VERS UN NOUVEAU PROJET DE PEPS…

Plusieurs raisons ont conduit l’association Paroles et Pratiques Sociales à adopter un nouveau projet pour les années qui viennent. La plus importante caractéristique de ce nouveau projet se situe au niveau de l’objet de PEPS qui ne sera plus les travailleurs sociaux, comme cela fut le cas il y, treize ans, mais les questions sociales. Cela permettra à l’ensemble des professionnels, (travail social, école, culture, justice, entreprise …), de se réunir ensemble autour de la même table et du même objet, c’est à dire les questions sociales. Ceci réunira également les conditions favorables pour que de multiples compétences (pratiques et théoriques) se négocient et se mobilisent autour des questions sociales deve¬nues de plus en plus complexes. Une lecture analytique des étapes importantes qui ont marqué l’histoire de PEPS nous a aidé à mieux comprendre cette nécessité du changement, basée sur plusieurs indicateurs déjà repérés, au niveau social; mais aussi dans la structure de PEPS et chez les personnes qui contribuent à sa réalisation. C’est à partir de cette analyse que nous avons pu, tout en gardant les acquis de PEPS, réactualiser son projet Afin de rendre intelligibles les décisions prises au sein du collectif, un bref historique de la mise en place de l’association en 1982 s’impose. Elle nous aidera à mieux identifier les changements qui ont traversé PEPS depuis sa création. Nous terminerons en exposant les grandes lignes qui définissent le nouveau projet.

TOUT A COMMENCÉ EN 1982

TOUT A COMMENCÉ EN 1982
L’association Paroles et Pratiques Sociales est née en 1982 d’un contexte social et politique particulier. L’initiative est venue d’un groupe de travailleurs sociaux en formation qui voulaient se donner un espace d’expression, un lieu de parole, un réseau de circulations d’informations et de réflexlhs autour de leurs pratiques professionnelles. Ils ont très rapidement mis en place un projet de journal, réalisé par et pour les travailleurs sociaux. Les moments les plus importants qui ont marqué l’histoire de PEPS, peuvent se résumer ainsi :

  • Le premier moment est essentiellement consacré à l’inscription d’une « écriture narrative » des pratiques sociales. Forte¬ment liée à la conjoncture socio-politique des années 80, cette période a été marquée d’une part par l’expression du besoin des travailleurs sociaux à reprendre une parole « con¬fisquée par les intellectuels et d’autre part, par un discours plutôt idéologique et égalitaire en résonance avec les problèmes sociaux.
  • Le deuxième moment se caractérise par la volonté de PEPS dé s’investir dans un travail rédactionnel en partenariat avec des structures associatives cherchant à manifester leurs pra¬tiques dans le champ du travail social. Cette ouverture a donné lieu à des manifestations telles que la réalisation de plusieurs numéros spéciaux sur la toxicomanie, les nouvelles pratiques économiques et sociales, les prisons, le phénomène des banlieues, les droits de l’homme, etc., en collaboration avec diverses associations (STAJ, LPS, AEUF, CREAF, Mémoire Fertile, Otage, les Centres sociaux).
  • Le troisième moment a débuté avec la nécessité de publier des numéros avec un thème central. Cette thématisation vi¬sait à la fois une réflexion plus approfondie des questions abordées, mais aussi un prolongement de la réflexion sur le terrain. L’exemple des numéros consacrés aux Banlieue cent visages, Les cultures de la rue, rendent compte de cette démarche. C’est également dans cette logique que PEPS a pu organiser un colloque en 1985 sur Les travailleurs sociaux, acteurs de l’avenir du social et participer en 1988 à l’élabora-tion d’un colloque inter-institutionnel sur Les politiques locales et Toxicomanie. En mars 1989 par exemple, elle a pré-paré la rencontre nationale Banlieue Cent visages et suite à la sortie du numéro 36 sur Les cultures de la rue, elle a orga-nisé un forum regroupant plusieurs associations de jeunes, des acteurs, des décideurs, ainsi que plusieurs personnalités du monde universitaire, du journalisme et de la culture… Sur le plan rédactionnel, cette période peut etre définie comme une période de production d’écriture coopérative dans la mesure où la rédaction des textes se faisait en groupe et de façon évolutive étalée sur plusieurs séances.
  • Le quatrième moment se caractérise par plusieurs changements importants sur le plan rédactionnel, technique et de discipline méthodologique. La revue PEPS est « sortie » en quelque sorte de l’amateurisme, avec notamment la mise en place des rubriques généralistes, regroupant la plupart des thèmes liés aux questions sociales. Mais cette période correspondait également à une réalité qui traduisait une nécessité de changement pour le projet de PEPS ;— Adapter de nouvelles formules d’exploration des questions sociales—. C’est cette nécessité qui a pu jouer un rôle d’analyseur pour la mise en place d’un nouveau projet à la veille du XXIème siècle. (Sur le terme analyseur, voir, Rémi Hess et Antoine Savoye, Analyse institutionnelle, Puf, « Que sais-je ? », 1993).

L’UTILITÉ DE PEPS : AUJOURD’HUI

Les interrogations collectives des membres de l’association , Paroles et Pratiques Sociales ont confirmé l’idée selon la-quelle avoir un espace libre, autonome et non corporatiste dans le champ social était plus que jamais nécessaire. Car, il n’existe pas ou très peu de lieux d’échanges et d’auto-formation indépendants pour des professionnels des questions sociales, confrontés aux complexités des situations, souvent décrites et vécues en décalage avec leurs formations initiales et avec les politiques institutionnelles mises en place. Nous faisons le constat qu’il manque un espace de réflexion et d’inscription des pratiques qui permettrait de créer de nouveaux outils pour les praticiens, des usagers, des étudiants en formation initiale, des formateurs, des chercheurs, des bénévoles, etc. Créer un espace de recherche participative où à partir des compréhensions contextuelles des situations, on pourra adopter des approches critico-alternatives par rap¬port aux problèmes sociaux. Ceci nous aidera à comprendre en quoi les solutions instituées ne répondent pas toujours aux attentes des usagers ni à celles des professionnels. En ce sens, PEPS pourrait être un espace caractérisé par un effort d’analyse et de conceptualisation des pratiques des indivi¬dus qui seront amenés à présenter des expériences inédites localement réalisées. Cette recherche transversale d’outils d’analyse pourrait intéresser aussi bien les usagers, des professionnels que des décideurs institutionnels.
Plusieurs raisons nous encourageaient à adopter un change-ment :

  • en ce qui concerne la version 1982 de PEPS, nous avons en effet constaté qu’elle correspondait à un contexte politique, social et culturel particulier. Aujourd’hui, ce contexte n’est plus le même et la première version de PEPS devient quel¬que peu caduque,
  • les membres actifs de l’association ne sont plus majoritairement des « travailleurs sociaux de base », comme cela fut le cas il y a treize ans. Ils sont surtout des chercheurs, des formateurs, des enseignants universitaires. En ce sens, PEPS ne peut pas ne pas intégrer les activités de la recherche et de la formation dans ses programmes,
  • le traitement des questions sociales fait appel à une réunion de compétences multiples venant de secteurs professionnels divers, car le temps où chaque secteur professionnel envisageait certains problèmes sociaux comme sa « chasse gardé . est fini. Par exemple, la question de la violence des jeunes ne peut être considérée comme seule affaire de l’école, ni celle des travailleurs sociaux. Ceci nécessite une approche multiréférentielle des questions sociales, exigeant une autre approche qu’une simple compilation de textes certes très intéressants, comme nous le faisions jusqu’alors, depuis deux, trois ans, l’expression libre et narrative des pratiques des travailleurs sociaux, qui auparavant caractérisait la revue, n’existe plus. Ceci rendait progressivement la charte . de PEPS inadaptée,
  • nous avons donc pensé que l’activité rédactionnelle de PEPS devait reposer sur les initiatives de recherche et de formation qui désormais devront figureront dans les objectifs de l’association. La revue ainsi pourrait devenir un outil de forma¬tion. Nous avons remarqué que pour ne pas rester des observateurs silencieux face aux questions sociales, l’associa¬tion Paroles et Pratiques Sociales ne pourrait se développer qu’avec l’adhésion et le soutien d’une équipe élargie et d’un nouveau projet dans lequel chacun trouverait sa place.

PEPS : DEMAIN

La réflexion sur les ressources matérielles et intellectuelles de PEPS ont permis de présenter un nouveau projet pour les années qui viennent. Il comprend trois dimensions activités de formation, de recherche et de publication.

Études/Recherches

L’association décide de suivre un axe de recherches sur les questions sociales, dans une logique participative. Les con-ditions qui favorisent et motivent l’équipe sont nombreuses :

  • PEPS possède un acquis considérable en matière d’analyse et de problématisation des thèmes relatifs aux questions sociales. Ce capital d’expériences peut être utilisé et mobilisé pour les explorations relatives aux études et recherches. Parmi les publics potentiels, on peut notamment citer les associa¬tions de quartier, les structures sociales, les banlieues, les écoles de travail social et les universitaires intéressés par les sciences humaines et sociales, pour qui PEPS peut intervenir seul ou participer en partenariat.
  • PEPS est en relation directe avec le terrain et les acteurs du changement. Cependant, la plupart des personnes qui inter-viennent pour PEPS mènent par ailleurs des expériences de recherches dans le cadre de leur profession ou de leurs études supérieures (étudiants-chercheurs-formateurs).
  • Les difficultés sociales ne peuvent plus trouver leurs « solutions » dans les réponses officielles des institutions et de la hiérarchie étatisée. Elles nécessitent une réflexion souvent en dehors de toute recommandation institutionnelle. Parmi les thèmes de recherche, ont peut notamment citer la dé¬marche ethnographique des pratiques socio-éducatives, les nouvelles technologies au service de la communication, le développement au Nord et au Sud, la reconnaissance des acquis en situation de formation et d’insertion, les cultures professionnelles, les cultures de la rue, l’approche psychanalytique des questions sociales, la violence des jeunes, la délinquance juvénile, etc. Une approche transversale et multiréférentielle de ces différents thèmes pourrait aider les praticiens à redéfinir leur culture professionnelle (éducative, sociale, scolaire et culturelle…).

Formation

L’association Paroles et Pratiques Sociales est un organisme de formation. Depuis 1982, elle a mené plusieurs expériences de formations dans les domaines du travail (social, édu¬catif, culturel, la communication et la formation des travailleurs sociaux). Aussi bien au niveau des contenus qu’au niveau des outils méthodologiques, PEPS est en mesure de proposer ses expériences aux autres acteurs sociaux. Au sein de l’Association Paroles et Pratiques Sociales, existe une équipe pluridisciplinaire ayant des pratiques professionnelles diverses, des formations complémentaires, des expériences de mise en place de projets et enfin, la réalisation de la revue. Leur domaine d’intervention vient des sciences de l’éducation, de la sociologie, de la psychologie, de l’ethnosociologie, de l’ethnographie, de l’analyse institutionnelle, de la psychanalyse, de la linguistique…). Parmi les thèmes de formation que nous proposons, l’écriture, est de nos spécificités et constitue un objet d’intervention dans les structures à vocation sociale. En situation de formation ou d’exercice, en effet, l’écriture est souvent pratiquée sous sa forme contraignante, et son utilisation par des professionnels a pour fonction principale l’apprentissage et l’intériorisation des normes instituées, la notation, la catégorisation, etc. Pour les étudiants par exemple, l’adhésion obligatoire à cette écriture est observable tout au long de la période de formation (la rédaction du mémoire, les soutenances, etc.). Ces mêmes étudiants une fois arrivés sur le terrain et dans la vie professionnelle, rendent compte souvent du décalage existant entre le contenu de leur formation et les réalités du terrain. L’écriture utilisée dans le cadre professionnel est alors une écriture administrative, normative, « officielle * et surtout une écriture vide. Dans cette pers¬pective, la position d’extériorité de PEPS, sa compréhension du phénomène favoriserait une expressions écrite libre et instituante, en même temps que la conceptualisation des événements décrits. Ces praticiens, étudiants, ou bénévoles associatifs sont invités à écrire d’une façon nouvelle qui prenne sens pour eux, mais aussi pour la structure et ses partenaires, voire pour les publics avec lesquels ils travaillent.
D’autre thèmes de formation peuvent être proposés par PEPS. On peut, en particulier, évoquer les pratiques socio-éducatives, l’approche ethnographique des pratiques socio-éducative, le développement au Nord et au Sud, les pratiques de reconnaissance des acquis en situation de formation et d’insertion, les activités éducatives péri-scolaires, les cultures professionnelles, les cultures de la rue, l’approche psychanalytique des questions sociales, la violence des jeunes, etc.

Publication

En tant que fonction fédératrice, la publication constituera désormais une activité encore plus importante et avec des exigences nouvelles au sein de l’association Paroles et Pratiques Sociales. Son rôle va être centré essentiellement sur l’enrichissement des activités de recherche tout en servant d’outil d’information pour les adhérants de PEPS. La revue va rester la voie privilégiée de l’expression libre des personnes intéressées par les questions sociales et un moyen de communication à leur service. Le fait que l’ensemble des réflexions menées lors des formations et des recherches soient consignées, permettra aux auteurs une autre forme d’évaluation de leurs expériences.

STRATÉGIES DE DIFFUSION

L’ensemble des textes présentés dans ce numéro, ont été organisés en fonction du nouveau projet de PEPS. Dans la première partie de l’ouvrage, et à partir des expériences de PEPS, les auteurs ont cherché à dresser un constat de la situation sociale. Chaque texte débouche sur une proposition qui se présente comme un projet de recherche.
Aussi, le nouveau projet de PEPS mérite être diffusé par tous les moyens : information, organisation de réunions dans les associations de quartier, les structures socio-éducatives, les Institut Universitaires de Formation des Maîtres, les organismes de formation, les écoles de travail social, les universités, etc.). La réussite de ce nouveau projet nécessite une augmentation du nombre d’adhérents et d’abonnés et un investissement dans d’autres villes que Paris. Nous avons un ef¬fort considérable à faire pour développer des réseaux locaux de professionnels non-Parisiens, qui comme nous l’avons constaté, sont souvent en manque d’informations, et des lieux d’échanges. Le nouveau projet de PEPS doit inscrire dans ses perspectives, une étude sur ses expériences menées depuis treize ans. Cette étude peut permettre aux personnes qui souhaitent adhérer à PEPS de mieux comprendre l’histoire des questions sociales traité par PEPS et leur cheminement. Elle pourra également sensibiliser l’implication des étudiants en formation initiale à cette recherche.

No 54-55 – Sommaire / Edito – Reconnaissance et validation des acquis

Sommaire

La reconnaissance et la validation des acquis

  • La reconnaissance et la validation des acquis : approche historique, par Guy Berger et Mehdi Farzad
  • La reconnaissance et la validation des acquis : les enjeux, par Nicole Meyer
  • Nouvel esprit anthropologique en reconnaissance et validation des acquis, par Gaston Pineau
  • Reconnaissance et validation des acquis : sens et procédures, par Jacques Aubret
  • La dimension interculturelle de la reconnaissance des acquis, par Mehdi Farzad
  • Validation des acquis dans l’enseignement supérieur : Les stratégies du retour aux études, par Saeed Paivandi
  • Profil d’auto-orientation, par Jean-Luc Dumont
  • La reconnaissance des acquis, levier de l’insertion, par Émile Gagnon
  • Bibliographie générale du dossier

Les recherches africanistes, par Damien Mabiala

Pour une recherche africaniste affrontant la crise des sociétés africaines, par Pierre-Philippe Rey

Présentation de livre, par Driss Alaoui

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Edito

Le présent numéro de Paroles et Pratiques Sociales s’inscrit dans le prolongement de son projet rédactionnel annoncé lors de sa précédente publication.
Les contributions qui le constituent obéissent aux règles basées sur le travail de terrain et tentent de développer un thème parmi d’autres : la reconnaissance et la validation des acquis.
La particularité de l’objet, étudié sous forme du dossier, vient du fait qu’il porte un regard dynamique sur les pratiques sociales, tant dans le domaine de la formation, de l’éducation que de la gestion des ressources humaines : — L’homme en tant que sujet-acteur est au coeur des dispositifs —.
La problématique de reconnaissance et de validation des acquis s’impose aujourd’hui à la société et cherche à proposer une approche nouvelle des compétences et des rôles des individus et ceux qui les accompagnent dans leur parcours de formation ou d’insertion socio-professionnelle.
Son intégration au sein des institutions de l’enseignement supérieur et sur le terrain de l’insertion, ouvre des perspectives nouvelles en matière de relations pédagogiques. Elle demande des savoir-faire actualisés des modes d’évaluation, échappant aux règles et aux schémas habituels, basés très souvent sur l’approche académique de l’apprentissage des connaissances.
Le point commun entre les différents textes repose sur le projet rédactionnel de PEPS qui met l’accent sur l’approche multiréférentielle des questions sociales. Bien que toutes les contributions visent les relations humaines et leur complexité, cependant, les supports théoriques et méthodologiques n’appartiennent pas à une seule École de pensée.
En ce sens, ce dossier cherche à contribuer au débat en cours dans ce domaine…

Mehdi Farzad

No 45 – Sommaire / Edito

Sommaire

Regard sur l’actualité

  • Qui casse Qui ?, Hugues Bazin – P.4

Rencontre avec …

  • Interview avec Tobie Nathan, Damien Mabiala – P.7

Mémoire du travail social

  • De Vichy à la Libération , Armelle Mabon-Fall P.10

Travail social à l’étranger

  • Saddam-City, ou «désespoir- city», Alice Bsereni – P.12

Dossier : Les enjeux de la formation

  • Introduction, Mehdi Farzad – P.14
  • Le travail social aujourd’hui ou l’art de « bricoler », Didier Martin – P.16
  • Étrange formation, Jean Jacques Deluchey – P.18
  • Une formation en transversalité, Marie Françoise Gerard, Joëlle Garbarini, Michel d’Aspe, Yves Ballanger – P23
  • La Garanderie : un atout pour la formation professionnelle ? , Patrick Tapernoux – P.25
  • Écrire comme moyen d’auto-formation, Chantal Brun – P.27
  • De l’éducateur au formateur, Joël Besnard – P.30
  • Des vraies-fausses raisons de réformer la formation, CAS 69 – CONCASS – P.33
  • Défendre les centres de formation, Coordination Régionale des Centres de Formation Pratiques sociales – P.35

Pratiques sociales

  • La boutique, Perlette Petit – P.37
  • Un après-midi à «la boutique», Zubeide Iskender, Anouar Guelaiem – P.38

Regard sur les professions

  • Diplômes étrangers, John Ward – P.39
  • Moniteurs-Éducateurs…, Coordinaion Régionale des Centres de Formation – P.40
  • Le mouvement des correspondants, Catherine Charbonnier, P.41
  • Le travail social en colloque, Christina de Robertis – P.42

Arts et Cultures

  • Au risque de vous plaire sur grand écran, Guy Jouannet – P.43
  • Mégalopole, tag et Mégalomanie,  Étienne Racine – P.45

Rubriques

  • La revue des livres – P.46
  • Annonces – P.40

Edito

La revue Paroles et Pratiques Sociales change de forme. Douze ans après sa première parution, PEPS entend rester fidèle à ses objectifs initiaux : faire parler les travailleurs sociaux de leurs pratiques professionnelles et faire de la revue un lieu d’interrogations des mesures sociales souvent décidées d’en haut.
Quels que soient les thèmes à développer, il s’agit pour PEPS d’être un lieu de réflexions et d’échanges sur les décisions prises dans le champ du travail social et leur application sur le terrain.
Ce 45 ème numéro de PEPS consacré aux enjeux de la formation, se présente avec un nouveau rubricage et cette nouveauté vise plusieurs objectifs :
– répondre aux demandes des lecteurs qui souhaitent pouvoir davantage s’exprimer et par là-même, utiliser l’écriture comme mode d’auto-formation.
– répondre aux travailleurs sociaux qui, à la lecture descriptive et analytique des actions réalisées, cherchent à trouver du sens à leur investissement professionnel.
– répondre sur un plan rédactionnel, aux différents praticiens qui veulent assurer une large communication transversale entre les diverses catégories professionnelles de l’action sociale.
Le nouveau rubricage de PEPS confirme aussi la nécessité pour les travailleurs sociaux d’avoir une revue qui leur appartienne. La légitimité de cet outil découle d’au moins deux constats :
– l’absence de vision politique générale dans le travail social et pour les travailleurs sociaux.
– la naissance de plus en plus d’actions auto organisées par des populations démunies, ne trouvant pas de réponses à leur situation dans les mesurs sociales ou auprès des travailleurs sociaux (1).
C’est dans cette perspective qu’en réactualisant sa raison d’être, PEPS va publier systématiquement sa charte (2). Elle constitue sa carte d’identité.
Outre le dossier, les rubriques consacrée à la «Mémoire du travail social» ou «Rencontre avec…» peuvent nous servir de lien entre la parole et la pratique d’hier et aujourd’hui. Il s’agit de comprendre dans le temps et dans l’espace la mémoire présente de certaines actions dont la visivilité ne prend sens que si elles se situent dans leur contexte socio-politique.
Plusieurs rubriques telles que «Regard sur les professions», «Pratiques sociales», «Regard sur l’actualité» ou encore «Le travail social à l’étranger», peuvent compléter cette recherche du sens.
Qu’elles prennent la forme d’enquêtes de terrain, d’entretiens avec des acteurs sociaux ou d’autres initiatives rédactionnelles, l’accent sera mis sur le développement des démarches innovantes et des dynamiques à créer face aux situations sociales d’aujourd’hui.
Ces questions ne constituent-elles pas des enjeux de la formation ?

Mehdi Farzad

(1) On peut citer l’exemple des mal logés qui procèdent aux actions d’occupations des logements vides, ou bien de certains toxicomanes qui essayent de gérer leur situation par eux mêmes.
Voir aussi l’annonce du prochain numéro de PEPS consacré aux nouvelles solidarités…
(2) Voir la charte de PEPS en page 51

No 21 – Sommaire / Edito

Formation initiale des travailleurs sociaux

Sommaire

Économie Sociale

  • LES RÉGIES DE QUARTIER par Claudine DUSSOLIER. Des lieux d’expressions et d’échanges pour améliorer les relations sociales et le cadre de vie.

Travail social à l’étranger

  • LA FORMATION AU TRAVAIL SOCIAL AU CANADA FRANCOPHONE
  • par Michel TALEGHANI. Elle réussit à allier haut niveau théorique et implication dans les pratiques professionnelles

Relation Éducative

  • APPROCHE SYSTÉMIQUE EN TOXICOMANIE par Odette TOULET
    CASTERA et Phillippe BOURGLAN
    La famille érigée en système.
  • LES PROFESSIONNELS DE LA RELATION : RÉPONSE A TOUT ?
    par Simone Chatelard.
    La relation thérapeutique pour une AS d’entreprise.

Dossier

FORMATION INITIALE DES TRAVAILLEURS SOCL4UX Sur le
parcours, de la sélection au diplôme, de nombreuses questions se posent.

  • LA SÉLECTION : UN PARCOURS SEMÉ D’EMBUCHES, par Yvonne SARRAT
  • LA FORMATION OU MIETTES DE SAVOIR ? par Augusta EPANYA
  • LA VALEUR MARCHANDE DES DIPLOMES par Éric AUGER
  • MENACES SUR LE TRAVAIL SOCIAL… ESPRIT ES-TU LA ? par Philippe MOUGEL

Le jeu de l’interview

  • COMMENT EN PARLER ? Interview de Gérard CHABAUD (Association Drogue & Société) par Daniel TARTIER

Actuel

  • PEPS ÉTAIT PRÉSENT AU 8ème CONGRES DE L’ASSOCIATION NATIONALE DES INTERVENANTS EN TOXICOMANIE par Sylvie CATONA et Philippe BOURGLAN

Libre expression

  • UNE HISTOIRE ORDINAIRE par Odette-Anna TOULET

Edito

OBJECTION DE CONSCIENCE
Dans les pays pauvres appelés pudiquement « en voie de développement », l’arme la plus acérée pour tailler dans le lard des énormes inégalités, de la corruption, des petits et grands pouvoirs, se nomme… SAVOIR. Le savoir est subversif parce que libérateur ; confronté à la pratique du quotidien il apporte la conscience. Ainsi là-bas, les travailleurs sociaux ont appelé leur action, « conscientisation ».
Il s’agit de créer l’École pour ceux qui en ont été exclus en partant d’une autre : celle de la vie. Des faits, des paroles, des gestes de tous les jours sont restitués dans un contexte social, économique, politique. Les visages de l’oppression apparaissent, avec eux la volonté de les combattre en entrant dans un rapport de forces.
Dans les pays riches appelés étrangement « développés », le savoir est une question de spécialité, l’école une affaire de marché, l’universalité de la conscience n’est pas rentable donc tout aussi dangereuse.
Les travailleurs sociaux en formation légitimement s’interrogent. Ils se posent la question si à l’école, on ne les mène pas en bateau : justement là où le savoir pourrait atteindre sa pleine signification, il semblerait que tout le monde esquive les questions et ‘quitte le navire.
Difficile pour l’étudiant devenu professionnel, de provoquer à son tour chez les usagers du travail social une prise de conscience. Mais après tout, il ne lui est pas demandé de jouer au Che Guevara des banlieues, simplement d’être un bon technicien de la relation d’aide.
Conclusion : il faut que les élèves conscientisent leurs forma-teurs sur la situation d’oppression qu’ils reproduisent !
Hugues BAZIN

No 03 – Sommaire / Edito

Sommaire

Edito P 3

Paroles aux livres p 4

Petites annonces P 5

DOSSIER : «Quelles formations pour quels travailleurs sociaux . . . p 5 à 12

ÉDUCATION SURVEILLÉE : Il reste encore des verrous à faire sauter p 13 – 14

Psychiatrie ou mort de l’objet social en Psychiatrie p 15

La vieillesse au risque de l’écologie p 16

D’DASSISTANCE GAIE p 17

Le M.A.S p 18

Droit à la famille et cité de promotion familiale . . p 19

Les T.S. et les femmes prostituées p 20

Echos – Chaos p 21

Droit de réponse à la CGT p 22

Jean-François BATELIER p 23

Edito

Beaucoup de nos amis lecteurs se demandent qui sont les personnes derrière les signatures. Légitime ques¬tion sur laquelle nous allons nous exprimer.

Les premiers numéros de PEPS ont été réalisés par le collectif Région Parisienne, avec des collaborateurs exté-rieurs.
Aujourd’hui d’autres groupes ou collectifs se mettent en place et vont pouvoir progressivement prendre toute leur part dans la conception et la réa-lisation de la revue.

Pourtant notre objectif demeure toujours l’ouverture, la participation le dialogue le plus large possible entre Travailleurs Sociaux des différents sec-teurs, ce qui n’est pas encore le cas.

Le Collectif Région Parisienne étant actuellement majoritairement composé d’Assistant(e)s Sociaux, les autres aussi d’ailleurs, nous avions jugé plus «tactique», pour ne pas hypothé-(fuer le caractère ouvert de la revue, de ne pas mentionner le secteur d’activité des auteurs d’article afin de ne pas positionner le journal, dès le départ, comme une revue d’AS ce dont nous ne voulions absolument pas.
Position qui nous est apparu à la longue intenable pour au moins deux raisons :

— l’absence d’identification des auteurs d’articles… on n’est pas des fantômes et quand on s’ex¬prime c’est bien à partir d’une place dans la division du travail social, en fonction d’une pratique qui fourni une expérience singu-lière et donc un point de vue par-ticulier sur les phénomènes ou les situations.

— le risque que n’apparaissent signés et situés que les articles d’acteurs périphériques au champ social alors que notre objectif est bien de mettre en avant les paroles des Travailleurs Sociaux.
La décision est donc prise de si-tuer nos articles ce qui leur donnera, nous l’espérons, encore plus de saveur.

L’élargissement des collectifs et de la revue aux autres secteurs du travail social reste à l’ordre du jour, alors n’hésitez pas à faire circuler très large-ment la revue pour qu’elle devienne toujours davantage un outil de paroles et de débats entre tous les Travailleurs Sociaux.