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Journée mondiale des récupérateurs de «déchets» 1er Mars

« Le réemploi et le recyclage sont entre nos mains! »

A l’appel de l’Alliance Mondiale des Récupérateurs de « Déchets », des biffinEs des associations Sauve Qui Peut ( biffinEs de la porte Montmartre) et AMELIOR ( biffinEs de Paris, Montreuil, Bagnolet et d’Ile de France), associations de travailleurs excluEs de l’économie circulaire du réemploi et du recyclage populaires

Rassemblement sur la Place de l’Hotel de Ville de Paris le mercredi 1er mars 2017 de 8h à 18h à l’occasion de la Journée Mondiale des récupérateurs de « déchets »

Solidaires de nos camarades des mouvements populaires des recycleurs et récupérateurs du monde entier en lutte contre l’exclusion, la pauvreté et le réchauffement climatique, nous nous rassemblerons pour réclamer aux éluEs du conseil de Paris la reconnaissance de nos métiers et l’arrêt des politiques répressives criminelles et scandaleuses conduites depuis 10 ans à Paris

Nous ne sommes pas des délinquantEs! Nous sommes des travailleurs!
la pauvreté n’est pas un crime! la répression est un scandale !
Pour une ville sans excluEs, aucun travailleur sans droit!

Nous réclamons :

  • Le droit au travail pour touTEs les biffinEs.
  • Une place et un marché pour touTEs.
  • la création d’espaces marchands organisés dédiés aux biffinEs et à leurs acheteurs, soit 6 marchés de 100 places chacun réparties sur 6 arrondissements aux portes de paris, 3 jours par semaine.
  • 10% des places pour les biffinEs sur les vides greniers, brocantes et marchés alimentaires découverts parisiens.
  • le soutien aux organisations des biffinEs.
  • la reconnaissance et le développement des métiers verts des biffinEs (collecte tri valorisation réparation réemploi recyclage vente).
  • l’octroi de locaux pour les associations de biffinEs!
  • La prise en compte par les pouvoirs publics dans le droit commun des marchés biffins actuels et des expérimentations qui les accompagnent.
  • Pour le développement d’une économie populaire et des recherches-actions.
  • Pour une économie circulaire et populaire qui résiste!
  • Arrêt des confiscations et des destructions des biens de recup’ des biffinEs.
  • Non aux bennes et à l’incinération.

Actes du forum les biffins récupérateurs-vendeurs, acteurs de la ville et du réemploi

Le mercredi 2 novembre 2016, le collectif Rues Marchandes organisait sa première rencontre publique à la Maison des Sciences de l’Homme de Paris Nord, sur le thème des récupérateurs vendeurs, autrement appelés biffins.

Le collectif de recherche-action Rues Marchandes rassemble et met en relation des personnes et des structures concernées par la question des biffins récupérateurs-vendeurs et de l’économie solidaire. Son objectif est de produire et de diffuser, avec les biffins, des connaissances à même de répondre aux manques, d’une part de considération de l’activité économique, sociale et écologique de la biffe, et d’autre part d’espaces marchands dédiés à cet effet.

La journée, ouverte à tous, avait plusieurs objectifs. Dans un premier temps, le matin, il s’agissait de donner la parole à divers acteurs (chercheurs, biffins, associations) afin de faire connaître la population des récupérateurs-vendeurs, souvent invisibilisée, les objets traités par celle-ci – déchets ou objets déchus – , de replacer dans son contexte historique cette activité de la biffe, vieille de plusieurs siècles, pour enfin faire valoir le rôle des biffins dans la ville, l’utilité environnementale et sociale de leur travail. Sur la base de ces matériaux, l’après-midi prenait quant à elle la forme d’un atelier de recherche-action  visant sur la base des matériaux du matin à dégager des problématiques transversales qui pourraient se traduire en expérimentations concrètes pour l’amélioration des conditions d’exercice de la vente et de la récupération, et l’autorisation de diverses formes de marchés. Les participants étaient invités pour étayer leurs réflexions et propositions à reprendre quatre thématiques : « La culture, c’est pas du superflu, c’est notre survie, notre vie ! », « La rue, c’est pas vide, c’est l’espace de tous ! », « Économie souterraine ? Non, économie populaire ! », « Pas sous prolétaires, travailler les déchets, c’est un métier !

C’est Alain Bertho, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, qui a ouvert la journée de rencontres et d’échanges en soulignant l’importance de faire valoir l’expertise des populations concernées dans la gestion de la ville et la réflexion sur leur transformation. C’est dans cette dynamique que le Collectif de Rues Marchandes, présenté par Hugues Bazin, chercheur indépendant en sciences sociales et fondateur du laboratoire d’innovation social par la recherche action, mène une recherche-action où les citoyens intéressés, biffins, chercheurs, associations collaborent afin de produire de la connaissance venant directement du terrain, qui permette de faire émerger des pistes d’actions concrètes pour répondre aux besoins des principaux intéressés et améliorer les conditions d’exercice de la biffe.

Forum

Afin de mieux comprendre le sujet des débats de la journée, Mélanie Duclos, anthropologue, est revenue sur les multiples significations du terme « biffe » et sur l’histoire des biffins depuis la révolution industrielle jusqu’à nos jours. La biffe désigne aujourd’hui l’activité de recherche de biens dans les poubelles ou dans la rue puis la revente des objets trouvés. Les biffins, qui pratiquent la biffe donc, ont été repoussés aux portes et en périphéries des Villes suite à une série de mesures politiques appliquées au cours des deux derniers siècles. En région parisienne, les biffins ne peuvent vendre légalement que dans deux espaces de marché.

L’obtention de ces espaces autorisés a fait l’objet de plusieurs luttes portées par les biffins eux-mêmes. Martine et Chantale, toute deux biffines, nous ont raconté l’histoire du collectif Sauve Qui Peut à l’origine de la création du Carré des Biffins en 2009, géré par l’association Aurore, puis de l’association Amélior et de la mise en place d’un marché auto-géré. Patrick, Anibal et Clarisses, membres eux aussi de l’association Amélior, les ont rejoints sur la scène pour décrire la manière dont chaque biffin joue un rôle dans l’organisation de ce marché et sur sa bonne tenue.

Ces espaces de marchés ne sont pas uniquement des lieux de ventes. Ils sont aussi et surtout des espaces sociaux. Sumijhra Dharmasena, biffine et auteure, nous a lu plusieurs extraits de son livre intitulé « Le Pont », dans lesquels s’expriment avec beaucoup de poésie, la diversité des profils et les liens qui unissent les biffins qui vendent sur le Carré, à la Porte de Montmartre.

Les interventions suivantes, de Nikholae, membre de l’association Intermèdes et de Florence Lévy, anthropologue nous ont éclairées sur les situations des biffins Roms et chinois, communautés méconnues et peu représentées dans les collectifs notamment en raison de la barrière de la langue.

Enfin, Radia Slimani, ingénieure en énergies renouvelables a présenté les résultats d’une enquête préliminaire menée par Make Sense, visant à quantifier l’impact environnemental et économique de la biffe.

En parallèle de ces interventions, Martine et Patrick ont monté des stands éphémères sur la scène afin de montrer quels types d’objets pouvaient être sauvés des poubelles et étaient susceptibles d’être vendus sur les marchés. La matinée a aussi été ponctuée de projection de vidéos documentaires et de clips musicaux retraçant les parcours de la biffe, des luttes et des revendications.

 

Le déjeuner s’est déroulé dans la salle où étaient exposées une série de photographies de biffins, prises à travers le monde par plusieurs photographes et chercheurs. Bénédicte Florin et Claudia Cirelli, respectivement géographe et anthropologue, à l’origine de l’exposition, nous ont alors expliqué les spécificités de la biffe dans les pays visités (Egypte, France, Maroc, Turquie…).

Atelier

Le forum du matin a exposé des récits d’expérience émanant des biffins récupérateurs-vendeurs (voir synthèse). Ces matériaux de vie et de réflexion croisent des questions transversales. L’atelier de recherche-action de l’après-midi propose de les problématiser pour qu’elles deviennent des questions publiques et débouchent sur des initiatives en termes d’expérimentations de la part du collectif Rues Marchandes, et sur une prise en compte de la part de nos partenaires, notamment les collectivités territoriales.

La culture, c’est pas du superflu, c’est notre survie, notre vie !

Les récupérateurs-vendeurs mobilisent leur culture comme ressource. Cette culture ne se situe pas en dehors de l’économie, mais fait prioritairement partie de l’économie de survie. La culture permet de résister et de construire des stratégies. Plus généralement, une culture de résistance est issue de forme de luttes, comme en témoigne la réappropriation du terme « biffins » par les récupérateurs-vendeurs. C’est un mouvement qui part du bas vers le haut à l’instar de la culture paysanne et ouvrière ou encore des minorités actives, c’est à dire des groupes restreints, mais susceptibles d’influencer l’ensemble de la société. C’est l’enjeu d’aujourd’hui : comment la culture biffine peut-elle constituer une minorité active alors que nous nous ne somment plus au temps des chiffonniers du XIXe siècle dont la culture de classe s’appuyait sur une communauté d’habitat et de travail ?

Le « Guide culturel » est une proposition d’expérimentation collective à travers la mise en place d’ateliers d’écriture et de récits d’expérience. Des structures de proximité et des associations là où vendent ou habitent les récupérateurs vendeurs pourraient assurer un relais et accueillir les ateliers. Le guide culturel se conçoit comme un outil de valorisation de la culture de la biffe dévalorisée ou invisible. Il s’agit de déconstruire des clichés et légitimer la place de populations discriminées dans l’espace public. C’est aussi un outil de conscientisation interne qui participe à une auto-formation réciproque. Ce serait enfin un guide concret pour outiller les acteurs concernés à l’élaboration et la négociation de rues marchandes.

La rue, c’est pas vide, c’est l’espace de tous !

Il y a différentes façons d’occuper l’espace public et différentes manières de voir cette occupation, selon par exemple que l’on est automobiliste ou piéton. Il en est de même pour le biffin : nuisance ou attractivité du territoire ? La rue est une négociation permanente. Qui maîtrise l’usage de l’espace, selon quels critères ? Le marché biffin en est un exemple, on peut investir un espace sans le privatiser et en être co-responsable, encore faut-il que cet espace soit ouvert. Est-ce que les marchés biffins participent à l’attractivité des territoires ou à sa dégradation, c’est tout l’enjeu des rues marchandes.

Un travail cartographique permettrait à la fois d’actualiser les lieux de la récupération et de la vente en région parisienne et en même temps d’explorer la possibilité d’aménager des lieux et configurer une typologie des espaces marchands. Des modalités de négociation pourraient être définies pour que des espaces (friches, espaces en transition ?)  accueillent des marchés en relation avec des partenaires, voire constituer des lieux plus permanents pour entreposer et trier des objets.

Économie souterraine ? Non, économie populaire !

La notion d’économie populaire renvoie à l’articulation entre une économie de survie quotidienne et l’industrie du recyclage. Il y a une question d’échelle pour cette économie de proximité avec une économie régionale, voire internationale quant à la récupération des déchets. Il y a aussi une question de statut entre entrepreneuriat individuel et une économie coopérative collective. Est-ce que le statut doit passer nécessairement par les structures classiques de l’économie sociale et solidaire ? Constatant qu’il existe des difficultés pour penser cette économie aussi bien entre économie de proximité et autres échelles économiques qu’entre économie populaire et modèle économique existant, qu’il se veuille ou non alternatif au modèle dominant. Parlons-nous d’une insertion qui se conforme aux lois du marché et qui repose sur la structure des inégalités sociales ou l’addition de stratégies individuelles de survie ? Est-ce un entrepreneuriat social visant à l’intérêt général ou  simplement l’addition des intérêts de survie individuels ? À quel statut correspondrait cette gestion ? Lorsqu’elle relève de l’entreprise privée, cette économie de gestion des déchets est valorisée tant qu’elle reste cachée ou inaccessible. Mais quand elle occupe espace public, elle devient répréhensible. Le type d’économie renvoie inévitablement au type de société que nous voulons développer. Une économie du commun serait aussi une manière de qualifier une gestion collective, entre  économies publique et privée.

Négocier des espaces de collecte au bas de immeubles (à relier avec la proposition de cartographie de l’espace public dans la thématique précédente), ce qui rend nécessaire une stratégie de communication sur le circuit court de la biffe et les dispositifs mis en place. En même temps, cela doit être réfléchi avec les compétences que pourraient nous apporter l’économie sociale et solidaire et le milieu de  l’entrepreneuriat social sur un modèle économique propre aux biffins et susceptible de  déboucher sur un statut.

Pas sous-prolétaires, travailler les déchets, c’est un métier !

Ce thème renvoie à la question du statut et de la validation des compétences, ainsi qu’au statut du travailleur, à l’articulation entre le statut informel et celui du salarié classique. Il y a donc une dynamique entre la reconnaissance des droits des biffins de récupérer et de  vendre, le fait de pouvoir investir des lieux et le fait d’acquérir un statut.

Une formation action des acteurs de la biffe articulée avec la proposition des ateliers du guide culturel (voir premier thème) pourrait contribuer à une validation par l’écriture d’un certain nombre de compétences. Cette formation-action permettrait de former des cadres biffins, qui pourraient assurer l’interface avec les institutions et les collectivités territoriales ou être co-gestionnaires du marché avec des partenaires associatifs.

Télécharger l’intégralité des actes de la rencontre :

Actes Forum 2 Nov 2016 Les Biffins Acteurs Du Réemploi
Actes Forum 2 Nov 2016 Les Biffins Acteurs Du Réemploi
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Les biffins récupérateurs-vendeurs, guide indigène de la ville

Depuis près de deux ans, le collectif de recherche-action Rues Marchandes, rattaché au LISRA (Laboratoire d’innovation sociale par la recherche-action) et en partenariat avec la MSH (Maison des sciences de l’homme) Paris Nord, met en relation différents acteurs et structures concernés par la question des biffins, récupérateurs-vendeurs d’objets trouvés dans les poubelles, et de l’économie solidaire.

Partant du constat d’un manque de considération de l’activité de la biffe d’une part, et d’autre part d’espaces marchands dédiés à cet effet, l’objectif du collectif est double : oeuvrer à la revalorisation du travail des biffins en particulier et des acteurs des rues marchandes en général – ces économies populaires de rue, bien souvent informelles, qu’on voit se développer toujours davantage dans les villes dites du Nord ; concevoir et réaliser des formes concrètes et reconnues d’expérimentation de ces rues marchandes.

Parmi les différents outils développés dans ce but, Les biffins récupérateurs-vendeurs. Guide indigène de la ville se propose de rendre compte de la situation des biffins de l’ïle-de-France tout en pointant quelques-unes des grandes questions que celle-ci soulève. Questions de culture, d’espace, d’économie et de statut, structurent ce petit livre qui se veut tout autant outil de diffusion qu’arme de reconnaissance.

Guide des Biffins - Présentation
Guide des Biffins - Présentation
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Les multiples casquettes des collecteurs de déchets – Forum le 15/12 organisé par Make Sense

makesense-logo-no-background1

Make Sense, membre récent du collectif Rues Marchandes, pour lequel il a lancé une étude sur l’impact écologique et économique de la biffe en Ile-de-France (présentée à l’occasion du forum du 2 novembre, et qui fera prochainement l’objet d’un nouvel article), a le plaisir de vous convier à un forum sur les collecteurs de rues, qui aura lieu le 15 décembre, dans ses locaux, situés au 11 Rue Biscornet, 75012 Paris (métro Bastille).

A cette occasion, Radia Slimani, présentera son projet de voyage et de documentaire sur les chiffonniers, documentaire qui se voudra intégré à la base de matériaux de Rues Marchandes.


PROGRAMME DE LA SOIRÉE

Le film Before the Flood the Leonardo Dicaprio était de bonne facture mais il avait trois défauts : 

1 -Il oubliait de préciser que le moyen le plus efficient de lutter contre le changement climatique c’est de promouvoir le réemploi

2- Le déluge a déjà commencé : les collectivités et les écosystèmes sont submergés de déchets

3- Les films catastrophe c’est intéressant mais pourquoi ne pas parler des solutions ?

Après 9 mois de campagne autour des Waste Collectors Future of Waste vous invite à son forum de fin d’année pour débattre des expérimentations sociales et techniques de collectes sélectives qui peuvent préserver notre environnement, créer de l’emploi et du lien social

 

19H-20H Ateliers de co-construction et animations

 Quel système pour la collecte sélective des déchets organiques à Paris ?

Mohamed Béloribi de Ecol’or

Nathaly Hery de SUEZ

 Jeux de société sur le recyclage ?

Simon et Charlie de Game Impact

Comment valoriser les déchets récoltés pendant les opérations de nettoyage ?

Kévin Le Flohic d’une petite marche pour une grande démarche

Remi Boyer du Techshop / Axolotr

 Quel pourrait être le meilleur format pour un documentaire sur les waste pickers ?

Radhia Slimani Future of Waste

Hugues Bazin de Rues Marchandes

 Stands de Biffins et discussions sur l’infographie

Avec AMELIOR

 

20H – 21H  Débat :

Comment tripler le taux de recyclage et de réemploi à Paris ?

Avec LemonTri, Rues Marchandes, d’une petite marche pour une grande démarche, SUEZ

 

21H -22H Apéro pour poursuivre les discussions

Il y aura quelques bières locale BapBap et des chips Retoquées à la vente mais venez avec une boisson ou des amuses bouche en vrac 

Inscriptions sur : https://www.kawaa.co/fr/rencontre/2250
Page Facebook de l’événement : https://www.facebook.com/events/1385380464824403/


En espérant vous y voir nombreux !

Appel pour le développement des recherches participatives en croisement des savoirs

Cet appel émane d’un séminaire sur « l’épistémologie des recherches participatives et en croisement des savoirs avec des personnes en situation de pauvreté1 ». L’objectif était de confronter les questions et méthodes portées par différentes équipes ayant réalisé des recherches participatives et en croisement des savoirs 2, afin d’analyser leur validité, leur rigueur et leur [...]

Rues marchandes, les chercheurs et l’action

les « Rues marchandes » interviendront à cette journée dédiée à la recherche-action :

161129_mshRecherches collaboratives, participatives, contributives, impliquées… : si le vocabulaire n’est pas vraiment fixé, les expériences se multiplient, donnant une nouvelle jeunesse aux recherches-actions.
161129_msh2
Souvent mal reconnues au regard des critères académiques, ces démarches répondent à un double besoin : celui des chercheurs et celui des acteurs. D’un côté, les disciplines constituées éprouvent leurs limites face aux situations contemporaines, leurs enjeux démocratiques, et face à l’émergence de nouveaux objets. Elles cherchent à les dépasser par l’interdisciplinarité et la mobilisation de partenaires non académiques. De l’autre, les acteurs sociaux, économiques, politiques, institutionnels sont en demande d’un éclairage savant qui intègre et prenne en compte leur propres problématiques et objectifs. Les limites contemporaines de l’institution sont également en jeu : limites avouées dans la capacité à penser des situations, limites dans la capacité à décider et à faire ; limite dans la capacité de représentation politique.

Lieu et inscription

MSH Paris Nord – 20 avenue George Sand – 93210 La Plaine Saint-Denis
Métro Ligne 12 – Terminus station Front Populaire, RER B La Plaine – Stade de France

Inscription obligatoire

Programme

9h ouverture par Alain BERTHO

1. Pourquoi de nouveaux paradigmes de recherche ?

Quel contexte politique, social, technologique ? Quels impensés du monde actuel ?

  • Bernard STIEGLER > IRI, université de Compiègne > Disrupion et recherche contributive
  • Sylvain LAZARUS > université Paris 8 > Aujourd’hui, que faire dans le travail d’enquête de l’hypothèse d’une capacité politique des gens ?
  • Marion CARREL > université Lille 3 > Vers une épistémologie post-pauvreté ? Les enjeux du croisement des savoirs entre personnes en situation de pauvreté, praticien.ne.s et chercheur.e.s chez ATD Quart Monde

10h30-11h pause café

2. Les chercheurs interpellés : par qui et pour quoi ?

Qui est prescripteur ? (La puissance publique ? Une entreprise ? Un collectif militant ? Les intéressés eux-mêmes ?) Quels sont les besoins ? Quels vides remplissent-ils ?

  • Hugues BAZIN > LISRA > Quand la commande vient d’ « en-bas » : le principe de laboratoire social au prisme d’une recherche-action avec les récupérateurs vendeurs
  • Patrick BRAOUEZEC > Président de Plaine Commune > Territoire et recherche-action : une coopération à consolider.
  • Marc LIPINSKI > CNRS >10 ans de partenariats institutions – citoyens pour la recherche et l’innovation (Picri) et après ?

12h30 -14h repas

3. Quels formats de recherche i pour quelles finalités ?

Quelles collaborations ? Pour quels savoirs ? Produit-on du commun ou des usages disjoints ? Quelle finalité critique ou politique de la démarche ? Quels effets sur les disciplines et sur l’action collective ?

  • Francine SAILLANT > université Laval > La recherche dans les milieux communautaires au Québec : jeux de normes et d’éthique
  • Hugues BAZIN / Mélanie DUCLOS / Véronique POUPARD > Plaine Commune > Expérimenter les rues marchandes comme démarche de recherche-action avec les biffins sur Plaine Commune ?
  • Pascal NICOLAS LE STRAT > université Paris 8 > Faire commun en recherche

15h-15h30 pause

  • Jean Michel FOURNIAU > Iffstar > Excellence scientifique et pertinence sociale : deux critères indépendants dans l’évaluation des sciences participatives
  • Mathieu VALDENAIRE > FEJ,> Quelles recherches-expérimentations soutenues par le Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse ? Quelle capitalisation ?
  • Agnès DEBOULET > Université Paris 8 > Co-produire du savoir et de l’action : enjeux internationaux des formats coopératifs en milieu urbain (après Habitat III)

Conclusion des discutants de la première partie de la matinée

17h Cocktail

Semaine européenne de la réduction des déchets – 19 au 26 Novembre à Paris

Ce mercredi, le 23 Novembre, l’association AMELIOR participera à une table ronde sur « le réemploi sous toutes ses coutures » avec le REFER et l’association la Bricolette, de 19H30 à 20H30 à la Boutique Pédagogique, 32 rue du Maroc, 75019 Paris.
Il y a des animations et des ateliers toute la semaine. Pour avoir plus d’informations, vous pouvez aller sur le site de la Boutique Pédagogique : JETTE PAS L’EPONGE ! – La Boutique Pédagogique

Atelier Deuxième Vie des Objets – 1 décembre EHESS – Paris

Nous avons le plaisir de vous inviter à la prochaine séance de
l’Atelier « Deuxième vie des objets » intitulée « Les territoires et les lieux des déchets » le jeudi 1 décembre à l’EHESS – Paris de 9h30 à 12h30.

Nous écouterons les interventions de :

Jean-Baptiste BAHERS (Maître de conférences, ESO, École des Métiers de l’Environnement) et Mathieu DURAND(Maître de conférences, ESO Université du Maine), Vers une économie circulaire… de proximité ? Une perception différenciée des registres de proximité

Fanny RASSAT (doctorante LADYSS, Université Paris Diderot) et Jeanne GUIEN ( doctorante CETCOPRA, Université Paris I Panthéon-Sorbonne), Consommer et jeter en ville : pratiques de récupération et de recyclage de proximité à New York

Adresse : EHESS-Paris, Bâtiment Le France, 190-198 av. de France 75013 Paris, salle 15, RdC

Le séminaire est en accès libre.

Plus d’information sur le programme 2016-2017 sur le site de l’Atelier : http://dvo.hypotheses.org/activites

contact : dvo.seminaire1@gmail.com

Le comité d’organisation : Élisabeth Anstett (Chargée de recherche CNRS, IRIS), Nathalie Ortar (Chargée de recherche MEEM, LAET), Fanny RASSAT (doctorante LADYSS, Université Diderot Paris VII), Jeanne Guien (doctorante CETCOPRA, Universi
té Paris I Panthéon-Sorbonne.

Journée d’étude « Les chercheurs et l’action – Situations, collaborations et finalités » (St Denis)

Recherches collaboratives, participatives, contributives, impliquées… : si le vocabulaire n’est pas vraiment fixé, les expériences se multiplient, donnant une nouvelle jeunesse aux recherches-actions. Souvent mal reconnues au regard des critères académiques, ces démarches répondent à un double besoin : celui des chercheurs et celui des acteurs. D’un côté, les disciplines constituées éprouvent leurs limites face [...]

FORUM/DÉBAT Les biffins récupérateurs-vendeurs, acteurs de la ville et du réemploi : un autre visage de l’éco-développement et de l’économie solidaire

Le Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action, la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord et les acteurs du collectif Rues Marchandes : Amelior, Aurore, Intermèdes, Makesense, Le réseau de recherche Sociétés Urbaines et Déchets, Sauve qui Peut, WOS-agence des Hypothèses… … sont heureux de vous inviter au forum public : « Les biffins récupérateurs-vendeurs, acteurs [...]

FORUM/DÉBAT Les biffins récupérateurs-vendeurs, acteurs de la ville et du réemploi : un autre visage de l’éco-développement et de l’économie solidaire

Le Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action, la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord et les acteurs du collectif Rues Marchandes : Amelior, Aurore, Intermèdes, Makesense, Le réseau de recherche Sociétés Urbaines et Déchets, Sauve qui Peut, WOS-agence des Hypothèses

… sont heureux de vous inviter au forum public :

« Les biffins récupérateurs-vendeurs, acteurs de la ville et du réemploi,
un autre visage de l’écodéveloppement et de l’économie solidaire »

Le 2 novembre 2016 de 9h à 17h30

à la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord
20 avenue George Sand – 93210 La Plaine Saint-Denis – M° 12 Front populaire

 

Animé par le LISRA en partenariat avec la MSH PN, le collectif de recherche-action Rues Marchandes rassemble et met en relation des personnes et des structures concernées par la question des biffins récupérateurs-vendeurs et de l’économie solidaire. Son objectif est de produire et de diffuser, avec les biffins, des connaissances à même de répondre aux manques, d’une part de considération de l’activité économique, sociale et écologique de la biffe, et d’autre part d’espaces marchands dédiés à cet effet.

 

9h-9H30 Accueil des participants (Auditorium – 1re Étage)

9H30-10H « Raconte-moi Ta Rue Marchande »
Film réalisé par Claire Dehove et Julie Boillot Savarin (Wos Agence des Hypothèses)

10H-10H30 Introduction
Alain Bertho (Directeur de la MSH PN) et le collectif Rues Marchandes

10H30-12H30 Travaux de la recherche-action en cours
Présentation des travaux avec les biffins récupérateurs-vendeurs : le guide culturel et juridique, l’étude d’impact, la plateforme-ressource. Cette présentation sera étayée par divers récits d’expériences : histoires de vie, circuits de biffe, ateliers dans les camps de Rroms, la biffe à l’international, etc.

12H30-14H Pause déjeuner / Expositions (Salle panoramique – 4ème Étage)

  • Étals marchands : rencontre avec les biffins qui exposent leurs objets de récupération
  • Expo-Photo : “La mise en image du rebut. Matières, corp(u)s et pratiques autour des déchets”, le travail de la récupération et du recyclage des déchets dans diverses métropoles pour une reconnaissance du métier et une requalification de l’image des récupérateurs, en présence de trois chercheurs et photographes du réseau Sociétés urbaines et déchets. : Claudia Cirelli, Bénédicte Florin et Pascal Garret.

14H-17H Forum-Débat (Salle panoramique – 4ème Étage)
Quelles problématiques, stratégies et prospectives pour les « Rues Marchandes » ? Des récupérateurs-vendeurs, acteurs associatifs et solidaires, chercheurs, agents et élus de collectivités territoriales interviendront sur les travaux présentés le matin et réfléchiront avec les participants sur des pistes de réponse : Trois axes principaux orienteront la discussion : Espace public, droits et droit à la ville ; Statut(s) économique(s) des biffins ; Recyclage et acteurs du réemploi.

17H : Clôture de la journée
Alain Bertho et Rues Marchandes

 

Entrée libre sur inscription ci-dessous :

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Extrait d’enquête. Odile. Des savoir-faire et des amis pour se relever des maladies.

Par Mélanie Duclos

7 septembre 2016 – Marché de la Croix-de-Chavaux (Montreuil, 93) – Entre 9h et 12h

C’est notre premier jour de travail de terrain.

Il fait beau. Sous le préau de la place de la Croix-de-Chavaux, les clients sont encore peu nombreux, les allés marchandes aérées. L’ambiance est calme et même joyeuse : à l’entrée du marché qui fait face au métro, sur l’étal d’un de ses marchands, un transistor fait de la musique.

Ici et là, dans leur gilet jaune, on reconnaît les membres d’Amélior : l’association qui, chaque mois, avec le soutien de la mairie de Montreuil, organise et tient ce marché. Et puis il y a nous, les quelques chercheurs-acteurs du collectif Rues marchandes, venus ce premier jour à la rencontre des biffinsi.

Je fais un tour avant de me lancer, je flâne au hasard des allées. Ici des vêtements, des pantalons des chemises soigneusement pliées, là des bijoux de la vaisselle et des jouets pour enfant, ces étals hétéroclites typiques de la biffe plus encore que de la brocante. Sur les bords, à droite, à gauche, les Roms ont déballé à la suite les uns des autres. Au fond, les Chinois eux aussi se sont regroupés. Et puis il y a tous les autres : nationaux et immigrés du Maghreb ou de l’Afrique noire, descendants d’immigré aux peaux souvent foncées, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes.

C’est vers les femmes que je me tourne – car le rapport aux hommes peut être compliqué, pour le moins au premier abord, dans cet espace de rencontre qu’est la place du marché et où les jeunes blanches sont rares si ce n’est même absentes – vers une femme en particulier, connaissance de connaissance, qui connaît Martine et Chantale, biffines des Rues marchandes.

« Ah oui, Martine, si je la connais ?! Quel amour cette Martine ! »

Comme c’est souvent au marché des biffins où vis-à-vis des inconnus c’est la méfiance qui prévaut – vu l’informalité de la biffe, les concurrences entre biffins et les regards négatifs généralement portés sur eux – et où les liens de solidarité peuvent être, à l’inverse, extrêmement étroits, notre connaissance commune nous rapprochent et met en confiance.

« Tous les week-ends elle est venue me voir quand j’étais à l’hôpital. C’était l’année dernière, je me suis cassée le col du fémur. Elle était là tous les week-ends et même le jour de mon anniversaire, elle est venue avec des fleurs ! Vraiment, quel amour cette Martine ! »

Odileii doit avoir autour de soixante-dix ans, petite et mince, cheveux mi-longs gris, chemise simple et pantalon. Quand elle sourit, comme à présent, ses yeux se ferment presque et toutes ses rides sourient comme si elle n’avait cessé de sourire toute sa vie. Quand elle recouvre son sérieux, c’est pourtant de la tristesse qu’on lit dans ses yeux gris derrière ses lunettes, comme de la mélancolie.

« On se connaît depuis longtemps avec Martine. On s’était perdues de vue à un moment donné… Et on s’est retrouvées, un jour, dans une brocante. Une amie m’avait fait une petite place – moi j’ai pas les moyens, moi, pour les brocantes. Et y’avait Martine qui chinait. On était bien contentes de se retrouver ! »

Depuis l’allée marchande, pour mieux l’écouter, je suis passée de l’autre côté de l’étal où Odile est assise sur sa chaise pliante. Odile continue:

« Heureusement que je suis bien entourée comme ça. Parce qu’avec l’âge, vous savez, c’est de plus en plus difficile. Là c’est mon pied qui me fait mal, ça commence à m’inquiéter. »

Elle regarde son pied, enflé. Une cane repose à ses côtés.

« Je devrais faire des analyses la semaine prochaine… Heureusement qu’il y a Martine et mes amies des brocantes et mes voisines aussi, des dames très gentilles, qui me donnent des choses, des bijoux surtout parce qu’elles savent que j’aime beaucoup les bijoux. »

Elle n’en porte pourtant pas. Ni bague, ni bracelet, ni boucle, peut-être une fine chaîne dissimulée sous sa chemise ? Mais son étal en est rempli. Dans des bacs en plastique, les pendentifs et les bagues, les petits bracelets s’entremêlent. Sur le tissu rose sombre qu’elle a étendu sur l’asphalte, les colliers, les boucles d’oreilles et les bagues en argent couvrent la moitié de la place. L’autre moitié mélange des vêtements, des sacs et des outils de cuisine ou de décoration qu’Odile a disposés de manière à donner envie. Aux clients qui s’arrêtent, des femmes surtout et surtout sur les bijoux, elle donne en souriant tout un tas d’informations : matière, époque, provenance, technique de nettoyage et de confection…

« J’aime beaucoup les objets. Mais ceux que j’aime, par-dessus tout, c’est les objets naturels : en bois, en cuivre, en argent… Je sais pas pourquoi, mais ça me passionne. Alors je fais des recherches, je me renseigne, ça me rend curieuse. Je répare aussi. J’ai des outils chez moi, à la maison, pour réparer. Quand on me donne des objets abîmés ou cassés. Ou quand je trouve… »

Elle prend un air un peu coupable, coupable gentiment.

« Des fois, quand je trouve dans les rues, je ramasse aussi, ça m’arrive.

  • Mais tu tournes pas, tu fais pas des tournées des poubelles ?

  • Non, plus maintenant. Avec mon pied, j’ai mal aux hanches… J’habite le 19ème, à 15 minutes d’ici à peine et j’ai déjà du mal à venir à vélo, alors tu penses ! Avant oui… Avant, avec un ami, il avait une voiture, on faisait les encombrants, tu sais, en banlieue, dans le 91 surtout. Et les poubelles aussi dans Paris. Avant oui mais plus maintenant…

  • Ça fait longtemps que tu fais ça ?

  • Oh oui ! 1987. L’année de mon cancer. C’est cet ami justement qui avait la voiture qui m’a proposé. Il disait que ça me ferait du bien, de pas rester sans rien faire, de voir du monde et puis de vendre aussi. J’étais vendeuse avant, dans les grands magasins. C’est comme ça qu’on a commencé. À Saint-Ouen d’abord, rue Fabre, à l’époque où le placier disait rien. Puis à Montreuil… On a vendu longtemps tous les deux… »

Elle a son air mélancolique.

« C’était ton compagnon ?

  • Mon compagnon, oui. Il est mort le pauvre. D’un crise cardiaque il y a des années déjà. C’était moi qui avait des tas de problèmes de santé, et finalement c’est lui qui part et moi je reste… Alors voilà, mais je continue. Plus comme avant, maintenant, avec mon pied, je peux plus courir comme avant, quand il y avait la police, fallait courir hein ?! Halala ! Non, maintenant, c’est ici, avec Amélior et puis des fois des brocantes ou des vide-greniers quand j’ai des amies pour me garder la place. Ça me fait du bien, de retrouver les gens… Et puis faut boucler les fins de mois aussi. Avec ma petite retraite, j’irai pas loin si j’avais pas ça. »

i Vendeurs-récupérateurs d’objets le plus souvent trouvés dans les poubelles

ii Par souci de confidentialité, le nom a été modifié.

Atelier public de recherche-action avec les récupérateurs-vendeurs

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Invitation à l’atelier public de recherche-action

« La biffe comme écodéveloppement en milieu urbain »

Le 29 septembre 2016 de 14h à 18h – salle 410

MSH Paris Nord – 20 avenue George Sand – 93210 La Plaine Saint-Denis – M° 12 Front populaire

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Bonjour à toutes et tous,

Nous avons le plaisir de vous convier au prochain atelier des Rues marchandes.

À l’ordre du jour de cet atelier :

1. Bilan des activités réalisées et rappel de celles à venir

2. Point sur l’état d’avancée des différents travaux :

  • Le guide culturel et juridique
  • La cartographie participative
  • L’étude d’impact
  • La plateforme ressources

3. Programmation de la journée publique du 2 novembre au cours de laquelle nous présenterons et discuterons nos travaux en cours.

À ce propos, les personnes susceptibles d’intervenir le 2 novembre, que ce soit pour présenter ou discuter nos matériaux, sont cordialement invitées à nous rejoindre pour cet atelier, ou, si elles ne peuvent être là, à prendre contact avec nous.

Pour le collectif Rues marchandes, Hugues Bazin et Mélanie Duclos

A bout de souffle

ABOUT DE SOUFFLE

La classe politique aujourd’hui au pouvoir n’y serait jamais parvenu sans le mouvement existentiel de 1968 … Ils ont récupéré, édulcoré, usé jusqu’à la corde l’éclosion démocratique de ce printemps là et à présent, ils en sont à appliquer les vieilles méthodes réactionnaires et répressives pour dénaturer tous nos acquis … Capillarisés qu’ils sont par les malsaines diatribes des libéraux, qui au fil du temps, les ont convaincus que de ce passé libertaire il fallait faire table rase … Ainsi, pas un seul jour sans qu’une bulle irrespirable n’émerge de cette vase stérile où nous nous étouffons, de contrainte en contrainte, incapables qu’ils nous rendent de garder raison puisque ces contraintes sont souvent contradictoires : soit spontané, soit réservé, soit ouvert, soit fermé, soit disponible, soit occupé, soit souple, soit droit … Cette classe multipartiste nous impose comme norme un présent perpétuel, traitant la nostalgie comme une maladie honteuse et surtout par le mépris les retours d’expérience, le savoir faire acquis par l’observation, l’écoute, l’odorat … Le passé oblitéré comme une « no go zone », un espace dévalué par la tyrannie d’un présent imposé comme valeur absolue …Pour eux, le futur se réduit également au présent, faute de projet et de sens à ce présent, d’où ce sentiment d’immobilisme : il nous devient difficile voire impossible de nous projeter dans ce monde là, dont les tenants des pouvoirs ont fait un transect totalitaire.

Nos libertés s’effilochent chaque jour car ils n’ont comme réponses aux soubresauts individuels ou collectifs que plus de répression, plus de contraintes, plus de normes … Ils ne cherchent pas de causes aux « ruptures » qu’elles soient sociétales, culturelles, cultuelles, psychotiques, qu’ils ont eux mêmes induits et n’ont comme réponses que punir, éradiquer, supprimer, anéantir, annihiler comme si en faisant cela cette cause profonde disparaissait …

Ils sont dans le déni du réel et en cela, le réel leur revient dans la gueule comme un boomerang, de plus en plus violent … mais ils restent encore aveugles et sourds, poursuivant leurs chimères morbides …Ils nous traitent comme des déchus parce que nous n’adhérons pas à leurs structures rigides … Ils privatisent notre pensée en nous inondant d’images dégradantes, d’attitudes achetées ou vendues, de lieux communs « ça va de soi ! », «chacun sait », « il faut en convenir » etc , et de sondages manipulés, par les médias qu’ils contrôlent ; ils privatisent nos espaces de vie intime en nous faisant truffer de micro caméras nos logis, sécuritaires ou inclus dans nos portables, nos ordinateurs … Ils privatisent nos espaces publics en nous abrutissant de publicités mensongères, en banalisant la présence de leurs chiens de garde sur nos Agoras … en normant ce qui est autorisé d’échanger ou de vendre sur les marchés, dans la rue … Ce qui n’est pas autorisé est interdit … Les déchets sont tabous, conditionnés comme appartenant au passé et en cela, obstacles au présent, il ne faut plus les voir, ceux qui tenteraient de les valoriser sont classés comme déchus, n’appartenant pas aux représentations publicitaires de ces « nouveaux quartiers » et de leurs habitants aisés et souriants … apparences orweliennes de leur monde qu’ils projettent tels qu’ils veulent l’imposer … Comme le remarque Michèle Riot Sarcey,dans le procès de la Liberté, dans … « le projet initial de République démocratique et sociale, où liberté individuelle et liberté collective, indissociables, signifiaient le pouvoir d’agir ».

Aujourd’hui, seule une soi-disant liberté individuelle est imposée comme slogan par les libéraux, autrement dit la célèbre métaphore du « libre renard dans le libre poulailler » (pardon aux vrais renards) …

Nous devons redonner vie à l’idée d’émancipation, non pas par le travail qui ne conduit qu’à une émancipation par la consommation, mais à celle de l’émancipation par le savoir, tous les savoirs, celui du biffin qui réhabilite un objet déchu, celui de l’herboriste qui sait que chaque plante a un usage, celle de l’historien qui rappelle la mémoire de nos luttes, celle du géographe qui en lisant les paysages, permet à l’homme et à la nature de coexister … Quant à eux, ils sont à bout de souffle, le temps sera notre complice …

Les tribus de la récup

Ce film documentaire sera diffusé lundi 11 avril à 23h30 sur France 3 Rhône-Alpes.Pour les habitant-es d’Ile-de-France, il y aura une projection le vendredi 22 avril à 20h15 au cinéma le Méliès à Montreuil, contacter Josette Martin

Si pour beaucoup d’entre nous, la vie des déchets s’arrête dans la poubelle, pour d’autres, tout commence là. Les plus démunis récupèrent dans les poubelles de quoi survivre : de nombreux déchets y échouent, sans pour autant être hors d’usage.Ces exclus se regroupent aujourd’hui sous l’influence de nouvelles énergies, celles d’une jeunesse écolo et humaniste, qui souhaite mettre en œuvre d’autres modes de fonctionnements sociétaux.Ces tribus s’organisent sous forme de microcosmes.

Une coproduction : France ThM Productions – France 3 Rhône-Alpes
Réalisation : Emmanuelle Zelez & Laurence Doumic

 

Quelques liens utiles

  • Les gars pilleurs récupèrent ce qui est jeté par les grandes surfaces. Tout est redistribué. Ils appellent au boycott des grandes surfaces telles qu’elles existent aujourd’hui.
  • Gérard Bertolini, sociologue spécialisé dans les déchets, directeur de recherche au CNRS, auteur de « Montre moi tes déchets aux éditions de L’Harmattan
  • Marché des Biffins de Montreuil a lieu une fois par mois

Compte-rendu de l’atelier public « Écologie urbaine, économie informelle et espaces publics »

Cette rencontre « Écologie urbaine, économie informelle et espaces publics » s’est déroulée le 16 octobre 2015 à la Maison des Acteurs du Paris Durable (Paris 4e), animé par le laboratoire d’innovation sociale par la recherche-action avec des biffins. Elle a été introduite par la projection du film « Raconte-moi ta rue marchande »

Le principe d’un atelier de recherche-action est de proposer à chacun d’amener ses matériaux d’expérience et de réflexion, de les mettre en échangers, en discussion en commençant par les biffins eux-mêmes qui sont les mieux placés pour produire une connaissance à partir de leur vécu.

Notre invitation a réuni des personnes très différentes plus ou moins directement concernées par les problématiques soulevées par l’économie informelle et l’espace public, le rôle des minorités et leurs formes d’organisation. L’histoire de la lutte des biffins en région parisienne remonte à plus d’une dizaine d’années. L’histoire de la récupération-vente remonte elle-même au fond de l’humanité puisque cette dimension de l’économie informelle a toujours existé dans nos sociétés. Elle représente aujourd’hui dans certains pays 60 à 80 % de l’économie. Les pays riches redécouvrent cette dimension à l’occasion de la crise des années 2000 et l’installation de la précarité pose cette question dans l’espace public à travers la présence de marchés biffins.

Participants

Chantal biffine depuis 25 ans vendeuse à la sauvette

Martine, biffine depuis l’âge de 17 ans : « cela fait une quarantaine d’années. J’arpente Paris de jour comme de nuit, de poubelle en poubelle et je vends à la sauvette ou parfois dans des lieux autorisés et je fais des bijoux avec les matériaux que je récupère ».

Pascal, économiste, investit le collectif rues marchandes pour y développer des expérimentations et participer un groupe de recherche

Jean Claude, animateur d’une cigale qui est un club d’investisseurs dans le cadre de l’économie sociale et solidaire et s’intéresse comment cette économie informelle de la récupération vente peut entrer dans le secteur marchand traditionnel en restant dans une dimension solidaire : « j’habite dans le 12e il y a des projets d’aménagement de places publiques gagnées sur l’espace pris par les voitures. Pourquoi pas créer des activités nouvelles au regard de l’espace disponible ? »

Mélanie qui a terminé une thèse d’anthropologie sur les biffins en Île-de-France. « Je m’attache particulièrement aux modes de résistance des personnes, les stratégies qu’elles mettent en place pour faire face au quotidien ».

Claire, artiste plasticienne et scénographe, animent « Wos agence des hypothèses » qui a réalisé le film documentaire de cette soirée et aussi développé des projets d’étals mobiles à Dakar avec les marchands ambulants,

Malika , anthropologue, a participé à une consultation de citoyens autour des biffins initiés par la Ville de Paris et qui a formulé des propositions : « on demandait qu’il y ait des espaces organisés pour la biffe. Les préconisations allaient donc vers une reconnaissance de la biffe et d’un aménagement dans l’espace, reconnaître les porte-parole des différentes communautés de biffins.

Evelyne chercheur en sociologie des sciences, a travaillé sur les tiers lieux et s’intéresse tout particulièrement à tout ce qui touche aux nouvelles pratiques collaboratives. « Je connais la réalité des biffins surtout avant tout en tant que cliente des brocantes. Les tiers lieux se placent entre la sphère publique la sphère professionnelle »

Zoé, architecte « je m’intéresse aux différentes pratiques dans l’espace public

Hugues,chercheur en sciences sociales au LISRA, cofondateur de « rues marchandes »

Damien, éducateur, ENS anthropologue je m’intéresse au bricolage du quotidien, aux savoirs ordinaires que produisent les gens pour vivre.

Autre participante qui s’intéresse beaucoup au tri anti gaspillage dans une société de surconsommation, des activités comme les répair’café. Je m’intéresse aux ressourceries.

Autre participant « je ne suis pas dans un parti, dans une organisation ici je suis venu grâce à lien avec le support Internet est à la fois on fabrique quelque chose , on construit en faisant.

(NB: D’autres participants se sont présentés, mais, l’enregistrement n’est pas audible, la mauvaise qualité acoustique de la salle n’a pas permis de retranscrire l’intégralité des échanges)

Débat

« Un des enjeux de cette rencontre est de créer un nouvel imaginaire autour de la récupération-vente renvoyée aux déchets, aux rebuts, aux salissures. Les autorités s’appuient sur ces représentations pour justifier une chosification des biffins. À partir du moment où les personnes sont considérées comme des choses, il est plus facile de les exclure de l’espace public, car ils perdent leurs conditions de citoyens ou sont considérés comme des sous-citoyens. Le principe de ce collectif Rues Marchandes est de favoriser une intelligence collective par le croisement de personnes d’horizons différents, mais qui pense que la créativité ou l’innovation sociale peut apporter des réponses à des conditions précaires. Ce basculement nous disant que les marchés biffins ne sont pas le problème, mais la solution, amène à nous interroger sur le rapport à la ville, à l’économie, sur les circuits courts, sur l’habitat, etc. L’imaginaire instituant n’est pas une rêverie, il peut correspondre à l’élaboration de nouveaux dispositifs, mais il y a un blocage au niveau politique et institutionnel dès qu’il s’agit d’ouvrir des espaces marchands dans l’espace public. Il n’y a que trois marchés temporaires qui sont autorisés ou tolérés en région parisienne, leur poursuite reste précaire (porte Montmartre dans le 18e, Croix de Chavaux à Montreuil, Porte de Vanves, dans le 14e).

« On est dans la rue depuis le début des années 2000. Au début on était une cinquantaine, moi j’ai commencé à Montreuil, on n’était pas beaucoup à biffer. À l’époque personne ne parle de biffins on ne s’occupait pas de nous. On se cachait, on avait honte de fouiller dans les poubelles et de les revendre. Puis le phénomène s’est élargi. On a été de mairie en mairie, de réunion en réunion. Jusqu’à maintenant peu de choses ont été faites pour les biffins, le problème demeure. Le Carré des biffins à la porte Montmartre gérée par Aurore n’est pas suffisant et ne répondait pas aux besoins. Il n’y a que 100 places, mais que faire des « sans places » ? J’ai vécu un moment dans la rue et il faut toujours se justifier de tout. Mon espoir est que la biffe soit mieux reconnue avec plus de marchés, qui ne soient plus réprimés par la police et que l’on ne confisque plus leurs biens. Tout cela coûte à la collectivité alors que nous sommes utiles en récupérant dans les poubelles. Moi je récupère plein de belles choses, j’en fais des créations que je revends. Oui il y a effectivement de l’or dans nos poubelles. Au niveau politique il faudrait que les biffins s’investissent plus pour que la cause des biffins soit reconnue déjà par les biffins. Cela commence par organiser des lieux où les biffins peuvent se retrouver en sécurité et impliquer les politiques, les convaincre sur ce qui peut être fait. Il y a trois marcher sur Paris et ce n’est pas suffisant. C’est difficile de créer un mouvement fédérateur, beaucoup de biffins ont baissé les bras. Chacun continu dans son coin à la sauvette. On a toujours des solutions nous biffins, ils ont beau enlever nos sacs et nos caddies, prendre nos objets, de toute façon on repasse dans les poubelles et on recommence. C’est le cycle, on nous chasse, on sera toujours là quoi qu’ils pensent, on fouille les poubelles, on trouve les objets, on les ramène on les vend, même s’ils viennent nous chasser, ce n’est pas grave, on recommence parce que c’est une question de survie. Rien ne peut nous empêcher de faire les marchés biffins, on sera toujours là. Mais c’est difficile de fédérer les biffins, il faut arriver à le sensibiliser à la question des rues marchandes.

« Le mot biffins avant de revenir dans l’espace public en était sorti, on parlait alors de vendeurs à la sauvette. L’appropriation du mot « Biffin » a été une manière de dire qu’on participe à l’histoire, qu’on est acteur historique. Il y a déjà eu une mouvance associative et des comités de soutien où il y a un discours alternatif qui a été en partie repris par les autorités municipales pour ce qui concerne le Carré des biffins la Porte Montmartre.

« Le paradoxe, c’est que nous sommes en pleine discussion sur l’écologique, les biffins ont été précurseurs. Comment arriver à amener les institutions, les élus sur le terrain. L’enjeu est donc de dire si cette économie informelle est une véritable économie au même titre que les brocanteurs mêmes s’ils n’ont pas de statut. Il s’agit donc de faire basculer dans le champ de la réflexion de l’action cette dimension d’écodéveloppement sinon les mobilisations comme celles qui ont existé dans les années 2000 risquent de rester vaines.

« On cherche à stériliser les pratiques non instituées qui sont déjà en elle-même des réponses. On n’entre pas dans la biffe par hasard, il y a des parcours de carrière de biffins, ce sont des ressources qui sont mobilisées. Alors, comment faire comprendre aux pouvoirs publics d’avoir un autre regard sur des processus qu’ils ne contrôlent pas.

« Nous, on a commencé la lutte, il n’y avait pas le Carré des biffins, ce n’était pas notre problème. On voulait un marché autogéré. Mais tout de suite c’est devenu un marché encadré avec une convention politique et sociale. Alors qu’on n’avait pas besoin pour la majorité d’entre nous d’insertion sociale.

« Est-ce que cela ne passe pas par la reconnaissance d’une liberté individuelle. On peut faire le parallèle avec la manière dont la RATP gère les espaces marchands dans le métro parisien.

« Il est nécessaire d’avoir un permis spécial, de payer une redevance, il y a une sélection avec des obligations.

« La recherche-action doit aider à ce qu’il y ait un minimum d’organisation. Cela passe par une charte.

« Les biffins ont besoin d’indépendance, de liberté et de l’autre côté les pouvoirs politiques ont besoin d’une structure, d’un cadre. Les uns ont besoin de mettre dans des cases et les autres n’ont pas envie d’entrer dans des cases.

« On peut imaginer comme pour la brocante des placiers. Avec un brassard pour être reconnu. Avoir l’installation de conteneurs pour mettre les déchets, s’organiser pour que la place reste propre. On avait déjà pensé à tout ça au début pour qu’il y ait vraiment une valorisation de la vie des biffins.

« Il s’agit de faire comprendre aux politiques faces à la rationalité technicienne que peut s’opposer une autre rationalité qu’on pourrait appeler situationnel, qui part de l’expérience collective en situation. Le technicien réfléchit par segmentation sous forme de catégories, de commissions techniques, car il pense que c’est plus efficient alors que les biffins ne rentrent pas dans cette culture technique. Et c’est pareil d’ailleurs pour toutes les formes de gouvernance, comment faire venir le politique sur cette autre rationalité ?

« On a des stratégies en tant que biffin, on joue sur l’apparence d’une brocante, on met des banderoles sur une place comme pour les vide-greniers comme ça les gens pensent qu’il y a un cadre formel comme pour une vraie brocante.

« Ce sont des stratégies de détournement, de retournement, on pourrait imaginer des formes d’intervention de ce type dans l’espace public qui reprendrait ce principe pour mettre les décideurs devant leurs responsabilités.

« Le vide-greniers sauvage, c’est comme des « flashs mobilité », mais est-ce que ça peut berner longtemps les commerçants, ce sont les premières protester, c’est avec toute la population qu’il faut travailler par rapport à l’image qu’ont les biffins. Les biffins ne sont pas connus et reconnus il faudrait un festival pour qu’ils entrent un peu en visibilité, invitant les formes économiques alternatives, valoriser la dimension créative pour que les biffins aient des interlocuteurs.

« Il n’y a pas la visibilité quand il n’y a pas la grille pour voir. Les biffins ne sont pas repérés parce qu’on ne les voit pas en tant que récupérateurs vendeurs, mais en tant que pauvres occupant la rue. À travers la place marchande c’est donc tout le circuit de l’écosystème qu’il s’agit de faire reconnaître et dont font partie les acheteurs.

« La différence entre le vide-grenier et les biffins, tout cela semble se ressembler ?

« Avant, il n’avait pas de différences, il y a cependant une différence entre brocante et vide-greniers, maintenant le vide-greniers ressemble à des brocantes avec de belles tables de présentation si bien que les biffins se font remarquer dès qu’ils veulent s’installer. On n’arrive pas à négocier des places sur les vide-greniers.

« Il y aussi un lien avec la nature des objets, le brocanteur cherche plutôt des antiquités, ils sont déclarés, ils payent une place, ils ont des dépôts de marchandise. Les emplacements des brocantes professionnelles en province coûtent très cher, ces 300 € la place.

« Les brocanteurs sont là à la première heure pour récupérer des objets sur les marchés biffins.

« L’espace public est un espace du commun qu’il faut négocier, la question se pose alors qui a le pouvoir et la légitimité pour négocier. Pourquoi par exemple exiger une appartenance territoriale rapport à l’emplacement des marchés alors que la biffe s’inscrit dans une mobilité. Les réponses en termes de circuits de récupération sont toujours parcellaires en ce qui concerne les biffins, même si de temps en temps on peut négocier une place dans un vide-greniers, temps en temps c’est le cas d’une ressourcerie, de même Emmaüs qui a des entreprises d’insertion sociale avec des lieux de dépôt-vente.

« Les œuvres caritatives développent leur propre économie dans la transformation des objets.

« On a trop tendance à confondre certaines formes de mobilité, de parcours chaotique ou qui se renouvelle comme un signe de précarité. On peut ne pas avoir nécessairement un statut tout en revendiquant une protection.

« Nous sommes bien entre « précarité l’innovation et l’innovation de la précarité ». Ceux qui sont amenés à répondre à leurs besoins par l’innovation, ce sont les précaires qui innovent, mais ce n’est pas parce qu’on innove qu’on doit être maintenu dans la précarité. On peut donc imaginer des « tiers lieux » mobiles qui jouent le rôle d’interface entre des processus instituant et institué. On peut créer des espaces de croisement même dans les lieux institués ou dans les espaces réglementés. Le propre de ce tiers espace, c’est que les gens peuvent redéfinir leur position et ainsi mettre leur imagination au service d’une créativité. Les pauvres ne sont pas uniquement considérés comme des pauvres et les institutionnels pas uniquement comme des institutionnels. Le principe de Rues Marchandes est de pouvoir créer ce type d’interface.

« Il faut trouver des formes d’autogestion vivante tout en respectant le mode de vie de populations qui ont choisi un certain degré de liberté.

« Une stratégie serait de faire reconnaître des compétences collectives qui ne se confondent pas avec un statut rigide. On retrouve ces compétences dans la capacité à organiser un marché, à développer des réseaux, à négocier des places. Les porteurs de ces compétences deviennent naturellement des leaders de communautés et on peut imaginer une reconnaissance d’animateur de communautés qui permettraient également de résoudre les difficultés qu’ont les interlocuteurs, les institutions, des collectivités territoriales à traiter avec des collectifs. La plupart du temps on ne sait pas travailler avec des communautés constituées, cela fait peur. Alors, les réponses ne sont pas rationnelles. Si on réfléchit un instant en termes déjà économiques, ça revient beaucoup plus cher d’envoyer des forces de répression que s’appuyer sur les forces écosystémiques propres au marché et de favoriser une économie informelle des espaces marchands. Mais on donne toujours le pouvoir toujours aux corps intermédiaires parce qu’ils sont reconnus à travers des corps de métiers, qui sont une autre manière de valider des compétences. La biffe n’est pas en tant que tel un corps de métier, c’est une culture du geste, de l’incertitude, de la résistance. On peut réfléchir à des formes de validation à travers productions concrètes comme l’édition d’un guide des droits et de la culture biffine, des supports qui permettraient à la fois de se défendre et négocier dans des espaces publics.

 

Forum « Comment améliorer le fonctionnement du Carré des biffins et améliorer l’activité des biffins ?

La seconde partie du forum ouvert organisée par l’association Aurore s’est déroulée le 17 février entre 16h00 et 19h00 dans les locaux d’Archipel en présence d’une cinquantaine de personnes dont une majorité de biffins (es). Les participants ont voté sur les rapports abordés lors de la première partie du forum qui a eu lieu le 10 février. Plusieurs priorités se sont dégagées notamment concernant « la sauvette », la recherche d’un « statut » juridique pour les biffins, les rapports avec la police, la nature de la biffe et du carré et  l’éventuelle autogestion de celui-ci … D’autres rapports restent à l’ordre du jour comme les conditions de vente par mauvais temps, les relations des biffins avec les voisins, les vols et agressions  et l’intégration d’un hôtel de luxe par rapport au carré. Plusieurs propositions ont été faites lors d’un travail entre les trois ateliers prioritaires afin de pouvoir projeter des solutions pratiques dans les prochains mois. La présence d’un officier de police devrait déboucher sur un dialogue apaisé entre biffins et forces de l’ordre. Une intégration de petites unités de biffins aux marchés forains hebdomadaires ou aux vide-greniers a été proposée, moyennant un éco modeste par les biffins. Des rencontres avec les représentants communaux de la gestion des marchés sont envisagées. Une nouvelle ressourcerie est également une des idées retenues. Un atelier de formation, encadré par des biffins (es) expérimentés a également été évoqué, afin d’initier les nouveaux arrivants (biffins) au cahier des charges, aux règles d’hygiène et de propreté et à l’éthique de la biffe. Il est essentiel, pour les biffins, de convenir d’un tronc commun de droits et devoirs pour ne pas en rester aux débats stériles et aux postures du type « c’est la faute aux autres ! ». Chaque biffin et chaque biffinne est différente. En acceptant ces différences, peuvent naître solidarité et respect de chacun et de chacune. Les propositions pratiques vont être mises en forme et leur faisabilité partagée et proposée prochainement.  (à suivre)

Christian WEISS

Zone d’Action Climat et Rues Marchandes

le mercredi 9 décembre 2015 de 17h à 18h , pendant la ZAC/ Coalition Climat au Centquatre, WOS/ agence des hypothèses, le Laboratoire d’Innovation Sociale par la recherche-Action et le collectif Rue Marchande proposent une rencontre débat autour de l’’économie informel des biffins avec la projection du film « Raconte-moi ta rue marchande » (22’’)

elle sera précédée à partir 16h des haïkus-docus suivants :

KIT PALP (7’’) – WOS/Zones de Gratuité (20’’) – WOS/KIT d’Ambulantage (23’’) – Libre Ambulantage à Dakar/Cie du Bien Manger (11’’) –

Rendez-vous au « forum Ouvert », Le Centquatre – 5 Rue Curial, 75019 Paris (M° Riquet, Marx Dormoy )

 

La ZAC sera un espace pour faire converger les réseaux militants du monde entier, les artistes mais également les non initiés et toutes personnes souhaitant s’informer et s’enrichir autour d’activités culturelles.

Connaître la programmation complète de la ZAC du 7 au 11 décembre 2015

Atelier public « Écologie urbaine, économie informelle et espaces publics »

LE LABORATOIRE D’INNOVATION SOCIALE PAR LA RECHERCHE-ACTION ET LE COLLECTIF SONT HEUREUX DE VOUS INVITER À UN ATELIER PUBLIC Écologie urbaine, économie informelle et espaces publics, les récupérateurs-vendeurs entre précarité de l’innovation et innovation de la précarité Le vendredi 16 octobre 2015 de 18h à 20h, à la Maison des Acteurs du Paris Durable 21 [...]