5èmes rencontres nationales des Arts du Chemin (Clères – 76)

Le réseau des Arts du Chemin vous propose
de penser la culture dans la nature à l’occasion des

5èmes rencontres nationales des Arts du Chemin
les 13 et 14 octobre 2009

au Domaine départemental de Clères,
sur l’invitation du Département de Seine-Maritime


voir également le billet “Architecture fluide

Contact : http://artsduchemin.blogspot.com

Renseignements et inscriptions obligatoires avant le 30 septembre auprès du Domaine départemental de Clères, 76690, CLERES, Conseil général de Seine-Maritime, tél. 02 35 33 23 08.

Suite à l’intervention

Je réagis avec un peu de retard à notre dernière rencontre des Arts du Chemin à Clères. Déjà pour remercier les organisateurs et les acteurs, pas simplement sur un plan professionnel même si la qualité d’une organisation et la pertinence des interventions sont évidemment toujours appréciables, mais justement pour ce qui échappe à toute professionnalité et qui pourrait s’appeler « état d’esprit », « état du mouvement », quelque part par là où le sensible et l’intelligible s’enrichissent mutuellement. Comment expliquer sinon la qualité des présences, des écoutes ? C’est toujours des histoires de rencontres et des chemins que se dessinent en marchant. Mais surtout comme un jardin, c’est précisément un espace qui pousse du milieu (émergence), dont le processus ne peut être défini par ses extrémités. Laissez un morceau de ville en friche, un espace sans fonction et voyez comment l’esprit sauvage écarte les murs, c’est impressionnant, la force d’un brin d’herbe. Alors un être humain ? La dissidence a besoin d’espace ou dit autrement, sans interstice, pas de transformation sociale !

Mais comment l’éphémère peut-il se perpétuer dans le temps, comment se structurer sans s’instituer ? Pour être invité dans des réunions socioprofessionnelles cultureuses ou sociocultureuse, je dois avouer que le sentiment d’étouffement me prend souvent à l’écoute des préoccupations catégorielles qui se limitent à la défense (par ailleurs compréhensible) de groupements ou de structures. Quand le culturel empêche le travail de la culture, revenons au jardinage ! L’avenir est aux architectures fluides, végétales dans ce sens : structurées mais souples, en mouvement, imaginatives, vivantes quoi ! Ce n’est pas un hasard si de nombreux acteurs en recherche avec qui nous formons un « laboratoire d’innovation sociale » se reconnaissent dans cette conception.

Sans doute parce que les Arts du Chemin, de ce que j’ai pu en apprécier, ne sont pas (encore ? !) un label professionnel ou un dispositif labélisant, ils échappent au conformisme et au politiquement correcte ambiant. Je me suis totalement retrouvé dans les formes interactives, interdisciplinaires et interpersonnelles, bref dans cette manière transversale d’explorer les espaces, d’être en interface avec des parcours d’expériences et des modes d’engagement en situations variées.

J’espère que nous nous croiserons de nouveau dans l’une ou l’autre de ces situations. Cet art de cheminer ensemble garde les espaces ouverts pour imaginer un autre possible. C’est qu’il y a des chemins partout, à la campagne bien sûr, mais aussi en plein milieu des villes. Et après tout, rien n’interdit à ces espaces d’être aussi politiques, cela s’appelle je crois des espaces publics dont la vivacité offre un bon baromètre sur l’état de notre démocratie.

Texte d’invite : (re)Piquer sa crise en thème au jardin

“En tant que futurologue, je peux vous dire que nous sommes maintenant dans une multicrise : crise de l’emploi, crise de l’énergie, crise des matières premières, crise démographique, crise alimentaire, crise de la démocratie, crise de l’autorité, et moi-même je sens que j’vais piquer une crise (Hahahahahahahahahah !)”
Julos Beaucarne, Extrait de Le futurologue, album Le Vélo volant (1984).

Nous sommes en crise, visiblement. On nous le dit assez. On le constate par petits bouts de rencontres, autour de nous.

Au delà de la dimension économique, la crise semble également sociétale, culturelle, “psy”, et nous amène à la recherche d’un sens nouveau pour la vie ensemble. Peut-on trouver du sens au fond du jardin ? Le spectacle vivant dans la nature peut-il servir de révélateur d’un sens caché des choses ?

C’est le thème que nous aborderons lors de ces rencontres. Quel rôle avons-nous à jouer ? Quel rôle allons-nous jouer ? Le monde fait-il sa crise d’adolescence ? Que faisons-nous pour le monde ? Du point de vue de la culture, du chemin, du spectacle et du jardin, bien sûr. Est-ce essentiel ? utile ? Est-ce assez ? et Est-ce efficace ?

Professionnels du spectacle et du jardin (artistes, diffuseurs, institutionnels), mais aussi psychanalystes, scientifiques, enseignants, randonneurs, tout un chacun est invité à nous rejoindre pour se poser des questions et, peut-être, entamer collectivement et individuellement le chemin nos propres réponses, au moins temporaires. Parce que nous croyons que “cultiver son art du chemin, c’est participer à la culture du jardin planétaire.”

Cultiver son jardin, c’est entretenir un rapport spécifique au monde. Rapport au temps. Rapport à la nature. Rapport aux aléas. Un savoir vivre. Se rappeler d’où l’on vient, qui l’on était.

Donc, parmi les questions, questionnements, étonnements, tâtonnements : Comment les arts… du chemin, et les autres (!) peuvent-ils accompagner les mutations du monde ? Les questionner ? Les bousculer ? Agir sur l’intime, le sensitif, le sensuel, permet-il d’agir sur le collectif ? Quelles relations entre intime et collectif ? Creuser la symbolique du jardin pour chercher la reformulation du sens commun ? Et toutes les questions que vous voudrez bien apporter avec vous, …

Programme prévisionnel des journées

Qui sera là ?

  • Françoise Léger, codirectrice de la cie Ilotopie et du festival “les Envies’Rhônements” en Camargue
  • Eric Legros, psychanalyste et directeur de la Maison des Enfants de la Marine à Saint-Martin Boulogne. Il travaille à la mise en place de jardins, gère un lieu de spectacles au sein de l’institution et organise des séjours de rupture pour les jeunes dans la brousse africaine.
  • Hugues Bazin, chercheur indépendant en sciences sociales depuis 1993, diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales en anthropologie et en sociologie. Il travaille principalement sur la problématique des formes populaires et des émergences culturelles.
  • – …, Professeur à l’école des métiers d’arts

Et des artistes ?

  • Cie Grégoire and co, Guingamp, Sylvie Le Quéré, chorégraphe du spectacle “Dedans le chemin” sur la marche et la danse en milieu naturel
  • Cie Schpouki Rolls, Morlaix, spectacle “Cercle” sur l’invention d’un nouveau rapport au public en extérieur
  • Les gens, cie, Saint-Etienne, Valérie Puech, Spectacle “Le baiser”, texte issu de collages et de collectage sur le baiser, pour diffusion dans l’intimité des parcs et jardins.

Et on doit venir les deux jours ?

mardi 13 octobre

9h : Accueil café-thé-croissant /10h : Accueil formel et présentation des Arts du Chemin (Paul Astolfi, Gabriel Lucas, Denis Lecat) / 10h30 : Interventions d’invités dans le parc / 12h : Apéro et repas / 14h : Spectacle en extérieur / 15h : Ateliers de réflexion en extérieur / 17h : retour des ateliers en plénière et débat / 18h30 : pause / 19h : repas / 21h : Projection / 23h : débat, calva, “t’as menti !” / dodo

mercredi 14 octobre

9h : Ateliers / 10h30 : retour des ateliers en plénière et débat / 11h30 : synthèse / 12h : Repas / 14h : spectacle en extérieur / 15h : Interventions et débats / 16h30 : synthèse des 2 jours / 17h : clôture des rencontres / 17h30 : Clôture des clôtures

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