Comment répondre à la complexité des situations contemporaines ?
La recherche-action est une science de la complexité parce que les situations humaines sont complexes, ce qui ne veut pas dire que son abord est compliqué. Les acteurs sur le terrain posent naturellement une cohérence dans leur manière d’appréhender leurs situations de vie. Ils les abordent globalement (holisme) et adoptent logiquement cette approche des systèmes dynamiques (systémique). La complexité qualifie donc la manière dont nous considérons les situations humaines
Penser que la résolution des problèmes passe par leur simplification conduit bien souvent à une impasse. Dans ce sens, la recherche-action s’oppose à la parcellisation des actions et des savoirs, à l’ordre hiérarchique des compétences, à la verticalité des programmes et à la linéarité des projets.
En d’autres termes plus savants, la démarche holistique s’oppose à la démarche analytique classique qui sépare les éléments d’une situation, nous estimons que la connaissance des situations implique une compréhension globale qui s’affine progressivement par approximations (série d’évaluations approchées) et expérimentations.
Les modes habituels de conception (séparation action/recherche), d’organisation (séparation en disciplines), de financement (séparation en champs d’activité) provoquent des cassures, des « chaînons manquants » dans les processus* de production de connaissance et de transformation sociale. Car bien souvent toutes les ressources sont monopolisées pour résoudre les problèmes générés par la sectorisation institutionnelle plutôt que de s’attacher aux réels problèmes que nous renvoient les situations socioprofessionnelles.
La recherche-action peut se comprendre ici comme une « science radicale », non dans un aspect militant ou comme opposition bornée aux appareils institutionnels ; c’est une radicalité scientifique dans le sens où la prise en compte de la complexité exige dans notre manière de penser et d’agir une rupture autant sur le plan de la production de connaissance (épistémologie*) que de l’existence.
Cette « intelligence des situations* » n’hésite pas à s’appuyer sur des dynamiques habituellement considérées comme « non-construites » parce que non ordonnées : organisation non formelle, système du chaos, zones de conflits, etc. Ce sont des principes fondamentaux de la vie, du mouvement et de la démocratie. Non seulement cela n’est pas négatif, mais cela peut être considéré comme un exercice à la citoyenneté, à la régulation des rapports sociaux et à une refondation des modes de participation à la société.
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