Category Archives: Actualité

Production de savoirs issue de l’expérimentation populaire comme levier de transformation sociale

« Recherche-action et écriture réflexive : la pratique innovante des espaces comme levier de transformation sociale » Revue Cahiers de l’action, 2018/2 N° 51-52 en libre accès sur la plate-forme cairn.info Fruit d’un an et demi d’écriture collaborative entre une vingtaine d’acteurs-chercheurs, ce dossier relate l’expérience d’une production originale de savoirs à partir d’une écriture [...]

Économies informelles en ville et reconfigurations de l’action publique

Journée de restitution publique et d’échanges de l’Atelier Campus Condorcet* 22 juin, de 09h15 à 17h00 Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord, salle 414 20 av. George Sand 93210 Saint-Denis, M°12 Front Populaire. 9h30 Ouverture et introduction Agnès DEBOULET (UMR Lavue, Université Paris 8) — Sébastien JACQUOT (Université Paris 1, EIREST) SESSION 1. 10H – [...]

Économies informelles en ville et reconfigurations de l’action publique

Journée de restitution publique et d’échanges de l’Atelier Campus Condorcet*

22 juin, de 09h15 à 17h00
Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord, salle 414
20 av. George Sand 93210 Saint-Denis, M°12 Front Populaire.

@crédits photos : A. Deboulet, 2017

9h30 Ouverture et introduction

Agnès DEBOULET (UMR Lavue, Université Paris 8) — Sébastien JACQUOT (Université Paris 1, EIREST)

SESSION 1. 10H – 11H : L’action publique au prisme des activités populaires et informelle

  • Flaminia PADDEU (Université Paris XIII, PLEIADE) : Cultiver les friches à Detroit. Le rôle des pratiques informelles d’agriculture urbaine en contexte de décroissance
  • Hélène BALAN (UMR ESO, sous réserve), Virginie MILLIOT (U. Paris X Nanterre, LESC) : La peur du capitaliste aux pieds nus

SESSION 2. 11h — 12h30 : Réguler la mécanique de rue ?

  • La mécanique populaire et de rue : enjeux transversaux en Ile de France, A. DEBOULET, S. JACQUOT, M. MORELLE (Paris 1, UMR PRODIG), A. NDIAYE (ARESS/FMSH-Paris).
  • Vers d’autres formes d’organisation et d’économie: l’association des mécanos de Plaine Commune et de mécaniciens en formation à l’Ecole des Projets

Modératrice : Pascale FROMENT (Université Paris 8, LADYSS)

12h30-14h : Buffet-repas

SESSION 3. 14h — 17h : Reconnaissance des savoirs locaux et formalisation des activités :retour d’expériences

(Présentations suivies d’une table ronde)

Recherche-action : deux expériences croisées

  • Hugues BAZIN (Laboratoire d’Innovation sociale), La recherche-action entre production de savoirs et transformation sociale avec les personnes en situation de précarité
  • Anne LESCIEUX-MACOU (Université Populaire et Citoyenne de Roubaix), Transition et quartier populaire : l’expérience de coopérative d’entraide

Initiatives de formalisation mises en regard

  • Dolores SCIORANS (UBA/EHESS, Boursier post-doctoral du CONICET- ICA-FFYL-UBA), L’organisation syndical des travailleurs de l’économie populaire en Argentine : le cas des travailleurs du textile Buenos Aires
  • Anne Claire GARCIA (ville de Saint-Denis), expériences de formalisation à Saint-Denis et Paris
  • Elise HAVARD DIT DUCLOS (collectif Rues Marchandes), une recherche-action avec les récupérateurs vendeurs de rue sur la question de l’économie populaire

Modérateur : Thomas AGUILERA (Sciences Po Rennes)

17.00 Conclusions — perspectives

Contact et inscription : deboulet@gmail.com – sebastien.jacquot@univ-paris1.fr

* Cet atelier vise à interroger les reconfigurations de l’action publique dans les quartiers populaires, induites par des formes d’informalisation et de dérégulation de l’économie, en considérant ensemble activités informelles précaires et activités issues de l’économie dite collaborative (Uber, AirBNB), dans plusieurs communes en banlieue parisienne (Saint-Denis, Aubervilliers, Stains). L’atelier constitue une étape dans la préfiguration d’un projet de recherches comparatiste et international

Modèles économiques dans la production de savoirs et transformations sociales

Atelier du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action en partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord

Jeudi 31 mai 2018 – MSH Paris Nord- 20 Avenue George Sand, 93210 Saint-Denis
Métro 12 : Front populaire (sortie n°3 Maison des Sciences de l’Homme)
RER B : La Plaine – Stade de France puis bus 139 ou 239 (arrêt Métallurgie) ou 15-20 minutes à pieds depuis le RER B

En recherche-action, il n’existe pas d’un côté des chercheurs-acteurs précaires et de l’autre des recherches avec les populations en situation de précarité. L’analyse critique des chercheurs et la capacité d’agir des acteurs sont liées. Il s’agit d’un même continuum renvoyant à la question de l’autonomie économique dans les formes de production de savoir et de transformation sociale. Durant la matinée, nous aborderons les modèles économiques des associations de recherche. L’après-midi, nous aborderons les pratiques d’économie populaire.

Le but de cette rencontre est de :

  • Dresser des transversalités dans la production des savoirs au-delà de l’analyse sectorielle des pratiques et de valoriser la dimension écosystémique de l’économie de recherche d’un « tiers espace scientifique » et écosystème d’une économie populaire comme autres aménagements et développements des territoires
  • Élaborer des stratégies collectives permettant d’inclure la recherche citoyenne et le droit à l’expérimentation sociale comme modalité de la production de savoirs et d’action publique
  • Mettre en place une plate-forme ressource permettant d’assurer une collecte et un partage sur les travaux de recherche et sur les initiatives, projets et mobilisations touchant les populations et les problématiques concernées.

Nombre de places limitées, inscription obligatoire sur :
http://recherche-action.fr/emancipation-transformation/inscription/
Expérience en recherche-action conseillée, l’atelier sera basé sur l’expérience de chacun et une implication dans le processus collectif

Matinée 9h30-12h30 (salle 414) :les modèles économiques des associations de recherche

Animation / intervention Élodie Ros et Paul-Emile Geoffroy : Financer et organiser la recherche autrement : actualité de la recherche coopérative

Présentation : Nous proposerons successivement d’étudier les solutions de financement et d’organisation déployées par divers acteurs associatifs ou coopératifs en France afin d’étudier la possibilité pour les praticiens de la recherche-action de se diriger vers de tels modèles ou d’élaborer un modèle alternatif, ou hybride. Il sera notamment question des coopératives éphémères, du crédit impôt recherche et des sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC). La présentation se basera sur une enquête menée auprès d’une dizaine de structures de recherche relevant de l’économie sociale et solidaire.

Repas « Auberge espagnole » (salle 413)

Chacun apporte quelque chose en partage pour le repas

Après-midi 14h-17h (salle 413) : Pratiques de l’économie populaire

Animation : Jeann Guien, Élise Havard dit Duclos

Présentation :Cet atelier propose de croiser, grâce à la rencontre de chercheur.e.s-acteur.e.s et des principaux intéressés, différentes pratiques d’économie populaire dans l’espace public. Invisibilisés et trop souvent individualisés par une gestion publique spatiale et superficielle, les vendeur.e.s ambulants, biffin.e.s ou mécanicien.ne.s de rue développent des systèmes socioéconomiques d’échanges inscrits dans la réalité des ressources et des besoins d’un territoire. Loin d’une simple économie de la survie, ces formes d’économie populaire s’inscrivent dans des réseaux structurés, dans une maîtrise d’usage individuelle et collective et dans des formes d’organisation innovantes qui dépassent les cadres institutionnels. Cette rencontre s’inscrit donc dans la volonté de partager ces différents savoirs pratiques et théoriques afin d’explorer les différentes pistes d’expérimentation en termes de reconnaissance de ces formes alternatives de travail et d’une possible formalisation.

Interventions

  • Étude avec les biffins récupérateurs-vendeurs, le marché de Montreuil (Élise Havard dit Duclos)
  • Les vendeurs ambulants du parvis de la Gare à Saint-Denis, l’informalité comme illégalisme ou comme écosystème ? (Emmanuelle Zelez accompagnée de Gabrièle, Mariam, Momo)
  • Les ateliers mécaniques de rues (Sébastien Jacquot)
  • Quand des initiatives citoyennes font économie populaire pour transformer l’Ariane, quartier Nord de Nice : récupération, friperie, échanges de savoirs, jardin partagé … » (Christophe Giroguy)
Les Modèles économiques Et Les Transformations Sociales
Les Modèles économiques Et Les Transformations Sociales
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Sous les pavés le carburateur. La mécanique de rue en débat!

Centre SUD – Situations urbaines de développement et le Réseau Scientifique Thématique SUD – Pédagogies et Pratiques coopératives ont le plaisir de vous inviter à une soirée débat autour de :

Sous les pavés le carburateur. La mécanique de rue en débat!
Mardi 10 avril 2018,18h30-20h30, à l’ENSA Paris Val de Seine, 75013 Paris, Amphi 180

Cette soirée se déroulera autour de la présentation de plusieurs enquêtes qui s’intéresseront à cette activité encore méconnue alors qu’elle se déploie dans de nombreux quartiers populaires en France. Plusieurs intervenants présenteront cette activité et débattront principalement autour de cette question : faut-il comme certains pouvoirs publics le suggèrent, éradiquer la mécanique de rue ou faut-il (et comment) reconnaître cette activité dans ses dimensions économiques et spatiales?

Intervenants :

  • Sébastien Jacquot (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, EA EIREST)
  • Khedidja Mamou (ENSA Montpellier, UMR LAVUE)
  • Marie Morelle (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR PRODIG)
  • Abou Ndiaye (Sociologue, ARESS)
  • Discutante : Marion Tillous, (Université Paris 8, LEGS)

Khedidja Mamou pour Centre SUD et le réseau SUD-Pratiques et Pédagogies coopératives
Site internet : http://www.centre-sud.fr/
Contact SUD : secretariatcentresud@gmail.com

Laboratoire social au croisement des savoirs

Présentation de la démarche en laboratoire social Le Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action est actuellement composé d’une trentaine d’acteurs-chercheurs et de chercheurs-acteurs porteurs d’expérimentations sociales dans différentes régions (principalement : Pays de la Loire, Rhône-Alpes, Limousin, Île-de-France, PACA) Il s’est constitué progressivement à partir des années 2000 dans la rencontre avec ces acteurs désireux d’ouvrir [...]

Recherche-action avec les récupérateurs-vendeurs de rue

Nous relatons dans ce texte l’expérience collective d’une recherche-action avec les récupérateurs vendeurs de rue dans la région parisienne, aussi appelés biffins. Nous reprenons le principe du laboratoire social développé par le réseau du LISRA à travers la mise en place d’un collectif appelé « Rues Marchandes ». Nous décrivons ici des conditions de la mise en place de ce processus. Les récupérateurs-vendeurs, comme le précise leur nom, récupèrent les objets usagés principalement dans la rue, dans les poubelles ou sur les marchés, pour les revendre aussi dans la rue. Ils sont donc à distinguer des brocanteurs, ou des particuliers qui vendent occasionnellement sur les vide-greniers.

Les récupérateurs vendeurs, une situation complexe à appréhender

Les biffins, parmi lesquels on compte de nombreux immigrés et personnes marginalisées, sont confrontés à de nombreuses difficultés : le manque de marchés susceptibles de leur laisser une place pour vendre leurs biens ; la répression violente et fréquente dans le cas des ventes en dehors de ces espaces définis, amenant souvent à la confiscation, voire à la destruction des biens ; la non-reconnaissance de leur activité de réemploi ; leur statut informel qui les place systématiquement dans une situation d’illégalité face à la vente ; enfin la pauvreté et la précarité de leur activité, qui n’ouvre aucun droit et ne permet pas une visibilité sur le long terme à celui ou celle qui la pratique. À cela s’ajoutent aussi des problèmes d’intégration sociale et de communication liés à la langue.

Les chiffonniers d’antan bénéficiaient d’un imaginaire fort dans la société française, grâce à leur organisation et à une abondante production littéraire et picturale jusqu’au début du XXe siècle (Compagnon, 2017). Cet imaginaire collectif n’était généralement pas très positif associés à la nuit, à la misère, à la saleté, etc. Mais cela participait d’un récit collectif au cœur de la cité. Ce n’est plus présent pour les récupérateurs-vendeurs d’aujourd’hui, bien que leurs gestes héritent de cette tradition. Invisibilisés, ils ne sont pas compris comme agents de fonctionnement, encore moins de modernisation, de la société. Les récupérateurs-vendeurs de rue d’aujourd’hui ne sont plus considérés comme un corps de métier classique organisé et hiérarchisé en fonction d’une répartition du travail au sein de la société. Pourtant nous sommes bien en face d’un « métier » (savoir-faire, organisation sociale, relations économiques), celui de « récupérateurs des déchets », mais cette activité généralement sans statut est soumise à des conditions d’une très grande précarité et invisibilité.

Par conséquent, il est particulièrement compliqué de constituer un corpus commun de connaissances et d’action autour de cette question. Comme nous le verrons, la résurgence de lutte au milieu des années 2000 a permis à travers la réappropriation du terme « biffin », de réintroduire un débat quant à la présence dans l’espace public de ce métier ancestral expulsé des préoccupations politiques. Cependant, en l’absence de récits fédérateurs portés par les principaux intéressés, ceux-ci sont nommés, voire discriminés selon des points de vue socioprofessionnels plus ou moins contradictoires.

Le premier point de vue est le point de vue sécuritaire et hygiéniste, qui considère cette activité non formalisée comme sauvage et nuisible à l’ordre public. Cet argumentaire s’appuie sur un amalgame classique entre saleté et insécurité (Vigarello, 1985). Il justifie les politiques de répression qui prévalent généralement sur Paris et sa banlieue dès que se manifeste l’intention d’exposer et de vendre des objets sur la place publique. Le terme d’économie souterraine est employé dans une confusion avec ce qui serait une économie mafieuse, sous-entendant que cette activité est avant tout de nature illicite, sinon délinquante. On parlera de « marché illégal », « sauvage », ou encore de « marché aux voleurs ». Cette politique s’inscrit dans une logique technicienne qui a prévalu avec l’instauration par le Préfet Poubelle à la fin du XIXe siècle de ces conteneurs de collecte des déchets par l’enfermement. La mécanisation progressive de la collecte a, quant à elle, conduit à l’exclusion des chiffonniers hors des murs de Paris sans pour autant résoudre le problème du tri.

Un autre point de vue, généralement partagé par les structures d’insertion sociale, est de considérer avant tout cette activité comme émanant d’une population pauvre. Ce qui est une réalité sociologique indéniable, puisque les récupérateurs-vendeurs cherchent avant tout à trouver dans la biffe un complément de ressources leur assurant une subsistance ; pour certains, c’est même leur principale ressource. On parlera alors de « marché aux pauvres » ou de « marché de la misère ». Cependant, cette approche tend à réduire cette activité l’économie à la seule survie. Or, si l’entrée dans le circuit de la récupération est souvent liée à une rupture sociale ou économique, les parcours sont variés. Pour certains, ce n’est pas simplement un passage, cela devient un capital social et culturel. N’y voir que des problèmes à résoudre ou des personnes à insérer dans un accompagnement individuel mène souvent un échec, notamment parce que les récupérateurs vendeurs n’entrent pas dans un profil d’insertion sociale normative ; parfois, ils souhaitent expressément rester en dehors de ce système socio-économique qui les a exclus. Les associations qui occupent ce créneau, se trouvent aujourd’hui en difficulté. C’est le cas d’u Carré des biffins de la Porte Montmartre, marché d’une centaine de places pour les récupérateurs vendeurs, géré par l’association Aurore qui a obtenu une convention avec la mairie du 18e arrondissement en contrepartie d’un accompagnement d’insertion.

Le point de vue ouvriériste et syndicaliste considère, de son côté, que cette activité est d’abord un travail, même s’il demeure non reconnu ou sans statut. Ici, les récupérateurs vendeurs ne sont pas des « pauvres à insérer », mais des sous-prolétaires à intégrer dans le circuit du travail, une main-d’œuvre qu’il s’agit d’organiser pour qu’elle passe de l’informel au formel, acquiert un statut, notamment à travers la création de coopératives. Ce point de vue a l’intérêt de poser la nécessité des luttes sociales et de la reconnaissance des compétences. Des luttes se sont ainsi formées au milieu des années 2000 sur quelques points névralgiques de la récupération-revente, notamment à la porte Montmartre dans le 18e arrondissement où les récupérateurs vendeurs se sont approprié le terme « biffins » comme porte-drapeau de leurs revendications. Ce terme reste d’ailleurs circonscrit à cette mobilisation très parisienne, qui ne recoupe pas l’ensemble de la population des récupérateurs-vendeurs sur la région Île-de-France. Elle a permis cependant l’émergence d’associations de solidarités comme « Sauve Qui peut » et « Amelior ». Mais, comme pour l’insertion sociale, l’approche militante ouvriériste n’interroge pas le modèle économique dominant.

L’approche socio-anthropologique va s’intéresser aux ressources culturelles comme principal capital à la disposition des récupérateurs-vendeurs. Autrement dit, le capital social et culturel sont la richesse des gens sans capital économique. De fait cette activité appartient à une culture du geste historique, celui du tri, de la récupération-revente, de la négociation dans l’espace public, mais également de la capacité à faire réseau, à organiser l’espace social. Cette approche a le mérite de considérer la dimension communautaire comme un processus de structuration d’un groupe social difficilement pris en compte en France. À titre d’exemple, la cellule familiale constitue, chez les Roms, un noyau de résistance face aux agressions extérieures telles que les expulsions régulières de leurs habitations. C’est dans cette démarche, qui consiste à considérer l’environnement comme ressource et mode d’apprentissage, que l’association Intermède située dans la banlieue sud de Paris travaille auprès des Roms, dont un grand nombre sont récupérateurs-vendeurs. Si cette approche socio-anthropologique reconnaît des communautés au sein des récupérateurs-vendeurs, elle ne permet pas la formation de minorité active à travers les luttes sociales et politiques.

L’approche écologique va surtout s’attarder sur la question du tri des déchets et de l’utilité sociale de cette activité, mettant en exergue l’inefficacité du tri où les objets partent à la déchetterie puis à l’incinérateur. Il s’inscrit dans une conception globale des circuits courts économiques et de l’importance de l’empreinte écologique. Le paradoxe, c’est que les récupérateurs-vendeurs sont bien souvent exclus de ce débat d’une écologie politique qui a été appropriée par d’autres acteurs de la ville, sans se référer ou s’appuyer sur les couches sociales les plus défavorisées. Ainsi, Paris a vu naître un certain nombre de ressourceries ou recycleries qui se sont appuyées initialement sur leurs activités et leurs luttes (ou d’autres luttes comme celles des squats), mais qui ne touchent pas toujours les plus démunis. Cela dépend du modèle économique de la ressourcerie, des tarifs pratiqués, de son ouverture sur le quartier et de l’intégration des habitants dans son mode de fonctionnement, etc.

Si ces activités de réemploi des objets peuvent également permettre l’emploi de certaines personnes, cela reste très limité quantitativement et ne s’inscrit dans aucun mouvement social. Il n’en demeure pas moins que ce sont des lieux de création de lien social, tout comme les marchés biffins. L’intérêt de cette approche est de rappeler la dimension du territoire qui se construit à travers une maîtrise d’usage susceptible de répondre aux besoins de ses habitants.

« Rues Marchandes », un processus de recherche-action

Toutes ces approches possèdent leurs qualités, mais aussi leurs limites. L’intérêt d’avoir créé le collectif Rues Marchandes est d’essayer de les croiser, en mettant en commun les compétences professionnelles, les parcours d’expérience, les cultures des uns et des autres sur une base situationnelle, interactionniste et écosystémique (sur l’approche en laboratoire social : www.recherche-action.fr). Nous pouvons dire autrement que notre approche est convoquée avant tout par les situations que provoquent les récupérateurs-vendeurs et qui amènent les différents acteurs à se poser la question de faire un pas de côté pour concevoir autrement leur implication socioprofessionnelle.

Le programme développé ne peut donc être lié à une commande institutionnelle normative, mais s’élabore à travers un auto-missionnement des personnes concernées. C’est le principe de laboratoire social qui se base sur des situations pour accompagner des expérimentations portées par des acteurs en recherche. C’est ainsi que le collectif a été amené à soutenir la revendication des récupérateurs vendeurs dans leur droit d’ouvrir des espaces marchands.

Le fonctionnement du collectif s’inscrit dans une logique non marchande, open source où nous décidons des biens communs à gérer ensemble. Nous avons mis en ligne une plate-forme ressources[1], où il est possible de télécharger des documents et où sont exposées les différentes productions de connaissance issues des rencontres, des ateliers, des séminaires, des études. C’est ainsi que nous avons pensé la mise en place d’une cartographie représentant autrement les couches d’expérience et de mobilité des récupérateurs-vendeurs. De même, a été amorcée une étude d’impact de la récupération des déchets pour mesurer l’intérêt de cette activité sur le plan écologique.

Nous travaillons donc dans une logique transdisciplinaire inscrite dans une charte collaborative à laquelle l’adhésion est la seule condition d’admission. Le collectif Rues Marchandes regroupe ainsi des chercheurs en sciences sociales, des associations qui ont pour rôle d’organiser des marchés et de soutenir les récupérateurs-vendeurs dans leurs démarches, des récupérateurs-vendeurs eux-mêmes, des professionnels ou des particuliers souhaitant s’impliquer dans la reconnaissance de ce métier, ou encore d’autres collectifs se focalisant sur les questions d’appropriation de l’espace, sur la gestion des déchets, etc.

C’est donc un espace d’accueil inconditionnel. Ce qui n’empêche pas de porter une exigence où chacun est invité à éclaircir sa propre position en tant que personne et son implication socioprofessionnelle.

Cette praxis propre à la recherche-action permet de construire au sein du groupe des relations qui sont basées avant tout sur une posture réflexive et non sur un statut social. Les relations au sein d’un groupe sont rarement égalitaires, ne serait-ce que par la façon de prendre la parole et de se sentir légitime d’orienter l’action. Certains vont se présenter plus légitime que d’autres ou parler « au nom de ». D’autres seront dans des stratégies socioprofessionnelles individuelles ou collectives ne voyant dans la recherche-action qu’un caractère instrumental, etc.  Sans gommer ces inégalités et ces différences spatiotemporelles dans les modes d’implication, la démarche de recherche-action facilite les synergies dans un croisement des savoirs (pragmatiques, techniques, scientifiques), en permettant à chacun d’apporter des éléments au processus.

Ce mode de gouvernance est donc inséparable la posture de l’acteur-chercheur s’inscrivant dans une sorte de formation-action ou d’autoformation réciproque et continuelle. C’est ainsi que nous avons été amenés à développer des ateliers avec les récupérateurs-vendeurs.

Des ateliers avec les récupérateurs-vendeurs

À l’origine, l’objectif était de produire un guide[2] dans lequel les récupérateurs-vendeurs trouveraient des informations sur leurs droits, sur les modèles de marchés, sur l’auto-organisation, ainsi que sur les statuts auxquels ils peuvent prétendre dans le cas où ils souhaiteraient rendre formelle leur activité.

En même temps, le guide était pensé comme un support pour discuter auprès des élus et des instances publiques, pour faciliter la négociation, la mise en place de marchés de récupérateurs vendeurs et la reconnaissance de leurs droits et de leur métier. Il devait fournir une connaissance pointue des modes de vie, des cultures des récupérateurs-vendeurs et de leurs apports pour la collectivité (lien social, réemploi, accessibilité grâce aux prix très bas).

Ce guide serait donc l’aboutissement d’une démarche de recherche-action où les récupérateurs-vendeurs prendraient part à toutes les étapes. Il s’agissait de créer les conditions pour que la parole se libère et pour que les récupérateurs-vendeurs parlent eux-mêmes d’eux-mêmes, pour que nous produisions tous, ensemble, les matériaux sur lesquels discuter et élaborer le guide.

À partir des éléments évoqués en ateliers[3], des personnes extérieures au collectif sont intervenues pour éclairer certaines thématiques. À titre d’exemple, suite à un atelier où la discussion tournait autour de la légalité et du statut informel de la biffe, une intervenante extérieure est venue présenter les différents statuts entrepreneuriaux existants afin que les récupérateurs-vendeurs décident eux-mêmes de choisir celui qui serait susceptible, le cas échéant, de leur convenir.

Le choix des thématiques, des intervenants vient ainsi après un travail en commun, où nous partons des matériaux pour réfléchir ensemble. Lors de notre premier atelier, nous avions choisi de partir d’une interview filmée réalisée en amont avec une biffine. Nous en avons projeté des extraits dans la salle. Elle y évoquait la recherche des marchandises, le rapport qu’elle entretenait avec les objets, ses techniques de vente, la répression policière, etc. Après chaque extrait, les personnes présentes dans la salle intervenaient, donnaient leur vision des choses, partageaient ou non celle de la biffine interviewée. Nous avons recueilli, au cours de l’atelier, tous les mots et thématiques évoqués, les liens qu’ils avaient entre eux, constituant ainsi, sur le vif, un nuage de mot. C’est ce nuage qui a servi de base pour l’atelier suivant. Nous avons creusé les thématiques et la question de la mobilisation des récupérateurs-vendeurs pour défendre leurs droits a alors pu émerger. Martine a raconté son expérience auprès du collectif Sauve-qui-peut et nous a parlé de la difficulté de mobiliser à nouveau pour acquérir davantage de places, de reconnaissance et d’autonomie lorsque des marchés sont finalement autorisés, mais gérés par des tiers.

Conditions difficiles d’une recherche collaborative

Le dispositif de laboratoire social est complété par une recherche collaborative, dans le but de créer un partenariat avec les institutions de recherche et les différents opérateurs des territoires concernés. Cela correspond à un double enjeu :

  • Faire entrer dans le droit commun la possibilité de mettre en place des laboratoires sociaux citoyens et plus largement une recherche participative de la société sur elle-même.
  • Développer des stratégies à géométrie variable, incluant sous une forme collaborative tous les partenaires concernés, dans une logique de développement endogène des territoires.

Le collectif Rues Marchandes joue alors le rôle d’interface entre des espaces de travail instituant créant leurs propres référentiels et développant une contre-expertise par rapport à leur expérience (exemple des ateliers avec les biffins) et des espaces de travail institué prenant la forme de colloque, de séminaires, de commissions susceptibles de prendre en compte ce processus et de le traduire en termes d’aménagement et d’orientation politique d’une part ; de valider et diffuser des productions de connaissance d’autre part.

C’est ainsi que notre laboratoire social (LISRA) a développé un partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord en 2016 et 2017, offrant un cadre de visibilité et de débat public sur ces questions[4].

La notion d’économie populaire correspond à l’une de ces problématiques qui permet d’articuler ces espaces instituants et institués. Elle correspond à des situations de mobilisation d’une force de travail utilisant les matériaux disponibles ; c’est le cas des récupérateurs-vendeurs et de leurs espaces marchands. Elle correspond également à un schéma de développement endogène du territoire répondant aux besoins des populations dans une économie du commun.

L’articulation entre recherche-action et recherche collaborative, entre le dispositif de laboratoire social tel que Rues Marchandes et des dispositifs institués de recherche et d’opérationnalité, devrait permettre de diffuser cette connaissance et d’en dégager les modalités concrètes.

Cependant nous n’y sommes pas encore arrivés pour différentes raisons. La principale est la difficulté à dépasser l’addition des intérêts particuliers, le programme de recherche-action n’étant pas en mesure de trouver une autonomie suffisante faute de moyens financiers. C’est la limite des logiques d’auto-saisissement. Comment passer d’un espace interstitiel à un espace intermédiaire ? C’est-à-dire d’un espace de croisement et d’échange à la possibilité de faire levier au sein même des institutions ? Cette articulation entre production de connaissance et transformation sociale est le fondement de toute recherche-action.

Le bilan de ces trois années est donc loin d’être négatif par la richesse des expériences vécues, des échanges et des expérimentations. Néanmoins, ne pas pouvoir faire entrer l’expérimentation sociale et la recherche-action dans le droit commun (ligne politique et budgétaire en dehors des appels à projets) d’un développement dans la durée rend fragile et précaire ce processus, qui repose alors sur la volonté de quelques individus.

Une autre difficulté est de créer de nouveaux référentiels susceptibles de penser la société de demain alors que les paradigmes de recherche et d’action ne changent pas ou très peu. Pour cette raison, nous poursuivrons ce cheminement sur les prochaines années, élargissant la problématique de récupérateurs-vendeurs à celle de l’économie populaire, touchant d’autres activités.

La base des Rues Marchandes est ainsi de se positionner comme une forme écosystémique touchant à la fois la question du rapport au travail, du rapport au territoire, à l’espace public et aux minorités actives.

Bazin Hugues, Cappello Maëlle, Guien Jeanne, décembre 2017, article à paraître dans la revue Les Cahiers de l’Action au printemps 2018.

[1] http://recherche-action.fr/ruesmarchandes
[2] http://recherche-action.fr/ruesmarchandes/download/etude_sur_les_biffins_en_ile_de_france/Guide-biffins-edition-A4.pdf
[3]  http://recherche-action.fr/ateliersbiffins
[4] Des ateliers trimestriels se sont déroulés à la MSH PN ainsi que des forums publics les 2 novembres 2016 («  les biffins récupérateurs-vendeurs, acteurs de la ville et du réemploi) et le 21 novembre 2017 (« Économie populaire, sous-capitalisme ou alternative socio-économique ? »)

Éléments documentaires

  • BAZIN Hugues, RULLAC Stéphane, Étude qualitative portant sur les conditions de vie des biffins en Ile-de-France, Association Aurore/BUC Ressources/CERA, 2012 (http://recherche-action.fr/ruesmarchandes/download/etude_sur_les_biffins_en_ile_de_france/Les-biffins-etude-qualitative.pdf).
  • COMPAGNON Antoine, Les chiffonniers de Paris, Gallimard, 2017, (Bibliothèque illustrée des histoires)
  • CORTEEL Delphine et LE LAY Stéphane, Les travailleurs des déchets, Toulouse, Editions Erès, 2011
  • DOUMIC Laurence, ZELEZ Emmanuelle (réal.), 2016. Les tribus de la récup´. France THM Productions, 52 minutes.
  • GRIMALDI Yvan, CHOUATRA Pascale, De seconde main. Vendeurs de rue et travailleurs sociaux face à face dans la crise, L’Harmatta, 2014.
  • MILLOT Virginie, « Avec les biffins ? Engagements ethnographiques en cascades », in acte du colloque GIS Démocratie et Participation, 2015.
  • VIGARELLO Georges, Le Propre et le sale. L’hygiène du corps depuis le Moyen Age. — Seuil, 1985, (L’Univers historique).

Extension du domaine du travail (La Courneuve)

La proposition d’un revenu contributif prévoit l’extension du domaine du travail à des activités non reconnues ou invisibilisées et susceptibles d’être validées démocratiquement comme relevant de la contribution. Cette invisibilisation ne concerne pas aujourd’hui seulement le soi-disant travail informel mais également le travail salarié, ou encore le travail des indépendants (travail des services, travail artistique ou artisanal) lors de la fixation d’un prix.

L’enjeu de la journée sera de passer en revue divers types d’activités rencontrant sur le territoire Nord de la couronne parisienne des problèmes de reconnaissance et de qualification, voire étant complètement invisibilisées ou discréditées du fait de l’absence d’encadrement juridique.

La journée commence avec un panel d’acteurs du territoire présentant leurs activités et les problèmes rencontrés vis-à-vis de la reconnaissance et de la qualification de ces activités.

A partir de là nous essaierons durant le reste de la journée de réfléchir aux réformes (juridiques, politiques et sociales) et aux transformations des pratiques et des outils que cette journée idéale impliquerait ainsi que les voies possibles pour les mettre en œuvre. Nous essaierons de montrer que des solutions partielles existent déjà, mais que le revenu contributif sur lequel nous travaillons pourrait constituer un complément utile afin de développer de nouveaux types de solutions.

Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Plaine Commune, Territoire Apprenant Contributif » dont l’enjeu central est la définition et l’expérimentation d’une « économie de la contribution » et fera suite à la séance introductive qui avait été organisée au 6B le 13 juin 2017 (compte-rendu disponible ici : https://recherchecontributiveorg.files.wordpress.com/2017/06/cr-atelier-13-juin.pdf).

5 décembre 2017 dans les locaux de la pépinière de la MIEL

1 centre commercial la Tour, 93120 La Courneuve

de 09h30 à 17h00

RER B  La Courneuve-Aubervilliers

Merci de vous inscrire en remplissant ce formulaire avant le 01/12/17.

 

09h30 : Accueil des participants et introduction de l’atelier

10h00 : Table ronde : présentation par une série d’acteurs d’expériences concrètes de travail invisibilisé ou non-reconnu

11h20 : Discussion générale

12h00 : Pause déjeuner

13h30 : Présentation de solutions existantes aux problématiques présentées le matin

  • Emmanuel Antoire (association MINGA) autour de l’accompagnement à la reconnaissance d’activités

14h00 : Répartition des participants en groupes de travail

15h00 : Pause Café

15h15 : Compte-rendu de chaque groupe de travail en plénière

16h15 : Propositions pour envisager la suite de l’atelier et discussion générale

17h00 : Fin de l’atelier

Séminaire « Penser la/les transition(s) »

Le « social » des transitions : de l’équipement de populations d’individus pour l’insertion marchande à la constitution de publics intermédiaires – Séminaire de l’atelier « Penser la/les transition(s) »

Séance avec Hughes Bazin (Laboratoire d’Innovation sociale par la Recherche-Action), Boris Chevrot (Centre Max Weber, Université Lyon 2), Sonja Kellenberger (IRTESS Bourgogne) et Marielle Poussou-Plesse (CGC UMR CNRS uB 7366)

14 décembre 2017 – uB – MSH de Dijon – salle des séminaires de 14 h. à 17 h (accès/informations pratiques ici)

La social-démocratie européenne cherche à se tailler des habits neufs dans le maillage de droits toujours plus individualisés à transition. L’individu est enjoint de mobiliser ces droits comme des équipements à gérer, des créances qu’il peut tirer sur la collectivité en contrepartie d’une obligation à se construire comme autonome et mobile (ne pas s’enfermer dans le chômage, dans un emploi déqualifiant ou pénible, en se formant ; se socialiser aux normes d’un savoir-habiter pour intégrer au plus vite un logement de droit commun ; se soigner pour préserver son capital santé à long terme, etc.). Un État d’investissement social définit et quadrille des populations pour rendre leurs individus solvables, crédibles et flexibles face aux marchés du travail, du logement, de l’enseignement, de la santé. Les difficultés des travailleurs et intervenants sociaux (mais aussi des syndicats) à faire avec et mettre en œuvre ces nouveaux droits offrent une entrée privilégiée sur un spectre de débordements : un autre « social » déborde les logiques surplombantes pré-catégorisant les individus comme plus ou moins éloignés du marché du travail et déborde plus largement les postures d’autorité prétendant circonscrire des besoins indépendamment de leur expression par les intéressés. Des dispositifs prenant le risque de l’ouverture à ces débordements (l’accueil de familles Roms dans un village de stabilisation, la qualification de biffins comme éco-développeurs, la lutte contre l’isolement de précaires ruraux) permettent de qualifier l’enjeu d’autres transitions sociales autour de la constitution de « publics intermédiaires » (Cottereau).

Toutes les séances du séminaire 2017-2018 ici

 

1er Forum sur l’Économie sociale et solidaire dans les quartiers populaires

Ce forum de la coordination nationale Pas sans Nous, et LePoleS au-delà de la réflexion et de l’échange auxquels chacun est convié, s’est fixé comme objectif de construire une plateforme d’actions programmatiques qui seront rassemblées et publiées dans le « Premier manifeste d’Économie Solidaire pour les quartiers populaires ».

Inscription

Et si les pratiques étaient en avance sur les théories ? En effet, sur le terrain il existe de multiples liens entre mouvements sociaux et économie solidaire, or le dialogue entre spécialistes de ces deux domaines reste trop rare. Cette ignorance mutuelle n’est plus tenable. Comme les acteurs les chercheurs en matière d’économie sociale et solidaire ont beaucoup à apprendre de ceux qui se dédient aux mouvements sociaux et réciproquement.
En lien direct avec la thématique abordée dans le forum économie solidaire et quartiers populaires, l’ouvrage s’interroge sur les liens entre mouvements sociaux et économie solidaire:

Mouvements sociaux et économie solidaire

Jean-Louis Laville – Geoffrey Pleyers

Elisabetta Bucolo – Jose Luis Coraggio

Editions Desclée de Brouwer – Editions FMSH

Parution le 15 novembre

21 novembre 17h30 : Présentation de l’ouvrage à la bibliothèque de la MSH

54 Bd Raspail – 75006 Paris

Revalorisation des déchets & réinsertion. Quels enjeux pour l’économie populaire ? (Méru – 60)

Dans le cadre de la 11e édition de la Semaine de la Solidarité (solidarité internationale, développement durable) organisée par la vile de Méru (Oise)

  • 18h30 Vernissage de l’exposition ‘Les déchets (Exposition prêtée par le réseau Canopé, présentée par Cap Sud Emergences)
  • 19h Projection du documentaire ‘Les Catadores, les recycleurs de rue au Brésil‘.
  • suivi d’un débat à l’issue de la projection sur le thème : Revalorisation des déchets & réinsertion. Quels enjeux pour l’économie populaire ? avec Hugues Bazin, chercheur associé à la Maison des Sciences de l’Homme – Paris Nord.

date : 17 novembre 2017

lieu : Médiathèque Jacques Brel – 21 rue Anatole France – 60110 Méru

Économie populaire, sous-capitalisme ou alternative socio-économique ?

A travers la présentation d’expérimentations et un rappel historique et international, la possibilité de définir la notion d’économie populaire et de provoquer un débat public est un enjeu tout aussi économique, scientifique que politique.   Les acteurs-chercheurs du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action et le collectif Rues Marchandes sont heureux de vous inviter au [...]

Économie populaire, sous-capitalisme ou alternative socio-économique ?

A travers la présentation d’expérimentations et un rappel historique et international, la possibilité de définir la notion d’économie populaire et de provoquer un débat public est un enjeu tout aussi économique, scientifique que politique.

Les acteurs-chercheurs du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action et le collectif Rues Marchandes sont heureux de vous inviter au séminaire recherche-action en partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord

Mardi 21 novembre 9h – 12h30, auditorium de la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord
20 av George Sand 93210 St-Denis la Plaine, M° 12 Front populaire, RER B La Plaine – Stade de France

Entrée libre sur inscription

Cette rencontre boucle le programme de recherche-action labellisé par la MSH PN « La biffe comme éco-développement urbain : recherche-action pour la revalorisation des « rues marchandes » et le travail des biffins ». Le laboratoire social LISRA poursuit ainsi l’exploration et la valorisation des situations d’implication des acteurs producteurs de connaissances dans les processus de recomposition sociaux et économiques.

Présentation

L’économie populaire est habituellement renvoyée à une sous-économie capitaliste « aux pieds nus » (secteur informel, économie souterraine, stratégies de survie, etc.). Il n’existerait donc qu’un seul modèle économique, celui qui nous domine. Pourtant l’économie populaire structure des pans entiers de la société, pas seulement des « pays du Sud ».

atelier d’autonomisation à la mécanique @medication time

Nous pourrions concevoir autrement la notion d’économie populaire qui englobe tout en la dépassant l’économie informelle en l’intégrant dans un schéma de développement. Elle ne se réduit pas à une économie de subsistance, mais ne valide pas non plus une économie productiviste qui conforte les inégalités et grossit cette main-d’œuvre surnuméraire précarisée ou exclue dans les périodes de récession.

Elle désigne alors l’ensemble des activités économiques et des pratiques sociales développées par les groupes populaires en vue de garantir, par l’utilisation de leur propre force de travail et des ressources disponibles, la satisfaction des besoins de base, matériels autant qu’immatériels. Elle peut prendre concrètement différentes formes comme l’illustrera la présentation d’expérimentations : ateliers autogérés, groupe d’achat, échoppes fixes ou ambulantes, petites réparations, systèmes d’échange local, cuisines collectives, récolte des déchets et revente dans la rue ou au bénéfice de dispositif de récupération…

Entre une économie sociale institutionnelle en difficulté pour répondre aux enjeux contemporains et l’illusion libérale d’une autorégulation marchande, la notion d’économie populaire et solidaire rappelle l’impossibilité de complètement marchandiser le travail et la vie entière. Cette notion est issue d’un travail de légitimation de l’économie populaire opéré par des chercheurs et acteurs sud-américains et prolongé par des responsables publics ayant instauré des politiques qui visent à favoriser sa dimension solidaire.

Une économie endogène aux territoires indiquerait que l’économie est subordonnée à la politique et aux relations sociales, elle ne peut se concevoir comme entité autonome en dehors des institutions de la société. Par leur propre force de travail, ces organisations de base, soucieuses d’une certaine justice sociale, comblent par l’innovation sociale l’absence de dispositifs et d’alternatives politiques. Ainsi la pratique populaire des espaces pourrait être abordée sous sa forme structurante, écosystémique de tiers espaces, par l’étude des pratiques de maîtrise d’usage sur les territoires (cf notre rencontre du 16 octobre 2017 sur les « espaces d’émancipation collective et de transformation sociale »).

Notons que les notions de bien des communs, d’économie des communs ou encore d’économie contributive participent également à dégager de nouvelles perspectives sur la question de la propriété, de la gestion collective des ressources et la pertinence d’une approche socioéconomique non évolutionniste de la pauvreté et des inégalités.

Ces écosystèmes instituants joueraient un rôle de régulateur et confirmeraient que l’économie populaire et solidaire n’offre pas simplement un cadre d’analyse, mais aussi d’action. Elle révèle et légitime la faculté des acteurs des territoires « en déprise » d’engendrer des contre-mouvements pour se protéger eux-mêmes et leur environnement de cette menace. Est-ce que ces résistances sociales engendrent d’autres modèles entrepreneuriaux que ceux qui visent à reproduire une structure hiérarchique entre classes sociales ? La possibilité de définir la notion d’économie populaire et de provoquer un débat public est donc un enjeu tout aussi économique, scientifique que politique.

Déroulé de la matinée

Le but du séminaire recherche-action est d’outiller les acteurs-chercheurs dans la construction de cadres de pensée et d’action. Jean Louis Laville (*) se propose de jouer le rôle de « grand témoin », amenant des éléments d’analyse en dialogue avec les expérimentations des acteurs-chercheurs.

9h – Accueil

9h30 – Introduction du séminaire : recherche-action et économie populaire, deux espaces d’implication en dialogue par le LISRA

9h45 – Exposé : Enjeux d’une économie populaire solidaire dans une perspective historique et internationale par Jean-Louis Laville.

L’intervention s’efforce à la fois d’identifier les raisons historiques de l’invalidation symbolique de l’économie populaire et les expériences étrangères qui permettent de penser un soutien public à l’économie populaire solidaire.

10h30 – Connaissance pragmatique et scientifique d’une économie populaire à travers des expérimentations par la recherche-action sur différents territoires :

  • L’économie populaire des récupérateurs vendeurs, marqueurs entre deux conceptions du développement (organisation économique, rapport au territoire, comparaison internationale), par le collectif Rues Marchandes.
  • « MAC & ACRA, deux figures coopératives de pérennisation des activités de mécanique de rue, des pratiques de l’économie populaire ordinaire à une variante plus circulaire et moins précaire », par Abou Ndiaye.
  • Tentatives de communismes immédiats, là où nous vivons : Récit d’une mise en commun de fonds pour financer des initiatives non-exploiteuses, et pour expérimenter une activité de production avec un salaire sans obligation de travailler. Ici, là où nous vivons, par Nicolas Guerrier par Nicolas Guerrier.
  • L’économie contributive sur la Plaine Commune : approches conceptuelles et perspectives territoriales, Le modèle de contributivité que la Chaire de Recherche tente de porter est basé sur une redéfinition du Travail dépassant la situation d’emploi, par Clara Drevet et Federico Puletti.
  • Les « initiatives citoyennes économiques » dans le Quartier de l’Arianne à Nice Des habitants font du troc, de la récupération. Ils aménagent quotidiennement, dans l’espace public, une zone de gratuité au bénéfice de touTEs, par Christophe Giroguy.

11h 30 Débat : dialogue à partir des expériences, alimenté par d’autres contributions de la salle

(*) Références biblio : L’économie sociale et solidaire. Pratiques, théories, débats, Seuil, 2016 (Coll Points Économie). – Dictionnaire de l’autre économie, Gallimard, 2006 (Coll Folio actuel).

 

Transformer les déchets en citoyenneté (Projection Débat – Paris)

Dans le cadre du village Alternatiba, Une Seule Planète vous invite à une projection/débat autour de son film : « Catadores, recycleurs de rue au Brésil, transformer les déchets en citoyenneté ».

Dimanche 1er octobre 2017

Village Alternatiba, Place de la bataille de Stalingrad, 75019 Paris, M° Stalingrad

 

Longtemps marginalisés et stigmatisés, certains recycleurs de rues brésiliens, les catadores, se sont progressivement organisés pour la reconnaissance de leurs droits et de leur profession.

C’est ainsi que ce pays a vu naître sur son territoire des centaines de coopératives et associations de catadores. Ces travailleurs contribuent à construire une économie populaire, dont la finalité n’est pas uniquement monétaire, mais aussi sociale et environnementale.

En France, la situation est très différente. Gérés par les collectivités territoriales et souvent déléguées à des entreprises privées, la plupart de nos déchets finissent enfouis ou incinérés.

Pourtant, que ce soit les biffins en Ile de France où d’autres initiatives de l’économie sociale et solidaire, de nombreux exemples montrent les bénéfices générés par une autre gestion des déchets.

La projection sera suivie d’un débat, qui sera l’occasion d’interroger la place des déchets dans nos sociétés et de faire un parallèle entre le Brésil et la France.

Ce documentaire produit par Une Seule Planète a été réalisé par Echo’Via, une association engagée autour de la production et la réalisation de projets audiovisuels et plurimédias à caractère social, écologique et solidaire.

 

Programme

– 13h00 : Accueil

– 13h30 : Projection du film « Catadores, recycleurs de rue au Brésil, transformer les déchets en citoyenneté » (32 min.)

– 14h00 : Débat

– 14h45 : Pot de l’amitié

Intervenants

  • Hugues Bazin, chercheur indépendant en sciences sociales, membre du collectif Rues Marchandes.
  • Zéro Waste Paris : Association pour la promotion d’une société zéro déchet.

Animation

Valentin Prelat, chargé de communication du programme Une Seule Planète.

 

Appel à regroupement

 

Nous, collectif Rues marchandes et association AMELIOR, qui fédérons les biffins et leurs soutiens afin d’organiser des marchés et de mieux faire connaître la biffe en Île de France, souhaitons étendre notre lutte au niveau national. La première étape est d’en rencontrer les acteurs et actrices, ceux et celles qui partagent notre condition et notre lutte. C’est pourquoi nous lançons un appel à regroupement des acteur-rice-s de la récupération-revente en France, biffins-e-s et toute personne consciente des problèmes qu’ils et elles rencontrent, et désireuse de s’engager pour cette cause : citoyens solidaires, travailleur-se-s sociaux, militants environnementaux, etc… Dans le but de fonder une Fédération nationale des acteurs de la récupération populaire.

Merci d’y répondre et/ou de le faire circuler aussi largement que possible aux personnes qui vous semblent concernées !

Dans l’espoir de rassembler nos forces et d’avancer ensemble,

Solidairement,

l’association AMELIOR et le collectif Rues Marchandes.

http://amelior.canalblog.com
https://www.facebook.com/AssociationAmelior/
http://recherche-action.fr/ruesmarchandes/