre

Le « programme » de la journée  :

  • 9h00 : accueil – Ouverture : Martine Bodineau (Université Paris 8), Pascal Nicolas-Le Strat (Université Montpellier 3)
  • 9h30 : « Pratiquer une recherche de plein air (ou de plein vent) », Pascal Nicolas-Le Strat (site de recherche personnel)
  • 10h30 : Expérience du collectif Carton plein à Saint-Etienne
  • Vers 12h : Table commune. Chacun apporte son pique-nique et partage. Pour éviter le gaspillage des gobelets, assiettes et couverts en plastique, nous vous invitons à vous munir de vos couverts.
  • 14h00 : Ateliers par « affinité de questionnement ». Ces ateliers pourront se poursuivre d’un séminaire à l’autre. Vous pouvez m’adresser vos propositions d’atelier et je les mettrai en ligne sur le site www.les-seminaires.eu. Dès à présent, Sylvain Picard propose un atelier
    sur les « Ecritures collectives » (son mail). Ces ateliers peuvent être aussi le cadre de préparation d’une séance ultérieure du séminaire
  • 15h45 : « Une courte introduction à l’analyse institutionnelle, à ses enjeux et ses possibles », par *Valentin Schaepelynck *(Université Paris 8)
  • 17h30 : le mot fin

Au plaisir de vous y retrouver. Merci de nous confirmer votre présence (pour des raisons de logistique)

Contact : Pascal Nicolas-Le Strat

 Posted by at 13 h 53 min
Déc 252013
 

Séminaire « Pratiques des espaces et innovation sociale dans le cadre de l’axe « Penser la ville contemporaine » animé par Alain Bertho, projets soutenus par la MSH Paris Nord à l’issue de son appel à projets 2009

Ce programme 2010-2011 a eu pour ambition la constitution d’un réseau de chercheurs et d’experts autour de l’analyse des actions « micro », développées en marge du tissu urbain. La ville est en effet striée d’espaces vacants ou incertains, qui nécessitent une nouvelle façon d’aborder l’espace urbain qui ne se résume pas à la seule description de ses composantes. Il s’agira donc de s’interroger sur l’agir urbain, en tant qu’il participe à un mouvement d’innovation et de transformations sociales, ce qui implique de poser différemment les problématiques de la ville contemporaine, car, à travers la question urbaine, la vie et le vivant deviennent les enjeux de luttes politiques et de stratégies économiques nouvelles.

Résumé

L’agir urbain est un de ces modes d’exploration et d’expérimentation de nouveaux espaces sociaux. En quoi participe-t-il à mouvement d’innovation et de transformation sociale ? Existe-t-il une continuité entre ces formes émergentes en situation non pas seulement comme ensemble de micro-réalisations locales mais comme processus transversal structurant les espaces urbains et socio-économiques ? Il s’agit de croiser les dynamiques intersectorielles qui témoignent de l’émergence de cet «agir» dans la façon de résoudre des problèmes sociaux et d’explorer les modalités de diffusion des nouvelles pratiques et compétences transversales. Deux problématiques principales articuleront les expérimentations suivies :  Pratique de l’interstice, effet de bordure et éco-développement et espaces intermédiaires socioprofessionnels comme forme d’innovation sociale.

Séminaire 2010

Réalisation de deux séminaires interdisciplinaires autour de la problématique transversale « Pratiques des espaces et innovation sociale. Ces séminaires sont conçus comme des ateliers publics de recherche-action. Ils proposent d’explorer les espaces, leurs pratiques et leurs conséquences en termes de transformation sociale à partir du travail réflexif d’acteurs-chercheurs exposants et dialoguant autour de leurs expérimentations. Selon une démarche de recherche-action, ces expérimentations constituent des laboratoires sociaux que nous accompagnons dans une production de connaissances. Dans ce cadre processuel, les séminaires répondent à trois objectifs :
–    Servir de référentiel public comme dispositif de recherche-action appropriable par tous, 30-40 personnes participent aux séminaires, elles viennent de différents horizons disciplinaires (internes et externes au réseau recherche-action)
–    Accompagner les porteurs d’expérimentations dans leur outillage méthodologique et théorique, cet accompagnement par l’autoformation est basé sur un échange entre intervenants « discutants » qui sont des personnes apportant leurs compétences à partir de leur champ socioprofessionnel et affinant avec les porteurs d’expérimentation leur vocabulaire conceptuel.
–    Produire des connaissances sur la problématique « pratiques des espaces et innovation sociale ». Nous abordons un champ transversal aux sciences humaines et sociales relativement peu développé de cette manière. Cette production de connaissance porte donc des enjeux scientifiques autant sur un plan épistémologique (posture de l’acteur-chercheur et de la recherche-action), méthodologique (approche expérimentale situationnelle ou « laboratoire social ») que sur le plan problématique (agir urbain comme pratique des espaces).

— Le premier séminaire du 21 mai a abordé l’implication d’acteurs-chercheurs en laboratoire social : « Les situations d’atelier : un écosystème ? », « Pratiques créatives de l’espace public », « Vers une transformation sociale, espaces d’autoformation par la recherche-action » « L’espace hybride de l’Echomusée Goutte d’or, un autre rapport au territoire ». Ces interventions ont été discutées avec Georges Goyet, chercheur associé à l’Institut National du Développement Local, association plateforme de projets/initiatives « Cré Agir » et de Christian Maurel, sociologue, ancien Professeur associé à l’Université de Provence (Aix-Marseille 1), cofondateur du collectif national « Éducation Populaire et Transformation sociale ». Les actes sont disponibles en téléchargement.

— Le second séminaire aborde la problématique « Investir des espaces pour créer : la qualité d’auteur à travers de nouvelles pratiques de maîtrise d’usage, d’œuvre collective, de culture libre, d’expertise citoyenne… ». Il se base sur les expérimentations suivantes : « Correspondances citoyennes – Les migrations au cœur de la construction européenne », « Reterritorialiser nos actions : espace ouvert d’un laboratoire social en quartier populaire », (Ris-Orangis – 91), « Open- Atelier : espace d’échanges, autour de la culture numérique Libre » (Nantes-44), « Investir des espaces « obliques », entre les notions d’auteur et de collectif, quelles difficultés et quelles sources de savoir ? (Isère-38), « Entre espace commun et espace public, quelle qualification des usages et usagers » Agen-47).

Les séminaires participent au développement du programme comme élément modulaire entre les différents terrains (laboratoire social, atelier régional de recherche-action) et les formes de restitution et diffusion de la connaissance (voir section c). Plusieurs régions ont été concernées comme terrain d’expérimentation et mise en place d’atelier de recherche-action : Pays de la Loire, Limousin, île de France…
Nous poursuivons et étendrons ce travail de recherche-action en relation avec le suivi d’expérimentations (laboratoires sociaux) et le soutien au développement d’un réseau inter-régional d’acteurs-chercheurs.

Ce travail sera valorisé pas deux autres séminaires. Parmi les problématiques envisageables (à confirmer) : « les plis du social comme rapport espace-temps, proximité-distance, local-global », « l’innovation sociale et l’entrepreneuriat social comme formes de la recherche appliquée ».

c) Les actions de diffusion et de valorisation des résultats envisagées (publications, colloques…) :
–    Réalisation d’un site internet du programme mise à jour régulièrement : http://espaces-innovation.recherche-action.fr,
–    Édition électronique des actes des séminaires en ligne sur le site du programme,
–    Rapport final de recherche à partir des actes des séminaires, pouvant être repris sous la forme d’un ouvrage collectif.
–    Réalisation (conditionnée à des moyens complémentaires) d’un forum de l’innovation sociale (ou colloque) reprenant l’ensemble des problématiques

Téléchargement des actes :

 Posted by at 21 h 58 min