Les tribus de la récup

Ce film documentaire sera diffusé lundi 11 avril à 23h30 sur France 3 Rhône-Alpes.Pour les habitant-es d’Ile-de-France, il y aura une projection le vendredi 22 avril à 20h15 au cinéma le Méliès à Montreuil, contacter Josette Martin

Si pour beaucoup d’entre nous, la vie des déchets s’arrête dans la poubelle, pour d’autres, tout commence là. Les plus démunis récupèrent dans les poubelles de quoi survivre : de nombreux déchets y échouent, sans pour autant être hors d’usage.Ces exclus se regroupent aujourd’hui sous l’influence de nouvelles énergies, celles d’une jeunesse écolo et humaniste, qui souhaite mettre en œuvre d’autres modes de fonctionnements sociétaux.Ces tribus s’organisent sous forme de microcosmes.

Une coproduction : France ThM Productions – France 3 Rhône-Alpes
Réalisation : Emmanuelle Zelez & Laurence Doumic

 

Quelques liens utiles

  • Les gars pilleurs récupèrent ce qui est jeté par les grandes surfaces. Tout est redistribué. Ils appellent au boycott des grandes surfaces telles qu’elles existent aujourd’hui.
  • Gérard Bertolini, sociologue spécialisé dans les déchets, directeur de recherche au CNRS, auteur de « Montre moi tes déchets aux éditions de L’Harmattan
  • Marché des Biffins de Montreuil a lieu une fois par mois

A Contre-Emploi

Prenons la «loi travail» pour ce qu’elle est; une addition de détails techniques qui vise à désorienter l’adversaire, et qui dissimule mal la soif maladive d’asservissement généralisé dont les puissants de ce monde souffrent. Ne perdons pas plus de temps à rendre intelligibles les va-et-vients du texte. Envisageons-le sous l’angle de la morale étouffante qui traverse ses différentes moutures.

Il est précieux d’obtenir noir sur blanc un tel aveu de faiblesse de la part des pouvoirs en place. Ce qui suinte avant tout de ce texte, qui n’est qu’un symptôme, c’est une nouvelle tentative désespérée de reprendre le contrôle, de repousser le moment où tout échappe . Cette loi intervient dans le cadre d’une piètre séquence disciplinaire de l’Etat en miettes. Instauration et prolongement de l’Etat d’Urgence, rétablissement du contrôle aux frontières, loi sur le terrorisme, sur le renseignement… Après avoir tenté de domestiquer le peuple dans de sombres murs nationaux, voilà qu’il faudrait finir de le plier aux normes économiques planétaires.

Saisissons-nous de cette fabuleuse occasion qui nous est donnée -cet édit de trop- pour dire ce qui doit être dit et nous délester de cette bile qui s’est insinuée en nous dès nos premiers rapports aux institutions familiales, scolaires ou entrepreneuriales.
L’emploi, on s’en contrefout. Cette discipline économique et morale que l’on nous impose nous paraît d’un autre siècle. Cette vie fondée sur la carrière, la réussite et le travail absurde, nous répugne.

Et ce n’est pas sa version moderne, acidulée, où l’entreprise n’a plus de frontière, de l’écran à cristaux du réveil-matin, à celui de nos i-phones, aux éclats froids du stroboscope, qui va nous réconcilier avec lui. Là où l’on parle d’indistinction entre le travail et la vie, entre l’économie et le social, c’est presque toujours le travail et l’économie qui emportent la mise, sans reste, jusqu’au fond du plumard.

Les syndicats sont déterminés à «gagner» en obtenant le retrait du texte. Mais le gain en question mérite quelques précisions, du fait de sa nature toute relative. Nous comprenons qu’après une succession de «défaites», dont la plus significative s’est déroulée lors de la réforme des retraites, il faille marquer le coup et tirer la couverture du côté de la gestion «sociale» de l’emploi.

Mais comme il n’y a pas d’emploi sans employeur, sans travail prescrit et commandé, sans enrôlement salarial, sans assujettissement à la hiérarchie ou au Marché, comme il ne nous est pas proposé de contrat de travail qui ne soit d’abord un renoncement au sens de la vie et à celui de la production, nous sommes particulièrement intéressés de concourir à cette «victoire» dans la mesure où des espaces de «contre-emploi», de vie sans emploi, vont être créés pendant ce temps et, espérons-le, seront durablement soutenus. Soutien sur lequel nous comptons notamment de la part des employés militants eux-mêmes.
La force du mouvement ouvrier des premiers âges de la lutte des classes, résidait notamment dans tous les en-dehors de la production qu’il avait (solidarités de quartier, de village…) où qu’il s’est octroyé (bourses du travail, maisons du peuple, cours du soir, caisses de grève, mutuelles…). C’est de cela que nous sommes tous, travailleurs et non-travailleurs, aujourd’hui presque totalement dépourvus… les uns sont accrochés à leur place dans le «dialogue social», au point de n’avoir plus aucune pensée collective de la vie même, les autres sont atomisés dans leur rapport à l’emploi et à la survie, d’autres encore, à quelques-uns, tentent quelques bricolages plus ou moins heureux pour s’en sortir sans sortir.

Il est vrai que nous n’avons pas été systématiquement présents dans ces luttes passées. Nous donnons sûrement l’air de nous pointer aux AG avec nos gueules enfarinées alors que nous n’étions que peu sortis dans la rue depuis le CPE, et nous comprenons sincèrement l’agacement que cela peut générer chez les militants, qui en plus de souffrir au travail 35h par semaine, continuent d’être sur tous les fronts et osent débrayer à chaque occasion malgré les pressions. Comprenez en revanche, qu’empêcher l’allongement de la durée du travail de 62 à 67 ans était malaisé pour nous qui visons la généralisation de la retraite dès la naissance (ce qui ne nous avait pas empêché de contribuer joyeusement à ce mouvement qui avait, à la suite de celui du CPE, fait du blocage de l’économie son arme principale).

C’est contre le moindre jour d’emploi que nous nous battons, et nos absences du conflit social ne signifient pas que nous nous tournons les pouces. Nous étions et sommes encore dans le maquis à faire balbutier des manières différentes de s’organiser pour la vie et pour le travail. Soutenir les droits sociaux de telles ou telles branches séparées nous paraissait compromis dans la mesure où l’on s’emploie à vivre au quotidien la grève générale depuis tant d’années, avec tant de peine. Mais aussi de joie, parfois. Éviter le recul des services publics nous était bien inconfortable puisque c’est précisément par les instances éducatives, sanitaires, sociales et policières que l’on nous a imposé cette morale disciplinaire qui nous a brisés et éloignés de tous les choix. Pourtant, nous voyons bien ce qu’il y a de problématique à leur privatisation généralisée. L’Etat d’un côté et le Marché de l’autre étaient déjà bien assez violents à l’égard du genre humain, mais leur alliance -et il n’en a peut-être jamais été réellement autrement-, est ce qu’il y a de plus effroyable.

Quand nous disons « généralisation de la retraite dès la naissance » c’est d’abord d’une «possibilité de retrait inconditionnel de ce monde» dont nous parlons. Cependant, il nous reste encore à évaluer exactement de quel monde nous désirons nous absenter et dans quelles transformations nous nous devons d’être présents. Mettre fin à l’économie en tant que norme autoritaire définissant tout le cadre de nos activités est un horizon excitant. Cette dernière, malgré ce qu’on nous en dit, est loin de se limiter à « l’activité de production et d’échange, propre à la nature humaine », avec ses airs de neutralité. C’est avant tout une règle de vie qui fait de l’existence un objet comptable. Or, le capitalisme libéral protégé et promu par l’Etat est d’une telle plasticité que nos pistes de sortie de l’économie s’en trouvent profondément brouillées. Il nous fait miroiter des formes subversives et libres qui en réalité prolongent habilement son empire, il utilise très bien l’esthétique libertaire pour repeindre la surface de ses bagnes. Il suffit par exemple de voir combien de politiciens libéraux défendent l’idée d’un revenu de base pour comprendre qu’il n’est pas en soi anticapitaliste. Nous préférons pour notre part miser sur l’autonomisation à tous les niveaux. Sur un autre versant, les perspectives que propose le libéralisme à la sauce créative, avec ses faux interstices sous surveillance, semblent être le moyen subtil de récupérer au vol ceux qui étaient à deux doigts de faire sécession.

Cette fois-ci, ce n’est donc pas une lutte tout-à-fait comme les autres. Cette «loi travail» réaffirme si exactement et si clairement tout ce que nous avons tenté de détruire depuis le début -l’esclavagisme dissimulé derrière des modèles de réussite qui passent pour enviables-, que la lutte qu’elle soulève contre elle représente à nos yeux l’une des rares opportunités de débrayer pour de bon.

Notre statut légal est souvent celui de chômeur que nous ne quittons que pour des «tafs» de ci-delà, des plans thunes et au pire de l’intérim quand la pression se fait trop forte. Il n’est pas paradoxal pour nous d’affirmer que le chômage est en réalité synonyme d’activité, voir d’hyper-activité. Autrement dit, de travail. Mais certainement pas d’emploi. Depuis notre sortie de l’école, il n’y a guère eu d’années où nous avons manqué notre inscription à pôle-emploi. Et s’il nous arrive de laisser filer les aides sociales, c’est que les contraintes et la morale qui les accompagnent nous sont devenues insupportables. Dans tous les cas, nous travaillons chaque jour à produire quelque chose qui fait sens.
Nous sommes comme les agents d’un grand service public invisible, sans frontière ni modèle. Nous contribuons au service public libre de la paysannerie, du transport, de l’éducation, de la distribution de denrées alimentaires, de la culture, du bâtiment, du sport, de l’eau, de l’assainissement…

Nous sommes souvent en fin de droit. Voilà pourquoi il nous arrive d’abandonner le travail dans nos services publics libres et de nous asservir temporairement dans les entreprises, les associations, les services publics privatisés.

Nous savons tout ce qu’il y a de précaire, d’instable mais aussi d’aventureux à une telle existence. Nous ne l’abandonnerions pour rien au monde et nous attachons plutôt à nous rendre plus forts. Cela passe notamment par devenir plus nombreux, par avoir des relais et des amis partout, par le fait que ce qui n’a valeur que d’expérience isolée pour beaucoup, devienne le creuset de nouvelles possibilités d’existence pour tous, à distance respectable de l’État et du Marché.

A l’image de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, où des «squatteurs» se sont ligués avec les paysans militants historiques -et c’était la seule façon efficace et durable de gêner le pouvoir-, nous souhaitons créer un kyste (pour reprendre l’expression de Manuel Valls) au beau milieu du monde colonisateur de l’emploi. L’emploi est cet aéroport mégalomaniaque et aberrant qui n’aura pas lieu dans nos vies. L’allégorie avec la ZAD doit aller plus loin encore. Contre cette «loi travail», les syndicats et militants historiques ne pourront pas «gagner» sans le concours d’autres forces, dont les nôtres ; les forces de l’abolition du travail comme emploi. Nous contribuerons donc au retrait de ce texte. A la condition bien claire qu’il soit désormais accepté par tous, qu’il n’y aura pas de sortie de ce présent étouffant sans une remise en cause de l’emploi et de sa morale. Sans l’expérimentation, cette fois à grande échelle, d’une sortie de ce régime.

Le texte de loi finira sans doute par être retiré. Mais soyons d’accord qu’une telle «victoire» si elle signifie rentrer chez soi sagement regarder le grand cirque de l’élection présidentielle recouvrir le chaos du monde à la télé, aura sur nous l’effet d’une petite mort. Ce mouvement est un pied dans la porte, le début de notre réveil d’un long sommeil. Nous avons une longue journée devant nous et tant de nuits à venir.

Réunion d’ouverture programme recherche-action « La biffe comme écodéveloppement en milieu urbain »

Invitation à la mise en place du programme de recherche-action

« La biffe comme écodéveloppement en milieu urbain »

Le 7 avril 2016 de 14h à 17h – salle 414

MSH Paris Nord – 20 avenue George Sand – 93210 La Plaine Saint-Denis – M° 12 Front populaire

Ce séminaire atelier ouvre le programme de recherche-action en partenariat avec la Maison des 2016-635936624963200459-320Sciences de l’Homme Paris-Nord. Il a pour but principal de confirmer les modalités de structuration et de développement sur 2016-2017. Si l’atelier est ouvert à tous acteurs – chercheurs motivés par la démarche et les problématiques[1], il nous faudra trouver la forme collaborative la plus adéquate pour la constitution d’un collectif où chacun puisse trouver une place et un mode d’implication.

Nous essaierons notamment d’articuler trois points d’organisation du programme en précisant une définition, une organisation, une production :

  • La gouvernance : mise en place à différentes échelles d’une démarche sur un territoire : recherche collaborative, problématique de travail, implication de tous les acteurs concernés de manière égalitaire selon une maîtrise d’usage
  • La formation-action : condition d’une intelligence collective et validation de compétences collectives (dans l’articulation avec des enquêtes de terrain et des ateliers transdisciplinaires)
  • L’expérimentation : accompagnement, production de connaissance et modélisation d’un espace marchand sur le territoire francilien

Nous nous projetterons donc sur deux ans pour envisager comment peut s’articuler ce processus. Le but est de partir de la réunion avec un outil opératoire et une répartition des tâches.

 

[1] Il est fortement conseillé avant de venir à la rencontre de se documenter sur la démarche à l’origine de la mise en place de ce programme, le collectif Rues Marchandes (http://recherche-action.fr/ruesmarchandes/) et la démarche de recherche-action portée par le Laboratoire Social (www.recherche-action.fr).

Des fêtes contre les défaites

Que faire contre la violence sociale, les discriminations? Que faire contre les difficultés qui s’accumulent? Comment agir , trouver les moyens de bouger et de se mobiliser quand tout indique que l’avenir est bouché?  Ce questionnement est bien entendu celui du précaire, des personnes et des groupes en difficulté.

Il est devenu aussi logiquement, mais plus récemment encore celui de acteurs sociaux, des éducateurs, des enseignants.

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Il y a  comme une défaite permanente qui s’abat sur les choses et les gens. En tant que professionnels , nous avons à nous inspirer de ceux qui vivent ces situations depuis toujours.

Et c’est là que nous rencontrons une véritable pédagogie de la fête; la fête est immédiate , elle guérit ainsi des lendemains qui manquent. Elle n’a pas besoin de projet et ainsi elle  n’est pas en danger de ne pas se réaliser. Elle est inconditionnelle et ainsi elle échappe aux restrictions, aux sélections et aux limitations.

La fête est aussi un temps suspendu où on échappe à tout jugement. Celui qui fait la fête, qu’on le supporte ou qu’on ne le supporte pas est forcément légitime. Il inverse provisoirement tous les rapports de domination. La fête suspend pour un temps, une seconde, une minute nos asservissements.

Le temps de la fête est un temps libéré, un temps de possibles; c’est aussi un temps partagé, un temps de collectif, dans un monde qui s’enferme dans des individus-prisons.

La fête estompe les barrières, les différences, les faux clivages; pour un temps , elle ouvre la possibilité dans son environnement même, de faire communauté. En soi, la fête est une invitation à se répandre, à s’étendre, à se regrouper.

Tout groupe opprimé, toute minorité, en tout temps, a trouvé ses revanches, ses compensations, mais aussi sa culture et ses références dans le type de fêtes auxquelles elle s’emploie.

La pédagogie des Kesaj, celle que nous mettons en oeuvre, l’esprit tzigane qui nous anime est de cette nature. Une fête immédiate, permanente , renouvelée qui donne le rythme aux journées.

Les défaites sociales impliquent des fêtes sociales. C’est ce type de fêtes que la pédagogie sociale s’emploie à créer et à répandre commun outil pédagogique et émancipateur.

 Il ne s’agit pas de fêtes culturelles, familiales, rituelles ou obligatoires. Il ne s’agit pas de fêtes de consolation, d’initiation et de promotion des personnes. Il s’agit au contraire de mettre en oeuvre des fêtes qui ne sont pas évidentes, qui ne sont pas entre nous et qui ne se déroulent pas chez nous.

Dans nos ateliers, le jardinage est une fête ; cela ne veut pas dire qu’il est un jeu. Cela signifie qu’il est aussi et surtout un temps de convivialité autour de la notion de travail et de production. Il en est de même pour nos ateliers permanents de cuisine, qui se déroulent dans cette même ambiance. Il en est ainsi lors de la préparation et l’entretien de notre matériel. Tout est occasion de fête.

La fête est probablement une forme de civilisation de la guerre. La fête met en scène des mêmes composants: agitation, bruit, parade, fureur et énergie; mais elle transforme immédiatement cet état de guerre en son opposé : en permettant contacts, rencontres et construction d’un expérience et peut être d’une identité commune.

La plupart des projets et intentions de développement de la participation des usagers, des groupes, des individus, comme ceux qui visent aussi le développement de la citoyenneté ou de l’implication, font souvent l’impasse sur la question la plus essentielle: celle de l’énergie.

Nous le savons en Pédagogie sociale: ce n’est pas le pouvoir d’agir qui manque le plus souvent et encore moins les compétences. ce qui manque c’est l’énergie pour le faire et le vouloir.

La pédagogie de la fête que nous mettons en oeuvre, et que nous développons de façon répétitive et permanente assure essentiellement cette fonction de production d’énergie sociale, là où elle manque, dans les lieux où elle est le plus rare.

Bien entendu nous parlons ici de véritables fêtes , pas de simulacres à visée « conviviale », bien pensante, avec des libellés et intentions de bon aloi : citoyenneté,  diversité culturelle, etc. Ces fausses fêtes dissimulent en général assez mal l’ordre auquel elles s’emploient : favoriser le clientélisme de certains , affirmer le pouvoir et la préséance d’autres, occuper le vide social et culturel.

Les vraies fêtes sont d’une autre nature: plus volontiers désordonnées, anarchiques, en un mot, tziganes; elles laissent libre cours à l’imprévu et même au meilleur.  Elles sont perméables à la vie.

  Dimanche: sacre du printemps

La journée était ensoleillée , pleine de fleurs  et bien agréable.

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C’était le grand dimanche; celui où on plante les premiers champs: ceux des patates. Et on était nombreux sur ce coup ci: 27 personnes sur le terrain de tous âges.

Et tout le monde a mis la main: désherbage, agrandissement de parcelles, creuser des sillons, planter , mais aussi s’occuper du repas commun, du feu, de la cuisson, de la table, du rangement…

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Jusqu’au puits , bien rempli , que Timothée et Gwendal ont vidé des objets flottants qui l’encombraient.

Samedi 2 Avril 2016: Hôtel F1

Présents : Fatimata, Camille, Audrey, Sana, Anick et Kenzy.

Un atelier sous un ciel gris, mais un atelier quand même ! Arrivés sur place, nous avons vite été rejoints par les premiers enfants, et après un tour dans l’hôtel, les parents nous rejoignaient 30 minutes plus tard. La Pâte à modeler a rencontré un franc succès, tout comme les jeux de constructions premier âge. Nous avons eu plus de parents qu’à l’accoutumé, 7 mères et 1 père nous était là pendant la majeur partie de l’atelier.

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Le thé nous a aidé à nous réchauffer (et sans doute à garder les parents), les enfants quant à eux ont pu bénéficier de chocolat chaud en avance, ce qui est rare, et les autres se réchauffaient en préparant les crêpes pour le goûter. La fresque de peinture a continué, mais avec moins d’entrain que les précédentes fois, nous proposerons un atelier de sport collectif la prochaine séance, après en avoir parlé avec les enfants.

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L’atelier est passé très vite, les 2 heures sur place se sont finis par le traditionnel goûter, des crêpes garnies à la demande, confitures, sucre, nature. Très contents de nous qu’au fur et à mesure nous ayons pu faire découvrir d’autres saveurs aux enfants, personne n’a réclamé la fameuse pâte à tartiner aux noisettes !

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Cette fois encore, nous voulions prendre en photos les avions qui survolent à basse altitude pour atterrir à Orly, mais pris dans les ateliers, le puissance 4 géant, et le jeu de paume, cela nous a échappé. La semaine prochaine, nous déléguerons une vigie spécialement pour ça.

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Avec les arrivées et les départs des familles, notre atelier se renouvelle insuffisamment, aussi nous referons une campagne de communication auprès des résidents des hôtels avec des flyers et nous sensibiliserons de nouveau les directeurs de ces établissements à notre présence et notre action.

Samedi 2 Avril 2016: Villa Saint Martin

Présent: Sandra, Iasmina, Carolina, Laura, Héloïse, Alison, Ana

L’équipe des Robinson est partie pour démarrer l’atelier à la Villa Saint Martin. Une fois arrivés nous avons installé les ateliers petite enfance, jeux de sociétés, chaises musicales et jeux collectifs.WP_20160402_15_17_39_ProWP_20160402_15_00_09_ProWP_20160402_15_22_43_Pro

Pour bien commencer nous avons fait des jeux musicaux pendant que d’autres jouaient avec de la pâte à modeler.

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Nous avons apprit des nouveaux jeux comme « le serpent à échelle », « Dora » ainsi que le « Alli Galli ». Les jeux collectifs ont bien marché, un deux trois soleil, mais aussi tous les chats possible et inimaginable. Au conseil de quartier beaucoup d’idées ont été proposé; coloriage, bijoux, HIP HOP, faire des poésies. Beaucoup de monde était présent pour le goûter, deux responsables pour distribuer chocolat chaud et pains au chocolat hummm.

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A bientôt.

Samedi 2 Avril : Représentation « Aven Savore » à la salle Anne Franck

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Aujourd’hui est un grand jour pour le projet Aven Savore, puisqu’il est temps de faire notre première représentation en public. Celle-ci à lieu à la salle Anne Franck dans le cadre d’un projet de la classe de Terminale Gestion et Administration du lycée Jean Perrin de Longjumeau, ayant pour thèmes « Diversité culturelle et réalité ». C’est une troupe de plus de 10 danseurs de tout âges, nationalités et cultures qui monte alors sur scène pour une représentation endiablé ! L’accueil du public est chaleureux et nombreuses sont les personnes à venir nous féliciter à la fin de la représentation. On repart de là en chantant et en dansant avec le sentiment d’avoir réussi quelque chose d’unique et d’inédit. Toute la troupe est gonflée à bloque pour les prochaines représentations !

 

Vendredi 1er Avril 2016: Champlan

Les enfants sont là en nombre aujourd’hui à Champlan pour cette ultime répétition avant notre premier spectacle « Aven Savore » de demain. Nous répétons 2 fois le spectacle avec un bon groupe motivé, et on négocie qui viendra demain. Certains enfants connaissent maintenant les chorégraphies sur le bout des ongles, et cette répétition a vraiment des airs de spectacle. Nombreux sont d’ailleurs ceux qui viennent en spectateurs nous observer.100_5071100_5068

Entre les deux séances, Cosmin et Andreï nous ont dégoté 2 percussions qui sont du plus bel effet pendant le spectacle. A la fin, nous nous installons sur les tapis, et deux enfants nous distribuent les pains au chocolat et le sirop qui nous fait office de goûter.100_5080

On se dit au revoir en musique, et on repart au local !

Vendredi 1er Avril: Jardin

 

Une nouvelle fois on se retrouve avec le groupe des adultes au jardin de Saulx, pour cette fois-ci nous allons nous occuper de nettoyer le jardin, les poubelles, faire des tas de branches et bois pour le barbecue et puis devant l’entrée du jardin couper toutes les branches d’arbres qui dépassaient sur la route.

Deux tâches pour cette après-midi, Jessica et Ana ont déjà commencé à s’ occuper de nettoyer le camion et de bien ranger les outils et puis le motoculteur où il a fallu enlever toute la boue qui était sur les roues.

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Pendant ce temps là, Eric, Franck et Nicolae se sont équipés avec des sécateurs,une machette et la débroussailleuse pour couper le lierre qui a grimpé sur les piliers, mais aussi dégager le grillage des mauvaises herbes et des branches d’arbres déjà coupés.

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Une belle après-midi avec du soleil, de la bonne humeur et de la rigolade mais surtout du bon travail bien fait qui prend fin comme d’habitude avec un bon goûter à la fin!

Ciaw!

Vendredi 1er Avril: La Rocade

Tito, Pierre, Zoé, Laura, Heloise, Helene, Floriane, Marilou, Michael, Agnes, Yvan, Camille

Nous sommes arrivés, Tito, Pierre et moi, sur les coups de 14h30, nous avons installé notre coin cuisine et petite enfance, et sorti les ballons et freesby pour les 3-4 enfants qui étaient déjà la!

Certain s’affairaient à créer toutes sortes de choses avec de la pâte à modeler, d’autres ont commencé un foot, etc…WP_20160401_16_35_31_Pro

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Les mamans ainsi que Zoé ont commencé la préparation de la pâte à crêpe pour le goûter.WP_20160401_16_49_26_Pro

Vers 16H30, le reste de l’équipe est enfin arrivé, avec Hélène et Héloïse qui ont proposé aux enfants de colorier des poissons d’avril à coller sur tout le monde! Ahaha! Floriane était à la petite enfance, kapla et poupées qui ont fait le bonheur des petits!WP_20160401_16_36_13_Pro

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Enfin, il est l’heure de déguster ces fameuses crêpes au chocolat (petite préparation concoctée avec amour par Camille)!

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A bientôt !

Jeudi 31 Mars 2016: Massy

Présent: Louis, Camille, Sana, Audrey, Iasmina, Héloïse

Malgré la pluie nous sommes allé sur l’atelier de Massy. Une fois arrivés nous avons installé les tentes et l’atelier. Ensuite, trois d’entre nous sont allés distribuer les plaquettes d’Intermèdes Robinson pour ramener des enfants sur l’atelier, on a discuté avec pleins de monde. On a joué avec les enfants à Alli galli et aux dames.SAM_1316 - CopieSAM_1313 - Copie (2)SAM_1317 - Copie

C’était rigolo une des mamans a participé avec nous. Le temps est passé vite, nous avons fini par un goûter.

Jeudi 31 Mars 2016: Ballainvilliers

Avec Laura, Sebi, Dusko, Dominik, Ana, Floriane, Tito et Isaline.

Nous sommes arrivés sur les coups de 16h30 et nous avons rassemblé les enfants afin de faire une grande ronde. C’est parti pour un « tête, épaule, genou, pied » en guise d’échauffement, ainsi qu’un « Jacques a dit  » en français et en roumain histoire de mettre les enfants dans l’ambiance.

Place à la répétition du spectacle « Aven Savore » avec une quinzaine d’enfants. Dusko était derrière le piano, Dominik et Tito s’occupaient de guider les garçons pour les pas, Floriane et Isaline faisaient de même avec les filles. Les enfants étaient très réceptifs et ont vite assimilé la chorégraphie.

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Ensuite, nous avons pris le goûter tous ensembles  et en musique: rainbow cake et chocolat chaud pour se réchauffer.WP_20160331_17_28_27_Pro

Pour finir la journée, nous avons invité les enfants à danser. Un habitant est arrivé et nous a chanté des chansons roms et espagnols, nous étions tous impressionnés.

Pour conclure, un très bon atelier malgré le temps pluvieux.

Jeudi 31 Mars: Skate Park

Ce n’est ni le vent, ni la pluie qui empêchera les Robinsons de faire leur atelier, qu’on se le dise ! Ils sont quelques courageux à avoir entendu notre appel, et c’est en compagnie de Rachida, Sophian, Sarah, Agili, et Eddy que nous affrontons les intempéries, dans une ambiance conviviale! Nous jouons au foot, au basket, à « 123 Soleil », à « Grand mère aimes-tu? ». Ensuite on se réchauffe autour d’un chocolat chaud ou d’un thé agrémenté de gâteaux. Qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige, il se passe toujours quelque chose le jeudi après-midi au skate-park !

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Jeudi 31 mars: Jardin

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Malgré notre envie et notre motivation à rendre visite aux ruchers de l’association, la pluie et le froid, néfastes pour nos petites abeilles, nous avons été au jardin potager.

Après une visite du jardin pour nos invités parisiens et suisses où nous avons refait le tour des essences présentes dans le jardin associatif, nous avons évacué une partie de l’eau qui s’était accumulée dans la serre à cause de quelques trous (qu’il nous faudra réparer par temps sec) dus entre autres aux racines des plantes poussant le long de la face extérieure de la bâche. Nous espérons que la rigole permettra d’évacuer l’eau, car nous y avons perdu une fourche, dont le bois du manche détrempé était fragilisé.

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Nous avons appris à utiliser le motoculteur à herses, pour retourner (bêcher) une parcelle de terre en vue des prochains semis. L’expérience était très surprenante et drôle, mais nous nous sommes rendus compte qu’il fallait une vraie maîtrise du geste et l’engin, car il lourd et puissant, nous avons beaucoup rit des différentes tentatives de chacun, après une démonstration de Nicolae où la chose semblait très naturelle. La terre trop meuble et imbibée avait rendu l’exercice plus compliqué mais fut un temps privilégié.

Ce climat n’a pas facilité le travail, mais le goûter bien mérité a permis de nous réchauffer, avec les cookies et le rainbow cake, confectionnés par durant les ateliers cuisine de la veille, pour accompagner le thé et le chocolat chaud.

La pluie se mettant à tomber encore plus drue, nous avons rangé le matériel et notre envie de vert pour rentrer au local. Vivement les beaux jours pour y revenir avec les groupes d’enfants et profiter de cet espace d’échange et d’apprentissage productif et tellement agréable pour tous !

 

Mercredi 30 Mars: Répétitions du spectacle Aven Savore

Avec Abdel, Douchko, Dominik, Jasmina, Isabella et Isaline.

Nous avons organisé une petite répétition du spectacle Aven Savore afin d’être au point pour le samedi  02 avril. Plusieurs enfants de Champlan et de Ballainvilliers sont arrivés et nous avons commencé la répétition.2016-03-30 16.20.31

Au fur et à mesure des chansons, quelques enfants ont rejoint le groupe. Il y avait une très bonne ambiance et tout le monde est resté jusqu’à la fin. Pour le bouquet final, nous avons chanté « Aven Savore » qui représente très bien le projet. Nous sommes prêts pour samedi.

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Il est l’heure du gouter. Au menu, gâteaux « arc-en-ciel » préparé la veille et sirop fraise, citron et abricot. Il est déjà l’heure de raccompagner les jeunes.

Voilà voilà

Mercredi 30 Mars 2016: Bondouffle

Avec : Agnès, Michaël, Marielou, Laura, Floriane

Nous sommes allés à Bondouffle et nous avons fait différentes activités avec tous les enfants !

On a d’abord fait des petits jeux tous ensemble avec le ballon, cache-cache, la sardine, un deux trois soleil, etc.SAM_1287

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On a mis les tapis par terre et tous les petits pouvaient jouer à la dinette ou avec des petites voitures avec Laura, Marielou et Agnès.

Michaël et Floriane ont fait un footsal (un match de foot dans une salle) avec des plus grands. Les deux équipes étaient très motivés pour gagner et après avoir marqué un but chacune, une équipe à mis un deuxième but ! C’était bientôt le moment du goûter et à la dernière minute la deuxième équipe a égalisé les scores ! Bravo aux deux équipes !

C’est l’heure du goûter ! Au programme, chocolat chaud, gâteaux arc-en-ciel, pommes et cookies, tout ça en musique.SAM_1307SAM_1301

Pour finir cette belle après-midi, on a dansé et pris pleins de photos avec les enfants. Ils s’amusaient beaucoup à prendre avec le gros appareil photo d’Agnès et prendre des selfies avec Floriane.SAM_1283

Mercredi 30 Mars 2016: St Eloi

Aujourd’hui nous (Sana, Hélène, Yann, Louis et Camille) sommes allés à St éloi pour  l’ateliers de rue.

Pour commencer, nous nous sommes installés sous la tonnelle pour faire des perles et jouer avec le tunnel.

Ensuite, Nous avons lancé une chasse au trésor ( prémédité depuis longtemps par Camille).

Des énigmes ont été dispersées dans des boites. Au fur et à mesure qu’ils trouvaient les réponses aux énigmes ils trouvaient des lettres qui formaient un mot. Ce mot était l’endroit où était caché le trésor.

Malgré le temps pluvieux, les enfants se sont amusés et se sont bien investis dans la chasse au trésor. Pour certains, ils ont également pu découvrir ce qu’était une chasse au trésor.

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Tous les enfants ont pu déguster le goûter préparé : chocolat chaud, thé, pommes et  gâteaux arc-en-ciel.

Au final les enfants sont repartis le sourire aux lèvres, un livre dans la poche et l’esprit rempli d’énigmes !

Mercredi 30 mars: Jardin

Nous commençons la semaine avec un nouvel atelier de jardinage avec le groupe d’enfants de Balainvilliers qui de nouveau sont très demandeurs  de participer à nos séances d’apprentissages dans le jardinage, les plantations etc….

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Avec un camion blindé d’enfants, nous arrivions au terrain et on se présent tout d’abord chacun car nous avons parmi nous Ivan (un Educateur Spécialisé qui viens de Suisse), et qui vient de nouveau nous rencontrer et voir comment nous travaillons, avec les enfants dans un milieu ouvert, naturel, sécure.

Pour cet après-midi nous allons apprendre aux enfants, à utiliser le » Motoculteur », qui nous permet de travailler et retourner la terre pour les plantations à venir.

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Chacun a son tour apprend à utiliser le motoculteur sous la surveillance  et les indications strictes de Nicolae. Parmi tous ces enfants il y en a un gamin qui se fait remarqué par la vitesse de son apprentissage et ses habilités dans la maniabilité et l’utilisation du motoculteur. Son nom c’est Andrei, il n’a que 11 ans et il est très intéressé par le jardinage et du coup il participera à nos ateliers de maraîchage et jardinage au terrain.

Après avoir fini le travail nous prenons notre goûter habituel pour fêter une nouvelle séance bien réussi.

A bientôt !

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Mardi 29 Mars 2016: Cuisine

Avec Zoé, Laura, Corinne,  Floriane, Franck, Laura, Laura, mickael, Marie-Lou, Ivan, Agnès, Ana

Nous avons passé l’après-midi à cuisiner des gâteaux, des cookies et des cakes pour les goûters de la semaine.DSCN1268

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Notre créativité nous a mené à imaginer un Rainbow Cake (de toutes les couleurs). Hélas, ça n’a pas vraiment donné ce que l’on imaginait mais nous sommes quand même satisfait.

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Nous avons passé un agréable moment avec l’aide de tout le monde.

Bonne journée à tous.

 

 

Passants Manifestants

Difficile de ne pas se dire : « quel cortège !». Rendre à la foule en quelques clichés ce qu’elle est venue donner, de la masse, du monde, du bruit semble la moindre des choses. Mais les différences avec le 9 mars sont belles et bien là. Un accordéon perpétuel marque les pas des syndicats, des étudiants, des salariés, des lycéens. Chacun laisse de la place pour que sa bâche frontale soit lisible, les drapeaux sont groupés, la marche des entres-soi avance laissant des zones sans étiquettes. Dans ces flous se dessinent des questions. Qui sommes-nous dans la lutte ? Qu’est-ce que va faire mon voisin de cortège demain ? Qu’est-ce que se disent ces gens aux balcons ? Et ce passant qui attend à vélo que le cortège passe ? Et les maçons qui fument une cigarette en regardant passer les syndicats ? Dois-je prendre le regard d’un passant et d’un manifestant pour produire ces quelques images ou dois-je chercher la hauteur, le grandiose et le conflit ? La réponse je l’ai eu quand j’ai vu un photographe attraper deux lycéens déguisé à la Mad Max et leur demander de poser au milieu du cortège. Mais d’autres question restent là, en fond, sommes-nous vraiment dans la lutte ? Quand on scande la révolution aujourd’hui en sachant que demain sera toujours plus violent, à quoi tiennent ces sourires aperçus ce matin ? Cette lutte je ne peux que l’imaginer morte demain ou dans quelques semaines voir même tout simplement lessivée par cette pluie de fin de manif mais quelques perspectives restent là, à ruisseler.

L’invitation à déliaisons

Nous vivons à la fois personnellement et collectivement, une invitation permanente à la déliaison. Toute approche nous paraît risquée; tout engagement nous paraît périlleux.

Celui qui s’absorbe quelque temps dans une tâche ou un quelconque engagement est vite submergé par des angoisses. Curieusement, au lieu de percevoir ce qu’il y gagne, le voici observé par la peur de se perdre lui-même: n’est il pas en train de perdre son temps? En train de se laisser exploiter? Et surtout est il au bon endroit?   Les relations qu’il crée dans son nouvel environnement de travail ne risquent elle spas d’être secondaires et médiocres, voire de le disqualifier?

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Chacun vit en parallèle, selon sa position sociale une assignation au nomadisme de vie privée comme de travail: le cadre sup ne doit pas perdre son temps sur un poste; ne pas s’appesantir, ne pas s’installer. Sinon il est fichu , il est « cramé ». Imaginez donc: on risquerait de croire « qu’il est bon à ce qu’il fait ». Autrement dit, qu’il ne serait bon à rien d’autre.

Le précaire , de son côté subit lui aussi la même assignation; elle l’empêche simplement d’exister. Peut il prendre le temps d’être là où il est ? Peut il accepter et revendiquer la place qui est la sienne. Non, lui aussi la perçoit comme vite dégradante et insupportable. Le voici qu’il s’excuse d’habiter et d’être là. C’est sûr, il va partir. C’est sûr , ça ne va pas durer. Il empêche consciencieusement son présent de trouver des racines , par peur d’y rester attaché.

L’invitation à déliaison que nous subissons nous fait percevoir le moindre lien, la moindre attache fût-ce avec la réalité, et la matière du travail et de la vie, comme une entrave.

Effet d’aubaine

Il y a  même toujours un « effet d’aubaine » pour celui qui lâche; il trouve des compensations, parfois des allocations, certes toujours misérables, mais qui permettent au moins de retrouver sa solitude en amortissant le choc. Il y a même des bénéfices espérés à quitter un poste, ou un emploi, grâce aux ruptures « conventionnelles » qui, au moment où on quitte, lui donnent l’impression d’un petit bonus. Il y a une convention à la rupture, une prime au départ. Partir, rapporte.

Divisions et déliaisons dangereuses

Et peu importe que nous nous sommes abîmés dans toutes ces rencontres qui ne sont pas faites, dans toutes ces relations qui n’ont pas abouti. Peu importe que nous ayons perdu à ne jamais voir l’effet à long terme de ce que l’on fait. Peu importe qu’on ne puisse découvrir ce qui se passe après et qu’on en reste à la surface des choses et la résistance des sols. Celui qui plante aujourd’hui ne voit plus la moindre pousse et quand il récolte de mauvais fruits , il ne sait plus à quoi, ni à qui les attribuer.

La déliaison empêche la compréhension profonde du monde et des choses; la porte ets dès lors grande ouverte à la reproduction perpétuelle de nos mouvements et de nos errances.

Nous partons avant que ça se gâte, et nous ne savons rien, de la suite de l’histoire et de notre éventuelle pouvoir d’aller au delà.

Les lésions qui en découlent

Ainsi nous avons appris à tirer bénéfice de ce qui nous tue, à avoir des actiosn sur nos faillites et à rêver de vendre à  lé découpe les derniers droits que nous possédions. Renonçons donc à un peu de liberté et voyons si nous pouvons en tirer profit.

N’aurai je pas un peu de bénéfice à voir mes voisins jetés sur les routes, parqués ou expulsés? Puis je être intéressé au retrait de leurs droits élémentaires? Si on leur retire tout, aurais je quelque chose?

Cette incapacité à bâtir par moi même, à ne pas même espérer que nous pourrions produire ensemble de nouveau pouvoirs et de nouvelles valeurs, ne me font percevoir le progrès de ma situation que conditionnée, par le recul de tous les autres. Me voilà qui gagne à faire perdre.

Les lésions sociales qui en découlent sont infinies. Celui qui est le plus près de moi, qui me ressemble devient mon pire concurrent; Il va falloir faire le tri entre les bons et les mauvais.  Et même si cela commence par ceux qui me paraissent éloignés, tôt ou tard cela gagne mon intimité. C’est au plus près de moi que je ferai le tri. Un de trop toujours et même moi, en dernier.

Je renoncerai , je retrancherai les dimensions de ma vie qui peuvent faire obstacle à ma bonne image.

Des liaisons contre déliaison

En Pédagogie sociale, nous avons des remèdes contre la déliaison et le délitement. Nous instaurons à l’inverse des liaisons , des liens , des attaches. Nous nous faisons les avocats de ce qui dure un peu. Nous nous permettons la durée, alors que tout indique que l’avenir nous manque.

Nous affirmons des choses inouïes: il faudrait des années pour comprendre et maîtriser le travail que nous faisons. Il faudra attendre longtemps avant d’en entendre de la part des bénéficiaires eux mêmes, le récit de comment ça a compté pour eux.

Contre cette tempête qui agite et déracine tout le monde, nous ne pouvons que mettre en oeuvre des bases, des témoins, des permanences. Au moins c’est un excellent poste d’observation et de compréhension de la réalité sociale et des tendances de fond.

Aussi petit soit il, ce travail est celui auquel on retourne. Il est le seul à porter des fruits.

Samedi 26 Mars : Villa Saint Martin

Aujourd’hui, pour fêter Pâques, nous avons organisé une grande chasse aux œufs qui a ravi petits et grands ! Cet événement gourmand a réuni beaucoup d’enfants et de mamans, ainsi que les enfants du camp de Chilly-gare que nous sommes allés chercher.

Pour trouver les cachettes des œufs, les enfants et les mamans devaient trouver les réponses aux différentes énigmes les menant aux sacs d’œufs éparpillés ! Dans ces sacs se trouvaient également les différents morceaux de l’affiche représentant l’événement musical « Késaj Tchavé et Aven Savore» du 7 et 8 mai prochain. L’équipe ayant trouvé le plus de sac a remporté un grand lapin en chocolat ! Les enfants et les mamans ont beaucoup transpiré lors de cette aventure, ils se sont beaucoup amusé !WP_20160326_15_12_39_Pro

Nous avons poursuivi tous ensemble par le jeu du Lucky Luke, où tout le monde a bien ri !

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Ensuite, nous nous sommes réunis pour l’assemblée des présents (Conseil de quartier) où les enfants ont pu exprimer leurs souhaits d’activités pour la semaine prochaine, ainsi que ce qu’ils ont aimé de l’après-midi. 100_5057

Enfin, les enfants se sont régalés autour des œufs trouvé et du chocolat chaud !

A la semaine prochaine !

Samedi 26 Mars: Hôtel F1

Participants : Claire, Kenzy, Iasmina, Fatimata et Audrey

En arrivant sur place les enfants nous attendaient, ils sont donc très vite venus nous rejoindre.

On a sorti le matériel et on a commencé les activités. Aujourd’hui, il y a de la peinture, le puissance 4, la petite enfance et un ballon pour jouer au foot. Nous apprenons que le McDonald’s qui se trouve juste à côté organise une chasse aux œufs. Les enfants ont envie d’y aller alors let’s go to McDonald’s.

A notre arrivée, les enfants commencent la chasse aux œufs dans les jeux extérieurs mais très vite, on nous expliquent que cela commence à l’intérieur. Un atelier peinture sur œufs et des coloriages leurs sont alors proposés.

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Les enfants ont apprécié et ont même eu des cadeaux à la fin. DSCN1241

Après cette journée un peu hors du commun pour les enfants nous sommes rentrés à l’hôtel pour prendre un bon chocolat chaud avec du gâteau.DSCN1242

Vendredi 25 Mars: Champlan

Aujourd’hui Intermèdes et les Kessaj,  sont allés ensemble à Champlan pour répéter le spectacle AVEN SAVORE. Étaient présents: Sébastian, Dusko, Dominique, Jenyka et Iasmina. Dès notre arrivée, les enfants nous ont rejoints. Nous avons commencé rapidement à danser et chanter. Nous avons eu beaucoup de chance car la pluie a cessé et le soleil était parmi nous. 100_5030

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Après avoir bien dansé et chanté nous nous sommes rassemblés sur le tapis pour partager le goûter. Les enfants ont pu distribuer les verres et les pains au lait avec du chocolat pendant qu’un autre enfant a servi le chocolat chaud. Une fois le goûter fini, les enfants nous ont aidé à ranger les couverts et nous sommes partis en chantant et se donnant rendez- vous la semaine prochaine.

Vendredi 25 Mars: Jardin

Pour aujourd’hui avec le groupe d’adultes nous nous retrouvons de nouveau mais cette fois-ci on va prendre plus de temps pour parler et réfléchir à notre organisation au jardin, l’emploi du temps et les nouvelles plantations à venir.

Avant de partir et de prendre notre goûter tous ensemble nous commençons un nettoyage du jardin en ramassant les papiers jetés et aussi les autres déchets avec Franck et Jessica.

Pendant ce temps là Nicolae et Eric ont arrosé sous la serre et puis dans les palettes.

A plus!

Vendredi 25 Mars: La Rocade

Pierre, Abdel  , Sana, Geoffroy, Heloise, Tito.

L’atelier s’est déroulé sous un  magnifique soleil , avec beaucoup de monde présent et la présence des mamans.

L’atelier cuisine c’est bien passé il y avait beaucoup de participants avec Sana et les enfants et même des parents étaient présents pour faire des pancakes au nutella pour le goûter .

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Nous avions emmené des coloriages de pâques sur l’atelier qui a beaucoup plus aux garçons. Et ensuite un grand épervier  .

Hélène était aux jeux de sociétés( les petits chevaux, le loto) avec les plus calmes.

Pierre a participé aux enregistrements d’Eddy où il nous a montré ses talents de chanteur et où même quelques enfants ont participé.DSCN1211

Jeudi 24 Mars: Massy

Hello tout le monde!

Pour ce second après-midi à Massy, l’équipe des Robinsons était accueillie par 3 enfants pour commencer.

Nous avons installé les tables, les chaises et le terrain pour faire un foot qui a pu attirer une dizaine d’enfants en plus!

Nous avons ensuite commencé une partie de balle au prisonnier avec une vingtaine d’enfants sous le regard bienveillant des mamans qui buvaient un thé et se renseignaient sur l’association.

Évidemment le père de Pâques est passé et avait caché des œufs en chocolat tout autour du terrain. Les enfants et les mamans ont prit un plaisir énorme à chercher les œufs!

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Une fois qu’on était sûrs de les avoir tous trouvés nous avons partagé les œufs entre chaque enfant et nous avons pris le goûter tous ensemble!

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La semaine prochaine nous nous sommes mis d’accord, lors du conseil de quartier, pour faire un épervier et d’autres jeux collectifs tous ensemble!

Quatre familles ont adhéré à l’association et certaines d’entre elles viendront à la soirée conviviale de ce vendredi. Ce fut un très bel après-midi et nous avons hâte de nous retrouver la semaine prochaine!

A bientôt pour de nouvelles aventures…

Jeudi 24 Mars: Skate Parc

Aujourd’hui, nous allons au skate parc avec Sana, Audrey, Laura et Claire. Sana et Audrey ont installé un atelier coloriage, scoubidou et perles. Laura joue avec plusieurs enfants à des jeux de sociétés puis au mikado. SAM_0003

Et Claire s’installe sur le tapis petite enfance pour jouer au mémo avec 5 enfants alors que plusieurs autres enfants jouent avec les tableaux magiques, aux jeux d’encastrement etc. SAM_0004

Après avoir rangé les jeux ensemble, nous nous regroupons pour prendre le goûter. Avant de faire distribuer les verres, et les pains au lait par les enfants, Laura nous apprend à dire « bonjour », « comment ça va ? » en Roumain. Ça a beaucoup plu aux enfants. Mais nous profitons vite du chocolat chaud qui nous a bien réchauffé car les enfants commençaient à avoir froid.

Une fois le goûter consommé nous avons tout rangé et sommes rentrées en promettant aux enfants de les retrouver la semaine prochaine avec le mémo et de la peinture.

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Jeudi 24 Mars: Ballainvilliers

Aujourd’hui avec le groupe des Robinson nous allons sur le camp de Ballainvilliers où de nouveau nous retrouvons les enfants qui nous attendaient avec impatience pour la séance de danse et de la musique avec le groupe des « AVEN SAVORE ».

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Les filles étaient très impatientes de répéter avec Geni et nous et puis des petits et des grands garçons ont répété avec Nicolae et Dominique.WP_20160324_17_07_31_Pro

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Une très belle ambiance, de la bonne humeur et de la rigolade.

L’atelier prends fin sur une note musicale et nous prenons le goûter tous ensemble.

Au revoir!

Mercredi 23 Mars: Jardin, Fête du Printemps

Nous avons organisé une fête au jardin afin de se réjouir de l’arrivée du printemps !

Les Késaj Tchavé et les Robinson ont permis un accueil chaleureux, dansant et chantant !

Et nous étions nombreux à répondre à l’appel ! Des familles venant des Hôtels avec leurs enfants étaient présents grâce à l’accompagnement de personnes de la paroisse, mais aussi des enfants des camps de Ballainvilliers, et bien sûr des bénévoles et des permanents de l’association.

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A cette occasion, plusieurs activités ont été organisées.

Tout d’abord, une « chasse aux plantes », où les enfants se sont amusés à recueillir diverses feuilles et fleurs, à les coller ensuite sur une grande feuille de papier, inscrire ensuite le nom de chacune d’elles à côté, et enfin finir par décorer la feuille avec des dessins d’oiseaux, de soleils, et de personnages.

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Pas loin, un groupe de joyeux constructeurs a donné forme à un épouvantail, à l’aide de palettes, afin d’effrayer les volatiles grignoteurs de fruits et légumes !

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Pendant ce temps, les mamans des Hôtels et leurs enfants ont labouré avec entrain la terre et ont semé à l’intérieur et à l’extérieur de la serre, des salades, des radis, des aubergines, du persil et du basilic.DSCN3041

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D’autres enfants encore, ont planté sur la clôture faite de palettes, toute sorte de fleurs et de plantes aromatiques, comme la Menthe, du Thym, de la Sauge, du Coriandre, des Mauves, des Capucines géantes.

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Après les activités, nous avons récompensé nos efforts par la dégustation d’un repas fait de merguez, de taboulé, de carottes râpées, de jus de fruits et de soda.DSCN3069

Cette journée a encore été l’occasion de partager des moments tous ensemble, sous le signe de la bonne humeur, de la joie et de la rigolade !

Sur les tiers espaces

La revue Filigrane consacre un dossiers aux tiers espaces. Filigrane souhaite accueillir et favoriser les débats au sein de la communauté universitaire et artistique, renforcer les échanges entre les diverses approches de la musique et élargir la notion même de musicologie.

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n°19 | janvier 2016, Edifier le Commun, I

Tiers-Espaces

 

La personne inconnue des enfants du désir

« On devrait laisser croître dans les enfants, ce pour quoi ils sont faits, quelle que soit la direction prise par leur désir : l’espoir du futur, pour chacun d’entre eux, c’est leur « personne inconnue ». Korczak

Janusz Korczak , était un pédagogue qui développait ses projets éducatifs innovants, au cours d’une période particulièrement troublée.

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Le contexte dans lequel il créait et gérait des structures innovantes pour les enfants en situation de rue, les enfants pauvres et précaires, victimes des violences sociales et politiques de leur temps, avait ceci de commun avec le nôtre, qu’il était clair que les lendemains  allaient être plus difficiles que l’aujourd’hui; que les moyens des acteurs sociaux et éducatifs, leur condition de vie , même allaient se dégrader comme leurs possibilités apparentes de travail et de projet.

Cet avenir menaçant, qui pseait hier et qui pèse aujourd’hui sur toute entreprise éducative,  ne se limite pas aux éventuels fléaux et catastrophes qu’on ne peut jamais vraiment comparer d’une époque à l’autre. Non ce qui est commun au delà de proportions et réalités différentes , c’est l’effet qu’un « avenir menace » produit sur le climat éducatif que dès lors on subit, et ses effets. Cet effet est destructeur: inhibitions de projets et d’initiatives, dévalorisation de ceux qui existent

L’effet sur les pratiques éducatives et sociales, dissuasif et limitatif s’impose partout: obsessions de solutions immédiates , voire finales, à court terme. Frénésie à vouloir ranger chacun dans des cases.

La Pédagogie sociale, dans le même contexte difficile,  développe une toute autre logique; sur la voie de Korczak, elle insiste sur l’insignifiance des objectifs à court terme , des projets utilitaires, et volontaristes. Gaspillage et temps perdu, aurait considéré Korczak qui était particulièrement sceptique vis à vis des objectifs vertueux, et des possibilités de changement des personnes et des situations.

A l’inverse , il préconisait une pédagogie qui visait non pas l’enfant présent ici et maintenant mais la personne inconnue qui’ll allait lui même découvrir en lui, au cours de sa propre vie.

Nous assistons aujourd’hui au grand retour du révélationnisme. On nous invite à dépister et repérer de plus en plus tôt les signes de tous les maux de notre époque: hyperactivité, radicalité, délinquance , illettrisme…  Même; les acteurs sociaux et éducatifs se retrouvent ainsi petit à petit pris par une triste pensée du « déjà là « .

Les gens seraient déjà programmés depuis l’enfance  et ce qui compterait,  ce serait de repérer leurs problèmes initiaux,  au plus tôt.  C’est une croyance dans une vision de la vie au cours de laquelle, ce qui serait virtuel, trouverait toujours à s’actualiser. C’est aussi une absence de foi totale ou de confiance suffisante dans la réalité et la qualité de nos actions, de notre éducation et de tout travail social et éducatif possible. A quoi bon en effet si, au final, tout était écrit?

Korczak opérait par un renversement total. Nul ne connaît quiconque par avance et ne se connaît soi même , tant qu’il ne connait pas la fin de son histoire. Loin d’un idéalisme ou d’un romantisme porté sur l’enfant, il considérait au contraire que l’enfant était et allait être comme nous tous, la somme de ce que nous faisons, agissons et vivons, à partir d’aujourd’hui. Et donc nous avons tous,  société et institutions, mais aussi acteurs éducatifs en tête, un rôle essentiel à jouer.

Il écrivait ainsi que le destinataire de notre éducation ne pouvait être que « la personne inconnue des enfants du désir ». Plutôt que de se préoccuper que de l’observation et de l’examen de leurs failles et potentiels, ce dont on devrait assurer la croissance chez eux, ce serait davantage leur capacité à se construire et connaître eux mêmes.

Plus que jamais les institutions d’aujourd’hui broient les désirs et les espoirs des enfants; elles le font avec d’autant plus d’application et d’importance qu’elles le réalisent au nom de  leur bien, et en s’appuyant sur l’absences de perspectives de notre époque . « Tu voulais faire de la cuisine? Tu iras en coiffure. Tu voulais faire du social, tu iras en service à la personne. Tu as des compétences de niveau professionnel déjà là en toi, que nous pouvons tous voir? On te bloquera sur des disciplines scolaires qui n’auront rien à voir ».

Freinet avait observé il y a si longtemps cette capacité des enfants à développer des capacités étonnantes et à s’adapter à des changements qui ne sont même pas arrivés, si on leur laissait seulement les rennes de leur propre éducation.

En Pédagogie sociale, dans le travail de rue, en dehors de tout programme et de toute assurance, nous voyons peu l’effet de notre travail mais nous en ressentons l’impact par notre proximité avec les enfants eux mêmes. Celui à qui on s’adresse à travers eux , collectivement et individuellement, est justement cette personne inconnue avec des qualités uniques et étonnantes.

C’est cette personne en eux qui répond aux situations, qui noue des relations , qui s’ouvre et s’épanouit avec la confiance. C’est cette personne en eux qui leur donne rendez vous avec leur propre histoire, qui revient , qui s’entête et qui trouvera toujours une voie pour s’imposer.

Il n’y a pas besoin d’institution, il n’y a pas besoin de murs pour travailler ainsi.  Il n’y a besoin que de l’accès à tous les langages culturels et humains, à la possibilité de créer, de travailler et de produire ici et maintenant .

Ce nécessaire travail de construction de la personne est en friche et ne peut plus se réaliser qu’en dehors des institutions, des services et des structures , dans un temps et un espace qui sont ceux de la rencontre et de la durée.

Interrogeons nous sur une société qui se prive des personnes remarquables de ses propres membres et qui les remplace par des individus standard et impuissants ; interrogeons sur l’avenir d’une société qui n’ a plus la ressource de ses enfants perdus.  Interrogeons nous sur une société qui inhibe et détruit tous les destins remarquables qui ne demandent qu’à s’épanouir et les transforme en énergie destructrice, en sacrifice insensé,  qu’elle aura grand peine à contenir.

Les personnes inconnues que nous n’avons pu découvrir ou laisser se faire connaître sont autant d’enfants que nous avons perdus ou que nous nous condamnons à ne plus être. Ils sont les inconnus, les revenants et les fantômes de notre société. En se privant d’eux, elle se mutile.

Samedi 19 Mars: Villa St Martin

Par cette froide journée, l’équipe des Robinson s’est rendu à la Villa Saint Martin  afin de proposer diverses activités.

Nous avons commencé par un atelier cuisine avec la préparation d’une salade de fruits. Peu d’enfants en ce début d’après-midi pour faire les petites mains.

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Une fois terminée nous avons lancé des jeux collectifs !  Sur le terrain de foot nous avons pu faire un épervier et un béret. Quelques glissades sur l’herbe verte mais pas de bobo !

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Une initiation au jardinage était également proposée aux enfants.

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Ça y est, il est 16h c’est l’heure du conseil de quartier et de manger notre délicieuse salade de fruit ! Miam miam…! DSCN2994

 Samedi 19 Mars: Ballainvilliers

Avec Abdel, Laura, Dominik, Zoé, Hugues (père de Zoé), Claire, Aurélie et Paul (association Friends), Isaline, tchilla et une dizaine de collégiens.

Nous sommes arrivés à 14h30 et il y avait déjà quelques enfants de Champlan et les collégiens. Nous avons rassemblé tout le monde pour faire une grande ronde (40 personnes environ) afin de démarrer un petit jeu collectif pour apprendre à se connaitre.  C’est parti, chacun se présente. On enchaîne avec un « Jacques a dit » en français et en roumain. Tout le monde a participé avec motivation. Après cela, nous avons chanté des chants que les enfants connaissaient déjà.WP_20160319_14_53_55_Pro

Place aux grands jeux collectifs : 1, 2, 3 soleil et l’épervier.  Il y avait une très bonne ambiance, les enfants étaient très motivés et tout le monde a jouer ensemble. De plus, ces jeux nous ont réchauffé.WP_20160319_15_27_24_Pro

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Il est l’heure du goûter, nous nous asseyons tous ensemble. Les collégiens ont ramené pleins de boissons et de délicieux gâteux que les enfants du camp ont dévoré, ainsi que les adultes d’ailleurs.

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Afin de bien finir cette journée, nous avons demandé à Dominik (membre des Kessaj) de faire une démonstration de danse avec quelques enfants de Champlan. Cela a permis de montrer une partie du projet Aven Savore.

Il est l’heure de partir, les enfants nous aident à ramener le matériel en chanson.

C’est tout pour aujourd’hui.

Vendredi 18 Mars: Champlan

Avec Kenzi, Abdel, Dominik, Zoé, Claire, Dusko, Jasmina, Isaline

Nous sommes arrivés vers 16h20 et nous avons fait une ronde avec les enfants déjà présents en attendant les autres qui rentraient de l’école. C’est parti pour un petit échauffement avec quelques pas de danse sur un fond de musique.

Quelques enfants de plus sont arrivés et nous avons commencé la répétition pour le projet Aven Savore qui a duré environ une demie heure. Les enfants étaient motivés et ont vite assimilés les pas. La fatigue commence à se ressentir, nous avons donc décidé de finir par une petite chanson : Aven Savore que les enfants et adolescents connaissent à peu près.

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C’est l’heure du goûter, nous nous asseyons tous ensemble. Deux ou trois enfants distribuent des pains au lait avec du chocolat ainsi que des boissons au sirop, très appréciés par les jeunes.100_4988

 

Vendredi 18 Mars : Jardin de Saulx

Aujourd’hui nous sommes allés au jardin avec le groupe d’adultes, Jessica, Franck, Eric, Sebastien et Nicolae pour une séance de bricolage.

Sans trop attendre nous mettons tous la main à la pâte et on va renouveler la couverture de la table à feu. Nous avons mis à la place du nouveau bois pour mieux tenir et nous l’avons cloué pour la consolider et faire comme un petit abri pour le barbecue

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Tout le monde est content et ont travaillent tous pour avancer plus vite dans une bonne ambiance et la rigolade. Un qui coupe le bois, un autre qui vient avec les clous, d’autres font les trous et finalement le travail prend fin et nous sommes tous très fiers.

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On ne part pas sans avoir goûter et ranger les outils !

A plus !

Vendredi 18 Mars: La Rocade

Lors de notre arrivée à 14.30, début de l’atelier cuisine pour faire des beignets pour le goûter.

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Nous proposons un atelier bracelets et perles d’un côté et petite enfance de l’autre où il y avait des enfants de tout âges.WP_20160318_15_14_23_Pro

Nous avions emmené la dinette, les jeux de constructions,d’encastrements ainsi que des poupées et enfin le tunnel qui a été très apprécié par les petits et les grands.

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Il y avait aussi le foot où il y avait beaucoup de participants et ont a aussi bien profité des structures motrices déjà sur le terrain.

C’est le goûter qui a rassemblé le plus d’enfants autour du chocolat chaud, du sirop et des beignets.WP_20160318_17_22_52_Pro

Beaucoup d’aide pour le rangement. La suite la semaine prochaine.

Jeudi 17 Mars: Ballainvilliers

Aujourd’hui c’est sous un soleil radieux que la troupe des Aven Savore débarque au camps de Champlan. Après les salutations de rigueur, nous formons un cercle et répétons les pas de bases du spectacle.IMG_20160317_163557

Une fois fait, nous montons crescendo en entonnant  » Ma mou Na dara » avec la chorégraphie qui va avec. S’en suit plusieurs chansons, et les danses qui vont avec.

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Les enfants au début discrets commencent à se lâcher, et de plus en plus de parents nous rejoignent pour voir leurs enfants danser et chanter.

Nous terminons sur un tonitruant  » Aven Savore » avant d’entamer le goûter pendant que Inuts, le mari de Laura, nous accompagne en musique.IMG_20160317_172000

C’est déjà l’heure de se dire au revoir!

Jeudi 17 Mars: Jardin de Saulx

Aujourd’hui dans le programme des Robinsons, nous avons une nouvelle séance avec les adultes au jardin et pour cette fois-ci, nous allons consolider les clôtures des palettes et ensuite commencer à découper des petits bouts de bâche pour remplir les trous dans les hauts des palettes et semer.

Jessica et Franck avec Nicolae ne s’arrête pas sans avoir fini de découper la bâche et sèment déjà la menthe et du basilic.

Pendant ce temps-là, Tito et Éric ont put consolider et clouer le reste des palettes avec beaucoup d’efforts et d’énergie car ce n’est pas facile du tout.

Une petite et courte balade dans la forêt à coté pour couper des branches et faire des piquets mais aussi pour la fabrication d’un épouvantail.

La journée prend fin et un bon goûter bien frais clos la séance de cette après-midi.

A plus !

Jeudi 17 Mars: Massy

Aujourd’hui, quand  Iasmina, Louis, Héloïse et Claire arrivent à Massy, il y a déjà beaucoup d’enfants présents. Nous nous dépêchons d’installer le matériel et commençons à cuisiner une salade de fruits avec les enfants. 100_4964

Héloïse s’installe avec les enfants et les mamans pour faire de la pâte à modeler, Louis entame un foot, Iasmina épluche les fruits pendant que les enfants les coupent et Claire s’installe sur le tapis petite enfance avec les bébés et les mamans.

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Une fois la salade de fruits terminée, les enfants nous aident à ranger tout le matériel et nous nous regroupons sur les tapis pour un conseil de quartier. Puis deux enfants distribuent le goûter constitué de madeleines et sirop et la fameuse salade de fruits.100_4972

Nous repartons heureux en se donnant rendez vous la semaine prochaine pour une chasse aux œufs, en espérant que le soleil soit avec nous.

Jeudi 17 Mars: Skate Parc 

Aujourd’hui, nous (Sana, Audrey, Ana, Laura et Camille) sommes allés au skate parc pour les ateliers de rue.

Nous avons préparé quatre tapis : un avec la petite enfance, deux avec les jeux de société,et un avec la peinture.Les enfants sortant de l’école étaient très nombreux et le beau temps a fait que les mamans sont également restées.SAM_1214

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Les ateliers sont passés super vite, nous n’avons pas vu le temps passé.

A la semaine prochaine !

Mercredi 16 Mars: Jardin de Saulx

Un après-midi frais avec 4 enfants. Renforcement de la clôture prévu aujourd’hui, les enfants ont scié des planchettes à partir de palettes pour renforcer la clôture.2015-01-01 00.00.00-1032015-01-01 00.00.00-1252015-01-01 00.00.00-114

L’après-midi a été marqué par la présence de visiteurs de l’association, ils ont joué avec les enfants sur des temps de jeux avant de prendre un goûter tous ensemble.2015-01-01 00.00.00-143

Bonne humeur, sourires, rencontres, échanges, un bon moment vécu par tous.

 

 

 

 

La fabrique du rebut

Cela fait déjà longtemps que nous avons pointé et compris comment ceux qui travaillent au plus près de la précarité assignée aux groupes sociaux et familiaux dérangeants , sont eux aussi condamnés à la précarité de leurs moyens, et de possibilités de communiquer et faire valoir leur action.

C’est une série de peines dont on s’étonne toujours des nombreuses déclinaisons:

  • on donne toujours moins à celui qui fait le plus; le travail contre la précarité est un travail deux fois précaire: par les moyens qu’on y attribue et par le fait qu’on précarise ceux qui s’y emploient.
  • On baigne d’un même déni et parfois même mépris l’acteur, le travail social réalisé et le public qui en est destinataire.

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A chaque fois, la péjoration est dédoublée.

Elle agit toujours deux fois: par le statut et le processus.

Un statut minoré dévalorisé et un processus d’aggravation et de refus de perspectives qui achève de dissuader les éventuelles vocations.

Bien entendu ce traitement commun et même confusionnel entre le travail et la réalité, l’acteur social et le destinataire dévalorisé, sont l’occasion de prendre conscience d’une vérité.  On apprend  ce que c’est que d’éprouver un sentiment de plus en plus répandu: un sentiment de rebut.

Le sentiment de rebut est comme un vêtement, une marque, un stigmate,  dont on ne pourrait se défaire. Il est un signe de valeur seconde, une trace d’infamie. Il reste attaché solidement à la rencontre avec la matière.

Comme la matière à laquelle il se confronte, le véritable travail social est sale. On oublie ce que ça veut dire. On oublie qu’il salit ceux qui s’y emploient, qu’il salit l’image du travail qui s’y réalise, qu’il salit les rêves et les espoirs.

On oublie les conséquences les plus élémentaires du vrai travail social; la difficulté pour celui qui travaille avec cette matière sociale de se faire comprendre et entendre de ceux qui s’en sont exemptés.

Ce sentiment de rebut attrapé comme un virus, un mauvais rhume décale complètement le contaminé:

  • dans son statut social qui se trouvera dorénavant en bas de l’échelle
  • Il n’est plus dans la course: par définition le travail sur la matière sociale n’a pas d’avenir et celui qui s’y livre, paraît toujours à contretemps, un vestige du passé, une anomalie sans futur,
  • Il n’ a plus la grâce des naïfs, la chance des débutants; le fait d’avoir connu la viscosité et la résistance de la matière font qu’il vit dorénavant dans un monde où plus rien ne lui est facile, aisé ou naturel. Il n’ a plus « le chic »: chaque mouvement devient emprunté, chaque parole est hors de propos, chaque réaction dérange.
  • Il a un sentiment de périphérie, de « banlieue »; les lieux où il s’emploie sont des lieux « mis au ban ». Ce n’est jamais là où ça se passe; jamais là où ça se décide . Jamais là où il faut être.

Il n’est pas étonnant dès lors, face  à un tel traitement, une telle condition qu’il y ait tant d’abandons , de désertions, et de sauve qui peut hors du navire social. Les nouveaux professionnels n’accrochent plus à leur métier. Ils passent de congés maladie, en périodes sabbatiques . Ils font du nomadisme de « travail alimentaire », dans des institutions. Ils ne sont plus qu’intérimaires de leur métier, touristes de leur propre identité sociale.

Celui qui a travaillé avec les corps handicapés et démembrés, celui qui a connu les métiers de la souillure, celui qui a mis les mains dans les fluides humains, celui qui s’est immergé dans le biologique, celui là connaît un curieux paradoxe: confronté à une réalité puissante et occultée qu’il accepte de voir en face et dont il connaît mieux que personne la complexité et la vie, le voilà décalé d’une réalité artificielle, d’une actualité composée, d’une mode et d’un monde d’apparences; ce qui permet de rejeter son expérience.

Les éléments que je décris ici ne sont pas nouveaux. On y retrouve quelques vérités à la base de la théorie « du Care » sur l’inversion de la valeur des tâches humaines.  On y retrouve quelques considérations sur l’exclusion et la marginalité qu’on pouvait déjà nommer dans les années 60.

Ce qui est nouveau par contre et chaque jour plus encore urgent, c’est l’emballement de l’évolution politique, économique et sociale, qui n’a jamais tant détourné notre société de sa matière, de sa réalité. La tension devient intolérable , injustifiable et d’ailleurs on ne prend même plus la peine de justifier les dérives d’aujourd’hui: exclusion de masse, dénis de soin, parcage humain, dénis d’enfance … à une échelle jamais vue si on considère que ce sont les institutions elles même de la société et du social qui s’y emploient aujourd’hui.

L’acteur social égaré dans un travail véritable devient le baromètre d’une société qui perd la boule. Il expérimente cette folie dans ce qui devient son quotidien le plus banal, son actualité la plus triste.

Cette folie peut se résumer en ceci: le véritable travail qui transforme et répare est infamant et disqualifiant; la sale besogne qui consiste à le rendre impossible est promue et valorisée.

Le sentiment de rebut que l’acteur social l supporte comme une chaîne, un fardeau devenant chaque jour plus pesant devient le signe de la pression des digues et des barrages, prêts à céder.

Au final, personne dès lors ne sera plus à l’abri de se mouiller et de se salir…

Dimanche: Jardin

Aujourd’hui un grand soleil nous accueille pour démarrer la journée au jardin. Claire et Fatimata retrouvent les mamans et les enfants en fin de matinée pour faire les courses, puis tout le monde embarque dans le camion pour aller au jardin.

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Arrivés sur place les mamans se mettent au travail pour préparer le barbecue, avec, au menu : du poulet mariné, des merguez et une belle salade de crudité; le tout accompagné de thé à la menthe. Pendant ce temps, les enfants commencent à travailler dans la serre pour retourner la terre et faire le tri. Dominique fait son entrée et aide beaucoup les enfants.

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Arrive l’heure du repas, et tout le monde se met à table avec plaisir. Puis de nouveaux enfants avec leurs parents nous rejoignent.

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Deux cavalières font une pause pendant leur promenade pour présenter leurs chevaux aux enfants. Puis Laurent et Hélène arrivent. Hélène met en place des jardinières le long d’une parcelle pendant que Laurent construit une cabane avec les enfants. Fatimata et moi-même préparons le chocolat chaud. Les mamans ont apporté des gâteaux qui ont été très appréciés. Tout le monde se réunit pour le goûter.

La journée prend fin toujours sous le soleil, nous aurons partagé de beaux moments de rire et de convivialité.

Samedi: Atelier Chilly Gare

Laura, Sandra, Zoé, Cassandra

Laura savait qu’il y avait peu d’enfants actuellement sur le camps, du coup on s’est dit que nous allions aller chercher les quelques enfants pour faire les ateliers au local.
Quand ils sont arrivés nous les avons réunis et nous avons dansé , et préparé un peu le spectacle Aven Savore avec eux, les enfants ont adoré et se sont défoulés !

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Ensuite nous sommes passé à l’atelier cuisine, nous avons préparé des muffins, Sandra et Zoé ont pu laisser toute la préparation entre les mains des enfants qui se débrouillaient très bien !

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Nous avons enfin pu déguster avec plaisir nos gâteaux en buvant du chocolat chaud maison !

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Samedi: Villa St Martin

A notre arrivée il y avait deux enfants qui nous attendaient pour nous aider à décharger le matériel du Daev.

Nous avons descendu aussi la cuisine pour la préparation des crêpes pour le goûter, et ensuite nous avons installé le tapis et la dinette, les legos et d’autres petits jeux.
Marina et Anna on pu tourner entre le coin petite enfance et les jeux collectifs: chats glacés, gymnastique, foot, un, deux,trois soleil et on a voulu jouer au béret mais le temps qu’on s’accorde sur les règles la moitié des enfants sont allés au foot.

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Pendant ce temps Nicolae et Sebastien ont pu retourner une partie de la parcelle au quartier avec le motoculteur et aussi avec des encouragements de la part de Zohra et de Marie et son mari qui se sont occupés du jardin la saison dernière et veulent reprendre cette année de nouveau.

Des enfants ont aidé à la préparation des crêpes tandis que d’autres ont été plus malins et ont gouté les crêpes avant l’heure!

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La fin de l’activité s’achève avec le conseil de quartier habituel où tout le monde est invité à faire un retour sur les activités de l’après-midi et leurs souhaits d’activités pour la semaine prochaine.

Le goûter met fin à l’activité et nous sommes tous prêts à partir à la maison.

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A la prochaine!

Samedi: Hôtel F1

Aujourd’hui, nous (Kenzy, Fatimata, Audrey, Camille, Dusco, et Dominik) sommes allés aux hôtels F1 pour faire les ateliers de rue.
En voyant que nous installions le matériel, les enfants sont venus à toute vitesse !
Nous avons fait une grande fresque de peinture, nous avons joué au « puissance 4 »,et à la dinette avec les plus jeunes. 20160312_154512

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Nous avons ensuite pris le gouter. Il y avait 4 thermos de café pour une quinzaine de personnes, on en a alors profité et on s’est resservit 2 ou 3 fois ! En plus des gâteaux et des fruits ! Ça fait du bien d’avoir le ventre plein!!
A la semaine prochaine !

Vendredi: Atelier Champlan

Présents : Juler, Jenika, Dùshko, Dominik, Sandra, Marina, Iasmina et Kenzy

Nous sommes arrivés avant le retour des enfants de l’école, nous avons pu nous installer et prendre des nouvelles auprès des parents sur la situation du camp et l’état d’esprit des enfants. Nous avons pu avoir des discussion avec des hommes, qui habituellement reste un peu en retrait lors de l’atelier, il était agréable de voir qu’ils étaient aussi content de nous voir arriver que l’ont été les enfants 30 minutes plus tard.

Nos artistes des Kesaj Chavé ont commencé par la musique, moment détente et plaisir, où nous avons été rejoint par des artistes (théâtre) du collectif Animakt qui étaient sur place depuis plusieurs jours pour composer un conte sur des récits de vie et des légendes traditionnelles. Les hommes et les les grands adolescents ont participé jusqu’à l’arrivé des enfants.DSCN2852

Une fois les cartables posés et le jeu choisi, nous avons fait une activité ludique et pédagogique, alliant la course au repérage des fruits, des couleurs et des chiffres (tracés au sol), nous avons joué à la marelle, puis un atelier plus construit de musique et percussion corporelle s’est lancé. Puis une fois qu’une partie des enfants est revenue (partis pour jouer aux dés et en ont profité pour nous apprendre à compter en romanes, riant aux éclats de notre prononciation, un partage plaisant) nous avons proposé un atelier d’une fresque commune, avec coupage et collage, coloriage et même utilisation de bombes à craies en poudre.DSCN2861

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9 enfants ont pris part à l’atelier et 6 adolescents, le goûter s’est vraiment très bien déroulé, dans le calme, fluide, tous les enfants ayant joué le jeu pour que les choses se passent vite et que nous partions à l’heure alors que nous avions pris de la marge pour terminer la fresque.

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Nous nous sommes donnés rendez-vous vendredi prochain !

Vendredi: Jardin

Sous cette après-midi ensoleillé, Nicolae, Sébastien, Franck, Eric, Jessica et Geoffroy se sont rendus au jardin pour diverses tâches.
Nicolae, Seby et Geoffroy se sont relayés au motoculteur pour agrandir la grande parcelle. Ouh c’est dur !

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Franck, Eric et Jessica ont participé au nettoyage des parcelles en retirant tous les éléments étrangers au jardin et ont aidé à bécher les parcelles de terre.

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Un peu avant l’heure du goûter nous avons été rejoints par Eddy qui arrivait en courant et criait : « Je t’adore Nicolae !»
Après ces éprouvantes épreuves nous avons pris notre goûter bien mérité avec, au menu, le chocolat chaud accompagné de madeleines au chocolat… Quel délice !
Une fois le goûter finis et les outils rangés, nous sommes rentrés en camion au local pour tout débarrasser.
Tchao à la prochaine !

Vendredi: La Rocade

Aujourd’hui Laura, Anna et Tito arrivent à la Rocade pour la permanence. Tito part pour faire des travaux, Anna s’installe rapidement sur le tapis petite enfance où arrivent vite beaucoup d’enfants pendant que Laura fait des panneaux d’affichage avec les enfants pour la chasse aux œufs.

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Nous arrivons ensuite, Sana, Hélène et Claire. Sana et Hélène font une fresque de peinture avec les enfants, alors que je m’installe sur le tapis petite enfance avec des masques, tableaux magiques etc.

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Arrive l’heure du goûter ou nous servons du chocolat chaud et des madeleines au chocolat à tous les enfants assis ensemble sur les tapis.
Tout le monde a beaucoup apprécié l’atelier qui a remporté un grand succès.WP_20160311_17_30_38_Pro

Jeudi: Ballainvilliers

Aujourd’hui, nous (Jenica, Dusco, Domino, Ivan, Laura, Geoffroy, Camille, Yann et Yoann) sommes allés à Ballainvilliers faire les ateliers de rue.

Nous commençons par installer les tables pour faire la bonne soupe maison de Laura. Toutes les petites mains se sont mobilisé pour couper, éplucher les légumes de saison.

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Pour accompagner les travailleurs, les Kesaj nous chantent des morceaux Tziganes.
Nous nous motivons à travailler vite et bien pour aller danser sur les rythmes endiablés sous la direction du chorégraphe Ivan !

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La soupe terminé, cuite, et prête à déguster, nous profitons d’un temps calme pour goûter : chocolat chaud, pommes et biscuits au chocolat. MMMMMMMHHHHH !
On a passé un super après midi ! A la semaine prochaine !!

Jeudi: Jardin de Saulx

La séance de jardinage et maraîchage au terrain des Robinson avec le groupe d’adultes reprend aujourd’hui et nous sommes très enthousiastes car on se revoit de nouveau pour un atelier plein d’énergie et des nouvelles envies.
Une journée calme et belle sous le ciel de Saulx-les-Chartreux, et on commence en emmenant le reste du BRF pour mettre sur les parcelles et une autre partie aux pieds des palettes pour éviter de désherber. Éric et Franck avec Jessica en train de charger des brouettes après brouettés et en ce temps Anna et Tito, aidés par Louis, ont réussi en temps record d’emmener assez de brf pour mettre aux pieds des palettes et éviter le désherbage.2015-01-01 00.00.00-106

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Cependant Nicolae et Sebastian ont réussi à consolider et renforcer la serre en enterrant les extrémités avec de la terre. Ils ne tardent pas à aboutir et puis donne un coup de main aux autres.

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Après une petite pause à l’ombre humide du prunier nous avons reconstitué une parcelle et l’avons entourée , avec des piquets et ensuite avec un beau bandeau pour faire plus joli.
La journée s’achève bien avec un bon goûter au chocolat et au cake !
A demain !

Jeudi: Atelier Skate Parc

Aujourd’hui nous sommes allés au skate parc avec Iasmina, Sanna, Audrey, Marina, Juler et Claire. Après avoir installé les trois tapis, les enfants commencent à arriver et à s’installer pour faire des écritures graphiques avec Sana et Audrey, des jeux de société avec Iasmina comme le blocus, le triomino etc.100_4852

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Les plus jeunes enfants ont bien joué avec les legos puis une partie endiablée de domino a débuté.

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A la suite, nous nous sommes rassemblés pour un conseil de quartier qu cours duquel les enfants nous ont fait part de leurs envie pour les prochains ateliers tel que de la pâte à modeler, du sport, de la peinture, des jeux collectif… 100_4904

Puis, arrive le chocolat chaud et les cakes aux fruits tant attendus !!!

Mercredi: Athis (quai de Seine)- Camp de Juvisy

Aujourd’hui, le groupe des Kesaj vient avec les Robinson sur le camps.
Étant donné que les familles de Wissous se sont fait expulsé, nous pensons en revoir quelques unes à Juvisy.
Mais, quand nous arrivons, nous ne trouvons que 4 tout petits et 3 ados.
Nous commençons par une ronde des prénoms pour faire connaissance, puis nous jouons au « Facteur n’est pas passé ».

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Les plus petits décident ensuite de jouer à la dînette et aux jeux de construction. Laura fait une grande grande tour, et tout le monde s’amuse à la faire tomber ! C’était très amusant !

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Un goûter à base de cakes aux fruits et de chocolat chaud plus tard, nous sommes déjà repartis.

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Nous n’avons pas vu le temps passé ! Nous espérons les revoir la semaine prochaine !

Mercredi: Atelier Saint Eloi

Kenzi, Yasmina, Abdoul, Sana, Geoffroy, Hélène
Aujourd’hui, sous ce temps mitigé, l’équipe des Robinsons-MJC s’est rendu à Saint Eloi afin de partager un moment convivial, autour de diverses activités.
Au programme, un atelier petite enfance avec des poupées, des coloriages et des scoubidous animé par Hélène et Sana qui a fait fureur auprès des filles principalement.

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Atelier jeux de société pour les grands et les petits en présence d’Hélène, Abdoul et Geoffroy. Atelier dans la joie et la bonne humeur sous l’éclat des rires enfantins.

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Découpe de planche à l’aide d’une scie pour le projet « caisse à savon ». Concentration et rigueur demandés sous le regard expert de Kenzi !

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Cette après-midi frisquet s ‘est clôturée par le traditionnel conseil de quartier suivi d’un bon goûté composé de chocolat chaud, de bananes et de cakes.
Les enfants nous ont fait un retour très positif de cet après midi et nous ont fait la demande d’amener un ballon de foot et de quoi faire du ping-pong pour la semaine prochaine !

Mardi: Cuisine

Aujourd’hui c’est le retour de Yasmina. Pour l’occasion, Zorha veut préparer un couscous et Yasmina a très envie d’un gâteau au chocolat.

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Nous partons donc faire les courses avec Laura, Dominique, Abdoul, Eric, Jules et moi, Claire, en oubliant la moitié des choses: qui a déjà manger un couscous sans viande, tomate ni pois chiche ??? Bizarrement, tous les ingrédients nécessaire au gâteau au chocolat étaient dans le sac…
Une fois les courses terminées, nous nous mettons aux fourneaux sous les commandes de Zohra. Corinne, Sadiou, Eric, Franck et Héloïse mettent tous la main à la patte pour préparer de bons plats et aménager le nouvel espace au mieux. Les bonnes odeurs sont vite là.

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Merci El Khomri

Tous les prétextes sont bons pour s’extraire du programme. Même une manifestation qui ne nous convient qu’à moitié. La glace qui s’est formée autour de nous s’épaissit d’autant plus que nous manquons trop souvent les occasions de la briser. L’emploi est un des éléments les plus glaçant. Quand nous commençons à essayer de le démonter, voilà qu’il se reconstitue sous une forme bien pire encore. Cette loi, ce resserrement de la cage de nos existences… Hier nous avons défendu le code du travail et les acquis sociaux des travailleurs, sans toutefois abandonner nos rêves pourris de carrière et de pouvoir d’achat, notre assujettissement à la hiérarchie et nos vies perdues à travailler. Peut-être, arriverons-nous un jour à vivre sans toute cette comédie. Peut-être que la gréve générale n’est pas un moyen de pression, mais un quotidien à éprouver.

Diaporama visible ici.

Comment t’offrir mon cœur, s’il n’est pas à moi?

Telle est la chute du dernier poème déclamé par F Garcia Lorca avant d’être fusillé par les fasciste espagnols  en 1936.

Ceux qui sont familiarisés avec l’anthropologie du don, la théorie du don, mise à jour par Marcel Mauss, savent que le don crée du lien; et pas n’importe lequel: du lien qui attache , du lien qui tient, du lien qui en appelle d’autres.  Le don crée la dette; la dette crée le lien.

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Ainsi dans nos pratiques en Pédagogie sociale, nous instaurons le don comme mode de relations. Nous choisissons le don plutôt que le contrat; le don, plutôt que le projet: le don plutôt que la condition; le don plutôt que l’évaluation.

Dans une société où le lien est faible et où il pose problème; par le don, nous tissons des relations qui, sans cela, n’existeraient pas, ne tiendraient pas, ne s’inventeraient pas. Ceux qui passent à Robinson, connaissent de ces rencontres improbables.

Mais il est un autre aspect des choses que Mauss n’avait pas forcément exploré. Il avait envisagé le don comme un mode de relations sociales, alternatif et préférable à d’autres comme la violence ou la guerre. Il avait moins exploré cette notion du côté de la  communauté ou de l’appartenance collective. Il ne l’avait évidemment pas exploré, non plus, du côté de la résilience.

Souvent, nous rencontrons sur nos ateliers, au cours de notre travail, mais aussi dans notre propre groupe des personnes qui se mettent en situation de devoir donner ce qu’elles n’ont jamais reçu pour elles mêmes.

Certains de nos pédagogues, qui mettent en place les atelier éducatifs les plus vivants et les plus riches, ne sont pas ou peu allés à l’école. D’autres mettent en place, pour les enfants,  autant de situations d’éveil et « secures » dont ils n’ont jamais bénéficié, pour eux mêmes.

Quelques uns le vivent sans un  mot, comme une évidence; d’autres ressentent le besoin d’en parler et de l’exprimer fort: on peut aussi donner par besoin vital, donner pour se construire, donner pour faire communauté avec ceux à qui on donne.

Ils font alors l’expérience d’une vérité rarement dite sur le don: le don ne crée pas que de la dette; la dépendance n’est pas d’un seul côté; on appartient toujours un peu à qui on donne.

Ainsi  le don recouvre à la fois une  dimension sociétale, la construction nécessaire d’une possible vivre ensemble , d’une possible communauté  et la possibilité de se construire et de se développer soi même,  en tant que personne, en tant que sujet, en tant qu’auteur.

Par le Don, l’empowerment rencontre le Care: car il ne peut pas y avoir d’activation des relations sociales, sans soin et sans la production des sécurités essentielles et  affectives, pour les personnes concernées.

SAMEDI

CHILLY-GARE

Laura, Sebastian, Dusko et Dominique sont allés à Chilly-Gare pour rencontrer les jeunes enfants et faire de la musique, quand on est arrivé sur le camps, on s’est installé à l’entrée, après on est allé chercher les enfants pour commencer l’activité. DSCN1016

On a eu une petite surprise, il n’y avait pas beaucoup d’enfants sur le camp. On est un peu au creux de la vague . D’autres enfants vont bientôt revenir.

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Dusko et Dominique ont fait un atelier de musique, quelques chanson en slovaque, les enfants ont chanté avec nous et après on a prit le goûter, des chocolats chauds et du cake aux fruits, puis on s’est dit au revoir. DSCN1012

HÔTEL FORMULE 1

Kenzi, Sana, Fatimata, Isaline sont arrivés à l’hôtel Formule 1 vers 14h40. Nous avons commencés à installer les ateliers : Kapla, puissance 4 géant, petite enfance.20160305_145722

Puis une dizaine d’enfants sont arrivés avec quelques parents. Les plus petits ont joué à la dinette et les plus grands ont construit une grande tour de Kapla qu’ils ont eu plaisir à détruire par la suite. Nous avons aussi joué au puissance 4 en équipe.20160305_151350

Dans les alentours de 15h20, nous avons commencé la cuisson des popcorns sucrés et salés. Les enfants ont adoré, ainsi que les mamans qui se sont resservis. Dans le même temps, nous avons servis du chocolat chaud et du thé pour se réchauffer un peu.20160305_145855

Ensuite, nous nous sommes tous assis pour gouter. La fatigue commence à se faire ressentir, certains enfants se sont allongés pour se reposer. L’atelier se termine et les enfants nous aident à ranger avec motivation.20160305_153914

 

 

Villa Saint Martin :

Une après-midi bien ensoleillé à l’horizon de Longjumeau et là, les Robinsons débarquent ! Les enfants ne tardent pas à nous accueillir bien chaleureux comme d’habitude et nous aident a descendre le matériel et l’emmener aux tapis.

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A peine arrivés, nous débutons avec un match de football infernal entre les enfants et nous, et puis les enfants commencent à s’éparpillé et profiter des activités que nous proposons aujourd’hui.

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Une partie de jeux de société commence avec Nicolae et Aurélie (nouvelle stagiaire EJE), et un groupe d’enfants bien contents et impatients, Abdel, Amin, Sara, Bresil, car tout le monde voulais jouer a Halli Galli. Après plusieurs parties gagnées en unanimité et sans droit d’appel par Nicolae, il a été exclu de participer  groupe qui voulait tenter sa chance en jouant au Loto !

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Ana prend en charge les tout petits et une restauration rapide imaginaire voit la lumière du jour tout en rigolant et en apprenant aux enfants les bonnes habitudes pour se nourrir.
Nous avons eu la visite de Laura et Dominik, Dusko et Sebi qui ont amené la musique les chants, la joie, le rire sur notre atelier.

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*L’atelier prend fin dans une note musicale et avec un conseil de quartier où nous avons décidé que on va partir à la chasse aux œufs pour Pâques !
Ciaw

VENDREDI

La Rocade :
Nous débutons de nouveau avec une nouvelle activité sur l’atelier de la Rocade en demandant aux enfants de se mobiliser pour une activité « chasse aux Trésor » pour faire construire un coffre et des cadeaux pour les gagnants de cette aventure.

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Ca fait quelques semaines que je ne suis plus allé à la Rocade et la avec beaucoup de plaisir et envie je reviens vers les enfants en leurs proposants de faire une « grande puissance 4 »et puis un grand jeu collectif avec le ballon pour pouvoir se réchauffer les batteries.

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A côté, Sana et Anna proposent de la cuisine aux enfants tout petits en faisant des popcorn Et Ana enchaine avec une construction de la Tour Eiffel avec les Kaplas.
Bon atelier, belle après- midi qui se fini dans une bonne ambiance et la rigolade !
Ciaw !

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CHAMPLAN

Laura, Zoé, Tito et Sandra

Nous sommes arrivés sur le camp, les enfants nous ont accueilli tout de suite.

100_4748 Nous avons fait un cercle et avons joué à plusieurs jeux, d’abord en équipe, celles qui saura nommer le plus de légume, puis un deuxième jeu de rapidité qui consistait à se taper chacun dans la main sur les jours de la semaine.

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Ensuite nous avons installé sur les tapis l’atelier, décoration de bougeoirs avec de la peinture et des paillettes. L’activité était calme et les enfants participaient bien et étaient contents à l’idée de pouvoir garder les objets pour eux !

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Nous avons aussi distribué des petites bougies à mettre dedans.
Puis nous avons pris le gouter, mikado et chocolat chaud, c’était très bon.

Vendredi: répétition Aven Savore avec Ivan Akimov

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Après la répétition d’il y a deux semaines , à Buno, Ivan a préparé la trame de notre futur spectacle: Aven Savore ! Il nous faut à présent pouvoir le montrer et y initier un maximum d’enfants.

 

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Alors, ce vendredi, Ivan a réuni, les « leaders » du projet (merci à Abdel, Douchko, Domino, Isaline, Sebastian), qui auront à charge d’initier les enfants pour une répétition effrénée et pédagogique: les bases, ce qui compte, les essentiels.
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Comme toujours en Pédagogie sociale et spécialement en « Pédagogie sociale Kesaj », on apprend en le faisant, « et en bâtissant en premier le collectif dansant et chantant »,  qui portera chaque individualité.

JEUDI

SKATE PARK

Ana, Fatimata, Dusko, Dominique, Tito

Quelle belle journée ensoleillée, nous somme arrivées à 14h30 l’heure où l’atelier commence durant les vacances scolaires, il y avait Rachida devant l’école qui nous attendait avec sa fille Sarah.

Nous avons proposé divers jeux pour amuser les enfants: il y avait la dinette ( la petite enfance), kapla, perles et créations, le jeu géant puissance 4, coloriage, de la pâte à sel que l’on avait réalisée la semaine dernière, atelier musique et danse avec les chanteurs slovaques.

Le déroulement de l’atelier s’est très bien passé; les parents se sont épanouis à faire le jeu géant de puissance 4 avec leurs enfants car on a eu beaucoup des parents aujourd’hui. Ensuite on a proposé l’atelier pâte à sel, suivi d’une chorégraphie de danse. Pour finir on a mis en place l’atelier gonflage de ballons, où nous avons attaché des ficelles aux ballons pour faire comme si c’était des cerf-volants.

Enfin, nous avons terminé cette agréable journée par un bon goûter avec du chocolat chaud, et du thé pour les parents, cake aux fruits et pain au lait.

BALLAINVILLERS

Zoé, Isaline, Laura, Sebi, Juliette, Sandra, équipe Convivance.

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Nous sommes arrivés sur les coups de 14h30, nous avons installé nos affaires puis rassemblé les enfants afin de faire une ronde de présentation. Puis nous avons joué au jeu du facteur ce qui était très amusant.IMG_20160303_150324

Nous sommes ensuite passés aux ateliers, Laura a proposé aux enfants de faire des bracelets de perles et brésiliens, Isaline s’occupait de la petite enfance avec les kapla et la dinette, tandis que Zoé et Juliette ont mis en place un atelier peinture (construction de petits bonhommes décorés de peinture, laine et paillettes). L’atelier était calme et tous les enfants ont participé avec plaisir et motivation.IMG_20160303_151249

Ensuite, Laura a tracé un parcours au sol afin de faire un jeu d’équipe et défouler les enfants, nous avons eu un peu de mal à mettre les règles en place mais nous avons fini par réussir et tout les enfants sans exception y ont pris part.IMG_20160303_151213

Enfin, pour les calmer nous leur avons demandé de s’asseoir en rond, ils ont pu dire ce qu’ils avaient aimé ou pas ce jour. Puis nous avons chanté tous ensemble avant de passer au gouter ! Chocolat chaud et viennoises à gogo, tout le monde était content !IMG_20160303_151209

A bientôt pour de nouvelles aventures!

MERCREDI

JARDIN

Avec Madalin, Dominique, Eric, et moi Sebastien, lorsque nous sommes arrivés, nous avons directement fini de construire la parcelle de jardinage à l’aide de palettes.DSCN2808

Nous avons beaucoup avancé, il faisait un temps agréable, cependant nous avons tous eu très froids mais le travail nous a bien réchauffé. A l’heure du goûter il s’est mis à neiger.

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Voila pour cette semaine, j’espère que la semaine prochaine nous serons nombreux !

Trajectoires politiques du XXIe siècle, Démocratie, Citoyenneté, Participation (Dunkerque-59)

A une époque où la politique n’a plus bonne presse, où la défiance a pris le pas sur la confiance et où le divorce entre la société et la classe politique est consommé, il est urgent de dégager des pistes de Capturerenouvellement des expériences démocratiques au sein de nos territoires.
Démocratie, citoyenneté, participation… ces termes ne sont plus que les étendards malheureux d’un monde en bout de course. Pour s’en convaincre : le nombre de personnes à déserter les bureaux de vote, à partager le sentiment de ne plus être écoutés et à estimer ne plus rien avoir à attendre de la politique.
Cependant, ce défaut de démocratie masque mal les alternatives, les mobilisations et les résistances citoyennes qui foisonnent un peu partout dans les territoires (zones à défendre, habitats coopératifs, comités des indignés, etc.). Ces quelques conférences seront l’occasion de dessiner ensemble les conditions et les contours d’une révolution à venir dont il faudra bien un jour se décider à prendre la mesure…

1.     De quoi la démocratie est-elle le nom ? (20 février 2016 – 14h 30)

Alors que certains ont tendance à se replier sur eux-mêmes, d’autres explorent les chemins d’une démocratie plus directe où le peuple (au sens fort du terme) serait au cœur de l’exercice du pouvoir. Eléments d’éclaircissements à l’occasion de cette première conférence.
Avec Ali KEBIR, philosophe, doctorant à l’université de Rennes 1, auteur de « Sortir de la démocratie » (l’Harmattan, 2015).

2.    Vous avez dit éducation populaire ? (19 mars 2016 – 14h 30)

Qu’on se le dise, la révolution démocratique ne tombera pas du ciel … Et sans doute est-il utile pour cela de renouer avec une éducation populaire digne de ce nom visant à la transformation sociale et à l’émancipation collective. Tour et détour de l’histoire de l’éducation populaire en France et ailleurs.
Avec Hugues BAZIN, chercheur indépendant en sciences sociales, coordinateur du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action et Joackim REBECCA, sociologue et ancien membre de la SCOP d’Education populaire Le Pavé.

3.    Pourquoi faire participer les habitants ? (23 avril 2016 – 14h 30)

Les démarches de « mise en mouvement » des citoyens se sont hissées depuis quelques années au centre de toutes les actions publiques territoriales (débats publics, conseils citoyens, budgets participatifs). Aussi utiles qu’elles puissent apparaître, elles permettent aussi souvent de contourner la question du partage de pouvoir de délibération et de décision entre les décideurs et la société civile.
Avec Patrick NORYNBERG, cadre territorial, enseignant formateur et essayiste.et Guillaume FABUREL, géographe, professeur à l’Université Lumière Lyon II.

4.    Changer la ville pour changer la vie ? (21 mai 2016 – 14h 30)

Dix ans après les émeutes urbaines, la banlieue reste un sujet à risque pour les politiques. Les fractures raciales, sociales et territoriales ne cessent de se creuser sans que les rénovations urbaines successives ne parviennent à les résorber. La forme de la ville change, certes, mais la pauvreté des populations demeure tout comme le sentiment d’abandon et de stigmatisation dont elles font l’objet.
Avec Hacène BELMESSOUS, chercheur indépendant et essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur les questions urbaines dont récemment « Le Grand Paris du séparatisme social » (Post Editions, 2015).

5.    Trajectoires révolutionnaires (18 juin 2016 – 14h 30)

Squatteurs, zadistes, grévistes, hackeurs… expérimentent aujourd’hui à la marge des institutions de nouvelles constructions sociales plus humaines, solidaires et collectives. Comment interpréter le foisonnement de ces révolutions sinon comme le signe d’imaginaires politiques nouveaux en ces temps de crises où nous en aurions grandement besoin. Rencontre avec celles et ceux qui ont fait de l’engagement politique un principe de vie.
Avec le Collectif Mauvaise Troupe, auteurs de « Constellations : trajectoires révolutionnaires du jeune XXIe siècle » (L’Eclat, 2014).

Organisation

Learning center de la Halle aux sucres est un équipement de la Communauté Urbaine de Dunkerque et qui s’inscrit dans le réseau régional des Learning Centers du Nord-Pas de Calais. Il est le point central du projet de création d’un pôle de ressources et d’expertises entièrement dédié à l’écologie des villes et des territoires urbanisés. Organisé autour d’espaces de muséographie, d’un centre de ressources et d’une programmation scientifique et culturelle,

Coordination scientifique
Richard Pereira de Moura
03.28.29.40.97
richard.pereira@cud.fr

Lieu

Halle aux sucreshallesauxsucres
9003, Route du quai Freycinet 3
59140 Dunkerque
Entrée et activités gratuites (dans la limite des places disponibles)
Renseignements au 03.28.64.60.49
http://halleauxsucres.fr/

Compte-rendu de l’atelier public « Écologie urbaine, économie informelle et espaces publics »

Cette rencontre « Écologie urbaine, économie informelle et espaces publics » s’est déroulée le 16 octobre 2015 à la Maison des Acteurs du Paris Durable (Paris 4e), animé par le laboratoire d’innovation sociale par la recherche-action avec des biffins. Elle a été introduite par la projection du film « Raconte-moi ta rue marchande »

Le principe d’un atelier de recherche-action est de proposer à chacun d’amener ses matériaux d’expérience et de réflexion, de les mettre en échangers, en discussion en commençant par les biffins eux-mêmes qui sont les mieux placés pour produire une connaissance à partir de leur vécu.

Notre invitation a réuni des personnes très différentes plus ou moins directement concernées par les problématiques soulevées par l’économie informelle et l’espace public, le rôle des minorités et leurs formes d’organisation. L’histoire de la lutte des biffins en région parisienne remonte à plus d’une dizaine d’années. L’histoire de la récupération-vente remonte elle-même au fond de l’humanité puisque cette dimension de l’économie informelle a toujours existé dans nos sociétés. Elle représente aujourd’hui dans certains pays 60 à 80 % de l’économie. Les pays riches redécouvrent cette dimension à l’occasion de la crise des années 2000 et l’installation de la précarité pose cette question dans l’espace public à travers la présence de marchés biffins.

Participants

Chantal biffine depuis 25 ans vendeuse à la sauvette

Martine, biffine depuis l’âge de 17 ans : « cela fait une quarantaine d’années. J’arpente Paris de jour comme de nuit, de poubelle en poubelle et je vends à la sauvette ou parfois dans des lieux autorisés et je fais des bijoux avec les matériaux que je récupère ».

Pascal, économiste, investit le collectif rues marchandes pour y développer des expérimentations et participer un groupe de recherche

Jean Claude, animateur d’une cigale qui est un club d’investisseurs dans le cadre de l’économie sociale et solidaire et s’intéresse comment cette économie informelle de la récupération vente peut entrer dans le secteur marchand traditionnel en restant dans une dimension solidaire : « j’habite dans le 12e il y a des projets d’aménagement de places publiques gagnées sur l’espace pris par les voitures. Pourquoi pas créer des activités nouvelles au regard de l’espace disponible ? »

Mélanie qui a terminé une thèse d’anthropologie sur les biffins en Île-de-France. « Je m’attache particulièrement aux modes de résistance des personnes, les stratégies qu’elles mettent en place pour faire face au quotidien ».

Claire, artiste plasticienne et scénographe, animent « Wos agence des hypothèses » qui a réalisé le film documentaire de cette soirée et aussi développé des projets d’étals mobiles à Dakar avec les marchands ambulants,

Malika , anthropologue, a participé à une consultation de citoyens autour des biffins initiés par la Ville de Paris et qui a formulé des propositions : « on demandait qu’il y ait des espaces organisés pour la biffe. Les préconisations allaient donc vers une reconnaissance de la biffe et d’un aménagement dans l’espace, reconnaître les porte-parole des différentes communautés de biffins.

Evelyne chercheur en sociologie des sciences, a travaillé sur les tiers lieux et s’intéresse tout particulièrement à tout ce qui touche aux nouvelles pratiques collaboratives. « Je connais la réalité des biffins surtout avant tout en tant que cliente des brocantes. Les tiers lieux se placent entre la sphère publique la sphère professionnelle »

Zoé, architecte « je m’intéresse aux différentes pratiques dans l’espace public

Hugues,chercheur en sciences sociales au LISRA, cofondateur de « rues marchandes »

Damien, éducateur, ENS anthropologue je m’intéresse au bricolage du quotidien, aux savoirs ordinaires que produisent les gens pour vivre.

Autre participante qui s’intéresse beaucoup au tri anti gaspillage dans une société de surconsommation, des activités comme les répair’café. Je m’intéresse aux ressourceries.

Autre participant « je ne suis pas dans un parti, dans une organisation ici je suis venu grâce à lien avec le support Internet est à la fois on fabrique quelque chose , on construit en faisant.

(NB: D’autres participants se sont présentés, mais, l’enregistrement n’est pas audible, la mauvaise qualité acoustique de la salle n’a pas permis de retranscrire l’intégralité des échanges)

Débat

« Un des enjeux de cette rencontre est de créer un nouvel imaginaire autour de la récupération-vente renvoyée aux déchets, aux rebuts, aux salissures. Les autorités s’appuient sur ces représentations pour justifier une chosification des biffins. À partir du moment où les personnes sont considérées comme des choses, il est plus facile de les exclure de l’espace public, car ils perdent leurs conditions de citoyens ou sont considérés comme des sous-citoyens. Le principe de ce collectif Rues Marchandes est de favoriser une intelligence collective par le croisement de personnes d’horizons différents, mais qui pense que la créativité ou l’innovation sociale peut apporter des réponses à des conditions précaires. Ce basculement nous disant que les marchés biffins ne sont pas le problème, mais la solution, amène à nous interroger sur le rapport à la ville, à l’économie, sur les circuits courts, sur l’habitat, etc. L’imaginaire instituant n’est pas une rêverie, il peut correspondre à l’élaboration de nouveaux dispositifs, mais il y a un blocage au niveau politique et institutionnel dès qu’il s’agit d’ouvrir des espaces marchands dans l’espace public. Il n’y a que trois marchés temporaires qui sont autorisés ou tolérés en région parisienne, leur poursuite reste précaire (porte Montmartre dans le 18e, Croix de Chavaux à Montreuil, Porte de Vanves, dans le 14e).

« On est dans la rue depuis le début des années 2000. Au début on était une cinquantaine, moi j’ai commencé à Montreuil, on n’était pas beaucoup à biffer. À l’époque personne ne parle de biffins on ne s’occupait pas de nous. On se cachait, on avait honte de fouiller dans les poubelles et de les revendre. Puis le phénomène s’est élargi. On a été de mairie en mairie, de réunion en réunion. Jusqu’à maintenant peu de choses ont été faites pour les biffins, le problème demeure. Le Carré des biffins à la porte Montmartre gérée par Aurore n’est pas suffisant et ne répondait pas aux besoins. Il n’y a que 100 places, mais que faire des « sans places » ? J’ai vécu un moment dans la rue et il faut toujours se justifier de tout. Mon espoir est que la biffe soit mieux reconnue avec plus de marchés, qui ne soient plus réprimés par la police et que l’on ne confisque plus leurs biens. Tout cela coûte à la collectivité alors que nous sommes utiles en récupérant dans les poubelles. Moi je récupère plein de belles choses, j’en fais des créations que je revends. Oui il y a effectivement de l’or dans nos poubelles. Au niveau politique il faudrait que les biffins s’investissent plus pour que la cause des biffins soit reconnue déjà par les biffins. Cela commence par organiser des lieux où les biffins peuvent se retrouver en sécurité et impliquer les politiques, les convaincre sur ce qui peut être fait. Il y a trois marcher sur Paris et ce n’est pas suffisant. C’est difficile de créer un mouvement fédérateur, beaucoup de biffins ont baissé les bras. Chacun continu dans son coin à la sauvette. On a toujours des solutions nous biffins, ils ont beau enlever nos sacs et nos caddies, prendre nos objets, de toute façon on repasse dans les poubelles et on recommence. C’est le cycle, on nous chasse, on sera toujours là quoi qu’ils pensent, on fouille les poubelles, on trouve les objets, on les ramène on les vend, même s’ils viennent nous chasser, ce n’est pas grave, on recommence parce que c’est une question de survie. Rien ne peut nous empêcher de faire les marchés biffins, on sera toujours là. Mais c’est difficile de fédérer les biffins, il faut arriver à le sensibiliser à la question des rues marchandes.

« Le mot biffins avant de revenir dans l’espace public en était sorti, on parlait alors de vendeurs à la sauvette. L’appropriation du mot « Biffin » a été une manière de dire qu’on participe à l’histoire, qu’on est acteur historique. Il y a déjà eu une mouvance associative et des comités de soutien où il y a un discours alternatif qui a été en partie repris par les autorités municipales pour ce qui concerne le Carré des biffins la Porte Montmartre.

« Le paradoxe, c’est que nous sommes en pleine discussion sur l’écologique, les biffins ont été précurseurs. Comment arriver à amener les institutions, les élus sur le terrain. L’enjeu est donc de dire si cette économie informelle est une véritable économie au même titre que les brocanteurs mêmes s’ils n’ont pas de statut. Il s’agit donc de faire basculer dans le champ de la réflexion de l’action cette dimension d’écodéveloppement sinon les mobilisations comme celles qui ont existé dans les années 2000 risquent de rester vaines.

« On cherche à stériliser les pratiques non instituées qui sont déjà en elle-même des réponses. On n’entre pas dans la biffe par hasard, il y a des parcours de carrière de biffins, ce sont des ressources qui sont mobilisées. Alors, comment faire comprendre aux pouvoirs publics d’avoir un autre regard sur des processus qu’ils ne contrôlent pas.

« Nous, on a commencé la lutte, il n’y avait pas le Carré des biffins, ce n’était pas notre problème. On voulait un marché autogéré. Mais tout de suite c’est devenu un marché encadré avec une convention politique et sociale. Alors qu’on n’avait pas besoin pour la majorité d’entre nous d’insertion sociale.

« Est-ce que cela ne passe pas par la reconnaissance d’une liberté individuelle. On peut faire le parallèle avec la manière dont la RATP gère les espaces marchands dans le métro parisien.

« Il est nécessaire d’avoir un permis spécial, de payer une redevance, il y a une sélection avec des obligations.

« La recherche-action doit aider à ce qu’il y ait un minimum d’organisation. Cela passe par une charte.

« Les biffins ont besoin d’indépendance, de liberté et de l’autre côté les pouvoirs politiques ont besoin d’une structure, d’un cadre. Les uns ont besoin de mettre dans des cases et les autres n’ont pas envie d’entrer dans des cases.

« On peut imaginer comme pour la brocante des placiers. Avec un brassard pour être reconnu. Avoir l’installation de conteneurs pour mettre les déchets, s’organiser pour que la place reste propre. On avait déjà pensé à tout ça au début pour qu’il y ait vraiment une valorisation de la vie des biffins.

« Il s’agit de faire comprendre aux politiques faces à la rationalité technicienne que peut s’opposer une autre rationalité qu’on pourrait appeler situationnel, qui part de l’expérience collective en situation. Le technicien réfléchit par segmentation sous forme de catégories, de commissions techniques, car il pense que c’est plus efficient alors que les biffins ne rentrent pas dans cette culture technique. Et c’est pareil d’ailleurs pour toutes les formes de gouvernance, comment faire venir le politique sur cette autre rationalité ?

« On a des stratégies en tant que biffin, on joue sur l’apparence d’une brocante, on met des banderoles sur une place comme pour les vide-greniers comme ça les gens pensent qu’il y a un cadre formel comme pour une vraie brocante.

« Ce sont des stratégies de détournement, de retournement, on pourrait imaginer des formes d’intervention de ce type dans l’espace public qui reprendrait ce principe pour mettre les décideurs devant leurs responsabilités.

« Le vide-greniers sauvage, c’est comme des « flashs mobilité », mais est-ce que ça peut berner longtemps les commerçants, ce sont les premières protester, c’est avec toute la population qu’il faut travailler par rapport à l’image qu’ont les biffins. Les biffins ne sont pas connus et reconnus il faudrait un festival pour qu’ils entrent un peu en visibilité, invitant les formes économiques alternatives, valoriser la dimension créative pour que les biffins aient des interlocuteurs.

« Il n’y a pas la visibilité quand il n’y a pas la grille pour voir. Les biffins ne sont pas repérés parce qu’on ne les voit pas en tant que récupérateurs vendeurs, mais en tant que pauvres occupant la rue. À travers la place marchande c’est donc tout le circuit de l’écosystème qu’il s’agit de faire reconnaître et dont font partie les acheteurs.

« La différence entre le vide-grenier et les biffins, tout cela semble se ressembler ?

« Avant, il n’avait pas de différences, il y a cependant une différence entre brocante et vide-greniers, maintenant le vide-greniers ressemble à des brocantes avec de belles tables de présentation si bien que les biffins se font remarquer dès qu’ils veulent s’installer. On n’arrive pas à négocier des places sur les vide-greniers.

« Il y aussi un lien avec la nature des objets, le brocanteur cherche plutôt des antiquités, ils sont déclarés, ils payent une place, ils ont des dépôts de marchandise. Les emplacements des brocantes professionnelles en province coûtent très cher, ces 300 € la place.

« Les brocanteurs sont là à la première heure pour récupérer des objets sur les marchés biffins.

« L’espace public est un espace du commun qu’il faut négocier, la question se pose alors qui a le pouvoir et la légitimité pour négocier. Pourquoi par exemple exiger une appartenance territoriale rapport à l’emplacement des marchés alors que la biffe s’inscrit dans une mobilité. Les réponses en termes de circuits de récupération sont toujours parcellaires en ce qui concerne les biffins, même si de temps en temps on peut négocier une place dans un vide-greniers, temps en temps c’est le cas d’une ressourcerie, de même Emmaüs qui a des entreprises d’insertion sociale avec des lieux de dépôt-vente.

« Les œuvres caritatives développent leur propre économie dans la transformation des objets.

« On a trop tendance à confondre certaines formes de mobilité, de parcours chaotique ou qui se renouvelle comme un signe de précarité. On peut ne pas avoir nécessairement un statut tout en revendiquant une protection.

« Nous sommes bien entre « précarité l’innovation et l’innovation de la précarité ». Ceux qui sont amenés à répondre à leurs besoins par l’innovation, ce sont les précaires qui innovent, mais ce n’est pas parce qu’on innove qu’on doit être maintenu dans la précarité. On peut donc imaginer des « tiers lieux » mobiles qui jouent le rôle d’interface entre des processus instituant et institué. On peut créer des espaces de croisement même dans les lieux institués ou dans les espaces réglementés. Le propre de ce tiers espace, c’est que les gens peuvent redéfinir leur position et ainsi mettre leur imagination au service d’une créativité. Les pauvres ne sont pas uniquement considérés comme des pauvres et les institutionnels pas uniquement comme des institutionnels. Le principe de Rues Marchandes est de pouvoir créer ce type d’interface.

« Il faut trouver des formes d’autogestion vivante tout en respectant le mode de vie de populations qui ont choisi un certain degré de liberté.

« Une stratégie serait de faire reconnaître des compétences collectives qui ne se confondent pas avec un statut rigide. On retrouve ces compétences dans la capacité à organiser un marché, à développer des réseaux, à négocier des places. Les porteurs de ces compétences deviennent naturellement des leaders de communautés et on peut imaginer une reconnaissance d’animateur de communautés qui permettraient également de résoudre les difficultés qu’ont les interlocuteurs, les institutions, des collectivités territoriales à traiter avec des collectifs. La plupart du temps on ne sait pas travailler avec des communautés constituées, cela fait peur. Alors, les réponses ne sont pas rationnelles. Si on réfléchit un instant en termes déjà économiques, ça revient beaucoup plus cher d’envoyer des forces de répression que s’appuyer sur les forces écosystémiques propres au marché et de favoriser une économie informelle des espaces marchands. Mais on donne toujours le pouvoir toujours aux corps intermédiaires parce qu’ils sont reconnus à travers des corps de métiers, qui sont une autre manière de valider des compétences. La biffe n’est pas en tant que tel un corps de métier, c’est une culture du geste, de l’incertitude, de la résistance. On peut réfléchir à des formes de validation à travers productions concrètes comme l’édition d’un guide des droits et de la culture biffine, des supports qui permettraient à la fois de se défendre et négocier dans des espaces publics.

 

J’ai gravi mille fois le Pré du Mollard

Guy Loyrion dort, randonne à pied et à ski, cuisine, lit, écrit et vole en parapente dans guy_loyrionBelledonne, tentant de partager tout cela avec quelques amis. En gros : il y vit ; du moins en partie. Dans le temps qui reste, il s’occupe de l’organisme de formation dont il est responsable à Grenoble. Et s’il reste encore quelques semaines, il découvre d’autres montagnes plus lointaines avant de revenir… dans Belledonne.

 

Mon vallon est le deuxième en partant celui des Adrets, c’est le plus beau. Les Adrets c’est un balcon sur le Grésivaudan, alors qu’ici on se sent immergé en plein Belledonne, dans la rugosité. On est vraiment dans l’enfilade de cette vallée, le versant de Saint Agnès, plein sud, délimité par le torrent du Vorz, et en face le versant boisé et plein nord, côté de Saint Mury. Fin décembre le soleil ne passe pas au-dessus des crêtes avant 11 heures et se couche à 14 heures. Après mi-janvier la trajectoire change et les montagnes ne nous gênent plus autant. Tout au fond du vallon, il y a plusieurs chemins avec des cascades, alimentées par le lac Blanc, et le petit glacier qui le domine. C’est l’un des glaciers le plus à l’ouest des Alpes. On est à 800 m environ pour le village et les sommets sont entre 2500 et 2800. Il y a un chemin de randonnée qui traverse la vallée, là-haut, aux alentours de 1800-2000.

IMMERGÉ AU CŒUR DES MONTAGNES

Mes décollages en parapente se font juste au-dessus du village : tu longes la crête et là où il y a un petit replat, sans arbre. Je ne compte plus, mais pendant longtemps j’ai compté : je pense que je suis monté pas loin de mille fois au Pré du Mollard. Mon truc c’est de marcher avant de décoller, que j’aille dans un endroit que je connais et que j’aime bien ou que je change. Je ne fais plus de ski parce que ça m’ennuie d’être en montagne avec l’impression de prendre le métro, le télécabine comme un transport en commun, sauf qu’il n’y a pas le même cadre. En parapente c’est pareil : voler au milieu de la foule ne m’intéresse pas. Pour moi c’est une une activité de montagne où je suis immergé dans un lieu qui me plaît, que j’ai rejoins à pied. En l’air on peut commencer une autre balade, aller jusqu’à Chamrousse et revenir. Ce n’est pas tellement la durée c’est plutôt le bonheur de se balader, ça m’est arrivé à monter à presque 3000 m. C’est un grand plaisir : comprendre la montagne, les vallées, les versants d’en haut. Plus à l’est, il y a les Sept Laux, les sommets encore beaucoup plus alpins, les aiguilles de l’Argentière, c’est un petit îlot de granite, cela ressemble à la haute montagne comme s’il y avait 1000 m de dénivelé en plus.

L’ALBATROS

J’appris à voler en Haute-Savoie avec la première école de parapente. C’était la première année où il faisait des stages il y a 30 ans. C’était des parachutes de saut, j’ai progressé en même temps qu’a évolué le matériel et les formes de pratiques. Aujourd’hui je suis un peu en dehors des courants à la mode. Ma pratique s’est affinée, mais je suis loin des pratiques « fun » : je marche et je vole. Le matériel est plus léger, ce qui permet de plus facilement le porter plusieurs heures sur le dos. On choisit le parapente en fonction de sa surface et de son poids. Dans les écoles sont des parapentes faciles à conduire, des 2 CV qui ne changent pas de cap quand ils ferment et se rouvrent tout seuls. À l’opposé il y a les formules 1, moi je suis au milieu. À la bonne saison je vole une à deux fois par semaine avec parfois des vols de distance.

SANS BALISAGE

Je fais de l’escalade, de la rando à ski, du trekking, un peu d’alpinisme. On a besoin de changer de terrain pour éviter la monotonie. C’est différent avec le parapente : on ne fait jamais le même vol, même en décollant toujours du même lieu. Cela dépend des conditions, parfois c’est seulement un vol balistique : on va directement sur le terrain de l’atterrissage. Mais dès que je peux, je vais ailleurs. Le plaisir c’est le temps de vol lui-même, là où tu vas, les difficultés techniques, les conditions que tu rencontres à se maintenir en l’air ou à monter, le fait d’oser traverser une vallée sans savoir si on peut revenir à son point de départ avec le risque de se poser loin et de revenir en stop ou de se retrouver dans une zone où l’atterrissage n’est pas possible. Il y a toujours des choix à faire. Tous les paramètres changent, il n’y a pas de balisage. C’est une manière de connaître intimement un lieu, dans une autre dimension. On arrive avoir une connaissance intime d’un massif, dans la manière dont les vallées sont agencées, dans l’organisation des sommets. Aujourd’hui je ne prends plus de cartes dans Belledonne, je sais où je suis.

LE MOUVEMENT PENDULAIRE

Il y a eu une époque dans les villages du balcon où il y avait beaucoup de personnes qui avaient deux activités, qui élevaient des bêtes, ils avaient un peu d’élevage, et d’un autre côté travaillaient dans la vallée, à la papeterie ou aux aciéries, ou ici, à la mine de charbon. C’était des ouvriers paysans parce que les parents avaient une ferme, il n’y a pas beaucoup de terres agricoles pour le pâturage, il n’y a pas beaucoup la possibilité de faire du foin. Il y a la forêt, mais le coût du bois ne couvre pas l’exploitation. Moi je suis un habitant « pendulaire ». Je fais mes allers-retours quotidiens : Belledonne Grenoble et retour. C’est une part de l’identité de Belledonne, du rapport des villages du balcon à la vallée, ici comme dans toutes les vallées perpendiculaires au Grésivaudan.

CHANGER D’HERBAGES RÉJOUIT LE VEAU.

En France la montagne n’est pas souvent une pratique familiale, à la différence des vallées alpines de l’Autriche et de l’Italie, où il peut avoir trois générations qui fréquentent ensemble le même refuge, la même course en montagne. Ici ce n’est pas tellement les natifs de Belledonne qui pratiquent la montagne. Il y a des cercles relationnels, des groupes d’affinité, qui font que les pratiquants se retrouvent pour partager leur passion. Pour le ski et le parapente, je me rends compte que je pratique principalement dans Belledonne. Et ce n’est pas qu’une question de proximité, car même quand j’ai envie de changer d’horizon (comme disait ma grand-mère, « changer d’herbages réjouit le veau »), je vais souvent sur l’autre versant (Belledonne côté Savoie), 1h30 de voiture, alors qu’il serait facile d’aller dans le Vercors, la Chartreuse ou les Bauges.

LA VALLÉE D’À CÔTÉ

L’identité de Belledonne c’est avant tout le massif. Avec les trois stations, Chamrousse, le Collet d’Allevard, les 7 Laux. Aux 7 laux, il n’y a pas vraiment de vie en dehors du tourisme et du ski en particulier, c’est plutôt les Grenoblois qui viennent skier la journée. C’est une différence avec le Collet d’Allevard et Chamrousse où l’activité se combine avec la vieille activité touristique thermale qui fait le pont.
Mais en dehors des activités qui font venir les gens de l’extérieur, j’ai le sentiment que les habitants de Belledonne voyagent peu dans le massif. Les chasseurs ont une connaissance intrinsèque du milieu, mais eux aussi ont des pratiques de proximité. C’est lié à l’ancienneté des racines de chacun. Les habitants du village sont moins curieux de la vallée d’à côté, ont plus de liens et fréquentent plus le « bas » que la petite vallée voisine. Parfois les nouvelles pratiques peuvent amener les habitants historiques à avoir un autre rapport au territoire : comme ce vieux paysan qui a voulu me voir atterrir. Il s’est rendu sur le pré, distant de chez lui d’à peine un kilomètre. Son commentaire : « il y a au moins 20 ans que je ne suis pas venu ici ! »

CEUX QUI BOIVENT LE CHAMPAGNE ET CEUX QUI BOIVENT LE PASTIS

Cela fait 30 ans que j’habite là, les relations ont beaucoup bougé au sein du village ou entre les deux villages. C’était des relations assez conflictuelles avec des histoires entre les familles. Il y a de plus en plus d’habitants venus d’ailleurs, ce qui change la constitution des conseils municipaux. Il y a aussi des rencontres entre les parents à travers les enfants et les écoles, des croisements culturels avec les bibliothèques. C’est le partage des pratiques qui fait que les choses se tissent autrement. Il existe toujours les barrières sociales entre « ceux qui boivent le champagne et ceux qui boivent le pastis ». Mais c’est beaucoup moins cloisonné qu’il y a 25 ans.

COMMUNAUTÉ VIRTUELLE ET RÉSEAU RÉEL

Je suis en lien avec Benoit qui a mis en place une communauté virtuelle autour des pratiques de montagne, du parapente de la randonnée, du VTT. J’ai connu Sophie de l’espace Belledonne il y a 20 ans on a fait des formations d’animateurs de colos ensemble. Je suis le parrain du fils de Jean-Marc. Je participe à une association culturelle. Je suis inclus dans un réseau de liens avec une multiplicité d’appartenances, ponctuelles, restreintes chacune à un domaine mais dont l’ensemble contribue à définir ce qui fait mon identité d’habitant de Belledonne.

ÉCONOMIE PRODUCTIVISTE ET ÉCONOMIE PARTAGÉE

À Chamrousse, ceux qui pratiquent le ski de rando risquent de se voir amputés d’une partie de leur terrain de jeu pour des raisons économiques difficiles à justifier en termes de rentabilité (extension de la station de ski). C’est quelque chose qui peut faire du lien, mais aussi révéler des intérêts divergents : les conflits font partie du territoire, les oppositions. Comment au nom d’une forme d’activité je m’empare du territoire, j’impose un rapport différent sans avoir le sentiment de marcher sur les terres des autres ?
D’un autre côté, s’est constitué dans mon village et avec le village voisin une AMAP qui a été initiée par l’équipe municipale, dont les gens du cru. C’est un lieu de brassage social : cela rassemble des gens de toutes origines, certains que je connaissais depuis longtemps, d’autres que je ne connaissais pas. Est-ce qu’on peut favoriser une économie locale qui favorise l’activité sur le territoire ? Cela brasse une cinquantaine de familles sur le village. Il y a des producteurs du coin, du maraîchage du Grésivaudan, des gens des vallées proches : les produits laitiers, la viande, qui viennent du balcon de Belledonne.

 

Guy Loyrion, entretien avec Hugues Bazin, Belledonne, novembre 2015jeanmarc_carte

Les Chronique Obliques sont basées sur des rencontres déambulatoires avec des acteurs/habitants du territoire. Chaque visite s’ouvre sur un paysage intérieur et extérieur. Chaque déambulation donne lieu à un article publié sur le blog. Cette chronique constitue la trame d’un récit collectif qui enrichit une cartographie et un outillage conceptuel et méthodologique entre forme écrite et physique, matérielle et immatérielle pour les Rencontres Obliques de Belledonne.

Chaîne d’habitants

Agnès Daburon intervient à titre professionnel sur de multiples territoires. D’étudiante Agnes_GdPicBelledonneamoureuse de paysages grandioses, je suis devenue accompagnatrice de projets de développement et de valorisation des patrimoines. Je ne vis pas dans Belledonne, mais j’y travaille parfois… et je vois la chaîne de chez moi…

Belledonne, c’est la première image que j’aie eue en arrivant à Grenoble : par une fenêtre de l’Institut de Géographie Alpine (situé alors sur les pentes de la Bastille), un bel après-midi de septembre… J’ai savouré mon bonheur d’être là, d’avoir toute cette montagne à découvrir à portée de main !

On a une vision très faussée de ce qu’étaient les circulations inter alpines il y a un siècle. De fait, maintenant, il n’y a plus que le goudron qui compte. Alors que les gens marchaient beaucoup et bougeaient beaucoup, avec une autre échelle du temps qui était le temps à pied, le rapport aux distances était différent.

J’aime beaucoup le terme de « chaîne ». Il reflète totalement l’idée de ce qui fait l’identité, c’est cette chaîne d’habitants et ce sont eux qui vont faire la cohérence du projet. C’est par eux que le Parc naturel régional se fera ou ne se fera pas.

CHARTE COMMUNE

Ce territoire est remarquable par la façon qu’ont ses acteurs de travailler ensemble. Ce qui fait la singularité de ce projet de Parc, de sa force, c’est les gens qui le composent. Ce travail transversal existe. La notion de massif se construit avec un projet de territoire. Ce qui est important, c’est que les gens aient le sentiment d’appartenir à ce projet.
Le Parc régional est un label. La charte indique un engagement qualitatif sur 10 ou 15 ans, selon des règles de jeu communes. Selon les parcs, les formes de gouvernance peuvent changer, les priorités ne sont pas les mêmes. À la différence des parcs nationaux qui sont une émanation de l’État sur des zones très peu d’habitées, il n’y a pas de Parc régional sans volonté locale.
On peut appartenir à un territoire de projet sans obligatoirement se définir par une identité. Derrière la question de l’identité il y a l’affirmation souvent d’un sentiment d’être incompris, pas entendu. Chacun a tendance à défendre son petit coin de paradis. Comment peut-on encourager les habitants d’un territoire à s’approprier un projet ?

ATELIERS D’ACTEURS

J’anime régulièrement des ateliers d’acteurs pour la construction de leur projet de territoire. Il est important que les gens puissent construire eux-mêmes leur analyse. Il s’agit de mettre les personnes en position d’être acteur de leur territoire, à travers des jeux de rôle et d’autres outils d’animations. Réaliser par eux même l’analyse de leur territoire, comme une sorte de « cueillette », est une étape importante pour construire ensuite un plan d’actions. Quand je prépare un atelier d’acteurs, je prends un temps fou pour trouver le bon mot, le bon outil, qui va permettre « d’accrocher » les personnes : par ex. une séquence de film, un petit jeu, des photos anciennes, une promenade sur le terrain, etc… pour que la trentaine de participants décrochent de leur monde, changent leur regard sur des paysages qu’ils côtoient en permanence, et se mettent dans une dynamique constructive. J’accorde une grande importance à ce que ces ateliers participatifs ne soient pas uniquement une balade sur un site et qu’après chacun rentre chez soi. Il s’agit de susciter une prise de conscience, de déclencher des idées et donner envie aux acteurs d’être porteurs de projets.

 

Agnès Daburon, entretien avec Hugues Bazin, Belledonne, novembre 2015agnès-carte

Les Chronique Obliques sont basées sur des rencontres déambulatoires avec des acteurs/habitants du territoire. Chaque visite s’ouvre sur un paysage intérieur et extérieur. Chaque déambulation donne lieu à un article publié sur le blog. Cette chronique constitue la trame d’un récit collectif qui enrichit une cartographie et un outillage conceptuel et méthodologique entre forme écrite et physique, matérielle et immatérielle pour les Rencontres Obliques de Belledonne.

Les chiffonniers du Caire

Au Caire, les chiffonniers habitent des « espaces‑poubelles » qui se situent à la marge de la marge d’autant plus qu’ils élèvent des porcs en terre musulmane. Les chiffonniers du Caire, appelés aussi « zabbaline », sont en majorité des coptes originaires de Haute-Egypte. Ils sont installés dans la capitale egyptienne depuis les années 1940. Issus de mileux défavorisés, les Coptes ont su trouver, dans la collecte et le recyclage de déchets, un moyen de subsistance. Pourtant, leur contribution à la propeté de la ville, n’est pas reconnu par l’Etat.

Les effets de deux réformes de gestion des déchets, celle de 2002 attribue leur collecte à des multinationales européennes, en excluant les chiffonniers, puis celle de 2010 qui valide leur activité de collecte, par la sous‑traitance au profit d’entreprises privées. Les chiffonniers sont entrés en lutte contre le transfert de modèles de gestion du nord au sud et leurs efforts pour être reconnus avant tout non comme les « éboueurs » de la ville, mais comme des recycleurs et des commerçants.

Entretien avec Bénédicte Florin :

 

Forum « Comment améliorer le fonctionnement du Carré des biffins et améliorer l’activité des biffins ?

La seconde partie du forum ouvert organisée par l’association Aurore s’est déroulée le 17 février entre 16h00 et 19h00 dans les locaux d’Archipel en présence d’une cinquantaine de personnes dont une majorité de biffins (es). Les participants ont voté sur les rapports abordés lors de la première partie du forum qui a eu lieu le 10 février. Plusieurs priorités se sont dégagées notamment concernant « la sauvette », la recherche d’un « statut » juridique pour les biffins, les rapports avec la police, la nature de la biffe et du carré et  l’éventuelle autogestion de celui-ci … D’autres rapports restent à l’ordre du jour comme les conditions de vente par mauvais temps, les relations des biffins avec les voisins, les vols et agressions  et l’intégration d’un hôtel de luxe par rapport au carré. Plusieurs propositions ont été faites lors d’un travail entre les trois ateliers prioritaires afin de pouvoir projeter des solutions pratiques dans les prochains mois. La présence d’un officier de police devrait déboucher sur un dialogue apaisé entre biffins et forces de l’ordre. Une intégration de petites unités de biffins aux marchés forains hebdomadaires ou aux vide-greniers a été proposée, moyennant un éco modeste par les biffins. Des rencontres avec les représentants communaux de la gestion des marchés sont envisagées. Une nouvelle ressourcerie est également une des idées retenues. Un atelier de formation, encadré par des biffins (es) expérimentés a également été évoqué, afin d’initier les nouveaux arrivants (biffins) au cahier des charges, aux règles d’hygiène et de propreté et à l’éthique de la biffe. Il est essentiel, pour les biffins, de convenir d’un tronc commun de droits et devoirs pour ne pas en rester aux débats stériles et aux postures du type « c’est la faute aux autres ! ». Chaque biffin et chaque biffinne est différente. En acceptant ces différences, peuvent naître solidarité et respect de chacun et de chacune. Les propositions pratiques vont être mises en forme et leur faisabilité partagée et proposée prochainement.  (à suivre)

Christian WEISS