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Économie populaire, sous-capitalisme ou alternative socio-économique ? (St Denis)

Les acteurs-chercheurs du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action et le collectif Rues Marchandes sont heureux de vous inviter au séminaire recherche-action en partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord

Mardi 21 novembre 9h – 12h30, auditorium de la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord
20 av George Sand 93210 St-Denis la Plaine, M° 12 Front populaire, RER B La Plaine – Stade de France

Entrée libre sur inscription

Cette rencontre boucle le programme de recherche-action labellisé par la MSH PN « La biffe comme éco-développement urbain : recherche-action pour la revalorisation des « rues marchandes » et le travail des biffins ». Le laboratoire social LISRA poursuit ainsi l’exploration et la valorisation des situations d’implication des acteurs producteurs de connaissances dans les processus de recomposition sociaux et économiques.

Présentation

L’économie populaire est habituellement renvoyée à une sous-économie capitaliste « aux pieds nus » (secteur informel, économie souterraine, stratégies de survie, etc.). Il n’existerait donc qu’un seul modèle économique, celui qui nous domine. Pourtant l’économie populaire structure des pans entiers de la société, pas seulement des « pays du Sud ».

atelier d’autonomisation à la mécanique @medication time

Nous pourrions concevoir autrement la notion d’économie populaire qui englobe tout en la dépassant l’économie informelle en l’intégrant dans un schéma de développement. Elle ne se réduit pas à une économie de subsistance, mais ne valide pas non plus une économie productiviste qui conforte les inégalités et grossit cette main-d’œuvre surnuméraire précarisée ou exclue dans les périodes de récession.

Elle désigne alors l’ensemble des activités économiques et des pratiques sociales développées par les groupes populaires en vue de garantir, par l’utilisation de leur propre force de travail et des ressources disponibles, la satisfaction des besoins de base, matériels autant qu’immatériels. Elle peut prendre concrètement différentes formes comme l’illustrera la présentation d’expérimentations : ateliers autogérés, groupe d’achat, échoppes fixes ou ambulantes, petites réparations, systèmes d’échange local, cuisines collectives, récolte des déchets et revente dans la rue ou au bénéfice de dispositif de récupération…

Entre une économie sociale institutionnelle en difficulté pour répondre aux enjeux contemporains et l’illusion libérale d’une autorégulation marchande, la notion d’économie populaire et solidaire rappelle l’impossibilité de complètement marchandiser le travail et la vie entière. Cette notion est issue d’un travail de légitimation de l’économie populaire opéré par des chercheurs et acteurs sud-américains et prolongé par des responsables publics ayant instauré des politiques qui visent à favoriser sa dimension solidaire.

Une économie endogène aux territoires indiquerait que l’économie est subordonnée à la politique et aux relations sociales, elle ne peut se concevoir comme entité autonome en dehors des institutions de la société. Par leur propre force de travail, ces organisations de base, soucieuses d’une certaine justice sociale, comblent par l’innovation sociale l’absence de dispositifs et d’alternatives politiques. Ainsi la pratique populaire des espaces pourrait être abordée sous sa forme structurante, écosystémique de tiers espaces, par l’étude des pratiques de maîtrise d’usage sur les territoires (cf notre rencontre du 16 octobre 2017 sur les « espaces d’émancipation collective et de transformation sociale »).

Notons que les notions de bien des communs, d’économie des communs ou encore d’économie contributive participent également à dégager de nouvelles perspectives sur la question de la propriété, de la gestion collective des ressources et la pertinence d’une approche socioéconomique non évolutionniste de la pauvreté et des inégalités.

Ces écosystèmes instituants joueraient un rôle de régulateur et confirmeraient que l’économie populaire et solidaire n’offre pas simplement un cadre d’analyse, mais aussi d’action. Elle révèle et légitime la faculté des acteurs des territoires « en déprise » d’engendrer des contre-mouvements pour se protéger eux-mêmes et leur environnement de cette menace. Est-ce que ces résistances sociales engendrent d’autres modèles entrepreneuriaux que ceux qui visent à reproduire une structure hiérarchique entre classes sociales ? La possibilité de définir la notion d’économie populaire et de provoquer un débat public est donc un enjeu tout aussi économique, scientifique que politique.

Déroulé de la matinée

Le but du séminaire recherche-action est d’outiller les acteurs-chercheurs dans la construction de cadres de pensée et d’action. Jean Louis Laville (*) se propose de jouer le rôle de « grand témoin », amenant des éléments d’analyse en dialogue avec les expérimentations des acteurs-chercheurs.

9h – Accueil

9h30 – Introduction du séminaire : recherche-action et économie populaire, deux espaces d’implication en dialogue par le LISRA

9h45 – Exposé : Enjeux d’une économie populaire solidaire dans une perspective historique et internationale par Jean-Louis Laville.

L’intervention s’efforce à la fois d’identifier les raisons historiques de l’invalidation symbolique de l’économie populaire et les expériences étrangères qui permettent de penser un soutien public à l’économie populaire solidaire.

10h30 – Connaissance pragmatique et scientifique d’une économie populaire à travers des expérimentations par la recherche-action sur différents territoires :

  • L’économie populaire des récupérateurs vendeurs, marqueurs entre deux conceptions du développement (organisation économique, rapport au territoire, comparaison internationale), par le collectif Rues Marchandes.
  • « MAC & ACRA, deux figures coopératives de pérennisation des activités de mécanique de rue, des pratiques de l’économie populaire ordinaire à une variante plus circulaire et moins précaire », par Abou Ndiaye.
  • Tentatives de communismes immédiats, là où nous vivons : Récit d’une mise en commun de fonds pour financer des initiatives non-exploiteuses, et pour expérimenter une activité de production avec un salaire sans obligation de travailler. Ici, là où nous vivons, par Nicolas Guerrier par Nicolas Guerrier.
  • L’économie contributive sur la Plaine Commune : approches conceptuelles et perspectives territoriales, Le modèle de contributivité que la Chaire de Recherche tente de porter est basé sur une redéfinition du Travail dépassant la situation d’emploi, par Clara Drevet et Federico Puletti.
  • Les « initiatives citoyennes économiques » dans le Quartier de l’Arianne à Nice Des habitants font du troc, de la récupération. Ils aménagent quotidiennement, dans l’espace public, une zone de gratuité au bénéfice de touTEs, par Christophe Giroguy.

11h 30 Débat : dialogue à partir des expériences, alimenté par d’autres contributions de la salle

(*) Références biblio : L’économie sociale et solidaire. Pratiques, théories, débats, Seuil, 2016 (Coll Points Économie). – Dictionnaire de l’autre économie, Gallimard, 2006 (Coll Folio actuel).

 

Obsolescence programmée : actualité et perspectives (Paris)

Colloque « Mise à jour sur l’obsolescence programmée : actualité et perspectives »

Quelles sont les avancées récentes dans la lutte contre l’obsolescence programmée ? Quels nouveaux enjeux aborder pour maintenir notre vigilance dans l’avenir et ouvrir de nouvelles perspectives ? L’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) réunit le 19 septembre au Palais du Luxembourg des acteur-rice-s et chercheur-se-s de ce domaine, pour dresser l’état des lieux juridique, économique, militant du combat contre l’obsolescence programmée : où en est la législation française et européenne ? Quels modèles économiques et modes d’action se mettent en place ? Quelles techniques émergentes invitent à repenser les pratiques de consommation et de production ? Ce colloque est gratuit et ouvert à tous et à toutes !

Lieu et inscription

Mardi 19 septembre 2017 de 9h à 18h

Salle Monnerville, Palais du Luxembourg, 26 rue de Vaugirard, Paris 75006
Accès: RER B : Luxembourg / Métro : Odéon, Mabillon, Saint-Suplice / Bus: 58, 84, 89 / Vélib: N°6017, 34 rue condé 75006

L’inscription est gratuite mais strictement obligatoire pour entrer au Palais du Luxembourg (pièce d’identité nécessaire).

Accueil

Organisé par le sénateur Jean Desessard et l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP)

9h00 Accueil des participants

9h15 Ouverture & introduction

  • Jean Desessard, (Sénateur de Paris).
  • Laetitia Vasseur (Co-fondatrice, Déléguée générale, association Halte à l’Obsolescence Programmée)
  • Jeanne Guien (Philosophe, Centre d’étude des techniques, des connaissances et des pratiques).

Légiférer et proposer. Actualité politique de l’obsolescence programmée

9h45-11h15 Les politiques publiques pour lutter contre l’obsolescence programmée.

  • Pascal Durand (Député Européen), le rapport européen d’initiative « Une durée de vie plus longue des produits : avantages pour les consommateurs et les entreprises ».
  • Emmanuelle Font (Chef de produit Durée de vie, Laboratoire national de métrologie et d’essais), L’affichage de la durée de vie des produits.
  • Antoinette Guhl (Adjointe à la Maire de Paris), Les politiques locales : le cas parisien.
  • Bernard De Caevel (RDC environnement), L’obsolescence programmée :
    politiques et mesures belges de protection du consommateur.
  • Baptiste Legay (Sous-directeur- DGPR/SRSEDPD/SDDEC), Les ambitions du Gouvernement français.
  • Animateur : Thierry Libaert (Conseiller, Comité Économique et Social Européen).

Concevoir et vendre.Nouveaux modèles économiques de la durabilité

11h15-12h45 Les produits durables : conception, production, marketing et vente.

  • Jean-Pierre Blanc (Président Directeur Général, Malongo), L’éco-conception des produits.
  • Benjamin Blanchard (Fondateur, Co-bble), L’autonomie pour la réparation d’objet : Co-bble.
  • Fabienne Goyeneche (Direction des affaires publiques, Michelin), L’économie de la fonctionnalité et la durabilité dans les pneumatiques Michelin.
  • Joel Tronchon (Directeur du Développement Durable, Groupe SEB), La promesse de réparabilité des produits.
  • Philippe Frémeaux (Président de l’Institut Veblen), Produire et vendre autrement.
  • Animatrice : Laetitia Vasseur (Co-fondatrice, Déléguée générale, association Halte à l’Obsolescence Programmée).

12h45-14h Pause déjeuner (buffet).

Connecter et mettre à jour. Le cas des produits numériques

14h-15h30 L’obsolescence numérique : logiciels et matériels.

  • Emile Meunier (Avocat, Meunier avocats), Le délit d’obsolescence programmée : le cas des imprimantes.
  • Mélanie Clément-Fontaine (Directrice du laboratoire droit des affaires numériques et des nouvelles technologies, UVSQ), Les objets connectés.
  • Marie Duponchelle (Docteure en droit), L’interopérabilité et le consommateur.
  • Pascal Carcaillon (Délégué Général, Réseau DUCRETET), Prospective sur les objets connectés (étude ADEME).
  • Frederic Mande (ubuntu-fr), Le modèle de l’Open source.
  • Animateur : Frédéric Bordage (Green IT),

Consommer et produire. Les citoyens acteurs de leur vie économique

15h30-17h La place des citoyens dans la lutte contre l’obsolescence programmée.

  • Hugues Bazin (Chercheur associé, Maison des Sciences de l’Homme), L’économie populaire
  • Dominique Kreziak (Maître de Conférences, Université Savoie Mont Blanc), L’obsolescence perçue : non à l’obsolescence subie, oui à l’obsolescence choisie.
  • Anne Richez-Brassart (Chef de projet stratégique Boulanger second Life), Guider les choix des consommateurs par la distribution & retour d expériences.
  • Hadrien Kreiss (Chargé de projet Scolopendre), Le mouvement maker : produire par soi-même.
  • Renaud Fossart (Chargé de mission, Résistance à l’Agression Publicitaire), L’influence de la publicité sur le libre arbitre.
  • Animateur : William Arhip-Paterson (Politiste, Centre Européen de Sociologie et de Science Politique).

Conclusion

17h-17h10 Samuel Sauvage (Président, Halte à l’Obsolescence Programmée).

Le syndrome de la planète des singes

Le syndrome de la planète des singes est une manière de comprendre le modèle de gouvernance qui s’instaure où le président dit « je veux que la France soit une Start-Up Nation. Une nation qui pense et évolue comme une Start-Up ». Selon ce principe l’État devient une « plateforme » ; la nation un simple « fichier-client » ; la démocratie un « algorithme », le citoyen un « utilisateur ».

Or un citoyen est quelqu’un qui jouit de droits pleins et entiers alors que l’utilisateur est quelqu’un à qui l’on attribue, temporairement, un certain nombre de permissions, « d’autorisations » comme le souligne Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information et de la communication (L’appétit des géants : Pouvoir des algorithmes, ambitions des plateformes, C & F Édition, 2017)

Ce modèle des plateformes numériques avec des airs de suppression des intermédiaires, de rapport direct avec l’usager, de rationalité et d’économie, crée d’autres systèmes de rente, d’autres soumissions.

Le juriste Alain Supiot montre que l’idée de « gouvernance par les nombres » (Fayard, 2015) , ce rêve de « l’humain « machinisé » n’est pas du tout moderne, cet imaginaire normatif teinté aujourd’hui de nouvelle technologie « se représente le gouvernement des hommes sur le modèle de la machine ».

Ce modèle de gouvernance peut s’appuyer sur ce que Bruno Amable et Stefano Palombarini appellent « l’illusion du bloc bourgeois » (Ed Raisons d’agir, 2017), effaçant les classes populaires et l’opposition droite/gauche au profit d’une alliance entre les classes moyennes et supérieures qualifiées, favorables aux réformes économiques structurelles visant la « compétitivité » et la « modernisation » du pays.

Le pourcentage d’abstention aux dernières élections confirme que les populations les plus jeunes et les plus exploitées n’ont pas voté, ne croyant plus en une forme de gouvernance plus technicienne que politique au risque de fabriquer leur propre servitude…

Ces prochaines années verront si ce mouvement de déprise générera un mouvement de reprise à partir des territoires délaissés selon une gouvernance du commun.

Sinon pourrait se confirmer le « syndrome de la Planète des singes » nous dit le paléoanthropologue Pascal Picq (Qui va prendre le pouvoir ? Les grands singes, les hommes politiques ou les robots, Odile Jacob, 2017).

Ce processus en référence à la fameuse nouvelle d’anticipation (1963) de Pierre Boulle décrit la prise de pouvoir des singes à force d’observer les humains qui se dissocièrent de la nature et délaissent leur activité critique au profit des logiques techniciennes et leur appareillage technologique… Les singes sont peut-être déjà au pouvoir.

Rencontre-débat sur « le rapport au travail qui nous travaille » (Paris)

Rencontre-débat sur « le rapport au travail qui nous travaille »
dans le cadre des échanges du Centre de Ressources Interprofessionnel (CRI)*

Jeudi 4 mai 18h30
dans les locaux de Culture et Liberté, 5 Rue Saint-Vincent de Paul, 75010 Paris – M° Gare du Nord

Autour de l’expérience d’un atelier de recherche-action
« A quoi sert le cycle travail ? » conduit dans le Limousin.

Cet espace original par les situations abordées, la diversité des acteurs concernées, la démarche collective suscitée, la méthodologie employée. Un espace d’autoformation où l’on met en résonance, en débat, nos vécus du travail et nos recherches. C’est un temps où l’on s’alimente, où l’on s’outille pour mieux comprendre ce qu’il se joue dans nos entreprises, nos associations, nos collectivités, nos communautés… Tout l’enjeu est de créer un espace hors du temps de travail pour mieux le transformer. Provoquer une rencontre entre des milieux qui ont un rapport au travail différent (travailleurs, chômeurs, retraités…) et de les faire interagir, dans un autre lieu que celui de l’entreprise.

En présence de Nicolas Guerrier et Hugues Bazin, co-fondateurs du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action

Supports web en relation : http://autographie.org/cycletravail/http://recherche-action.fr/parcours-bruts/http://recherche-action.fr/labo-social/

* Le CRI se veut être un outil dans le champ du travail qui associe militants syndicaux, de l’éducation populaire, de la recherche et de la culture ; un outil au service de la solidarité, de la coopération, de l’entraide, de l’émancipation, de pratiques alternatives, de la mutualisation par et pour l’action collective. Le CRI est un projet utopiste et pragmatique dans la lignée des Bourses du Travail, celles d’hier, pas pour vivre dans le passé mais pour agir aujourd’hui et dans l’avenir.

Information / inscription : Gilles SERT <Gilles.Sert@cultureetliberte.org> – 01.84.83.05.76

La biffe, perspectives d’un écosystème ? (Paris)

RUES MARCHANDES vous invite à une soirée projection-débat

« La biffe, perspectives d’un écosystème ? »rues-marchandes-amelior
Mardi 1er mars, de 19h à 22h
A l’Archipel, 26 bis rue de Saint Pétersbourg
75008 Paris
Entrée libre

Projection

des films de WOS/agence des Hypothèses/Claire Dehove et Julie Boillot-Savarin

  • « Raconte-moi Ta Rue Marchande » : reportage-portrait de l’activité biffine en région parisienne/
  • « Kit de Libre Ambulantage »  :   étals ambulants pour le commerce informel dans l’espace public

Débat

animé par Sophie ALARY d’Aurore et Christian WEISS, géographe, membre du collectif Rues Marchandes,  en présence de :

  • Hugues BAZIN, sociologue, chercheur au LISRA, co-fondateur de Rues Marchandes
  • Patrick  SPISAK et Lucien SAVU, biffins
  • Martine HUSER, biffine bijoutière, collaboratrice du film KIT de Libre Ambulantage
  • Samuel LECOEUR, co-fondateur et président de l’association AMELIOR
  • Ninon OVERHOFF, présidente du SIGA SIGA/ la Boutique Sans Argent (Paris 12ème)
  • WOS/agence des Hypothèses/Claire DEHOVE et Julie BOILLOT-SAVARIN