Journée mondiale des récupérateurs de «déchets» 1er Mars

« Le réemploi et le recyclage sont entre nos mains! »

A l’appel de l’Alliance Mondiale des Récupérateurs de « Déchets », des biffinEs des associations Sauve Qui Peut ( biffinEs de la porte Montmartre) et AMELIOR ( biffinEs de Paris, Montreuil, Bagnolet et d’Ile de France), associations de travailleurs excluEs de l’économie circulaire du réemploi et du recyclage populaires

Rassemblement sur la Place de l’Hotel de Ville de Paris le mercredi 1er mars 2017 de 8h à 18h à l’occasion de la Journée Mondiale des récupérateurs de « déchets »

Solidaires de nos camarades des mouvements populaires des recycleurs et récupérateurs du monde entier en lutte contre l’exclusion, la pauvreté et le réchauffement climatique, nous nous rassemblerons pour réclamer aux éluEs du conseil de Paris la reconnaissance de nos métiers et l’arrêt des politiques répressives criminelles et scandaleuses conduites depuis 10 ans à Paris

Nous ne sommes pas des délinquantEs! Nous sommes des travailleurs!
la pauvreté n’est pas un crime! la répression est un scandale !
Pour une ville sans excluEs, aucun travailleur sans droit!

Nous réclamons :

  • Le droit au travail pour touTEs les biffinEs.
  • Une place et un marché pour touTEs.
  • la création d’espaces marchands organisés dédiés aux biffinEs et à leurs acheteurs, soit 6 marchés de 100 places chacun réparties sur 6 arrondissements aux portes de paris, 3 jours par semaine.
  • 10% des places pour les biffinEs sur les vides greniers, brocantes et marchés alimentaires découverts parisiens.
  • le soutien aux organisations des biffinEs.
  • la reconnaissance et le développement des métiers verts des biffinEs (collecte tri valorisation réparation réemploi recyclage vente).
  • l’octroi de locaux pour les associations de biffinEs!
  • La prise en compte par les pouvoirs publics dans le droit commun des marchés biffins actuels et des expérimentations qui les accompagnent.
  • Pour le développement d’une économie populaire et des recherches-actions.
  • Pour une économie circulaire et populaire qui résiste!
  • Arrêt des confiscations et des destructions des biens de recup’ des biffinEs.
  • Non aux bennes et à l’incinération.

TIERS LIEU NOMADE Clichy, 10 décembre 2016 – L’ECONOMIE DANS TOUS SES SENS

Au café KAMU, café associatif, dans le cadre du lancement de la première édition de TIERS LIEU NOMADE à Clichy, une table ronde a eu lieu ce samedi 10 décembre 2016.

Né d’une approche sociologique de nos territoires, le concept de « tiers-lieu » se développe en France et dans le monde à grande vitesse. Ils sont destinés à être des espaces physiques ou virtuels de rencontres entre personnes et compétences variées qui n’ont pas forcément vocation à se croiser.

Autour du thème de la ville inclusive et du développement solidaire des territoires dans les villes à travers les tiers lieux, plusieurs acteurs de la société civile et associatifs sont intervenus. Christine Balai, autour du projet Tiers lieu nomade et la ville inclusive, Hugues Bazin, sur la démarche-action, Mathieu Morange du groupe La Poste et bien d’autres porteurs de projets innovants ou simples citoyens actifs étaient présents.

Formateurs Solidaires revient sur son intervention autour de la mise en perspective, par Nacera TALEB, des nouveaux paradigmes à l’œuvre autour des initiatives alternatives et dans le domaine des sciences et du développement personnel.

Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). Après la présentation de nombreuses actions précises locales et innovantes socialement ou économiquement, plusieurs paradigmes ont pu être proposés. Une perspective plus globale autour de la révolution scientifique et humaine en cours a été soumise à discussion.

Vous trouverez ci-dessous les grandes lignes abordées, lors du débat, par Nacera TALEB, économiste humaniste et fondatrice de Formateurs Solidaires.

Qu’est-ce que l’économie innovante aujourd’hui ?

Il y a d’un côté l’économie innovante techniquement, qui a atteint un seuil de développement probablement unique dans l’histoire, et l’économie innovante socialement ou humainement, dont fait partie l’ESS (l’économie sociale et solidaire).  Quels sont les paradigmes observés dans les initiatives locales et dans le cadre d’une majeure partie de ses initiatives de l’Economie Social et Solidaire ?

Le premier paradigme est que l’ensemble des initiatives traitent ou réinterprètent la notion de liens ou la réinventent là où elle n’existe plus ou encore, là où elle crée du déséquilibre. Qu’il s’agisse de liens avec soi, de liens avec l’autre, de liens avec la nature ou de liens avec le matériel (le numérique par exemple), c’est toujours dans cette perspective de réinventer et de maintenir les liens humains que ces initiatives s’expriment.

Le deuxième paradigme commun de ces actions est que ces dernières remettent en cause le plus souvent la méthodologie de segmentation dans l’analyse, la création ou le transfert des savoirs, des revenus, du lien social et du lien politique. Loin d’une vision segmentée, qui divise, qui isole, qui technicise ; les initiatives citoyennes, sur le terrain, cherchent à faire des ponts, à connecter des mondes, des espaces et/ou des populations différentes. Elles globalisent et réunifient là où on divise et on isole.

Le troisième paradigme de ses initiatives citoyennes est que, souvent, elles redonnent du sens à nos actions et à nos visions. Les propositions de solution pour faire nos choix sont fondées, en général, sur des outils de rentabilité financière ou quantitative, des perspectives de profits souvent à l’échelle d’une génération avec une vision des ressources limitées. Ces mécanismes apparaissent clairement comme autodestructeurs aujourd’hui et nous conduisent à des risques de conflits généralisés. Les initiatives locales et/ou citoyennes proposent d’autres préoccupations humaines que la rentabilité pour choisir nos actions et nos solutions. Elles réinterrogent le sens et les priorités au niveau de nos valeurs, de notre éthique, de nos modes de vie, et remet l’Homme au centre de nos préoccupations. Elle le fait avec une imagination et une énergie de l’espoir fascinante. Solidarité, humanité, respect de la nature, mixité, rencontres, partage, dons, compassion, bienveillance, responsabilité font beaucoup plus de sens et d’adhésion, aujourd’hui, dans cette révolution culturelle que la maximisation des profits et la gestion de la stabilité des bourses ou des mandats politiques, etc.

Le quatrième paradigme qui a pu être mis en avant, commun à ces initiatives, est la volonté citoyenne de se réapproprier et de rester acteurs de son histoire sociale et économique. Ces citoyens développent des initiatives autonomes, souvent locales, mais toujours avec des valeurs sociales et solidaires. Ils se réapproprient, ainsi, le droit de choisir leur modèle social et économique. En d’autres termes, ces initiatives sont une façon de développer le pouvoir d’agir et de redonner de l’autonomie citoyenne. « Un mouvement de transformation du bas vers le haut se développe dans nos villes et nos quartiers en parallèle au mouvement classique de descente des décisions du haut vers le bas. »

Enfin, ces propositions citoyennes, bien que pour beaucoup de petites envergures, sont des laboratoires d’expérimentation de nouvelles solutions innovantes pour des défis de sociétés conçues plus haut comme inextricables. C’est le cinquième paradigme.

Au niveau des fondements comme de l’expression, ces initiatives sont associées et soutenues par la révolution numérique. Elles constituent, ainsi, un terreau pour dessiner les contours de l’innovation humaine future, au niveau social comme économique. L’expérimentation, comme nous l’avons vu, est d’ailleurs au cœur de ces initiatives beaucoup plus que la pensée ou l’idéologie. Tous les paradigmes et les segmentations idéologiques classiques paraissent être des décors ne pouvant suffire à comprendre la douce révolution profonde en jeu. Le monde de l’entreprise et les acteurs politiques locaux sont, eux aussi, de plus en plus parties prenantes de ces évolutions.

Que cachent ces évolutions ?

A travers l’ensemble de ces paradigmes, probablement non exhaustives, ces modèles regroupent, en réalité, un ensemble de valeurs qui redéfinissent une approche et une éthique humaine au-delà des clivages et des individualités, et remettent l’intérêt humain et global au cœur des relations sociales et économiques et des innovations politiques. Dans ces évolutions, le bien-être humain, non restreint à sa dimension matérielle, le mien comme celui de l’autre, la solidarité, le respect de la nature, deviennent des priorités non négociables.

Derrière ces initiatives innovantes, ne se cacherait-il pas une révolution en douceur et profonde de nos mœurs ?

Cette dynamique – économique, sociale et politique – émergeante n’est en réalité que le reflet d’une révolution sociétale plus profonde qui a son origine dans une révolution scientifique. Elle s’appuie sur la révolution scientifique numérique que nous vivons mais aussi sur celle de la compréhension de la nature et du fonctionnement humain en général. Cette révolution touche tous les domaines des sciences dures comme celles des sciences humaines que nous aborderons dans un autre article.

Les photos sont la propriété réservée de Louiza Maliki. Elles ont été prises lors de l’événement. Nous la remercions de nous avoir autorisé à les utiliser.

Comment favoriser un développement solidaire de territoire dans les villes ?

Compte-rendu de la 1ère édition des rencontres du TIERS LIEU NOMADE www.tierslieunomade.fr

Le café associatif Kamu nous accueille pour notre premier événement Tiers Lieu Nomade qui entend mêler réflexion, partages d’expériences et moment musical et convivial. Nous accueillons les participants avec du vin chaud, du sirop de gingembre et de bissap préparés par Hubert et Patricia.

 

Christine Balaï introduit la rencontre et la thématique de l’après-midi autour de deux approches, la ville inclusive et les tiers lieux, tout en présentant le projet Tiers Lieu Nomade.

La ville inclusive

Face aux problèmes auxquels sont confrontées les villes en France et dans le monde : concentration de la population dans les villes, croissance des inégalités et de la pauvreté, enjeux environnementaux, tensions liées aux migrations, la ville est confrontée à de nouveaux défis. La notion de ville inclusive entre dans l’agenda des politiques publiques urbaines. Voir le colloque international récent organisé par la mairie de Paris « Cities for life » et l’appel lancé par la Ville pour une ville inclusive.

Qu’est-ce que pourrait signifier une ville inclusive ?

  • Une ville favorisant le vivre ensemble
  • Une ville juste, équitable, passerelle vers les opportunités économiques
  • Une ville qui respecte son environnement
  • Une ville encourageant l’inclusion démocratique de ses citoyens

Les Tiers Lieux

Comment les tiers lieux peuvent contribuer à un développement solidaire des villes ?

Les tiers lieux, en facilitant la rencontre, le partage, l’innovation, en mutualisant des ressources, et en prenant davantage en compte l’humain et le contexte environnemental, offrent des espaces pertinents de solidarité, de création de valeur et de développement local.

« Introduit en 1989 par le sociologue Américain Ray Oldenburg pour désigner de nouveaux lieux, intermédiaires entre le domicile et le travail et adaptés à un style de vie urbain, individualisé et mobile, la notion de tiers lieu s’est développée dans le monde entier. Tiers-lieux.be le définit simplement comme un « espace physique prévu pour accueillir une communauté afin de permettre à celle-ci de partager librement ressources, compétences et savoirs ». Espace de coworking, fablab, Hackerspace, jardins partagés et autres habitats partagés ou entreprise ouverte, chaque tiers lieu a sa spécificité, son fonctionnement, mais tous entendent favoriser la créativité, l’initiative et le partage.

Christine Balaï réfléchit à la notion de Tiers Lieu depuis 10 ans, d’abord en matière familiale, avec la notion de « Maison des familles et des cultures », reprise par une chercheuse italienne dans un ouvrage publié à l’Harmattan, ensuite au CNAM, dans le cadre d’une étude sur « les pratiques culturelles à Paris 2030 ». A cette occasion, elle a écrit un article sur les Tiers Lieux, qui a circulé sur internet et reste encore d’actualité aujourd’hui. Depuis, elle a observé et expérimenté différents types de Tiers Lieux : un Tiers Lieu Pôle Relais à Creil en lien avec un IUT(qui n’a finalement pas vu le jour), un lieu alternatif et d’hébergement d’urgence localisé dans un squat à Clichy-la-Garenne (aujourd’hui fermé), un fablab de Montreuil, des espaces de coworking ou incubateur à Paris…

Aujourd’hui, l’association Le Famillien, dont elle est présidente, engage avec l’association événementielle et artistique Eventiparis, portés par Hubert Locco Rocca et Patricia Petelet, le projet Tiers Lieu Nomade. Celui-ci vise à créer des évènements mensuels dans différents lieux, sur des thématiques différentes, mais incluant des préoccupations sociales. Plus que de simples évènements – qui se présentent sous forme de réflexions, ateliers, avec une dimension artistique et conviviale – les évènements Tiers Lieu Nomades s’inspirent de la dynamique des tiers lieux. Ils entendent mobiliser des acteurs, favoriser  une démarche collaborative et de recherche-action pour susciter des dynamiques de changement dans la durée.

Hugues Bazin du LISRA, et Nacera Taleb de Formateurs Solidaires, approfondissent chacun leur tour la réflexion, enrichissant ainsi le débat mené avec les participants.

Hugues Bazin, chercheur-acteur, responsable du Laboratoire de recherche action, LISRA

La recherche Action met le savoir au service d’une démarche citoyenne.

Hugues Bazin souligne qu’en recherche action, plutôt que de tiers lieu, on parlera davantage de tiers espace, de laboratoire social, qui ne sont pas obligatoirement liés  à un lieu mais peuvent être  localisés n’importe où.  Beaucoup de lieux ne se disent pas tiers lieux, n’ont pas envie de l’être, même si le sont. Et inversement, ce n’est pas parce qu’on investit un espace qu’on change ses habitudes. La recherche-action permet de changer ses habitudes.

Hugues Bazin accompagne le collectif « Rue Marchande » qui réunit les récupérateurs-vendeurs, biffins, dans une démarche de recherche-action.

On assiste à une explosion des récupérateurs vendeurs, avec le développement de marchés localisés  dans les principales artères accolés aux marchés populaires. Sur un marché biffin, 36 langues se côtoient, mais les gens se comprennent. Un écosystème fonctionne, mais on ne sait pas comment il fonctionne. La situation se crée d’elle-même. Une logique collective et d’éco-développement est à l’oeuvre. Ces marchés biffins sont des tiers lieux. Le collectif Rues Marchandes travaille aussi avec des camps de Roms. Les Roms soufrent une double peine (liée à leur statut de pauvre et de rom), alors qu’ils ne cherchent qu’à s’intégrer.

Il n’existe pas d’étude d’impact aujourd’hui concernant le fonctionnement de ces marchés. Mais les marchés biffins sont devenus un terrain d’investigation, les économistes y amènent leurs compétences. Qu’est-ce que pourrait être une rue marchande ? Une nouvelle économie populaire ? On ne sait pas la traiter alors qu’elle a toujours existé. Comment articuler une économie populaire et une économie locale ? Les villes ne sont pas prêtes à accueillir des rues marchandes. Elles ont peur de voir arriver des pauvres chez eux. Comment la ville peut être un écosystème, comment ce côté marchand peut réintégrer les quartiers dans la ville ?

Les foyers Aurore et l’association des biffins AMELIOR (Association des Marchés Economiques Locaux Individuels et Organisés de la Récupération) ont créé un marché solidaire, une façon de réintégrer les biffins et de montrer que cela fonctionne. En parallèle, un travail est réalisé avec des artistes, qui contribuent à rendre visible et à produire de la connaissance sur ces processus. Il s’agit de montrer que c’est de l’entreprenariat.

Mathieu Morange, groupe La Poste : la loi sur l’ESS permet de réintégrer des marchés économiques émergents. Une SCOP pourrait peut-être investir dans ce domaine.

Hugues Bazin : ce n’est pas parce qu’il existe une loi qu’il y a une volonté politique. Le collectif rue Marchande a interpellé la Plaine commune. Les biffins interviennent à la jonction de l’économique, de l’urbain et du social, mais il n’existe pas d’espace reconnu pour les biffins. Comment créer un espace pour que ces marchés puissent être réintégrés ? Comment articuler économie formelle et informelle, comment faire pour que ces marchés soient reconnus ? C’est aussi une manière d’accompagner les nouveaux migrants, de travailler avec les Roms. Tout le monde n’a pas besoin d’un statut. Certains n’ont pas envie d’être salariés, ce sont plutôt des entrepreneurs individuels.

Nacera Taleb, économiste, fondatrice de l’association Formateurs Solidaires

A travers tout ce qui a été dit, on trouve de nouveaux paradigmes à l’œuvre. L’esprit collaboratif appartient à un paradigme récent correspondant à une révolution des mœurs, scientifique et culturelle. Nacera Taleb retient 5 paradigmes à l’œuvre aujourd’hui :

1) Le lien : premier paradigme commun à toutes ces évolutions. Un dénominateur commun se retrouve qui concerne la  nature du lien, que ce soit avec les objets, avec soi, avec le système.

2) La segmentation.  La segmentation traditionnelle est aujourd’hui questionnée : segmentation des relations, des savoirs, des espaces….  Les espaces familiaux, liés au travail, ne sont plus suffisants. Repensons des espaces permettant de nouvelles formes de liens. La notion de tiers lieu se situe dans cette interrogation.

3) Idée de sens. Le point commun à toutes ces innovations, c’est qu’elles interrogent le sens de nos actions. Avant la morale portait la quête de sens. Aujourd’hui on parle davantage d’éthique, de valeur.

4) Le pouvoir d’agir. L’ensemble de ces initiatives expriment la volonté de se réapproprier le pouvoir d’agir et de s’approprier son destin.

5) L’innovation. C’est aussi un point commun à l’ensemble de ces initiatives qui offrent de véritables opportunités historiques. Ce  sont ces espaces qui vont créer l’économie du futur.

Toutes ces innovations interrogent, parce qu’elles sont les solutions de demain, mais elles inquiètent en même temps. Il est important de prendre conscience que des choses finissent et que d’autres naissent. L’enjeu est de savoir comment traiter ces résistances de façon collaborative.

Quelles perspectives aujourd’hui ?

Le développement personnel est à la mode aujourd’hui. Mais il faut aller plus loin que le développement personnel et évoquer une relation aux savoirs,  Les émergences économiques sont le reflet d’une révolution économique mondiale. Leur origine : la révolution scientifique. L’économie alternative est une facette de cette évolution de paradigme global, liée à une révolution scientifique, qui se passe en douceur. Quelque chose se passe en profondeur, au-delà des bouleversements actuels.

Il s’agit d’une perspective historique commencée dans le temps de l’humanité, il y a 30 ans. Pour le comprendre il faut partir des modèles économiques. Trois principes fondamentaux qui sous-tendent les modèles économiques libéraux sont remis en cause aujourd’hui :

  • L’homo-économicus : les besoins humains limités à la satisfaction dans la consommation
  • Les intérêts individuels priment. La somme des intérêts individuels est égale à l’intérêt général
  • Le principe de la main invisible.

Ces principes sont faux d’un point de vue scientifique. La somme des particules ne permet pas de comprendre la nature du tout. De même la société n’est pas la somme des particularités. Les besoins humains sont plus larges : émotionnels, spirituels… L’homme est un tout fait de plusieurs parties. Il faut  reconnaître ces différents besoins, faire collaborer ces différentes parties. L’important ce sont les relations entres les parties, la façon dont on construit ces relations.

Autre notion fondamentale le changement : la nature est en perpétuel changement. Le changement est toujours en cours. Les choses ne sont jamais figées. On peut choisir le changement.

Mathieu Morange, groupe La Poste : retient la notion de transversalité comme facteur d’une émergence collective. La révolution douce lui paraît une réalité qui apparaît dans l’économie sociale et solidaire. L’ESS repose sur  une volonté de cocréer. On retrouve cette volonté de collaboration entre des acteurs différents dans des lieux d’occupation temporaire comme Les Gransds Voisins, ou dans des incubateurs sociaux comme BeeOtop, qui permettent de faire émerger de l’innovation.

Danielle Pailler, qui est engagée dans des projets économiques et culturels au Maroc s’appuyant sur une démarche de recherche-action rebondit sur la question de la mise en relation. Comment favorise-t-on la mise en lien entre différentes ressources ? Comment crée-t-on des synergies autour d’objectifs partagés ? C’est lorsqu’il existe un sens partagé que des collaborations peuvent naître, associant des citoyens dans la durée. On peut créer un espace de connaissances partagées autour de problématiques, de choses qui ne fonctionnent pas. Sans même des financements, on peut apporter ainsi beaucoup d’efficacité à l’action qui en découle.

Hugues Bazin: la violence intervient quand il n’y a plus de sens ; le conflit est positif car il permet de dégager du sens. Comment mettre en œuvre, articuler des contre-pouvoirs dans le processus de transformation ? A partir de contre-espaces de type Notre-dame-des-Landes, s’expérimente une autre économie, ces zones conflictuelles oeuvrent dans le sens d’un changement économique. La logique productiviste n’est pas très démocratique. Les lieux d’accueil pour les startups comme Remix ne sont pas connectés avec les problématiques territoriales, on reste dans l’entre-soi, et les startups sont souvent récupérées.

Nacéra Taleb : On est dans une révolution douce : de nouveaux paradigmes sont là. Mais on ne sait pas encore quelle forme prendra le changement. Les Tiers lieux sont un espace où l’expression peut se croiser.

Les présentations s’enchaînent jusqu’à l’heure du repas au fur et à mesure de l’arrivée de nouveaux intervenants.

Jérôme Lhote, Fondateur de Koom présente le défi de l’entreprise en faveur de la mobilité engagé sur Clichy-la-Garenne en présence de l’élu ESS de la ville Julien Bouchet.

Koom est une plateforme de crowdacting, à savoir d’action collective, qui a pour but de mobiliser des personnes sur une action solidaire de proximité. Cette mobilisation déclenche en retour la contribution d’une ville ou d’une entreprise au service de cette action. Koom a été créé en vue de casser la spirale du fatalisme et de renforcer la confiance des gens dans leur capacité d’agir pour faire face à un certain nombre d’enjeux de société.  L’entreprise est hébergée dans l’incubateur social de Clichy-la Garenne et fait partie du Mouv, le Mouvement des entrepreneurs sociaux.

Jérôme Lhote présente la campagne de mobilisation de Koom autour de la mobilité sur Clichy-La-Garenne. Celle-ci vise à mobiliser 200 habitants pour qu’ils se déplacent en vélo, une campagne qui, menée à terme, devait entraîner le versement par la ville de 500 euros à l’association de réparation de cycles, Solicyle.  Ce soir là, 147 personnes étaient déjà mobilisées sur les 200 attendues. Koom évoque aussi la possibilité de lancer un nouveau défi auprès d’une autre Mairie ou d’une entreprise comme Décatlon ou Go Sport. Dans le cadre d’un partenariat avec ENDF, elle fait du porte-à-porte pour que les gens s’engagent sur l’énergie nouvelle en Ile-de-France.

Tony Kopera, Président de Fare, Féder’Action des Rêves Evolutionnaires, présente l’activité et les projets de FARE en faveur des plus démunis.

Beaucoup d’entre nous connaissent déjà Tony, rêveur et activiste militant, pratiquant l’hébergement d’urgence dans des lieux de fortune pour les plus démunis, avec qui il n’hésite pas à partager le toit et la nourriture qu’il récupère et redistribue à des SDF, réfugiés et familles. Tony invente aussi des concepts de nouveaux lieux alternatifs : Maisons des alternatives et du partage (MAP), Hébergement Alternatif d’Urgence (HAU), Centre Ecologique Participatif (CEP)… et fédère autour de lui énergie et bonnes volontés. Si Tony a du confronter ses rêves de changement à la dure réalité (précarité des squats, difficulté de travailler avec des personnes en grande difficulté, manque de réalisme gestionnaire…), notre « Abbé Pierre » persévère envers et contre tout, afin de faire déboucher ses projets généreux.

Après des activités principalement consacrées à l’hébergement d’urgence en 2016, la récupération de nourriture et des activités artistiques et événementielles, l’association FARE s’efforce de passer un cap. Avec notamment de nouveaux membres qui entrent dans l’association, des activités de réquisition de locaux qui vont être séparées des autres activités de l’association, un projet communautaire plus structuré sur Saint-Denis, le soutien d’actions à l’international…

Des projets à l’international présentés par Abdulaï Danso, groupe Danso, et Nestor GOMA, ONG Horizon

Comment répondre au réchauffement climatique et à l’exode massif des populations, en mettant en œuvre des solutions locales, s’appuyant sur les nouvelles technologies, et notamment de nouvelles générations de satellites numériques, pour trouver de nouvelles voies de développement, plus respectueuses de l’humain et des valeurs de la vie sur la terre. Telle est l’ambition d’Abdulaï Danso, inventeur afro-américain, à travers ses inventions brevetées en France et aux USA, notamment le programme RETT, Réseau Espace pour le Temps de Travail, système régional de relocalisation de l’économie et de création d’emplois durables, ou encore le programme Space Territory, BFM association : Business Plan BFR, d’autofinancement durable pour les associations.

Il part notamment du constat suivant : il y a un siècle, 90 % de la population mondiale occupait un statut d’entrepreneur indépendant. Seulement 10 % de la population travaillait pour d’autres organismes (entreprises ou administrations). Cent ans plus tard, la tendance s’est inversée, 90 % de la population active travaille pour un tiers et seulement 10 % sont des opérateurs économiques autonomes travaillant sur leur terre d’origine. Abdulai Danso entend inverser cette tendance et l’exode massif de la population en appuyant stratégiquement et financièrement des programmes de développement rural et d’emploi durable à grande échelle.

Dans cette perspective il s’est associé à Planète Verte (http://www.planete-verte.fr), association oeuvrant au Mali pour la reforestation et l’aménagement agricole sur une grande échelle. L’association Planète Verte a engagé un programme de reforestation et de  mise en place de fermes familiales  dans le territoire de Mopti au Mali, occupé par 80 000 habitants. Ce programme prévu sur 5 ans, vise la plantation de  plusieurs millions d’arbres, la mise en place de 2000  fermes familiales, une agriculture rotative au pied des arbres, sur les ¾ de la région concernée. Abdulai Danso souhaite étendre ses activités à l’international et en France, en soutenant notamment l’association Fare.

Nestor Goma, de son côté, nous parle d’un projet porté par l’association Horizon 54 (http://www.ong-horizon54.org). Le Mali fait partie des cinq pays du monde à l’indice de développement le plus faible L’espérance de vie des hommes est de 45 ans et celle des femmes de 47 ans. L’objectif de l’association est de promouvoir, organiser, développer des activités éducatives, sociales, culturelles et de loisirs au Mali, afin de contribuer à la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Nestor Goma nous parle plus spécifiquement d’un programme de développement au Nord du Mali basé sur la réintroduction de la culture du manioc auprès de 400 familles maliennes.

Nous avons eu en soirée la présence d’Edmond Anna, économiste, fondateur du collectif Newton, que nous avions invité, mais qui n’a pas eu le temps d’intervenir. En attendant une autre occasion, nous reproduisons ici, le mail qu’ Emmanuel Medioni, le secrétaire général du Collectif Newton nous a adressé. 

« Le Collectif Newton, remercie Le Famillien, d’associer l’événement « Tiers lieu nomade » aux actions du Collectif Newton. Le fondateur Edmond Anna, s’efforcera de s’y rendre, et soutenir notre vision, sur les questions de Démocratie Numérique, et autres conditions visant à favoriser la Transition Numérique et Citoyenne. C’est-à-dire  « permettre à tous, la pleine appropriation des enjeux et possibilités qu’entrouvre le Numérique, à hauteur de la créativité dont chacun peut faire preuve dans cette transition numérique. » Le Collectif Newton, met l’accent sur les transitions en matière de Citoyenneté et d’accès à l’Information & aux processus de la Décision publique, notamment les enjeux de Démocratie Numérique, et entres autres actions d’alertes sur des sujets socio-économiques, ou environnementaux, ou des projets innovants dédiés au développement économique des territoires. Dans le prolongement de ces enjeux de démocratie, il entend aborder les questions à l’échelle du « Territoire » et contribuer à apporter des outils destinés à fédérer les acteurs et initiatives locales, et favoriser la mutualisation des ressources, pour les accueillir : tiers lieux, etc. Notre association partage votre intérêt pour ces dynamiques nouvelles que connaît notre pays.»

La soirée se poursuit autour du bon repas africain préparée par la sœur d’Hubert et servi par sa famille. Profes’Or Strange prolonge la soirée tard dans la nuit.

 

Atelier public avec les récupérateurs-vendeurs

Programme de recherche-action La biffe comme écodéveloppement en milieu urbain

 Le jeudi 2 mars 2017 de 14h à 17h30 – salle 414

MSH Paris Nord – 20 avenue George Sand – 93210 La Plaine Saint-Denis – M° 12 Front populaire

À l’ordre du jour :

  1. Rappel du fonctionnement du collectif : la démarche de recherche-action
  2. Chantiers en cours : guide culturel, étude d’impact, cartographie
  3. Pistes de travail et stratégie collective (recherche de lieu alternatif, expérimentations)
  4. Interventions diverses et autres propositions de projet
  5. Perspective d’un forum en octobre / novembre 2017

 

Police des banlieues, contremaître du néocapitalisme

Les derniers faits de cruautés[1] sous le couvert de contrôles policiers sont présentés par les commentateurs médiatico-politiques comme des actes individuels. Au pire, il suffirait d’extirper les brebis galeuses du troupeau pour que tout rentre dans l’ordre républicain.

Les « bavures » ne sont pas des dérapages individuels, l’humiliation est un système de domination. La police représente pour les jeunes de banlieue de la cité des 3000 à Aulnay (Seine-Saint-Denis) ce que furent les contremaîtres de leurs parents travailleurs à l’usine automobile d’Aulnay.

Les choix industriels de l’époque d’embaucher massivement une main-d’œuvre immigrée sans possibilité de formation et de promotion condamnent ces ouvriers à des bas salaires et des conditions de travail pénible. « On n’en pouvait plus, les ouvriers travaillaient plus et perdaient en salaire, ils étaient insultés » raconte Christian Bonin dans le film « Haya » (« en avant », en arabe) [2]. Jusqu’à 3000 ouvriers, sur un site qui compte alors 6000 employés, cessent le travail. Cette grève restera atypique : grève d’OS (ouvriers spécialisés), grève d’immigrés, grève pour la dignité avant toute autre revendication (grève de Citroën-Aulnay de 1982).

Les années 80 sonnèrent entre Ronald Reagan, Margaret Thatcher et François Mitterrand la fin dans les pays occidentaux d’un type de capitalisme industriel, l’installation d’un chômage de masse, l’avènement d’un capitalisme financier, la marchandisation de l’existence et le recyclage des idéologies soixante-huitardes dans l’économie néo-libérale. Ce sont les banlieues qui constituent alors les lieux de résistance.

Entre 1982 et 84, « les grèves menées par les ouvriers immigrés de l’automobile de la région parisienne posent la question du devenir d’un salariat particulièrement dominé et exploité, dans une industrie en constante restructuration »[3]. Les luttes sociales portaient autant sur le travail que sur le logement, les lois discriminatoires d’expulsion, les actes racistes. Les grèves sont l’occasion de libérer une parole muselée. Au-delà des revendications syndicales, la question de la dignité est omniprésente dans les paroles des OS, qui renvoie tant à la dignité en tant que salariés vis-à-vis de l’entreprise, qu’en tant qu’immigrés vis-à-vis de la France. Les quartiers populaires trouvent une certaine autonomie dans cette articulation entre luttes professionnelles et luttes des minorités. Une de ces expressions fut en 1983 la « marche pour l’égalité » qui s’achève par un défilé de 100 000 personnes à Paris et l’engagement du président de la république sur certains droits.

Le discrédit participe de l’arsenal répressif. Les rapports des renseignements généraux dans les luttes au sein des entreprises sont invoqués pour appuyer la thèse relayée pas les plus hautes sphères de l’État d’un « islam ouvrier sous influence extérieure » . Le traitement politique du conflit sous l’angle religieux inaugurait il y a 35 ans le discours islamophobe postcolonial et le clivage national/racial s’imposant aujourd’hui dans l’argumentaire de l’islamisation des ex-banlieues ouvrières. En même temps que le Front National engrange ses premiers succès électoraux en 83, le Premier ministre socialiste de l’époque, Pierre Mauroy et son ministre du travail Jean Auroux développent la thématique des « grévistes noyautés par l’intégrisme » : « les immigrés sont les hôtes de la France et à ce titre ont un double devoir : jouer le jeu de l’entreprise et celui de la nation »[4].

Si l’entreprise a disparu, le quartier la remplace dans l’injonction de docilité. Le contrôle qui s’opérait dans le rapport au travail s’étend dorénavant dans toutes les séquences de vie par la militarisation de l’espace. De l’exploitation ouvrière à l’asservissement des banlieues, les procédés sont les mêmes : c’est l’incorporation de la domination par les corps où le policier joue dorénavant le rôle du contremaître. Le quadrillage par les mouchards, la hiérarchisation parallèle, les assignations sans motif, les insultes racistes qui étaient le lot quotidien de « l’usine de la terreur » dénoncée par les ouvriers de l’époque sont les mêmes mécanismes qui opèrent maintenant dans les « quartiers de la peur ». Il est logique que les revendications résonnent de la même façon aujourd’hui. Les travailleurs immigrés demandaient le respect de la dignité, la liberté de parler, de s’engager dans l’organisation de son choix, d’être reconnu dans le droit de penser et de religions différentes, de cesser d’être traités comme des esclaves…

L’humiliation reste le support privilégié pour effacer le sujet dans sa qualité même d’être humain. « Elle est une forme intense, de souffrance psychique : elle dévalorise, méprise et met en cause le droit de l’individu »[5].  Chaque personne doit intégrer cette peur comme modèle comportemental de soumission indépassable de sa situation personnelle. En entreprise comme dans le quartier, l’humilié doit comprendre son inadaptation aux exigences du système. Le sentiment d’inutilité est la base même du totalitarisme économique, ce que Patrick Vasseur appelle « superfluité »[6], c’est-à-dire un système où les hommes sont superflus, atomisés dans une masse sans possibilité de se rattacher à une forme collective : un individu sans qualité, sans originalité, sans singularité, sans personnalité, un individu inférieur. À cette forme totalitaire correspond une humiliation radicale. Le manque de respect, de considération, le déni de reconnaissance viennent rappeler cette condition. La soumission des groupes passe toujours par la dimension individuelle. On isole pour cela l’individu, on cherche à l’atteindre par l’intime, là où s’abritent les sentiments les plus profonds d’existence de soi et des autres. On le réduit à un corps, on disqualifie sa vie par le vécu sensible de la douleur, de la dégradation.

Résister à cette domination, c’est analyser l’humiliation avant tout comme une question politique décisive. À cette dégradation individuelle correspond la détérioration constante ces dernières années des conditions socio-économiques dans les quartiers classés « prioritaires ». Alors que la situation de l’emploi semble se stabiliser sur le plan national, la hausse du chômage deux à trois fois supérieur dans les quartiers (indépendamment du niveau de diplôme) n’est pas une conséquence de la crise, c’est un choix politique. Plus les banlieues populaires apparaissent inutiles au développement du pays depuis la déstructuration du tissu industriel, plus le système répressif s’accentue, le contrôle s’opérant par transfert de la violence de la sphère de production à la sphère publique.

Cette domination basée sur une ségrégation territoriale et une discrimination ethno-sociale n’est pourtant pas audible dans le débat public. Elle est même devenue progressivement « acceptable » en se parant d’un alibi idéologique. La critique de classe laisse place à une approche culturaliste où le travailleur immigré devient le musulman et le jeune issus de l’immigration une racaille naturellement encline à la délinquance. Ce sont les thèses fumeuses de l’« insécurité culturelle » (peur du multiculturalisme, du « grand remplacement »), la thématique de la « reconquête des territoires de non-droit », la reformulation d’un récit national excluant l’apport des immigrés, l’instrumentalisation de la laïcité dans une racialisation des rapports sociaux, etc.

Les travailleurs de terrain ont pu constater ce pourrissement progressif caché par la logique technicienne de la « politique de la ville » qui finit d’étouffer toute velléité d’auto organisation du milieu associatif. Détruire les tours d’immeubles et rénover les façades n’ont jamais permis aux populations de mieux s’organiser en autonomie. Les modes de structuration anciennement liée aux luttes dans le travail ayant disparu, il n’est pas accordé aux révoltes le statut de luttes légitimes comme en 2005 (suite à la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois), systématiquement renvoyées à la case délinquance des « casseurs » et autres « réseaux mafieux ».

La perpétuation d’un état d’urgence débridant la violence policière et son détournement dans la répression du mouvement du printemps 2016 contre la Loi Travail ont eu pour effet inattendu de faciliter un rapprochement entre les différentes formes de luttes. Les primo-manifestants découvrent en « live » la technologie du pouvoir militaro-policier maintenant sous le joug les banlieues depuis des décennies et réciproquement les acteurs de banlieues découvrent à travers les réseaux sociaux les stratégies d’organisation et de rébellions mises en place par les mouvements autonomes.

La convergence des luttes souhaitée à l’époque ne s’est pas vraiment faite, car restant accolée au modèle de rapport au travail et de militance propre à certaines couches socioprofessionnelles. Les « Sans » se sont retrouvés cependant dans les cortèges de tête des manifestations et les AG d’occupation des places sans permettre vraiment aux quartiers populaires de trouver leur propre forme d’organisation. Le rassemblement le 11 février 2017 devant le tribunal de Bobigny et dans plusieurs autres villes de France en soutien à Théo L. a constitué peut-être l’un de ces points de convergence.

Alors que les flammèches d’une guérilla urbaine peuvent à tout moment provoquer un embrasement, l’émancipation des populations dominées passe par la possibilité de prendre le statut d’acteurs politiques comme à l’époque des luttes ouvrières dans l’industrie automobile. En s’affirmant comme référent à l’ensemble des mouvements, la périphérie devient centrale, condition nécessaire à une transformation radicale des modèles économiques et politiques. Les banlieues ne sont plus alors les « lieux du ban » assigné identitairement, mais les centres d’une intelligence sociale dans le partage des savoir-faire, l’autoformation réciproque, l’appropriation des lieux et des outils, l’émulation et la fierté collective… L’histoire des luttes montre que d’autres trajectoires collectives sont toujours possibles.

 

[1] Le 2 février, dans la cité des 3000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Théo L., 22 ans, est gravement blessé, violé par une matraque télescopique d’un policier.  Le 29 octobre 2015,  Alexandre T. a également l’anus  perforé par la matraque d’un policier municipal de Drancy (Seine-Saint-Denis) qui est jugé pour violences volontaires avec arme, le jeune homme a perdu son emploi et reste traumatisé, – Le 19 juillet 2016  à la suite de son interpellation, Adama Traoré, 24 ans, meurt dans la gendarmerie de Persan (Oise) dans des conditions non inexpliquées par les autorités… Sans être aussi dramatiques, les contrôles qui tournent mal sont monnaie courante. Trois points de suture au cuir chevelu, une dent cassée et un hématome sur le visage. C’est le bilan médical de l’interpellation d’Hicham, dans la nuit du 3 au 4 février dernier à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Une plainte est déposée, etc.

[2]  « Haya », Réalisé par Edouard Bobrowski et Claude Blanchet, France, 1982, 60 mn

[3] Vincent Gay, « Des grèves de la dignité aux luttes contre les licenciements : les travailleurs immigrés de Citroën et Talbot, 1982-1984 », www.contretemps.eu

[4]  Frantz Durupt, « L’usine PSA d’Aulnay sous influence islamiste ? Un argument qui remonte à 1983 », Libération du 3 janvier 2017

[5] Claudine Haroche , « Le caractère menaçant de l’humiliation », Le Journal des psychologues, 6/2007 (n° 249), p. 39-44.

[6] Patrick Vassort, Contre le capitalisme. Banalité du mal, superfluité et masse, Le Bord de l’eau, coll. « Altérité critique », 2014

Programme du colloque

Construire les savoirs avec tou.te.s ?
Recherches participatives avec les personnes en situation de pauvreté

1er mars Colloque au CNRS, 3 rue Michel Ange, Paris 16ème

Animation de la journée par Sandra Laugier, professeure, directrice adjointe scientifique de l’InSHS-CNRS, membre du comité « Sciences en société » du CNRS et Claude Ferrand, coordinateur du Réseau Wresinski Participation, Croisement des savoirs, ATD Quart Monde

8h30 : Accueil

9h : Ouverture du colloque par Alain Fuchs, président du CNRS, Claire Hédon, présidente du mouvement ATD Quart Monde France, Olivier Faron, administrateur général du Cnam

9h30-10h : Les éléments constitutifs d’une recherche participative en croisement des savoirs et des pratiques impliquant des personnes en situation de pauvreté par ATD Quart Monde

10h-10h30 : Les résultats du séminaire sur l’épistémologie des recherches participatives et en croisement des savoirs par Marcel Jaeger, titulaire de la chaire de travail social et d’intervention sociale au Cnam et Patrick Brun chercheur, ATD Quart Monde:

  • Les savoirs : identité, spécificité, interactions, plus-value du croisement des savoirs avec des personnes en situation de précarité et de pauvreté
  • Les finalités, la reconnaissance et la validation d’une recherche participative en croisement des savoirs
  • Les conditions du processus relationnel et de connaissance du croisement des différents savoirs

10h30 : Pause

11h-12h30 : Table ronde sur les enjeux et intérêts scientifiques, épistémologiques et sociaux des recherches participatives en croisement des savoirs, animée par Xavier Godinot, co-directeur de recherche internationale sur les dimensions de la pauvreté et leurs mesures, ATD Quart Monde

  • Patrick Cingolani, Laboratoire de changement social et politique, Université Paris-Didero
  • Jean-Michel Fourniau, Directeur du GIS Démocratie et Participation, CNRS
  • Nonna Mayer, Directrice de recherche émérite CNRS, Centre d’études européennes de Sciences Po
  • Catherine Neveu, Directrice de recherche CNRS, IIAC

12h30 : Buffet

14h – 15h30 : Quatre ateliers

  • Atelier 1 : Quelles sont les conditions éthiques, méthodologiques et épistémologiques des recherches participatives en croisement entre les différents savoirs ? Animé par Marion Carrel, maitresse de conférences en sociologie, Lille 3 – CeRIES et Marianne de Laat, conseillère pédagogique en croisement des savoirs, ATD Quart Monde
  • Atelier 2 : Quelles sont les conditions éthiques, méthodologiques et épistémologiques des recherches participatives en croisement entre les différents savoirs ? Animé par Hugues Bazin, chercheur en Sciences sociales, LISRA et Françoise Ferrand, conseillère pédagogique des programmes Quart Monde – Université, Quart Monde Partenaire
  • Atelier 3 :Atelier 3: Comment les politiques publiques peuvent-elles favoriser les conditions de recherche participative en croisement des savoirs et l’application des résultats dans l’élaboration, la réalisation et l’évaluation des actions publiques ? Les conditions de faisabilité et de financement. Animé par Cyril Fiorini, doctorant, Cnam-HT2S et Laurent Sochard, psycho-sociologue, praticien chercheur
  • Atelier 4 : L’évaluation et la validation des savoirs co-construits sur le plan de la connaissance, de l’action et de la formation. Les modalités de diffusion. Animé par Philippe Warin, directeur de recherche ODENORE-CNRS et André Moisan, sociologue

15h30 : Pause

16h -16h30 : Mise en commun des ateliers, Xavier Verzat ATD Quart Monde

16h30-17h : Intervention : les enjeux des recherches participatives en croisement des savoirs dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Gaël Giraud, Economiste en chef, Agence française du développement (AFD)

17h-17h15 : Prise de parole de Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche et de Ségolène Neuville, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion (à confirmer).

17h15 : Conclusions et perspectives

17h30 : Fin du colloque

Inscription

Recherches participatives avec les personnes en situation de pauvreté (Paris)

Construire les savoirs avec tou.te.s ?
Recherches participatives avec les personnes en situation de pauvreté

1er mars Colloque au CNRS, 3 rue Michel Ange, Paris 16ème

Appel pour le développement des recherches participatives en croisement des savoirs

Animation de la journée par Sandra Laugier, professeure, directrice adjointe scientifique de l’InSHS-CNRS, membre du comité « Sciences en société » du CNRS et Claude Ferrand, coordinateur du Réseau Wresinski Participation, Croisement des savoirs, ATD Quart Monde

8h30 : Accueil

9h : Ouverture du colloque par Alain Fuchs, président du CNRS, Claire Hédon, présidente du mouvement ATD Quart Monde France, Olivier Faron, administrateur général du Cnam

9h30-10h : Les éléments constitutifs d’une recherche participative en croisement des savoirs et des pratiques impliquant des personnes en situation de pauvreté par ATD Quart Monde

10h-10h30 : Les résultats du séminaire sur l’épistémologie des recherches participatives et en croisement des savoirs par Marcel Jaeger, titulaire de la chaire de travail social et d’intervention sociale au Cnam et Patrick Brun chercheur, ATD Quart Monde:

  • Les savoirs : identité, spécificité, interactions, plus-value du croisement des savoirs avec des personnes en situation de précarité et de pauvreté
  • Les finalités, la reconnaissance et la validation d’une recherche participative en croisement des savoirs
  • Les conditions du processus relationnel et de connaissance du croisement des différents savoirs

10h30 : Pause

11h-12h30 : Table ronde sur les enjeux et intérêts scientifiques, épistémologiques et sociaux des recherches participatives en croisement des savoirs, animée par Xavier Godinot, co-directeur de recherche internationale sur les dimensions de la pauvreté et leurs mesures, ATD Quart Monde

  • Patrick Cingolani, Laboratoire de changement social et politique, Université Paris-Didero
  • Jean-Michel Fourniau, Directeur du GIS Démocratie et Participation, CNRS
  • Nonna Mayer, Directrice de recherche émérite CNRS, Centre d’études européennes de Sciences Po
  • Catherine Neveu, Directrice de recherche CNRS, IIAC

12h30 : Buffet

14h – 15h30 : Quatre ateliers

  • Atelier 1 : Quelles sont les conditions éthiques, méthodologiques et épistémologiques des recherches participatives en croisement entre les différents savoirs ? Animé par Marion Carrel, maitresse de conférences en sociologie, Lille 3 – CeRIES et Marianne de Laat, conseillère pédagogique en croisement des savoirs, ATD Quart Monde
  • Atelier 2 : Quelles sont les conditions éthiques, méthodologiques et épistémologiques des recherches participatives en croisement entre les différents savoirs ? Animé par Hugues Bazin, chercheur en Sciences sociales, LISRA et Françoise Ferrand, conseillère pédagogique des programmes Quart Monde – Université, Quart Monde Partenaire
  • Atelier 3 :Atelier 3: Comment les politiques publiques peuvent-elles favoriser les conditions de recherche participative en croisement des savoirs et l’application des résultats dans l’élaboration, la réalisation et l’évaluation des actions publiques ? Les conditions de faisabilité et de financement. Animé par Cyril Fiorini, doctorant, Cnam-HT2S et Laurent Sochard, psycho-sociologue, praticien chercheur
  • Atelier 4 : L’évaluation et la validation des savoirs co-construits sur le plan de la connaissance, de l’action et de la formation. Les modalités de diffusion. Animé par Philippe Warin, directeur de recherche ODENORE-CNRS et André Moisan, sociologue

15h30 : Pause

16h -16h30 : Mise en commun des ateliers, Xavier Verzat ATD Quart Monde

16h30-17h : Intervention : les enjeux des recherches participatives en croisement des savoirs dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Gaël Giraud, Economiste en chef, Agence française du développement (AFD)

17h-17h15 : Prise de parole de Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche et de Ségolène Neuville, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion (à confirmer).

17h15 : Conclusions et perspectives

17h30 : Fin du colloque

Inscription

 

Sociologie des pratiques urbaines (Reims)

Cette rencontre le jeudi 25 Janvier 2017de 13h à 19h, Quartier LibreEspace collectif et créatif, 12 rue Filles Dieu, 5100 Reims, a pour but de présenter les données récoltées lors de cette étude/recensement, nous permettra également d’avoir un regard et une analyse historique et sociologique autour des pratiques urbaines par la présence de Hugues Bazin (chercheur et fondateur du laboratoire d’expérimentations sociale et culturelle recherche-action.fr) et Thomas Blondeau (journaliste aux Inrocks et spécialiste de la culture Hip Hop) et vous permettra de rencontrer des profils pépites oeuvrant dans les cultures urbaines à l’échelle de la région.:

  • Julien Colinet, MJC Calonne, Sedan
  • Ismael Taggae, danseur, Reims
  • RESFE, graphiste et arts visuels, Paris
  • Raphael Chiquet, champion du monde de BMX flat 2009, Epernay
  • Guillaume Brière, The Shoes, producteur, Reims
  • IEMZA, street artist, Reims

Cet après midi se déroulera en plusieurs temps :

  • Accueil
  • Présentation de Quartier Libre – espace collectif et créatif
  • Présentation des données issues de l’étude/recensement et les limites constatées ;
  • Intervention croisées de Hugues Bazin et de Thomas Blondeau
  • Speed meeting, rencontre des profils pépites régionales oeuvrant dans les cultures urbaines
  • Conclusion et prises de paroles officielles
  • Temps de convivialité

L’association Velours et ses partenaires, la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de Cohésion Sociale ainsi que la Direction Régionale de Affaire Culturelles, vous invitent à la rencontre autour de l’étude/recensement des pratiques urbaines en région Champagne Ardenne qui a débuté en 2015 et s’est finalisée au printemps 2016..

 

 

Pour toutes questions contactez le : 06.31.76.57.75

Leçons de problèmes

Pédagogie des problèmes

En Pédagogie sociale, aux appels à projets , nous préférons les « appels à problèmes ». Le problème en effet est un élément par lequel la réalité se laisse entrevoir dans toute sa complexité. le problème est une chance de connaître, d’apprendre, et de faire « vraiment », là où le projet , en général nous laisse sur notre faim, laissant dans l’ombre tant de dimensions et tant d’inconnues.

Mais qu’est ce qu’u n problème? Au premier niveau, un problème est un dérangement par lequel la réalité se signale. C’est littéralement un » caillou dans la chaussure », quelque chose qu’on n’a pas choisi, sur lequel on n’a pas de connaissance préalable, quelque chose qui survient , une rencontre un phénomène, un incident , un accident.

Le problème sur la table

Dans un premier temps, nous entrevoyons le problème comme une gêne, un extérieur à nous mêmes, un peu comme un puzzle en tas sur la table qu’on voudrait bien remettre en ordre.

Nous recherchons d’abord une solution, on pourrait même dire LA solution car ce que nnosu identifiosn comme un problème unique et singulier nous semble appeler une solution unique et singulière, elle aussi.  A cette solution, comme à ce problème jusque là, nous nous sentons extérieurs et nous aimons être extérieurs. Nous imaginons que cette position « par dessus », nous donne du pourvoir d’analyse et d’observation.

La complexité

Puis nous nous rendons compte que ce n’est pas si simple, qu’il n’y apas qu’un seul élément , qu’un  seul facteur, une seule dimension dans un problème , mais en général , plusieurs . C’est « la première leçon du problème »: le problème est multiple et complexe.

Nous imaginons alors décomposer le problèmes en petits problèmes et chercher des solutions en même temps, à « additionner ». La complexité du problème nous apparaît d’abord comme une juxtaposition, une série de problèmes sans lien à séparer entre eux et à solutionner un par un par des projets dédiés.

Le système

Bien entendu, c’est un échec , car la seconde leçon du problème arrive: le problème complexe n’est pas un ensemble de sous problèmes simples, mais un système. On ne peut y répondre même par une série de projets simples, même en les réalisant tous en parallèle et en même temps. la somme d’un  problème complexe excède ses parties car s’y ajoute « la part systémique ». Les différents éléments qui composent le problème complexe ses dimensions par exemple sociales politiques, économiques ne sont pas seulement juxtaposées: elles interagissent. Aller vers une solution du problème suppose non pas  d’agir sur les éléments qui composent le problèmes mais sur les liens de cause à effet, de dépendance, de pouvoir, de condition et d’interaction qu’ils entretiennent entre eux. A cette étape nous sommes enclins à nous référer à la notion de complexité d’E Morin, à l’approche systémique ou bien à la « clinique de la concertation » pour comprendre ce qu’est véritablement un problème. Nous sommes alors mûrs pour une première révélation: nous ne sommes pas face au problème, pas face à la table. Nous sommes partie du problème, voire -pourquoi pas dans certains cas? – nous sommes le problème. C’est en rentrant nous mêmes dans l’équation que nous entrevoyons des solutions. En Pédagogie sociale nous appelons cela « l’implication », « la proximité », « l’engagement », « la compromission » (au sens espagnol d’alliance et de fiançailles).

La production des problèmes

Mais le problème ne peut pas non plus être réduit à un système, car même si nous agissons sur la complexité du problème, son système, et même si ainsi nous arrivons à le neutraliser et le solutionner, il revient. Pourquoi? Car nous nous sommes attqués au problème en lui même mais pas à ce qui le produit, ce qui en constitue la source et ce qui le produit. Nous avons ignoré la partie immergée du problème, c’est à dire son processus de production. Car tout problème est une construction, une production, une pure création. Il ne suffira donc pas de civiliser les barbares , d’instruire les ignorants, de loger les sans abrits et de nourrir les affamés pour régler les problèmes du monde; il nous faudra bien encore nous interroger sur ce qui les produit et comment nos institutions elles mêmes produisent ce que nous combattons. Notre main gauche ne pourra pas réparer plus longtemps ce que fabrique notre main droite.  C’est la deuxième révélation du problème: nous les produisons. Dès lors prétendre résoudre quoi que ce soit passera par un traitement des causes et des racines des problèmes.

Prendre le problème comme piste de solution

Dès lors , nous avons ouvert la voie pour une  étape supplémentaire et sans doute ultime: envisager que les problèmes qui nous heurtent et nous irritent sont peut être déjà le début des solutions que nous cherchons vainement ailleurs, plus loin ou plus tard. Le bidonville est il problème ou solution du mal logement? Et ainsi des économies parallèles et de toutes les entreprises pour produire du neuf , de la marge et de l’innovation.

En Pédagogie sociale, nous envisageons le problème comme un « mystère » au sens que Gabriel Marcel donnait à ce terme. Il nous passionne; on s’y implique; on y cherche de manière continue une source de savoir, d’expérience et de connaissances. Nous devenons experts, chercheurs en problèmes plutôt qu’en projets .

Au coeur du problème (et non pas face à lui) , plutôt que le projet, nous préférons la pratique, l’action immédiate, l’inconditionnalité de l’accueil de ce qui survient. Nous ne « traitons » pas les problèmes; nous privilégions la construction d’une communauté , d’un milieu dans lequel le problème ne sera plus un frein ou un point de fixation, mais au contraire, une perspective, un levier, une source d’énergie sociale.

Le précaire ne manque pas de pouvoir mais d’organisation

« Empowerment » et « Pouvoir d’agir » constituent de nouvelles utopies et valeurs pour une action sociale et éducative en perte de sens.  La thématique est en effet attrayante; est ce qu’il ne s’agit pas de donner, redonner, rendre de l’autonomie ou du pouvoir à ceux qui semblent  en être dépourvus, car trop dépendants des structures, des circonstances, trop ballotés par une vie qu’ils ne contrôlent plus?

 

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Nous renvoyons ainsi sans arrêt ceux que nous jugeons trop peu autonomes au pouvoir ou la mobilité qui leur feraient défaut. On finirait même encore par leur reprocher le peu de confiance qu’ils gardent encore vis à vis des travailleurs sociaux, des enseignants, des structures sociales. Ne feraient-ils pas mieux de se prendre en main?

On  ne se rend pas compte , chemin faisant que ce modèle « d’Empowerment », de « Capacitation », ressemble comme une goutte d’eau à ce que l’on reproche par ailleurs à ces mêmes groupes dès qu’ils acquièrent un peu d’indépendance; d’un seul coup la solidarité rêvée sera décrite comme du communautarisme; la conscience sociale, culturelle et politique sera dénoncée comme de la radicalisation; la lutte pour plus de démocratie sera traitée comme une menace pour la République.

En fait, on se donne d’autant plus facilement d’objectifs de développer le pouvoir d’agir des usagers qu’on se félicite qu’ils n’en acquerront guère.

A la place du pouvoir, voici à quoi on assigne les individus et groupes marginalisés: à faire des choix, des séries et des listes interminables de choix. L’Empowerment qu’on propose, le pouvoir d’agir qu’on favorise, se limiteront toujours à ceci: faire des choix, et surtout les plus petits qui soient. Ceux qui n’engagent à rien sur le fond et qui occupent tout le temps qu’on a.

La véritable précarité, c’est cela finalement: être perpétuellement en obligation de choisir pour chaque moment, chaque chose … et rester en même temps dans l’impossibilité à changer quoi que ce soit.

La Pédagogie sociale de ce point de vue, va tout à l’inverse. Chez nous, il y a très peu de possibilités de choisir. Nous commençons par établir des certitudes que personne n’a demandées. Notre présence, notre persévérance , notre intérêt ne sont pas le résultat de choix. Ce sont des bases, des postulats, des « inconditionnels », sur lequel tout se bâtit.

Mais ce que nous apportons, ce don, en quelque sorte, ce n’est jamais quelque chose que l’on définirait comme quelque chose pour remplir un vide. Il n’y a  en effet jamais de vide, dans la précarité, mais toujours du trop plein: de préoccupations, d’ultimatums, d’urgences, de projets, de contraintes.

Nous ne définissons pas notre action en rapport avec une misère ou un manque; on n’apporte pas du pain là où il en manquerait, de l’éducation où elle ferait défaut et de la civilisation là où elle péricliterait. Nous n’apportons rien ou,plutôt rien d’autre que …de l’organisation.

Nos stagiaires, nos volontaires , y compris les plus jeunes, en font banalement l’expérience. Que fait on en effet dans un  atelier de rue? Rien d’extraordinaire , rien d’extravagant. Aucune animation, aucun événement. Nous nous contentons d’apporter notre propre organisation.

Il suffit de peu de choses et de peu de moyens, juste notre capacité à organiser, pour transformer le pied d’immeuble en terrain d’aventure, et le terrain vague en centre culturel. C’est cela que nous cultivons, que nous mettons en oeuvre. Et ce petit quelque chose c’est l’organisation.

Qu’est ce que l’organisation sinon ce qui nous permet d’aller un peu plus loin que là où on irait tout seul? C’est le sens même, le sens propre du collectif.

Nos pédagogues sociaux, nos volontaires, et stagiaires n’apprennent pas autre chose en participant et construisant le travail de notre association. Et cette organisation qu’ils apprennent , prend la forme de trois conquêtes fondamentales. C’est ce que l’organisation nous apporte.

  1. Aller au bout

La première de ces conquêtes consiste à apprendre à avoir de la suite dans les idées; à aller au delà de l’événement; à accepter de se confronter à la difficulté de revenir, de durer, à aller jusqu’au bout d’un engagement et de ce qu’on entreprend. Inutile de se leurrer , cette conquête est devenue un chemin rare et difficile. Nous aurons réussi un exploit si nous rendons cette conquête possible.

2. Théoriser

La seconde étape à conquérir c’est la capacité de s’interroger sur la théorie de nos actions; à apprendre à théoriser soi-même, petit à petit ce que l’on fait, pour ne pas laisser cette théorie à d’autres. C’est un peu comme une seconde naissance pour un acteur social que le jour où il entre dans cette dimension théorique; qu’il peut et qu’il doit se l’approprier.

3. Se compromettre

La dernière conquête, celle qui fait le plus peur , c’est celle de la capacité de s’engager soi même , globalement, pleinement dans sa propre activité. C’est un véritable apprentissage à acquérir car celui ci, aucune école, aucun centre de formation ne l’amène ou n’y  prépare.

C’est cela être organisé: aller jusqu’au bout, avoir conscience de ce que l’on fait et s’y engager. C’est peu de choses et si rare pourtant.

Il fut un temps où la vie en société foisonnait d’occasions de s’organiser. Aujourd’hui tout nous porte à ne jamais rentrer dans cette dimension. Une foule de préconisations et de conseils nous en préviennent.

Nous ne sommes absolument pas encouragés dans ces trois domaines. Bien au contraire, tout nous en dissuade: la peur des risques, la peur d’être débordé, la peur de manquer des opportunités.

Au fond cette organisation qu’il s’agit de conquérir, c’est une seule et même chose, pour nous autres acteurs et sociaux et pour « nos publics ». Le mouvement qui nous y mène est de même nature.

De sorte que nous progressons ensemble.

SAMEDI:

Atelier d’Epinay

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Nous avons commencé l’atelier par une ronde avec les enfants. Nous nous sommes présentés, puis nous avons fait des jeux collectifs (tomate ketchup, le facteur), et nous avons nommé les parties du corps en Français, Roumain et en Rrom. Tous les enfants ont bien participés. Ensuite, nous nous sommes répartit sur les ateliers petite enfance et écriture/dessin.

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Les enfants étaient contents et se sont bien amusés. Nous avons ensuite prit le gouter tous ensemble. A la fin du gouter, il nous restait un peu de temps et nous avons pu parler avec les enfants qui nous ont appris quelques phrases en Roumain et qui nous ont fait visiter le camp.

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Atelier de la Villa St Martin

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Nous sommes arrivés à Villa St Martin avec deux nouvelles potentielles stagiaires Adèle et Amy. Elles ont pu découvrir les différents ateliers que nous avons proposés et y participer.

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Différents ateliers ont été mis en place par toute l’équipe : la petite enfance, les jeux de société, des coloriages. Pendant qu’une partie de l’équipe allait chercher des enfants à proximité, Nicolae et Mélanie ont commencés un foot avec ceux sur place et une maman. Lorsque tout le monde a été réuni nous avons joué ensemble à des jeux de société comme pic-pirate ou croc-carottes. Les enfants ont d’ailleurs été très inventifs puisqu’ils ont voulu rajouté une difficulté. C’était de poser des questions de mathématiques, de français ou de sport pour avoir le droit de jouer. Cela a rajouté un esprit de compétition qui a beaucoup plu à tout le monde.

Ensuite, les enfants se sont rassemblés pour écouter Nicolae raconté une histoire sur un kamichibai (qui est un support en bois comme un théâtre). C’était l’histoire d’une petite fille Rrom dont la mère ne voulait pas qu’elle aille à l’école. Un travailleur social l’aidait pour qu’elle puisse y aller. Les enfants ont aimé le concept de l’histoire et les dessins mais les mots étaient parfois trop compliqués.

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Pour finir, nous avons pris le goûter tous ensemble dans la bonne humeur en parlant de cette histoire qui finissait bien.

 

Atelier des Hotels

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Aujourd’hui, avec Kheira, Aurore, Iasmina, Alison, Valérie, Lari, et Pierre-Louis, nous sommes allés comme chaque samedi sur le parking de l’hôtel F1 pour faire des ateliers avec les familles qui vivent là. Les enfants et les mamans étaient une fois de plus au rendez-vous.

Cette fois, nous avons innové : mis-à-part l’indispensable atelier petite-enfance, qui a une fois de plus trouvé son public, nous avons proposé des grands jeux collectifs.

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Tout d’abord, nous avons joué au jeu des statues dansantes. Il s’agit d’un jeu où tout le monde danse sur la musique, et dès qu’elle s’arrête, les joueurs redeviennent statue et il ne faut plus bouger. Les enfants ont beaucoup aimé, d’autant plus qu’il faisait froid et que danser leur permettait de se réchauffer, et les mamans se sont jointes à nous, tentées par le rythme entrainant.

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Nous avons ensuite joué à la balle aux prisonniers, afin de ne pas refroidir avant le goûter.

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A l’heure du goûter, nous avons commencé par partager un petit moment où chacun s’exprime sur ce qu’il a vécu : le conseil de quartier. Nous avons ensuite pu nous délecter avec du chocolat chaud et une excellente galette des rois !

Vivement samedi prochain !

 

VENDREDI

Atelier de Morangis

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Nous sommes allés sur le camp de Morangis pour chercher les enfants et les ramener au local pour faire des activités.

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Une fois arrivés, nous commençons avec des exercices de mathématique, de lecture (trouver les mots qui manque dans une phrase). De l’autre côté, Laura, avec une maman lisent un livre en français pour reconnaitre des mots que la maman comprendra et les traduire en roumain. Après avoir finit ces deux activités, on a fait un jeu société, le devine tête pour comprendre la langue française. Le temps passent vite et nous passons au goûter.

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Atelier de la Rocade

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Aujourd’hui motivé comme jamais, nous avons pris beaucoup de matériel pour faire un atelier de choc.

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Cependant à cause des conditions météorologiques, peu d’enfants sont venus sur l’atelier. A la petite enfance, Coline et Kévin ont mis en place un atelier du tonnerre, même si la pluie n’en a pas décidé ainsi.

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Juste à côté se tenait un karaoké ambulant qui a eu du succès et qui nous a permis de nous réchauffer. Un atelier de jeux de société s’est tenu, le dobble et le croque carotte ont encore été les plus plébiscités par les enfants.

 

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Pour le goûter nous nous sommes réunis dans la tente pour être à l’abri de la pluie et du vent. Il a donc fallu tout ranger puis rentrer.

 

JEUDI

Atelier de Massy

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Aujourd’hui, nous avons apporté plusieurs ateliers, malheureusement la pluie était au rendez-vous. Nous avons donc improvisé un karaoké sous le barnum avec les enfants.

Plusieurs musiques ont diffusé et apporter de la joie, de la bonne humeur ! Comme par exemple : Le roi lion, la reine des neiges, maitre gims, Keblack… Une Playlist de choix faite par les enfants !

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Les enfants ont chanté chacun leur tour dans le micro, et ensuite nous avons chanté tous ensemble et dansé également !

Le jeu « un deux trois soleil » a était proposé mais version animaux ! Le but étant de reproduire l’animal dit, ce qui à réchauffer un peu malgré le temps.

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Par la suite, un conseil de quartier s’est imposé ! Les enfants ont dit qu’ils avaient beaucoup aimé et que la prochaine fois, il faudrait commander le soleil !

L’heure du gouter est arrivé, un chocolat chaud et des biscuits aux fruits rouges ont étaient distribué, car après l’effort, le réconfort !

 

Atelier du Skate-Park

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Malgré le froid et le vent, nous sommes comme toujours sur le pied de guerre pour l’atelier de la rocade, quelques courageux nous rejoignent d’ailleurs pour partager un verre de chocolat chaud et faire quelques jeux pour se réchauffer. On finit quand même par regagner chacun nos pénates parce que… Bah parce que ! Mais c’était quand même cool!

 

Atelier du Jardin

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Sous un ciel nuageux et pluvieux, on se motive pour aller au jardin avec le groupe d’adultes. Nous partons pour une heure et demie de jardinage au potager. Avec Jessica, Laura, Lari, Franck, Eric et Nicolae on arrive enfin au jardin. Ici c’est la boue et le fumier qui pave le chemin et comme la pluie ne s’arrêtera pas tout de suite on s’installe sous la serre, là où nous allons retourner la terre et vider des encombrants la serre.

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Tout le monde met la main à la patte et le travail avance vite. A tour de rôle on se passe la fourche bêche et la binette car ici tout le monde aide et il s’implique.

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Un beau travail est fait et une belle récompense nous attend tous, un bon verre de chocolat chaud et des madeleines pour notre travail.

A bientôt.

 

MERCREDI

Atelier de St Eloi

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Aujourd’hui, lorsque nous sommes arrivés il y avait très peu d’enfants. Nous avions avec nous 5 enfants des hôtels. Pour commencer, nous avons installé nos ateliers : la petite enfance, les jeux de société et le karaoké.

L’atelier de la petite enfance n’a pas eu de succès, ceux sont les jeux de société, le karaoké et le foot qui ont le plus été apprécié !

Sur l’atelier des jeux de société, le Dobble a encore fait des ravages. Nous avons enchaîné les parties, nous avons beaucoup rigolé. Le blocus et le croque-carotte ont été prisé par les enfants.

L’atelier Karaoké a eu beaucoup de succès ! Il a réuni des enfants de tous les âges. Chaque enfant a pu chanter plusieurs chansons au micro. Nous avons tous chanter et danser. Grâce à la musique, plusieurs enfants nous ont rejoints.

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Le foot est l’activité principale à St Eloi, tout s’est très bien passé. Les garçons étaient respectueux entre eux et avaient un bon sens de l’équipe.

Nous avons terminé l’atelier avec une vingtaine d’enfants. Lors de l’assemblée chaque enfant a parlé dans le micro pour dire ce qu’il avait aimé ou non et ce qu’ils souhaitaient faire la semaine prochaine. Un nombre important souhaitent faire une Battle de danse et de chant, ainsi que du basket.

Nous avons pris le gouter et nous sommes rentrés avec les enfants des hôtels. Pour l’équipe, ce fut un très bon atelier.

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Atelier du Jardin

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Après de courtes vacances de Noël, Nicolae est de retour parmi nous et c’est avec lui qu’on pourra reprendre la séance de jardinage dans les meilleurs délais.

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Lari rejoint aujourd’hui le groupe et nous donne un coup de main bienvenue pour remplir les brouettes du fumier et ensuite l’étaler sur les parcelles. Je remarque que déjà 4 des parcelles ont pu être couverte avec le fumier, un bon travail a été fait avec les enfants et adultes ces dernières deux semaines et on est encore parti pour les deux dernières et c’est ok.

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On retrouve de nouveau la bonne humeur et la convivialité qui nous entoure et qui nous donne l’envie de continuer sur cette voie, on retrouve de nouveaux nos habitudes et ça, c’est chouette, car avec l’habitude on retrouve aussi nos amis. C’est beau, de se retrouver et de revenir dans un endroit que tu pensais avoir changé pour te rendre compte comment toi, tu as changé!

A plus.

 

Atelier de Champlan

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Aujourd’hui, nous nous sommes partagés en deux groupes pour aller chercher les enfants sur le camp.

Ensuite, nous avons proposé un jeu pour se présenter afin de connaitre le prénom de chacun, nous sommes en cercle avec un ballon et nous lançons le ballon à la personne que l’on souhaite en disant son prénom et ainsi de suite.

Par la suite, un jeu collectif qui se nomme « tomate, ketchup » à était proposé car les enfants ont souhaité jouer à ce jeu.

Nous avons installé ensuite les différents ateliers, petite enfance, jeux de sociétés, coloriage et puzzle, sans oublier les jeux collectifs.

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Les différents ateliers se sont bien déroulés, les enfants sont passés sur touts les ateliers.

Le foot s’est bien déroulé et l’esprit d’équipe était au rendez-vous ! Un père d’un des enfants est venu participer au match ce qui a permis un échange entre le père et son fils.

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L’heure du gouter est arrivé, nous nous sommes mis en cercle, nous avons demandé aux enfants ce qu’ils ont aimé de cette journée tout en distribuant le chocolat chaud et les madeleines aux chocolats.

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Atelier de Français Langue Etrangère

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Pour l’atelier, aujourd’hui, nous avons proposé de poursuivre sur la séance précédente c’est-à-dire sur le corps humain, plus précisément les parties du corps.

Nous avons commencé par distribuer des feuilles à chacune et des crayons afin de reproduire le dessin sur le tableau qui représenter un corps.

Ensuite, nous avons demandé aux mamans si elles se souvenaient de certains noms des parties du corps par exemple : Genou, Pied, coude, cou, tête, main, doigt, yeux, bouche, nez, dent …

Pour approfondir l’apprentissage des différentes parties, nous nous sommes penchés sur les différents noms des doigts de la main : Index, majeur, auriculaire, pouce, Annulaire.

Nous avons demandé les partis du corps mais de dos, c’est-à-dire : le dos, les mollets, nuque, fesse…

En même temps, les mamans dessinaient et écrivaient en français à coter le nom de chaque partie correspondante.

Les mamans ont également donné les noms mais dans leur langue maternelle ce qui a permis un échange de culture à travers cet atelier.

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Demeurer jusqu’à ce que vie s’ensuive

Le politicien a confiance dans le système qui le propulse, le banquier , dans le profit; le professeur croit à la culture et l’éducateur , à la relation. Le pédagogue, lui a confiance dans le temps.

Peu importe son tempérament ou sa nature: nervosité, impatience, exaspération… Cela n’a pas d’influence: le pédagogue n’est pas patient, il est constant.

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Et il s’agit bien d’autre chose; il s’agit de l’influence dans sa vie, dans son travail, d’une expérience parfois ancienne mais qui l’a marquée pour toujours: le pouvoir du temps, le pouvoir sur le temps.

Ainsi l’acteur social qui se plonge dans la Pédagogie sociale, si on cherche bien,   a souvent fait l’expérience pour lui-même, de l’importance de ce que l’on tient, de ce que l’on fait durer, de ce que l’on assure, de ce qu’on initie. Il sait le pouvoir de ce qui rompt la monotonie, de ce qu’on fonde et de ce qui perdure.

Les ateliers de rue, comme nous l’avons dit 100 fois, n’ont rien d’extraordinaire en eux mêmes si on les considère sur un temps étal , linéaire. Bien au contraire, ils ne mettent en scène aucune intensité ou dramatisation du temps présent: rien d’exceptionnel, ou d’événementiel. Pas de rendez vous, pas de séparations, de file d’attente, de fossé usagers/acteurs, ou bénévoles/professionnels. De ce point de vue là, ils mettent au contraire en oeuvre une immédiateté profonde.

Ils se fondent dans le présent. Mais ce qui est extraordinaire, avec les ateliers de rue, c’est leur capacité à durer 20 ans, leur régularité, leur constance. Ils sont des exceptions face à la précarité, aux ruptures, à la dépression et l’ennui qui ont envahi la ville et creusé le fossé avec les institutions.

L’acteur social qui se lance dans la pédagogie sociale et les ateliers de rue,  expérimente très tôt que ce qui fait le fond de son travail et en crée la difficulté, ce n’est ni la rencontre, ni la peur de l’inconnu, ni les difficultés matérielles, mais bien ce qu’il y a  de plus difficile: durer et revenir.

C’est de cette durée que ressort toute vie, que se fonde toute confiance nécessaire pour engager du neuf.

C’est l’acquisition de ce pouvoir de durer qui met en échec tant de travailleurs sociaux, de stagiaires,  d’enseignants, de professionnels.

C’est cette constance , cette réalité là, cette difficulté de « mener les choses au bout » que nous repérons dans notre travail et dans notre association, comme la principale ressource d’enseignement et de formation pour les professionnels en formation.

Nous remarquons en effet comment la culture professionnelle du Travail social s’éloigne de cette compétence. Nous avons souvent  face à nous des stagiaires volontiers d’accord avec tout, qui ne sont jamais choqués par rien. Ils sont « sensibles », « concernés »; Il regorgent d’idées et d’initiatives. « Il faudrait… »;  « Il n’y aurait qu’à… » Ce que l’on fait ne les laisse pas sans voix, mais leur donne plein d’idées car ils n’en mesurent pas la mise en œuvre.

Quelques uns s’indignent même volontiers de l’apparente facilité avec laquelle nous acceptons la réalité ». Eux s’indigneraient plutôt jusqu’à la nier. Ils croient encore à la pensée magique.

Mais quant à la possibilité d’agir sur cette réalité-là, de se mettre en marche, d’organiser quelque chose qui tienne, … alors là, tout se dérobe.

La vie privée, la maladie, les circonstances viennent interrompre toute entreprise qui irait dans ce sens. On aimerait , mais on ne peut pas. On est convaincus, mais ce n’est pas à nous, pas pour nous. Pas maintenant , pas moi…

Les mêmes et pour ces raisons sont ainsi toujours dans la nécessité d’aborder leur travail, leur métier comme un éternel « retour à zéro ». Ils plongent dans cette tendance à oublier ce qu’on avait dit et ce qu’on s’engageait à tenir.

Pire, à défaut d’accéder à de nouveaux pouvoirs, de nouvelles compétences, c’est la norme elle même qu’on préfère changer. Au pouvoir de changer la réalité , d’agir sur elle, on préfère celui de savoir reformuler ses intentions. Et c’est ainsi qu’on a des étudiants, des travailleurs sociaux qui se contentent d’expliquer pourquoi ils n’ont pas pu mener à bout une expérience, une aventure; et qui ont même tendance à trouver des qualités professionnelles à l’explication des renoncements.

On appelle cela alors la connaissance des limites de son action, « la part de l’autre », en fait n’importe quoi pour désigner ce qui nous échappe et ce à quoi on renonce. Cela donnera l’impression d’être sage alors qu’on est résigné et soumis.

Ce qui est troublant, cependant c’est moins cette tendance, au fond compréhensible, à justifier le renoncement que sa validation par l’appareil de formation , par la culture professionnelle et par l’ensemble des collègues. Cette tendance est mortifère tant pour la construction de l’identité professionnelle des personnes concernées que pour tout un secteur de travail et de pratiques.

Ce qui crée la vie au contraire, c’est cette appropriation du pouvoir d’initier, de rompre , de durer. De ce pouvoir de tenir et de fonder, que proposent les pratiques en pédagogie en Pédagogie sociale.

C’est pourquoi , contre toute attente, nous tenons encore et encore. Alors que les institutions changent de directions et de politique, nous tenons. Tandis que les plans de rénovation urbaines se succèdent et s’oblitèrent, nous tenons. Alors que les mesures pour l’emploi et l’insertion s’accumulent en couches supplémentaires, nous restons. Tandis que les Centres sociaux, les MJC ferment, nous demeurons. Tandis que les secteurs médicaux , sociaux , psychiatriques se redéploient , modifient sans cesse leurs règles et fonctionnements, nous continuons.

La Pédagogie sociale ne s’évalue guère en tant que pratique à l’aide des outils créés et conçus pour évaluer des projets. De ce point de vue là , elle n’ a pas d’efficacité , au sens de validation d’objectifs.

Pour autant, elle a quelque chose d’inouï: un impact sur la vie et les gens.

 

SAMEDI:

Atelier de la Villa Saint Martin:

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Départ aujourd’hui à la villa st Martin avec pour objectif de commencer le jardin. Nous partons avec le camion et tous les outils. Une fois arrivés sur le terrain il commence à pleuvoir, il fait froid mais l’équipe se motive et nous commençons à retourner la terre. Nous avons réussi à faire une moitié de terrain puis nous avons planté des bâtons pour délimiter la parcelle avec du fils et de laine.

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L’objectif du jardin est de créer  du lien avec les habitants et avec les enfants, pouvoir planter des choses, des fruits des légumes et des fleurs. Rendre vivant le terrain et pouvoir mettre en place des ateliers jardinage avec les enfants qui viennent nous voir, un très bon outil pour la pédagogie social. Nous prévoyons de faire une grande fête à la Villa St Martin pour inaugurer le jardin avec les adhérents, faire des pancartes, partager et échanger avec tout le monde.

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Nous terminons la semaine sur un très bon moment ! Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite du jardin de la Villa Saint Martin !!

Atelier d’Epinay sur Orge:

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Aujourd’hui, malgré le froid les enfants et certains parents étaient présents pour partager avec nous ce temps convivial.

Dusko, Jules et Rémy se sont occupés de l’atelier lecture et d’écriture. Cet atelier a beaucoup plu, les participants ont pu apprendre des noms de fruits et d’animaux en français et nous les traduire en tzigane.

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L’atelier petite enfance a réuni les plus petits autour de l’activité coloriage et des Kaplas. Plusieurs enfants ont souhaité garder leurs œuvres.

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Le goûter fut apprécié étant donné le froid, nous attendions tous avec impatience le chocolat chaud afin de nous réchauffer !

 

Atelier des Hotels:

Nous sommes arrivés vers 15h sur le lieu. Nous avions préparé trois ateliers : un coin petite enfance, un football et de la peinture. Nous avions également amené une enceinte pour mettre de la musique.

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Nous avons décidé de jouer au football tous ensemble pendant que les plus petits étaient à la petite enfance. L’énergie était au rendez-vous et la bonne ambiance régnait. Certains ont joué au jeu de société et les enfants semblaient heureux de l’atelier. Tout le monde a participé.

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Nous avons ensuite pris le gouter tous ensemble dans la joie et la bonne humeur.

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VENDREDI:

Spectacle Aven Savore:

Ce vendredi toute notre troupe d’enfants, les « Aven Savore » ont préparé tout au long de la journée, la représentation qu’ils ont donné le soir à la MJC de Viry Châtillon, « Saint Exupéry ».

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On remercie toute l’équipe de la MJC mais aussi tous les adhérentsde l’association qui sont venus nous voir.

Il y avait du monde et même le Maire de Viry Chatillon pour assister à notre représentation.

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Maintenant on a  encore plus envie de chanter et danser

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Atelier Cuisine:

Nous avions prévu comme menu : omelette au pomme de terre et fromage avec des pâtes à la crème fraiches.

Les habitués étaient au rendez-vous et certaines nouvelles bénévoles sont arrivés et ont pris plaisir à participer à l’atelier.

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Iasmina est partie faire des courses avec une maman pendant qu’Alison s’occupait de son fils .Nous avons cassé les œufs ensembles. Les mamans sont arrivées ainsi que les enfants et nous avons commencé à faire l’omelette. La bonne ambiance régnait et chacun participait activement. Tout le monde rigolait et même les enfants faisaient la cuisine.

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Les bénévoles sont arrivés et nous ont également aidé a préparé la table pour les adultes et les enfants. Le repas a eu un succès et tout le monde a apprécié le moment.

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Une maman a amené des galettes des rois  et nous l’avons partagé au dessert. Franck et Zina ont eu les fèves.

Atelier de la Rocade:

Aujourd’hui, Nous sommes venus en proposant plusieurs ateliers : atelier musique et chant, parcours à l’aveugle, pâte à sel, pétanque, petite enfance, puissance quatre ainsi que des jeux de sociétés.

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Après avoir installé tout le matériel, deux d’entre nous sont partis à la rencontre dans le quartier pour chercher des enfants et adolescents.

Malgré le temps, les enfants sont venus avec un dynamisme et une énergie folle !

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Les différents ateliers se sont bien passé et les enfants ont tourné à tour de rôle, à travers l’atelier chant, chacun a pu chanter et danser sur leurs musiques préférées.

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Entre Maitre Gims et Celine Dion, l’heure du gouter fut arrivée ! Un bon chocolat chaud n’était pas de refus à cause du froid accompagné bien sur de petites madeleines.

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Une fois avoir tout rangé, les enfants et les adultes nous ont souhaité une bonne fin de journée et nous nous sommes dit à la semaine prochaine !

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JEUDI:

Atelier du Skate-Park:

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Aujourd’hui, au Skate-Park, nous avons proposé plusieurs ateliers dont : atelier créatif pour créer des pancartes avec des feutres, des crayons pastel sur des cartons et feuilles de couleur, atelier jeux de sociétés comme croque-carotte, et un jeu de dessin où il faut deviner le dessin de l’autre, un atelier petite enfance pour les plus petits avec une dinette, jeux de voitures et de construction et pour finir, des jeux collectifs avec les plus grand.

Les différents ateliers installés, les enfants sont arrivés à la sortie de l’école avec leurs parents pour jouer tout d’abord aux jeux de sociétés, le jeu de dessin a plu aux enfants et ils étaient enthousiastes ! Le jeu de croque-carotte également.

Puis la petite enfance a commencé à s’animer avec plusieurs enfants qui sont venu, un jeu de cuisine avec la dinette a était imaginer et un bon repas a été cuisiné avec les idées des enfants !

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Les jeux collectifs proposé par les plus grands étaient le foot, mais cette après-midi la mixité était au rendez-vous! Des équipes filles/garçons mélangés ont était créé ce qui a donné un dynamisme au match !

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L’atelier créatif avec les cartons et feuilles de couleurs on été très apprécié par les enfants, ce qui à donner place à la création de pancarte pour accrocher à leur porte de chambre.

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puis c’est l’heure du gouter, les enfants ont pu se réchauffer avec le chocolat chaud et les madeleines !

 

Atelier de Massy:

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Une équipe super motivée aujourd’hui, nous arrivons à Massy tout le monde s’installe. Il y a cinq ateliers. L’habituel atelier petit enfance avec juste à coté l’atelier jeux de société avec des tapis des couvertures, un atelier chaleureux qui donnait envie d’aller s’y installer. Pas très loin des tables et des chaises pour la cuisine de rues, cette fois ci c’était salade de fruit, les enfants ont tous participé et ont adorés.

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Il y avait également l’atelier créatif avec de la peinture sur des cartons, les enfants ont demandé à ce que nous les ramenions la prochaine fois pour faire une petite exposition pour les mamans et les familles. Et un peu plus loin sur le chemin un atelier jeux collectifs avec un parcours du combattant à faire les yeux bandés, uniquement guidé par un camarade, les enfants ne voulaient plus s’arrêter c’était super.

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Pour terminer nous avons fait le conseil de quartier avec le bâton de parole et le sablier fabriqués la fois dernière par les enfants. Tout le monde s’écoutait c’était très agréable. Pour le goûter également. Nous avons eu la visite du Maire au moment du goûter.

Très bon atelier !!

Atelier du Potager:

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On profite des quelques rayons de soleil qui réchauffent nos enthousiasmes pour se rendre au jardin cette après-midi. Au programme : On coupe des tuteurs en noisetiers pour le jardin de la Villa st-Martin,

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on étale du fumier sur les parcelles (ça pue mais au moins ça nous tiens au chaud !) et on fait des bottes de persils avec ce qui reste dans la serre !

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Pour le fumier on opte pour la technique industrielle et on fait une chaine qui nous permet de faire une grande partie de la parcelle en 2 temps 3 mouvements !

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Puis on se réchauffe autour d’un chocolat chaud et on retourne au local avec la fierté d’une affaire rondement menée!

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MERCREDI:

Atelier de Champlan:

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Aujourd’hui, nous sommes arrivés sur les camps et nous avons décidé de se diviser en deux groupes pour aller chercher les enfants.

Les activités proposées étaient les suivantes : Jeux collectifs comme « Tomate, Ketchup », « Jeu de mime »  et Atelier Musique sur le thème « Aven Savore ».

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Les enfants étaient actifs et d’une dynamique improbable malgré les conditions météorologique (Pluie et froid…).

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En ce qui concerne, l’atelier musique, les enfants ont chanté et dansé sur plusieurs chansons joués à la guitare par Jules. Ce qui nous a permis de nous réchauffer.

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L’heure du gouter fut arrivée, nous nous sommes mis en cercle afin de prendre un verre de chocolat chaud et des madeleines. Après l’effort, le réconfort.

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MARDI:

Cours de Français:

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Nous avons fait un atelier cours de Français pour apprendre à s’exprimer lors d’une visite chez le médecin et à la pharmacie.

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Nous avons fait des mises en scène pour pratiquer les mots appris (médecin, les douleurs, brulures, vomissement…). Nous avons ensuite détaillé les parties du corps. Les mamans et nous même avons passé un bon moment.

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Les expérimentations démocratiques aujourd’hui (St Denis)

(Re) Distribuer (les places, rôles sociaux, ressources, capacités…)

Vendredi 27 janvier après-midi

14h30 Conférence introductive par Florence Jany-Catrice (Clersé, Univ. de Lille 1)
14h50-16h :  Table-ronde :
  • Hugues Bazin (Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action)
  • Pierre Crétois (Sophiapol, Univ. Paris X)
  • Maria Inés Fernandez Alvarez (Universidad de Buenos Aires)
  • Jean-Louis Laville (Lise, Cnam)
  • Sébastien Thiéry et Charlotte Cauwer (PEROU)
  • Stéphane Vincent (27ème Région)
16h15-18h15 :                                                                                   Quatre ateliers en parallèle
A. Argent et participation. Quel modèle économique pour le pouvoir d’agir ?
B. Subversion et démocratisation : les contradictions de la participation populaire
C. Démocratie du faire : entre pratiques collaboratives et coopératives
D. Expérimentations citoyennes et acteurs de la transformation sociale : enjeux et résistances
Atelier organisé par Marion Ben-Hammo (Fondation de France) et Julien Talpin (Ceraps, Cnrs) :
  • Table de quartier du Pile à Roubaix: « Comment la dépendance aux finan-cements publics contraint la participation »
  • Marion Ben-Hammo : « Le programme “démarches participatives” de la Fondation de France, quelles oppor-tunités et contraintes pour les acteurs ? »
  • Coordination Pas sans nous : « La campagne sur le fond d’initiative citoyenne »
  • Alliance citoyenne de Grenoble : « Vers l’auto-financement du community organizing ? Contraintes pratiques de l’autonomie »
  • Dimitri Courant (IEPHI, Univ. de Lausanne et CRESPPA, Univ. Paris 8) : « Tirage au sort et Constitution : Première analyse des assemblées citoyennes Irlandaises (2011-2017) »
  • Georges Letarte (Nousblogue.ca) et Marc Jeannotte (Votepour.ca) : « De l’échec d’un modèle au renouvellement de la participation citoyenne »
  • David Smadja (Lipha, Paris-Est) : « L’expérimentation démocratique vue de l’hôpital ou une participation qui ne dit pas son nom : le cas d’une association d’étudiants en formation continue en éthique »
  • Cédric Terzi (Cems, EHESS) : « Expérimentation d’une parole émancipée comme figuration de la souveraineté populaire. Le cas des institutions de la démocratie semi-directe suisse »
  • Guillaume Bagnoligni (Centre d’éthique contemporaine, Univ. Paul Valéry) : « Participer à l’activité scientifique, le cas du biohacking : analyse comparée de deux laboratoires collaboratifs La Paillasse à Paris et La Myne à Lyon »
  • Antonin Fournier (Marelle) : « Les conditions politiques, économiques et institutionnelles qui permettent l’existence d’un fablab “public” »
  • Aurélie Landon (Lavue-CRH, Paris 8) : « À la recherche des lieux communs »
  • Perrine Poupin (Cems, EHESS) : « Nuit debout et cortège de tête des manifestations contre la loi Travail : la politique comme expérimentation »
  • Flavia de Faria (Centre Edgar Morin-IIAC, EHESS) : « Initiatives citoyennes de participation politique à São Paulo »
  • Maïté Juan (Lise, Cnam) : « De l’expérimentation culturelle citoyenne au contre-pouvoir : vers une “Nouvelle Institutionnalité” ? Le cas du centre socioculturel autogéré La Casa Invisible (Malaga)
  • Jérémy Louis (Mosaïques-Lavue, Paris X) : « La place des centres sociaux comme acteurs d’expéri-mentations démocratiques :  entre porteurs, accompagnateurs, interfaces entre pouvoirs publics et habitant
  • Ada Reichart (Univ. de Picardie) : « Temps, résistance et émancipation : de la difficulté de faire (sur)vivre “l’esprit coopératif” dans une Scop »

Colloque international
du Gis Démocratie et Participation

Les expérimentations démocratiques aujourd’hui :
convergences, fragmentations, portées politiques

les 26, 27 et 28 janvier 2017

à la MSH Paris Nord à Saint-Denis
20, avenue George Sand
Métro Front Populaire (terminus ligne 12)

Les inscriptions sont ouvertes.
L’inscription est gratuite mais obligatoire

Programme complet

« la Fabrique de la personne »: concevoir autrement la notion de Sujet

A quoi sert, nous dit-on, que vous vous enfermiez avec vos publics dans leurs ghettos et leurs cages? A quoi servez vous vos bénéficiaires, à les rejoindre dans leurs prisons, au lieu de les en faire sortir? Quel obscur plaisir trouvez-vous en leur compagnie plutôt que de leur faire découvrir autre chose? Ignorez vous que leur plus fort désir serait au contraire que vous les aidiez vers la mobilité et plus de normalité?

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On sert ce type de questionnement et encore à ceux qui ont pris sur eux de travailler hors les murs, hors institution et en pédagogie sociale. On leur pardonnerait (au mieux) qu’ils se contentent d’aller rechercher les familles et les enfants les plus précaires, mais uniquement au motif de les ramener dans le droit chemin, les bons parcours les bonnes institutions.

Pour ces publics, comme pour tout le monde, il n’y aurait  point de salut hors l’école, hors l’emploi et le logement classiques. Imaginer le contraire ce serait les abuser , leur faire du tort.

Quelle étrange inversion que celle qui présente la situation de relégation, de marginalisation et d’exclusion de franges de plus en plus importantes de la population comme des simples anomalies sans rationalité. Il n’y aurait aucune cause, sinon des accidents de vie à la production de la marge.

Et les gens qui seraient « dehors », en situation de privation de droits, « de non recours », comme on dit, n’y seraient pas pour des raisons rationnelles, liées au fonctionnement devenu fou de nos institutions, mais du fait de leur propre irrationalité: assistanat,archaïsme culturel,barbarie de leurs croyances, leur propre propension à l’enfermement.

Ainsi on renverse la charge de la culpabilité sur les victimes , ce qui est un phénomène dorénavant bien banal. Celui qui est exclu scolaire est « décrocheur » , celui qui est abandonné est « assisté », celui qui est exclu de tout est « profiteur ».

Et des victimes aux alliés, la même accusation se porte sur les acteurs engagés auprès de ces groupes.

Tout cela est bien connu, mais ce qui est nouveau c’est d’accuser de connivence , de complaisance, les seuls professionnels, les seuls acteurs sociaux qui agissent face aux impuissances su système actuel.

On accuse ainsi de complicité ceux qui ont justement fait l’effort d’abandonner le confort des institutions, des postures professionnelles, de l’autorité restaurée à coups de règlements, d’exclusion et de vigipirates.

On incrimine ceux qui prennent le choix et le risque d’abandonner les repères, de réinventer quelque chose de neuf, et de ne pas se contenter de réparer ce qui ne fonctionne plus.

En Pédagogie sociale, nous ne nous figurons pas que les groupes, les personnes et les familles qui tentent de construire de nouvelles économies, de nouveaux modes d’habitation, d’éducation soient sans rationalité. Et nous n’accuserons pas ces personnes d’être des sujets insuffisants, des individus sous-réalisés.

Si les écoles, les musées se vident, si l’emploi se fait rare, ce n’est pas sans raison. Quand bien même  on mettra à l’abri le sans abri, et à l’école, le décrocheur, si on restaure l’AME de celui qui semble avoir renoncé à ses droits, cela ne nous aidera nullement à comprendre ce qui produit chaque jour encore plus d’exclusion.

 Nous ne pouvons prendre comme norme ce qui a conduit à la situation actuelle.

Nous n’estimons pas que ce serait faire insulte ou dénier les compétences d’un sujet, que d’accepter de voir que la situation dans laquelle il est déjà engagé est souvent moins un problème social, que le début d’une solution.

Oui il s’agit bien de reconnaître la dimension socialement créative, des personnes ou des groupes, concernés.  Sur ce point là, nous ne rentrons pas dans la rhétorique classique « du sujet », qu’a le Travail social.

Pour nous, la notion de Sujet n’est pas caractérisée par des compétences à reconnaître ou à acquérir. Il ne s’agit pas de développer la mobilité ou l’employabilité. Les personnes ne sont simplement des sujets à « activer » , à « motiver », soigner  ou à contraindre.

Être vraiment sujet ce n’est sûrement pas s’adapter ou se mouvoir « par soi même » sur un chemin déjà tracé. Être vraiment sujet , c’est pouvoir explorer dans sa marginalité quelques pistes pour nous tous.

En Pédagogie sociale, nous affirmons la valeur des personnes dans ce qu’elles produisent ici et maintenant, dans la marge ou la friche. Nous reconnaissons les nouvelles convivialités qui s’inventent ; les nouveaux modes économiques qui se cherchent. Et nous affirmons la valeur de tout ce travail social de tous les jours,  non reconnu, nécessaire et dévalorisé: porter, soutenir, nourrir, assister , cultiver et produire ses propres savoirs, créer du commun, chercher des solutions communautaires.

Le Travail social porté sur l’individu est une impasse.

Vendredi

Morangis:

Aujourd’hui, c’était le dernier jour avant les vacances. L’atelier était différent.

Dès que nous sommes arrivés, les mamans nous ont intercepté et nous ont demandé pleins de renseignements. Nous avons longuement discuté et nous leur avons fait part des services que nous pouvons leur proposer.

Nous leur avons proposé de venir bénéficier des cours de français et de nos ateliers de cuisine. Après quelques minutes de conversation, Rolland, de l’ASFRR, est arrivé avec quelques jouets pour les enfants.

Nous avons également amené quelques sacs de vêtements et des jouets. Ils ont beaucoup apprécié.

Bien sûr,  nous avons pris le goûter ensemble, avant de partir.

Vendredi : La Rocade

Les enfants étaient nombreux à nous attendre aujourd’hui à la rocade. On commence par faire les équipes et enfiler les chasubles pour faire un foot. Un peu plus loin, on dessine un dazibao pour donner les dates de fermeture de l’asso et rappeler la soirée conviviale. Un tapis est dressé pour accueillir la petite enfance, et sur un autre tapis, on fabrique des décorations de noëls.

Apres avoir affiché le Dazibao, on se rassemble pour prendre le gouter et se souhaiter de bonnes fetes.

Vendredi: Atelier cuisine sociale 

C’est Laura et ses « aides » qui ont assuré ce dernier atelier « cuisine de masse » de l’année 2016. Une soupe consistante , nourrissante et succulente.

Il y avait même de la bûche au dessert!

Vendredi : Cours de Français

Sur le chemin de la Roumanie, Nicolae a tenu à assurer lui même, avec son groupe préféré le cours de français oral, qu’il donne chaque semaine.

On est donc repartis pour des partages et des fous rire quand chacun prend la parole. Nous accueillons à présent Costica en plus des habituées.

Jeudi

Skate Park

Un atelier de vacances , comme nous en avons l’habitude. On en profite pour passer du temps avec nos habitués.Ce n’est plus la sortie  d’école, comme en temps scolaire.

Massy

C’est la semaine des vacances de Noël, nous partons plus tôt sur les ateliers aujourd’hui.

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Arrivés à Massy nous installons les tapis, nous décidons de collé tous les ateliers ensemble pour faire un petit parcours aux ateliers. Cela permet aux enfants de pouvoir se balader entre les ateliers. Trois ateliers créatifs étaient mis en place, un avec des boules de Noël en origami, un pour créer un bâton de parole pour le conseil de quartier et également un sablier. Il y avait aussi un atelier de bande dessiné. Une enfant a aussi réfléchi titre du journal de l’association.

Plus loin il y avait un atelier Foot. Les enfants étaient motivé et sont resté jusqu’à la fin.

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L’atelier petit enfance également avec peu d’enfant mais dans une bonne ambiance, calme et apaisé.

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Pour le conseil de quartier nous avons décidé de commencer à le redynamise, avec un tableau qui contient les sujets dont les enfants veulent parler, le bâton de parole et le sablier qui est géré par un enfant. Les enfants ont tous pris la parole. Tout le monde étaient assis sur le tapis que l’on a gardé exprès pour le goûter. Le moment étaient agréable, il y avait des blagues, des sourires et des idées. Très bon atelier !

Mercredi

Atelier Champlan

Participants : Marion, Laura, Jellyssia, Helena, Louis, Léa et Melissa

Aujourd’hui, Nous avons proposé plusieurs activités comme la peinture, jeux collectifs et la petite enfance.

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Nous nous sommes divisés en deux groupes, un groupe qui installe les différents ateliers sur le terrain et un autre groupe pour aller chercher les enfants et adolescents.

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L’atelier peinture mis en place, les enfants ont commencé à peindre avec leur imagination, la petite enfance s’est également installé avec des jeux de construction et la dinette. Par la suite, nous avons  décidé avec les enfants de faire des jeux collectifs pour nous réchauffer.

Les jeux collectifs proposaient par nous mais aussi les enfants étaient le chat glacé, tomate Ketchup et du foot. Ce moment fut apprécié de tous.

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Afin de clôturer cette atelier, nous avons demandé aux enfants de s’installer sur les tapis en cercle, afin qu’on puisse servir à chacun le chocolat chaud et les madeleines pour le gouter.

Actes du forum les biffins acteurs du réemploi

Le mercredi 2 novembre 2016, le collectif Rues Marchandes organisait sa première rencontre publique à la Maison des Sciences de l’Homme de Paris Nord, sur le thème des récupérateurs vendeurs, autrement appelés biffins.

Le collectif de recherche-action Rues Marchandes rassemble et met en relation des personnes et des structures concernées par la question des biffins récupérateurs-vendeurs et de l’économie solidaire. Son objectif est de produire et de diffuser, avec les biffins, des connaissances à même de répondre aux manques, d’une part de considération de l’activité économique, sociale et écologique de la biffe, et d’autre part d’espaces marchands dédiés à cet effet.

La journée, ouverte à tous, avait plusieurs objectifs. Dans un premier temps, le matin, il s’agissait de donner la parole à divers acteurs (chercheurs, biffins, associations) afin de faire connaître la population des récupérateurs-vendeurs, souvent invisibilisée, les objets traités par celle-ci – déchets ou objets déchus – , de replacer dans son contexte historique cette activité de la biffe, vieille de plusieurs siècles, pour enfin faire valoir le rôle des biffins dans la ville, l’utilité environnementale et sociale de leur travail.

Sur la base de ces matériaux, l’après-midi prenait quant à elle la forme d’un atelier de recherche-action  visant sur la base des matériaux du matin à dégager des problématiques transversales qui pourraient se traduire en expérimentations concrètes pour l’amélioration des conditions d’exercice de la vente et de la récupération, et l’autorisation de diverses formes de marchés. Les participants étaient invités pour étayer leurs réflexions et propositions à reprendre quatre thématiques : « La culture, c’est pas du superflu, c’est notre survie, notre vie ! », « La rue, c’est pas vide, c’est l’espace de tous ! », « Économie souterraine ? Non, économie populaire ! », « Pas sous prolétaires, travailler les déchets, c’est un métier !

Télécharger l’intégralité des actes de la rencontre :

Actes du forum les biffins récupérateurs-vendeurs, acteurs de la ville et du réemploi

Le mercredi 2 novembre 2016, le collectif Rues Marchandes organisait sa première rencontre publique à la Maison des Sciences de l’Homme de Paris Nord, sur le thème des récupérateurs vendeurs, autrement appelés biffins.

Le collectif de recherche-action Rues Marchandes rassemble et met en relation des personnes et des structures concernées par la question des biffins récupérateurs-vendeurs et de l’économie solidaire. Son objectif est de produire et de diffuser, avec les biffins, des connaissances à même de répondre aux manques, d’une part de considération de l’activité économique, sociale et écologique de la biffe, et d’autre part d’espaces marchands dédiés à cet effet.

La journée, ouverte à tous, avait plusieurs objectifs. Dans un premier temps, le matin, il s’agissait de donner la parole à divers acteurs (chercheurs, biffins, associations) afin de faire connaître la population des récupérateurs-vendeurs, souvent invisibilisée, les objets traités par celle-ci – déchets ou objets déchus – , de replacer dans son contexte historique cette activité de la biffe, vieille de plusieurs siècles, pour enfin faire valoir le rôle des biffins dans la ville, l’utilité environnementale et sociale de leur travail. Sur la base de ces matériaux, l’après-midi prenait quant à elle la forme d’un atelier de recherche-action  visant sur la base des matériaux du matin à dégager des problématiques transversales qui pourraient se traduire en expérimentations concrètes pour l’amélioration des conditions d’exercice de la vente et de la récupération, et l’autorisation de diverses formes de marchés. Les participants étaient invités pour étayer leurs réflexions et propositions à reprendre quatre thématiques : « La culture, c’est pas du superflu, c’est notre survie, notre vie ! », « La rue, c’est pas vide, c’est l’espace de tous ! », « Économie souterraine ? Non, économie populaire ! », « Pas sous prolétaires, travailler les déchets, c’est un métier !

C’est Alain Bertho, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, qui a ouvert la journée de rencontres et d’échanges en soulignant l’importance de faire valoir l’expertise des populations concernées dans la gestion de la ville et la réflexion sur leur transformation. C’est dans cette dynamique que le Collectif de Rues Marchandes, présenté par Hugues Bazin, chercheur indépendant en sciences sociales et fondateur du laboratoire d’innovation social par la recherche action, mène une recherche-action où les citoyens intéressés, biffins, chercheurs, associations collaborent afin de produire de la connaissance venant directement du terrain, qui permette de faire émerger des pistes d’actions concrètes pour répondre aux besoins des principaux intéressés et améliorer les conditions d’exercice de la biffe.

Forum

Afin de mieux comprendre le sujet des débats de la journée, Mélanie Duclos, anthropologue, est revenue sur les multiples significations du terme « biffe » et sur l’histoire des biffins depuis la révolution industrielle jusqu’à nos jours. La biffe désigne aujourd’hui l’activité de recherche de biens dans les poubelles ou dans la rue puis la revente des objets trouvés. Les biffins, qui pratiquent la biffe donc, ont été repoussés aux portes et en périphéries des Villes suite à une série de mesures politiques appliquées au cours des deux derniers siècles. En région parisienne, les biffins ne peuvent vendre légalement que dans deux espaces de marché.

L’obtention de ces espaces autorisés a fait l’objet de plusieurs luttes portées par les biffins eux-mêmes. Martine et Chantale, toute deux biffines, nous ont raconté l’histoire du collectif Sauve Qui Peut à l’origine de la création du Carré des Biffins en 2009, géré par l’association Aurore, puis de l’association Amélior et de la mise en place d’un marché auto-géré. Patrick, Anibal et Clarisses, membres eux aussi de l’association Amélior, les ont rejoints sur la scène pour décrire la manière dont chaque biffin joue un rôle dans l’organisation de ce marché et sur sa bonne tenue.

Ces espaces de marchés ne sont pas uniquement des lieux de ventes. Ils sont aussi et surtout des espaces sociaux. Sumijhra Dharmasena, biffine et auteure, nous a lu plusieurs extraits de son livre intitulé « Le Pont », dans lesquels s’expriment avec beaucoup de poésie, la diversité des profils et les liens qui unissent les biffins qui vendent sur le Carré, à la Porte de Montmartre.

Les interventions suivantes, de Nikholae, membre de l’association Intermèdes et de Florence Lévy, anthropologue nous ont éclairées sur les situations des biffins Roms et chinois, communautés méconnues et peu représentées dans les collectifs notamment en raison de la barrière de la langue.

Enfin, Radia Slimani, ingénieure en énergies renouvelables a présenté les résultats d’une enquête préliminaire menée par Make Sense, visant à quantifier l’impact environnemental et économique de la biffe.

En parallèle de ces interventions, Martine et Patrick ont monté des stands éphémères sur la scène afin de montrer quels types d’objets pouvaient être sauvés des poubelles et étaient susceptibles d’être vendus sur les marchés. La matinée a aussi été ponctuée de projection de vidéos documentaires et de clips musicaux retraçant les parcours de la biffe, des luttes et des revendications.

 

Le déjeuner s’est déroulé dans la salle où étaient exposées une série de photographies de biffins, prises à travers le monde par plusieurs photographes et chercheurs. Bénédicte Florin et Claudia Cirelli, respectivement géographe et anthropologue, à l’origine de l’exposition, nous ont alors expliqué les spécificités de la biffe dans les pays visités (Egypte, France, Maroc, Turquie…).

Atelier

Le forum du matin a exposé des récits d’expérience émanant des biffins récupérateurs-vendeurs (voir synthèse). Ces matériaux de vie et de réflexion croisent des questions transversales. L’atelier de recherche-action de l’après-midi propose de les problématiser pour qu’elles deviennent des questions publiques et débouchent sur des initiatives en termes d’expérimentations de la part du collectif Rues Marchandes, et sur une prise en compte de la part de nos partenaires, notamment les collectivités territoriales.

La culture, c’est pas du superflu, c’est notre survie, notre vie !

Les récupérateurs-vendeurs mobilisent leur culture comme ressource. Cette culture ne se situe pas en dehors de l’économie, mais fait prioritairement partie de l’économie de survie. La culture permet de résister et de construire des stratégies. Plus généralement, une culture de résistance est issue de forme de luttes, comme en témoigne la réappropriation du terme « biffins » par les récupérateurs-vendeurs. C’est un mouvement qui part du bas vers le haut à l’instar de la culture paysanne et ouvrière ou encore des minorités actives, c’est à dire des groupes restreints, mais susceptibles d’influencer l’ensemble de la société. C’est l’enjeu d’aujourd’hui : comment la culture biffine peut-elle constituer une minorité active alors que nous nous ne somment plus au temps des chiffonniers du XIXe siècle dont la culture de classe s’appuyait sur une communauté d’habitat et de travail ?

Le « Guide culturel » est une proposition d’expérimentation collective à travers la mise en place d’ateliers d’écriture et de récits d’expérience. Des structures de proximité et des associations là où vendent ou habitent les récupérateurs vendeurs pourraient assurer un relais et accueillir les ateliers. Le guide culturel se conçoit comme un outil de valorisation de la culture de la biffe dévalorisée ou invisible. Il s’agit de déconstruire des clichés et légitimer la place de populations discriminées dans l’espace public. C’est aussi un outil de conscientisation interne qui participe à une auto-formation réciproque. Ce serait enfin un guide concret pour outiller les acteurs concernés à l’élaboration et la négociation de rues marchandes.

La rue, c’est pas vide, c’est l’espace de tous !

Il y a différentes façons d’occuper l’espace public et différentes manières de voir cette occupation, selon par exemple que l’on est automobiliste ou piéton. Il en est de même pour le biffin : nuisance ou attractivité du territoire ? La rue est une négociation permanente. Qui maîtrise l’usage de l’espace, selon quels critères ? Le marché biffin en est un exemple, on peut investir un espace sans le privatiser et en être co-responsable, encore faut-il que cet espace soit ouvert. Est-ce que les marchés biffins participent à l’attractivité des territoires ou à sa dégradation, c’est tout l’enjeu des rues marchandes.

Un travail cartographique permettrait à la fois d’actualiser les lieux de la récupération et de la vente en région parisienne et en même temps d’explorer la possibilité d’aménager des lieux et configurer une typologie des espaces marchands. Des modalités de négociation pourraient être définies pour que des espaces (friches, espaces en transition ?)  accueillent des marchés en relation avec des partenaires, voire constituer des lieux plus permanents pour entreposer et trier des objets.

Économie souterraine ? Non, économie populaire !

La notion d’économie populaire renvoie à l’articulation entre une économie de survie quotidienne et l’industrie du recyclage. Il y a une question d’échelle pour cette économie de proximité avec une économie régionale, voire internationale quant à la récupération des déchets. Il y a aussi une question de statut entre entrepreneuriat individuel et une économie coopérative collective. Est-ce que le statut doit passer nécessairement par les structures classiques de l’économie sociale et solidaire ? Constatant qu’il existe des difficultés pour penser cette économie aussi bien entre économie de proximité et autres échelles économiques qu’entre économie populaire et modèle économique existant, qu’il se veuille ou non alternatif au modèle dominant. Parlons-nous d’une insertion qui se conforme aux lois du marché et qui repose sur la structure des inégalités sociales ou l’addition de stratégies individuelles de survie ? Est-ce un entrepreneuriat social visant à l’intérêt général ou  simplement l’addition des intérêts de survie individuels ? À quel statut correspondrait cette gestion ? Lorsqu’elle relève de l’entreprise privée, cette économie de gestion des déchets est valorisée tant qu’elle reste cachée ou inaccessible. Mais quand elle occupe espace public, elle devient répréhensible. Le type d’économie renvoie inévitablement au type de société que nous voulons développer. Une économie du commun serait aussi une manière de qualifier une gestion collective, entre  économies publique et privée.

Négocier des espaces de collecte au bas de immeubles (à relier avec la proposition de cartographie de l’espace public dans la thématique précédente), ce qui rend nécessaire une stratégie de communication sur le circuit court de la biffe et les dispositifs mis en place. En même temps, cela doit être réfléchi avec les compétences que pourraient nous apporter l’économie sociale et solidaire et le milieu de  l’entrepreneuriat social sur un modèle économique propre aux biffins et susceptible de  déboucher sur un statut.

Pas sous-prolétaires, travailler les déchets, c’est un métier !

Ce thème renvoie à la question du statut et de la validation des compétences, ainsi qu’au statut du travailleur, à l’articulation entre le statut informel et celui du salarié classique. Il y a donc une dynamique entre la reconnaissance des droits des biffins de récupérer et de  vendre, le fait de pouvoir investir des lieux et le fait d’acquérir un statut.

Une formation action des acteurs de la biffe articulée avec la proposition des ateliers du guide culturel (voir premier thème) pourrait contribuer à une validation par l’écriture d’un certain nombre de compétences. Cette formation-action permettrait de former des cadres biffins, qui pourraient assurer l’interface avec les institutions et les collectivités territoriales ou être co-gestionnaires du marché avec des partenaires associatifs.

Télécharger l’intégralité des actes de la rencontre :

Actes Forum 2 Nov 2016 Les Biffins Acteurs Du Réemploi
Actes Forum 2 Nov 2016 Les Biffins Acteurs Du Réemploi
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Etude d’impact sur la biffe en Ile de France – les premiers résultats

Afin d’étayer les argumentaires de défense de la biffe auprès des pouvoirs publics, Future of Waste (Make Sense) a proposé la réalisation d’une étude d’impact de la biffe en Ile de France.

Cette étude part du constat qu’il n’existe à ce jour aucune étude quantitative sur la biffe, et propose de mettre en perspective, de façon concrète et chiffrée, le fonctionnement et l’impact d’un marché autorisé de biffins parisiens avec les enjeux économiques et environnementaux liés à la gestion de déchets et la lutte contre le changement climatique à Paris. Elle cite aussi des exemples d’intégration à l’international.

Cette étude s’est basée sur 53 interview réalisées entre septembre et octobre 2016 par un panel de volontaires, sur le Carré des Biffins (Aurore) et le marché de la Croix de Chavaux à Montreuil (Amélior) et une méthodologie. Ce document dresse également les contraintes rencontrées qui ont limité les possibilités d’obtenir une réelle étude statistique. Cette étude constitue donc plutôt un premier travail estimatif.

Le parti pris de Future of Waste était de restituer ces résultats sous la forme d’une infographie, privilégiant une information synthétique, graphique et facilement partageable sur internet et les réseaux sociaux. Cette version tient compte des remarques/propositions transmises au forum de Rues Marchandes du 2 novembre. Vous la trouverez ici en version téléchargeable. Elle est également consultable sur le site internet de Make Sense.

Cette étude est vouée à être poursuivie en 2017.

Elle nécessite principalement d’être encadrée par un professionnel des statistiques, pour en améliorer sa représentativité et être plus pertinente et crédible auprès des pouvoirs publics. Si vous souhaitez proposer votre expertise, n’hésitez pas à prendre contact avec Antoine Delaunay Belleville ou Radia Slimani.

Aussi, l’échantillon de données sur lequel se base cette étude nécessite d’être alimenté par davantage d’interviews en 2017. Merci de manifester votre intérêt en renseignant vos coordonnées sur ce fichier.

 

Pour le collectif Rues Marchandes, Radia Slimani et Antoine Delaunay-Belleville, Future of Waste

 

Les biffins récupérateurs-vendeurs, guide indigène de la ville

Depuis près de deux ans, le collectif de recherche-action Rues Marchandes, rattaché au LISRA (Laboratoire d’innovation sociale par la recherche-action) et en partenariat avec la MSH (Maison des sciences de l’homme) Paris Nord, met en relation différents acteurs et structures concernés par la question des biffins, récupérateurs-vendeurs d’objets trouvés dans les poubelles, et de l’économie solidaire.

Partant du constat d’un manque de considération de l’activité de la biffe d’une part, et d’autre part d’espaces marchands dédiés à cet effet, l’objectif du collectif est double : oeuvrer à la revalorisation du travail des biffins en particulier et des acteurs des rues marchandes en général – ces économies populaires de rue, bien souvent informelles, qu’on voit se développer toujours davantage dans les villes dites du Nord ; concevoir et réaliser des formes concrètes et reconnues d’expérimentation de ces rues marchandes.

Parmi les différents outils développés dans ce but, Les biffins récupérateurs-vendeurs. Guide indigène de la ville se propose de rendre compte de la situation des biffins de l’ïle-de-France tout en pointant quelques-unes des grandes questions que celle-ci soulève. Questions de culture, d’espace, d’économie et de statut, structurent ce petit livre qui se veut tout autant outil de diffusion qu’arme de reconnaissance.

Guide des Biffins - Présentation
Guide des Biffins - Présentation
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Leçons de pédagogie sociale: les trois degrés du travail de rue

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De plus en plus , nous sommes sollicités par des institutions, des collectivités, des centres sociaux pour accompagner un travail de « plus grande ouverture », d’élargissement des publics ». De plus en plus – et nous ne sommes pas étrangers à cette influence- dans les structures, les dispositifs, on entend promouvoir « l’aller vers », les « animations de rue », de « pied de bâtiment »

Une unanimité se constitue peu à peu sur ce qui hier encore était exceptionnel: il ne suffit plus d’accueillir, il faut à présent rejoindre.

De même, ce qui faisait hier la marque du travail professionnel, « le rendez vous », l’accueil », « la distance professionnelle » est largement remplacé par un discours qui se retourne en son inverse.

On vante, ici et là, la « bonne proximité » en lieu et place de la « bonne distance » sans d’ailleurs se rendre compte que cette permutation des termes ne change au final pas grand chose (la vraie question étant de déterminer qui juge « bonne », la distance ou la proximité produites).

Ce qui motive ces ouvertures , on le connaît: l’institution , la collectivité perçoivent la perte d’adhésion des publics, la mutation des demandes, la perte de légitimité , d’autorité, d’audience et de pertinence dans un contexte sociétal bouleversé. Elles espèrent, en s’ouvrant sur l’extérieur, remédier, ralentir ou renverser ces tendances.

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Tout cela marque un chemin , une tendance , un mouvement que dans un premier temps nous devons saluer . Disons le tout net, il était temps, tellement on n’en pouvait plus des institutions et des pratiques immuables, aveugles aux évolutions familiales, sociétales, économiques , politiques et sociales. Félicitons-nous en car ce premier mouvement est loin d’être achevé et ne va pas sans résistance: on entend toujours de manière forte et affirmée des « discours de clôture » et réactionnaires se présenter comme des mouvements de résistance , voire parfois même des croisades, au nom de sujets graves:   l’islamisation, la marchandisation … On voudrait nous expliquer que la clôture, l’enfermement, le fonctionnement archaïque , la recherche effrénée de sécuritaire, de contrainte , de pénalisation pour « restaurer l’autorité » perdue des institutions,ou l’ordre d’autrefois seraient notre seul avenir.

Comparé à cette chimère réactionnaire et dangereuse , il est clair que le mouvement esquissé plus haut est une avancée. Mais cela suffit – il? Comment se repérer dans les pratiques d’ouverture , de travail hors les murs? Toutes les pratiques sont elles les mêmes? se valent -elles? En Pédagogie sociale, nous distinguons trois niveaux du travail « hors les institutions », selon trois degrés progressifs et distincts dans leurs principes , comme leurs effets.

Premier degré: « aller vers… », animation « , « travail hors les murs ».

Dans ce premier degré , les structures demandent à leurs équipes de réaliser des « actions », des « animations hors les murs ». Celles ci ont en commun de reproduire et de montrer « dehors » une part du travail de ce qui se fait dedans. Ces actions ont le plus souvent les caractéristiques d’être:

  • événementielles: ce sont des actions sans lendemain , ou saisonnières, ponctuelles
  • cloisonnées: on conserve le cloisonnement, la spécificité et la marque de la structure qui « va dehors »; elle sort son matériel, reste dans son domaine, utilise son registre professionnel
  • projetées: on se contente de projeter l’institution au dehors, au besoin en la mettant en valeur, en scène avec force de moyens, mais il n’est absolument pas question de faire évoluer les pratiques ou le sens de la structure: au contraire , il s’agit de les magnifier, des les mettre en valeur, de les affirmer en un mot.
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Second degré : la stratégie de l’avant poste

A ce second niveau il ne s’agit plus de faire un travail uniquement événementiel; on cherche plutôt à ajouter quelque chose d’extérieur à l’institution,  un petit service en plus, neuf, qui sera censé justement renforcer l’institution par quelque chose qui lui restera extérieur.

Dans cette optique, on envoie « dehors » des professionnels dans l’espoir qu’ils iront vers les publics, et qu’ils les ramèneront dedans. A ce stade , on s’explique la « désaffection institutionnelle » par des causes réversibles et simples comme « le manque d’information ». On se cramponne encore à l’espoir que si les gens ne viennent pas profiter des merveilles de nos institutions scolaires, culturelles, sociales ou sportives , ça ne pourrait être que pour trois raisons: le manque d’informationde compréhension ou qu’ils sont sous des influences néfastes (les hommes, les musulmans, par exemple). Ceux qui dès lors seront chargés de « travailler dehors », auront à charge , donc, d’informer et d’expliquer l’institution, voire d’y accompagner , doucement ou fermement, les gens.

On retrouve dans cette catégorie tous les points d’information, toutes les équipes ou structures légères « de contact », « d’orientation », de « facilitation d’accès », « d’information », « de médiation« , de « raccrochage », etc.

Dans ce type de travail « hors les murs », on réalise, certes, dehors un travail qui ne se faisait pas à l’intérieur; mais ce travail est justement censé permettre à celui de l’intérieur de perdurer sans trop avoir à changer , ni se transformer.

Troisième et dernier degré : le travail de rue, en pédagogie sociale

En Pédagogie sociale, on cherche à créer un « travail de rue » qui n’aurait pas d’autre objectif que lui même. Ce n’est pas un travail prétexte, à finalité induite de « restaurer les institutions », c’est un travail nécessaire pour les refonder ailleurs et autrement. Ce n’est pas un travail « dehors », mais un « en-dehors » des institutions et structures existantes.  A ce stade, on met en jeu, cause et en changement , les dimensions suivantes:

On passe de  l’événementiel au constant, au régulier. Il ne s’agit plus d’animer , mais d’habiter l’espace extérieur.

On dépasse le cloisonnement des domaines d’intervention: culture, social, politique, relationnel. On bouleverse les cultures professionnelles, et surtout les mythes de la culture ou du savoir « descendants ».

On met en oeuvre un travail qui se suffit en lui même et qui tente en lui même de répondre à la globalité des besoins sociaux, sans avoir à les orienter ou renvoyer ailleurs. Ici il ne s’agit plus de poursuivre hors les murs avec les mêmes références que « dedans »; les professionnalités sont remises en cause , ainsi que la séparation usager/ professionnel, militant/professionnel.

 

SAMEDI:

Atelier d’Epinay:

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Départ pour Epinay avec un grand soleil ! Arrivée sur le terrain nous avons installé les ateliers puis certains sont partis chercher les enfants en faisant le tour du terrain. Les enfants sont directement venus s’assoir à l’atelier écriture. Nous avons commencé par afficher les feuilles avec le nom des animaux de la savane et de la ferme mais aussi des légumes, les enfants eux devaient faire l’exercice avec les mots croisés en complétant sur les feuilles. Nous avons pu voir les difficultés des enfants avec la prononciation de certains mots, nous pourrons travailler sur cela la prochaine fois.

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Il y avait à coté l’atelier créatif avec de la peinture, des paillettes sur des coquillages. Ils ont aussi écrit sur le sol avec des craies, des sapins, des bonhommes, des mots, c’était très joli.

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Bien sûr, pour nous mettre une bonne ambiance, un atelier danse s’est mis en place. Les plus grands et les parents sont venus danser.

Pour finir le goûter, calme et apaisé avec des sourires. C’était un bon atelier tout le monde était motivé et dynamique et les enfants sont restés tous le long.

Bon week-end !!

Atelier de la Villa Saint-Martin:

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Aujourd’hui nous sommes allés à la villa saint martin, nous avons installé l’atelier jeux de société, l’atelier petite enfance, l’atelier puissance 4, peinture et jeux collectif.

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Lors des jeux collectifs, les enfants ont joué au policier et voleur, Lucky Lucke et boule d’énergie. Les enfants étaient contents et se sont bien amusés. Les jeux de sociétés et la petite enfance ont attirés beaucoup d’enfants, ça leur a plu. L’atelier petite enfance était très complet et très spacieux, les enfants ont adoré. Eloise a très bien joué avec les plus petits. L’atelier peinture s’est très bien déroulé. A propos du puissance 4 il faudrait penser à ramener une bâche pour éviter que les pièces tombent dans la boue.

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L’ambiance était conviviale, agréable, paisible et propice au partage.

Lors du gouter les enfants étaient attentifs et particulièrement calme. La distribution s’est faite dans le calme et rapidement.

VENDREDI:

Atelier de la Rocade:

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Comme chaque vendredi, nous sommes allés à la Rocade. Une fois sur place nous avons installé les ateliers dessin, petite enfance, perle et scoubidou, foot commenté ainsi que l’enregistrement.

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Tout s’est très bien déroulé, les enfants étaient contents de nous voir. Chaque personne est bien restée sur son atelier, c’était bien organisé. L’atelier petite enfance était super, très complet et approprié. Les enfants étaient nombreux, et ont bien tourné sur les ateliers.

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Lors du conseil de quartier les enfants étaient très agités et peu attentifs, mais ils ont tout de même exprimé leur contentement à propos des ateliers, et voudraient du maquillage et de la cuisine la prochaine fois.

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Atelier du Potager:

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Aujourd’hui, nous avons ratissé une bonne partie du jardin pour enlever les feuilles mortes, et avons également enlevé de nombreux déchets plastiques qui étaient par terre. Nous avons ensuite répandu le fumier sur les parcelles en jachère afin qu’elles soient fertiles. Nous avons également  ramassé beaucoup de persil. Cet après-midi fût très agréable, le soleil était au rendez-vous…

 

Atelier de Morangis:

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Une fois arrivés sur le terrain de Morangis, nous avons installé les ateliers, des tables avec de l’écriture, des cahiers, l’atelier petit enfance avec des peluches,

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des jeux de construction et des jeux de société mais aussi des coussins.  Nous avons fait une ronde avec les mamans et les enfants pour se présenter en Français en Roumain et en Romanes mais aussi les parties du corps (Tête épaule genoux pieds) dans les trois langues. Puis nous avons joué au facteur n’est pas passé pour se réchauffer un peu. Les enfants sont parties sur les différents ateliers mais ils étaient presque tous à l’atelier écriture, ils voulaient faire des calculs et écrire leur prénom et des mots en Français. Ils nous demandaient beaucoup de choses c’était dynamique mais apaisé.

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La fin de l’atelier est vite arrivée et pour se réchauffer les mains nous nous sommes réuni pour le goûter avec du chocolat chaud, pain au chocolat et au lait. Les enfants et les mamans sont resté avec nous jusqu’à la fin.

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JEUDI:

Atelier du Skate-Park

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Comme chaque jeudi, nous sommes allés au Skate-Park, nous avons fait un atelier petite enfance, du dessin, du foot, joué au puissance 4 et écouté la musique de Dusko.

Les enfants ont beaucoup été attirés par le dessin, notamment par le dessin de la danseuse vahiné.

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Malheureusement il n’y en avait pas assez mais l’équipe compte bien en amener plus la semaine prochaine. Beaucoup d’enfants ont adoré jouer à la dinette avec Mélanie sur le tapis petite enfance. La musique était agréable mais n’a pas pu durer trop longtemps à cause du froid. Le foot a permis aux plus frileux mais aux plus sportifs de se réchauffer tout en s’amusant. L’ambiance était paisible et conviviale. Au conseil de quartier les enfants ont exprimé qu’ils étaient contents de participer à ces activités et beaucoup réclament de la peinture pour la semaine prochaine.

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Malgré l’oublie des couteaux et cuillères de la part de l’équipe, les enfants ont pu manger leurs bonnes tartines de confiture.

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Atelier de Massy:

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Nous sommes parties à Massy. Une fois arrivés nous avons installé les ateliers suivant : les jeux collectifs avec du Foot, les jeux de société (devine tête), un atelier créatif avec des bracelets et des scoubidous, l’atelier petite enfance (des jeux de construction avec des robots des bonhommes, une dinette, des poupées et des peluche) et la cuisine de rues ou les enfants ont pu faire des crêpes pour le goûter.

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La musique a mis une bonne ambiance sur les ateliers. Il y avait des mamans avec leurs enfants, elles  posaient des questions et participaient beaucoup.

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Le temps est passé très vite, l’heure du conseil de quartier est rapidement arrivée. Tous les enfants ont pu prendre la parole et donner des idées pour les ateliers suivants comme : de la pâte à sel, pâte à modeler et des jeux collectifs et jeux de société mais également la cuisine de rue qu’il adore. Pour le goûter deux enfants ont distribué dans le calme et la bonne ambiance tous les enfants sont resté assis pour boire leur chocolat chaud, bien entendu ils ont dégustés leur crêpes aux sucres et à la confiture.

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Atelier du Potager:

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Cette après-midi nous donnons rendez-vous au groupe d’adultes pour notre séance de jardinage.

Avec Louis et Laura, puis Franck, Eric et Adi nous sommes passés sur le camp d’Epinay pour récupérer quelques  gamins.

Avec un camion plein, on s’apprête à reprendre le chemin vers le jardin. Quand on arrive au jardin on se partage les tâches pour que chacun sache ce qu’il a à faire.

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Nicolae, avec les enfants, commencent à  étaler un peu partout sur les parcelles des feuilles des arbres mortes et ensuite les laissera avec Laura et Adi qui s’apprête à refaire le bac à sable et nettoyer les jouets du ceci. Les enfants ont les mains un peu froides car il fait humide et froid pour leurs petites mains.

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Franck, Eric et Louis avec l’aide de Nicolae et sa supervision ont commencé le nettoyage des framboisiers, leur taille, et l’enlèvement  des orties qui les entoure et la lierre qui ne les laisse pas poussé.

Adi après avoir fini, demande l’accord à Nicolae pour utiliser la débroussailleuse et ensuite il coupera l’herbe qui grimpe sur les bord des palettes et à leur pied.

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Un bon travail qui aboutit et c’est le moment de la récompense, donc celle du goûter.  A plus.

MERCREDI:

Atelier du Potager:

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Aujourd’hui on se prépare pour le départ habituel vers Epinay pour récupérer les enfants et ensuite les emmener avec nous au jardin des Robinsons.

A notre arrivée au jardin, on descend vite pour prendre la brouette et la charger avec les feuilles mortes tombées des arbres par terre en créant un beau tapis naturel.

Les enfants se poussent les uns et les autres pour utiliser les outils, mais finalement parce que tout le monde voulait le faire on a décidé de le faire avec les mains libres.

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On a étalé les feuilles sur les parcelles car elles enrichissent la terre, et ça tombe bien car elle a besoin.

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Madalin passe ensuite avec le motoculteur pour les introduire dans la terre plus profondément et chaque enfant à son tour le ferra.

Ceci étant dit et fait nous sommes prêts et impatients de prendre le goûter avant de partir vers le local.

A bientôt.

Atelier de Champlan:

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Nous sommes allé sur le terrain de Champlan pour faire l’atelier petite enfance, l’atelier peinture et l’atelier musique et aussi des jeux collectifs.

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Nous avons changé nos jours de présence à Champlan les enfants ne sont pas encore habitué à nous voir le mercredi donc il y avait peu d’enfants aujourd’hui. Nous avons commencé par un jeux collectif tous ensemble, le tic tac boum.

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Ensuite nous avons installé les ateliers, tous les enfants sont partis à la peinture,  Ils  ont tous fait un dessin que nous avons accroché sur un fil. Les enfants nous ont demandé à la suite de faire des jeux collectifs, le béret, le chat, 123 animal ( en roumain et en français) et la gamelle. L’ambiance était paisible, tous les enfants ont pu jouer et ont participé, ils étaient investi. Comme il y avait peu d’enfant nous avons pu être beaucoup avec eux et leur accorder plus d’attention et de temps pour chaque enfants.

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Le conseil de quartier s’est déroulé rapidement, les enfants n’avaient pas beaucoup de choses à dire, certains enfants ont fait des proposition pour la suite ( coloriages de princesse et jeux collectifs). Deux enfants ont distribué les verres et le chocolat chaud, dans le calme et le respect. Très bon goûter !

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