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Quelle recherche-action dans le secteur de la récupération et des déchets ?

La diffusion de nouveaux usages de la culture matérielle, qui donnent une « deuxième vie » aux objets, suppose l’acquisition ou la réappropriation de savoirs faire particuliers, des changements de pratiques quotidiennes mais aussi des glissements, si ce ne sont de véritables renversements, au sein des systèmes de valeurs portés par les sociétés industrialisées. Des thèmes de questionnement et de recherche, qui avaient été délaissés des sciences sociales.

séance de l’Atelier « Deuxième vie des objets », EHESS, Paris

jeudi 7 décembre  (9h30 – 12h30) – salle AS1_24

Interventions de :

Hugues BAZIN, chercheur indépendant en sciences sociales , animateur du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action, chercheur associé à la MSH Paris-Nord et à l’INJEP, « L’économie populaire des récupérateurs vendeurs. Support d’intégration ou alternative socioéconomique ? »

Delphine CORTEEL, Maître de conférences, Laboratoire REGARDS – Université de Reims Champagne-Ardenne, « Enquêter sur le faire, faire avec et se faire embarquer. Récit d’une enquête dans une association du secteur de la réduction des déchets »

Entrée libre

Adresse : EHESS-Paris, 54 boulevard Raspail 75006 Paris

Séminaire animé par Fanny RASSAT (doctorante LADYSS, Université Diderot Paris VII), Jeanne Guien (doctorante CETCOPRA, Université Paris I Panthéon-Sorbonne), Élisabeth Anstett (Chargée de recherche CNRS, IRIS), Nathalie Ortar (Chargée de recherche MEEM, LAET).

Plus d’information sur le programme 2017-2018 et les activités de l’Atelier sur le site : http://dvo.hypotheses.org/

contact : dvo.seminaire1@gmail.com

Revalorisation des déchets & réinsertion. Quels enjeux pour l’économie populaire ? (Méru – 60)

Dans le cadre de la 11e édition de la Semaine de la Solidarité (solidarité internationale, développement durable) organisée par la vile de Méru (Oise)

  • 18h30 Vernissage de l’exposition ‘Les déchets (Exposition prêtée par le réseau Canopé, présentée par Cap Sud Emergences)
  • 19h Projection du documentaire ‘Les Catadores, les recycleurs de rue au Brésil‘.
  • suivi d’un débat à l’issue de la projection.

date : 17 novembre 2017

lieu : Médiathèque Jacques Brel – 21 rue Anatole France – 60110 Méru

Économie populaire, sous-capitalisme ou alternative socio-économique ? (St Denis)

Les acteurs-chercheurs du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action et le collectif Rues Marchandes sont heureux de vous inviter au séminaire recherche-action en partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord

Mardi 21 novembre 9h – 12h30, auditorium de la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord
20 av George Sand 93210 St-Denis la Plaine, M° 12 Front populaire, RER B La Plaine – Stade de France

Entrée libre sur inscription

Cette rencontre boucle le programme de recherche-action labellisé par la MSH PN « La biffe comme éco-développement urbain : recherche-action pour la revalorisation des « rues marchandes » et le travail des biffins ». Le laboratoire social LISRA poursuit ainsi l’exploration et la valorisation des situations d’implication des acteurs producteurs de connaissances dans les processus de recomposition sociaux et économiques.

Présentation

L’économie populaire est habituellement renvoyée à une sous-économie capitaliste « aux pieds nus » (secteur informel, économie souterraine, stratégies de survie, etc.). Il n’existerait donc qu’un seul modèle économique, celui qui nous domine. Pourtant l’économie populaire structure des pans entiers de la société, pas seulement des « pays du Sud ».

atelier d’autonomisation à la mécanique @medication time

Nous pourrions concevoir autrement la notion d’économie populaire qui englobe tout en la dépassant l’économie informelle en l’intégrant dans un schéma de développement. Elle ne se réduit pas à une économie de subsistance, mais ne valide pas non plus une économie productiviste qui conforte les inégalités et grossit cette main-d’œuvre surnuméraire précarisée ou exclue dans les périodes de récession.

Elle désigne alors l’ensemble des activités économiques et des pratiques sociales développées par les groupes populaires en vue de garantir, par l’utilisation de leur propre force de travail et des ressources disponibles, la satisfaction des besoins de base, matériels autant qu’immatériels. Elle peut prendre concrètement différentes formes comme l’illustrera la présentation d’expérimentations : ateliers autogérés, groupe d’achat, échoppes fixes ou ambulantes, petites réparations, systèmes d’échange local, cuisines collectives, récolte des déchets et revente dans la rue ou au bénéfice de dispositif de récupération…

Entre une économie sociale institutionnelle en difficulté pour répondre aux enjeux contemporains et l’illusion libérale d’une autorégulation marchande, la notion d’économie populaire et solidaire rappelle l’impossibilité de complètement marchandiser le travail et la vie entière. Cette notion est issue d’un travail de légitimation de l’économie populaire opéré par des chercheurs et acteurs sud-américains et prolongé par des responsables publics ayant instauré des politiques qui visent à favoriser sa dimension solidaire.

Une économie endogène aux territoires indiquerait que l’économie est subordonnée à la politique et aux relations sociales, elle ne peut se concevoir comme entité autonome en dehors des institutions de la société. Par leur propre force de travail, ces organisations de base, soucieuses d’une certaine justice sociale, comblent par l’innovation sociale l’absence de dispositifs et d’alternatives politiques. Ainsi la pratique populaire des espaces pourrait être abordée sous sa forme structurante, écosystémique de tiers espaces, par l’étude des pratiques de maîtrise d’usage sur les territoires (cf notre rencontre du 16 octobre 2017 sur les « espaces d’émancipation collective et de transformation sociale »).

Notons que les notions de bien des communs, d’économie des communs ou encore d’économie contributive participent également à dégager de nouvelles perspectives sur la question de la propriété, de la gestion collective des ressources et la pertinence d’une approche socioéconomique non évolutionniste de la pauvreté et des inégalités.

Ces écosystèmes instituants joueraient un rôle de régulateur et confirmeraient que l’économie populaire et solidaire n’offre pas simplement un cadre d’analyse, mais aussi d’action. Elle révèle et légitime la faculté des acteurs des territoires « en déprise » d’engendrer des contre-mouvements pour se protéger eux-mêmes et leur environnement de cette menace. Est-ce que ces résistances sociales engendrent d’autres modèles entrepreneuriaux que ceux qui visent à reproduire une structure hiérarchique entre classes sociales ? La possibilité de définir la notion d’économie populaire et de provoquer un débat public est donc un enjeu tout aussi économique, scientifique que politique.

Déroulé de la matinée

Le but du séminaire recherche-action est d’outiller les acteurs-chercheurs dans la construction de cadres de pensée et d’action. Jean Louis Laville (*) se propose de jouer le rôle de « grand témoin », amenant des éléments d’analyse en dialogue avec les expérimentations des acteurs-chercheurs.

9h – Accueil

9h30 – Introduction du séminaire : recherche-action et économie populaire, deux espaces d’implication en dialogue par le LISRA

9h45 – Exposé : Enjeux d’une économie populaire solidaire dans une perspective historique et internationale par Jean-Louis Laville.

L’intervention s’efforce à la fois d’identifier les raisons historiques de l’invalidation symbolique de l’économie populaire et les expériences étrangères qui permettent de penser un soutien public à l’économie populaire solidaire.

10h30 – Connaissance pragmatique et scientifique d’une économie populaire à travers des expérimentations par la recherche-action sur différents territoires :

  • L’économie populaire des récupérateurs vendeurs, marqueurs entre deux conceptions du développement (organisation économique, rapport au territoire, comparaison internationale), par le collectif Rues Marchandes.
  • « MAC & ACRA, deux figures coopératives de pérennisation des activités de mécanique de rue, des pratiques de l’économie populaire ordinaire à une variante plus circulaire et moins précaire », par Abou Ndiaye.
  • Tentatives de communismes immédiats, là où nous vivons : Récit d’une mise en commun de fonds pour financer des initiatives non-exploiteuses, et pour expérimenter une activité de production avec un salaire sans obligation de travailler. Ici, là où nous vivons, par Nicolas Guerrier par Nicolas Guerrier.
  • L’économie contributive sur la Plaine Commune : approches conceptuelles et perspectives territoriales, Le modèle de contributivité que la Chaire de Recherche tente de porter est basé sur une redéfinition du Travail dépassant la situation d’emploi, par Clara Drevet et Federico Puletti.
  • Les « initiatives citoyennes économiques » dans le Quartier de l’Arianne à Nice Des habitants font du troc, de la récupération. Ils aménagent quotidiennement, dans l’espace public, une zone de gratuité au bénéfice de touTEs, par Christophe Giroguy.

11h 30 Débat : dialogue à partir des expériences, alimenté par d’autres contributions de la salle

(*) Références biblio : L’économie sociale et solidaire. Pratiques, théories, débats, Seuil, 2016 (Coll Points Économie). – Dictionnaire de l’autre économie, Gallimard, 2006 (Coll Folio actuel).

 

Séminaire « Penser la/les transition(s) » (Dijon)

Le « social » des transitions : de l’équipement de populations d’individus pour l’insertion marchande à la constitution de publics intermédiaires – Séminaire de l’atelier « Penser la/les transition(s) »

Séance avec Hughes Bazin (Laboratoire d’Innovation sociale par la Recherche-Action), Boris Chevrot (Centre Max Weber, Université Lyon 2), Sonja Kellenberger (IRTESS Bourgogne) et Marielle Poussou-Plesse (CGC UMR CNRS uB 7366)

14 décembre 2017 – uB – MSH de Dijon – salle des séminaires de 14 h. à 17 h (accès/informations pratiques ici)

La social-démocratie européenne cherche à se tailler des habits neufs dans le maillage de droits toujours plus individualisés à transition. L’individu est enjoint de mobiliser ces droits comme des équipements à gérer, des créances qu’il peut tirer sur la collectivité en contrepartie d’une obligation à se construire comme autonome et mobile (ne pas s’enfermer dans le chômage, dans un emploi déqualifiant ou pénible, en se formant ; se socialiser aux normes d’un savoir-habiter pour intégrer au plus vite un logement de droit commun ; se soigner pour préserver son capital santé à long terme, etc.). Un État d’investissement social définit et quadrille des populations pour rendre leurs individus solvables, crédibles et flexibles face aux marchés du travail, du logement, de l’enseignement, de la santé. Les difficultés des travailleurs et intervenants sociaux (mais aussi des syndicats) à faire avec et mettre en œuvre ces nouveaux droits offrent une entrée privilégiée sur un spectre de débordements : un autre « social » déborde les logiques surplombantes pré-catégorisant les individus comme plus ou moins éloignés du marché du travail et déborde plus largement les postures d’autorité prétendant circonscrire des besoins indépendamment de leur expression par les intéressés. Des dispositifs prenant le risque de l’ouverture à ces débordements (l’accueil de familles Roms dans un village de stabilisation, la qualification de biffins comme éco-développeurs, la lutte contre l’isolement de précaires ruraux) permettent de qualifier l’enjeu d’autres transitions sociales autour de la constitution de « publics intermédiaires » (Cottereau).

Toutes les séances du séminaire 2017-2018 ici

 

Forum débat sur les Espaces d’émancipation collective et de transformation sociale (St Denis)

Lundi 16 octobre de 9h à 13h
à l’auditorium de la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord

20 av George Sand 93210 St-Denis la Plaine
RER B La Plaine – Stade de France – M° 12 Front populaire

Les acteurs-chercheurs en réseau avec le Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action sont heureux de vous inviter à un forum public pour partager leurs expériences. Ce forum sera organisé en partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord et l’Institut National de la Jeunesse et l’Éducation Populaire.

Le but de cette rencontre est de permettre aux différents acteurs d’une recherche-action de documenter et de légitimer la posture d’’acteur-chercheur, de valider leur expérience, de dégager leurs propres référentiels en tant qu’outils d’expertise et d’évaluation répondants aux besoins sociétaux.

Le croisement de ces expériences et de ces réflexions alimentera un numéro de la revue « Cahiers de l’Action » de l’INJEP (à paraître au deuxième semestre 2018). Il visera également à ouvrir une réflexion future sur livre blanc des sciences participatives (Prendre au sérieux la société de la connaissance », Alliss, Sciences Sociétés) à la MSH Paris Nord.

 

9h Accueil

9h30 introduction sur la démarche en recherche-action à travers les espaces d’émancipation et de transformation

Quelles sont les conditions d’une autonomie de pensée et d’action? Quelles méthodes validation et valorisation adopter pour que les recherches-actions et les sciences dites « participatives » contribuent effectivement aux processus d’émancipation et de transformation ?
Avec Alain Bertho, MSH – Emmanuel Porte, INJEP – Hugues Bazin, LISRA

10h-13h forum

Les expériences relatées émergent en décalage par rapport aux structures instituées, dans des zones plus ou moins délaissées ou sans emprise, où les acteurs-chercheurs construisent leurs propres référentiels d’analyse et dispositifs d’action, à travers une pratique des espaces. Que nous disent ces expériences ? De quelles mutations, transitions, métamorphoses sont-elles le signe ? Légitimer ces espaces comme autant de laboratoires citoyens d’un processus d’émancipation collective et de transformation sociale est un enjeu que pose ce forum, qui se conçoit alors lui-même comme l’expérimentation d’un espace de partage en recherche-action.

Un autre rapport au travail qui nous travaille

Comment une pratique en « tiers espaces » permet d’interroger notre rapport au travail, les modèles entrepreneuriaux et économiques ?

  • Éducation populaire et action syndicale : S’apprendre, se reconnaître, se décaler (Anne MEYER)
  • Faire des trucs d’Atelier : beaucoup avec pas grand-chose (Anton)
  • Dénouer le travail. L’expérience du Cycle Travail comme autoformation collective (Nicolas Guerrier)
  • Les économies populaires au croisement des savoirs Les ateliers biffins : le programme de recherche-action « Rues Marchandes » (Jeanne Guien, Maëlle Cappello)
  • Passer de l’environnement au milieu, la question de la transformation du rapport à l’espace en Pédagogie sociale (Laurent Ott).

Un autre rapport au territoire qui transforme

Comment le territoire peut-il se transformer en termes d’aménagement et d’écodéveloppement à partir de ses propres ressources d’une pratique au rez-de-chaussée des villes et des campagnes ?

  • De l’imaginaire au réel, lien entre tiers-espace, collectifs et territoire (Christine Balaï)
  • Habiter autrement : des squats comme leçon d’architecture (Arthur Bel)
  • Lieux numériques : entre pratiques populaires et réappropriation locale des technologies, (julien Bellanger)
  • Du bidonville au lieu de vie. La requalification de l’espace à travers les arts politiques et l’éducation populaire (Victoria Zorraquin).
  • Un centre socioculturel embarqué sur une péniche, singularités de l’espace fluvial (Éric Sapin)

Un autre rapport à l’espace qui émancipe

En quoi la pratique de ces espaces sans lieu et sans projet, basés sur l’accueil inconditionnel et la prise en compte de l’environnement, fabrique une culture commune et un cadre autonome de pensée et d’action ?

  • Debout Education Populaire : la fabrique sur la place publique d’un tiers espace dédié au partage des savoirs, au développement de l’esprit critique et la culture du commun – (Camille Arnodin)
  • La chimère citoyenne, Espace ouvert à tous, qui ne propose rien et où tout est possible (Élisabeth Sénégas, Marie Françoise Gondol)
  • Des Tiers-Espaces d’émancipation par l’action (Christophe Giroguy et le collectif des UtopienNEs )
  • « La nuit nous appartient », médiation nomade dans les quartiers populaires (Lakdar Kherfi)
  • Système Bulle. Architecture gonflable et pratiques urbaines expérimentales et engagées. (Simon Cobigo)

 

14h30-18h Atelier de recherche-action

Le forum sera suivi l’après-midi d’un atelier interne au réseau recherche-action qui portera sur les perspectives de cette mise en dialogue d’expériences en termes méthodologiques et stratégiques. Si vous êtes vous-même inscrit dans une démarche recherche-action, il est possible d’y participer sur demande motivée dans la limite des places disponibles, inscription sur le site

télécharger l‘invitation au format PDF.

Espaces d’émancipation et de transformation

L’éducation populaire réinterrogée par la recherche-action dans un travail de la culture

Où et comment s’incarne le projet émancipateur et transformateur ? Qui sont les acteurs populaires de ces mouvements ? Quels sont les dispositifs et les outils de ce processus ? Pourquoi ces acteurs ne se revendiquent pas nécessairement de l’héritage de l’éducation populaire, voire contestent cette notion ?

Une praxis sociale

Une transformation de la société ne peut se concevoir sans une émancipation individuelle et collective et réciproquement, des personnes autonomes ne peuvent s’affirmer comme minorité active sans un mouvement de transformation sociale qui les qualifie comme acteurs historiques.

Le projet de l’éducation populaire s’est renouvelé dans les luttes sociales du Front Populaire de 1936, puis la culture du maquis, de la désobéissance, de l’utopie combattante des années quarante d’où sont provenus les cadres émancipateurs de la France d’après-guerre à l’instar de Joffre Dumazedier[1] l’un des fondateurs de Peuple et Culture. Sur ce terreau s’expérimenta la pratique de « l’entraînement mental[2] » comme formation intellectuelle pratique des cadres militants de la vie associative, coopérative et syndicale s’inscrivant dans la tradition de Condorcet d’une éducation tout au long de la vie ou « l’art de s’instruire soi-même ».

Cette dynamique relève d’une « praxis sociale », selon laquelle la conscience de sa pratique d’acteur est inséparable d’une analyse critique des rapports sociaux. Il n’y aurait pas d’articulation entre émancipation et transformation si ne s’exerçait pas cette conscientisation qui est une autre manière de nommer un « travail de la culture ».

Quelle est l’importance de ce travail de la culture[3] ? Il se décrit déjà par la capacité de rassembler les éléments de la culture au quotidien[4] comme premières ressources mobilisables et structuration de résistance, notamment pour les personnes sans capital économique. La seconde dimension est une transmission en situation par autoformation réciproque et intergénérationnelle permettant de se réapproprier collectivement un savoir pragmatique en croisement avec d’autres savoirs (professionnels, scientifiques). Il se poursuit enfin par une symbolisation susceptible, notamment à travers l’art et la science, de permettre à ce processus d’être diffusé et assimilable par tous comme point de référence au-delà des langues et des cultures particulières.

Mais, dès les années soixante-dix ce processus commence à se dissoudre avec la notion même de culture vidant de sa substance le projet de l’éducation populaire qui se maintient plus que par ses institutions et ses activités professionnelles sectorielles suppléant à la crise de l’État social.

Pour réarticuler aujourd’hui émancipation et transformation par un travail de la culture, il nous faudrait dégager une nouvelle pensée politique de la culture à travers une analyse critique. C’est là où la démarche de recherche-action prend toute sa place.

Symptomatique de cette désarticulation, l’apologie de l’émancipation individuelle sans transformation de la société consacre la prédominance de l’idéologie néolibérale entrepreneuriale renvoyant l’individu à sa seule responsabilité, le précaire à sa solitude et les sciences sociales aux oubliettes. L’ubérisation de la société et la dérégulation sauvage n’en sont que les derniers avatars économiques.

Et inversement, la transformation sans l’émancipation sous l’argument de dépasser les blocages sociétaux confirme la prise de pouvoir technicienne d’opérateurs agissant du haut vers le bas et s’érigeant en nouvelle oligarchie derrière un vernis démocratique. Il est d’autant plus compliqué de cerner ce rapport de classe/castes qu’il se pare du discours de la « créativité » délégitimant celle émanant des couches populaires, enfumant les esprits d’une nova langue gorgée d’accents progressistes, chantre des nouvelles technologies et de la mondialisation, raflant les symboles révolutionnaires[5] pour mieux les dépouiller de leurs forces subversives.

Autre indicateur, le discours de la « participation » et du « pouvoir d’agir » (ou « empowerment ») convoqué dans toutes les strates de décision sous des inflexions « éducation populaire » cache mal une injonction paradoxale. De fait, la participation comprise comme modalité de gouvernance n’est pas là pour restaurer le lien entre émancipation et transformation, mais au contraire vérifier qu’il ne puisse pas s’établir en contre-pouvoir. Les promoteurs de la participation, surtout s’ils sont de bonne volonté, deviennent les meilleurs supports d’une aliénation vérifiant l’axiome que toute domination ne peut s’établir sans le consentement des dominés. On peut tout autant se poser la question si la thématique au goût du jour d’une « science participative » peut infléchir cette logique[6].

C’est bien au cœur de ce jeu que se situe l’enjeu à la fois humain et politique dans la possibilité d’émettre une analyse critique des mutations et produire de nouvelles connaissances ; de se constituer comme acteur et minorités actives orientant les choix de société, notamment par la reprise d’un récit collectif comme ressource ; d’apporter des éléments éthiques et méthodologiques d’une contre-expertise quant aux mécanismes de transition.

Désarticulation des années quatre-vingt

Le développement exponentiel de la société de consommation consacre la marchandisation généralisée du mode de vie, dépassant la sphère du travail pour occuper le champ du temps « libre ». C’est justement dans cet espace que l’éducation populaire des années soixante pensait porter son projet émancipatoire, espace dorénavant saturé par un capitalisme cognitif exploitant la matière existentielle au-delà de la simple force de travail. Ou plus précisément, c’est l’ensemble de la société civile qui est converti aux normes de l’entreprise s’imposant comme seul horizon acceptable et pensable.

Quelles sont les raisons pour lesquelles la culture n’a pas pu jouer ici son rôle politique ? Relevons trois facteurs principaux.

Constatons la perte d’autonomie des quartiers populaires qui s’inscrivaient dans un rapport de luttes sociales ne séparant le cadre de vie de celui du travail à l’instar des « banlieues rouges », des régies de quartier, des mouvements pour les droits des minorités revendiquant une citoyenneté culturelle, des fêtes populaires autogérées comme les concerts « Rock Against Police ». C’était il y a 35 ans, l’organisation autonome des quartiers… A partir de ces concerts gratuits et auto-organisés, l’idée est « de brancher des gens qui vivent dans la même merde, qui partagent les mêmes besoins, les mêmes envies », de créer des occasions de rencontres et de circulations à l’intérieur des cités, mais aussi entre différentes banlieues. Dans une conjoncture particulièrement tendue, face aux meurtres, au racisme et à l’occupation policière, l’enjeu est de se réapproprier « le territoire social » de la cité. Et donc, pour les « jeunes immigrés et prolétaires de banlieue », cible et bouc-émissaire principaux de l’idéologie sécuritaire, de s’affirmer et de prendre la parole de façon autonome, en dehors des cadres et des discours établis. A travers la recherche d’un imaginaire et d’une identité collective propres, il s’agit très concrètement d’arracher une possibilité d’existence, d’affirmer ses besoins et ses aspirations à une autre vie. Ces organisations solidaires dessinaient une géographie territoriale de leurs propres ressources susceptibles de constituer autant de pôles de résistance, notamment à travers un tissu associatif fort et autonome.

L’ « affaire Théo » à la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois le 2 février 2017[7], au-delà du grave préjudice physique et moral a soulevé autant l’indignation parce qu’elle synthétisait la désagrégation sociale et culturelle renforcée par une ségrégation territoriale et raciale de ces dernières décennies. Une quarantaine d’années plus tôt c’était une cité ouvrière dont les luttes dans l’industrie automobile servaient d’exemple [8]. Les quartiers populaires ont toujours été en lutte. Ce qui rend aujourd’hui le caractère répressif intolérable, c’est la déconstruction des organisations autonomes de résistance sans accorder aux révoltes émeutières le statut de luttes sociales[9].

La déperdition d’un travail de la culture s’est également opérée sous le double mouvement d’une mondialisation et d’une localisation de la culture lui enlevant son caractère processuel (ressources, transmission, symbolisation) pour la naturaliser comme objet : objet marchand standardisé d’une industrie culturelle et objet identitaire assigné à une forme ethnique ou territoriale. La montée des fondamentalistes est un marqueur politique de cette double emprise qui n’offre plus de prise autrement que dans une construction de la réalité de l’ordre de la croyance. Les nouvelles technologies n’offrent pas plus la raison d’une défense démocratique. En nous servant de béquille intellectuelle, elles atrophient l’exercice critique de vérification des faits dans la profusion du mensonge (Hoax, troll, fake news, canulars) au profit de groupes affinitaires confortant les obscurantismes et les conspirationnismes.

Enfin, à partir des années soixante-dix et surtout à partir de l’extension de l’industrie culturelle dans les années quatre-vingt, la professionnalisation de ce travail de la culture conduit à la production d’une surcouche appelée « le culturel » constituer par ceux qui vivent de la médiation et de la diffusion culturelle. L’éducation populaire n’échappe à pas à cette professionnalisation et sectorisation des processus de solidarité, d’émancipation et de transformation. Tandis que les métiers traditionnels d’accompagnement du travail social sont en crise et s’inscrivent de plus en plus dans une logique de contrôle, de nouvelles professions apparaissent telle que l’animateur socioculturel, l’agent développement local ou le médiateur social et culturel. La marchandisation du secteur de la formation permanente change les cadres de l’éducation populaire en prestataires de services en direction des couches intermédiaires du secteur socioculturel sans toucher les populations qui souffrent le plus.

Cette couche technicienne et son idéologie techniciste, de l’ingénierie de projet au « design social », censée améliorer les conditions de vie à tendance à fétichiser l’outil d’intervention qui devient une finalité en soi plutôt que de s’appuyer sur les processus d’émancipation et de transformation.

Se réapproprier les espaces d’un travail de la culture

Si les décennies 1980-2000 conduisent à une forte désagrégation des formes de résistance dans et en dehors de la sphère du travail, où peut s’exercer de nouveau un travail de la culture ? Les acteurs de chaque époque sont pris dans les contradictions des relations de pouvoir où chacun s’affaire à la reproduction des structures et à leur subversion. Il est donc toujours possible de recréer ou investir des espaces pour que la société soit pensable autrement. C’est ainsi que l’occupation d’espaces délaissés se propage à partir des années 2000.

Le système hégémonique de l’économie néolibérale crée les conditions de sa propre faiblesse. La société postindustrielle de la mondialisation, du productivisme, de l’interconnexion et de l’hyper vitesse a laissé des pans entiers de la société en friche, notamment les anciennes zones industrielles, les quartiers populaires, les territoires ruraux et les villes de moyenne importance en dehors des grands pôles régionaux qui se présentent comme « créatifs, fluides et flexibles » à l’image du profil des employés subordonnés à cette économie.

Si le phénomène de zones d’abandon n’est pas nouveau dans les périodes de mutation, celui-ci est d’ampleur inégalée. Nous pourrions alors concevoir que dans les zones reléguées, voire dévastées, s’opèrent des reconfigurations à l’instar des tiers paysages[10] » dont la déprise de l’activité humaine favorise un nouvel équilibre écosystémique. Si le monde policé tenter à comparer les zones en friche à des contrées sauvages délabrées nous pourrions répondre que le côté sauvage est plutôt du côté du monde financier dérégulé et qu’au contraire peut-être que dans c’est tiers espace pourrait s’instaurer une créativité non marchandisée ? Il n’en demeure pas moins que ces indicateurs d’une transition ravivent les tensions politiques et que cette géographie sociale des territoires délaissés et des populations invisibilisées alimente des idéologies réactionnaires, néolibérales ou transformatrices suivant justement le rôle attribué à la culture.

Dans sa forme réactionnaire est évoquée une « France périphérique » en opposition aux centres urbains mondialisés. C’est une essentialisation culturelle des territoires délaissés selon des critères identitaires. Ce serait la France d’en bas qui voterait Front National et serait confrontée à l’insécurité culturelle. Le géographe Christophe Guilluy[11] a rendu célèbre cette thèse qui alimente un néoconservatisme xénophobe et nationaliste.

Dans sa forme néolibérale, ces espaces font l’objet de convoitise. Sous le couvert d’une « reconquête des territoires » ou de « l’attractivité des territoires », des bataillons d’artistes, d’architectes et autres consultants sont convoqués pour justifier cette conception de l’aménagement. Ici la notion de créativité est détournée non pour soutenir une autonomisation des plus défavorisés, mais pour servir les intérêts de catégories socioprofessionnelles intermédiaires qui maîtrisent les clés de langage et apparaissent comme légitimes en matière de développement.

Idéologies réactionnaires et néolibérales se recoupent dans une vision culturaliste rigidifiant toute articulation entre émancipation et transformation. Peut-on imaginer une troisième configuration où puisse se loger dans ces tiers espaces un véritable travail de la culture réinterrogeant le projet d’une éducation populaire ?

Face au resserrement d’une politique économique contrainte par des logiques gestionnaires et techniciennes où l’humain n’est qu’une variable d’ajustement, où l’ensemble de la société civile est converti aux normes de l’entreprise et que toutes les dimensions existentielles sont marchandisées, est-ce que d’autres formes d’entreprise peuvent se déployer dans des « contre-espaces » comme les soutiennent les ZAD et autres zones autonomes ?

Une respatialisation qui mise sur une créativité non productiviste, une créativité populaire revient à revendiquer et assumer un « art du bricolage » comme culture de résistance et d’autoformation réciproque[12]. Elle se caractérise par la capacité de prendre en compte des situations aléatoires contribuant à une culture de l’incertitude facilitant la revalorisation par le détournement des situations déclassées ou reléguées.

Cette architecture fluide selon une maîtrise d’usage des espaces se construit dans la confrontation avec les matériaux bruts à disposition ou à proximité. Elle contribue à une économie populaire[13] basée sur les ressources endogènes du territoire et une économie du commun[14] impliquant une autre manière de faire collectif. Le principe de processus est préféré à celui de « projet » dans une approche intuitive et réflexive. Sans exclure toute forme de professionnalisation, celle-ci emprunte des chemins braconniers où est valorisée sa propre façon d’organiser, de classer, de hiérarchiser ses modes de validation et de jugement, distincts de ceux de l’institution, de l’entreprise ou de l’école académique.

Ainsi les tiers espaces favorisent des formes hybrides d’une autre créativité. Relevons quelques exemples :

  • En Limousin s’organise un cycle sur le travail animé par l’association Medication Time et le concourt de Peuple et Culture, espace d’autoformation où l’on met en résonance, en débat, ses vécus du travail et ses recherches.
  • En région parisienne, le collectif Rues Marchandes travaille dans les espaces informels d’une économie populaire et organise des ateliers pour l’écriture d’un guide culturel des droits des récupérateurs vendeurs.
  • Le réseau tiers Lieu Nomade organise avec le labo social des lieux temporaires de croisement sur la question des tiers espaces et du territoire.
  • La ManuFabrik, notamment les activités de l’AmorçÂge ouvrent avec les acteurs du quartier populaire de l’Ariane à Nice l’espace de l’Utopie qui se décline sur le quartier en contre-espace les jours de marché, tiers-paysage de jardins partagés, locaux d’un tiers-lieu permanent, etc.
  • À Grenoble la Chimère Citoyenne a ouvert un espace de partage inédit, justement parce que c’est « un lieu qui ne propose rien, pour que tout soit possible », une des caractéristiques communes à toutes ces expériences.
  • Les squats comme celui du Clos Sauvage en banlieue de Paris sont des architectures écologiques qui questionnent le mode d’habitat et d’aménagement du territoire renvoyant à des modes de vies individualistes qui multiplient les dépenses matérielles selon un monde dominé par le chiffre et la pensée rationnelle.
  • Une démarche en pédagogie sociale portée par l’association Intermèdes expérimente dans les bidonvilles Rroms de nouvelles façons de vivre et travailler et éduquer ensemble hors institution, développant les potentiels de création et d’expression des enfants selon les principes d’inconditionnalité de l’accueil et de recherche de l’autonomie.
  • Les Parcours Numériques dans les Pays de la Loire proposent des croisements recherche-action autour de la culture numérique et l’éducation populaire, rejoignant l’expérience de fablabs quand ils prennent le sens d’autofabrication collective.
  • Des bricoleurs artistes se rebellent contrent les circuits de diffusion et de classification, retrouvent leurs « publics » dans une expérience en ateliers pour « faire des trucs ».
  • Le « mouvement des places » et le maillage en réseau de Nuit Debout en résonance avec les mouvements sociaux de mai 2016 sur la loi travail se perpétuent et s’infiltrent sous des espaces multiformes qui interrogent les modes d’organisation et de gouvernance entre horizontalité et verticalité.

À la vue de cette présentation, la question se pose si la notion de tiers espaces couvre une simple juxtaposition d’expériences artificiellement regroupée par une construction sociologique et idéologique ou si elles participent d’une approche de la complexité susceptible de comprendre les conditions d’une transition.

La diversité des parcours et des contextes de formation et leur éparpillement sur les territoires conduiraient à les considérer plutôt comme des îlots séparés. Ces expériences entrent difficilement sous des labels, passant et pour cause, sous les radars des observatoires institutionnels.

On peut y voir au contraire une concordance puisque ces situations au rez-de-chaussée des villes et des campagnes constituent la plus petite unité de l’échelle du commun à partir de laquelle s’élabore une commune politique.

Parce que ces situations n’émanent pas d’une volonté descendante, mais opèrent par processus émergeant, elles nous poussent à chercher s’il n’existe pas une trame sous-jacente qui ramifie ces îlots en archipel dans un autre rapport au développement et aux territoires, dans la constitution de minorités actives, dans l’autoformation de compétences collectives et dans un travail réflexif.

Un autre enjeu est celui d’un récit collectif où les acteurs de ces espaces ne se revendiquent généralement pas de l’histoire de l’éducation populaire[15] ou d’autres traditions militantes. S’il y a un récit des luttes, il est en train de s’écrire confirmant que nous sommes dans un travail de la culture permettant d’articuler processus d’émancipation et de transformations sociales où chacun peut se définir comme acteur social et producteur de connaissance dans la capacité à travailler sur sa propre expérience.

Il ne s’agit pas de provoquer une nouvelle labellisation sous le prétexte de chercher une unification entre ces différentes expériences. Ce serait contribuer à la reproduction d’un rapport de domination, où nous avons vu comme combien il était facile d’instrumentaliser le rôle de la culture et détourner des notions d’innovation sociale. Nous avons notamment remarqué que les labels de « nouveautés et d’innovation » conduisent à transformer un processus en produit marchand dans un rapport docile au travail sous le couvert des nouvelles technologies, du coworking, des start-up et autres incubateurs de projets.

Mais rien n’empêche de défendre une autre conception de l’innovation sociale qui n’a pas obligatoirement un lien avec ces « nouveautés », mais cherche selon un principe de créativité populaire à répondre directement et durablement par des services aux populations qui en ont plus besoin en partant de ses propres ressources et capacités de mobilisation. Les tiers espaces seraient symptomatiques de cette recomposition d’un art de faire et d’être.

Réhabiliter la fonction des sciences sociales par la recherche-action

La recherche-action peut être une manière de répondre à ce paradoxe d’établir des correspondances sans imposer une unification, de reconnaître, valider et valoriser ces espaces tout en se refusant à une modélisation conduisant à une labellisation. Il s’agit donc moins de reproduire des dispositifs que d’établir des référentiels par une praxis des espaces, cette science des pratiques amenant à une analyse critique des rapports de production et de pouvoir.

La recherche-action vise à privilégier ce caractère processuel de la création dans des espaces du commun où se croise une diversité dans des dispositifs d’ateliers et d’autoformation, dans une manière de se confronter aux situations redistribuant les rôles socioprofessionnels.

À travers la rencontre de ces « espaces intermédiaires de l’existence »[16] et des acteurs qui les portent, s’est structuré pour nous de manière intuitive et non instituée une démarche de recherche-action depuis le début des années 2000 qui pris la forme d’un réseau appelé « espaces populaires de création culturelle »[17] puis d’un « Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action ».

Le statut d’« acteurs-chercheurs » caractérise une posture existentielle éthique qui n’est pas directement reliée à un statut professionnel et permet d’autant mieux de questionner ces statuts dans leur cœur de métier. Cela évite la prise de pouvoir d’un savoir sur un autre au profit d’un croisement des savoirs entre l’apport des métiers, de l’expérience pragmatique et de l’outillage conceptuel.

C’est en cela que la recherche-action permet d’ouvrir un imaginaire instituant et favoriser l’émergence de contre-espaces qui se caractérisent par la possibilité à la fois d’imaginer une autre manière de faire société tout en développant des compétences en matière de contre-expertise. Peut s’y réinventer des stratégies émancipatrices, formatrices, transformatrices, subversives constituant autant d’inscriptions des luttes dans le champ social.

La recherche-action en tant que science transdisciplinaire voir « indisciplinée » permet d’aborder un travail sur la complexité en favorisant des mises en relation inédite. Effectivement, les disciplines propres au savoir académique ont leur « forme épistémique » qui les porte vers une certaine vision du monde. En décryptant les modes de production de connaissance, on comprend comment les stratégies de savoir se rapportent aux idéologies qui s’expriment dans la manière d’organiser la connaissance. Cela permet d’analyser une certaine perte d’influence des sciences sociales sur l’éclairage des mouvements de transformation, quand elles ne sont pas explicitement assimilées au pouvoir dominant.

La recherche-action rappelle une des fonctions originelles des sciences de la société quand elle renoue avec la tradition d’un engagement où les chercheurs n’éludent pas leur responsabilité d’acteur en matière de changement et ne manquent pas de nous rendre visibles les enjeux d’une implication en faveur de la justice sociale, de l’égalité et de la démocratie. On peut dans ce sens considérer le dispositif en labo social comme la possibilité de la société civile de travailler sur elle-même : partir des processus plutôt que des dispositifs ; légitimer la posture de l’acteur-chercheur ; valider de nouveaux référentiels qui permettent une diffusion et une réappropriation de la connaissance dans un travail critique ; accompagner des expérimentations pour qu’elles ne restent pas seulement expérimentales et s’inscrivent de droit dans une maîtrise d’ouvrage d’un développement territorial.

Nous pouvons alors poser ce que seraient quelques-uns des référentiels des tiers espaces d’une transition :

Ce sont des espaces transfrontaliers de croisement où peut s’exprimer et se confronter une diversité, où peut être validé un savoir pragmatique, avec des parcours d’expériences hétérogènes permettant aux personnes d’élaborer une contre-expertise.

Ce sont des espaces hybrides dans le sens où il permet à chacun d’interroger son cœur de métier, sa posture socioprofessionnelle en faisant un « pas de côté », mélanger des compétences et des expériences dans le sens d’une intelligence collective ;

Ce sont des espaces de réflexivité et d’autoformation amenant chacun à s’interroger sur sa pratique et à comprendre en quoi la connaissance produite à partir de ses propres matériaux expérientiels alimente un processus de transformation individuelle et sociale ;

Ce sont des espaces écosystémiques d’interdépendance et de régulation entre des formes d’activités socio-économiques permettant de répondre aux besoins vitaux tout en expérimentant une autre manière de faire société.


Hugues Bazin, conférence dans le cycle « comprendre ce qui nous arrive » organisé par Peuple et Culture, Paris, 7 avril 2014.


[1] Pierre Bitoun, Les hommes Uriage, Paris : La Découverte, 1988.

[2] Isabelle Lévy, Dominique Païni, Pratique de l’entraînement mental, Peuple et Culture, 1979.

[3] Hugues Bazin, Les conditions-pour-une-pensee-politique-de-la-culture, rapport pour la fédération des Centres Sociaux et Culturels de Gironde, 2013

[4] Dans les tactiques du quotidien, on retrouve chez Michel de Certeau cette approche souple et heuristique en termes d’articulations, d’emplois et de réemplois de contenus et de faires. Michel de Certeau, L’Invention du quotidien, 1. : Arts de faire et 2. : Habiter, cuisiner, Paris : Gallimard, 1980.

[5] Alors que l’idéal révolutionnaire s’était structuré dans la conscience de classe, notamment dans l’opposition droite / gauche, aujourd’hui c’est l’effacement de ce rapport qui es présenté comme « révolutionnaire » à l’instar du titre du livre d’Emmanuel Macron « Révolutions ».

[6] Laetitia Delhon, « La science participative peut-elle réenchanter la démocratie ? », TSA no 82, 2017, pp. 10-12.

[7] Le 2 février, dans la cité des 3000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Théo L., 22 ans, est gravement blessé, violé par une matraque télescopique d’un policier.

[8] Les luttes sociales portaient autant sur le travail que sur le logement, les lois discriminatoires d’expulsion, les actes racistes. Les grèves sont l’occasion de libérer une parole muselée. Les quartiers populaires trouvent une certaine autonomie dans cette articulation entre luttes professionnelles et luttes des minorités.

[9] Hugues Bazin, Police des banlieues, contremaitre du néo capitalisme, www.recherche-action.fr, 2017

[10] Gilles Clément, Manifeste du tiers paysage,, 2004

[11] Christophe Guilluy, La France périphérique : Comment on a sacrifié les classes populaires, Paris : Flammarion, 2014

[12] Hugues Bazin, Contre-espaces d’une économie créative et populaire, recherche-action.fr, 2017

[13] L’économie populaire désigne l’ensemble des activités économiques et des pratiques sociales développées par les groupes populaires en vue de garantir, par l’utilisation de leur propre force de travail et des ressources disponibles, la satisfaction des besoins de base, matériels autant qu’immatériels.

[14] Ensemble des activités ne relevant ni du secteur public ni du secteur privé à but lucratif, et qui œuvrent à l’intérêt général. Un bien commun répond à des critères de de non-exclusion et de non-rivalité. : on ne peut exclure personne de son usage, et l’usage par un individu n’empêche pas celui d’un autre. Cela ouvre des droits : accès aux connaissances, droit culturel, droit à un environnement sain, droit aux ressources naturelles équitablement partagées, droit au patrimoine commun de l’humanité.

[15] Hugues Bazin, « Les enfants non reconnus de l’éducation populaire », revue Agora débats/jeunesses n° 44, L’Harmattan, 2007, pp.46-61.

[16] Hugues Bazin, « Les espaces intermédiaires de l’existence », revue Arpentages No 9, Scènes Obliques éditions, 2012, pp.33-45.

[17] Hugues Bazin, Espaces populaires de création culturelle : enjeux d’une recherche- action situationnelle, Éditions de l’INJEP, 2006, 91p, (Collection « Jeunesse/Éducation/Territoires : cahiers de l’action »).

Espaces De Transformation Et Emancipation
Espaces De Transformation Et Emancipation
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« Tiers-Espaces » comme support d’innovation sociale et citoyenne en quartiers populaires à travers l’expérience du quartier de l’Ariane à Nice

Rencontres recherche-action les 11 et 12 mai 2017 avec les acteurs du quartier de l’Ariane
sur l’invitation de la ManuFabrik,
notamment les activités de l’AmorçÂge et l’ouverture de l’espace de l’Utopie

« Tiers-Espaces »  comme support d’’innovation sociale et citoyenne en quartiers populaires
à travers l’’expérience du quartier de l’Ariane à Nice.

Les habitants acteurs du quartier (conseil citoyen, jury FPH, porteur de projets, acteurs/trice de théâtre forum ou d’improvisation…) sont invités à réfléchir et à écrire collectivement sur ce qu’ils sont en train de vivre à travers les nouveaux espaces qui s’ouvrent sur le quartier depuis plusieurs mois : contre-espace les jours de marché, tiers-paysage au jardin partagé, L’UTOPIE sorte de Tiers-lieu … mais aussi les espaces d’art social avec la colorisation de certaines entrées d’école, le mur Léon Jouhault …

Il nous paraît intéressant de nous attacher à un processus de transformation entre les personnes et les espaces selon un mode non institué, mais instituant construisant de nouveaux référentiels en matière d’éducation populaire, de développement économique et de modèle de gouvernance.

Hugues Bazin, ancien professionnel du champ social en prévention spécialisée et directeur de la revue Paroles Et Pratiques Sociales dans les années 1980, puis diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales en anthropologie et sociologie, en devenant chercheur indépendant il synthétise dans son parcours ces deux dimensions, sociale et scientifique. Cette articulation s’illustre le mieux dans une démarche de recherche-action auprès de populations et d’espaces sociaux dont les problématiques restent bien souvent dans l’angle mort de la connaissance, viendra sur le quartier de l’Ariane :

Jeudi 11 mai 2017 de 10h à 17h  à L’UTOPIE pour construire un débat avec les habitants-acteurs + partenaires associatifs pour commencer l’écrit collectif : confirmer ou infirmer un processus et quel processus ?, développer une démarche…mettre en débat notre rapport au territoire, au travail…
sous forme d’un plateau radio ?

Vendredi 12 mai 2017 à partir de 10 h : visite du quartier depuis l’espace du marché vers le jardin partagé de La Panpa, les écoles et où vous aurez envie de l’accompagner.

Vendredi 12 mai 2017 de 14h00 à 16h00 à L’UTOPIE : débat avec les technicien(ne)s des institutions et les travailleurs sociaux du quartier. Quel regard ? Quel positionnement dans une démarche de transformation sociale ?

Contact

Christophe Giroguy – 06 64 30 23 74 – lamorcage@lamanufabrik.net

L’Utopie, rue des Eglantines, l’Ariane, Nice, 06300

Facebook : L’AmorçÂge Nice

 

Journée d’étude « Les chercheurs et l’action – Situations, collaborations et finalités » (St Denis)

161129_mshRecherches collaboratives, participatives, contributives, impliquées… : si le vocabulaire n’est pas vraiment fixé, les expériences se multiplient, donnant une nouvelle jeunesse aux recherches-actions.
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Souvent mal reconnues au regard des critères académiques, ces démarches répondent à un double besoin : celui des chercheurs et celui des acteurs. D’un côté, les disciplines constituées éprouvent leurs limites face aux situations contemporaines, leurs enjeux démocratiques, et face à l’émergence de nouveaux objets. Elles cherchent à les dépasser par l’interdisciplinarité et la mobilisation de partenaires non académiques. De l’autre, les acteurs sociaux, économiques, politiques, institutionnels sont en demande d’un éclairage savant qui intègre et prenne en compte leur propres problématiques et objectifs. Les limites contemporaines de l’institution sont également en jeu : limites avouées dans la capacité à penser des situations, limites dans la capacité à décider et à faire ; limite dans la capacité de représentation politique.

Lieu et inscription

MSH Paris Nord – 20 avenue George Sand – 93210 La Plaine Saint-Denis
Métro Ligne 12 – Terminus station Front Populaire, RER B La Plaine – Stade de France

Inscription obligatoire

Programme

9h ouverture par Alain BERTHO

1. Pourquoi de nouveaux paradigmes de recherche ?

Quel contexte politique, social, technologique ? Quels impensés du monde actuel ?

  • Bernard STIEGLER > IRI, université de Compiègne > Disrupion et recherche contributive
  • Sylvain LAZARUS > université Paris 8 > Aujourd’hui, que faire dans le travail d’enquête de l’hypothèse d’une capacité politique des gens ?
  • Marion CARREL > université Lille 3 > Vers une épistémologie post-pauvreté ? Les enjeux du croisement des savoirs entre personnes en situation de pauvreté, praticien.ne.s et chercheur.e.s chez ATD Quart Monde

10h30-11h pause café

2. Les chercheurs interpellés : par qui et pour quoi ?

Qui est prescripteur ? (La puissance publique ? Une entreprise ? Un collectif militant ? Les intéressés eux-mêmes ?) Quels sont les besoins ? Quels vides remplissent-ils ?

  • Hugues BAZIN > LISRA > Quand la commande vient d’ « en-bas » : le principe de laboratoire social au prisme d’une recherche-action avec les récupérateurs vendeurs
  • Patrick BRAOUEZEC  > Président de Plaine Commune > Territoire et recherche-action : une coopération à consolider.
  • Marc LIPINSKI > CNRS >10 ans de partenariats institutions – citoyens pour la recherche et l’innovation (Picri) et après ?

12h30 -14h repas

3. Quels formats de recherche i pour quelles finalités ?

Quelles collaborations ? Pour quels savoirs ? Produit-on du commun ou des usages disjoints ? Quelle finalité critique ou politique de la démarche ? Quels effets sur les disciplines et sur l’action collective ?

  • Francine SAILLANT > université Laval > La recherche dans les milieux communautaires au Québec : jeux de normes et d’éthique
  • Hugues BAZIN / Mélanie DUCLOS / Véronique POUPARD > Plaine Commune > Expérimenter les rues marchandes comme démarche de recherche-action avec les biffins sur Plaine Commune ?
  • Pascal NICOLAS LE STRAT > université Paris 8 > Faire commun en recherche

15h-15h30 pause

  • Jean Michel FOURNIAU > Iffstar > Excellence scientifique et pertinence sociale : deux critères indépendants dans l’évaluation des sciences participatives
  • Mathieu VALDENAIRE > FEJ,> Quelles recherches-expérimentations soutenues par le Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse ? Quelle capitalisation ?
  • Agnès DEBOULET > Université Paris 8 > Co-produire du savoir et de l’action : enjeux internationaux des formats coopératifs en milieu urbain (après Habitat III)

Conclusion des discutants de la première partie de la matinée

17h Cocktail

Fablab’in Pays de la Loire, « Artisanat et travail : ce qui s’invente »

img_2086-620x350Fablabs, ateliers partagés, hackerspaces, tiers-lieux ouverts ou en construction, l’association Ping et le centre social du Chemillois organisent une journée de rencontre et d’échanges le vendredi 18 novembre prochain, autour de ces nouveaux lieux de fabrication en Région ! Inscriptions ouvertes jusqu’au 10 novembre.

Au programme de cette deuxième rencontre Fablab’in Pays de la Loire :

9h30 – Accueil, café

10h – Pleinière
> Retours sur la création du Réseau des fablabs français et présentation de FAB14, le congrès mondial des fablabs qui se tiendra en France en 2018.

11h30 – Visite des locaux du Boc@l, le tout jeune lieu de bricolage du Centre Social du Chemillois, et atelier cartographie des labs en Région.

12h30 – Déjeuner offert sur place aux participants

14h30 – Barcamp : 4 ateliers participatifs pour échanger vos questions, conseils et retours d’expérience sur la création et la vie d’un fablab
> La  structuration d’un fablab : quel modèle économique mettre en place?
>
Le fablab au quotidien : échange de bonnes pratiques
> Comment faire naître, vivre et grandir une communauté autour du fablab ?
> Pourquoi et comment faire de la documentation un réflexe au sein du fablab ?

17h – Restitution

18hConférence-débat autour du thème « Artisanat et travail : ce qui s’invente dans les fablabs »
Hugues Bazin

En pratique
Places limitées – Inscription obligatoire avant le 10 novembre
Le 18 novembre, retrouvez :

Tanneguy de Villemagne, fabmanager du FabMake (Bouguenais, 44)
Dominique Petit, médiateur info et porteur d’un projet de fablab dans la Sarthe
Thibaut Métivier, designer indépendant et créateur d’un outil de documentation pour les fablabs (Nantes)
Yoran Fourel, développeur-maker et porteur d’un projet de fablab dans le Maine-et-Loire
Thierry Celdran, éducateur et membre d’un fablab dans le Maine-et-Loire
Benoit Furet, enseignant chercheur impliqué dans le projet de création du fablab de l’Université de Nantes
Mehdi Lhommeau, maître de conférences (Angers)
Henri Goimard, volontaire en service civique et porteur d’un projet de fablab en Loire-Atlantique
Laurent Martin, ingénieur R&D et amateur passionné (Angers)
Emmanuel Fort, développeur et porteur d’un projet de fablab en Vendée
Luc Georgelin, chef d’entreprise et membre d’un fablab en Vendée
Vincent Nicolas, gérant d’un espace de coworking et porteur d’un projet de fablab en Vendée
Julien Paris, développeur de l’outil Libviz et membre du fablab Plateforme C de PiNG (Nantes)
Michel Akkaoui, fondateur de l’atelier partagé L’Établi et porteur d’un projet de tiers-lieux à Angers
Matthieu Brient, chargé de mission numérique au LabFab (Rennes)
Pascal Delanoë & Jean-Claude Bellier, chargés de mission à la fondation Orange, qui porte notamment le programme « Fablabs Solidaires«
Edouard Pointel, membre de l’association l’Établi (Angers)
Thibaud Menanteau & Matthieu Chatry, facilitateurs au fablab Zbis de l’association SC21 (Saint-Georges de Montaigu, 85)
Benoit Besse, Conseiller d’éducation populaire et de la jeunesse à la Direction départementale de la cohésion sociale du Maine-et-Loire
Pascal Pinault, ingénieur et membre du fablab Lannion (22)
Tatiana Smadja, décoratrice et porteuse d’un projet de création d’un fablab sur l’Île d’Yeu (85)
Karim Beddiar, responsable recherche et innovation au CESI de Nantes, et porteur d’un projet de fablab.
Lorraine Bertrand, chargée de mission numérique à l’agglomération de Saint-Nazaire, et qui souhaiterait y voir se créer un fablab
Agnes Tabellout, porteuse d’un projet de création de fablab au Mans (72)
Laurent Malys, développeur et membre du fablab Plateforme C de PiNG (Nantes)
Alexandre Lalanne, designer et « fablab lover »
Alexandra Panserrieu, bibliothécaire à Avrillé (49) et à l’initiative d’une « malle fablab »‘ à destination des bibliothèques
Didier Roudaut, informaticien et président du FunLab de Tours (Indre-et-Loire)
Sébastien Chauveau, stagiaire fabmanager à Plateforme C (Nantes)

 

Vous avez dit éducation populaire ?

Qu’on se le dise, la révolution démocratique ne tombera pas du ciel … Et sans doute est-il utile pour cela de renouer avec une éducation populaire digne de ce nom visant à la transformation sociale et à l’émancipation collective. Tour et détour de l’histoire de l’éducation populaire en France et ailleurs.

samedi 19 mars 2016, Halle aux Sucres, Dunkerque

Avec Hugues BAZIN, chercheur indépendant en sciences sociales, coordinateur du Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action et Joackim REBECCA, sociologue et ancien membre de la SCOP d’Education populaire Le Pavé.

Biffins, glaneurs, collecteurs … quelle place pour le secteur informel dans la gestion des déchets

Dans la cadre de la première édition du festival zerowaste France

Biffins, glaneurs, collecteurs … quelle place pour le secteur informel dans la gestion des déchets

Vendredi 1er Juillet 2016 de 10h30 à 11h45 zerowastefrance

Péniche – Salle de projection Amarrée à l’extérieur du Cabaret Sauvage, Parc de la Villette, Paris 19e

Regards croisés de différents acteurs (glâneurs, biffins, chercheurs, collectivités) sur la place du secteur informel dans la gestion des déchets. Comment intégrer ou non ces acteurs au système et pour quels bénéfices ?

Intervenants :

Parmi les thématiques abordées :

  • De la sécurité (contamination, danger de fouiller dans les poubelles, lieux de collecte à risque, risque de blessures, insécurités liées à la précarité etc.
  • Insertion par le travail, insertion par le nettoyage, insertion à la fois en termes culturels (migrants) mais aussi en termes de travail (reconnu ou non)
  • Quel travail avec la ville ? (marché des biffins ? quelles fins de marché ? quelles relations sur la fouille des poubelles ? (Biffe); que faire des déchets collectés ? Quelles relations sur la récupération d’invendus ?
  • Quels sont les freins observés ? les revendications ?

 

Projection-débat : les biffins d’ici et d’ailleurs

Samedi 2 juillet 2016 de 14h à 15h30

Péniche – Salle de projection Amarrée à l’extérieur du Cabaret Sauvage, Parc de la Villette, Paris 19e

Projection de court-métrages de présentation du travail et des combats de biffins à Paris et à Bogota suivie d’un débat en présence d’une géographe, de représentants d’associations de biffins et de biffins eux-mêmes.
Intervenants :
  • Samuel Le Coeur, Président et Co-fondateur, AMELIOR (Association des Marchés Economiques Locaux Individuels et Organisés du Recyclage)
  • Bénédicte Florin, Maître de conférences en géographie humaine, urbaine, régionale et en géographie du monde arabe à l’Université de Tours
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École thématique « Recherche-action Participative : outils et ontologie » (Saint Martin de Londres – 34)

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Contexte

« Les outils et méthodes de la Recherche Action Participative (RAP) ont fait leurs preuves pour développer une nouvelle éthique des relations entre sciences et sociétés. Il ne s’agit plus d’extraire les observations ou connaissances du citoyen afin d’alimenter la base de données du chercheur, mais bien de co-construire avec le citoyen des projets de recherche adaptés dont le déroulé sera caractérisé par une collaboration permanente aboutissant à une meilleure compréhension des phénomènes et à l’élaboration conjointe de solutions, condition pour une acceptation sociétale efficace. » GDR PARCS

Objectifs

Partant de cette vision, l’objectif principal de l’école est de faire avancer et de consolider les pratiques liées à la RAP en France, en rassemblant et en fédérant des chercheurs et acteurs clés ayant de l’expérience dans ce domaine.
Le format proposé se veut innovant par rapport aux formations « classiques ». Nous focaliserons notre réflexion à partir des projets de chaque participant et de leurs interactions en utilisant les techniques de la RAP. Cherchant à proposer une démarche résolument participative et à s’extraire de l’exposé des savoirs de chacun, il s’agit ainsi de partager ses acquis et de mettre en débat les difficultés rencontrées et les limites identifiées.

Public

Cette école est destinée aux chercheurs, doctorants et acteurs des sciences participatives :

  • en priorité à ceux qui sont déjà engagés dans un programme de recherche impliquant la participation de citoyens et pour lequel ils auront développé des interrogations sur des aspects précis de la RAP ;
  • dans un second temps à ceux souhaitant développer un projet de recherche s’appuyant sur les outils de la participation.

Programme prévisionnel

Ceci est un programme préliminaire. La démarche participative utilisée peut générer des modifications d’agenda tout au long de l’école.

Cartographies

  • Attentes des participants
  • Approches
  • Valeurs
  • Profils de compétences
  • Enjeux/problèmes de la RAP

Discussion des problèmes récurrents

A partir des problèmes récurrents identifiés collectivement, des ateliers de résolution de problèmes seront organisés en sous-groupes. Voici quelques pistes :

  • Comment co-construire un projet participatif avec et pour les citoyens ?
  • Comment prendre en compte et gérer les questions éthiques et déontologiques dans la RAP ?
  • Pourquoi et comment intégrer les savoirs locaux, les mettre en valeur sans les dénaturer ?
  • Les nouvelles exigences des citoyens ne nécessitent-elles pas un changement de posture du chercheur ?
  • Comment prendre en compte et gérer les conflits, les relations de pouvoir et les intérêts des parties prenantes ?
  • Comment s’engager dans une formation à la recherche (master, doctorat) en utilisant les outils de la RAP ?
  • Comment mieux intégrer les citoyens dans l’analyse et l’interprétation des données?
  • Comment valoriser et publier un article sur des données participatives et le rédiger avec les outils de la RAP ?
  • Comment analyser et évaluer l’impact d’un programme de science participative et comment cette évaluation permet-elle de faire avancer les processus de la RAP ?

Vers la RAP du futur

  • Mise en cohérence des outils et des approches
  • Formation/Certification à la RAP
  • Rôle du numérique dans la RAP du futur
  • Les TIC au service des SAC (les sciences de l’analyse et de la communication)
  • Observatoire des sciences de la participation

Page web de l’école : https://frama.link/EcoleThematique

ÉcoleThématique Recherche Action Participative 7-11 mars 2016 : Inscription close

Comité d’organisation
Hugues BAZIN, Sylvie BLANGY, Pascaline BOURGAIN, Jennifer CARRE, Anaïs CHAPOT, Jacques CHEVALIER, Isabelle CHUINE, Gaëlle DARMON, Paula DIAS, Anne DOZIERES, Philippe FELDMANN, Nils FERRAND, Serge FRANC, Frédérique JANKOWSKI, Yanick LASICA, Martine LEGRIS, Claude MIAUD, Christian REYNAUD, Lionel SCOTTO
Comité scientifique
Hugues BAZIN, Aurélie BOTTA, Isabelle CHUINE, Paula DIAS, Anne DOZIERES, Philippe
FELDMANN, Serge FRANC, Olivier GIMENEZ, Fabien HOBLEA, Yanick LASICA, Martine LEGRIS, Raphaël MATHEVET, Claude MIAUD, Lionel SCOTTO
Autres formations RAP
Nous vous signalons deux autres formations sur la RAP organisées par le GDR PARCS, qui sont ouvertes dans la limite des places disponibles :
n 17, 18 et 19 mars 2016 : Formation avancée RAP, Montpellier (membres GDR prioritaires).
n 29, 30 et 31 mars 2016 : Formation introductive Labex DRIIHM, Montpellier (membres OHM prioritaires).
n 19, 20, 21 octobre 2016 : Formation avancée RAP, Grau du Roi (membres GDR prioritaires).

Plus d’informations :
https://frama.link/PageFormation

Rencontres « Pratiques écologiques et éducation populaire : l’éducation qui vient » (Paris)

injep-2016

Présentation

L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) et la plateforme nationale AllISS (Pour une alliance sciences et sociétés) organisent les 4es rencontres de l’Observatoire de la jeunesse et des politiques de jeunesse, dans le prolongement de la COP 21, autour des impacts des mobilisations écologiques sur les pratiques éducatives. A l’heure où l’environnement s’affirme comme une préoccupation majeure des acteurs économiques, politiques, et des citoyens, l’INJEP et l’AlliSS proposent d’impliquer les acteurs éducatifs, et, en particulier ceux de l’éducation populaire, dans une réflexion sur la manière dont ces préoccupations enrichissent, voire, renouvellent leurs pratiques.
S’il est une intention au cœur du projet de l’éducation populaire, c’est bien celle de la production, de la circulation et des échanges de savoirs et de savoir-faire. Comment les acteurs sont-ils impactés par ce que certains nomment l’« âge du faire », cette culture de « la fabrique » qui invite les citoyens à construire les savoirs par les pratiques coopératives ?

Ecologie urbaine, agriculture, alimentation, habitat, santé, territoire… Cette actualité permet de questionner les logiques scolaires dominantes, en interrogeant le rapport au savoir à travers l’étude des pratiques écologiques. Dans ce domaine, de nouvelles coopérations entre acteurs de la recherche, acteurs éducatifs (éducation formelle et non formelle) et acteurs sociaux (associations, ONG, collectifs…) sont à l’œuvre. Elles posent la question de la production, de la circulation, du partage et des croisements de savoirs au cœur des débats autour des pratiques écologiques.

En quoi ces dynamiques enrichissent-elles aussi bien les acteurs associatifs que les institutions éducatives (école, université) et, plus généralement, l’ensemble des acteurs publics ? Ces changements sont-ils à la source du renouvellement des politiques territoriales ? L’ enjeu de ces rencontres est de répondre à ces questions.

Programme provisoire

Les conférences et la table ronde seront animées par Emmanuel Porte (INJEP) et Lionel Larqué (ALLISS). Elles seront suivies d’un temps d’échange avec la salle.

8h30-9h00 : accueil
9h00-9h10 : mot d’accueil
9h10-9h30 : introduction par Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports

9h30-10h45 : CONFERENCES INTRODUCTIVES

  • Jean-Paul Bozonnet, enseignant-chercheur à l’Institut d’études politiques de Grenoble
  • Olivier Sigaut, enseignant au ministère de l’agriculture, à l’Université de Bordeaux et chargé de cours à l’Institut national polytechnique de Bordeaux

10h45 : pause

11h00-12h30 : Ateliers « Savoirs d’expériences et pratiques écologiques »

  • Produire collectivement (Écologie urbaine et habitat):
  • Robins des villes
  • Open Source Ecologie
  • Centre social Chemillois – Repair’ Cafés
  • Yes we camp
  • Réseau AMAP Ile de France

Partage et croisement des savoirs (méthodes, outils, postures, pédagogies)

  • Climates
  • Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action
  • Bâtisseur des possibles
  • Association ATD Quart Monde
  • Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Céméa)

12h30-14h00 : Déjeuner

14h00-15h30 : Ateliers « Essaimage et pollinisation : les territoires de la société de la connaissance »

  • Politique et stratégie des lieux
  • Réseau des Tiers-lieux francophones
  • Association Les petits débrouillards
  • Jardins partagés IDF
  • Association Anciela

Territoires éducatifs et écologiques

  • Plateforme open-source Movilab
  • Mairie de Loos-en-Gohelle
  • La Ligue de l’enseignement
  • Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations (Forim)
  • Collectif des associations citoyennes

15h30 15h45 : pause

15h45-16h30 : Regards sur les ateliers

  • Marianne Cerf, chercheuse à l’Institut national de recherche agronomique (INRA)
  • Rafaël Ricardou, coordinateur de l’Antenne Ile-de-France de l’association Grdr- Migration-Citoyenneté-Développement
  • Claude Bourquard, GRAINE Ile-de-France
  • Robert Caron, Centre Paris-Lecture

16h30-18h00 : TABLE RONDE
Perspectives

  • Nicolas Hulot (sous réserve) président-fondateur de la Fondation pour la nature et l’Homme
  • Dominique Gillot, sénatrice, sénatrice, présidente du Conseil national de la culture scientifique, technique et industrielle (CNCSTI)
  • Antoine Dulin, membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)

18h00 : Verre de l’amitié

Informations pratiques

Vendredi 5 février 2016
4ES RENCONTRES DE L’OBSERVATOIRE
« Pratiques écologiques et éducation populaire : l’éducation qui vient »
de 9 h à 18 h30.
École nationale supérieure
d’architecture Paris-Belleville
60 bd de La Villette 75019 Paris
Métro : Belleville

Inscription en ligne

Informations complémentaires
01 70 98 94 39 – conferences@injep.fr
Contact presse :
Roch Sonnet
01 70 98 94 40 – sonnet@injep.fr

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